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Chronique des Missions et des Etablissements communs 4

Chronique Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
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    Chronique Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Les funérailles impériales ont eu lieu à Tôkyô le 7 et le 8 février, avec tout lappareil imposant que commande le respect des Japonais pour la dignité de leur Souverain. Le soir du 7, le cortège sest déroulé dans les rues de la capitale, depuis le Palais jusquau pavillon des rites funèbres, édifié pour la circonstance dans les jardins impériaux de Shinjuku. Puis, à minuit, les restes de lEmpereur défunt ont été convoyés, dans un wagon spécialement construit à cet effet, à la station dAsakawa, au nord-ouest de Tôkyô, pour être de là transportés par les 150 jeunes gens du village de Yase, près Kyôto, à qui, de par la tradition, revient cet honneur, au mausolée situé dans le voisinage. Après la cérémonie qui, commencée à laube, dura jusquà 8 heures, le cercueil fut hissé au sommet dune éminence, pour être descendu dans une excavation creusée profondément jusquau roc et qui doit être comblée de ciment armé.

    Plus dun million et demi de personnes assistaient en rangs pressée au défilé du cortège le soir du 7 février. Malgré le froid de la saison, certains emplacements étaient occupés dès le matin par des pèlerins venus de tous les points du Japon. A 3 heures de laprès-midi, la circulation des tramways était arrêtée dans la région du parcours, tandis que de forts cordons de police interdisaient le passage et que des milliers de soldats faisaient la haie, avec des sociétés de jeunes gens, de réservistes et détudiants. La route fut alors parsemée de sable blanc ; peu à peu sallumèrent des torchères monumentales, qui tout le long du trajet devaient éclairer la marche funèbre. A six heures enfin, des coups de canon annoncèrent le départ du cortège. Après des groupes de police qui ouvraient la marche, défilèrent successivement 15.000 hommes de troupe des armées de terre et de mer, avec les drapeaux qui avaient mérité cet honneur ; puis les porteurs de bannières, de tambours et dinsignes divers, les escouades de hallebardiers et darchers costumés à lantique, les musiciens de la Cour avec leurs instruments de jadis, et les prêtres shintoïstes en amples robes blanches, avec des porteurs de torches dans les intervalles des groupes.

    Aux deux tiers du cortège apparut enfin le char funèbre, traîné par quatre bufs noirs et dont les roues avaient été construites de manière à faire entendre sept sons plaintifs. Aux côtés du corbillard impérial marchaient des généraux et des amiraux. Venaient ensuite le Prince Chichibu, second fils de lEmpereur défunt, conduisant le deuil, escorté des princes du sang, puis les hauts dignitaires de la Cour et les principaux membres du gouvernement, en grand costume dapparat. Le défilé se déroula pendant une heure et demie. Au Pavillon provisoire, une cérémonie religieuse eut lieu en présence de lEmpereur régnant, de lImpératrice douairière, de la famille impériale, des hauts fonctionnaires et des diplomates étrangers parmi lesquels avait pris place, comme représentant du Saint-Siège S. E. le Délégué Apostolique, Mgr Giardini.

    Un silence impressionnant avait régné tout le long du cortège. Pourtant à certains points, la foule était tellement houleuse quil y eut à déplorer des accidents. Cest ainsi quun certain nombre de personnes, aux environs de la porte dAkasaka, tombèrent dans les fossés du château ; dautres furent renversées et piétinées, en sorte quon compta malheureusement quelques morts et plusieurs centaines de blessés.

    Les jours suivants, jusquau milieu de mars, le public a été admis à visiter les jardins de Shinjuku où sont demeurés en évidence, avec le pavillon des rites, le char funèbre et tout lappareil qui avait décoré le cortège. De même, à Asakawa, laccès du mausolée est ouvert aux pèlerins jusquà la fin de mars. On estime déjà à plusieurs millions le nombre des visiteurs.

    Ainsi que nous lavons mentionné dans le numéro de janvier, lemplacement fixé pour la sépulture des empereurs a été transféré des environs de Kyôto aux environs de Tôkyô, près de Hachiôji. Cest dans cette même direction, mais plus près de la capitale, sur les bords du Tamagawa, que se font déjà et que se feront de plus en plus les enterrements des citadins de Tôkyô, dans un immense cimetière aménagé ces dernières années. Cest quen effet dans les anciens cimetières et notamment le plus connu, celui dAoyama, la place pour les inhumations se fait de plus en plus rare. Pour cette même raison, la Mission catholique a dû se préoccuper de chercher dans la banlieue un endroit convenable pour enterrer les chrétiens ; car sil reste un certain nombre de places disponibles dans deux ou trois des anciens cimetières, il faut prévoir le jour où lemplacement fera défaut. De plus, les cimetières publics offrent souvent linconvénient quil est difficile, sinon impossible, de grouper les sépultures chrétiennes. Enfin pour les morts de la banlieue, la question des inhumations offre des difficultés spéciales, car là, comme, du reste, partout ailleurs au Japon, en dehors des grandes villes, les cimetières, sont généralement dans lenceinte des temples bouddhiques et en dépendent. Et, même pour les chrétiens qui doivent à leurs ascendants de posséder un terrain pour la sépulture de la famille dans ces cimetières, la sépulture nest souvent permise, de par les exigences des bonzes, que si ces derniers accomplissent eux-mêmes les rites des funérailles. Un missionnaire a dû faire transporter à vingt lieues le corps dun de ses chrétiens décédés pour quil pût avoir des funérailles catholiques. Dans ces conditions, la Mission doit de la reconnaissance au Père Mayrand, chargé du district de Hachiôji, qui a réussi, non sans avoir à surmonter de grosses difficultés, à acheter et surtout à faire reconnaître comme cimetière catholique un vaste terrain de 4.000 tsubo (1 hect. 32), planté de beaux pins, dans le voisinage du cimetière public du Tamagawa, et auquel on peut accéder des stations de deux lignes de tramways qui passent à faible distance.

    Nagasaki

    Depuis un an déjà les PP. Salésiens étaient à Miyasaki pour y appendre la langue. Considérant comme suffisant leur travail de préparation, ils viennent de prendre possession des deux postes dOita de Nakatsu, tous deux bien fournis au point de vue matériel. Le premier a été grandement amélioré par le P. Brenguier ; dans le second, le P. Chapdelaine put jadis acquérir un grand terrain, avant que les prix ne deviennent inabordables comme aujourdhui. Les nouveaux missionnaires pourront donc se livrer, sans autre préoccupation, à toute lardeur de leur zèle apostolique.

    Dans les quelques lignes que le Bulletin de février dernier consacrait à lEcole de lEtoile de la Mer, que les Marianistes dirigent à Nagasaki, une erreur de chiffre sest glissée, quil importe de corriger : ce nest pas 230 élèves, mais bien 730, que compte cet établissement toujours de plus en plus prospère. Le 5 mars, 106 élèves ont quitté lEcole, leurs études secondaires terminées ; un bien plus grand nombre denfants, sortant de lécole primaire, postulent pour les remplacer et lon ne pourra les accepter tous : ce sont les résultats de lexamen dentrée qui limiteront les admissions.

    Le P. Hilarion, de la Mission franciscaine de Kagoshima, a prêché la retraite des Surs Franciscaines de Marie de Biwasaki (Kumamoto). La léproserie compte actuellement 49 pensionnaires, dont 40 ont reçu le baptême ; en outre, 10 vieillards sont hospitalisés. Lorphelinat des enfants issus de parents lépreux progresse favorablement. Les religieuses ont souvent loccasion dadministrer le baptême dans leur dispensaire de Nakaomaru, fréquenté chaque jour par 50 à 60 malades.

    Osaka

    Le 23 février, le P. Grinand a célébré le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale. La saison ne permettant guère de solennité extérieure, la fête a été toute dintimité. Nombre de confrères ont profité de loccasion pour aller offrir leurs félicitations à lheureux jubilaire. Comme il est de tradition dans la famille des Missions-Étrangères, la plus franche gaieté a présidé à cette petite réunion. En route maintenant pour les noces dor !

    Encore un tremblement de terre qui provoque un désastre au Japon !

    Le 7 mars, à 6 h. 28 du soir, partout dans notre mission nous avons ressenti des secousses extrêmement violentes. Dans nos grandes des villes de Kôbe, Osaka et Kyôto plus particulièrement, ces secousses nous ont fait éprouver toutes les craintes. Au dire des journaux, il y a 70 ans quon nen avait vu daussi fortes dans notre région. Heureusement nous en avons été quittes pour la peur et nous navons pas de dégâts à déplorer.

    Il nous a fallu attendre plusieurs heures pour avoir, par les extra des journaux, des nouvelles des autres parties de la mission.

    Le centre des mouvements sismiques sest trouvé, cette fois, sur le territoire de la préfecture de Kyôto, dans la partie qui formait autrefois la province du Tango, sur les côtes de la mer du Japon. Il y là une petite presquîle, où à peu près tout a été détruit. Sur une population totale de 128.546 âmes, on a compté jusquaujourdhui 2.469 morts et 4.107 blessés avec 2.815 maisons réduites en cendres.

    La partie plus à louest de cette côte avait déjà été ravagée en 1925 par un tremblement de terre qui avait coûté nombre de vies et détruit deux stations balnéaires assez fréquentées. Cette fois, le théâtre du désastre est plus vers le nord-est, cest la presquîle du Tango. Cette région est riche ; elle est renommée pour lindustrie de la soie et plus particulièrement pour la fabrication du crêpe de Chine. Il y avait nombre de grosses agglomérations et de villages. Le sol a été secoué subitement, à 6 h. 28 du soir, aussi fort, dit-on quau tremblement de terre qui détruisit Tôkyô et Yokohama en septembre 1923. Aujourdhui encore la terre tremble continuellement, entretenant la panique, mais la violence va en décroissant.

    Dès la première secousse, les maisons, toutes en bois, sécroulèrent, ensevelissant les habitants, et tout de suite le feu des cuisines se communiqua et lincendie salluma partout à la fois. Ceux qui purent fuir campèrent cette nuit sans abri sur la neige et par un vent glacial. Le sol crevassé et bouleversé rendait la fuite périlleuses. Les lignes du chemin de fer et du télégraphe coupées ne sont pas encore rétablies.

    Nous étions inquiets sur le sort des PP. Relave et Marmonier, qui ont leurs postes dans cette région, et sur celui de leurs chrétiens. Dès quil a pu passer, Mgr dOsaka est accouru sur les lieux du sinistre. Le P. Relave est sauf, mais chez lui à Miyazu, les dégâts sont considérables ; sa gentille petite église surtout est fortement endommagée. Le P. Marmonier, à Maizuru, a bien cru un moment voir son habitation renversée. Heureusement elle est restée debout, mais il y faudra de grosses et sérieuses réparations. Parmi les chrétiens de ces deux districts, il ny a pas eu de pertes de vie, ce dont nous ne saurions trop bénir la Providence.

    Hakodate

    Après 45 ans de laborieux ministère, le P. Jacquet, Vicaire général, dont les forces ne répondent plus au zèle, a obtenu un aide en la personne du P. Deffrennes, qui le suppléera dans ladministration de sa belle chrétienté de Sendai.

    Le P. Mathon est nommé à Aomori.

    Les Trappistines ont récemment pris possession de leur nouveau monastère, qui remplace avantageusement celui que lincendie avait détruit au mois doctobre 1925.

    Seoul

    Le 24 février ramenait le 50e anniversaire de lordination sacerdotale de Mgr Mutel, mais il a été décidé que la célébration solennelle de ce jubilé serait remise au 2 mai, lendemain du sacre de Mgr Larribeau. Malgré cela une petite fête tout intime réunit à cette occasion quelques missionnaires et prêtres coréens ; Mgr Sauer tint à y prendre part ; Mgr Giardini, Délégué Apostolique, envoya un télégramme de félicitations. Mais ce qui fut surtout agréable à notre vénéré Evêque, ce fut un télégramme du Cardinal Gasparri, lui apportant la bénédiction toute spéciale du Saint-Père.

    Quelques jours après, le 8 mars, en lanniversaire de nos Martyrs de 1866, Mgr Mutel célébrait lanniversaire de sa naissance et entrait vaillamment dans sa 74e année, qui, nous lespérons et le demandons à Dieu, sera suivie de beaucoup dautres.

    Taikou

    A loccasion de lanniversaire de lavènement du premier Empereur du Japon (11 février 660 A. C.), lOrphelinat catholique de Taikou a reçu du gouvernement une gratification de 400 yen. Celui de Seoul a reçu 500 yen.

    Les Surs de S.-Paul de Chartres ont actuellement à Taikou 21 postulantes coréennes, parmi lesquelles 7 vont prendre lhabit religieux le 25 mars et commencer le noviciat proprement dit.

    Kirin

    Le 1er mars a eu lieu la rentrée de notre Séminaire. Cette rentrée est la meilleure que nous ayons eue. Le nombre total de nos séminaristes, petits et grands, est de 74, chiffre qui navait jamais été atteint. Cet état de prospérité est bien fait pour nous réjouir, mais en même temps pose des problèmes difficiles à résoudre. Nous avons dû refuser un certain nombre de postulants par manque de ressources et de local. Les bâtiments de notre Séminaire, construits en 1913 et agrandis deux ans plus tard, sont tout-à-fait insuffisants. Il faut absolument se décider à les agrandir de nouveau, mais quelle dépense pour notre maigre budget ! Et que dire de lentretien, de la nourriture de ce bataillon denfants et de gens, tous en fort bon appétit ? Et la question chauffage ! Bien que les vacances aient lieu à lépoque des plus grands froids, nos séminaristes sont encore présents au Séminaire pendant quatre mois de lhiver et, dans la plupart de nos Missions, lon se figure difficilement les frais occasionnés par une température de 20, 30 et 40 degrés au dessous de zéro.

    Telles sont les réflexions qui surgissent à la pensée de Monseigneur, dont la joie, comme on le voit, est tempérée de gros soucis.

    Dans quelques mois trois diacres, vont être ordonnés prêtres. Cette année, cest un prêtre chinois, le P. Français Ting, qui prêche la retraite de rentrée au Séminaire. Cest un motif de consolation de voir ainsi notre clergé chinois saugmenter peu à peu. Puissions-nous y trouver de plus en plus facilement des prêtres dont le zèle et la vertu permettent despérer quau jour où des rôles plus difficiles leur seront confiés, ils ne seront pas inférieurs à leur tâche !

    Tchongking

    Le dimanche 30 janvier, M. Eynard, Consul de France à Tchongking a remis la médaille des épidémies à trois de nos dévouées Franciscaines Missionnaires de Marie : la Supérieure, Mère Marie de Saint-Marc, et Sur Concorde ont reçu la médaille dor, Sur Madeleine la médaille dargent. Au cours de la cérémonie, qui a eu lieu dans la cour intérieure de lhôpital, M. le Consul et Mgr Tantzen prirent successivement la parole pour offrir aux bonnes religieuses leurs félicitations et leurs remerciements pour le bien quelles font dans notre Mission.

    Le 4 février, léglise et la résidence du P. Meillier à Hotcheou ont été complètement pillées par des énergumènes bolchevistes. Heureusement le Père, en tournée dans son district, nassista pas à la ruine de son oratoire et put arriver sain et sauf à Tchongking.

    Suifu

    Pour une raison que le Bulletin publiera plus tard, le tiers des confrères ou des prêtres chinois a été changé de poste au commencement de cette année. Durant le mois de janvier et la première quinzaine de février, ce fut donc, sur beaucoup de routes, toutes une théorie de caisses et de paniers, voyageant sous la seule protection dune longue bande de papier portant en gros caractères les trois lettres : Tien-Tchou-Tâng. Mais, comme le Setchoan Méridional est plus ou moins infesté de brigands, on nétait pas sans inquiétude au sujet des chers voyageurs ; on avait comme le pressentiment que quelquun dentre eux, au moins, serait pillé. Ce fut M. Tsi, jeune prêtre de lordination du 6 février dernier, qui eut la malchance de rencontrer les bandits. Il perdit son argent, ses couvertures, ses boîtes aux saintes huiles et quelques autres menus objets.

    Depuis le premier de lan chinois, les agents bolchevistes poussent les étudiants à mener campagne contre les chrétiens, catholiques et Protestants. Ces derniers, pour se mettre à labri de lorage quils voient venir, ont lancé des manifestes dans lesquels ils proclament quils ont secoué le joug des pasteurs étrangers et quils ont constitué une église protestante chinoise, pour laquelle ils ont demandé la reconnaissance du gouvernement provincial.

    Les journaux chinois accusent les chrétiens davoir provoqué les incidents qui ont servi de prétexte au pillage de la mission de Hotcheou et en concluent quil faut chasser de Chine les missionnaires français et confisquer leurs propriétés.

    Tatsienlou

    Région yunnanaise. Le 24 janvier, nous apprenions à Tsetchong que, le 11 décembre, veille du dimanche Gaudete, était arrivé à Tatsienlou le télégramme longtemps attendu : le P. Valentin était nommé Coadjuteur de S. G. Mgr Giraudeau. De tout cur nous lui disons de loin : Ad multos annos !

    Une épidémie dinfluenza a sévi dans la région de Siao-Weisi. Le P. Ly a été lui-même gravement atteint, mais est maintenant hors de danger.

    Les nouvelles de Batang et de Yerkalo sont bonnes ; mais les bandits thibétains occupent la région entre Yerkalo et Atuntse et ce nest que lorsquils en auront été chassés que nous pourrons de nouveau correspondre avec nos confrères.

    Notre doyen, le P. Genestier, est à Hongkong. Puisse-t-il nous revenir encre plus vaillant si possible, que par le passé !

    Ningyuanfu

    Notre Petit-Séminaire a reçu 13 nouveaux élèves, ce qui porte à 30 le nombre total.

    LEcole normale des catéchistes a 5 nouvelles recrues ; 3 élèves de 2e année ont été admis à lEcole supérieure de Kiongtcheou, que dirige le P. de Jonghe, et ils y achèveront leurs études.

    Yunnanfu

    Le 15 février, le P. Salvat est arrivé à Yunnanfu avec le P. Ten. Celui-ci a été de nouveau incarcéré. De nombreuses démarches ont été faites pour obtenir sa mise en liberté sous caution ; mais, vu la désorganisation causée dans toutes les administrations par le récent coup détat, nos efforts sont demeurés sans résultat.

    On sait que deux généraux se sont révoltés contre notre gouverneur, le Maréchal Tang Kiyao, et veulent lui imposer des réformes dans ladministration. Le gouverneur, fatigué par plusieurs nuits sans sommeil, sest retiré dans son palais, près de la porte du nord, où il se repose en attendant la solution difficile à prévoir, de la crise actuelle.

    Dernièrement, un prédicant protestant chinois allait porter la parole aux hôtes de la prison de Sankiatsen, qui linterrogèrent dabord sur la situation politique, sur Tang Kiyao ; et lui de sécrier : Il sagit bien de Tang Kiyao ! Votre Sauveur, cest le Christ : je vous annonce de sa part le salut... Sans en entendre davantage, les prisonniers se précipitèrent au dehors, bousculant les gardiens impuissants à les arrêter : sur 300 une vingtaine seulement purent être repris.

    Le bruit ayant couru que les troupes du général Fou Joiu allaient entrer dans la ville de Yunnanfu et la piller, une panique en résulta et bientôt la mission catholique regorgea de réfugiés. Par toute la ville ce ne fut quun va-et-vient de porteurs chargés de malles, de apeurés cherchant à se cacher. Depuis quelques jours cependant, linvasion redoutée nayant pas eu lieu, la confiance revient peu à peu.

    Kouiyang

    Le 4 février, le P. Champeyrol est arrivé à Kouiyang avec les 3 Pères du Sacré-Cur dIssoudun, auxquels doit être cédée, dans un avenir plus ou moins prochain, une partie de notre Mission. Tous sont en bonne santé et heureux de se voir au terme de leur long voyage. Nos trois nouveaux collaborateurs sont déjà lancés dans létude de la langue chinoise.

    La mort nous a enlevé, le 11 février, un de nos confrères, le P. Naville : il navait que 43 ans dâge et 16 ans de mission.

    Le P. Champeyrol est nommé assistant au Collège catholique, et le P. Guettier curé intérimaire du district de Tchatso, vacant par la mort du P. Naville.

    Le P. Darris est rentré dans son poste, regrettant de laisser sans pasteur son nouveau troupeau, qui compte déjà plus de 100 familles. Il espère cependant que ce nest pas pour longtemps et que les PP. du Sacré-Cur pourront bientôt prendre possession de ce coin retiré du champ du Père de famille, encore à peine ensemencé, mais qui semble promettre dabondantes récoltes.

    Lanlong

    Depuis le commencement de lannée, Mgr Carlo est en visite pastorale dans les districts de Hingi-hien et de Tachan.

    A Kieoutcheou (Kouangsi) les jeunes recrues, avant de partir pour le Foukien, se sont installées dans la maison de la Mission et se montrent polies envers les Pères de passage, bien que refusant de céder la place.

    A Sintcheou quelques meneurs ont annoncé au son du tamtam lexpulsion prochaine des étrangers, mais la population ne semble pas les prendre au sérieux.

    Canton

    La Préfecture Apostolique de Kongmoon est érigée en Vicariat, et Mgr Walsh en sera le premier titulaire. Sa consécration épiscopale naura lieu probablement quau mois de juin.

    Depuis quelque temps les élèves du Collège du Sacré-Cur sont tous les jours, à leur sortie de classe à 11 h. ½ , appréhendés par des bandes danciens élèves renvoyés et dautres membres de lAssociation des Etudiants. Le prétexte donné à ces manifestations est dobliger à faire enregistrer le Collège, mais le but réel est de provoquer une désertion générale des élèves, qui amènerait la fermeture de létablissement.

    Swatow

    Depuis le nouvel an chinois nous jouissons dun calme relatif. La campagne anti-chrétienne continue bien dans les journaux et les réunions, mais le gouvernement est visiblement préoccupé dempêcher tout incident fâcheux : les traités inégaux ne sont pas encore abolis, répète-t-il dans toutes ses proclamations, pour calmer les agitateurs trop pressés.

    Notre Provicaire, le P. Le Corre, nous a quittés pour aller se consacrer à sa nouvelle tâche à la Maison de Nazareth. Les regrets de ses confrères et des chrétiens de cette région où il a travaillé pendant 30 ans, laccompagnent dans son nouveau champ daction. Puisse son sacrifice et le nôtre, tourner au plus grand bien de la Société !

    Son successeur à Tchaotcheou est le P. Favre. Quand les chrétiens du Pounen, que celui-ci évangélisait depuis son arrivée en mission en 1903, apprirent son changement, ils décidèrent de le gardé malgré la décision de lEvêque ; ils le retinrent littéralement prisonnier et ce nest que sous la menace des saints Canons quils se résignèrent à le laisser partir. Toute exagération mise à part, lintention sinon le procédé, honore à la fois le pasteur et les fidèles.

    Pakkoi

    Si quelque délégué du prince des ténèbres est spécialement chargé dentraver la marche de notre Mission, les débuts de la présente année semblent bien lui donner droit à une certaine fierté. Humainement, ou plutôt diaboliquement parlant, il peut se croire autorisé à des espoirs qui seraient terribles pour nous. Mais cest en Dieu que nous mettons nos espérances : Il ne nous abandonnera pas !

    A Lôfao, à la suite des excitations que les amateurs de désordre fomentent sur la frontière du Tonkin, le P. Léauté a vu sa chapelle et le couvent de ses religieuses indigènes envahis par des étudiants. Ces réformateurs de lhumanité en voulaient, paraît-il, aux étoiles du ciel et de la terre. Peut-être avaient-ils entendu parler des lauriers conquis en un autre pays par certain Ministre de léteignoir ? Leurs lauriers, à eux, furent le bris des statues et quelques discours ronflants contre la virginité. Ces exhortations au mariage nont guère eu de succès auprès de nos ferventes religieuses ; pas plus que cette héroïque expédition na reçu bon accueil en dehors des milieux extrémistes. Tout récemment nous apprenions que le gouvernement de Canton a envoyé des ordres pour empêcher quon moleste les Missions chrétiennes.

    Hélas ! en même temps que cette nouvelle presque rassurante, nous en recevions une autre beaucoup moins agréable. Après plusieurs jours dexcitations et de calomnies répandues par un journal local, le 14 février vers 8 h. du matin, la Mission de Hoihao et de couvent-orphelinat des Surs de St-Paul ont été littéralement submergés par une nombreuse cohue dénergumènes, hurlant que les Surs martyrisent les enfants, leur arrachent les yeux et le foie ; que ce sont des démons malgré leur apparence charitable, etc. Des mégères en furie, des hommes surexcités, pénétraient partout, bouleversaient tout, semparaient des orphelines terrifiées et se les passaient de main à main pour chercher sur ces pauvres bébés les traces des sévices soi-disant soufferts par eux. Et cela dura toute une longue journée ! Heureusement le Consul de France sétait transporté sur les lieux dès quil fut informé de laffaire. Un peu après lui, le chef de la police arrivait à la tête dune vingtaine de soldats. De leur côté, les PP. Julliotte et Savina gardaient le contact avec les envahisseurs, circulant au milieu de la foule et cherchant à calmer les colères. Grâce à ces efforts combinés, grâce surtout à la protection divine, il y eut plus de peur que de mal. Le soir, quand la foule se fut enfin retirée, les Pères, les Surs, les enfants, tout le monde se retrouvait sain et sauf : seuls les deux jardins avaient souffert, complètement pillés et dévastés par des gens, qui probablement nétaient venus là que dans cette intention.

    Assez pour cette fois, voudrait pouvoir dire le pauvre correspondant du Bulletin. Heu ! me turba malorum circumstat. Pour comble de malheur, notre Mission est veuve une fois de plus. Accablé par les préoccupations et par le surcroît de travail quil avait dû simposer au séminaire, notre Vicaire Apostolique a dû, malgré ses répugnances, partir pour Hongkong. Mgr a été immédiatement dirigé sur lhôpital des Surs de St-Paul, puis, quelques jours après, a pu se rendre au sanatorium de Béthanie. Les renseignements reçus depuis nont pas dissipé nos inquiétudes. Les missionnaires de Pakhoi prient instamment pour que Dieu conserve Mgr de Dobero et lui rende vite une santé si précieuse à sa Mission.

    Hanoi

    Nous avons appris avec grande joie la promotion de Mgr Gendreau, notre vénéré Vicaire Apostolique, au grade de Chevalier de la Légion dHonneur. Cette distinction est la récompense des nombreux services rendus par Sa Grandeur à la cause française au Tonkin. Nous prions le nouveau Légionnaire de vouloir bien agréer nos sincères félicitations.

    La retraite des missionnaires a été prêchée par le P. Dalaine, Supérieur du Grand-Séminaire de Vinh, dont les instructions, nourries de doctrine et de piété, ont été fort appréciées.

    Mgr Chaize a administré le baptême et la confirmation à 45 adultes dans un village qui navait encore aucun chrétien. Puissent-ils être les prémices dune abondante moisson !

    Le P. Lebourdais a réussi à former dans la ville de Hanoi un groupe de Jeunesse Catholique française, dont les débuts sont pleins de promesses pour lavenir.

    Le Grand-Séminaire de Keso a été éprouvé par la mort dun sous-diacre, emporté en quelques jours par un hémorragie pulmonaire.

    Vinh

    La fatigue a obligé le P. Abgrall, Provicaire, à passer quelques à lhôpital de Xadoai. Il est maintenant de retour dans son beau district de Thuan-Nghia. Nous nous préparons à célébrer, lan prochain, ses noces dor sacerdotales.

    Le P. Célestin Delalex, du Laos, est venu dernièrement voir son frère, le P. Joseph Delalex, et a pu admirer la belle église dont celui-ci achèvera bientôt la construction.

    Hunghoa

    Mgr Ramond, en tournée de confirmation, à administré ce sacrement à plus de 200 enfants à Hoangxa et à plusieurs centaines de néophytes dans le district de Vinhloc. Dans ce même district, S. E. Mgr Aiuti avait, peu auparavant, baptisé un groupe de catéchumènes et célébré la messe de communion de 270 nouveaux chrétiens.

    La Commission chargée de trouver un endroit favorable à la création dun sanatorium pour les missionnaires du Tonkin, après avoir visité les deux stations daltitude du Tamdao et de Chapa, sest prononcée en faveur de Chapa. Nous espérons que ce projet sera bientôt approuvé par les Supérieurs.

    Saigon

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 9 au 14 janvier. Tous les confrères y prirent part, sauf le P. Abonnel, qui était allé passer quelque temps à Hongkong pour se préparer à la mort, dit-il. Vu létat de santé du cher Père, il sagit certainement dune préparation éloignée.

    A la rentrée des écoles, le Grand-Séminaire a reçu 11 nouveaux élèves et le Petit-Séminaire en a admis 41.

    Le P. Cassaigne a pris possession de son poste de Djiring. nest pas une expédition apostolique comme celle des débuts du Chau-Laos ou des Bahnars ; la maison où il sinstalle est spacieuse et bien aménagée, le ravitaillement lui sera facile ; mais les Moïs sont là dans toute la misère morale de leur paganisme, et combien ne faudra-t-il pas de fatigues et de peines avant de baptiser le premier néophyte ? Bon courage à notre jeune et vaillant confrère !

    Hué

    La procession du Têt à Notre-Dame de Lavang a eu lieu le 2e jour du 1er mois annamite (3 février). Le P. Antoine Maillebuau a chanté la messe et le P. Mi a donné le sermon. Les pèlerins sont venus plus nombreux que les années précédentes, surtout du Quảng Bình, qui a désormais, comme Thừa-Thiên et Quảng-Trị, lavantage dêtre desservi, du moins en partie, par une section du Trans-indochinois.

    Le 4 février, à lInstitut des Petits-Frères du Sacré-Cur du Thợ Đức, près Hué, 8 postulants ont pris lhabit religieux et commencé leur noviciat. Mgr Allys a présidé la cérémonie et le P. Provicaire a donné le sermon de circonstance. Le lendemain, à lEcole Pellerin, à lissue de la retraite prêchée aux Frères des Ecoles Chrétiennes par le R. P. Larouche, C. SS. R., 4 jeunes religieux prononçaient leurs vux perpétuels. Aux uns et aux autres nous souhaitons la persévérance dans leur sainte vocation.

    Le cher Frère Aglibert-Marie, ancien Visiteur des Frères des Ecoles chrétiennes de lIndochine, vient de reprendre la direction de lEcole Pellerin. Il en avait été le premier Directeur en 1904.

    Un membre de la famille royale, Bửu-Đinh, directeur dun journal annamite de Saigon, le Nouveau Siècle, a été arrêté à Hué et emprisonné dans la citadelle royale. De nombreux élèves des écoles sont allés réclamer son élargissement auprès du Président du Conseil de la famille royale. Dautres manifestations devaient avoir lieu, mais elles ont été empêchées.

    Malacca

    Au commencement de février repassaient par Singapore trois des Evêques chinois retournant dans leurs Missions. Larrêt du bateau permettait de passer la journée à terre, à la grande joie des chrétiens chinois de la ville, de Sarangong, de Bukit-Timan et de Johore. Mgr Barillon et ses missionnaires, les Pères Portugais, les Frères avec leurs boy-scouts, nombre considérable de chrétiens étaient au quai pour recevoir les voyageurs. Après visite à lévêché, chez les Frères et au Couvent, après adresses et réponses, après photographies prises, un salut solennel du Saint-Sacrement donné à Saint-Pierre par Mgr Tchao et un dîner préparé par le premier hôtel de la ville et servi à lEvêché par les chrétiens en grand costumes. Nos Seigneurs rentraient à bord, laissant tout le monde enchanté.

    Ce mois de février, commencé dans la joie, finissait dans les larmes pour la chrétienté chinoise de Singapore. Le 25, après trois jours de maladie, le cher Père Gazeau nous quittait pour un monde meilleur. Ses funérailles furent un véritable triomphe. Ses paroissiens du Sacré-Cur, dont il bâtit la belle église, ceux de St-Pierre et des autres paroisses, nombre damis protestants et païens, témoignaient, par leur présence et leur recueillement à léglise et au cimetière, lestime la plus sincère et laffection la plus vive pour le cher défunt. Les prières ne lui feront pas défaut. Pour nous, ses confrères, il fut toujours un ami et un modèle.

    Birmanie Méridionale

    Le bon Dieu a exaucé les prières nombreuses et ferventes qui lui ont été adressées dans la Mission et nous a conservé notre bien aimé Vicaire Apostolique. Dès les premiers jours de février, la couleur violacée des mains disparaissait et avec elle les craintes de danger. Dès que le vénéré malade put supporter le voyage, il fut transporté à Rangoon, à portée des docteurs et des soins que nécessitait son état.

    Il est maintenant en convalescence et par ordre des docteurs fait un voyage dun mois sur notre bel Irrawaddy. Lair plus pur et le repos complet dont on jouit sur les vapeurs-palais de lIrrawaddy Co lui rendront ses forces. Un vieil ami de toujours, le P. J. Mourlanne, laccompagne comme infirmier de bonne volonté.

    Birmanie Septentrionale

    Explorer les puits de pétrole ou les mines détain pour trouver de largent : voilà qui peut sembler quelque peu paradoxal. Cest cependant ce que tentent en ce moment le P. Pâquet à Yenongyxung et le P. Herr à Namtu. Puissent-ils réussir dans leur entreprise et rapporter de leur expédition les moyens de soutenir et de développer leurs uvres !

    Le mouvement féministe sétend en Birmanie. La presse local faisait récemment le récit détaillé dune manifestation de suffragettes devant les bureaux du Gouvernement. Evidemment ces dames tiennent à être à la page. Heureusement que, grâce aux nouvelles modes, il devient de plus en plus difficile de se prendre aux cheveux.

    Au sujet dun bonze, U. Ottama, emprisonné pour discours séditieux, les extrémistes de notre Parlement ont fait une charge à fond contre le gouvernement. Puis, voyant le Ministre de lIntérieur demeurer imperturbable devant leurs véhémentes sommations, ils ont tourné bride et évacué la salle. Sortie plutôt piteuse.

    Laos

    A Oubone, le P. Chatenet, en surveillant de près la construction de sa nouvelle résidence, mit le pied sur une planche vermoulue, qui céda sous son poids. La jambe, senfonçant dans le vide, rencontra une solive qui lui laboura le tibia. Résultat : trois semaines dimmobilité forcée. Le bon P. Dabin, malgré ses 78 ans, a dû reprendre momentanément la charge du poste.

    Le P. Delalex, curé de Vientiane, a profité dune occasion qui lui était offerte pour rendre visite à son frère, curé de Vinh, au Tonkin.

    Les élèves-instituteurs du P. Boher ont passé brillamment leurs examens devant les autorités siamoises. A Oubone, 5 présentés, 5 reçus ; à Lakhone, 5 présentés, 4 reçus. Cest un résultat des plus encourageants.

    Pondichéry

    Le 21 décembre, Mgr Morel a ordonné 2 prêtres, 2 diacres, 1 sous-diacre, 4 minorés et 4 tonsurés.

    Le 9 janvier, les Surs de Saint-Joseph de Cluny célébraient le 100e anniversaire de leur arrivée à Pondichéry : à cette occasion il y eut grandmesse pontificale et salut solennel à léglise Notre-Dame des Anges.

    56 missionnaires et prêtres indigènes ont pris part à la retraite au milieu de janvier. Les instructions furent données par le P. Pierre Escande, Supérieur du Petit-Séminaire.

    Le P. Monchalin, curé de Polur, qui avait déjà reçu dun généreux bienfaiteur, Mr Murphy, la somme nécessaire à la construction de son église, vient de se voir attribuer, de même source, des fonds pour créer deux dispensaires, lun à Polur, lautre à Bellicondha, dans le district de Vellore. En même temps que ce dernier, on bâtira une chapelle et une maison pour le missionnaire, de telle sorte que Bellicondha, village entièrement païen, deviendra une magnifique station ad paganos. Que Dieu récompense le généreux donateur !

    Procure de Shanghai

    A partir du 1er mars, les bureaux de la Procure de Shanghai ont été transférés du N0 5 de lAvenue Edouard VII au N0 9 de la même Avenue. Quod semel notare sufficiat.

    Hongkong

    Mgr Costantini, Délégué Apostolique de Chine, est arrivé à Hongkong, retour dEurope, le 22 février. Son Excellence a passé quelques semaines ici. Parmi les affaires qui ly ont occupé, une des plus importantes était la fondation dun Séminaire régional pour la Chine Méridionale. Il est à peu près réglé quil sera installé à Aberdeen (10 km. de Victoria) et sera la propriété de la S. C. de la Propagande, représentée par le Vicaire Apostolique de Hongkong.

    Nazareth

    Le 10 mars, notre nouveau Supérieur, le P. Le Corre, est arrivé et a pris aussitôt possession de sa charge. Quelques jours après, en la fête de saint Joseph, tous les confrères de la Société présents à Hongkong se réunissaient à Nazareth pour lui offrir, avec leur souhaits de fête, leurs félicitations et leurs vux de prospérité pour lui et pour luvre importante dont il prend la direction.

    Rome

    Un séminaire chinois a été construit à Rome à proximité du Vatican. Il sera pour la Chine ce que sont pour la France le Séminaire Français, pour lAllemagne le Collège Germanique, etc.

    Séminaire de Paris

    Une chaire dHistoire des Missions a été fondée à lInstitut Catholique de Paris et confiée à M. Georges Goyau. Les cours, inaugurés le 27 janvier, ont lieu chaque jeudi et traitent, cette année, du Renouveau missionnaire sous Grégoire XVI (1831-1846) Les aspirants qui doivent partir en mission dans le courant de lannée y assistent.

    La Revue Apologétique de janvier a publié, sous la signature de Mgr de Guébriant, un article : Une hardiesse du Catholicisme : les six nouveaux Evêques chinois, qui est une véritable leçon dapologétique.

    La première Journée dArt religieux a eu lieu, le 19 janvier, à la Société dHorticulture, sous la présidence de Mgr de Guébriant. Le sujet à traiter était lArt et les Missions. Le P. Briault, missionnaire au Gabon, montra que lart nest pas étranger aux préoccupations des missionnaires, qui sefforcent dadapter lart religieux européen au milieu dans lequel ils vivent. Mgr de Guébriant parla plus spécialement de la Chine et dit que, lorsquon a affaire à des populations aussi avancées en civilisation que celles dExtrême-Orient, cest une erreur de penser quon les séduira en leur offrant notre architecture religieuse européenne. Il vaut beaucoup mieux, surtout à un moment où, en Chine, lorganisation ecclésiastique prend sa forme définitive, laisser se constituer un art religieux local, au milieu duquel les indigènes se trouvent plus à laise. Cest du reste, ce à quoi tendent les missionnaires qui évangélisent le pays jaune.

    Le 30 janvier, grande Journée des Missions à Bordeaux. La veille, Mgr le Supérieur donna la lecture spirituelle au Grand-Séminaire ; le dimanche, après quelques allocutions dans les paroisses du S.-Eloy, S.-Pierre et Notre-Dame. S. G. prononça, à la Primatiale, un grand sermon.

    Le lendemain, Mgr de Guébriant et Mgr Olichon accompagnaient Mgr Hou à Villaudrant et à Uzeste pour un pèlerinage au tombeau du Pape Clément V, qui, en 1307 créa lévêché de Kambalik (Peking).

    De là Mgr sest rendu à Montbeton pour présider la retraite annuelle de nos confrères du Sanatorium, qui y ont pris part au nombre de 22.

    Les 3 partants de Pâques ont reçu les destinations suivantes : M. Hougard à Pondichéry, M. Patrouilleau à Tôkyô, M. Charel à Tchengtou.

    Ont été appelés aux ordres pour lordination du 12 mars : 4 aspirants de Paris, un diacre, un sous-diacre, deux minorés, et un aspirant de Bièvres pour la tonsure.

    Le 13 février, dans lintimité, le P. Robert a remis à Mme la Marquise de Laubespin le diplôme et la médaille Bene merenti de lExposition Missionnaire Vaticane, en reconnaissance du dévouement la Présidente de luvre des Partants pour les Missions.

    Les fêtes des Martyrs de la Société ont été élevées au rite de 2e classe pour les séminaires de Paris et de Bièvres.

    La première admission daspirant de cette année est celle de M. Kerjouan, de Vannes.

    1927/243-262
    243-262
    Anonyme
    France et Asie
    1927
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