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Chronique des Missions et des Etablissements communs 6

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Le 14 avril, S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique, accompagné dun prêtre secrétaire, arrivait à Tôkyô. Son Excellence, qui avait voyagé de Naples à Kôbe sur une malle japonaise, est revenue en parfaite santé.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.
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    Tôkyô

    Le 14 avril, S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique, accompagné dun prêtre secrétaire, arrivait à Tôkyô. Son Excellence, qui avait voyagé de Naples à Kôbe sur une malle japonaise, est revenue en parfaite santé.

    Le 20 avril, Mgr Rey, Archevêque de Tôkyô, adressait à ses missionnaires la lettre suivante : Lâge et les infirmités qui 1accompagnent, dont je sens le poids plus fortement depuis lannée dernière, mont fait comprendre quil était bon pour le diocèse et pour ma conscience dêtre relevé de la lourde charge qui pèse sur mes épaules depuis quatorze ans. Sa Sainteté le Pape Pie XI a daigné, dans laudience du 4 mars 1926, agréer ma demande, présentée par Son Em. le Cardinal Préfet de la Propagande, qui me charge de lAdministration de lArchidiocèse jusquà la nomination de mon successeur... En conséquence, Sa Grandeur invitait les confrères à envoyer le plus tôt possible au Supérieur du Séminaire et de la Société leurs votes pour le choix dun nouvel Archevêque de Tôkyô.

    Les Acta Apostolic Sedis du 6 avril annoncent que Mgr Rey est nommé Archevêque titulaire de Philippopolis.

    LInstitut des Marianistes a eu la douleur, partagée par toute notre Mission, de perdre un de ses membres les plus éminents en la personne de M. Beuf, qui sest éteint, épuisé de forces, le 24 avril, à lâge de 71 ans. Arrivé au Japon le 11 février 1889, le jour même de la promulgation de la Constitution, il fut professeur de sciences physiques et naturelles à lEtoile du Matin ; puis il fut chargé du cours de langue française à lUniversité Impériale, en remplacement du P. Mugabure, plus tard Archevêque de Tôkyô. Il était, depuis près de vingt ans, directeur de lécole primaire.

    Ses funérailles ont montré quelles sympathies lui avaient méritées ses grandes qualités et les services quil a rendus pendant ses 36 années au Japon : on y vit, en effet, onze professeurs de lUniversité, plusieurs généraux et amiraux, des sénateurs, députés, directeurs décoles, etc.

    Du haut du ciel le regretté défunt contribuera à maintenir la protection divine sur la belle uvre des Frères Marianistes, dont il fut lun des pionniers.

    Le 15 avril, plus de 1.000 ivoiriers ont assisté à un service bouddhique célébré au temple Gokoku-ji pour les esprits des éléphants qui ont fourni la matière de tous les objets sculptés par les artisans japonais dans le cours de lannée dernière. 15 bonzes présidaient loffice et ont chanté des prières pour les mânes des pachydermes défunts. M. Ikeda, Président de lAssociation des Ivoiriers, dit que la cérémonie a été célébrée en esprit de reconnaissance et dactions de grâces aux éléphants dont les défenses ont servi de matière au travail de la corporation.

    Le nombre des Japonais résidant à létranger se monte actuellement à 610.000, Les principaux pays démigration sont : la Mandchourie (184.528), les Etats-Unis (non compris Hawaï, 133.080), les îles Hawaï (125.764), le Brésil (49.400), la Chine (non compris la Mandchourie, 47.612), lAsie méridionale (21.782), le Canada (19.679), le Pérou (10.969), les îles Philippines et Guam (8.995), Panama et Cuba (8.050), etc. Il y a en Europe 2934 Japonais et, en Afrique, 64 seulement.

    Nagasaki

    La santé de Mgr Combaz, qui semblait invulnérable, inspire depuis quelques semaines des inquiétudes. Prêtres et chrétiens sunissent dans la prière pour que Dieu garde longtemps encore au diocèse de Nagasaki son chef vénéré.

    Quoique sous une forme restreinte, lAdoration perpétuelle a été établie dans la mission et, chaque dimanche de lannée, le Saint-Sacrement est exposé au moins dans une des paroisses du diocèse. Le premier dimanche de mai, cette cérémonie a donné lieu, dans léglise dUrakami, à une belle manifestation liturgique et religieuse. Les scholas de jeunes gens et jeunes filles des quatre paroisses de la ville, auxquelles vinrent se joindre les professeurs et élèves de lEcole Apostolique, les Frères de lEtoile de la Mer et le Séminaire, en tout 350 exécutants, chantèrent, selon lédition vaticane, la messe votive du Saint-Sacrement et la traditionnelle messe du 1er mode de Dumont, avec une netteté et un ensemble vraiment impressionnants.

    Près de 8.000 chrétiens assistaient à la messe.
    Cétait la première fois que les diverses scholas se réunissaient, et aucune répétition générale navait précédé lexécution. Il se fait parmi ces chorales une sélection des meilleurs sujets, qui projettent de faire entendre aux païens de la ville quelques beaux morceaux de notre polyphonie catholique.

    Hakodate

    Notre confrère le P. Charles Cesselin est rappelé en France pour y remplir les fonctions de professeur au Séminaire de Bièvres. Aux vux de bon succès que nous lui adressons se joignent tout naturellement les regrets que nous cause son départ dune mission à laquelle il appartenait depuis 1907.

    Taikou

    Le 14 avril, fête patronale du Séminaire Saint-Justin, Mgr Demange a célébré la messe pontificale et donné la bénédiction papale. Dans laprès-midi a eu lieu la bénédiction de la nouvelle cloche, Charlotte, qui sera hissée au clocher du Séminaire.

    La nouvelle Ecole supérieure des filles, à Taikou, a été officiellement inaugurée le 16 avril. Notre école catholique avait présenté 7 de ses élèves à lexamen dentrée à cette école : 5 ont été reçues. Cest un succès encourageant.

    Le 18 avril a eu lieu, à la cathédrale, lordination dun diacre et de 11 tonsurés. Aux Quatre-Temps de la Pentecôte, 7 diacres recevront lordination sacerdotale.

    Le retraite annuelle des missionnaires, du 19 au 24 avril, a été prêchée par Monseigneur lui-même, qui a pris pour sujet de ses instructions la petite voie denfance spirituelle de sainte Thérèse de lEnfant Jésus.

    Kirin

    Depuis longtemps il était question de prolonger la voie ferrée Changchun-Kirin vers Yenki et la Corée. On va commencer le premier tronçon, de Kirin à Tounhoahien. La ligne franchira le Soungari sur un pont métallique de 450 mètres. Plusieurs tunnels devront être percés, car cette région est très accidentée. Les montagnes sont couvertes dimmenses forêts jusquici inexploitées, qui seront pour la nouvelle ligne la source dun trafic intense.

    La cause de lévangélisation profitera aussi de cette voie ferrée, qui rendra beaucoup plus facile aux missionnaires bénédictins de Ouensan laccès de régions où de nouvelles agglomérations ne tarderont pas à se former.

    Suifu

    Le vendredi 9 avril, vers les 5 heures de laprès-midi, arrivaient à Suifu deux vapeurs anglais avec un chargement de pétrole. Songez-y ! Deux navires anglais transportant du pétrole, mettons même que ce soit du pétrole américain, qui ont laudace de monter jusquà Suifu ! Cest un défi qui sera relevé. Immédiatement les étudiants mobilisent et, drapeaux déployés, se rendant sur le bord du fleuve. Défense de procéder au débarquement ! Mort aux coolies ou sampaniers qui oseraient enfreindre, la consigne ! MM les étudiants montent la garde pendant deux nuits consécutives malgré une pluie diluvienne... Le dimanche matin, les événements changent soudainement de face. Un général de brigade doit descendre avec sa garde à une sous-préfecture située à 120 lis en aval de Suifu. Les compradores des deux vapeurs soffrent de ly conduire gratuitement. à condition que celui-ci fasse le nécessaire pourquils puissent débarquer leur cargaison. Le marché est accepté. Bientôt un bataillon armé jusquaux dents débouchait sur la plage et refoulait les étudiants, qui fuyaient par toutes les issues Remis de leurs émotions, ceux-ci se reformaient dans laprès-midi et, renforcés du corps des étudiantes, sen allaient demander raison de cet acte dautorité de son subordonné au général de division, qui ne les reçut pas. Ils nen furent que plus furieux. Avoir veillé deux nuits par un temps de chien et nêtre arrivé quà un si piètre résultat, cest plutôt vexant, avouez-le. Des étudiants et des suffragettes de la République céleste ne restent pas sur une défaite. Potius mon! Réunis en grand conciliabule, ils jurent de ne pas cesser leurs manifestations tant quon ne leur aura pas livré le pétrole pour en faire un feu de joie. Leurs classiques reposeront au fond de leurs tiroirs, mais ils auront le dernier mot !

    Pendant huit jours, étudiants et étudiantes, par groupes de cinq, de dix, processionnent, crient, pérorent, font gémir la presse, distribuent des tracts. A part eux et la faction du kouemintang celui-ci parce quils en font partie, rien de bon sous la calotte des cieux. Les chefs militaires de la garnison sont, avec Tchang Tsolin et Ou Peifou, classés parmi les chiens courants des impérialistes. Les chrétiens, traités desclaves des capitalistes, de traîtres à la patrie, de mangeurs des miettes qui tombent de la table des diables dOccident, sont adjurés de renoncer à leur religion et de se joindre à la ligue kouemintang, libératrice des consciences opprimées

    Huit jours, cest bien long, et les manifestantes sont encore peu aguerries ; aussi il en est qui se sont enrhumées, dautres qui souffrent de la tête, dautres qui ont des nausées. Cest le moment attendu par les intermédiaires pour entrer en lice. Le pétrole ne sera pas brûlé, il sera vendu au rabais et un huitième de la vente ira grossir le budget des écoles. Comme de vulgaires militaristes, MM. les étudiants et même MMlles les étudiantes se sont laissé éblouir par des piastres sonnantes et trébuchantes. Qui leût cru ?

    La garnison de Suifu faisait depuis plus dun mois des préparatifs de guerre : à la fin davril elle a ouvert les hostilités contre larmée du général Lou Tchao, lieutenant de Yuen Tsoumin. Si ce dernier vient au secours de son subordonné, ce sera de nouveau la province du Setchoan à feu et à sang.

    Mgr Renault visite en ce moment les districts du nord de la Mission. Il pense profiter de loccasion qui len rapproche pour pousser une pointe jusquà Tchengtou, si toutefois les circonstances lui permettent ce voyage.

    Tatsienlou

    Groupe du Setchoan. Que se passe-t-il au Thibet ? Nous nen recueillons ici que des échos lointains. Le Grand-Lama semble convoiter vivement les territoires thibétains qui relèvent encore du Setchoan. Tout récemment une délégation dune dizaine de Thibétains, au vu et su du mandarin chinois, sest présentée chez les chefs indigènes de la préfecture de Kantse pour les inviter à se rallier à Lhassa. Les pourparlers durèrent plusieurs jours et vraisemblablement ils ont produit quelque effet, à en juger, du moins, par les lettres alarmantes du mandarin local à ses supérieurs de Tatsienlou : il demande avec instance lenvoi de soldats chinois, sous peine de voir le peuple de sa sous-préfecture et de quelques autres se séparer définitivement de la Chine.

    En ce qui concerne la Mission, ces événements ne peuvent que nous inquiéter sur le sort des chrétientés de cette région, si elles tombaient sous ladministration de Lhassa. Sans doute, le gouvernement chinois, actuellement surtout, nest pas des meilleurs, mais il nous laisse la liberté religieuse, ce que ne ferait probablement pas le Grand-Lama.

    Lieou Yukieou, gouverneur actuel des Marches setchoannaises, est à Yatcheou, où il poursuit ses projets : ouverture dune route carrossable de Tatsienlou à Yatcheou, exploitation de mines, etc. Des experts et un ingénieur, retour de Belgique où il a étudié pendant 12 ans, inspectent depuis deux mois les environs de Tatsienlou et ont trouvé du minerai en plusieurs endroits, mais les travaux dexploitation ne sont pas encore commencés.

    Nous sommes toujours bien mal desservis au point de vue postal ; les colis subissent des retards illimités : les Ordos nous sont arrivés à Pâques ; nous recevons en avril le Bulletin des mois daoût et septembre de lannée dernière, etc. Et, pour comble, les brigands font leur choix et sapproprient ce qui leur convient dans les caisses ou paquets.

    Groupe du Yunnan. La région de Batang et Yentsing, qui depuis si longtemps était troublée par la lutte du Namka-Lama contre la Chine, sest vue débarrassée de ce chef de brigands thibétains. Ses partisans viennent de faire la paix avec les Chinois ; mais ceux-ci se sont contentés de vagues protestations de fidélité et ont laissé aux bandes armes et munitions. Cest dire que MM. les lamas ont encore tout ce quil leur faut pour se battre entre eux et ils ny manqueront pas, car Namka-Lama a un successeur digne de lui, Songpou-Lama, celui qui, après lassassinat du grand chef, fit la paix avec les Chinois, tout en se réservant les coudées franches pour venger son chef aux dépens des Thibétains, lamas et autres, qui sétaient alliés aux Chinois pour combattre Namka-Lama. Les Chinois, de leur côté, verront sans inconvénient les grands seigneurs locaux se dévorer entre eux. Jusquici cependant nos chrétientés de Batang et Yentsing nont pas été inquiétées, mais les relations entre les deux missionnaires de ces localités étaient devenues quasi impossibles. Espérons que cette situation anormale va cesser.

    Notre confrère, le P. Goré, réunissait en septembre de lannée dernière quelques jeunes gens venus des différents postes de la région pour leur donner une instruction religieuse plus complète et essayer den faire de futurs catéchistes. A lapproche du premier de lan chinois, il leur a fait passer un examen et se dit enchanté des résultats déjà obtenus. Tous nos vux pour la réussite de cette Université thibétaine. Lécole de Yerkalo a déjà existé avant la persécution de 1905 ; huit ans plus tard on essaya de la remettre sur pied, mais elle fut de nouveau anéantie, ou du moins rendue impossible, par les troubles continuels qui suivirent lavènement de la République.

    Le P. Nussbaum a profité dun moment où la route de Batang à Yerkalo était libre pour venir voir ses confrères quil navait pu rencontrer à la retraite. Il sest même appuyé douze jour de marche pour venir jusquà Tsetchong, où on lattendait depuis quatre ans.

    Plus de nouvelles du Loutsekiang depuis les premiers jours de janvier. La neige a été, cette année, très abondante dans les montagnes qui séparent les bassins du Mékong et de la Salouen. Il faudra attendre que cette neige soit tassée et suffisamment durcie pour que les communications soient rétablies avec le Loutsekiang. Les dernières lettres reçues de nos confrères, les PP. Génestier et André, exprimaient des craintes au sujet des Thibétains du Tsarong, qui menaçaient de venir encore lever le tribut au Loutsekiang, soumis pourtant à la Chine depuis une vingtaine dannées. Lan dernier, ils avaient obtenu ce tribut, grâce à la poltronnerie du mandarin chinois ; cette année le nouveau mandarin et les Chinois établis au Loutsekiang avaient lair de vouloir se défendre, doù crainte de troubles. Espérons que la Sainte Vierge et saint Joseph, patrons des deux postes du Loutsekiang, auront préservé de tout malheur les missionnaires et leurs chrétiens.

    A Tsetchong même, le P. Ouvrard bénissait, le 7 février dernier, la nouvelle maison-mère des vierges thibétaines. Cette maison était terminée, pour ainsi dire, depuis un an ; mais il restait encore quelques détails non exécutés ; en particulier le missionnaire voulait faire à ses chères filles comme un sanctuaire intérieur en lhonneur de la Sainte Vierge et les circonstances lavaient empêché dexécuter son plan et de bénir la nouvelle école plus tôt. Le constructeur pensait bien laisser désormais à dautres le soin de bâtir avec tous les ennuis du métier. Hélas ! après les pierres et les bois, il devra manier les tuiles. Il est urgent pour lui et pour ses chrétiens de recouvrir son église, dont les tuiles, de très mauvaise qualité, laissent passer leau des pluies en plus de cent endroits. Dès que la pluie tombe abondante et forte, il pleut dans son église comme dehors et la charpente de la toiture, ainsi que la voûte en bois de lédifice, sont gravement compromises.

    Lhiver à Tsetchong, comme dans les autres postes de la région, est lépoque des travaux spirituels. Cest seulement en cette saison que le missionnaire peut réunir les élèves des écoles et les catéchumènes pour les instruire. Aussi la résidence, où se trouve lécole des garçons, et la maison des vierges thibétaines, où se trouve lécole des fillettes, sont-elles alors bruyamment animées. Les écoles réunies et les catéchumènes font un total de plus de cent dix personnes dont, les deux tiers nourris par la mission.

    Cette année encore est une année de disette, sinon de famine complète, car les récoltes des terrains de montagnes furent quasi anéanties par une neige précoce tombée au mois doctobre dernier ; seules les récoltes de riz et de maïs des bords du Mékong ont été épargnées et devront suffire et pour la population locale et pour les Thibétains qui veulent des céréales en échange du sel quils viennent vendre dans nos contrées.

    A Weisi le P. Ly, notre confrère chinois, se plaint, lui aussi, que le manque de céréales va lempêcher dinstruire autant de catéchumènes quil lavait dabord espéré.

    Ningyuanfu

    Après un bon mois de vacances les cours ont repris pour les séminaristes, les élèves catéchistes (dont 4 nouveaux) et les élèves vierges enseignantes (dont 6 nouvelles). Un maître décole de la ville vient chaque jour donner une classe de littérature chinoise chez les élèves catéchistes.

    Les écoles paroissiales de Ningyuanfu sont ouvertes également et le nombre des élèves est très satisfaisant.

    Comme cette question des écoles est pour nos chrétienté de première importance, nos confrères sappliquent à en ouvrir partout où ils le peuvent : le P. Burnichon, à Yangtsaopa, Makiahochan, Poutaotsen ; le P. Audren, à Moulo ; le P. Grosjean, dans plusieurs de ses stations, etc.

    Yunnanfu

    Mgr de Gorostarzu a quitté Yunnanfu le 6 avril pour se rendre à Hanoi et y assister au triduum en lhonneur de sainte Thérèse de lEnfant Jésus. Avec S. G. voyageait le P. Degenève, qui allai à Hongkong passer quelque temps au sanatorium de Béthanie pour sa santé. Mgr était de retour à Yunnanfu le 26, après un arrêt de deux jours à Mongtse.

    Ceux de nos confrères qui ont été chargés par le Comité de distribuer les secours aux affamés remplissent avec beaucoup de dévouement leur charitable mission, qui, malgré la fatigue des voyages, leur procure bien des consolations. Partout les populations leur témoignent de la sympathie. Qui sait si la divine Providence ne se servira pas de ce premier contact pour conduire ces pauvres gens vers notre sainte religion ? Alors nos confrères seront amplement récompensés de leurs fatigues !

    Les brigands continuent leurs exploits dans la province ; on ne compte plus les villages pillés, puis incendiés. Les villes sont imposées de sommes plus ou moins fortes selon leur importance : Tonghai et Kouangsi-hien ont dû payer chacune 15.000 piastres.

    A Yunnanfu, le dimanche 18 avril, toutes les écoles de la ville se firent un devoir denvoyer une délégation à une réunion convoquée dans les locaux de lAssemblée provinciale. Là, durant plusieurs heures, des étudiants discoururent prolixement sur les malheurs de la Chine, et comme conclusion : A bas les impérialistes ! A bas tout le monde, excepté nous, les potaches ! Sur quoi, persuadés que, comme jadis certains volatiles du Capitole, ils avaient sauvé la République, les écoliers se retirèrent fiers et satisfaits.

    Kouiyang

    Le retraite annuelle des missionnaires a eu lieu la deuxième semaine après Pâques. Deux seulement ont été retenus dans leur district par des affaires pressantes. Cette réunion avait pour nous, cette année, un intérêt tout particulier, car nous devions fêter les noces dargent sacerdotales de quatre de nos confrères, les PP. Bras, Cousin, Noyer et A. Solignac. Malheureusement ce dernier, retenu chez lui par la construction dune église, nétait pas de la fête.

    1901 fut une année exceptionnelle pour le Kouytcheou, puisquelle nous donna quatre nouveaux missionnaires. Cétait le beau temps. Depuis lors nous avons eu la terrible guerre, et maintenant nous ne recevons pas même une recrue par an. Aussi les quatre bleus de 1901 se font-ils un devoir de tenir bon sur la brèche, et à tous les quatre nous donnons rendez-vous dans 25 ans pour leurs noces dor.

    Le Kouytcheou vient encore de changer de gouvernement. Yuen Tsoumin rappelle au Setchoan Pen Hantchang et envoie à sa place à Kouiyang le général Tcheou Sitchen. Que sera ce nouveau gouverneur ? Attendons-le à luvre pour le juger. On le dit énergique : espérons quil rétablira lordre dans la province ; elle en a grand besoin.

    Lanlong

    Un nouveau confrère, le P. Signoret, du diocèse dAvignon, est annoncé pour la Mission de Lanlong ; il a dû sembarquer à Marseille le 9 avril. Nos prêtres étant tous surchargés de travail et plusieurs affaiblis par linsalubrité du climat, ce renfort sera reçu avec allégresse.

    Notre pro-préfet, le P. Louis Esquirol, est menacé de cécité et devra après les chaleurs aller se mettre entre les mains dun spécialiste. Daigne Dieu le guérir, car notre jeune Mission a trop grand besoin de son zèle et de son savoir-faire.

    Le bruit court quune armée cantonaise a pénétré sur notre territoire pour aller combattre le Yunnan. Le peuple est affolé et bien des villages sont déjà abandonnés. La pluie et lespoir dune bonne récolte de printemps avaient amené une diminution sensible du prix du riz ; mais, si les Cantonais arrivent, de nouveau les vivres vont être dilapidés et le pays réduit à la misère.

    Canton

    Le jour de la clôture de la retraite des prêtres indigènes, lordination sacerdotale a été conférée au P. François Lu.

    Les exercices du Jubilé ont été très bien suivis à la cathédrale. Tous les matins plusieurs centaines de personnes assistèrent à la messe et au sermon et reçurent la sainte Communion. La même assistance se retrouvait à la cérémonie du soir. Les jeunes Pères Jean Ichan et Philippe Lao, chargés de la prédication, se sont fort bien acquittés de leur tâche.

    Pakhoi

    Funestior advolat alter nuntius. Mettons au pluriel, car lhistoire de Job semble vouloir se répéter pour nous.

    Premier messager. Le petit cimetière français de Pakhoi, terrain légalement et très régulièrement acheté par la France, enclos dun mur en briques, muni dune porte toujours fermée à clef, a été violé. On a coupé de jeunes pins et arbustes qui le paraient modestement. Des vases de fleurs, disposés autour des tombes, ont été mis en morceaux. Enfin trois croix funéraires ont été les unes arrachées, lautre décapitée. Il est bon de noter que les tombes ainsi profanées étaient tout spécialement désignées à la rage dindividus qui prétendent affranchir leur patrie! Elles leur parlaient trop de vertus dont ils veulent libérer les nouvelles générations : linnocence, la foi, la charité. Dans lune repose la frêle dépouille dune enfant de deux à trois ans, fille dun ancien Consul de France ; les deux autres sont celles dun missionnaire et dune religieuse. Le Père Kammerer avait donné aux Chinois vingt-six ans de sa vie, dont une vingtaine à Pakhoi même. La Sur Emmanuel avait sacrifié ses forces aux enfants abandonnés. Voilà des titres à une reconnaissance si noblement montrée par des gens qui se disent civilisés. Ils peuvent maintenant célébrer une grande victoire sur limpérialisme des étrangers.

    2e messager, Le Consul de France ayant signifié son indignation aux autorités locales, quelques jours après un autre cimetière, celui-là réservé aux Anglais et aux employés de la douane ; fut à son tour visité par les iconoclastes. Une pierre tombale y fut même soulevée. Peut-être y pensait-on trouver un canon de 120 long ou une pièce de siège ?

    3e messager. A Hainan, dans la chapelle de Bangkao occupée par la troupe, une statue de saint Joseph tenant lEnfant Jésus a été mutilée et décapitée : les deux têtes ont été apportées au missionnaire. Les mises en demeure dapostasier commencent à se produire, tout comme au Louitchéou. Un catéchumène a même été contraint de signer un acte de renonciation à sa foi et menacé de mort sil revenait à la religion des étrangers.

    4e messager. La petite ville frontière de Tonghing commence à goûter les douceurs du boycottage et de lagitation anti-française. Le pont qui la relie à la ville française de Moncay est interdit aux Annamites et aux Français. Tout récemment, le P. Léauté y a été arrêté pendant un assez long temps et naurait pu rentrer dans son poste de Lofao sans lintervention de certains habitants de la ville. Lagitation est, là comme ailleurs, entretenue surtout par les étudiants.

    5e messager. A Muilok, occupé pour la seconde fois, le P. Baldit en est réduit à partager la chambre de son catéchiste. Les envahisseurs de sa maison lui laisseront-ils longtemps ce dernier asile ?

    Mais en voilà assez pour cette fois. Continuabitur idem caput ; du moins, jen ai peur.

    Nanning

    Les quelques notes suivantes, prises au jour le jour, donneront une idée de notre situation au Kouangsi.

    22 avril. Première manifestation anti-chrétienne à Nanning. Le cortège se compose des écoles, garçons et filles, des syndicats ouvriers et de la police, qui ferme la marche. Les manifestants portent des drapeaux avec des inscriptions menaçantes et, en passant devant nos établissements, crient : A bas lImpérialisme ! A bas la religion chrétienne ! A bas la mission catholique ! Reprenons les propriétés des missions ! etc. Le cortège mit environ une demi-heure à défiler devant la cathédrale.

    25 avril, Dimanche. A 9 h. du matin, un groupe denviron 80 élèves de lEcole secondaire, musique en tête, se réunit devant la mission. Des orateurs pérorent et exhortent notre personnel à nous quitter sans délai, à ne plus se faire les chiens courants des diables dOccident, etc. Pour finir on crie : Boycottons les diables détrangers ! A bas la mission catholique ! et lon colle des placards sur nos murs ; après quoi on sen va répéter la même cérémonie devant les établissements protestants.

    27 avril. A 6 h. du soir, un nouveau groupe détudiants armés de bâtons et suivis dun nombre considérable de curieux, de malandrins à la mine plutôt malveillante, se rend devant la mission. A laide de gros pinceaux ils inscrivent sur toute la longueur de nos murs les mêmes formules menaçantes ; puis des cris furieux éclatent : A bas les missions catholiques ! A mort les diables détrangers ! Et non seulement la police nempêche rien, mais quelques policiers se joignent aux manifestants pour vociférer contre nous.

    Toute la nuit suivante, on entendit des passants frapper à nos portes en hurlant des injures.

    28 avril. Le matin, nombre de personnes qui avaient déposé des objets chez nous sont venues les retirer dans la crainte dun prochain pillage. Notre personnel commence à prendre peur.

    Nous demandons par lettre aux gouverneurs civil et militaire dassurer notre protection. Deux jours après on nous répond que la police est avertie et que nous serons protégés contre les actes de violence. Quelques affiches disent en substance à la population : Ces jours derniers, les manifestations patriotiques des écoliers se sont déroulées dans un ordre parfait. Pour ce qui est de lattitude envers les étrangers prédicateurs de religion et leurs adeptes, on ne peut quadmirer le zèle avec lequel les étudiants les exhortent à venir à résipiscence. Quant aux actes désordonnés qui pourraient se produire, nous donnons ordre à la police dy veiller.

    1er mai. Manifestation des travaillistes, organisée par le Gouvernement. Les écoles, larmée, la police en font partie aussi bien que les corporations de métiers. etc. De 2 à 3 h. le cortège passa devant la mission. Malgré la présence de quelques policemen à notre porte, les vociférations accoutumées ont lieu.

    Le soir, retraite aux flambeaux ; les mêmes éléments composent le cortège. Les cris, accompagnés du son des tamtams, des tambours, des grosses-caisses, ont quelque chose de lugubre.

    2 mai, Dimanche. A 2 heures un groupe détudiants et détudiantes se réunit devant lentrée de la mission et se met à débiter des horreurs sur le christianisme, les missionnaires et leurs fidèles. On distribue des tracts, dont le thème est que les missionnaires sont lavant-garde des pays impérialistes qui veulent accaparer la Chine, que leur religion est le poison dont ils se servent pour intoxiquer le cerveau et le cur du peuple et le rendre esclave, etc.

    Qui croirait après cela que le Président de la République Céleste, Toan Chijui, adressait, le 1er mars, à toutes les provinces un décret contre lagitation anti-chrétienne ?

    Hunghoa

    Le P. Méchet est rentré de France en bonne santé et, comme par le passé, va continuer à soccuper des chrétiens de la vallée du Sông-Chảy, en même temps quil surveillera de ci de là la construction de quelques églises. Cest à Saigon quil apprit la mort de son frère, général de brigade, gouverneur de Dunkerque.

    Le P. Pichaud est éprouvé cette année par la maladie et a dû faire un assez long séjour à la clinique de Hanoi ; il se remet peu à peu.

    Notre jeune confrère, le P. Mazé, après avoir donné son premier sermon annamite dans la petite cathédrale de Hunghoa, a prononcé, le dimanche suivant, le panégyrique de sainte Jeanne dArc, en la cathédrale de Hanoi, en présence des autorités civiles et militaires de la colonie.

    Saigon

    Du 24 avril au 1er mai, dans la chapelle du Carmel, a été célébrée une octave de fêtes en lhonneur de sainte Thérèse de lEnfant Jésus. La chapelle, repeinte à neuf depuis peu, était gracieusement décorée de guirlandes de fleurs, roses et lys, parsemées de lampes électriques ; lensemble donnait une impression de délicate fraîcheur ; mais, par contraste, la température nallait pas de pair, car cette année nous jouissons (?) dune chaleur exceptionnelle.

    En principe, il ny avait quun triduum ; mais, pour sérier les pèlerins, contenter un peu tout le monde et éviter lencombrement, les quatre jours précédents furent consacrés à des journées : celle des enfants, des communautés religieuses, des Chinois, et même des soldats. Cette dernière, dailleurs, fut un peu manquée, car une centaine de marsouins et de matelots se fourvoyèrent Place de la Cathédrale, cherchant la Petite Thérèse, pendant que le P. Barré prononçait un sermon dallure un peu militaire devant un auditoire où les dames semblaient être en majorité.

    Ensuite eut lieu le triduum, puis la journée de clôture. Tous les matins, messe chantée et sermon en annamite ; le soir, sermon en français et salut solennel. Le P. Détry se surpassa dans une série de sermons où lélégance de forme et la sûreté de diction ne nuisaient en rien au pratique, Mgr Dumortier donna le salut le troisième jour et S. E. Mgr le Délégué Apostolique officia pour la clôture.

    Comme dans les circonstances analogues, on déplora lexiguïté de la chapelle : trois cents personnes y tiennent à peine, et combien serrées ; ces jours-là il faudrait une cathédrale. On a pu faire cette consolante constatation que la curiosité na pas seule attiré les pèlerins, car, durant ces jours, plus de mille communions ont été distribuées dans la chapelle.

    Les communistes sessayent en ce moment à Saigon : grèves décoliers avec bagarres et gendarmes blessés, grèves à la banque, à larsenal, dans les grandes usines ; lune finie, lautre éclate. Au début cétaient des manifestations politiques ; maintenant le mot dordre est de prendre un autre prétexte pour éviter les poursuites. La jeunesse des écoles est très montée et certains instituteurs ne sont pas étrangers au mouvement. Où veulent-ils en venir ?

    Bangkok

    Nous avons eu lhonneur de recevoir, du jeudi 15 au samedi 24 avril, la visite de S. E. Mgr Aiuti, Délégué Apostolique de lIndochine et du Siam. Bien que la saison torride ne fût guère propice aux réceptions et aux cérémonies, Son Excellence a rempli ponctuellement néanmoins le programme quil sétait imposé. Sériant méthodiquement son labeur, il ne sest occupe cette fois qui de rappeler aux Séminaire, Couvents et Ecoles les prescriptions du Droit Canon. Doué dune remarquable puissance de travail et dune vigueur de volonté que rien némousse, Son Excellence sest familiarisée très vite avec les diverses uvres du Siam, quil espère revoir dans un avenir indéterminé.

    Le P. Perroy nous a quittés pour se rendre en France, où il accompagne son vénéré cousin Mgr Perroy, Vic. Ap. de Rangoon.

    Malacca

    Le 2 mars, le P. Coppin achevait ses 25 ans de sacerdoce. Cétait en carême, où la Sainte Eglise ne permet pas la solennité des noces ; aussi notre Confrère renvoya après Pâques celle de ses Noces dargent. Voilà pourquoi, le mercredi 7 avril, la paroisse S.-Michel dIpoh était en fate de toute première classe. Deux Evêques et 25 prêtres entouraient lheureux jubilaire : Nord, Centre et Midi, Collège et Mission, Clergé européen et Clergé indigène étaient amplement représentés. Tous se sont donné rendez-vous pour les Noces dor en 1951.

    Notre Doyen voit la fête patronale de son église solennisée par un nombre toujours croissant de pèlerins. Cette année, ceux-ci ont pu admirer dans léglise, toujours dune propreté exquise, une belle tribune et, dans la tour, trois jolies cloches, qui, bénies avant la fête par Mgr Perrichon, disaient à tous les échos la gloire du grand saint Joseph de Bukit-Timah et ravissaient les oreilles des fidèles. Aussi notre cher Père Belliot était bien fier, et avec raison !

    Birmanie Septentrionale

    Gravir et dégringoler des montagnes de 5 à 6.000 pieds daltitude durant un mois, cum pedibus et jambis, par des sentiers tortueux et malaisés, parfois sous une pluie battante, cela peut être un sport agréable pour un jeune alpiniste, mais ce nen est plus un pour le missionnaire qui touche à la soixantaine. Aussi est-ce avec la fièvre et tout brisé de fatigue que, le 26 mars, Mgr Foulquier rentrait à Mandalay de sa longue randonnée chez les Katchine. S. G. a pu toutefois visiter tous les postes, donner la Confirmation à plus de 100 néophytes et, les 21 et 22 mars, présider la grande réunion générale.

    Comme les années précédentes ils ont bien répondu à lappel de leurs pasteurs, ces hardis montagnards qui, une fois baptisés, nont peur de rien. Kauris, Chinpaws, Azi, Lashi, Umas, en effet, sont là : en tout 1.200. Les PP. Gilhodes, Juéry, F. Collard, Carolus, Pâquet et Peter forment la garde dhonneur de Mgr, émerveillé de voir tant de monde, et quel monde ! ex omni tribu et lingua de ces peuplades.

    La cérémonie de la Confirmation ouvre la fête. Le Veni Creator commence ; la pluie aussi. De grosses gouttes traversent labri de branchages qui sert de cathédrale. Mgr ne bouge pas ; les confirmands non plus. La cérémonie continue et sachève sous la pluie Suit la grandmesse pontificale, dont les chants sont bien exécutés par les Pères, les Surs et leurs enfants. Et maintenant cest sous un soleil radieux que le Dieu de lEucharistie est distribué à plus de 120 personnes.

    Lheure de la première conférence a sonné. Chacun prend son siège sur lherbe. Monseigneur préside ; à ses côtés, les missionnaires. Est-ce assez biblique ? Cette scène ne rappelle-t-elle pas celle du Sermon sur la Montagne ? Au nom de tous le P. Carolus salue et remercie Sa Grandeur dêtre venue de si loin pour réjouir par sa présence le cur de ses enfants katchins ; il résume lhistoire de la mission de Bhamo et demande du renfort : operarii pauci ! Plus que personne Mgr comprend la nécessité de les aider ; la Birmanie leur envoie maintenant des prêtres. Vienne vite le jour béni où il pourra imposer les mains à leurs enfants appelés par Dieu à son service ! Tous alors sagenouillent et sinclinent sous la bénédiction épiscopale.

    Alors commence la première des quatre longues instructions qui vont se donner durant ces deux jours. Elles rouleront toutes sur lEglise et les marques de la véritable Eglise ; car les American Baptists, qui bien avant nous se sont établis dans ces montagnes et y ont fondé de nombreuses écoles, ont malheureusement fait beaucoup dadeptes, ils sont si coulants ! et, comme ils font surtout consister leur enseignement à dénigrer la religion catholique et ses ministres, cest à les défendre et à réfuter leur faux christianisme que nos orateurs, missionnaires et catéchistes, doivent surtout sappliquer.

    Cest même pour protéger leur petit troupeau contre ces loups ravisseurs, pour le maintenir bien uni et discipliné, que nos confrères, il y a quatre ans, conçurent le projet de ces réunions. Le bien réalisé est immense. Aujourdhui ces braves gens ne demandent au missionnaire ni champs, ni buffles, mais des écoles, des églises, des maîtres et des catéchistes.

    Le taung-ya kachin promet une belle récolte.

    Procure de Saigon

    M. Gerey remplace M. Artif, que son grand âge et son état de santé ont déterminé à résigner ses fonctions (Compte-rendu de 1925, page 145).

    Un des 11 partants de Pâques, le P. Louison, était, on le sait, destiné aux Procures ; il a été affecté, jusquà nouvel ordre, à celle de Saigon, où il sera le collaborateur du P. Gerey.

    Hongkong

    Le sacre du nouveau Vicaire Apostolique de Hongkong, Mgr Valtorta, évêque titulaire de Leros, aura lieu le dimanche 13 juin. Le prélat consécrateur sera Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine ; les évêques assistants, NN. SS. Da Costa Nunes de Macao et Fourquet de Canton.

    Les Frères des Ecoles chrétiennes, en la fête de saint Jean-Baptiste de la Salle, leur fondateur, ont célébré solennellement le 50e anniversaire de leur arrivée à Hongkong. Dieu a béni leurs travaux dun demi-siècle : ils ont actuellement un magnifique établissement, où 800 élèves dont la moitié sont des catholiques, bénéficient des leçons et du dévouement de ces maîtres-éducateurs.

    Le 10 mai, le clergé de Hongkong était réuni à la Procure des M.-E. pour souhaiter au P. Robert un heureux voyage de retour au pays natal et au P. Biotteau la bienvenue comme Procureur Général de notre Société, car, bien quarrivé ici au commencement de mars, ce nest que deux mois après que parut dans la Gazette son exequatur officiel. Le R. P. Spada, Provicaire et Supérieur de la Mission, exprima au P. Robert les regrets causés par son départ, avec lespoir, ou plutôt lassurance que les relations entre les M.-E. de Milan et celles de Paris garderaient, grâce au P. Biotteau, le même caractère traditionnel de bienveillante confraternité.

    Séminaire de Paris

    Le 25 mars, dans laprès-midi, la communauté a accompli la première série de visites des églises désignées pour le gain du Jubilé : Saint-François-Xavier, Saint-Thomas dAquin, Saint-Germain-des-Prés et Saint-Sulpice. La seconde série a eu lieu le Lundi-Saint.

    Le Séminaire a reçu la visite du Dr Schmidlin, de Münster, connu par sa tournée en Chine en 1914 et ses efforts pour résoudre scientifiquement le problème missionnaire.

    Le 18 mars, Mgr le Supérieur a assisté aux obsèques de Mgr Bouquet, évêque de Chartres, et a donné une des cinq absoutes, Foule compacte et splendide cérémonie dans la magnifique cathédrale.

    Les 20-22 mars, Mgr était à Louvain. Le premier soir, conférence sur lEncyclique Rerum Ecclesi ; le lendemain, lecture spirituelle au Séminaire Léon XIII ; le dimanche, réception des étudiant chinois, au nombre dune trentaine.

    Le P. Bouchet a fait, dans lEst et dans le Nord, une tournée au cours de laquelle 74 Annamites ont rempli le devoir pascal.

    Depuis 1920 il est attribué, chaque année, par le Comité du Prix Louis de la Sayette, que préside Mgr Baudrillart, une somme de 1.000 francs à létablissement religieux français qui a rendu, dans le passé et au cours des 12 mois écoulés, les plus importants services au développement de la culture française à létranger. Le choix unanime du Comité sest porté, pour 1926, sur la Société des Missions-Étrangères de Paris.


    1926/370-388
    370-388
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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