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Chronique des Missions et des Etablissements communs 7

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    La Bse Madeleine-Sophie Barat ayant été canonisée à Rome le dimanche 24 mai, la Communauté des Dames du Sacré-Cœur deTôkyô a fêté cette canonisation par une messe pontificale célébrée par Mgr l’Archevêque le 25 mai, jour qui se trouve être à la fois celui de la mort et celui de la fête de la nouvelle Sainte. Les cérémonies ont eu lieu dans une chapelle improvisée dans une des grandes salles des nouveaux bâtiments scolaires construits après le tremblement de terre. L’autel de cette chapelle était orné avec un goût parfait de grands luminaires, de plantes vertes et de fleurs qui symbolisaient les vertus de la sainte fondatrice, dont le portrait dominait l’ensemble. La place manquait pour contenir l’assistance, et nombre d’élèves durent assister du dehors à la cérémonie. Une séance édifiante et récréative eut lieu dans l’après-midi, et un salut donné par Mgr l’Archevêque clôtura la fête. Puisse la nouvelle Sainte multiplier les œuvres de ses Filles au Japon, et faire fructifier ces œuvres dans l’esprit de simplicité, d’initiative et de dévouement, qui semble être la caractéristique de l’Institut.

    A la fin de mai, nous avons pu voir, à son passage à Yokohama, un éminent catholique chinois de Shanghai, M. Joseph Lo Pahong, qui se rendait par le Président Grant à Seattle, pour de là gagner Rome et y faire son pèlerinage de jubilé. On sait que M. Joseph Lo, à côté de la place considérable qu’il occupe dans le monde des affaires, tient un des premiers rangs dans le monde religieux chinois, par le zèle qu’il a déployé pour les œuvres catholiques. Il a notamment organisé et il dirige deux hôpitaux, l’hospice St-Joseph, qui existe depuis plusieurs années, et l’hôpital du Sacré-Cœur, fondé récemment. A l’hospice St-Joseph sont adjoints deux orphelinats et un asile d’aliénés, et là c’est un millier et plusieurs centaines de personnes qui sont nourries tous les jours. De plus, M. Lo est président de l’Union de l’Action Catholique, ligue de zélateurs organisée parmi les hommes pour aider les missionnaires et promouvoir les œuvres de charité. Lorsqu’on veut le féliciter de ses œuvres, M. Lo répond, dans notre langue française qu’il connaît parfaitement : “Ne parlez pas de moi ; c’est Saint Joseph qui a tout fait : je ne suis que son humble instrument !” Sans doute, les catholiques qui peuvent faire tout ce qu’il a fait sont rares dans pays ; nous souhaitons néanmoins que, même sur une moindre échelle, M. Lo ait beaucoup d’imitateurs au Japon comme en Chine.

    La Mission Economique Française, conduite par M. Henry Ader, député, qui vient de quitter le Japon, y a travaillé activement, pendant les deux mois qu’elle y a séjourné, à réaliser le programme qu’elle s’était tracé, de faire connaître davantage dans les milieux japonais les qualités primordiales de l’industrie française, incontestablement supérieure en ce qui regarde surtout la solidité et le fini ses produits. Dans ce but, des spécialistes, délégués par plusieurs firmes françaises, ont fait des conférences techniques devant des auditoires choisis ; les visites des membres de la Mission dans les divers centres industriels et les réceptions nombreuses qui leur ont été données ont concouru au même but. Dans les réunions où les membres de la colonie française et étrangère ont été invités : dîner au Tent Hotel de Yokohama, garden-party à la Maison franco-japonaise de Tôkyô, etc., tous ont pu apprécier le caractère distingué et sympathique des membres de la Mission. De semblables initiatives porteront des fruits, surtout si elles sont continuées par une représentation de plus en plus effective de l’industrie française dans ces pays.

    Seoul

    Nous avons appris l’heureuse arrivée en France le 30 avril de NN. SS. Mutel et Demange.

    Le croiseur français Jules Ferry, portant pavillon de l’amiral Frochot, est arrivé à Chemulpo le 7 mai. Le chef d’état-major de l’amiral est le capitaine de vaisseau Vigouroux, qui, en 1901, porta secours aux PP. Lacrouts et Mousset, lors du massacre des chrétiens dans l’île de Quelpaert. L’amiral est venu à Seoul et a visité l’évêché, la cathédrale, l’école des Sœurs de Saint-Paul. Conduits par l’aumônier du bord, M. Fabre, deux nombreux groupes de matelots ont fait aussi le voyage de Seoul.

    Le Rme Archi-abbé Dom Norbert Weber, Supérieur général des Bénédictins de Sainte-Odile, est arrivé à Seoul le 14 mai pour visiter les établissements de sa Congrégation en Corée.

    Un “bazar de charité,” organisé par les catholiques japonais en faveur de l’orphelinat des Sœurs de Saint-Paul, a attiré un public nombreux. Mme la vicomtesse Saitô, femme du gouverneur général, y est venue elle-même. Profitant de l’occasion, elle a manifesté le désir de voir et d’entendre les orgues de la cathédrale : le P. Poyaud lui en a fait les honneurs.

    On compte, dans toute la Corée, 110 hôpitaux, dont 74 privés. Il y a 1.254 médecins, dont 664 japonais, 558 coréens et étrangers.

    Durant les trois premiers mois de cette année, 54.416 ont émigré au Japon.

    D’après les dernières statistiques, le nombre des Coréens à l’étranger – le Japon non compris, – est de 417.408.

    Taikou

    Nos deux écoles catholiques de garçons et de filles à Taikou ont reçu du Gouvernement général l’approbation officielle, qui leur permet de délivrer, à la fin des études, des diplômes valables pour l’entrée dans les écoles supérieures du gouvernement.

    Deux de nos prêtres coréens, les PP. Jean Kim et Joseph Ri se rendaient à bicyclette à Yengtchyen pour y prendre part à la retraite, lorsqu’en route ils furent renversés par une automobile. Le P. Kim reçut de graves blessures à la tête et demeura sans connaissance. Transporté par la même automobile chez le médecin, on lui administra l’extrême-onction, après quoi la plaie fut fermée par une suture. Pendant plusieurs jours son état inspira de vives inquiétudes ; mais heureusement un mieux se produisit peu à peu aujourd’hui le blessé est en pleine voie de guérison.

    Le P. Deslandes, à peine depuis quelques mois installé à Fusan, entreprend la réparation de sa chapelle, réparation dont le besoin se faisait grandement sentir.

    Moukden

    La retraite de nos prêtres indigènes a eu lieu dans les premiers jours de mai : Mgr Blois a tenu à la prêcher lui-même.

    Quelques jours après s’ouvrait celle des missionnaires, réunis au complet. Le R. P. Debeauvais, S. J., supérieur régulier de la Mission de Sienhsien (Tchely), en fut le prédicateur et, pendant six jours, nous distribua, avec autant de précision que d’éloquence, a la forte doctrine de saint Ignace. Le jour de la clôture, Monseigneur, en quelques phrases bien senties, remercia le zélé missionnaire du bien fait à nos âmes par sa parole vraiment apostolique.

    Tchongking

    La retraite annuelle du clergé indigène a pris fin le 2 mai. La moitié seulement de nos prêtres chinois, une trentaine, put y prendre part. Dans notre Setchoan, en effet, la famine et la guerre sévissent en même temps. Les prêtres des régions de Suitin et de Kushien ont dû rebrousser chemin, car la route par voie du fleuve était barrée.

    Le 12 mai un service solennel a été célébré à la cathédrale à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Mgr Chouvellon. M. le Consul de France et de nombreux fidèles y assistèrent.

    Suifu

    La guerre est partout au Setchoan. Dans notre Mission, pas un coin qui n’ait été piétiné et par les vaincus et par les vainqueurs ; pas un hameau qui n’ait été obligé de verser aux uns et aux autres d’énormes contributions de guerre. La Mission elle-même a beaucoup souffert cette fois : l’oratoire de Tselioutsin a été pillé, des écoles endommagées, etc.

    Le général commandant la 9º division a, comme tous ses collègues chinois, foi à l’assiette au beurre ; mais, de plus, il croit aussi à l’“assiette au sable.” Les lecteurs du Bulletin se demanderont, sans doute, ce qu’est l’“assiette au sable.” Voici. Une personne, qui doit ne savoir ni lire ni écrire, tient au bout de ses doigts de la main droite, un long bâtonnet appuyé, vers son milieu, sur l’intersection de deux autres réunis en forme de croix ; elle agite ces derniers selon l’inspiration de l’“esprit” qui la possède, et aussitôt apparaissent, sur le sable contenu dans l’assiette, des caractères, plutôt mal formés, dont un spécialiste fait la lecture et explique le sens. Consulté à plusieurs reprises par le général en personne, le chap’an avait toujours dit que pour être vainqueur, il ne devait commencer le combat qu’après le 14 de la 4e lune. Docile à cet oracle, il prenait l’offensive le 17 et, dès le 19, il était... contraint de battre en retraite sur Suifu, puis sur Loutcheou, puis sur Tchongking ... Je ne sais s’il croit encore à l’“assiette au sable.”

    Depuis le milieu de mai la santé du P. Gire laisse bien à désirer. Espérons que les soins dévoués et intelligents de nos bonnes Sœurs Franciscaines arriveront à le remettre sur pied.

    Tatsienlou

    Une intrépide exploratrice, Mme David-Neel, a réussi à pénétrer au Thibet et même à séjourner pendant deux mois à Lhassa, au grand mécontentement des Anglais, paraît-il. Transformés, elle et son petit compagnon, en guenilleux, cheminant par monts et par vaux le baluchon sur le dos, couchant en plein air durant tout l’hiver, souffrant le froid et la faim ; une fois, perdus dans les neiges, leurs provisions épuisées, ils jeûnèrent pendant 60 heures : abondante matière d’un beau roman d’aventure, mais aussi preuve d’une énergie et d’une endurance vraiment admirables. La vaillante voyageuse est repartie pour la France et elle publiera, sans doute, le récit de ses merveilleuses pérégrinations.

    Ningyuanfu

    La visite des chrétiens est terminée à peu près dans tous les districts. Le P. Tchên est rentré de sa tournée dans les montagnes d’Eulsein : il a pu la faire complète, mais au prix des plus grandes difficultés, malgré les répondants lolo dont il s’était fait accompagner.

    Le P. Grosjean voit le vide se faire de plus en plus dans la région de Tchangpintse ; la mission elle-même ne serait pas à l’abri des menaces proférées par les Lolo.

    Le 3 mai, les PP. Sirgue et Burnichon se trouvaient réunis chez le P. Audren à Molochiku pour la bénédiction d’une cloche. Le P. Sirgue, provicaire, délégué à cet effet, expliqua aux fidèles le sens de la cérémonie à laquelle ils assistaient nombreux.

    Dans les environs de Ningyuanfu, c’est la ruine de la population agricole ; par crainte des incursions des Lolo, les campagnes sont abandonnées et la ville ne trouve plus à loger ses habitants, dont le nombre va toujours croissant.

    Notre hôpital a été ouvert le 29 avril. Depuis lors il a reçu nombre de soldats blessés au cours d’expéditions contre les Lolo. Les 40 lits seront bientôt insuffisants.

    Bonnes nouvelles de nos 6 séminaristes de Penang ; leurs notes de l’année scolaire sont très satisfaisantes ; 5 d’entre eux, en 3e année de théologie, sont appelés à la tonsure.

    Yunnanfu

    Près de la gare de Yunnanfu, dans les locaux de l’ancien cercle, une chapelle a été aménagée pour les Européens. Elle a été inaugurée en la fête de la Pentecôte et la messe y sera célébrée tous les dimanches et fêtes d’obligation.

    Notre doyen, le P. E. Maire, provicaire, et le P. Letourmy ont été assez sérieusement malades ; grâce à Dieu, tous deux sont en voie de guérison.

    La résidence du P. Tchen à Loupou a été pillée pendant son absence ; plusieurs chrétiens furent alors emmenés par les brigands.

    La famine sévit partout. A Kokoui, le P. Guyomard distribue chaque jour de la bouillie de riz à 200 affamés. A Yunnanfu les miséreux sont réunis d’office à la pagode de Kouihoase : les décès y sont en moyenne de 20 par jour.

    Les PP. Salvat et Erdozaincy-Etchart s’étaient rendus de Taly à Yangpy (deux journées à l’ouest ), où ce dernier allait faire sa première visite. Ils y passèrent la fête de la Pentecôte. Le lendemain 1er juin, ils repartaient avec une escorte de 8 soldats et couchaient à Hokiang, à mi-chemin entre Yangpy et Taly. Le mardi, comme ils continuaient leur voyage, l’escorte s’attarda en arrière, et, au village de Seucheulykiao, nos confrères tombèrent une bande de brigands, qui les emmenèrent à la montagne, les dévalisèrent entièrement ( effets, argent, montures, etc.), puis les renvoyèrent sains et saufs. Et c’est dans cet état qu’ils rentrèrent à Taly.

    Kouiyang

    Le 3 mai, les missionnaires de Kouiyang célébraient à la fois la solennité de saint Joseph, Patron de la Mission, la clôture de leur raite annuelle et le cinquantenaire de sacerdoce de leur vénéré doyen, le P. Chasseur. La fête fut solennelle et joyeuse. Le jubilaire chanta la grand’messe ; les chrétiens offrirent des présents ; aux agapes fraternelles qui suivirent la cérémonie, Mgr Seguin se fit l’interprète des félicitations de tous. En un mot, rien ne manqua à la fête, ni les pétards, ni les chansons, ni les toasts au héros de la solennité, dont les 73 ans supportaient vaillamment et gaiement ce surcroît de fatigue.

    Deux jours après, selon une tradition chère à notre Mission, tous les retraitants se rendaient en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Liesse. Le P. Chasseur, toujours intrépide, voulut être de la partie. Il était monté à mule et se dirigeait vers l’oratoire lorsque, à un tournant légèrement en pente, il perdit les étriers et tomba à terre. Des confrères accoururent et le trouvèrent gisant inanimé sur le bord du chemin. Malgré les soins empressés qui lui furent prodigués, il ne reprit pas connaissance et expira au bout de quelques instants. Le jour de joie était devenu un jour de deuil, pour nous, du moins. Quant à lui, notre bon doyen, il venait de finir sa retraite en fêtant ses cinquante ans d’apostolat, il se rendait en pèlerinage pour remercier la Sainte-Vierge, nul doute que Dieu ne l’ait trouvé prêt et ne lui ait adressé la parole décisive de son éternité : Euge, serve bone et fidelis, intra in gaudium domini tui !

    Lanlong

    De mémoire d’homme on n’a vu famine comparable à celle qui sévit en ce moment sur notre région. Les détails donnés par nos confrères des différents postes sont navrants.

    Les gens aisés ont vendu tout ce qu’ils possédaient pour se procurer du riz et sont maintenant réduits à la mendicité. Les routes sont sillonnées d’affamés, qui, par groupes de 4 ou 5, se traînent de village en village, mangeant des herbes et des racines. On enlève l’écorce des bibassiers, des faux-cotonniers, on la broie avec de la racine de fougère, et l’on obtient ainsi une pâte indigeste, qui fatigue l’estomac, mais prolonge la vie de quelques jours. Les bananiers ont été dévorés jusqu’à la racine et on en chercherait en vain dans le pays aujourd’hui.

    Les marchés manquent de riz et ceux qui ont pu à grand’peine s’en procurer quelque peu risquent fort de se le voir enlever par les pillards. Nombre de cultivateurs n’ont même pas la semence qui devrait déjà depuis longtemps avoir été confiée à la terre. Aussi les champs restent incultes et la disette est à redouter encore pour l’année prochaine. Du reste, on a vu des affamés gratter les champs les rizières pour y déterrer le grain récemment semé.

    Pour une charge de riz les parents vendent les enfants qu’ils ne peuvent plus nourrir.

    A Tachang le P. Yang cite un fait horrible : un fils, voyant son père mort de faim, ne put résister à la tentation de lui couper un morceau de chair, qu’il avala gloutonnement ; mais son estomac, affaibli par un long jeûne, ne put supporter l’affreuse nourriture, et quelques instants après, le jeune homme expirait auprès du cadavre de son père.

    On compte que le quart de la population périra sûrement. Nos confrères ont distribué tout ce qu’ils ont pu, la Mission aidant selon moyens, mais qu’est-ce que cela pour tant de malheureux ?

    A l’occasion de la retraite de nos prêtres indigènes, nous avons fêté les noces d’argent sacerdotales du P. Pierre Hia, leur doyen : 25 années passées entièrement dans la brousse, chez les Dioï. Le brave Père est aimé des chrétiens, respecté des païens, toujours prêt à rendre service, zélé pour l’instruction et la visite des néophytes : de tout cœur nous lui souhaitons de tenir bon jusqu’aux noces d’or.... et au delà !

    Canton

    La retraite de nos prêtres indigènes – à laquelle deux seulement n’ont pu se rendre à cause de l’état troublé de leur région, – s’est clôturée le 3 mai par l’ordination d’un prêtre et d’un sous-diacre.

    Le 19 juin, anniversaire de l’attentat commis à Shameen contre M. Merlin, Gouverneur général de l’Indochine, un service a eu lieu à la cathédrale pour les victimes de cet inqualifiable forfait. A noter que les bolchevistes cantonais ont élevé un monument à la mémoire de l’assassin, qu’ils proclament un héros et un martyr !...

    Les troupes yunnanaises et kouangsinaises ont été expulsées de Canton, qui retombe aux mains du parti de Sun Yatsen. On parle grève générale, que l’on voudrait voir s’étendre aussi à Hongkong.

    Swatow

    Depuis le milieu de juin nous sommes en liberté : l’armée “rouge” et tous les fonctionnaires sont partis pour Canton. Le gouvernement que les “rouges” avaient chassé au mois de mai n’ose pas venir prendre la place, de peur d’une surprise. Il ne reste que la gent écolière, qui s’agite beaucoup pour organiser le boycottage des Anglais et des Japonais ; les commerçants, qui n’ont rien à y gagner, se montrent peu enthousiastes.

    Une partie des districts de Lukfung et de Huilai est actuellement terrorisée par une bande de brigands qui, sous le nom de “Soviet des agriculteurs”, pille et torture les riches et promet aux pauvres, pour leur soutirer des cotisations, la possession des terres qu’ils cultivent pour d’autres.

    Pakhoi

    Mgr Gauthier, à qui des affaires de première importance imposaient un voyage ad limina, s’est embarqué le 3 juin pour Haiphong où il a pris passage sur la malle française. Que Dieu le conduis et l’assiste en ses difficiles démarches !

    Comme dernier souvenir de Pakhoi il emporte celui d’un fait divers qu’il gardera comme le résumé de la vie ordinaire dans les pays civilisés qu’il quitte momentanément, et auquel il pourra se reporter de temps en temps durant son voyage à travers le vieil Occident barbare.

    Un soldat emprunte la bicyclette d’un de nos jeunes gens catholiques et s’en sert si maladroitement que l’autre se récrie : “Tu ne sais pas t’en servir ; tu vas la casser.” — Ah ! je ne sais pas ?... Et cela, qu’est-ce que tu en dis ?”— Et le farouche guerrier exhibe son pistolet automatique. Un enfant, présent à la discussion, eut alors l’imprudence de demander en riant : “Qu’est-ce que tu as là ? Quand ça pend sur ton dos, on dirait une queue.” Aussitôt la brute de tirer deux balles sur le pauvre petit, qui eut la cuisse traversée.

    Voilà les incidents journaliers à Pakhoi et dans toute la Chine.

    Pour varier nous avons les taxes et la disette. Le riz est cher et rare. MM. les militaires veulent garnir leurs goussets, et le pauvre peuple voit se réaliser de singulière façon le progrès, le bien-être, l’égalité, la fraternité, tous les bonheurs enfin promis par la Révolution. Cette façon ne lui plaît guère, et il ose parfois le dire. C’est ainsi que nous avons, depuis quelques jours, une grève des ouvriers du bâtiment, révoltés de ce que les autorités militaires, non contentes d’avoir imposé les entrepreneurs, prétendent aussi les taxer, eux, ouvriers conscients, à raison d’une piastre par tête.

    Décidément Moscou commence à perdre un peu de son prestige de paradis.

    Nanning

    Mgr Ducœur, parti de Hongkong le 12 mai, n’est arrivé à Nanning que le 1er juin, et encore grâce à ce qu’il a pu à Outcheou prendre passage sur un bateau privé de la Standard Oil Company. Aucun bateau de commerce n’est monté à Nanning depuis plusieurs mois. Dernièrement un motor-boat, chargé de 40.000 piastres d’opium, quitta notre ville pour tenter de descendre vers Hongkong : la cargaison fut confisquée promptement par l’armée yunnanocantonaise qui assiège Nanning.

    Car nous continuons à être assiégés, mais d’une autre manière : plus de fusillades ni d’assauts furieux. Les assiégeants se tiennent à plus grande distance ; ils ont barré le fleuve en amont et en aval ; ils occupent toutes les routes de ravitaillement : leur plan semble être de vouloir réduire la ville par la famine.

    Pendant ce temps la mort fait de grands ravages dans les rangs de l’armée assiégée, et cela en grande partie par sa faute, car elle est d’un sans-gêne et d’une malpropreté incroyables. Tout est jeté à même la rue : ordures, chevaux crevés, et, chose inouïe, jusqu’aux mourants et aux cadavres. Aux habitants de se charger de la voirie !…

    Les villes de Kouylin et de Lioufou, occupées par les Kouangsinais du parti de Sun Yatsen, sont aussi assiégées par les Yunnanais, qui n’arrivent pas à s’en rendre maîtres.

    Les récents événements de Canton, d’où ont été chassés les Yunnanais et les Kouangsinais, auront probablement leur contre-coup par ici ; mais, en toute hypothèse, c’est, et pour longtemps encore, la guerre, le désordre, le brigandage.

    Hanoi

    Un télégramme de Rome nous a annoncé la nomination de notre Provicaire, le P. François Chaize, comme Coadjuteur du vénéré Mgr Gendreau. Cette nomination n’a surpris personne dans la Mission et a comblé les vœux de tous.

    Né à Mornant (Rhône) en 1882, le P. Chaize, après de brillantes études à Lyon, entra au Séminaire des Missions-Étrangères, où fut ordonné prêtre en 1905. Quelques mois après il arrivait à Hanoi. De 1906 à 1909 il est professeur au Petit-Séminaire ; en 1909-1911 il occupe la chaire de philosophie et de sciences au Grand-Séminaire. Lors de la nomination de Mgr Bigolet à l’épicopat (1911), le P. Chaize lui succède comme économe de la Communauté et professeur de théologie morale. En 1923, à la mort de Mgr Bigolet, il devient Provicaire et Supérieur du Grand-Séminaire. Dès ce moment Mgr Gendreau l’associe au gouvernement de la Mission.

    Le P. Chaize est l’auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation des sciences naturelles en langue annamite. Il a collaboré avec Mgr Bigolet à un Manuel très estimé de théologie morale, et, tout dernièrement encore, il faisait éditer un sermonnaire également en annamite.

    Le P. Chaize est de plus un homme pratique : il est l’inventeur et d’un ventilateur très apprécié, dans les pays chauds, de ceux qui ne peuvent user de ventilateur électrique.

    Nous prions Mgr Chaize d’agréer nos très respectueuses et biens sincères félicitations pour son élévation à l’épiscopat.

    Phatdiem

    Le P. Canilhac est nommé Provicaire pour la partie Chau-Laos de notre Mission. Quatre missionnaires et cinq prêtres indigènes évangélisent cette région, mission pénible entre toutes.

    Nos écoles ont obtenu des succès aux examens : au Petit-Séminaire de Phuc-nhac, 19 reçus ; à l’école de Phatdiem, 11, dont avec la mention “français.” Quant à l’Ecole Normale des Frères à Namdinh, succès complet : 61 présentés, 61 reçus.

    A Tondao, le P. Pléneau s’est révélé maître-architecte : il met la dernière main à une superbe église en ciment armé, du style roman le plus pur. S. G. Mgr Munagorri, évêque de Buichu, n’a pas reculé devant un long voyage pour venir la visiter.

    Le 3 juin. rentrait au Tonkin notre cher confrère le P. Degeorge, l’auteur de “A la conquête du Chau-Laos” et missionnaire dans cette région pendant de longues années. Un long stage au Sanatorium de Béthanie n’a pas apporté à sa santé délabrée l’amélioration désirée et il a dû entrer à la clinique S.-Paul à Hanoi, où, nous en avons le ferme espoir, les bons soins dont il est l’objet – et aussi prières – obtiendront sa guérison, avec un nouveau bail pour Chau-Laos, qui a encore besoin de son zèle.

    La famine sévit dans toute la Mission. La défense portée par Gouvernement d’exporter du riz est venue trop tard. Nous sommes envahis par les mendiants, qui parfois se réunissent en groupes et ne reculent pas devant le vol et le pillage.

    Quinhon

    Mgr Grangeon, durant une courte saison à Dalat, a pu enfin réaliser son rêve de célébrer la Messe pour la conversion de l’Annam sur le plus haut pic du Lang-bian (2.200 m.). A son retour S.G. doit conférer l’ordination à 8 nouveaux prêtres.

    Hué

    Les PP. Laffitte, Cadière et Delvaux ont dû faire un séjour plus ou moins long à l’hôpital central de Hué. Le P. Delvaux, n’y ayant pas trouvé l’amélioration qu’il espérait, ne tardera pas à nous quitter pour aller se faire soigner par son frère, médecin au Luxembourg.

    La fête de sainte Jeanne d’Arc a été célébrée solennellement dans l’église de la paroisse française de Hué. Les notabilités du Protectorat, françaises et annamites, y assistaient. Mgr Allys était venu dire la messe et le P. Lemasle prononça le panégyrique de notre sainte nationale. Grâce à la nouvelle tribune, récemment construite et inaugurée, les nombreux fidèles venus à cette cérémonie purent facilement trouver place dans l’église.

    Sœur Maria, de St-Paul de Chartres, directrice de l’Ecole des filles de Marie-Immaculée, vient de présenter 24 de ses élèves aux examens du Certificat élémentaire indigène. 22 ont été reçues, dont 20 professes, novices ou postulantes de la nouvelle communauté. C’est un beau succès et un précieux encouragement pour la dévouée directrice, qui doit préparer ses élèves à plusieurs autres examens officiels avant qu’elles puissent enseigner à leur tour nos jeunes filles annamites.

    Les bâtiments du futur établissement des Frères du Sacré-Cœur destinés, eux aussi, à l’enseignement, sont bientôt terminés. On espère bénir cette nouvelle école dans le courant de juillet et l’ouvrir en septembre. La récente réglementation de l’enseignement dans la Colonie nous oblige à créer cette école qui nous donnera des sujets pourvus des diplômes officiels.

    Deo gratias ! La moisson du 3e mois n’a pas été trop mauvaise. Le riz ayant baissé de prix, on rencontre bien moins de mendiants et d’affamés. Mais combien de pauvres gens sont criblés de dettes et retrouveront difficilement l’aisance relative dont ils jouissaient avant ces tristes temps de famine !

    Phnompenh

    Notre école des catéchistes a présenté 31 élèves au certificat d’études indigène : tous ont été reçus, alors que la moyenne générale des candidats admis n’atteint pas 6 sur 10 inscrits. Les Frères des Ecoles chrétiennes de Phnompenh ont eu 58 reçus sur 68 présenté, ce qui tient à ce que leurs élèves sont plutôt préparés pour le certificat “franco-indigène,” lequel, depuis cette année, doit être précédé du certificat purement indigène.

    Birmanie Méridionale

    Rangoon a eu l’honneur d’une visite extraordinaire, celle du P. Fooley, curé de la paroisse S.-Jean-l’Evangéliste à Scraton (Pennsylvanie). Un prêtre catholique américain est chose rare en Birmanie, où le Nouveau-Monde n’est représenté que par les Baptistes et les Méthodistes. Le P. Fooley fut notre hôte en la fête de la Pentecôte ; il voulut bien donner le sermon à la grand’messe de la cathédrale ; l’après-midi fut consacré à la visite de nos établissements catholiques. Souhaitons que des confrères du P. Fooley suivent son exemple : leur visite produira du bien en faisant connaître à nos fidèles l’Eglise d’Amérique.

    Birmanie Septentrionale

    Organisée par les PP. Juéry et Carolus, la 3e réunion générale des Kachins Cauris s’est tenue, le mois dernier, à Manmawkawng, à 5 km. de la frontière chinoise. Ce grand meeting annuel de trois jours devient de plus en plus populaire. On y voyait, en effet, des Kachins Chimpaws, des Lashis, des Marus, des Shans, voire même quelques Chinois. Huit missionnaires, deux religieuses avec une centaine de leurs élèves, assistaient à la réunion. On évalua à 1.500 environ le nombre des personnes présentes. Trois jours durant les apôtres kachins y allèrent de leurs vibrantes instructions ; mais le travail le plus profitable fut celui des catéchistes, qui, jour et nuit, avec un zèle infatigable et beaucoup d’à-propos, se répandirent de groupe en groupe pour expliquer la doctrine catholique. Tout permet d’espérer qu’un grand bien en résultera, et, pour le favoriser, nos confrères ont d’ores et déjà fixé et la date et le lieu de la conférence de 1926.

    Le 7 mai, le P. Louis Allard s’est embarqué pour la France, à laquelle il va demander le rétablissement de sa santé.

    Pondichéry

    Le 26 avril, Mgr Morel, accompagné du P. Gavan-Duffy, s’est embarqué à bord de l’Angers, à destination de l’Europe et de l’Amérique.

    Un nouveau confrère, le P. Mirande, nous est arrivé, frais et rose, le 15 mai. C’est un événement pour nous, les anciens, qui, ayant connu les beaux jours du Séminaire, étions habitués jadis à voir arriver chaque année un nouveau ou même plusieurs. C’était le bon temps où l’on chantait :

    Sur les flots de la mer azurée
    Nous nous pressons :
    Votre départ touche à notre arrivée,
    Tant nous partons !

    Le cher Père nous est arrivé en pleine canicule. Il trouve le soleil pondichérien un peu ... excessif, mais on s’habitue à tout.

    Noces d’or du P. Borey.— Le samedi 23 mai, les cloches de l’église Notre-Dame des Anges à Pondichéry envoyaient dans les airs leurs plus joyeuses volées ; elles annonçaient pour le lendemain une grande joie : les noces d’or du P. Borey, curé de la paroisse depuis ans.

    C’est le 22 mai 1875 que le P. Borey recevait l’ordination sacerdotale dans cette chapelle du Séminaire de la rue du Bac, que tous nous aimons tant, à cause des doux souvenirs et des joies saintes qu’elle nous rappelle. Aussi les fêtes du jubilé commencèrent-elles dès le 22 par une séance très réussie à l’école paroissiale des Sœurs de S.-Joseph de Cluny, où, à grand renfort d’éloquence et d’harmonie, on souhaita : Ad multos annos au vénérable jubilaire.

    Le samedi 23, à 6 heures du soir, devant la statue de sainte Jeanne d’Arc, dans le jardin tout fleuri, les paroissiens réunis présentaient à leur cher Curé l’expression de leurs félicitations, de leurs vœux, de leur reconnaissance, – accompagnée d’une bourse aux flancs rebondis.

    Mais la grande fête, la fête sacerdotale, avait été, pour plus de solennité, renvoyée au dimanche 24. A 7 h. ½, le P. Borey, d’une voix forte et sonore, chanta la messe du jour, assisté à l’autel par les PP. Gayet, vicaire général, et Combes, curé de la cathédrale, remplissant les fonctions de diacre et sous-diacre. Immédiatement après la messe, chant du Te Deum et bénédiction du Saint-Sacrement.

    A midi, des agapes fraternelles réunissaient au presbytère les missionnaires de Pondichéry et des environs, le maire de la ville, le trésorier du Conseil de Fabrique, ainsi qu’un ami personnel et compatriote du P. Borey. Le P. Gayet, en termes choisis et délicats, porta la santé du jubilaire, lui souhaitant, en ce temps de pénurie apostolique, de tenir longtemps encore sur la ligne de feu, et nous donnant rendez-vous à tous dans dix ans, pour les noces de diamant. – Pourquoi pas ?...

    Kumbakônam

    Le 23 mai, deux nouveaux prêtres indiens ont été ordonnés pour notre diocèse. Par suite de l’absence de nos évêques, ils n’ont pu recevoir l’ordination ni à Pondichéry, où ils ont fait leurs études ni à Kumbakônam, où ils doivent exercer leur ministère ; ils sont allés la demander à Mgr Roy, évêque de Coïmbatore, qui la leur a conférée dans la cathédrale de Bangalore.

    Nazareth

    Le 12 juin, le Gouverneur de Hongkong, Sir Reginald Edward Stubbs, accompagné de son secrétaire particulier, M. Gaisford-St.-Lawrence, et du P. Robert, est venu, avant son départ de la Colonie, visiter la Maison de Nazareth. Son Excellence a parcouru avec intérêt les différents ateliers : fonderie, composition, imprimerie, reliure, etc.

    Collège général de Penang

    Le P. Bodin nous a quittés le 23 mai, après un séjour d’un an et demi au Collège, pendant lequel il occupa la chaire de théologie morale. Ni l’enseignement, ni surtout le climat toujours chaud et humide ne convenaient à sa santé, si fortement éprouvée durant la guerre. Il a regagné sa chère Corée : puisse-t-il y trouver entière guérison !

    Le 11 juin, nous avons célébré le 60e anniversaire de l’ordination sacerdotale du P. Wallays, ancien Supérieur du Collège et doyen de la Société des M.-E. La proximité de la Fête-Dieu avait empêché bien des confrères de venir, mais tous ceux des environs, étaient présents et Mgr Mérel avait bien voulu se joindre à eux. La veille au soir, les missionnaires d’abord, puis les élèves, offrirent – dans toutes les langues d’Extrême-Orient – leurs félicitations au vénéré jubilaire. Le lendemain, fête du Corpus Christi, le bon Père, qui ne peut plus, hélas ! célébrer même une messe basse, assista à la grand’messe chantée par un ancien élève, prêtre de la Mission de Malacca. Il descendit aussi au dîner, qu’il présida entre Mgr Mérel et le P. Supérieur. A la fin du repas, Mgr de Craina se fit l’interprète de tous en un toast de haute inspiration, tout fleuri de citations. Il rappela les grandeurs du sacerdoce, que le jubilaire s’est toujours efforcé de réaliser en lui, et les services rendus par lui à nos Missions pendant de si longues années.
    La procession de l’après-midi fut des plus solennelles: il y a, sans doute, bien longtemps qu’on n’avait vu, en pareille circonstance, un archevêque et une si belle couronne de prêtres.

    Rome

    Le 9 mai a eu lieu au Vatican la séance solennelle dans laquelle lecture a été faite devant le Souverain Pontife du décret déclarant qu’on peut procéder à la béatification de nos 79 Martyrs coréens. Mgr de Guébriant a prononcé un éloquent discours : “Par l’oracle que vient de proférer la bouche du successeur de saint Pierre, ce n’est pas seulement une phalange de nouveaux bienheureux qui vient s’inscrire aux fastes de la sainteté, c’est quelque chose de plus rare dans les annales ecclésiastiques, c’est une nationalité nouvelle, jusqu’ici absente du catalogue des saints, qui vient aujourd’hui, pour la première fois, y inscrire les noms de son premier prêtre et de 75 de ses fils les plus généreux.” Puis, après avoir retracé le tableau de la première évangélisation de la Corée et des persécutions qui la suivirent, S. G., en termes émus, remercie le Souverain Pontife : “Ce sont ces héros de la foi que Votre Sainteté vient de proclamer véritablement martyrs. D’un cœur débordant de reconnaissance, je la remercie au nom des Missions de Corée et au nom de la Société tout entière des Missions-Étrangères de Paris.”

    Le Saint-Père prit ensuite brièvement la parole, exprimant sa joie paternelle et déversant de son cœur toutes les bénédictions demandées au Pontife suprême.

    Journée de gloire et d’allégresse pour notre Société !

    Séminaire de Paris

    Le P. Mollat est rentré de Rome le 16 avril. C’est désormais le P. Beyls, de Coïmbatore, qui préside obligeamment au soin de notre Exposition, aidé pour quelque temps encore par les PP. Riouffreyt et Fabre.

    Sont également revenus de Rome en route pour leur pays, les pèlerins américains du diocèse de Boston et parmi eux le bienfaiteur si connu de nos missions, Mgr Mac Glinchey. Accompagné de deux prêtres ses compatriotes, il a pris un repas au Séminaire et un autre dans la famille de Mgr de Guébriant, avenue d’Iéna.

    Nos trois partants ont assisté à la réunion de l’Archiconfrérie N.-D. des Victoires, le dimanche 19. M. le Curé les a recommandés et a recommandé leur mère aux prières de la pieuse assistance. La cérémonie du “Départ” a eu lieu le lundi, et l’allocution – commentaire du souhait liturgique Dominus vobiscum, – faite par le P. Bibollet. Dans l’assistance Mgr Mac Glinchey, des prêtres de Boston, plusieurs Franciscains....

    Le lendemain matin, pèlerinage habituel de la communauté à N-D. des Victoires.

    Les mercredi 22 et jeudi 23, dans le local accoutumé, ouvert l’après-midi sur notre jardin, de nombreux acheteurs sont venus à la vente de l’Œuvre des Partants. Malgré la coïncidence des vacances de Pâques et des absences nécessitées par l’approche des élections, le résultat a dépassé celui des années précédentes.

    Le mardi 28, les aspirants apportent leur concours à l’une des Journées de chant liturgique organisées par l’Institut grégorien de Paris. A 9 h. ½, messe pontificale à St-Germain-des-Prés. “Retenons, dit un journal, la belle exécution des deux Alleluia, du Gloria pascal et surtout celle du Credo, que la schola des Missions-Étrangères détaille à ravir et que la foule reprend avec ensemble.”

    Le 29, solennité de notre glorieux Patron saint Joseph, Monseigneur appelle aux Ordres pour le 6 juin 62 aspirants : 22 prêtres, dont 6 ont reçu le diaconat le 17 mai ; 11 diacres ; 11 sous-diacres ; 13 minorés ; 5 tonsurés. Plusieurs aspirants de Bièvres participeront également à l’ordination.

    Le 2e dimanche après Pâques, Mgr le Supérieur a présidé les offices et parlé sur les missions dans deux paroisses de Paris : le matin à St-Dominique, le soir à St-Georges.

    Le P. Gérard a donné des conférences avec projections à Ste-Geneviève de la Plaine St-Denis, à l’Immaculée-Conception, à St. Jean-Baptiste de Grenelle, et a présidé la fête de la Ste-Enfance à Ste-Clotilde.

    Après deux jours de retraite à Bièvres, pendant lesquels le P. Chabagno leur donné quelques avis pratiques, les aspirants qui font partie du contingent de mai ont quitté le Séminaire pour rejoindre leur garnison : 17 de Bièvres et 2 de Paris. Que leur bon Ange les garde et nous les ramène tous, comme les quatre qui, leur service terminé, sont rentrés au Séminaire.

    Le lundi 4 mai, réunion mensuelle à la crypte des Dames de l’Œuvre des Partants. Le P. Depierre a célébré la Ste Messe et donné d’intéressants détails sur l’œuvre de recrutement qu’il poursuit par visites et correspondance.

    Le même jour, arrivaient à Paris NN. SS. Mutel et Demange et le P. Jambeau. Nous avons eu la joie de posséder quelques jours les Vicaires apostoliques de Corée : Mgr Mutel, toujours alerte ; Mgr Demange, invité à Conflans, à Issy-les-Moulineaux, où il a donné une conférence sur sa Mission, conférence que les aspirants ont eu aussi le plaisir d’entendre en lecture spirituelle.

    Parti le lundi soir 4 mai avec le P. Jaricot, Mgr le Supérieur arrivait à Rome le 6 à 8 h. du matin et, dès le lendemain, rendait visite au Cardinal Préfet et au Secrétaire de la Propagande, ainsi qu’à M. Doulcet, ambassadeur de France. Le 8, autre visite au Cardinal Postulateur de la Cause, S.E. Granito di Belmonte. Enfin, le 9 mai, à 11 h., à la Salle du Consistoire, devant deux cardinaux, plusieurs évêques et de nombreux prélats, lecture était faite en présence du St-Père, des trois décrets relatifs à la cause de la Bse Marie-Michelle du St-Sacrement, fondatrice d’une Société espagnole ; à celle de nos Martyrs de Corée et à celle du Bx Eymard, fondateur de la Congrégation des Prêtres du St-Sacrement. Le discours d’usage a été prononcé par Mgr le Supérieur et publié dans l’Osservatore Romano. Le St-Père a prononcé ensuite une courte allocution et donné la bénédiction.

    Le 13 mai, avait lieu à St-Pierre la béatification des 32 Martyr d’Orange : Monseigneur et le P. Jaricot assistaient à la cérémonie du soir.

    Le 17, canonisation de la Bienh. Thérèse de l’Enfant-Jésus. Mgr Despatures, les PP. Roulland et Nassoy, le Fr. Caharel se sont rendus à Rome pour cette fête si chère à nos Missions.

    Après de nouvelles visites à la Propagande, Monseigneur, laissant le P. Jaricot à Rome, est parti le 12 pour Marseille, d’où il est allé passer une journée au Grand-Séminaire de Nîmes, et rentré à Paris pour l’ordination de quelques diacres le dimanche 17. Il a été absent de Paris du 18 au 28, ayant promis à Mgr l’évêque de Chartres ( âgé de 86 ans) de faire une tournée de confirmation dans son diocèse.

    Le P. Sibers est venu à Rome prêter obligeamment son assistance au P. Garnier surchargé de besogne.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Lemaire (Cambrai), Perrin (Laval), Desmottes (Séez), Alexandre (Orléans), Fournier (Paris), Anoge, prêtre (Lyon), Viry (Langres), Guesdon (Angers), Simonin (Besançon), Tricoire (Angers).


    1925/426-445
    426-445
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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