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Chronique des Missions et des Etablissements communs 1

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs

    Tôkyô

    Le 23 novembre, cinq postulantes japonaises, dont deux destinées à devenir religieuses de chur, prenaient lhabit chez les Dames de St.-Maur à Tôkyô. A la cérémonie assistaient nombreux les parents des nouvelles Surs et les invités. La chapelle de létablissement ayant beaucoup souffert du tremblement de terre, les rites de la prise dhabit se déroulèrent dans la grande salle des fêtes de lécole, transformée en sanctuaire. Cette salle, aussi bien du reste que tous les bâtiments scolaires, bâtie solidement à la manière japonaise, a bien résisté au cataclysme. Eclairée au fond par de larges baies, avec de hauts plafonds à panneaux on pourrait croire quelle était dès lorigine destinée à servir de chapelle définitive. En tout cas, elle a pu suggérer aux missionnaires sinistrés qui assistaient à la cérémonie des idées pour la reconstruction future de leurs églises ruinées, si leurs ressources ne leur permettent pas de recourir au ciment armé.

    A lissue de la cérémonie, une forte secousse de tremblement de terre, qui sannonçait presque aussi menaçante que celle du 1er septembre, mais qui heureusement ne fut pas suivie deffets désastreux, nous rappela aux conditions terrestres où se déroule au Japon la vie religieuse et apostolique. Il semble bien que, comme on le répète ici, il faut sattendre à des secousses plus ou moins violentes du sol jusquà la fin de cette année ; peut-être qualors la région de Yokohama et de Tôkyô retrouvera son assiette relative pour 60 ou 65 ans. Nos petits-neveux profiteront, espérons-le, de notre expérience, surtout si nous leur laissons, à linstar des monuments lEgypte, des modèles de construction à bases larges et solides. Aux architectes imaginatifs de nous trouver, en dehors des styles traditionnels dEurope, des décorations saccommodant aux constructions nouvelles.

    La Mission dOsaka a continué, suivant lexemple et les encouragements donnés par son premier Pasteur, à secourir la Mission-sur dans ses épreuves. Vêtements, couvertures, paquets de toutes sortes ont été envoyés à Tôkyô pour être distribués aux chrétiens sinistrés des postes de la capitale et de Yokohama.

    Tôkyô, dans les quartiers détruits par le dernier cataclysme, a repris sa vie normale, et les baraquements provisoires, sils noffrent pour la plupart, avec leurs planches nues plus ou moins bien jointes, quun abri à peine suffisant contre le froid qui commence à sévir, donnent néanmoins, avec la variété de marchandises qui en débordent, la population grouillante qui circule alentour, lidée dune capitale qui veut ressusciter. Cet ensemble de maisons basses, avec leurs enseignes bariolées et ci et là des essais décoratifs qui saffichent un peu plus haut, rappelle approximativement laspect du Tôkyô dil y a vingt cinq ans. Il en va de même pour Yokohama, sauf que la reconstruction y est plus lente et que certains quartiers, comme une grande partie de lancienne concession, et surtout le Bluff avec ses collines ravagées, noffrent aux regards, tout comme aux premiers jours de septembre, que le revêtement de leurs ruines.

    Cependant les plans pour la future reconstruction de Tôkyô et de Yokohama sélaborent en des commissions dont les projets se mêlent et se heurtent dans le chaos qui précède les grandes créations. Le problème est surtout de parer aux dangers dincendie, consécutifs ou non aux tremblements de terre, et de ménager aux sinistrés, en cas de désastre, les meilleurs moyens dy échapper. Pour cela, en dehors des grandes artères (dont il conviendrait aussi de faire des voies de dégagement vers la banlieue), on prévoit des squares, des boulevards le long du fleuve Sumida, des canaux élargis et divers règlements pour les constructions. Il y aura peut-être lieu den parler plus tard, lorsque les autorités compétentes auront lancé leur fiat ! En attendant, les journaux japonais nous ont appris que, le 21 novembre, le Ministère des Finances est tombé daccord avec la Commission de Reconstruction (caractères chinois), pour affecter au budget de cette dernière la somme de 705.585.331 yen, qui équivaudrait, au cours actuel du change, à environ six milliards de francs. Les affectations et subventions aux municipalités qui forment ce chiffre global (et déjà fort précis !) concernent les rues, les ponts, les routes, les canaux, les jardins publics, laménagement de terrains de refuge, les travaux des ports, la remise en état des terrains ravagés, etc.

    Seoul

    Depuis la fin de novembre, le P. Guinand est complètement rétabli et peut suivre tous les exercices du Séminaire.

    Lors dune récente tournée de confirmation, Mgr Devred était en route pour Ouen-tjyou lorsque lautomobile de S. G. entra en collision avec un buf : celui-ci eut une patte cassée, lauto une roue brisée, mais heureusement pas daccident de personnes.

    Mandchourie Méridionale

    Après un séjour de trois mois à lévêché, le P. Vérineux, le Benjamin de la Mission, a été jugé capable de faire ses débuts dans le ministère : il a été envoyé à Newtchang pour y aider le P. Pérès et continuer, sous sa direction, à se perfectionner dans la connaissance de la langue et des murs chinoises.

    Moukden bouge... Tandis que dautres grandes villes de Chine sembellissaient depuis nombre dannées, Moukden restait endormi dans sa léthargie plusieurs fois séculaire. Je parle de Moukden-ville, car, du côté de la gare, les Japonais ont depuis longtemps montré ce dont ils sont capables. Donc Moukden dormait. Mais voici que notre gouverneur, stimulé, sans doute, par ce quil a vu de nouveau, tant à Tienking quà Pékin, lors de ses visites historiques, rêve dimiter ses voisins. Il est question de créer un quartier modèle, tout à leuropéenne, entre lévêché et le séminaire. Lordre est venu denlever les milliers de tombes de ces parages. Depuis quelque temps des centaines douvriers, armés de pelles et de pioches, déterrent des chariots dossements. Lopération se fait sans protestations et sans trop de tristesse ; aucune des simagrées auxquelles se livrent les Chinois en pareilles circonstances : pas de fleurs, pas de papiers ni dencens brûlés. Des marchands se sont installés sur place et vendent aux fossoyeurs nourriture et boisson. A côté des tombes éventrées et des ossements entassés, on parle, on plaisante, on rit ; par endroits même, la route étant trop mauvaise, on utilise les planches de cercueils comme passerelles. Cest ainsi que le Chine et cest pour elle un mauvais présage, semble perdre de plus en plus le respect quelle vouait à ses morts. Ces changements sils, sont menés à bonne fin, vont embellir notre quartier : mais y gagnerons-nous ?... Nous avions la paix avec les morts ; laurons-nous avec les vivants ?- Il y aura cependant un bon résultat obtenu au point de vue de lhygiène et de la propreté des rues.

    Mandchourie Septentrionale

    On se rappelle que, lhiver dernier, les débris de larmée du général Diétrich durent se réfugier sur le territoire chinois. Ces troupes russes, après avoir été désarmées, furent réparties en diverses localités. A Kirin, parmi ces réfugiés, se trouvait un colonel, qui ne tarda pas à entrer en relations suivies avec la Mission catholique. Les conversations quil eut avec lévêque et les missionnaires, la lecture douvrages appropriés, firent sur cet esprit droit la plus grande impression et, la grâce de Dieu aidant, il fit bientôt son abjuration. Après nous avoir grandement édifiés pendant les quelques mois quil passa à Kirin, il sest embarqué pour la France. Il. se rend au séminaire créé à Lille pour les Russes et, sil plaît à Dieu, deviendra prêtre du rite paléoslave. Daigne Dieu susciter beaucoup de semblables vocations et préparer à la Russie de demain les apôtres qui ramèneront ce peuple si malheureux à lunique bercail de lunique Pasteur !

    Il y a déjà plusieurs années que le P. Gérard installa à Tsitsikar un modeste oratoire ; mais, faute de personnel, aucun prêtre ne fut appelé à résider de façon permanente dans la capitale du Heilongkiang. Un prêtre chinois visitait seulement une fois chaque année les chrétiens de cette région. Mgr Gaspais vient de nommer ce prêtre indigène, le P. François Ting, titulaire du nouveau district avec résidence ordinaire à Tsitsikar. Environ 400 chrétiens habitent le district, disséminés dans les sous-préfectures de Longkiang, Lintien et Anta. Puisse létablissement de ce district être le point de départ dun sérieux progrès de notre sainte foi dans cette région déshéritée de limmense Heilongkiang !

    Setchoan Oriental

    Mgr Chouvellon a reçu la croix de la Légion dHonneur. Voici le texte de la pièce officielle par laquelle S. G. fut informée de cette nomination.

    RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

    MINISTÈRE DES
    AFFAIRES-ÉTRANGÈRES

    Paris, le 8 Août 1923

    Monsieur lEvêque,

    Il mest bien agréable de vous faire connaître que M. le Président de la République, voulant vous donner un témoignage particulier de sa haute bienveillance, vient, sur ma proposition, par un décret en date du 5 Août 1923, de vous conférer la Croix de Chevalier de lOrdre National de la Légion dHonneur.

    Je me félicite davoir été à même de faire valoir les titres que vous vous êtes acquis à cette distinction.

    Veuillez agréer, Monsieur lEvêque, les assurances de ma haute considération.

    Signé : POINCARÉ.

    Le Bulletin, en sexcusant dannoncer si tardivement une distinction si bien méritée par 50 ans dapostolat, dont 32 dépiscopat, offre au nouveau Chevalier ses très respectueuses félicitations.

    Le siège de Chungking ayant été levé, au moins jusquà nouvelle alerte, nos confrères ont pu reprendre le chemin de leurs districts après la retraite annuelle.

    Les 23 et 24 octobre, la ville de Yuintchoan a été pillée et brûlée en partie ; loratoire na pas été épargné ; le P. Giraux était alors à Chungking.

    Un triduum solennel a été célébré à Chungking les 22, 23 et 24 novembre en lhonneur des BB. Martyrs du Setchoan, Mgr Dufresse et ses Compagnons. Le dernier jour, Mgr Chouvellon a officié pontificalement à la cathédrale.

    La Bse Thérèse de lEnfant-Jésus a eu aussi son triduum dans la chapelle du Carmel les 25-27 novembre.

    Le prophète Soupepin, qui avait annoncé la fin du monde, a été arrêté par la police. Il a reconnu sêtre trompé et a demandé en grâce à être élargi pour aller soigner sa vieille mère, qui jour et nuit reste debout sur le seuil de sa porte, attendant le retour de son fils prophète.

    Thibet

    Groupe du Setchoan. Létat de santé de Mgr Giraudeau saméliore peu à peu. Il peut célébrer tous les jours la sainte Messe et faire de petites promenades dans lenclos de la Mission.

    Dans plusieurs de nos districts on signale des tremblements de terre : à Tsekou à la fin daoût et au commencement de septembre ; à Patang le 9 septembre ; à Tao-ou, Mowkong et Kiakilong à la fin doctobre.

    Le général anglais Pereira, linfatigable explorateur, après être arrivé sans encombre à Kantse, à 14 étapes au nord de Patang, y est mort de maladie. Son compagnon, M. Thompson, continue son voyage dexploration.

    La lutte continue entre les deux lamas, Nangkha-lama et Kongke-lama. Leurs bandes sont plus à craindre que les indisciplinés chinois.

    Kientchang

    Le 2 novembre, la chrétienté de Ningyan-fu devait, comme de coutume, se rendre au cimetière. Les autorités, bien que disposées à nous donner une escorte, nous prièrent de remettre, si possible, la cérémonie à un autre jour. Les Lolos sont descendus dans la plaine et entourent une partie de la ville. Un engagement a eu lieu : les réguliers ont perdu 2 hommes et les barbares 8. Pillages et enlèvements continuent de plus belle. Dans la dernière razzia faite à Kiangpo figure Lin Tako, qui accompagna autrefois le P. de Guébriant et le Commandant dOllonne dans leur voyage dexploration chez les Lolos.

    Le pays qui sétend sur la rive gauche du Kinho, en face de loratoire de Tchangpintse, était depuis plusieurs années le champ daction des barbares. Constamment pillés et rançonnés, les habitants ont fini par se lasser, et, voyant que toutes leurs requêtes aux autorités demeuraient sans effet, résolurent de se faire justice eux-mêmes. Sous le prétexte dentrer en composition, un rendez-vous fut donné au chef lolo, lequel sy rendit sans méfiance, accompagne seulement de 7 esclaves. A peine les premières salutations étaient-elles échangées quune trentaine de gaillards firent irruption : en un tournemain les 8 Lolos furent garrottés, conduits sur le pic le plus proche et de là précipités dans le fleuve. Depuis lors on se réjouit de voir la paix revenue dans le pays, mais a-t-on employé le moyen de la rendre durable ?

    Yunnan

    Le P. Degenève est appelé à Yunnan-fu pour organiser la participation de notre Mission, à lExposition Vaticane de 1925. Il est remplacé à Houangkiapin par le P. Durieu.

    Depuis un mois les pousse-pousse sillonnent les rues de Yunnan-fu : çà va un peu cahin-caha sur les pavés, mais on finit cependant par arriver. Le progrès continue.

    La censure devient de plus en plus sévère. Malgré les protestations du directeur des Postes, les Chinois ouvrent même les lettres des étrangers. Cest là un des nombreux bienfaits que nous devons à la Conférence de Washington.....

    Kouytcheou

    Mgr Seguin a ordonné récemment 5 sous-diacres et 11 minorés.
    Nos bagages sont toujours en souffrance à Tchen-yuen. M. Tang avait bien promis de les faire expédier, mais il a sans doute dautres soucis ; de même les Ordos narrivent pas et le Bulletin ne nous parvient que fort en retard.

    Le P. Gros, procureur de la Mission, est chargé de recevoir et dexpédier les envois destinés à lExposition Vaticane.

    Lanlong

    Mgr Carlo se prépare à faire une tournée dans la partie du Kouangsi qui dépend désormais de sa Mission.

    Le P. Cheilletz est retombé malade et a dû venir se soigner à Hingy-fu. Peut-être, après son rétablissement, conduira-t-il à Penang nos 9 séminaristes qui ont terminé leurs études de latin.

    Quelques mots encore pour mieux faire connaître notre jeune Mission. Depuis quand nos Dioï sont-ils chrétiens ? Il y en eut au XVIIVe siècle, cest certain : un vieux cahier de comptes dun village païen rapporte que plusieurs fois, sous lempereur Kiên Lông, le village eut à payer force sapèques aux satellites venus pour enchaîner des chrétiens ; un autre village dut même émigrer entièrement pour le même motif. Mais en remontant plus haut, plus de données certaines. Ces chrétientés avaient depuis longtemps disparu quand, en 1873, une députation de Dioï de la préfecture de Tsehen vint à Lanlong inviter le P. Renault à les recevoir à ladoration. Ce Père, ne pouvant entrer dans sa mission du Kouangsi, les suivit et inscrivit plusieurs villages. Le P. Aubry, qui lui succéda, amplifia ce mouvement et reçut un millier dadorateurs avant de rentrer mourir à Lanlong de la fièvre contractée en ces régions malsaines.

    Puis vint le P. Alphonse Schotter. Cest, à vrai dire, lui qui fut lapôtre des Dioï, prêchant partout, en chaque maison, la nuit, le jour, et dans la langue du pays, quil fut le premier à apprendre. Aussi les Dioï enthousiasmés accouraient à lui en foule, et à sa mort il laissa 8 districts évangélisés, munis de catéchistes et de maîtres décole formés à la hâte. On lui reprochait daller trop vite. Les indigènes, répondait-il, ne resteront chrétiens que sils sont en nombre. Aussi fallut-il la mort pour le forcer au repos.

    Ses successeurs marchèrent sur ses traces, sefforçant surtout de former à la vie chrétienne ces néophytes encore frustes. Mais alors apparut le fond du caractère dioï. Quoique très hospitalier et affectueux, il est mou, ennemi de la gêne, de létude ; très peu soucieux des choses dau delà, doù la pauvreté extrême de la langue en ce qui nest pas matériel. Il croit toutes les sornettes que, sous prétexte de sacrifice au diable irrité, lui débite le sorcier en quête dun bon repas. Très attaché, la femme surtout, au culte des ancêtres, parfois une simple maladie le fera retourner au paganisme après plusieurs années de pratique chrétienne. Mais le point le plus délicat, celui quil défendra jusquà ce que la foi lait transformé, est celui-ci : il veut garder entière la liberté de marier ses enfants comme il lentend, et souvent, hélas ! En opposition avec les lois de lEglise.

    Il faut donc, pour christianiser ce pays, de nombreux ouvriers apostoliques parlant la langue, ne désespérant jamais de ce grand enfant quest le Dioï, visitant souvent chaque village et y formant peu à peu une élite qui fera tache dhuile. Ainsi pourrons-nous peut-être un jour dire comme un de nos devanciers : Voilà quarante ans que je soigne des Dioï, et, grâce à une grande patience, ce sont mes meilleurs chrétiens !

    Hélas ! le missionnaire chez les Dioï ne peut donner toute son ardeur sans tomber bientôt sous létreinte de dame Fièvre, qui le mate, luse, et, après 2 ou 3 ans, le laissera peut-être acclimaté, mais si anémié que de toute sa vie il ne pourra fournir le travail quil jugerait nécessaire. Cest notre crève-cur à tous. Puissent ces souffrances acceptées pour nos chers Dioï leur obtenir du ciel les grâces de foi et de persévérance que le zèle seul ne peut donner !

    Canton

    Le 1er dimanche de lAvent, Mgr Fourquet a ordonné 3 sous-diacres et un minoré. Les sous-diacres, anciens élèves de Penang, devaient être au nombre de 4, mais, à cause de la guerre civile, lun deux na pu se rendre à Canton pour lordination.

    Les hostilités continuent dans les environs de la ville. La léproserie de Sheklung souffre beaucoup de cet état de guerre ; le P. Deswazières a pu se rendre à Hongkong pour se ravitailler en riz, mais il manque de plusieurs autres matières alimentaires de première nécessité.

    Le 5 décembre, la Mission a reçu la visite de lAmiral Frochot, Commandant de lescadre dExtrême-Orient, et de son état-major.

    Le 8, le village de Sheungling a été pillé par les soldats de Sun Yat-sen ; la résidence du P. Lévêque a souffert aussi.

    Kouangtong Occidental

    Le 18 novembre un combat se livrait, près du village de Tepo, entre une bande de pirates, qui, quelques jours auparavant, avait saccagé un des villages de notre frontière, vers Taiping, et les troupes de toute nature réunies pour les combattre. Pendant la lutte, à un moment où la fusillade éclatait de toutes parts, un soldat tomba frappé dune balle. Aussitôt ses camarades de sécrier que le coup de fusil venait du village même de Tepo, donc que ses habitants étaient de connivence avec les pirates. Lâchant le combat, tous les soldats et gardes communaux, commandant en tête, se précipitent sur le malheureux village, lenvahissent et tout de suite se mettent consciencieusement à leur besogne de pillards. Il est à remarquer quune foule quon a évaluée au moins à 7 ou 8000 individus, suivait les réguliers et les milices, munis de toutes sortes de récipients, dans lintention, disaient-ils, de recueillir les objets abandonnés par les pirates en déroute. Ne sattendaient-ils pas plutôt à la ruine du malheureux village ?.... Cette tourbe se précipita aussi dans le village et commença sa besogne avec toute la virtuosité que lon imagine !...

    Le curé de lendroit, le P. Liou, devant cette avalanche, sétait précipitamment enfermé chez lui, tandis que des coups de fusil étaient tirés à travers les panneaux de la porte, sans latteindre, heureusement. Les portes cependant ne tardèrent pas à voler en éclats et, parmi les vociférations et les cris de mort, le Père, bousculé, frappé à coups de crosse et dé poings, dut assister impuissant au pillage de tout ce quil possédait. Le commandant lui-même, qui, le matin, lavait visité en ami, disait-il, se montra des plus acharnés au pillage et tout de suite sempara du fusil de chasse du Père, dont il ignorait le mécanisme et quun des assistants, plus expert, lui expliqua. On simagine si devant cet exemple les autres sempressèrent à la besogne ! De nombreux dépôts, confiés à la Mission par des gens du voisinage, furent en un instant enlevés. On assure quau soir de lexpédition, nombre de soldats avaient chacun plus de 100 piastres en numéraire. A cause de ces dépôts les pertes peuvent se chiffrer au minimum à 30.000 piastres, surtout si lon fait entrer en ligne de compte lincendie qui clôtura la séance et détruisit tout le village. La Mission elle-même, sauf les dépendances et les abris des réfugiés, ne fut pas atteinte par le feu.

    Aussitôt averti, le missionnaire voisin, qui est le P. Zimmermann, accourut, et il était temps, car son intervention énergique empêcha un plus grand malheur. Il est certain que le P. Liou et ses gens auraient été massacrés par ces brutes. Ces braves firent aussi des prisonniers et même des captives qui, dévêtues, furent contraintes de faire ainsi plus dune bonne heure de chemin jusquau lieu de leur séquestration. Et dire que nous sommes dans un pays civilisé, comme cela saffirme à Washington et autres capitales !

    Partout ailleurs linsécurité règne dans des proportions plus ou moins considérables. Monseigneur, qui visite des chrétientés vers Pakhoi, na pu atteindre Lingshan à cause des brigands qui infestent les routes. Sa Grandeur a pu aborder Hoihao assez tôt pour accueillir les PP. de Picpus qui ont abordé en Hainan à la fin du mois de novembre.

    Tonkin Occidental

    Un triduum solennel en lhonneur de la Bse Thérèse de lEnfant-Jésus a eu lieu les 16, 17, 18 novembre au Carmel de Hanoi. La chapelle avait été gracieusement ornée de fleurs, et de nombreux cierges jetaient à profusion la lumière sur le grand tableau où lhumble Carmélite apparaît rayonnante des splendeurs du ciel.

    Le vendredi 16, le panégyrique fut prononcé par le Père Hue, provicaire du Haut-Tonkin, qui a eu le bonheur dassister à la prise dhabit de la Bienheureuse. Il fit ressortir le trait caractéristique de la sainteté de Thérèse : abandon parfait, quelle a enseigné au monde en lui révélant la voie de lenfance spirituelle.

    Le samedi, le Père Schlicklin, provicaire du Tonkin Occidental, mit en lumière les vertus de la Bienheureuse, qui, armée seulement de son humilité, abattit le colosse du monde, fait de sensualisme et dorgueil.

    Le sermon du dimanche fut donné par Mgr Cothonay, Préfet Apostolique de Lang-son. Dune voix vibrante et émue, Sa Grandeur chanta les louanges de Thérèse en développant lardente charité de la petite Carmélite pour Dieu et pour le prochain. Tandis que dautres jeunes filles de son âge courent vers les plaisirs et cueillent les fleurs éphémères qui se flétrissent dans leurs doigts, Thérèse va chercher au fond du cloître la croix qui lunira à son Dieu par lamour. Et, comme un grain dencens dans un encensoir dor, elle se laissera consumer par cet amour. Mais les trésors de cet amour, Thérèse ne les gardera pas pour elle seule. Elle a une mission à remplir : celle de rendre à son Dieu amour pour amour, de le faire aimer comme elle laime. Pour attirer les âmes, elle se fera apôtre... Cest dans lholocauste complet delle-même quelle affirmera la réalité de sa mission, qui commencera justement à lheure où lon pourrait la croire achevée : Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre... Lorsque lAnge aura dit : Le temps nest plus ! alors je me reposerai, parce que le nombre des élus sera complet

    Une nombreuse assistance de fidèles se pressait aux cérémonies de ces trois jours. Daigne la Bienheureuse Thérèse faire pleuvoir sur notre Mission une abondante pluie de grâces !...

    La retraite des prêtres indigènes a eu lieu à Keso, du 13 au 20 décembre. Désormais les retraites se font dans le recueillement et le silence le plus complet, comme dans les Ordres religieux : les retraitants ne peuvent parler quune demi-heure après le repas de midi. Le jour de la clôture de la retraite, Mgr Gendreau a ordonné 6 diacres et 8 minorés.

    Haut Tonkin

    Rien de bien nouveau dans notre Mission, où chacun, dans la partie du champ qui lui est confiée, travaille de son mieux ; les uns sèment sur un terrain pas toujours fertile du premier coup, dautres moissonnent, et le nombre des nouveaux chrétiens, qui, dans certains endroits, va toujours en augmentant, donne à espérer à ceux dont les efforts nont pas encore abouti que leur tour, ou celui de leurs successeurs, viendra enfin.

    Le temps des retraites annuelles est arrivé et déjà celle de nos catéchistes est commencée ; ils sont une centaine réunis à Hung-Hoa et cest le Père Chatellier qui la leur prêche. Celle des prêtres indigènes commencera le 12 décembre et les Missionnaires auront la leur le 9 Janvier.

    Jai dit, en commençant : Rien de bien nouveau. Il y a cependant laventure, qui aurait pu devenir tragique, arrivée à notre confrère le Père Jacques. Le 12 novembre (dans loctave de la Saint Ernest, son saint Patron), ce cher confrère étant sorti pour une petite promenade, sengagea dans un sentier de brousse couvert dherbes sèches. Soudain il sent le sol manquer sous ses pieds et disparaît dans une fosse profonde de 4 mètres. Cétait un piège à cerfs. Heureusement il ny avait point, au fond, de pieux aiguisés sur lesquels il aurait pu sempaler, comme il arriva jadis à un missionnaire de Pinang.

    Tombé sur le côté droit, le Père souffrait beaucoup et cela ne lui facilitait guère leffort nécessaire pour sortir de là. La situation était moins grave que celle du prophète Daniel dans sa fosse aux lions, mais elle nétait pas très intéressante. Il était environ cinq heures et la nuit allait bientôt venir. Le Père se mit à appeler au secours et eut la chance dêtre entendu dindigènes qui travaillaient à la moisson dans des rizières peu éloignées et qui accoururent à son aide. Une échelle fut apportée au bout dun temps assez long ; elle était trop courte et il fallut, pour sortir de cette fosse, faire non sans peine un douloureux rétablissement. Et, pour la première fois on vit à Don-Vang le Père Jacques, toujours si alerte, rentrer chez lui en tirant lamentablement la jambe ! Le côté droit le faisait énormément souffrir et le moindre mouvement était très douloureux.

    Son bon Ange la protégé car il aurait pu se blesser ou avoir des lésions internes sérieuses. Quelques jours de repos ont suffi, et nous espérons le voir sous peu et lentendre nous faire part des impressions quil a pu éprouver en se trouvant subito dans cette fosse profonde, à 500 mètres de toute habitation.

    Tonkin Maritime

    Pendant le mois de novembre deux événements surtout ont rempli notre cur de joie. Le premier est larrivée dun nouveau missionnaire, le cher Père Mironneau, que tout le monde a fêté de son mieux et qui sest mis de suite avec ardeur à létude de la belle langue annamite. Que Saint Joseph, patron des missions du Tonkin, lui obtienne longue vie et fructueux apostolat !

    Le second est le retour parmi nous du vaillant P. Martin. Rentré en France en 1919, sur la demande du Conseil Central, pour travailler au recrutement, il nous revient en 1924 toujours rempli du même feu, du même zèle apostolique. Nul doute que, Dieu aidant, il ne fasse encore beaucoup de bien ici malgré le mauvais état de sa santé. Tous les missionnaires et prêtres indigènes de Phat-Diem et des environs se sont réunis en des agapes fraternelles, présidées par Mgr Marcou et Mgr le Coadjuteur, pour lui souhaiter la bienvenue et lui prouver la joie que tous éprouvaient de le revoir en ce pays quil na jamais oublié et quil a toujours tant aimé !

    Cochinchine Orientale

    Mgr Grangeon a nommé une Commission chargée de préparer lExposition missionnaire en ce qui regarde notre Mission ; elle est ainsi composée : Président : le P. Maheu. Membres : les PP. Labiausse, Dorgeville et Chân. Une Commission spéciale est constituée à Kontum, chez les Bahnars, sous la direction du P. Kemlin, provicaire.

    Cochinchine Septentrionale

    Le P. Girard a quitté lhôpital de Hué le 15 novembre ; il est rentré à An-Ninh le 19 pour assister à la clôture de la retraite des élèves du Petit-Séminaire, qui, cette année, a été prêchée par le P. Mi, directeur au Grand-Séminaire. Après la retraite, le P. Girard a pu reprendre ses fonctions de Supérieur et de professeur ; mais aujourdhui, fatigué de nouveau, il a été obligé de prendre un peu de repos ; peut-être même, devra-t il revenir à lhôpital.

    Le P. Roux, que nous espérions revoir ici vers la fin de lannée, ne pourra pas sembarquer avant le printemps, le médecin voulant quil passe encore quelques mois au pays natal pour que sa santé soit tout à fait florissante.

    Le 24 novembre, Mgr Allys a béni solennellement la première pierre dune nouvelle église que S.E.M. Nguyễn Hữu Bài, Président du Conseil des Ministres de lEmpire dAnnam, a lintention délever à Phuoc-Môn en lhonneur des Bienheureux Martyrs Annamites. Les PP. Chabanon, provicaire, Stffler, Lemasle, Morineau et une dizaine de prêtres indigènes assistaient à cette belle cérémonie, ainsi que de nombreux fonctionnaires de la Cour, dont quatre Ministres.

    Cambodge

    Le Mardi 16 octobre, à 5 h. du matin, une crise du foie rendit urgente ladministration de lExtrême Onction à S. G. Mgr Bouchut, qui la reçut avec la plus grand piété. La journée fut relativement calme, mais la nuit suivante assez agitée. Puis, la crise passée, une légère amélioration se produisit, qui dure encore.

    Le 2 novembre, a été célébré en la cathédrale de Phnom-Penh, un service solennel à la mémoire des héros morts pour la Patrie, demandé par la Résidence supérieure. Le P. Mennetrier, professeur de philosophie au Grand-Séminaire, chanta la Messe de Requiem et, en labsence de Monseigneur, donna labsoute. Assistaient à la cérémonie M. le Résident supérieur et le Résident maire de la ville, entourés de toutes les personnalités civiles et militaires, le Représentant de sa Majesté le Roi du Cambodge, accompagné des Ministres et dignitaires du Palais. La fanfare royale fit entendre, sur le parvis de la cathédrale, un ou deux morceaux de son répertoire funèbre ; quatre militaires montaient la garde autour du catafalque. Enfin la foule, venue nombreuse, se fit remarquer par sa tenue respectueuse et recueillie.

    Linondation décroît chaque jour denviron un décimètre ; mais ce-qui demeure, ce sont les ponts écroulés, les routes coupées et limpossibilité pour les automobiles de se rendre de Saigon à Phnom-Penh par la seule voie de terre comme ci devant. Le trajet total se fait moitié en auto, de Saigon à Kompong-Trabec, en 5 h. environ, et moitié en chaloupe, de cette dernière localité à Phnom.Penh, en 12 h. avec courant contraire.

    Siam

    Comme à lordinaire, durant novembre, a eu lieu la retraite annuel, le des missionnaires. Elle fut prêchée par le P. Soullard, curé de la cathédrale de Saïgon. Accompagné du P. Besrest, retour de Dalat le cher Père Soullard arrivait à Bangkok le jeudi soir 8 novembre. Nous ne dirons rien de sa prédication vivement appréciée par tous il serait difficile, dailleurs, de résumer les canevas de sermons que nous présenta le prédicateur : devoirs et pouvoirs du prêtre sur le corps réel et sur le corps mystique du Christ. Méthodiquement conçu, le plan général fut développé brièvement en 17 instructions surabondantes de doctrine. Nous disons brièvement, car ce plan laissait à chaque auditeur une mine de réflexions salutaires à exploiter lui-même. Une pensée tout apostolique et pleine de Dieu se déroulait merveilleusement en un style bref, nourri de termes concis et de divisions logiques. Les raisons pour le prêtre daimer les âmes et Dieu senchaînaient rigoureusement : ces raisons ont conquis lauditoire du P. Soullard.

    Sa retraite terminée, sans même prendre le temps de visiter la Mission du Siam, le cher Père regagnait Saïgon pour y continuer son apostolat, que nous lui souhaitons long et fructueux.

    Malacca

    Des quêtes ont été faites dans toutes les églises de la Mission pour venir en aide à nos confrères du Japon dans leur grande épreuve. A friend in need is a friend indeed. Nos chrétiens se sont bien montrés, et, dans les circonstances actuelles, la collecte a été satisfaisante. En effet, sans parler de la gêne générale, qui est loin davoir disparu, nous avons, dans la seconde partie de lannée, deux autres quêtes prescrites : lune pour le Denier de St.-Pierre, et lautre pour la Propagation de la Foi. Dautre part, il y a presque toujours, dans les différents postes, des souscriptions en cours pour les besoins locaux. Cest ainsi quà Singapore le curé de la cathédrale vient de recueillir la jolie somme de 7.000 piastres pour la construction de la chapelle de la Sainte-Famille dans un faubourg de la ville. Cette chapelle, assez grande pour contenir 350 personnes, est simple, mais solide et de bon goût. Elle a été bénite et inaugurée le 10 novembre.

    Singapore et Penang sont, au nord et au sud, comme les deux portes de ce détroit de Malacca, par lequel les voyageurs passent et repassent sans cesse. Cela nous vaut le plaisir de revoir des amis très-chers et de faire connaissance avec les nouvelles recrues qui vont renforcer larmée de lapostolat en Extrême-Orient. Dernièrement, cétait un brave vétéran, le P. Jean-Marie Martin, qui regagnait sa mission du Tonkin Maritime, après avoir été obligé de se soigner en France pendant plusieurs années. Il en profita, dailleurs, pour travailler au recrutement des vocations apostoliques. Avec lui voyageaient les trois Pères de Picpus qui vont sinstaller dans lîle de Hainan.

    Au Collège de Penang, Mgr Mérel vient dordonner un nouveau prêtre indigène pour notre Mission. Cest le troisième depuis deux ans. Le Père Joseph Lee ira prêter main forte au Père François pour lévangélisation des Chinois du Territoire de Malacca, où il y a de nombreux catéchumènes.

    A propos du Collège de Penang, il ny a pas que notre Société qui ait choisi cette île pour y fixer sa maison de formation pour le clergé indigène. Les Frères des Ecoles Chrétiennes et les Dames de Saint-Maur ont fait de même pour leurs noviciats qui, eux aussi, sont situés sur le bord de la mer, celui des Surs près de leur Couvent, celui des Frères tout à côté du Collège, sur la petite baie de Pulo-Tikus.

    Birmanie Méridionale

    Alors voilà notre pauvre Méridionale au pilori ! Honte à elle ! nous dit un correspondant bénévole (Bulletin, octobre 1923). Je doute quelle le mérite.

    Mgr Cardot, menacé de devenir aveugle. Hélas ! Oui, la chose est possible. Ne sommes-nous pas tous menacés de, pareille infirmité ? Il suffit dune hirondelle ou, ici, dun corbeau qui manque le vide.

    Notre vénéré Mgr Cardot attend de subir une opération. Pour le moment, il est presque aveugle, et cependant, il y a peu de temps, Sa Grandeur, en visite chez un confrère; surprit celui-ci en lui disant : Vous pouvez me laisser monter seul cet escalier, je vois mon chemin. Espérons que toutes les prières qui sont offertes à cette intention lui obtiendront de voir au moins assez pour se guider et lire un peu.

    Mgr Perroy boiteux. Mais, cher correspondant, vous retardez ! Vous vous rappelez que le Provicaire Père Perroy avait, en effet, un pauvre estomac et de mauvais genoux. Mais le Saint-Esprit a passé par là, et tout cela est du passé. Les tournées de confirmation ont remis en mouvement ces genoux un peu ankylosés faute dexercice et Sa Grandeur a maintenant des jambes de vingt ans. On sen aperçoit bien lorsquun confrère, voulant parler à Mgr le Coadjuteur, manuvre habilement pour lattirer dans un petit coin bien tranquille et lui conter son histoire. Tout heureux de son aubaine, le confrère cause, cause et, avec une inaltérable patience, Monseigneur écoute, écoute et écouterait sans fin si le confrère ne sentait le besoin de reposer ses jambes et, pour ce faire ; ne se voyait obligé de rendre sa liberté à lEvêque. Un jour, dans une tournée de confirmation, Sa Grandeur avait organisé une petite fête pour les enfants. Deux heures durant, il se tint debout, allant et venant, sans aucun signe de fatigue. Le curé (un solide chêne du Vivarais cependant) me dit : Quelles jambes a Monseigneur de pouvoir se tenir debout si longtemps ! Pour moi, jéprouve sérieusement le besoin de masseoir un peu. Mgr Perroy boiteux ! Allons donc, cher ami, votre calendrier nen est pas encore à la date du 18 janvier 1921. Le sacre a tout changé.

    Il y a à Rangoon, dites-vous, un confrère dont on dit quil a déjà usé deux machines à écrire. Est-ce possible ?... De fait, les machines à écrire susent ; mais dites-moi, si les machines à parler susaient aussi, que deviendriez-vous, cher confrère ?

    Du domaine des suggestions à lautorité, notre correspondant passe au district de Bassein. Ferveur et enthousiasme de néophyte ! Je les admire et les partage, car jeus en 1901 le bonheur dêtre pendant un an du district de Bassein et ai toujours gardé pour lui un coin tendre dans mon cur. Mais tout de même, si on y met les meilleurs postes, que vont dire les autres districts ? Notre correspondant pourrait bien se faire un jour prouver par A+B que les postes des autres districts sont, eux aussi, de fameux postes. Ne suffit-il pas pour cela den avoir fait partie ? Qui vivra verra.

    Oui, le district de Bassein a, en la personne du P. Provost, un fameux vicaire forain, et je crois que, pour le bien à en dire, je ne me laisserai pas battre par le correspondant extraordinaire. Oui, il souffre dune sorte de béribéri chronique : trois ans de séjour en France ne lont par désenflé. Ici, maintenant encore, il enfle, désenfle par intermittences, avec de mauvaises crises de cur en même temps. Malgré cela il ne laisse pas une parcelle de son travail, et cest merveille de le voir toujours sur la brèche. On dit de lui : Il est comme le pneu Michelin : il gonfle, dégonfle mais néclate jamais, car il boit lobstacle. Puisse-t-il ainsi continuer de le boire pendant de longues années ! Sans lui que deviendrait notre noviciat de Surs indigènes ?

    Et maintenant, aux nouvelles du mois ! Nous commencerons par Bassein et le Père-Mère des novices. Le jour du Rosaire, il y eut prise dhabit et profession présidées par Mgr Perroy, entouré des PP. Pavageau (prédicateur de la retraite), Bouche, Mourier et Pascal, curés du district de Bassein. Chaque année, ce doit être pour le Père Provost une grande consolation, en même temps quun précieux encouragement, de voir sa famille religieuse augmenter sans cesse et des postes de plus en plus nombreux dotés de petites Surs de Saint François-Xavier.

    Un de nos confrères vient déchapper de bien peu à une noyade. Nous en avons ainsi deux dans la Mission, dont on dit quils ont fait vu de ne pas mourir dans leur lit. Ce sont les PP. Chave et Maisonabe. Les accidents du P. Chave sont légendaires. Certains ont laissé des traces. Par exemple, ne lui demandez jamais de vous indiquer un objet : sil veut vous montrer neuf heures, son index pointera à trois heures. Cest quun beau jour, voulant faire manuvrer un revolver qui refusait service, il tenta de faire marcher la gâchette, tout en fermant lorifice avec son index, sans doute pour ne pas laisser la balle échapper. Elle séchappa quand même, la coquine, et, en passant, elle se vengea en emportant avec elle une partie de los de lindex. Et ainsi de suite.

    Aujourdhui cest du P. Maisonabe quil sagit. Il se rendait cher notre confrère le P. Pavageau pour la fête patronale du poste, la Saint-Micbel, dont il devait être le prédicateur. Le Père avait quitté Tombo le matin du 27 septembre par un petit vapeur de la Compagnie de lIrraouaddy. Il sétait arrêté au village de Paundaung pour affaires. Vers le soir, il avait loué un petit bateau pour se rendre à Prome, où il devait prendre le train pour Gyobingauk. Le courant était très fort ; notre confrère dut pendant plusieurs heures aider le rameur. Ils se tenaient vers la rive ouest. Ayant abandonné les rames, ils avançaient lentement par le moyen des branches darbres surplombant la rivière. Il était 9 heures du soir. Vers le village de San-baw-chan un grand tamarin tombé à moitié dans la rivière fut dun passage très difficile. Un faux mouvement dans cette nuit noire fit tourner le bateau trop brusquement et le jeta contre un tronc darbre qui dépassait de la berge. Le frêle esquif fut brisé en deux et coula en un clin dil. Le rameur se débrouilla pour gagner la rive, mais notre confrère demeura suspendu aux branches de larbre tombé. Des villageois vinrent à son secours et le tirèrent au moyen dune perche. Tous ses bagages étaient perdus : soutane, bréviaire, waterproof, chapeau, linge de rechange et... sa bourse avec. Les Birmans lui prêtèrent de leurs habits pour lui permettre de faire sécher ce qui lui restait de vêtements. Après un dîner à la birmane et quelques heures de sommeil chez ces braves gens, il partit au petit jour pour faire à pied les 5 à 6 milles qui le séparaient de Prome. Mais il lui fallait encore traverser la rivière, et il était sans le sou. Les braves bouddhistes de San-baw-chan se cotisèrent pour payer le passeur. Sec, mais crotté des pieds à la tête, son crâne dénudé luisant sous le soleil montant, le Père fit son entrée dans Prome. Là de braves catholiques lui firent prendre un bon bain, lui prêtèrent quelques habits propres, lui donnèrent aussi de quoi sacheter un chapeau, et il partit ainsi pour Gyobingauk, où il arriva en pieux laïque, les catholiques de Prome nayant pas pu, naturellement, remplacer la soutane perdue. Nous devons rendre grâces à Dieu que laccident ait, en somme, fini si bien. La rivière est profonde à Prome, le courant très fort, et le Père Maisonabe nest pas un bon nageur. Espérons quil ne se risquera plus dans des embarcations de ce tonnage !

    Birmanie Septentrionale

    Le Jubilé dargent de notre cher confrère le P. Moindrot, célébré le 13 novembre dernier, fut une fête splendide. Nous sortions tous de la retraite annuelle, et tous, le cur joyeux, lâme rayonnante, nous allâmes fêter lheureux jubilaire et avec lui remercier Dieu de ces 25 ans de prêtrise, dont 8 passés comme professeur de langues vivantes au Collège Léon XIII de Châteauroux, diocèse de Bourges, et 17 en Birmanie.

    Nous ne fûmes pas les seuls. Toutes les routes de Maymyo, comme le publièrent le lendemain de la fête les grands journaux de Rangoon, conduisaient ce jour-là à léglise de lImmaculée-Conception, artistiquement décorée par les Surs de St-Joseph. Le matin, à la grandmesse, le soir, à la bénédiction, lassistance était si considérable que, faute despace, bon nombre de fidèles durent rester dehors. Une magnifique couronne de 20 missionnaires entourait le jubilaire, qui chanta la Messe et, dans une préface toute céleste, nous entrouvrit les portes du ciel. De nombreuses et ferventes communions durent, ce matin-là, grandement réjouir son cur.

    Au tea-party donné par ses paroissiens dans le vaste terrain de léglise, rien ne manqua, tout fut parfait. Les girl guides du couvent rivalisaient entre elles damabilité et de gentillesse pour servir la délicieuse infusion à la cosmopolite assemblée venue pour assister à la lecture de ladresse et à la présentation dune bourse. La première, enluminée sur soie, avec en haut le buste du missionnaire, au milieu le compliment, en bas le fac-similé de léglise, est dune exécution remarquable. La bourse contenait 500 roupies, une partie seulement de la belle collecte faite pour perpétuer le souvenir du Jubilé par linstallation de lélectricité à léglise et au presbytère. Ce fut le clou et le plus beau cadeau de la fête : il prouve en quelle haute estime est tenu notre confrère par toutes les classes de la société. Le Gouverneur lui-même, Sir Harcourt Butler, avait bien voulu sinscrire pour la somme de 100 roupies.

    Coïmbatour

    Karamattampatty. Le 7 octobre dernier, selon lusage antique, avait lieu à Karamattampatty le pèlerinage annuel à N.-D. du Rosaire. Monseigneur présidait cette fête diocésaine au milieu de 18 prêtres et de plusieurs milliers de pèlerins venus des quatre coins de la Mission. Lorigine de ce pèlerinage date de 1640.

    Karamattampatty ou Karty fut le berceau de la Mission de Coïmbatore. Cette chrétienté, jadis très florissante, ne compte plus aujourdhui que 860 âmes ; les persécutions et le caractère flottant de la population en sont la cause.

    En 1686 un seigneur de Karty, payen mais honnête autant que brave, protégea les missionnaires et les chrétiens de la contrée contre des bandes dinsurgés qui en voulaient au roi du Maïssour et au christianisme ; mais, un siècle plus tard, vers 1784, cette chrétienté fut entièrement détruite par les féroces persécutions de Tippou Sahib. Les chrétiens réussirent à sauver en même temps que leur vie quelques statues de leur chapelle, quils replacèrent dans la nouvelle église après les mauvais jours. A Karty donc on respire un air du bon vieux temps, avec le pieux souvenir des de Britto, Bonnand, de Brésillac, Bigot-Beauclair, Métral, et tant dautres pionniers héroïques de lEvangile.

    Jentendis parler de Karty pour la première fois dans la chapelle des M.-E., au sermon de Départ. Le Prédicateur rappelait les Gesta Mariae à travers nos Missions et N.-D. de Karty ne fut point oubliée. Dès mon arrivée en mission jeus loccasion dassister au pèlerinage annuel et je fus édifié par La dévotion du peuple chrétien envers la Sainte-Vierge et intéressé par les manifestations de la piété indienne: les petites processions votives, au pas accéléré, autour de léglise, les pèlerins marchant à genoux tenant à la main des cierges allumés enfin la grande et lente procession de nuit autour du village ; tout cela était nouveau et intéressant pour un jeune missionnaire.

    Somanour. Tout près de Karty, à Somanour, se trouve une autre chrétienté de vieille souche. Sa première chapelle fut bâtie en 1648 ; elle subit le triste sort des autres églises pendant les persécutions et fut restaurée dans la Suite. Comme depuis quelque temps elle menaçait ruine sous lirréparable outrage des ans, il a fallu la rebâtir. Cest ce que le P. Gaucher, curé de Karty, vient de faire avec goût et avec le secours de chrétiens de lendroit, qui ont payé la plus grande partie des frais de construction. Mgr bénit la nouvelle chapelle le 5 août dernier.

    Elections. Les élections législatives dans lInde vont avoir lieu prochainement. La campagne électorale bat son plein ; les candidats sencensent eux-mêmes à profusion et dénigrent leurs rivaux à qui mieux mieux. Les candidats catholiques ils sont deux par ici à se disputer les suffrages des électeurs chrétiens, ne le cèdent en rien aux autres pour le choix des épithètes ; ils se traitent lun lautre, par écrit et en termes assez polis, danticlérical et de pharisien. Cest la démocratie... Mais ne faisons pas de politique !

    Kumbakônam

    Le Couvent des Oiseaux. Que personne ne sy trompe : il ne sagit pas ici du fameux couvent situé à Paris à langle de la rue de Sèvres et du boulevard des Invalides, couvent dont le premier propriétaire avait fait une volière et dont la Révolution fit une prison ; il sagit tout simplement dun humble couvent établi par le P. Quinquenel à Pullambadhi, il y a trois ou quatre mois, pour quatre religieuses indiennes du Saint-Cur de Marie. Pullambadhi est une grosse bourgade, dont le nom, daprès certains étymologistes philologues et pandits, signifierait la demeure des oiseaux. Jaccepte le jugement de ces doctes personnages sans me charger de le justifier. Pullambadhi fut célèbre dans lancien temps comme centre pour les sectateurs du Djaïnisme ; plusieurs statues, paraît-il, sy retrouvent encore de graves personnages qui méditent dans lattitude que prête la tradition aux disciples de Mahavira. Dans les temps modernes où, même chez nos Indiens payens, lutilitarisme a pris la place de la contemplation béate, la religion des Djaïns a été remplacée à Pullambadhi par le culte de Koulhantammâle, déesse locale, qui, paraît il, a le singulier pouvoir de faire rendre gorge aux débiteurs récalcitrants. Il nest pas étonnant que son culte soit très suivi et que les payens viennent sadresser à elle de vingt lieues à la ronde, car il est grand le nombre des débiteurs qui ne sont jamais pressés de payer leurs dettes.

    Au point de vue chrétien Pullambadhi est une paroisse de 2.700 chrétiens ; elle fut en 1904 détachée de lancien district de Vadugarpatty et le P. Guyon en fut le premier titulaire.

    Cest là que, le 8 juin 1923, jour de la fête du Sacré-Cur, fut inauguré un nouveau couvent pour les Surs du Saint-Cur de Marie, en même temps quune école pour les jeunes filles de lendroit. Le P. Quinquenel, quun séjour dun an à lécole industrielle avait rendu expert dans lart de pratiquer le système D, avait lui-même acheté non loin de léglise une maison spacieuse ; il en avait fait un hortus conclusus en lentourant de murailles monumentales. Ce fut le nouveau couvent.

    Comment le nommerait-on ? Question importante, puisque, daprès saint Thomas, le nom dun objet dépend de la connaissance que nous avons de cet objet. Or donc, quand il fut question de donner au nouveau couvent sa dénomination officielle, ce fut un peu comme le jour où le Précurseur reçut son nom de Jean, il y eut division parmi les parent du nouveau-né. Ce couvent sappellera Gnanapragassam Madham (couvent de St Louis), disaient les uns, car nous sommes en pays tamoul. Non, disaient les autres, on le nommera Aloysius Convent, car nous sommes gouvernés par les Anglais. Tout dans lInde finit par des compromis : on transigea et laccord se fit sur le nom de St. Aloysius Madham, nom que porte encore aujourdhui le Couvent des Oiseaux de Pullambadhi.

    Nazareth

    La ruche nazaréenne na pas été inactive durant lannée qui sachève ; aussi a-t-elle obtenu des résultats encourageants, dont les chiffres : suivants donneront une idée.

    Des presses de lImprimerie sont sorties : 1

    Latin 9.316.400 pages 2
    Français 3.031.800 3
    Anglais 3.579.000
    Italien 32.000
    Chinois 9.486.000
    30.000 calendriers
    Annamite 8.423.000 pages
    Canaque 2.340.000
    Chamorro 4 492.000
    Thay (Nung) 480.000

    Total : 37.174.200 pages.

    A ce chiffre il convient dajouter

    285.000 en-têtes, cartes, couvertures, etc.,

    ce qui donnerait un total général de 37.459.600 pages, réparties sur 80 ouvrages, dont le tirage a varié de 500 à 12.000 exemplaires.

    Le total ci dessus représente une moyenne de 128.186 pages par jour, en comptant 300 journées de travail dans lannée.

    La fonderie a produit 1.817 paquets de caractères français-annamites, soit 2928 kilog, de caractères, 368 k. despaces et 500 k. dinterlignes ; au total, 3.796 kilog.

    Voilà pour le travail matériel. Mais Nazareth noublie pas que le travail spirituel est le premier but de sa fondation. Aussi ouvre-t-il toujours toutes grandes ses portes aux confrères qui désirent passer quelques jours ou quelques semaines dans la prière et le recueillement. De plus, malgré linsuffisance de son personnel, ce sont des membres de la maison qui ont prêché à Hongkong la retraite des Pères Italiens et celle des Surs de Saint-Paul de Chartres, à Swatow celles des missionnaires et des prêtres indigènes.

    Dieu garde notre Pusillus grex en bonne santé ! La bonne volonté ne lui manque pas.

    1. La page in-12 de lOrdo est prise comme unité.
    2. Dont 6.144000 pages de plain-chant.
    3. Sur lesquelles le Bulletin compte 1.293.600 pages.
    4. Le chamorro est la langue parlée dans une partie des îles Mariannes (Océanie).

    Séminaire de Paris

    Le 16 octobre, déjeunaient au Séminaire les trois Pères Picpusiens en partance pour Hainan. Jusquà ce que la division des deux Missions soit prête, ils travailleront sous lautorité de Mgr Gauthier.

    Le 18, à la Maison des uvres de Tourcoing, devant un public de 700 personnes environ, une conférence avec projections sur la Léproserie de Kôyama a été donnée par le P. Chambon.

    Le P. Mollard est mort subitement le samedi 20 octobre à 8 h. ½ du soir à lâge de 74 ans. Rien ne laissait deviner une mort si proche. Sa santé sétait fortifiée par son séjour en Savoie, elle ne donnait aucune inquiétude. Samedi soir, après dîner, il se trouvait au 2e étage, no 5, en compagnie de trois confrères, dont le P. Soubeyre, du Tonkin Maritime, quil avait eu plaisir à revoir, et devisait avec entrain. Tout à coup ses bras sallongent sur la table où il est accoudé et sa tête sincline. Quavez vous donc, Père Mollard ? Il ne peut répondre ; il perd connaissance et respire à peine. Une dernière absolution lui est donnée et le P. Parmentier en toute hâte se procure les saintes Huiles ; tandis quune onction lui est faite sur le front, il ne donne plus signe de vie. Une attaque dapoplexie foudroyante lavait ravi à notre affection. Si ce fut une mort subite, grâce à Dieu, pour notre confrère ce nétait pas une mort imprévue. Le matin même, il sétait confessé comme il le faisait tous les samedis. Mais quelle douloureuse surprise pour toute la communauté !

    Ses obsèques ont eu lieu le 23. Après la levée du corps faite par le P. Parmentier, le chant dun Nocturne et des Laudes de lOffice des défunts, Monseigneur a célébré la messe à dix heures et donné labsoute. Le P. Boulanger a présidé ensuite la conduite au cimetière du Séminaire des dépouilles mortelles de notre confrère. Cest là quelles reposent auprès de celles des anciens directeurs qui lont précédé dans léternité. Outre les deux communautés de Paris et de Bièvres, nombreuse était lassistance : parents, amis, paroissiens de Bièvres, dont il avait été le curé pendant la guerre. Presque tous les Pères présents à Paris avaient tenu à lui donner un nouveau témoignage daffection en venant prier pour lui.

    Le 24, Monseigneur est allé à Dormans, où le P. Roulland réunissait à sa table tous les curés du doyenné, avec lesquels sest heureusement établie une discrète et confiante intimité.

    Le P. Garnier, accompagné de quatre aspirants, est rentré à Rome.

    Ladoration en union avec Montmartre avait lieu le 27, date qui coïncide avec le 260e anniversaire de la prise de possession du Séminaire des Missions-Étrangères, acheté à lévêque de Babylone, Mgr Bernard de Sainte Thérèse.

    Le 29 était célébré au Séminaire loffice annuel pour les Directeurs défunts.

    Le P. Nassoy a donné la retraite de commencement dannée à lEcole apostolique de Montmélian.

    Le P. Depierre a commencé une série de conférences dans lAnjou et la région de lOuest.

    Le 27, Monseigneur est parti pour un voyage de plusieurs jours dans la région vendéenne. Le 28, il présidait les offices à Saint-Aubin dabord, à Châtillon-sur Sèvre ensuite. Là, fonctionne une école cléricale prospère et desprit tout apostolique.

    Le 31, il présidait une réunion de lUnion des Combattants à St-Hilaire de Talmont, après avoir visité les familles de Mgr Perroy et du P. Perroy, miss. au Siam. et le frère du Vén. Dorie, Martyr de Corée.

    LAmicale Missionnaire a repris ses réunions mensuelles chez M. Letourneau, curé de St-Sulpice, et lOuvroir des Partants ses séances de travail de chaque mardi, rue de Babylone.

    1924/42-66
    42-66
    Anonyme
    France et Asie
    1924
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