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Chronique des Missions et des Etablissements communs 6

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    Une réunion générale des catholiques, à laquelle avaient été conviés des représentants de tous les districts du Japon, mais que le mauvais temps de la saison a empêchée d’être aussi nombreuse qu’on l’espérait, s’est tenue le dimanche 26 avril dans la salle des fêtes de l’Ecole de l’Etoile-du-Matin. Un banquet amical a suivi la séance de conférences, pendant laquelle M. l’Abbé Heinrich, Provincial des Marianistes, les PP. Lemoine et Totsuka ont traité surtout des œuvres catholiques, à l’étranger et au Japon.

    S. E. Mgr le Délégué Apostolique, accompagné du P. Breton, a visité, au commencement de mai, les districts de Kanazawa et de Toyama, administrés par les PP. du Verbe Divin. L’hôpital fondé par eux à Kanazawa a si bien réussi qu’ils en installent un autre à Akita, dans leur Mission du Nord.

    Nagasaki

    Le 28 avril, le P. Frédéric Bois, chargé du poste de Kumamoto, aidé de deux de ses confrères, avait convoqué les païens de la ville à une séance de conférences religieuses dans les locaux d’un grand journal de l’endroit, le Kyûshû Shimbun. Le succès dépassa l’attente des promoteurs de la réunion : la salle, de grandes dimensions, fut absolument comble. Les sujets traités furent : l’unité de Dieu, les rapports entre l’Eglise catholique et la Constitution impériale japonaise, etc. Il y eut bien quelques murmures lorsque le P. Wakida osa, avec toutes les précautions oratoires voulues, affirmer que l’Empereur n’est pas un dieu (kami) ; mais, s’appuyant sur saint Paul, le conférencier sut si bien faire ressortir les devoirs et les honneurs dus au souverain que les plus difficiles se tinrent pour satisfaits et exprimaient à haute voix, en sortant, leur contentement sur ce point en particulier. Par ce temps de bolchevisme, il n’est pas inutile de faire connaître la doctrine catholique touchant l’autorité légitime.

    Le succès de cette réunion revient en grande partie aux jeunes gens chrétiens, qui, par des affiches, des lettres, des tracts, avaient réussi à secouer la torpeur des plus indifférents.

    Osaka

    Les Dames du Sacré-Cœur, établies depuis 1922 dans le diocèse d’Osaka, occupent encore l’emplacement loué au commencement, dans les environs de Sumiyoshi, près de Kôbe. Forcément à l’étroit dans des bâtiments construits autrefois pour une destination autre qu’une école, ces Dames, depuis plusieurs mois cherchaient à s’installer définitivement. Elles viennent d’acquérir, dans un endroit appelé Obayashi, un vaste terrain de 15.400 tsubo (50 hectares) situé tout près d’une ligne de tramway. Il reste à construire ; et l’on espère que dans un an et demi toutes les bâtisses seront terminées. Quand le nouvel établissement sera sur pied, sa position à mi-chemin entre les deux grandes villes de Kôbe et Osaka lui vaudra une clientèle que la réputation de ces Dames ne manquera pas d’attirer :

    Chez les Sœurs du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles, dans leurs établissements de Kôbe, Osaka et Kyôto, la rentrée scolaire a de nouveau rempli tous les vides laissés dans les classes par les élèves dont les études étaient terminées.

    Dans la ville même d’Osaka, l’école Notre-Dame, des Sœurs de Nevers, a fait un nouveau progrès en obtenant du Ministère de l’Instruction Publique ce qu’on appelle ici le ninka. C’est comme une reconnaissance officielle, qui place l’école sur le même pied que les lycées publics de filles et donne à ses diplômes la même valeur. Obtenu le 24 mars, ce ninka a fait subitement monter le nombre des demandes d’entrée pour la nouvelle année scolaire au chiffre de 60, et il s’en présentera encore. Voilà une œuvre qui tous les ans se consolide davantage.

    Les Frères Marianistes, avec leur école de “l’Etoile Brillante” ont depuis longtemps leur réputation faite. Malheureusement cette année la Communauté, tout à la joie des succès, a été péniblement surprise par la nouvelle inattendue de la mort de M. Joseph Wolff, fondateur et premier directeur de l’établissement. Le cher Frère avait commencé à Osaka, en 1898, cette école de l’Etoile Brillante et, jusqu’en 1920, l’avait, comme Directeur, amenée au degré de prospérité où nous la voyons aujourd’hui. Obligé par les infirmités à rentrer en France, il est tombé frappé d’apoplexie à Belfort, âgé de 73 ans.

    Cette année, à la sortie de fin mars, 150 élèves ayant terminé leurs études ont quitté l’Etoile Brillante. Pour les remplacer, plus de 800 candidats ont demandé à subir l’examen d’entrée. Les bons Frères n’auraient pas mieux demandé que de les accueillir tous ; mais leurs salles de classe ont des limites qui n’ont permis de les ouvrir qu’à 200 à peine.

    On voit par les chiffres de demandes d’entrée dans nos écoles catholiques que, si nos Japonais ne se font pas chrétiens en grand nombre, il n’en est pas moins hors conteste que le catholicisme continue à gagner tous les jours de l’influence, grâce à la faveur dont jouissent ses écoles, tant de garçons que de filles.

    Seoul

    La béatification de nos Martyrs est décidément fixée au dimanche 5 juillet. Sur les 82 noms que comportait la cause, 3 ont été éliminés ; ce sont ceux de Agatha Tjveng, Anna Han et Barbara Kim. Nous aurons donc 79 Bienheureux, presque autant que dans les deux précédentes béatifications (49 en 1900, 33 en 1909) : grand honneur et douce joie pour notre chère Société des M.-E. !

    Un prêtre coréen, le P. Paul Han, est parti pour Rome au commencement de mai, en vue d’assister aux fêtes de la béatification.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 27 avril au 3 mai ; celle des prêtres coréens, du 11 au 17 mai.

    Une conséquence de la loi sur le suffrage universel, promulguée le 5 mai, est que les Coréens et les indigènes de Formose âgés de 25 ans au moins et domiciliés au Japon depuis plus d’un an jouiront du droit de vote. De ce fait, 30.000 Coréens et 20.000 Formosiens seront électeurs.

    Kirin

    Le P. Chometon, Provicaire de Moukden, a bien voulu donner les exercices de la retraite annuelle aux religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie de Harbin et de Changchun. Il a regagné le sud après une visite à l’évêché de Kirin. Merci au cher Père, au dévouement duquel on ne fait jamais appel en vain !

    A la fin d’avril nous avons eu la grande joie de voir rentrer les PP. Cubizolles et Graber, retour de France. Le séjour au pays natal leur a donné un regain de santé qui leur permettra, nous en avons le ferme espoir, de travailler pendant de longues années encore au service de Dieu et des âmes.

    A Kirin, les élèves de l’école secondaire, mécontents de leur proviseur, l’ont congédié. La façon dont a été menée cette affaire mérite d’être contée, car elle jette un jour sur la mentalité des étudiants de la “Céleste République.”

    La veille du jour fixé pour l’exécution de M. Long (c’est le nom proviseur en question), les délégués des étudiants, à raison d’un par cours, se réunirent à la montagne du nord et arrêtèrent jusque dans ses moindres détails le cérémonial qui serait observé le lendemain. Ce jour-là, le matin, à l’heure où d’ordinaire commencent les cours, M. Long fut invité poliment à se rendre à la salle des fêtes. Il la trouva remplie par la foule des étudiants, qui lui exposèrent sept griefs, dont ils le sommèrent de se justifier. Légèrement ému, le pauvre homme commença à s’expliquer, mais la discussion du premier grief n’était même pas terminée qu’au dehors éclatait une salve d’applaudissements. C’était le signal convenu. Pendant que M. Long était à discuter dans la salle des séances, quelques élèves avaient rapidement ficelé ses bagages, tandis que d’autres étaient allés chercher un fiacre. En entendant les applaudissements, M. Long demande étonné : Qu’y a-t-il donc ? — Il y a, lui répond-on, qu’aujourd’hui vous rentrez dans vos foyers. — Comme il hésite à sortir, on le pousse dehors. — Mais mes bagages ? Soyez sans crainte, ils ont été préparés et placés sur la voiture. Mon chapeau ? — Le voici. Et on le lui met sur la tête. On la fait alors monter en voiture et le cortège se met en route pour la gare. En tête se placent les clairons et les tambours de l’Ecole ; puis suit un drapeau sur lequel on peut lire cette ironique inscription : “Les élèves de la 1e Ecole secondaire reconduisent avec honneur M. Long, qui retourne dans ses foyers.” Derrière le drapeau, M. Long, dans sa voiture, est pâle comme un mort. Comme il a cherché à descendre en cours de route, deux solides gaillards sont montés sur les marchepieds de la voiture pour le garder. Tous les étudiants suivent en bon ordre et les passants de s’exclamer : “Comme ces jeunes gens savent honorer leurs maîtres !” A la gare, dans la salle d’attente, un élève prend la parole pour remercier M. Long des grands services qu’il a rendus à l’Ecole durant 18 ou 19 ans. Ensuite, après les trois saluts (kiu kong) réglementaires, on crie par trois fois : “Vive la 1e Ecole secondaire !” Malheureusement, quand le cortège arriva en gare, le train partait. Or les cordes qui ficelaient les bagages leur appartenant, les élèves tinrent à les remporter et abandonnèrent M. Long à la gare avec ses bagages en pagaïe. Revenus à l’école en ordre parfait, les étudiants prièrent leurs professeurs de faire leurs cours comme à l’ordinaire, s’excusant seulement d’avoir manqué une classe. Les cours reprirent, en effet, comme auparavant et, depuis près de deux semaines que ce fait s’est passé, non seulement aucune sanction n’a été prise, mais le personnel de l’Ecole n’a fait aucune allusion aux événements que je viens de raconter. Quand au directeur de l’Ecole, il était absent, et c’est M. Long qui, ces jours-là, faisait fonction de directeur.

    Telles sont les mœurs de la jeune Chine. Cela promet pour l’avenir !…..

    Tchongking

    A Tchongking les orateurs chargés de palabrer contre la religion et les écoles chrétiennes s’en donnent à cœur joie. Sûrs de toute impunité, ils en profitent pour salir le ciel et la terre. Leurs insultes n’ont vraiment plus de bornes. Pour ces jeunes discoureurs le christianisme est une institution des siècles barbares, le Christ n’a été qu’un imposteur, les écoles actuelles ouvertes en Chine par des étrangers ne servent qu’à introduire dans le pays les idées et les soldats des nations voisines. Malheureusement, avouent ces jeunes étourdis, le sol chinois est couvert de collèges, de temples et d’églises, et, ce qui est encore plus fort, un grand nombre de Célestes n’hésitent pas à devenir de gaîté de cœur les esclaves de ces étrangers au grand nez et aux yeux verts ou bleus. En somme, les paroles de ces Messieurs ne tiennent guère debout ; l’on voit facilement que les auteurs de toutes ces palabres n’ont pas l’habitude de manier la logique. Cependant ce dont ils peuvent être satisfaits, c’est de pouvoir insulter copieusement les chrétiens, l’Eglise et ses ministres, et cela impunément. Que la Chine n’oublie pas cependant que toute fête a une fin ! Tout barbares que nous sommes, puisque chrétiens, nous respectons dans nos pays d’origine les étrangers quels qu’ils soient : ces Messieurs, qui sont fort civilisés, en font-ils autant chez eux ? Avant de répondre, il serait peut-être bon de demander aux orateurs ce qu’ils entendent par le mot de civilisation.

    Suifu

    A l’occasion d’une cérémonie à la mémoire de Sun Yatsen, le mouvement anti-étranger et anti-chrétien s’est fait jour, à Suifu pour la première fois. Sur ordre des chefs du parti kouémingtang, sous prétexte de la préparer, un congé de trois jours avait été accordé aux grands élèves de l’école secondaire. Ceux-ci, par groupe de quatre, le brassard aux cinq couleurs au bras, sont allés dans toutes les rues de la ville débiter furieusement leurs petits discours, dans lesquels les étrangers et la religion chrétienne étaient passablement malmenés. A les entendre, tous les maux dont souffre la Chine viendraient des Européens et de leur Bible.

    Le matin du 20 avril, à travers les rues pavoisées, au milieu d’une foule de curieux qui s’entassaient sur les deux côtés, eut lieu le grand défilé dans l’ordre suivant. En tête, les étudiantes : écoles primaires et école normale de filles ; puis les étudiants : écoles primaires, primaires supérieures et école secondaire ; les représentants de la Chambre de Commerce et les délégués des corporations ouvrières ; enfin le portrait du “Maître”, porté sur une estrade soutenue des deux côtés par les leaders du parti kouémingtang à Suifu. La procession se fit en silence, chacun portant dans ses mains pieusement jointes un petit drapeau, sur lequel étaient écrites en gros caractères des revendications telles que celles-ci : “Faiblesse de notre diplomatie ; abolition du privilège d’exterritorialité ; plus d’empereur.” Cependant, un moment, il y eut des flottements dans les rangs des délégués des ouvriers, peu habitués à ce genre de marche. Aussitôt les sifflets des commissaires de siffler, leurs sonnettes de sonner. Puis le mot typique dit, en baissant la tête, par le chef de la garde nationale : (caractères chinois) l’ordre est troublé.” Cette courte phrase peint à la perfection l’état actuel de la Chine. Des Chinois de bonne volonté, et ils sont nombreux, voudraient que leur patrie devienne une grande puissance, unie au dedans, respectée au dehors, mais ils emploient précisément les moyens qui les empêchent d’y parvenir.

    Il y a un mois, tout Suifu était en émoi. Devinez la cause... Un pèlerin, en route pour le mont Omei, s’était arrêté quelques jours dans notre port. C’est un événement des plus ordinaires, n’est-ce pas ? Et pourtant, général et préfet faisaient apposer à toutes les portes de la ville de grandes affiches qui en caractères bien tracés défendaient de le pêcher ;... mais oui, de pêcher le pèlerin. Cependant qu’une foule d’hommes et de femmes, parmi lesquels on remarquait de très grands mandarins allaient au bord du fleuve se prosterner devant le pieux voyageur en se recommandant à ses bonnes prières, lorsqu’il serait au haut de la sainte montagne. Ce pèlerin vous intrigue, j’en suis sûr.... Et pourtant ce n’était qu’un gros poisson, que la sotte superstition prenait pour un pèlerin déguisé.

    Voilà qui donnerait lieu de douter de l’intelligence des gens de Suifu, hélas !

    Tatsienlou

    La retraite annuelle des missionnaires de la région de Tatsienlou commencera le mardi 28 juillet au soir.

    On parle d’instituer à Tatsienlou une monnaie-papier pour suppléer à la pénurie du métal. De fait, les marchands ont à acquitter une telle quantité de taxes, impôts, etc. que leur bourse est presque à sec. Depuis deux mois, en plus des droits d’entrée, les marchandises — céréales exceptées, — sont frappées à la sortie d’un octroi de 4 roupies par charge. Les Thibétains ont essayé de résister, mais en vain : ils ont dû se soumettre au nouveau régime. Dans les campagnes, on prélève des taxes en argent et en nature. Dans le Louting-shien, on lève à l’avance l’impôt de l’année courante : les agents sont aux trousses des planteurs de pavot pour recueillir la taxe sans attendre la récolte.

    Notre confrère le P. Goré a reçu du Gouvernement de l’Indochine le brevet de Chevalier de l’Ordre Impérial du Dragon d’Annam. Toutes nos félicitations pour cette distinction bien méritée !

    Yunnanfu

    Le P. Salvat est toujours à Taly et cherche à connaître le lieu où aurait été enterré le P. Piton. Il semble certain que le Père serait mort au Ki-chan, mais la poursuite des pirates, ordonnée par Tang Ki-yao, est demeurée jusqu’ici sans résultat. Les bandes de brigands occupent toujours la montagne du Ki-chan et les environs.

    Parmi les nombreuses victimes du tremblement de terre de Taly, nous avons eu à déplorer la mort de 11 chrétiens. Les secousses sismiques continuaient encore vers le milieu d’avril.

    Kouiyang

    Nous sommes menacés d’une famine plus terrible encore que celle de 1920. Partout le prix du riz a augmenté dans des proportions effrayantes. Sur les frontières du Setchoan et du Yunnan surtout la misère est effroyable : les habitants ne trouvent plus rien à manger. Partout on voit des bandes de miséreux errant en quête d’un bol de riz. Les enfants surtout meurent par centaines. On les vend pour avoir un peu de nourriture. Dans la région de Houangtsaopa, on estime que la moitié de la population a disparu, et, de ce fait, il n’y aura personne pour cultiver les champs et, par conséquent, pas de récolte l’an prochain. Pour comble de malheur, une sécheresse persistante achève de détruire ce qui reste de la récolte du printemps.

    Le Gouvernement provincial, avec le concours de la Mission catholique, a nommé un “Comité de secours aux affamés”: on a commencé à distribuer quelques secours, mais quid hœc inter tantos ?

    Le nouveau Commissaire de la Poste, M. Poletti, vient d’arriver à Kouiyang après un voyage de plus d’un mois à travers les régions éprouvées par la famine. Il donne des détails navrants sur l’effroyable misère des habitants, qui meurent par centaines le long des routes et auprès des marchés. On voit partout des cadavres. Tous les animaux ont été dévorés ; il n’y a même plus d’oiseaux dans la campagne. Toutes les nuits, à l’étape, on entendait les plaintes déchirantes des moribonds.

    Des missionnaires signalent la vente des enfants, des filles surtout, ou l’abandon de ces pauvres petits sur la montagne, où ils ne tardent pas à mourir de faim. On voit des familles riches céder leurs titres de propriété pour quelques bols de riz.

    Multiples sont les causes de cette affreuse misère : la grêle, la sécheresse, les inondations, les sauterelles, la maladie du riz en herbe, le brigandage, les réquisitions forcées de porteurs pour la troupe, l’enrôlement obligatoire des jeunes gens, etc.

    Dieu vienne à notre secours !

    Pakhoi

    Les traîtrises de la mer ne sauraient décourager l’audace de l’homme, qui oublie vite les angoisses de la tempête. Clementior auster vela vocat... Voilà le P. Poulhazan embarqué pour la douce France, où il va essayer de guérir sa vieille bronchite. Que la Stella maris le conduise et nous le ramène fluctu leni... ventisque silentibus !

    Au reste, que ce soit sur mer ou sur terre, le péril est partout. La piraterie semble reprendre chez nous toute son ancienne ampleur. Une lettre du P. Cellard signale les exploits de deux fortes bandes réorganisées dans la presqu’île de Louitcheou, dont l’une tout près du village chrétien de la Ste Trinité. Le Père venait justement de distribuer des armes à ses chrétiens, lorsqu’un millier de malandrins se jetèrent sur un hameau distant de 200 mètres à peine. Sans doute, ils auraient de là prononcé une dangereuse attaque contre la chapelle, si quelques salves tirées à propos ne les avaient arrêtés. Ils se retirèrent donc, non sans emmener une dizaine de prisonniers, dont ils espèrent tirer rançon par la torture.

    A Pakhoi même, nous voyons une autre bande opérer depuis deux ou trois semaines. Il ne se passe pas un jour sans que l’hôpital français ait à héberger et soigner plusieurs malheureux blessés ou mutilés, dont la plupart n’ont guère apparence de combattants.

    D’un autre côté, des troupes yunnanaises de Tang Ki-yao ont franchi la frontière au nord de Lingshan. Les quelques éléments que l’on a essayé de leur opposer auraient été battus près de cette ville. Pakhoi va-t-il passer sous le sceptre du potentat yunnanais ? ….Encore des combats en perspective !

    Pour comble de malheur, une sécheresse terrible désole toute la région et la famine est à nos portes.

    Nanning

    Un mois s’est écoulé depuis la grande bataille du 17 avril, qui mit fin au terrible siège de notre ville, et dont le Bulletin du mois dernier a fait mention.

    Nous espérions qu’un peu de tranquillité nous serait rendue, que les soldats resteraient ici moins nombreux, que nous pourrions enfin rouvrir nos écoles, fermées depuis le nouvel an. Vain espoir !

    Les troupes sont ici plus nombreuses que jamais, 30.000 environ. La ville est devenue une vaste forteresse : les pavés des rues ont été arrachés pour former des barricades à tous les carrefours ; dans les faubourgs, des créneaux ont été percés dans les murs des maisons, des tranchées ont été creusées.

    Pendant ce temps, les armées adverses sont allées se reformer à quelque distance : tous les ennemis des Yunnannais se réunissent pour une suprême tentative ; des échelles sont préparées pour l’escalade des remparts, etc. Il semble que le choc sera terrible.

    En attendant le nouveau siège, qui ne saurait tarder, nos troupiers ne s’en font pas : installés chez l’habitant, ils se font détester par leur mauvaise tenue et leur esprit de rapine. Si on a l’audace de leur faire des observations, ils le prennent de haut : — “Comment ! ce n’est pas si souvent que nous vous faisons l’honneur de venir vous visiter chez vous ; vous pouvez bien, pour une fois, nous traiter en hôtes de marque !” On n’est pas plus ironique.

    Il va sans dire que tout commerce a cessé : chaque boutique est barricadée comme un blockaus. Il y a cependant quelques articles qui ont un débit inaccoutumé : c’est d’abord l’opium, dont les Yunannais ont apporté des quantités formidables et qu’ils vendent à bas prix ; il y a aussi les gâteaux, les cigarettes et les fruits, dont les soldats sont friands ; n’oublions pas la créoline et la naphtaline : tout Chinois qui se respecte ne sort pas sans avoir garni ses poches des précieuses boulettes désinfectantes ; en outre, il en tient une, grosse comme un œuf, qu’il presse sous ses narines dans l’espoir de chasser les microbes de son appareil respiratoire. Signalons encore les cercueils, qui sont très demandés, car la variole, la grippe, la fièvre typhoïde, la dysenterie, rivalisent avec la guerre pour faire des victimes, en attendant que le choléra et la peste se mettent de la partie.

    J’allais oublier un article, inconnu jadis et qu’on commence à s’arracher : c’est le piège à mouches. Ici ces bestioles étaient rares autrefois, même en été ; cette année, c’est une plaie, dans le sens le plus péjoratif du mot, comme qui dirait une “plaie d’Egypte”. Pour tous il est évident que c’est la malpropreté des soldats qui en a favorisé la multiplication inouïe.

    La région de Kouylin n’est pas beaucoup moins molestée que la nôtre. Là aussi il y a deux armées, du Kouangsi toutes les deux, qui se disputent la possession de la ville et qui l’occupent à tour de rôle. Un pillage en règle a eu lieu le 27 mars. Le P. Humbert écrit que la Mission ne fut pas inquiétée, mais qu’il entendait de chez lui les cris des victimes, les coups de fusil que les bandit tiraient pour effrayer la population ou pour tuer ceux qui voulaient opposer quelque résistance.

    On n’en finirait pas de raconter les malheurs de notre pauvre province !

    Hanoi

    Le P. Marty vient de s’embarquer à destination de France, pour refaire sa santé, sérieusement ébranlée par de longues années d’apostolat chez les tribus Muong, dans des régions malsaines et fiévreuses. Espérons que le doux climat du pays natal lui rendra rapidement sa vigueur d’antan et qu’il pourra, sans attendre trop longtemps, revenir au milieu de ses chrétiens.

    Le P. Dupin, chargé de la copie du procès des Martyrs, qui doit être bientôt envoyé à Rome, a été atteint d’une paralysie hémiplégique. Grâce aux soins dévoués des bonnes Sœurs de l’hôpital de Keso, le malade est en bonne voie de guérison, mais la convalescence sera longue.

    Le 28 mai, Mgr Gendreau fera, à Keso, l’ordination des clercs. Professeurs et élèves sont fatigués : il est grand temps que les vacances arrivent.

    Dans une séance, tenue à la Loge de Hanoi, les Vénérables FF. ont rédigé le document ci-après, dévoilé par l’Avenir du Tonkin :

    La R.. L. : La Fraternité Tonkinoise. Ord. de Hanoi, Considérant :
    Que les Missions donnent l’enseignement à Hanoi dans deux grands établissements destinés l’un aux garçons, l’autre aux filles.

    Que ces établissements sont fréquentés par plus de 500 enfants, qui y apprennent à haïr la République, ainsi que le prouvent les livres mis par les missionnaires, professeurs ou instituteurs, entre les mains des élèves ;

    Que les Missions se désintéressent de l’enseignement du français ;

    Que le développement toujours croissant des Missions, tant au point de vue richesse immobilière qu’au point de vue enseignement et influence politique, constitue un danger pour la Colonie :

    Emet le vœu :
    1º Que la loi du 1er Juillet 1901 sur les Associations soit promulguée en Indochine ;

    2º Que le Gouvernement prenne les mesures nécessaires pour arriver à la suppression, dans le plus bref délai, de l’enseignement congréganiste dans la Colonie ;

    3º Que la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, du 9 décembre 1905, soit promulguée dans son entier en Indochine.

    Signé : Le Vén :. Le Roy des Barres.
    Sans commentaire !...

    Vinh

    Mgr Eloy nous a quittés le 13 avril pour se rendre en France et aller faire sa visite ad limina.

    Avant son départ Sa Grandeur a ordonné 9 diacres et 1 prêtre.

    En février et mars la province de Nghé-an a été assez éprouvée par une épidémie de variole, qui a fait près d’un millier de victimes. Nous avons plusieurs paroisses où il y a eu de 50 à 60 décès sur 1000 habitants.

    Au cours de son récent voyage en Indochine, la Princesse Murat a eu la touchante délicatesse de faire déposer, au cimetière de Xã-Đoài, un bouquet de fleurs sur la tombe du P. Montrouziès, décédé en 1878, qui avait été, il y a une soixantaine d’années, précepteur dans la famille de son mari.

    Quinhon

    Par suite de la mort du P. Kemlin, le P. Jannin, Supérieur par intérim, est nommé Provicaire de la Mission de Kontum.

    Le P. J.-B. Décrouïlle est nommé Supérieur de l’Ecole Cuenot à Kontum.

    Pour combattre un état persistant de fatigue, le médecin a pressé Mgr Grangeon de faire encore une saison à Dalat. S. G. a quitté Quinhon le 24 avril, et, à son retour, administrera la Confirmation dans les deux provinces de Phanrang et de Nhatrang. — Mgr se propose également de faire, en juillet-septembre, la visite pastorale de la province de Binhdinh.

    Le P. Labiausse construit une maison de prière à Thanhdanh et a l’espoir de fonder une chrétienté à Huynhkim, près des Tours d’Argent. Il a baptisé 20 catéchumènes à Kimchau et 31 à Khale.

    Phnompenh

    Après les fêtes de Pâques, Mgr Bouchut a administré 489 confirmations à Bêndinh et plus de 500 dans le populeux district Nanggù, dont le P. Collot est titulaire.

    Quelques jours plus tard, S. G. confirmait encore une soixantaine de personnes dans une des chrétientés de notre vénéré doyen le P. Vauzelle.

    Bangkok.

    Une “vague de froid” a traversé Siam pendant la Semaine Sainte. Alors que les jours précédents le thermomètre montait, comme chaque année à pareille époque, de 35o à 40o à l’ombre, le mercredi-saint il descendit tout d’un coup à la température des beaux jours de décembre et janvier : 20o et même au dessous en certaines localités. Mais cette variation ne dura guère, et nous sommes de nouveau au régime habituel. Quelques forts orages ont éclaté déjà, et bon nombre de cultivateurs ont repris leurs travaux des champs.

    La cérémonie du “commencement du labour” ou du “sillon” qui se pratique ici comme au Cambodge, a eu lieu le 28 avril. C’est le Ministre de l’Agriculture qui est ordinairement délégué pour tenir la charrue en cette circonstance solennelle qui attire une foule de curieux, et où les astrologues officiels font étalage de leur science de divination. Une quantité de détails, depuis l’étoffe dont se ceint le distingué “laboureur,” jusqu’à l’herbe dont se régalent les buffles après leur travail, tout contribue à fournir les présages avidement désirés. Mais les brahmes ont soin de ne pas être trop précis dans leurs prédictions, même ils ne se font pas scrupule de n’être pas ensemble du même avis. Ainsi, de ce que le laboureur a revêtu une étoffe de six empans, l’un des devins conclut que la pluie ne sera pas abondante cette année, un autre au contraire voit dans ce même fait la preuve certaine qu’il y aura des pluies en quantité toute l’année ! Mieux encore : comme, par hasard, l’étoffe en question (tirée au sort parmi plusieurs autres,) se trouve être de mêmes dimensions que celle usitée dans la même circonstance l’année dernière, plusieurs devins proclament solennellement que cela présage une inondation plus haute de 40 centimètres que celle de l’année passée, prédiction qui n’a rien de compromettant, car le contraire pourrait être affirmé avec la même certitude, étant donné qu’on ne spécifie pas la localité où ce fait aura lieu.

    Une autre fête se prépare dans cet heureux pays où beaucoup de gens ont du temps surtout pour s’amuser : cette année étant le 15e du règne de Sa Majesté Rama VI, il a été décidé que cet heureux événement devait être commémoré par une Exposition nationale. Elle comprendra deux sections : la première sera destinée à faire voir les progrès réalisés au Siam par le gouvernement de la dynastie actuelle (Chakkri, depuis 1781) ; la seconde sera consacrée aux produits du pays, chacune des 18 provinces ayant un pavillon spécial. Un espace sera réservé aux exposants de nationalités étrangères qui voudront faire figurer des produits de leur pays. On travaille activement aux préparatifs de cette exposition qui commencera probablement au 1er janvier 1926 ; l’emplacement où elle aura lieu se transforme à vue d’œil pour devenir un parc ou jardin public, destiné à demeurer un lieu d’agrément pour les flâneurs. Bangkok ne veut pas rester en arrière pour ce qui est du “confort.” La foule songe aux plaisirs de l’instant présent, rares sont ceux qui se préoccupent des joies de la vie future...

    Malacca

    Dans le territoire de Johore, à quelque 150 km. de Singapore, se trouve la petite ville de Batu-Pahat. La Mission y a fait l’acquisition d’un terrain d’environ 1 hectare ½ , où elle pourra plus tard établir toutes les œuvres nécessaires à une paroisse. En attendant, le P.H. Duvelle, toujours débrouillard, est devenu à bon compte locataire d’une maison à l’entrée de la ville. Il en a converti le rez-de-chaussée en une chapelle très convenable, que Mgr le Coadjuteur vient de bénir. Le curé de Johore y a installé un catéchiste et se propose de visiter régulièrement cette nouvelle station.

    Nous avons eu l’honneur de recevoir la visite de NN. SS. O’Doherty, archevêque de Manille, et Mac Closkey, évêque de Jaro (Iles Philippines), en route pour Rome, où ils comptaient arriver pour la canonisation de la Bse Thérèse de l’Enfant-Jésus, à laquelle ils ont une grande dévotion. Leur bateau s’étant arrêté deux jours à Singapore, les deux prélats ont pu visiter rapidement Malacca, Kuala-Lumpur et Pinang, où ils sont remontés à bord.

    Birmanie Méridionale

    La mission chinoise de Rangoon a changé de local : le P. Allard a déménagé église, école, résidence. Ce ne fut pas une petite affaire. Le poste occupe maintenant un terrain de plus de 2 hectares, à proximité du chemin de fer et du tramvay. Comme il peut être utile, à l’occasion, aux confrères de Chine de connaître la nouvelle adresse de notre mission chinoise, nous la donnons ici : Chinese Mission, Mission Road, 12-13, Rangoon ( Burma ).

    La réunion annuelle de l’Association Catholique Carianne a eu lieu à Thinganaing. Avec Mgr le Coadjuteur et plusieurs confrères, le P. Héraud a reçu environ 400 délégués, venus de tous les postes du Vicariat.

    Mgr Perroy est allé ensuite confirmer à l’Ecole Industrielle (Technical Institute) du Frère Jean, à Twante. Le voyage fut, dit-on, très pittoresque et des plus mouvementés. S. G. partit de Rangoon par launch en compagnie des PP. Picot et Mamy. En route, les voyageurs furent rejoints par les PP. Chagnot et Dessalle, et tous ensemble atterrissaient près du village de Kyaiktaw. Là huit chevaux les attendaient. Des chevaux ! D’aucuns ne les montèrent pas sans appréhension. Cependant, 20 minutes plus tard, tous descendaient de façon très normale chez le P. Bonnet, première étape du voyage. Après quelques instants de repos, départ pour la second étape de 6 milles en forêt. Le P. Bonnet se joignit à la bande apostolique. Le soir était venu : l’ombre cachait les oscillations –– et les transes — de quelques cavaliers novices. Un seul pourtant, un des doyens du groupe, se trouva tout à coup, sans l’avoir désiré, déposé plus ou moins doucement sur le sol ; mais heureusement il ne s’en porte pas plus mal.

    Le Frère Jean et le P. Rieu firent à leurs hôtes une réception des plus cordiales : cérémonie bien réussie, étude des plans grandiose du Directeur, visite des ateliers et des terrains de culture, etc. remplirent aisément les deux bonnes journées passées à Twante.

    La Mère Assistante des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition nous a quittés, se rendant en Australie.

    Birmanie Septentrionale

    Ni un voyage sur mer, ni les bons soins de nos confrères des Straits, n’ont pu remettre sur pied le P. Louis Allard. A Singapore il a dû entrer à l’hôpital et c’est encore avec la fièvre qu’il vient de réintégrer sa mission. La faculté prononce que seul un voyage en France peut le guérir, et il espère pouvoir s’embarquer bientôt.

    Mgr Foulquier, les PP. Saint-Guily, Mourlanne et Darne, sont en ce moment, à Maymyo, les hôtes du P. Jarre, heureux de les posséder, et eux enchantés de sa cordiale hospitalité.

    Pondichéry

    Notre retraite annuelle a eu lieu du 9 au 15 janvier : 60 confrères y assistaient. Les instructions ont été données par le P. Combes, curé de la cathédrale.

    Les derniers jours du mois de janvier, S. Exc. Mgr Lépicier a fait la Visite apostolique de notre Mission. Les chrétiens de Pondichéry ont fait au Représentant du Pape une réception vraiment royale : arcs-de-triomphe nombreux et du meilleur goût, voire même artistiques, rues jonchées de verdure et de fleurs, etc. S. Exc. est entrée en ville dans une voiture à 4 chevaux attelés à la Daumont ; toute la population, européenne, créole, indienne, brahmanique et musulmane, était réunie sur le passage du Visiteur. A la porte de la cathédrale, S. Exc. fut reçue, avec tout le cérémonial requis, par Mgr l’Archevêque et donna ensuite la bénédiction du Saint-Sacrement à la foule recueillie.

    Les 5 jours que Mgr Lépicer passa au milieu de nous furent des jours bien remplis, au programme très chargé : visite des églises et établissements religieux de Pondichéry et des environs, audiences accordées aux prêtres, aux chrétiens.

    Son Excellence avait convoqué à Pondichéry NN. SS. Roy de Coïmbatore et Despatures de Mysore, ainsi que le P. Sovignet, Supérieur de la Mission de Kumbakonam en l’absence de Mgr Chapuis.

    Le Visiteur Apostolique nous quitta le 29 janvier, se rendant à Madras, nous laissant tous sous l’impression de sa simplicité, de son affabilité, de sa piété surtout.

    Nos chrétiens parleront longtemps encore de Mgr Lépicier, Représentant de Notre Saint-Père le Pape.

    A cause du manque de pluie in tempore opportuno, la récolte du riz, dans tout le sud de la Péninsule, a été, cette année, des plus médiocres. Aussi les prix de vente sont-ils très élevés et la misère est grande.

    Rien n’arrête l’activité débordante de nos confrères bâtisseurs. A Salem, le P. Bruyère construit son église en vitesse accélérée ; on dit même qu’il l’a terminée, et je le croirais volontiers. Le P. Grandjanny, à Cheyur, n’a plus que quelques mètres à ajouter à son clocher pour en avoir fini avec le gros œuvre. A Tindivanam, le P. Colas blanchit, crépit, gratte, frotte les murs de son église et soupire après l’heureux moment où il sera enfin débarrassé de ses maçons, qui gâchent la chaux.… et ses finances aussi.

    Mgr Morel nous a quittés le 23 avril pour Colombo et s’est embarqué, avec le P. Garan Duffy, pour l’Europe et l’Amérique. Procedant in pace in nomine Domini !

    Kumbakônam

    Le 25 mars dernier, les Sœurs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée ont célébré le 25e anniversaire de leur arrivée dans la Mission de Kumbakonam. Les zélées Filles de Saint François de Sales ont actuellement trois missions dans l’Inde :

    1º La mission de Nagpore, fondée en 1889 et qui compte 6 maisons, 45 Sœurs européennes et 7 Sœurs indigènes ;
    2º La mission de Kumbakonam, fondée en 1900 ; 7 maisons, 45 Sœurs européennes, 15 indigènes ;
    3º La mission de Bangalore, fondée en 1914 ; 2 maisons, 15 Sœurs européennes, 13 indigènes.

    Mieux que ne le pourrait faire le récit des fêtes par lesquelles les Sœurs Catéchistes ont célébré leur “Jubilé”, les chiffres suivants donneront une idée du développement de leurs œuvres dans notre diocèse depuis la date de leur fondation.

    1901. — Dispensaire de Kumbakonam : 1.497.292 entrées.
    ” — Hospice des vieillards : 1.104 ”
    1901. — Dispensaire de Tranquebar : 506.902 ”
    1905. — Ecole : ” 70 élèves.
    1903. — Ouvroir de Kumbakonam : 30 enfants.
    1904. — Orphelinat et crèche : 1.335 adoptions.
    1905. — Dispensaire de Mayavaram : 300.669 entrées.
    1906. — Œuvre des Sœurs indigènes : 15 (3 sont mortes).
    1907. — Dispensaire d’Ayyampettey : 147.325 entrées.
    1925. — Ecole ” 25 élèves.
    1916. — Léproserie de Kumbakonam : 1.277 entrées.
    1917. — Dispensaire Sainte-Anne : 89.717 ”
    1922. — Hôpital Sainte.Anne : 744 ”
    1922. — Maison S.-Francois-Xavier à Purattakoudy.

    Le nombre des baptêmes administrés par les Sœurs Catéchistes à des malades in articulo mortis est de 39.874 enfants et de 3.299 adultes.

    Une maison nouvelle est sur le point d’être inaugurée dans le district d’Atour

    Au commencement de mai, 4 religieuses, sur la demande du Gouvernement, se sont rendues à Madras pour y prendre la direction du General Hospital.

    Daigne le bon Dieu envoyer de nombreuses ouvrières au fur et à mesure que se développent les œuvres !

    Séminaire de Paris

    Le 19 mars, Monseigneur a participé à la fête de la Maison des Petites-Sœurs des Pauvres, rue N-D. des Champs, servi les vieillards à table et donné la bénédiction du T.S. Sacrement.

    Le 25, Sa Grandeur, les PP. Giraux du Sutchen Or., Nassoy, les Frères de la Communauté de Paris (à l’exception du F. Pierre un peu fatigué) se trouvaient réunis à Dormans pour assister à la pieuse cérémonie des Promesses de deux novices frères : MM. Alfred Burgaud, et Paul Gogenmos. Les nouveaux Frères vont vivre un certain temps en communauté au Séminaire de Paris, où le travail ne risque pas de leur manquer.

    Monseigneur a profité de ce déplacement pour aller passer quelques heures au Grand-Séminaire de Reims, si sympathique et généreux pour les Missions-Étrangères. On a bien voulu l’inviter à parler à la communauté. Les travaux de réparation de la cathédrale sont poussés très activement et l’on espère pouvoir utiliser le sanctuaire même à Noël prochain.

    Le 27, Mgr Boucher et M. Olichon déjeunaient au Séminaire ; le premier, revenu d’un voyage dans les Missions françaises de l’Afrique Occid. (Togo, Dahomey, Congo), nous a intéressés par ses récits documentés, tandis que le second redisait son ardent désir d’être utile aux Missions dans la direction à lui confiée l’Œuvre de St-Pierre et de l’Union Missionnaire du Clergé.

    Le 30, Assemblée Générale annuelle, convoquée par le Comité de la Chapelle de la Reconnaissance de la Marne, à la salle Gaveau. Le Maréchal Foch devait présider, mais une importante réunie à l’Elysée l’en a empêché. M. Michel Missoffe, député de Paris, a fait dans son discours le plus vif éloge des Missions-Étrangères. Mgr Rayssac, accompagné de plusieurs membres de l’Administration, assistait à cette séance.

    Le même jour, réunion de l’Amicale Missionnaire, où l’on regrettait l’absence de Mgr Le Roy, C.S.E., aux prises avec une crise d’emphysème, heureusement sans caractère inquiétant.

    Le 28, Mgr Rayssac a bien voulu accepter d’adresser la parole aux aspirants et leur parler de la Mission de Swatow. Le 31, Sa Grandeur est partie pour Rome avec le P. Mollat.

    Dans la quinzaine, le P. Gérard à St-Jacques-St-Christophe de la Villette ; le P. Chambon à Argenteuil, St-Marcel, au Cercle de la rue de Lourmel, ont donné des sermons de St-Enfance ou des séances de projection sur les Missions.

    Le P. Depierre, reprenant ses pérégrinations, a donné une séance au Petit-Séminaire Leidrade ( Lyon ) Après avoir visité Rive-de-Gier et les pensionnats de Valbenoîte et de la rue Désirée à St-Etienne, il est rentré à Paris le 31.

    Mgr Despatures, évêque de Mysore, est arrivé à Marseille le 2 avril. Outre Sa Grandeur et NN. SS, Rayssac et Chapuis, déjà en France, les autres évêques qui sont annoncés à Paris cette année sont : Mgr Morel, arch. de Pondichéry, en route pour l’Amérique avec M. Gavan-Duffy, Mgr Eloy (Vinh ), Mgr Mutel et Mgr Demange ( Corée).

    Dans l’Annuaire Pontifical de 1925, on relève deux articles très intéressants dûs à la plume du P. Guéneau : “Quelques noms de Saints choisis parmi les plus populaires d’autrefois”, et “Le Collège Général de la Société des M.-E. au Siam de 1665 à 1783 et à Penang depuis 1807.”

    Du 1er au 4 avril, le Séminaire de Paris a eu pour hôte le R. P. Rutten, Sup. Gén. des Missionnaires de Scheut. Le Rd Père s’occupe en ce moment d’envoyer quelques missionnaires en Mongolie, via Siberia.

    Depuis le samedi avant les Rameaux jusqu’au Lundi de Pâques, le Séminaire a joui de la présence de Mgr Despatures, évêque de Mysore. Sa Grandeur avait voyagé avec .le regretté P. Gaillard, qui a survécu de dix jours à peine à son arrivée en France.

    Durant son séjour à Paris, Mgr Despatures a bien voulu faire aux aspirants une causerie sur sa Mission, après avoir, le lundi précédent, fort intéressé les Dames de l’Œuvre des Partants à leur réunion mensuelle... Le jour de Pâques, accompagné du P. Nassoy, il a célébré pontificalement à l’église St-Augustin.

    Le lundi de Pâques, Mgr le Supérieur a passé la plus grande partie de la journée au Séminaire d’Issy, où il avait été prié de conférer la Tonsure et les Ordres Mineurs à une vingtaine de séminaristes prêts à partir pour le service militaire. La Communauté d’Issy a atteint le chiffre imposant de 391 élèves, parmi lesquels se trouvent deux séminaristes japonais de Tôkyô.

    M. Claudel, Ambassadeur de France au Japon, est à Paris depuis une quinzaine de jours et a déjà fait une visite d’ami aux Missions-Étrangères.

    Les PP. Beyls, Riouffreyt et Fabre restent à Rome et font aux visiteurs les honneurs de l’Exposition pour la partie qui nous concerne.

    Le P. Guéneau est revenu parmi nous le 4 avril.

    Le P. Depierre, tout en visitant Solesmes (Cambrai), Annapes, est allé à Lille faire accomplir leur devoir pascal à une quinzaine de soldats annamites.

    Les PP. Jaricot et Adeux se sont occupés de ceux de Versailles.



    1925/360-380
    360-380
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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