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Chronique des Missions et des Etablissements communs 1

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    Le 10 novembre, le Sphinx amenait à Yokohama les bagages du nouveau missionnaire, que le Séminaire de Paris envoyait au diocèse de Tôkyô, le Père Delbos. Quant à celui-ci, il était naturel quil se fût un peu attardé auprès de son compatriote, Mgr Castanier, et aux alentours dOsaka. Les confrères de Tôkyô et dailleurs, qui étaient venus à sa rencontre au bateau, ne se sont pas laissés déconcerter par la nouvelle énigme que proposait le Sphinx dun autre genre, et ont fêté quand même le nouveau, absente corpore. Dailleurs, le soir du même jour, un express de Kobé nous amenait le Benjamin plein de vie et dentrain, qui navait pas voulu monter le bateau.

    Le lendemain, 11 novembre 9ème anniversaire de larmistice, un service pour les Français morts à la guerre réunissait à la paroisse du S. C. à Yokohama plusieurs de nos compatriotes, résidant dans ce port ainsi quà Tôkyô. S. E. lambassadeur M. de Billy, et le consul général, M. de Bellefon, assistaient à la cérémonie. S. G. Mgr Rey donna labsoute, Une seconde cérémonie eut lieu au cimetière du Bluff, devant le monument élevé à nos morts. A midi et demi, sur le Sphinx, de nombreux invités prirent place à un banquet, organisé dans la vaste salle des premières, et communièrent ensemble, suivant lexpression dont usa dans son toast M. Sylvain Lévy, directeur de la Maison française de Tôkyô, dans lhommage rendu à la patrie et à ses défenseurs.

    La mode étant aux bazars et aux ventes de charité, il est tout indiqué que, dans un pays progressif comme le Japon, écoles et postes de la mission suivent le mouvement. Voilà pourquoi le mois dernier, les 19 et 20, un premier bazar se tenait à Omori sur la propriété de lécole des Surs, pour aider à la construction de léglise de la paroisse qui se bâtit sur le terrain nouvellement acquis, près de lhôpital déjà érigé et de la maison du Père Breton récemment construite. Le 23 et le 24, un autre bazar occupait tout le second étage des classes de lécole japonaise des Dames de St-Maur, à Yokohama. Les recettes étaient destinées à contribuer à lérection du bâtiment, qui servira à la fois pour lécole de St-Maur, fréquentée par les Européennes et les Eurasiennes et pour le logement de la communauté. Le 1er bazar, suivi de deux séances de cinéma, et le second, de deux séances récréatives, ont eu un plein succès. Si les bénéfices nets de 1.100 yen pour le premier, de 3.400 yen pour le second, ne peuvent aspirer à couvrir quune partie des dépenses relatives aux constructions projetées, ils ont, du moins, en tant que contributions des paroissiens et des amis de nos écoles, le précieux avantage dintéresser ceux-ci à nos uvres.

    5 Décembre.

    Kirin

    Notre nouveau confrère, le Père Perrin, est arrivé à Kirin au début de novembre. Quil soit le bienvenu et que Dieu lui accorde en Mandchourie longue et fructueuse carrière !

    Cet hiver, Mgr Gaspais fait la visite pastorale de la province du Heilongkiang. Après avoir parcouru les districts de Houlan et Payensou, Sa Grandeur reviendra à Harbin, doù elle se rendra dans les districts de Fouyu et Wukiatchan, au nord-ouest de la province de Kirin.

    5 décembre.

    Suifu

    Le Bulletin du mois de juillet dernier disait que le P. Biron allait sessayer à lévangélisation des Lolo, tout en ayant soin du district chinois de Mapien, qui lui servirait de base en même temps que de point de départ. Notre confrère sest mis à luvre résolument, hardiment, courageusement. Ce sera long, ce sera dur, mais tout est possible à qui met sa confiance en Dieu. Il a déjà fait, dans lintérieur de la Lolotie, trois voyages dexploration apostolique, cherchant à découvrir le terrain le plus apte à recevoir la semence évangélique. Il a même réussi à séjourner tout un long mois à Ouaré. Ouaré est une assez belle vallée, à trois jours de Mapien, sur la route directe, mais interdite aux Chinois, qui va de cette ville à Ningyuanfu. On y récolte un peu de maïs et beaucoup de pommes de terre. Cest là que résident les deux principaux chefs de la grande tribu des Moukiaopa, qui lui donnèrent chez eux lhospitalité la plus cordiale. Les autres familles, quil y visita, laccueillirent également en ami. Ce qui lui donna loccasion dassister maintes fois aux pratiques magiques des sorciers, qui sont les seuls médecins reconnus officiellement dans le pays et qui ont la réputation de guérir toute sorte de maladies. Malgré tout, et bien que sa pharmacie portative fût très mal fournie, il osa concurrencer ces disciples dEsculape dun genre tout spécial. Son audace fut couronnée de succès. Les médecines, quil dispensa aux nombreux malades qui vinrent le trouver, furent si efficaces, que bon nombre de Lolo commencent déjà à les préférer aux sortilèges de leurs senié (mot lolo qui veut dire sorcier).

    Ce fut pendant que le P. Biron était à Ouaré que les otages lolo détenus à Mapien, trouvant que les, prisons chinoises étaient vraiment trop peu confortables, prirent la clef des champs et regagnèrent leurs montagnes. Depuis lors, Chinois et Lolo se regardent comme étant en état de guerre.

    Du 14 au 18 novembre, nous avons eu lhonneur dhéberger à Suifu Mgr Jantzen, vicaire apostolique de Chungking, revenant du sacre de Mgr Baudry à Chengtu. et le P. de Johghe, missionnaire de Chengtu, qui se rend à Pékin où il est appelé à faire partie du comité des écoles.
    1er décembre

    Yunnanfu

    Le 11 novembre, à 9 h. ½ , une messe fut célébrée, dans la chapelle de lévêché, en présence de la colonie française, pour les soldats et marins, morts au champ dhonneur durant la guerre. Le P. Pasteur, ancien chasseur à pied, fut lofficiant.

    Le 3 novembre, un étudiant, terminant un discours violent, fut tué dun coup de revolver par un auditeur, qui réussit à senfuir. Doù fureur de la gent écolière, qui, au coin des rues, cria son indignation et sa résolution de venger le sang versé. Le 8 novembre, les étudiants organisèrent de nouveau une grande manifestation. Ils couvrirent les murs daffiches multicolores, en protestation de lassassinat de leur condisciple et de lenvahissement du Yunnam par le Kouichow et le Setchouan.

    Lors de lenterrement de cet élève, le 27 novembre, le Gouvernement dut intervenir. Il fit incarcérer des étudiants et arracher des mains des manifestants les drapeaux, portant des insultes contre le Gouvernement Nationaliste de Nankin. Tous les étudiants, qui purent séchapper, prirent la fuite à larrivée de la force armée et sempressèrent de changer de costume pour dépister la police. Une fois de plus la manière forte eut plein succès.

    Le 10 novembre et les jours suivants, les troupes allèrent barrer la route à Fou Joyu et à Tchang Jouy, les deux parjures qui, à la tête des soldats du Kouichow, venaient, par Yang-Lin, attaquer Yunnanfu.

    Le délégué, envoyé par Yunnanfu à Kouiyang, revint à Yunnanfu le 17 novembre. Tcheou Sitchen demande seulement quarante sous-préfectures du Yunnan et se réserve pour plus tard la ville capitale et une zone de 50 lis tout autour. Un nouveau délégué est reparti pour Kouiyang le 27 novembre. Si le Gouverneur de Kouiyang ne modère pas son appétit, ce sera la guerre sans merci pour sauver la province.

    Plusieurs secousses sismiques furent ressenties à Yunnanfu le 24 novembre à 9 h. 40 du soir ; on ne signale pas de dégâts.

    1er décembre

    Kouiyang

    Mgr Carlo a été sacré à Kouiyang, le 16 octobre, par Mgr Seguin ; les Pères Séguret et Fayet remplirent loffice dévêques assistants. Une trentaine de prêtres assistèrent à la cérémonie. De la Mission de Lanlong étaient venus les Pères Séguret, Cheilletz, Larregain, Richard, Nenot et Signoret. Bien belle journée, dont les témoins garderont longtemps le souvenir. A Mgr Carlo nos vux de long et fécond épiscopat ! Ad multos annos!

    A nos confrères de Lanlong, que nous avons été si heureux de recevoir, nous adressons tous nos remercîments. Nous avons constaté avec plaisir quils nont pas perdu la gaieté, héritage des anciens du Kweitchow, et nous les en félicitons.

    Les Pères du S. Cur, qui avaient quitté Kouiyang le 24 octobre, sont arrivés sans, incident à Chetsien, qui sera le centre de leur mission et où les attendait le P. Darris.

    La ville de Kouiyang regorge de troupes ; on dit quelles seront bientôt dirigées vers le Yunnan. Des opérations militaires elles-mêmes nous navons que de bien vagues nouvelles.

    Malgré cette campagne, notre Gouverneur se préoccupe toujours de lembellissement de la ville de Kouiyang. Il vient de donner aux mandarins lordre de presser les travaux ; ils seront punis si, dans deux mois, le boulevard, qui doit aboutir à Ganchouen et Tchechoui, nest pas terminé. Les démolitions de maisons vont grand train, soit pour élargir les rues, soit pour créer des places publiques.

    15 novembre.

    Lanlong

    Le 27 octobre, Mgr Carlo fit ses adieux à Mgr Seguin et reprit le chemin de Lanlong. Chemin faisant, Mgr put se rendre compte, par les réceptions magnifiques qui lui furent faites, combien son souvenir était resté vivace au sein des populations quil avait évangélisées autrefois. Sa Grandeur, accompagnée par le P. Larreguin, arriva à Lanlong le 10 novembre. Là, lattendait une réception non moins sympathique. Le lendemain, tous les notables de la région sempressèrent de venir lui présenter leurs bien vives et bien respectueuses félicitations. Voilà notre jeune Mission complètement formée ! A nous de travailler, sous légide de notre bon et vénéré Pasteur, à son rapide développement !

    18 novembre.

    Canton

    Le samedi, 10 décembre, plusieurs confrères étaient déjà arrivés à lEvêché pour la retraite. Nous étions tout à la joie de nous revoir, ne nous méfiant de rien.

    Le lendemain, dimanche, vers 4 heures du matin, nous fûmes réveillés par une assez vive fusillade nous ny fîmes dabord aucune attention. Un général qui essaie den désarmer un autre, pensions-nous.

    Bientôt la Police du quartier nous annonça quil sagissait dun coup des Communistes.

    Agissant par surprise, le succès, dès le début, favorisa ces audacieux. Les heures sécoulaient ; la fusillade et la canonnade, loin de ralentir, devenaient plus intenses. Vers midi, les rouges sétaient emparés de la plus grande partie de la ville. Mgr jugea alors prudent de proposer aux confrères de quitter notre ville et de se rendre à Hongkong, sil y avait des bateaux en partance pour ce port. Faute de bateaux, ils seraient allés sur la concession de Shameen.

    A 2 heures p. m., six confrères sembarquaient sur le Taichan. Ce bateau, qui devait quitter Canton à 3 h., ne put le faire. Il passa la nuit en face de Shameen, à côté des bateaux de guerre anglais. Il put partir le lendemain à 6 heures du matin.

    Dans la nuit du dimanche au lundi, la situation sétait aggravée. Au danger de la bataille dans les rues sétaient ajoutées les horreurs de lincendie. La panique semparait de la population.

    Dans laprès midi du lundi, devant le T. S. Sacrement, Mgr fit le vu de jeûner rigoureusement le lendemain et de continuer ce jeûne pendant dix ans, ce même jour du 13 décembre, fête de sainte Lucie, si le Vicariat, au moins dans son personnel, sortait indemne de cette affreuse bourrasque. Il fit part à ses prêtres, présents à lEvêché, et aux chrétiens du voisinage, de la promesse quil avait faite à Dieu. La plupart limitèrent.

    Le lendemain, mardi, 13 décembre, à 11 heures 13 du matin, nous apprenions que les soldats réguliers reprenaient lavantage et que les rouges se retiraient en désordre, abandonnant leurs armes dans la rue et se débarrassant des rubans rouges appendus à leur cou ; cétait lunique signe qui les distinguât du reste des citoyens. Depuis, la poursuite des rouges continue. Tous les jours ils sont saisis et exécutés par centaines. Des Russes, artisans de tous ces désordres, ont été fusillés comme leurs camarades chinois.

    17 décembre.

    Swatow

    Anarchie, pillages, incendies, enlèvements, massacres, voilà les faits du jour dans la région depuis un mois, surtout dans les districts voisins de la mer. Citons parmi les hauts faits commis, ces jours derniers, par les paysans et brigands associés : prise et sac des villes de Tounghai, chef-lieu de la sous-préfecture de Lukfung, Kieh-cheh, petit port de mer à mi-chemin de Hongkong ; la population de ces deux endroits décimée, femmes et enfants égorgés avec la dernière cruauté ; églises et résidences de ces mêmes postes pillés, plusieurs chrétiens massacrés ; de nombreux villages saccagés, le train de Chaochowfu pillé, 20 personnes tuées, etc. etc. Et ce ne sont là encore que les préliminaires du paradis rouge quon nous promet pour un proche avenir.

    Les PP. Becmeur, Coiffard et Waguette, les plus menacés pour le moment, tiennent bon à leurs postes, exposés aux incursions des bandes rouges.

    Signalons une éclaircie à ce sombre horizon : le 8 décembre a eu lieu au couvent des Religieuses Ursulines la profession temporaire de quatre Novices dont trois Chinoises, les prémices de la Chine dans lOrdre de Ste Ursule.

    20 décembre

    Pakhoi

    Le Père Richard se promenait. Mais de rouges nuées portaient la foudre en leurs flancs ; aussi la promenade apostolique de notre confrère eut-elle ses jours dorage, dont voici un exemple. Ce nétait pas dans les horreurs dune profonde nuit, mais bien en plein jour de fête, dans un petit hameau de catéchumènes dont plusieurs devaient être baptisés le lendemain. On causait tranquillement entre pasteur et nouvelles ouailles, quand tout à coup une vive fusillade éclata presque sur le seuil des maisons. Sous les balles qui sifflaient de tous côtés, ce fut aussitôt une débandade affolée. Hélas ! des victimes gisaient déjà sur le sol ; un pauvre enfant, entre autres, qui venait justement de subir avec succès un examen de catéchisme et devait recevoir le baptême avec ses parents. Une balle lavait atteint à la tête et la blessure parut si grave, quil fut nécessaire de londoyer sans plus attendre. Dans cette échauffourée, les malheureux catéchumènes, de simples cultivateurs sans fortune, perdirent tout leur modeste avoir et jusquà la possibilité de travailler leurs champs, car leurs animaux de labour disparurent avec les assaillants. Cependant, la cérémonie du baptême eut lieu le lendemain ; mais on peut croire que la fête eut quelque chose dune cérémonie de deuil.

    Dautres incidents ont marqué le voyage de notre confrère. La durée en a même été brusquement écourtée ; car il fut obligé de regagner au plus vite sa résidence de Yamtchao, menacée de troubles graves. Il y fut tout de suite embouteillé par des bandes nombreuses et bien armées. Depuis, cette ville a été prise et nous ne sommes pas sans ressentir de vives craintes pour le missionnaire et son personnel.

    Sur la frontière du Tonkin les choses ne vont pas mieux. Des bandes de pirates terrorisent toute la région de Lôfao et Tchoukshan, ne craignant pas même de franchir la frontière et dopérer des rafles en terre française. Un prêtre annamite de Traco a été enlevé et emmené en territoire chinois ; on assure quil y aurait été massacré. Devant une menace directe contre les deux missionnaires et pour sauver les Religieuses du couvent de Lôfao et les orphelines, il était urgent de fuir. Une lettre du Père Léauté nous apprend quils se sont momentanément réfugiés à Moncay, sous la protection des fusils français.

    A Pakhoi même, nous nen sommes encore quaux alertes, assez sérieuses cependant pour que lautorité militaire nous ait mis sous le joug de la loi martiale. Le cercle des adversaires se resserre. On attend une grosse attaque par terre et par mer. Qui vivra verra ! Nous savons que ce que le bon Dieu garde est bien gardé.

    6 décembre.

    Nanning

    Le coup détat de Canton na pas manqué davoir sa répercussion au Kouang-Si. Il sy est produit de suite une véritable panique dans les cercles commerçants. Les billets de la Banque du Kouang-Si ont subi une dépression de 20 % dans lespace de quelques jours. Depuis un ou deux jours, ils ont cependant une tendance à remonter.

    Notre Gouverneur, Houâng Shao-Hong, na pas lair (daprès les journaux de ce matin) disposé à oublier laffront, quil a essuyé à Canton. On dit quil a un plan secret (?). Le fait est quil y a eu des mouvements de troupes considérables ces jours derniers. Cette mobilisation a pour point de direction Wu-Chow, où sont déjà massées les armées de Ly Tsi Chen.

    Le ton de la Presse nanninoise reste toujours anti-communiste et anti-russe. Pour elle, il ny a de salut que dans le parti nationaliste et dans lapplication intégrale de la doctrine du San Mîn, léguée par Sen Ouên !

    On travaille depuis deux mois à la démolition des remparts de la cité de Nanning. La besogne navance pas vite et il faudra attendre des années avant que les boulevards, qui sont en projet, puissent être livrés à la circulation des autos et des tramways.

    30 novembre

    Hunghoa

    Le Père de Neuville, non complètement remis, est allé à Hong-kong chercher un renouveau de forces. Espérons que le repos et le bon air de la mer le remettront bien vite sur pied et quil pourra fournir de longues et fructueuses années dapostolat.

    La Haute-Région souvre peu à peu, et les communications deviennent de plus en plus faciles. La région de Nghĩa-Lô, où travaillent depuis longtemps les Pères Tissot et Cornille, se voit dotée de la poste rurale, comme les autres centres de la Mission. La route de Tuyên-Quang à Ha-Giang, 180 kilomètres, saméliore de plus en plus. Cette année, le P. Gautier, qui visite les chrétiens de la région de Ha-Giang, a pu sy rendre en automobile. Du côté de Lao-Kay, souvre la route de Lái-châu, qui facilitera la jonction entre le Fleuve-Rouge et la Rivière-Noire et nous permettra de mieux connaître cette partie de la Mission.

    La retraite de nos catéchistes est prêchée, pour la première fois, par un de nos prêtres annamites. Puissent ses instructions les aider à persévérer et à remplir leur tâche avec zèle et ferveur !
    13 décembre.

    Phatdiem

    Lan dernier, en novembre, les catéchistes annamites, qui nous aident à évangéliser le Haut Chau-Laos, firent une retraite à Muong Xia. Cette année, le 3 novembre, le même bienfait fut accordé à ceux du Bas Chau-Laos. Les exercices eurent lieu à Mg Mot, chez le P. Bruyère ; treize catéchistes y prirent part.

    Le P. Lehmann, directeur spirituel au probatorium de Ba lang, nous avait promis de venir prêcher cette retraite. il fut fidèle à sa promesse, et, dès le 30 octobre, il arrivait à Mg Mot, encore tout guilleret, malgré ses deux journées à cheval sur les mauvais sentiers qui relient Bai Thuong à Mg Mot.

    Les exercices furent fidèlement suivis ; nos catéchistes y puisèrent un renouveau de ferveur. Mais le mauvais état de santé du P. Bruyère assombrit un peu les joies de cette réunion. Ce Père était déjà très fatigué depuis longtemps. Le 1er novembre, soudain le mal saggrava, à tel point que ses confrères voisins, le P. Mironneau, de Mg Xoi et les trois Pères annamites, vicaires dans le district de Mg Mot, sempressèrent daccourir près de lui. Après la retraite, le P. Bruyère, sentant que son état ne saméliorait pas, se fit, le 10 novembre, transporter en filet dans la plaine. Le P. Lehmann laccompagna jusquà Thanh-Hoá. Puisse ce cher malade nous revenir bientôt en excellente santé !

    Au mois de juin 1927, dans le Chau-Laos, nous comptions 3884 chrétiens et 1697 catéchumènes. Les principaux districts sont : Muong-Xoi, Père Mironneau, 775 chrétiens et 354 catéchumènes ; Muong-Deng, P. Ninh, 748 chrétiens ; Muong-Nhan, Père Tráng, 581 chrétiens et 86 catéchumènes ; Muong Mot, P. Bruyère, 464 chrétiens et 347 catéchumènes ; Muong Xia, Khièt, Naham, P. Canilhac, 1087 chrétiens et 309 catéchumènes.

    Mg Mot, Mg Nham, Mg Deng, Mg Xia sont presque entièrement chrétiens ou catéchumènes. Mg Khiêt est en bonne voie darriver à ce résultat. Mg Chu et Mg Khao donnent de beaux espoirs, mais le nombre des payens dans ces deux districts est encore considérable. Mg Xôi, qui comprend la province laotienne des Hua phan (Sam-Nua), 40.000 habitants environ, Tay, Meo, Xa, ne compte que 1129 adorateurs du vrai Dieu.

    Le grand obstacle à la conversion des Tay et Laotiens, au Chau-laos, est le manque de catéchistes. Pour ces 5.500 adorateurs, dispersés dans près de 150 hameaux, souvent très éloignés les uns des autres, il ny a que 27 catéchistes annamites. Notre espoir pour lavenir repose dans lécole franco-tay, ouverte par le P. Rey à Huu-le. Quelques-uns de ces jeunes Tay, sortis de cette école depuis peu, donnent les prémices de leur zèle à leurs propres villages ; ces débuts satisfaisants sont un encouragement.

    Un mot aussi au point de vue matériel. Le P. Mironneau a commencé, à Mg Xoi, la construction dune église et dune maison. La maison de Mg Xia, qui fut brûlée lan dernier, sera aussi bientôt reconstruite. Enfin, à Hồi Xuân, au débouché des sentiers du Haut Chau-Laos, sélève une maison en briques, qui servira de pied-à-terre et de lieu de réunion aux confrères de léglise Chau-Tay.

    24 novembre.

    Quinhon

    Monseigneur est rentré de Dalat à Lang-sông le 24 novembre.
    Du 11 au 27 novembre, le P. Ferrières, notre nouveau représentant à Paris, a parcouru toute notre Mission, y compris la partie de Kontum, qui est maintenant dun abord tout à fait facile.

    Le P. Maheu, qui est allé passer sa convalescence en Cochinchine, est attendu ici le 4 décembre.
    Les comptes religieux du dernier exercice nous donnent une population catholique de 69.387 âmes dont 17.038 pour la partie de Kontum.

    Baptêmes dadultes 1.405
    denfants de païens in art. mortis 1.399
    de chrétiens 2.592
    Confessions 370.417
    Communions 721.480
    Saints Viatiques 1.092
    Extrêmes Onctions 1.682
    Mariages 989
    Confirmations 1.407


    Hué

    Comme de coutume, la fête des Morts et celle de la Victoire ont été religieusement célébrées dans léglise de la paroisse française de Hué. Les autorités françaises et annamites y ont assisté.

    Le 21 novembre, une Française de Hué, sur Marguerite du Sacré-Cur, a prononcé ses vux perpétuels au Carmel de Hué, et, le 1er décembre, elle prenait le voile noir au jour octaval de la fête de son Bienheureux Père saint Jean de la Croix. Ce même jour, à loccasion du bicentenaire de la canonisation de lillustre Réformateur des Carmes et de sa récente élévation aux honneurs de Docteur de lEglise, la petite chapelle de nos Carmélites fut remplie de fidèles français et annamites soit pour la messe solennelle, qui fut chantée par le Père Darbon, soit pour le panégyrique du Saint et le salut du Saint-Sacrement, qui furent donnés lun par le Père Lemasle, lautre par le Père Ferrières, notre nouveau représentant au Conseil Central de la Société.

    Arrivé à Hué le 28 novembre, après avoir visité la Mission de Qui-Nhơn (région annamite et sauvage), le Père Ferrières a passé huit jours à la capitale et aux environs. Son voyage dans la Mission de Hué doit se terminer par une visite au petit séminaire dAn-Ninh et au monastère de Notre-Dame de Phươc-Sơn.

    On vient dapprendre que le P. Thúc, prêtre de la Mission de Hué, ancien élève du collège de la Propagande et du Séminaire Français à Rome, sest présenté, à Clermont-Ferrand, au baccalauréat de lenseignement secondaire classique (1ère partie), et a été reçu. Actuellement, à lInstitut Catholique de Paris (Séminaire des Carmes), il prépare la seconde partie de ce baccalauréat, quil espère pouvoir passer à la prochaine session.


    Bangkok.

    Durant la retraite annuelle des Missionnaires, qui eut lieu du 14 au 19 novembre, Monsieur le Comte de Sercey, Chargé dAffaires de France, voulut recevoir à la Légation tous les retraitants et sentretenir aimablement avec chacun. Assisté du personnel de la Légation, il porta la santé de la Mission Catholique. Monseigneur Perros répondit au nom de tous par quelques paroles heureuses, en souhaitant que cette réunion devienne de tradition chaque année.

    Signalons dun mot larrivée à Bangkok dun Eléphant blanc, offert à Sa Majesté le Roi. De grandes fêtes eurent lieu dans la capitale à cette occasion.

    Il nous est plus agréable dannoncer le retour au Siam des Pères Chanelière et Perroy, retenus en France par la maladie durant une assez longue période. Ces deux confrères ont débarqué le jeudi 17 novembre à midi, juste à temps pour recevoir les félicitations de tous les missionnaires, réunis à loccasion de la retraite. Le Père Chanelière a été nommé à lEglise du Rosaire à Bangkok et il sera laumônier des Religieuses Ursulines ; le Père Perroy a regagné son ancien poste Pachim-Kokvat.

    Le lundi 21 novembre, cinq Religieuses Ursulines sont arrivées à Bangkok. Elles furent reçues par leur Révérende Mère Prieure Marie Bernard. Toutes viennent se dévouer à luvre de léducation des Siamoises ; nous leur souhaitons plein succès.


    Malacca

    Le dimanche 20 novembre, les Frères des Ecoles Chrétiennes de Pinang fêtaient la Béatification dun des leurs, martyrisé aux Carmes le 2 septembre 1792, et le 75me anniversaire de louverture de leur Etablissement en 1852. Cétait leur première fondation en Malaisie.

    Le Père H. Duvelle, de Johore, fatigué, est allé rejoindre son frère Louis à Dalat. Il souffrait du foie. Espérons que deux mois de repos là-haut vont lui remettre le foie en ordre et que nous le verrons bientôt rentrer guéri dans la capitale du Sultan Ibrahim, tandis que son aîné réintégrera sa cure de Bukit Nanas, à Kuala Lumpor.


    Birmanie Méridionale

    Le Père Charles Maisonabe nous est arrivé en excellente santé. Il a été chargé du poste de Theinzeik. Le Père Casseaux, qui y apprenait le Birman, a été rappelé et est vicaire à la Cathédrale, tandis que le Père Bassinger, vicaire à la Cathédrale, succède, à Maubin, à notre si regretté P. Chagnot.

    Nous avons eu le plaisir de souhaiter la bienvenue à un nouveau confrère, le Père Chevalier. Il apprend langlais. Presque en même temps, les Surs de Saint Joseph recevaient un renfort de trois jeunes Surs, et nous nous disions : quand nous sera-t-il donné, à nous aussi, de souhaiter la bienvenue à trois nouveaux confrères à la fois !

    Le 30 octobre, notre cher Père Provicaire, le P. Saint-Guily, nous rappelait quil fêtait le 40e anniversaire de son premier sermon. Cest un jubilé comme un autre, mais bien peu peuvent le fêter. Au 50e anniversaire maintenant !

    Notre retraite a eu lieu dans le courant de novembre. Plusieurs confrères nont pas pu y prendre part ; même notre cher et vénéré-doyen, le P. de Chirac, que tous attendaient, na pas pu venir ! Dautres sont malades. Le P. Granger est à lhôpital, où il soigne une dysenterie-diarrhée, qui a, jusquà présent, résisté à tous les traitements. Le. P. Maye souffre, lui aussi, de diarrhée depuis plus de trois mois. Un de nos benjamins, le P. Lescure, a des plaies aux jambes, qui font craindre un empoisonnement du sang. Enfin, nous devons mentionner aussi le P. Provost, à qui on a du arracher toutes les dents. Labsence de tant de confrères a jeté comme un voile de tristesse sur notre réunion. Aussi, est-ce de tout cur que nous souhaitons à tous prompte guérison et parfaite santé pour lavenir !

    Nous avons le bonheur de posséder en ce moment le Père Mariette, vicaire général de Singapore et le Père Ruaudel, curé de la Cathédrale, venus tous les deux pour la bénédiction de léglise chinoise. Cest un grand bonheur de les voir parmi nous, car nous ne pouvons oublier que notre Mission est la fille de la Mission de Malacca, qui nous a donné notre premier Evêque, Mgr Bigandet, et nos pionniers-missionnaires. En ce moment, ils visitent le pays ; maintes aventures émaillent cette visite. Pour la même occasion nous avons eu aussi lhonneur de recevoir Mgr Sagrada, vicaire apostolique de Toungoo et son Provicaire le P. Resinelli. De Mandalay sont venus le Père Hervy, Provicaire, et le P. L. Allard.


    Birmanie Septentrionale

    Nos rangs séclaircissent, et rapidement. A notre retraite de novembre dernier, sept confrères manquaient à lappel. Deux refont leur santé au pays natal, les cinq autres étaient retenus chez eux par lâge ou par la maladie. Pour maintenir, en attendant du renfort de Paris, nos positions sérieusement menacées par le manque douvriers, le P. Louis Allard va, à Bhamo, remplacer le P. Pâquet qui, lui, monte chez les Kachin prêter main-forte au P. Gilhodes, laissé seul par la maladie des PP. Juéry et Fr. Collard. Cest le jeune P. Joseph qui prend charge des deux postes importants de Chaungu et de Monywa.

    Les PP. Mariette et Ruaudel, de la Mission de Malacca, sont venus, vers la fin de notre retraite, nous faire une gracieuse visite. Une pluie extraordinaire de trois jours et de trois nuits les a malheureusement empêchés de jouir de leur petit voyage. Nous lavons vivement regretté pour eux et pour nous, qui aurions été si heureux de leur faire admirer les beautés du pays des rives de lIrrawaddy...

    22 novembre

    Mysore

    Nous voyons revenir peu à peu ceux des nôtres qui, pour des raisons diverses, avaient obtenu un congé en France. Après le P. Pointet, dont nous annoncions le retour le mois dernier, voici maintenant le P. Koehl. Plein dentrain, il na séjourné à Bangalore que trois jours ou quatre, et, sans plus tarder, a rejoint son ancien poste dans les Ghattes.

    26 novembre

    Kumbakônam

    A Madras, le 4 novembre, en pleine séance du Corps Législatif, deux députés, un musulman et un hindou, viennent de poser deux questions. De ces questions, lune concerne lemploi de nos Surs Catéchistes dans les hôpitaux ; lautre a pour but de provoquer, de la part du Gouvernement, une explication sur le rôle joué par les missionnaires en général dans la surveillance et la direction des léproseries.

    Dans les réponses données par M. Arrokyasamy Moodaliar, chargé du Ministère de la santé, et lui-même excellent catholique, il est facile de se rendre compte en quelle estime le Gouvernement actuel de la Présidence tient les dévouées Filles de St François de Sales.

    La première question, celle qui les concerne dune manière directe, fut posée dans les circonstances suivantes. Il y a environ dix-huit mois, dans lun des grands hôpitaux de Madras, celui de Royapuram, le médecin-chef, se rendant compte des désordres qui régnaient dans son service, des détournements auxquels se livrait le personnel indigène et païen quil avait sous ses ordres, fit appel au dévoûment des Surs Catéchistes de la Mission de Kumbakonam. Quatre Surs furent envoyées, qui furent chargées de la surveillance du personnel. Environ un an plus tard, sur la demande du même médecin-chef, deux autres Surs allaient prendre la direction de cette partie de lhôpital destinée aux incurables. La présence des Surs Catéchistes fit naturellement cesser bien des abus. Mais, si les malades se trouvèrent bien du nouveau régime, les profiteurs se montrèrent très mécontents dun changement qui les empêchait de réaliser leurs petits bénéfices.

    Un député (même dans lInde on trouve ce produit de la civilisation moderne), un député, dis-je, se fit le porte-parole des pauvres opprimés. Cet honorable est un turc des plus authentiques. Il se nomme Abdul-Hameed Khan.

    Donc, le 4 novembre, notre homme interpelle le Ministre chargé du service de santé. Entre eux sengage le dialogue suivant :

    Demande : Le Ministre, préposé au service de santé, voudrait-il bien me faire connaître le nombre des Religieuses installées par le Gouvernement à lhôpital de Royapuram, à Madras ?

    Rép. : Le Gouvernement a sanctionné lemploi de six Religieuses dans ledit hôpital ; quatre ont pour mission de surveiller les cuisines et la lingerie, les deux autres sont préposées à la direction du Ward, dans lequel sont reçus les incurables.
    Dem. : Le Gouvernement ne voit-il pas dans ces Religieuses une certaine classe de missionnaires ?
    Rép. : Non, pas le moins du monde.
    Dem. : Le Gouvernement ne pourrait-il pas employer comme nurses des personnes autres que des Religieuses ?
    Rép.: Le Gouvernement considère que les Religieuses en question sont, plus que les personnes du monde, aptes à remplir les fonctions de nurses.

    Lhonorable député ninsiste pas. Il est assis....
    Dans la même séance une autre interpellation avait lieu, dont lauteur était un hindou, le Dr S. Mallya. Il sagissait, cette fois, du traitement des lépreux. Dans une léproserie très importante, située non loin de Madras, à Chinglepet, des troubles venaient de se produire, dont lhonorable député prenait prétexte pour sadresser au Ministre chargé du service de santé. La léproserie de Chinglepet comprend environ 500 lépreux. Elle est placée sous la direction dun missionnaire protestant, le Rév. Vilson.

    Dans sa réponse à lhonorable interpellateur, Arrockyasami Moodaliar résume ainsi les incidents, qui viennent de se produire dans cet établissement.

    Le nombre des lépreux, qui se sont mis en grève à Chinglepet, se trouve dans les proportions de 20 % des hospitalisés : le nombre de ceux qui ont quitté létablissement est de 103. Comme raison de leur conduite, ils allèguent le changement quon vient dintroduire dans leur nourriture. Avant lintroduction de ce changement, les lépreux recevaient individuellement une quantité de riz déterminée. Cette quantité se trouvait très supérieure à ce qui était nécessaire, aussi les malades réalisaient certains bénéfices par la vente du surplus de leur riz, vente quils faisaient dans le voisinage, risquant ainsi dy porter les germes de leur maladie. Le bénéfice que les lépreux réalisaient par ce commerce, ils lemployaient à acheter des liqueurs enivrantes. Pour ces motifs a été introduit le changement, dont se plaignent ces mêmes lépreux.

    Suivent des questions et des réponses sur les motifs qui ont déterminé le Gouvernement à mettre un ministre protestant à la tête de cette léproserie, sur les qualifications que peut posséder un Révérend pour administrer un pareil établissement, etc., etc..

    Arrockyasamy répond de son mieux. Il se tire daffaire comme il peut. Deux fois il garde même le silence. Ce quil ne dit pas, cest que sa confiance dans le Révérend Vilson négale pas celle quil a dans les Religieuses Catholiques. En effet, alors que le Ministre donnait à la Chambre des explications en somme assez embrouillées, il venait de faire appel au dévoûment des Surs Catéchistes, à Kumbakonam.

    Quelques jours auparavant, un télégramme avait été expédié à celle dentre elles qui est en charge de la léproserie de Kumbakonam. Ce télégramme était ainsi libellé : Veuillez par télégramme faire connaître si vous avez dans votre LepersAsylum de la place pour recevoir de nouveaux lépreux, et, dans le cas dune réponse affirmative, le nombre de malades que vous pourriez admettre.

    Laffaire en est là. Les grévistes de la faim ont cessé leur jeûne ; les 103, qui ont pris la clef des champs, se promènent par petits groupes dans le sud de lInde. Cest le temps de la moisson, ils ne risquent pas de manquer de riz. Mais la réponse donnée par le Ministre au sujet de lhôpital de Royapuram et le télégramme cité plus haut montrent bien lun et lautre quelle est, à légard de nos Surs Catéchistes, lattitude du Gouvernement de Madras, quand il sagit du soin des malades.


    Séminaire de Paris

    M. Tessier, directeur à Penang, a été rappelé en France pour être professeur au Séminaire de Bel-Air ; M. Henri Michel, professeur à Bel-Air, est allé le remplacer à notre Collège Général de Penang.

    Le Séminaire de Paris a le plaisir de donner ce mois-ci lhospitalité à Mgr Moucheron, directeur national de luvre de lUnion du Clergé pour les Missions.

    M. le Chanoine Balthazar, professeur de Métaphysique à lUniversité de Louvain, de passage à Paris, est descendu au séminaire des M.-E., dont il est grand ami ; le 16 octobre, il a fait aux aspirants une lecture spirituelle, qui fut grandement appréciée.

    Le 18, six religieuses Ursulines, en partance pour lExtrême-Orient et destinées, une à Swatow, cinq à Bangkok, venaient faire visite au Séminaire de la rue du Bac. Leur Prieure Générale, qui réside habituellement à Rome, avait rendu visite, peu de jours auparavant, à Mgr le Supérieur.

    Le 20 octobre, Mgr le Supérieur présidait, Impasse Reille, au départ très solennel de 42 religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie pour les Missions. Dix-huit, dont cinq chinoises, étaient destinées à la Chine.

    Le 22 octobre, le Séminaire réunissait à sa table avec MM. Szymbor et Jakubisiak, de la Mission polonaise, S. G. Mgr Radonski, évêque auxiliaire de Poznan et son secrétaire, venus en France-pour une tournée dans les colonies polonaises du Nord de la France et de la région lyonnaise. Avaient bien voulu prendre part au même déjeuner Mgr Darand, Vic. Apost. de lArchipel des Navigateurs, qui avait assisté au Congrès de Poznan, le P. Plazenet S. M., et M. le Chanoine Germain, directeur général de luvre Apostolique.

    Le dimanche 23 octobre, Mgr le Supérieur, après une nuit en wagon, retrouvait à lévêché de St Flour Mgr Boucher, Directeur de luvre de la Propagation de la Foi et M. Montagu, arrivés 24 heures plus tôt. Cétait journée de Missions à St Flour. A toutes les messes il fut parlé des Missions. Mgr le Supérieur officia à la Gd Messe et Mgr Lecoeur aux Vêpres solennelles à la Cathédrale. Mgr de Guébriant put faire une visite au Grand Séminaire et aux Visitandines. Aux Vêpres, où il parla de la Prop. de la Foi, lassistance était exceptionnellement nombreuse.

    Le 27, arrivaient à Rome Mgr Chambon, venant de Paris et Mgr de Guébriant, venant de St Flour par Marseille. Le lendemain, tous deux assistaient au sacre de Mgr Valéri par le cardinal Sbaretti, et ils recevaient dans la soirée leur biglietto daudience du St Père pour samedi à 11 heures. Ils sétaient rencontrés à St Pierre avec Mgr Hayasaka pour une répétition de la cérémonie du sacre.

    Après cette imposante cérémonie par le St Père, assisté de NN. SS. de Guébriant et Chambon, le 30 octobre, à St Pierre de Rome, lEvêque élu et ses deux parrains ont été reçus par les Cardinaux Merry del Val et Van Rossum à la Sacristie de St Pierre, où une collation leur a été servie.

    Le 31, le nouvel évêque prit part à un déjeuner offert à lAmbassade de France, où étaient présents le cardinal Gasparri, Mgr Borgongini, et dautres notabilités de la société romaine.

    Le surlendemain, 2 novembre, en lhonneur de notre évêque japonais, une brillante réception, fort bien organisée par le P. Bouffanais, aidé de nos sept aspirants romains et très obligeamment secondé par ces MM. de la Procure de St Sulpice, réunissait à la Procure des M.-E. plusieurs cardinaux, parmi lesquels LL. EE. Gasparri et Van Rossum, plusieurs Généraux dOrdres, entre autres le T. R. P. Ledochowski, Général de la S. J., lAbbé Général des Cisterciens, le Supérieur Général des Barnabites, etc., les Ambassadeurs de France, de Belgique et de Pologne, de nombreux évêques et prélats, dont Mgr de Beaujour, Mgr dHerbigny, NN. SS. Borgongini-Duca et Pizzardo, etc. etc.. Bonne et franche manifestation de sympathie envers les M.-E., la Société, sa Procure à Rome et son Procureur si estimé de tous, le P. Garnier,

    Le séjour de Mgr le Supérieur à Rome sest prolongé jusquau 6 courant : des visites à la Propagande, réception par le Pape à la Salle du Trône des Supérieurs et Procureurs dInstituts missionnaires, une académie polyglotte au Séminaire de la Propagande en lhonneur de Mgr Hayasaka, un déjeuner à lAmbassade de France, une conférence aux 200 élèves du Séminaire Français, une visite au Musée Missionnaire du Latran, etc. etc..

    Mgr Chambon a quitté Paris samedi, 12 novembre, et sest embarqué le même jour à Cherbourg vers 5 h. p. m. La veille, un dîner dadieu, offert par M. Kawaii, 1er Secrétaire dAmbassade du Japon, avait réuni autour de S. G., quaccompagnaient Mgr de Guébriant et le P. Chabagno, plusieurs Japonais du personnel de lAmbassade. Mgr Chambon prendra le 10 décembre à Vancouver un bateau qui lamènera à Yokohama avant Noël.

    Mgr le Supérieur, rentré de Rome le 8 courant, a fait le jour même les appels pour lordination du 17 décembre. Il y aura 4 prêtres, 20 diacres (dont 2 à Rome), 3 sous-diacres, 24 minorés (dont 2 à Rome) et onze tonsurés, dont 8 de Bièvres.

    Mgr Hayasaka est attendu à Paris avec le P. Montagu jeudi 17 et repartira le 19 avec Mgr le Supérieur pour une journée missionnaire à Vannes. Son séjour à Paris ne commencera que le jeudi suivant.
    A été admis comme aspirant M. Louis Delacroix, du diocèse de Besançon.

    15 novembre

    1928/45-64
    45-64
    Anonyme
    France et Asie
    1928
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