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Chronique des Missions et des Etablissements communs 5

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô La cloche de l’église du Sacré-Cœur, à Yokohama, a été retirée indemne des décombres sous lesquelles l’avait ensevelie le cataclysme du 1re septembre 1923. Un modeste clocher a été élevé pour la recevoir, et sa voix sonore s’est fait entendre, après un silence de 20 mois, pour annoncer les fêtes pascales.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
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    Tôkyô

    La cloche de l’église du Sacré-Cœur, à Yokohama, a été retirée indemne des décombres sous lesquelles l’avait ensevelie le cataclysme du 1re septembre 1923. Un modeste clocher a été élevé pour la recevoir, et sa voix sonore s’est fait entendre, après un silence de 20 mois, pour annoncer les fêtes pascales.

    Le P. Demangelle, qui était chargé du district de Kamakura, Yokosuka et Odawara, et dont la santé laisse à désirer depuis assez longtemps, revient à Sekiguchi, dont il dirigea l’orphelinat jadis pour s’y reposer et y rendre les services compatibles avec son état de santé.

    Le P. Totsuka, ancien lauréat de l’Université de médecine de Tôkyô, dont nous avons annoncé le retour dernièrement, a obtenu de Mgr l’Archevêque l’autorisation de diriger un hôpital de charité à Tôkyô. Provisoirement, il utilise l’hôpital que dirigeait jusqu’à présent son père à Shinagawa et que celui-ci a remis entre ses mains. Il s’occupe d’y faire quelques agrandissements et de poser les assises de “l’Œuvre du bon Samaritain”, qu’il a l’intention de développer avec un personnel de religieuses infirmières, etc.

    Les deux Chambres de la Diète japonaise ont, dans leurs séances extraordinaires du dimanche 29 mars, octroyé au Japon le suffrage universel, qui avait été l’objet d’orageux débats au cours de ces dernières années.

    En vertu de cette loi, 250.000 bonzes, appartenant à 58 branches différentes de sectes bouddhiques et desservant 75.000 temples, vont jouir des droits électoraux, grâce auxquels ils espèrent exercer désormais une influence sérieuse dans la vie politique du pays.

    Cette année, un tiers seulement des gradués de l’Université ont pu trouver des places, leurs études terminées, ce qui dénote le marasme dans toutes les branches, particulièrement dans le commerce et l’industrie.

    Nagasaki

    Un de nos bons prêtres japonais, le P. Charles Iwanaga, est décédé le 28 mars, après quelques jours de souffrances courageusement supportées. La messe des funérailles a été célébrée par le P. Heuzet, dans la belle église d’Urakami : plus de mille chrétiens y assistaient. Mgr Combaz donna l’absoute.

    Dans les premiers jours de mars, un Père Visiteur Salésien est venu prendre connaissance de la région qui va être confiée aux soins de sa Congrégation. La nouvelle Mission, prise sur le diocèse de Nagasaki, comprendra les deux départements d’Oita et de Miyazaki. Bien que prévenu, le R. Père a été désagréablement étonné du prix de toutes choses, denrées et main-d’œuvre, au Japon ; sans compter que, au change actuel, le yen équivaut à plus de dix lires.

    Le T. R. Père Deguise, Provincial des Franciscains du Canada, vient de passer près de trois mois au Japon, visitant les maisons de son Ordre et prenant contact avec les choses et les gens du pays. Avant de repartir, il a tenu à passer les fêtes de Pâques à Nagasaki, près de la montagne des Martyrs, où nombre de ses frères versèrent jadis leur sang pour la Foi.

    Seoul

    Le P. Devise a subi, à Shanghai, une longue et délicate opération qui heureusement a réussi aussi bien que possible. Notre confrère a pu déjà quitter l’hôpital et recevoir l’hospitalité de la Procure. Il nous reviendra bientôt avec une santé à la hauteur de son zèle apostolique.

    Après un long séjour en France et un stage de quelque mois au Collège de Penang, le P. Bodin annonce qu’il peut rentrer en Corée et qu’il espère être à Seoul vers le mois de juillet.

    Le P. Duffy, de Maryknoll, est arrivé à Seoul le 3 avril. Il s’est installé à l’Ecole Commerciale, où il doit donner le cours d’anglais aux classes supérieures.

    Le Baron Saitô, Gouverneur général de Corée, est élevé au rang de Vicomte.

    Taikou

    Avant son départ pour l’Europe, le 7 mars, Mgr Demange a ordonné dix diacres et un sous-diacre.

    Les sociétés pour l’irrigation des rizières se développent de plus en plus : on en compte actuellement 73.

    Tchongking

    Smus Dñus Pius divina Providentia PP. XI decretis S. Congregationis Consistorialis, has quœ sequuntur Ecclesias de proprio singulas Pastore providit, nimirum :
    …………………………………………………………………………………………………..

    Titulari episcopali Ecclesiœ TREMITHUNTINÆ, R. P. Aloysium Gabrielem Xaverium JANTZEN, e Seminario Parisiensi Missionum ad exteros, deputatum Vicarium Apostolicum de CHUNGKING.
    (Acta Apostolicæ Sedis, 2 Martii 1925).

    (Tremithus ou Trimithus, auj. Trimithousia, est dans l’île de Chypre, district de Chrysokho. L’évêché était autrefois suffragant de l’archevêché de Salamine, dans la même île).

    Au nouveau Pasteur nos vœux respectueux de long et fructueux épiscopat !

    Notre école catholique de filles, l’Ecole Sainte-Thérèse, sise à Kieou-kouai-kiao, a été enregistrée et reconnue par le gouvernement. Les inspecteurs, lors de leur visite à cet établissement, n’ont pas ménagé leurs éloges aux Religieuses et aux élèves. Puisse la prospérité de cette institution aller croissant de jour en jour pour la gloire de l’Eglise !

    Le P. Aymard s’est rendu à Tchongking à la fin de mars ; il est pour quelque temps à l’hôpital catholique pour y refaire ses forces.

    Depuis plusieurs mois les étudiants de Tchongking mènent une forte campagne antichrétienne par articles de journaux, affiches, meetings, etc. Ils profèrent contre notre sainte religion, nos saints mystères, les plus affreux blasphèmes et contre nous les plus grossières injures, et, pour conclure : “Tous les prédicateurs de la religion à la porte ! Ou au moins, qu’on n’en laisse plus entrer en Chine !... Ce sont des mendiants, qui viennent s’enrichir à nos dépens. Plus d’hôpitaux ; ils en établissent pour tromper le peuple et se couvrir du prétexte d’humanité. Il faut que tous leurs biens soient confisqués. Plus de collèges tenus par des religieux ; ils faussent le mentalité chinoise ; il ne faut donc pas aller étudier chez eux, et, par tous les moyens, en faire sortir les égarés ! ” D’où active propagande dans tous les établissements scolaires catholiques ou protestants.

    Notre collège St-Paul, probablement de ce fait, a vu le nombre de ses élèves diminuer d’une dizaine. L’école primaire de Tchongking a eu grand’peine à recruter une trentaine d’élèves. Par contre, au pensionnat des filles, le nombre des étudiantes a dépassé la centaine, contre 70 l’an dernier.

    Cette campagne antichrétienne, d’abord menée à Tchongking, finit par s’étendre aux villes de l’intérieur. Ce n’est guère rassurant pour l’avenir, car les autorités laissent faire, si même elles n’encouragent les manifestants.

    Suifu

    La guerre est de nouveau à nos portes. Le gouverneur de Tchengtou, le fameux constructeur de rues et de routes dont a parlé le Bulletin, s’avance avec une armée vers Suifu. Nos soldats de la 9e division sont partis au devant de l’envahisseur. On creuse des tranchées sur les collines autour de la ville. De quel côté tournera le vent de la victoire ? Nous le saurons sous peu ; mais le peuple de Suifu, qui n’avait pas à se plaindre de l’administration du général Lieou, commandant de la 9e division, fait des vœux pour qu’il soit victorieux.

    Mgr Renault, malgré le va-et-vient des troupes, a fait une tournée de confirmation dans le district montagneux de Houen-kiang, sur la frontière du Yunnan. De retour à Suifu le 9 mars, il est reparti, après quelques jours de repos, pour les districts des “six sous-préfectures du sud.”

    Une innovation : 40 pousse-pousse ont fait leur apparition dans les rues de Suifu le 18 janvier dernier ; ils ont été inaugurés par les autorités civiles et militaires de la ville, sur l’invitation de la Cie qui lance l’entreprise. Les “hommes-chevaux”, comme les a baptisés la population, sont munis chacun d’une clochette, dont le tintement a surtout pour effet, actuellement, d’attirer les badauds. Les premiers jours, la voie en était obstruée et l’on avait peine à se frayer un passage au milieu de la foule. Peu à peu cependant on s’y habitue. Les escaliers des chaussées ont été supprimés et les rues redallées. Ce travail, imposé d’office aux propriétaires voisins, a été fait vaille que vaille ; les pneus en souffrent et les voyageurs sont cahotés de belle manière. Les tireurs de pousse-pousse se font de bonnes journées, d’abord parce que “tout nouveau tout beau”, puis parce que les pousse-pousse coûtent moins cher que les chaises.

    Tatsienlou

    Les écoles de la Mission, à Tatsienlou même et à Santaokiao ont repris leurs cours : elles comptent plus de 80 élèves.

    A Kiakilong, le P. Ménard signale un mouvement de conversion assez considérable, déclenché par ses chrétiens, prédicateurs de bonne volonté.

    L’ex-commissaire des Marches thibétaines, Tchen Hialin, ne reviendra pas à Tatsienlou : il pense s’installer à Outchang, dans une vaste propriété dont il vient de faire l’acquisition au prix de 20.000 piastres. Son successeur n’est pas encore connu.

    Les Thibétains, au courant des luttes intestines de leurs voisins et de leur faiblesse, estiment venu le temps d’agrandir leurs états. Les soldats du Dergué (principauté dépendant de Lhassa), sous le prétexte de réclamer quelques familles émigrées sur le territoire de Kangtse (à la Chine), menacent de venir les chercher en armes. Le général Tchou, qui ne dispose que de 60 soldats, s’est retiré vers le sud pour ne pas s’exposer à une défaite.

    Plus loin, à la frontière sino-birmane, les mandarins thibétains de la sous-préfecture du Tsarong réclament l’impôt foncier aux Loutse, soumis au Yunnan depuis fort longtemps, et menacent de venir l’exiger manu militari. Les Loutse, qui paient l’impôt à la Chine, refusent d’obtempérer aux ordres des Thibétains. Aurons-nous la guerre à ce propos ?...

    Au Thibet indien, Benjamin Stolki, théologien de notre Mission, étudiant au grand-séminaire de Ranchi (archidiocèse de Calcutta. a été ordonné sous-diacre à la fin de l’année dernière.

    Yunnanfu

    Mgr de Gorostarzu et avec lui tous les confrères de la Mission considèrent le décès du P. Piton comme un fait dont il n’est plus permis de douter. Depuis de longs mois il est impossible d’obtenir une preuve certaine de son existence, tandis que partout on parle de sa mort, dont on donne même les circonstances, bien que les détails ne soient pas tous concordants. Ce qui confirme encore la version du décès, c’est l’attitude du chef des brigands. Après échange courtois de lettres entre lui et le P. Salvat, qui le connut jadis il en vint à se montrer arrogant et exigeant. On le pressait de fournir avant tout un autographe du missionnaire captif ; acculé à cette condition sine qua non, il a pris une attitude insolente et a rompu de lui-même toutes les négociations. Tout, dans notre longue enquête, oblige donc à conclure que le pauvre P. Piton n’est plus et qu’il y a lieu de demander à tous les membres de la Société de célébrer pour le repos de son âme les messes fixées par le Règlement.

    Le 16 mars, à 9 h. ½ du soir, un tremblement de terre d’une violence inouïe a presque détruit la ville de Taly et dévasté les environs ; l’incendie est venu achever l’œuvre de destruction. Nos lecteurs ont trouvé plus haut un court récit des circonstances de ce désastre. — A la nouvelle du cataclysme, une souscription ouverte parmi les Français de Yunnanfu, en vue d’apporter une aide immédiate aux missionnaires sinistrés et à leur personnel, a produit la somme de 640 piastres. Honneur et merci aux généreux bienfaiteurs !

    Du Bas-Yunnan le P. Yang écrit que les brigands parlent d’aller piller les quatre résidences de Tchonfongchan, Longki, Paeulgai et Tienpateou : espérons que leurs menaces ne se réaliseront pas. A la demande de Monseigneur, M. le Consul a prié le gouvernement provincial d’envoyer d’urgence au sous-préfet de Yentsin des instructions formelles pour la protection de ces districts.

    Dans le reste de la province on ne parle que de brigandages et d’incendies. Il faut en conclure que le gouvernement n’est plus le maître : ce sont les bandits qui font la loi.

    Le commerce est arrêté. Il est passé le temps où les longues caravanes voyageaient sans crainte jour et nuit sur les routes tranquilles du Yunnan. Passé aussi, et sans espoir de retour, le temps où un cheval pour Taly ou Tchaotong coûtait au plus 4 piastres : maintenant il faut 60 piastres pour aller de Yunnanfu à l’une ou l’autre de ces deux villes, et encore que d’ennuis chemin faisant !... Non, décidément la République n’a pas encore fait le bonheur du peuple chinois, qui, grâce à elle, paie ces temps-ci à Yunnanfu le riz de 25 à 30 piastres le teou (120 livres), le sel 20 cents la livre, etc.

    Kouiyang

    Dans le courant de février nous avons inauguré nos deux nouvelles écoles : celle des instituteurs, confiée au P. Yuen, et l’école de filles, sous la direction des Sœurs Canadiennes, aidées des vierges chinoises. L’Ecole Normale de garçons ne compte encore que quelques élèves de la campagne, envoyés par les missionnaires, qui prennent à leur charge la moitié de la pension. On engage bien les parents à fournir au moins les vêtements et les livres classiques mais rares sont ceux qui contribuent, même en si minime proportion, à l’entretien de leurs enfants.

    L’école de filles s’est ouverte avec une quinzaine d’élèves, dont 2 ou 3 païennes. Ce n’est encore qu’une école primaire, mais dans la suite on établira des cours plus élevés, comme dans les écoles du gouvernement.

    La situation politique dans la province est un peu meilleure mais nous ne sommes pas encore débarrassés des brigands, bien qu’on commence sérieusement à leur faire la chasse. On a recours parfois à des procédés plutôt... singuliers. Une bande de pirate ravageait depuis longtemps la région de Pinfa et de Paikin. Se voyant menacés d’être attaqués, ils demandèrent à être enrôlés dans l’armée régulière. Le colonel Ouang, à qui ils s’adressèrent acquiesça à leur demande, les prit sous sa bannière et les conduisit à Touchan. Une fois dans la ville, les portes furent fermées et les nouveaux enrôlés faits prisonniers. Plus de 500 furent exécutés. Les autres, au nombre de plusieurs centaines, réussirent à s’échapper et revinrent à Pinfa, où ils recommencent leurs exploits.

    Nombre de districts de la province sont menacés de la famine et la misère est grande. Presque plus de commerce ; les importations ont cessé, ce qui fait que les denrées venues de l’extérieur : toile, pétrole, etc. atteignent des prix fantastiques. La seule exportation est celle de l’opium, et ce sont surtout les militaires qui se livrent à ce commerce.

    Lanlong

    Du 8 au 27 mars la ville de Lanlong a été quasi-dépeuplée. A part la Préfecture et le Séminaire, où les études continuaient, il ne resta en ville que les chefs et les gens âgés, le reste du peuple était à la campagne. Une armée yunnanaise passe par ici, et, sur sa route, couvertures, vêtements, animaux de basse-cour changeaient de maîtres en un clin d’œil. A chaque départ pour le Kouangsi il fallait des centaines de porteurs et, s’ils ne suffisaient pas, la chasse à l’homme s’organisait. Malheur aux vendeurs de bois ou de paille, aux porteurs d’eau, etc : aucun ne rentrait chez lui. Bientôt on ne vit plus sur le marché que des femmes. La plupart des porteurs ne reviendront pas, car les gens solides sont enrôlés de force pour combler les cadres, les autres succomberont sous le poids de leur charge ou sous les coups.

    Le dernier départ effectué, de toutes les anfractuosités de rochers on vit sortir des hommes, qui y étaient restés blottis tout ce temps ; la ville se ranime, on prépare les champs pour leur confier le maïs, et la pluie vient faciliter le travail. Malheureusement d’autres troupes yunnanaises semblent vouloir venir s’installer à Lanlong, et le peuple reste inquiet.

    La Préfecture et le Séminaire n’ont aucunement été inquiétés: puissent-ils être toujours ainsi respectés !

    Mgr Carlo vient de rentrer de sa visite apostolique : il a constaté que partout c’est la famine, et nos pauvres chrétiens vont passer triste année.

    Canton

    A Poklo le P. Frayssinet était très gêné par la présence des soldats installés chez lui. Enfermé du matin au soir dans sa chambre, il ne pouvait sortir. En dépit de ses réclamations le général maintint son droit de réquisition de tout immeuble sis en territoire chinois. La situation devenant intolérable, Mgr a écrit au Père de quitter temporairement son poste et de venir prendre un peu de repos à Canton.

    Le P. Lévêque, indisposé, fait un séjour de quelque temps au sanatorium de Béthanie.

    La Congrégation des Sœurs de l’Immaculée-Conception d’Outremont (Canada), à laquelle appartiennent nos Religieuses de Canton, vient de recevoir de Rome le Bref dit “de louange”, avec l’approbation de leurs Constitutions pour une période de 7 années. Leur fondatrice, Mère du Saint-Esprit, est nommée Supérieure Générale à vie.

    Swatow

    La guerre a été vite terminée : les troupes débandées de Tchin Kioun-min se sont retirées au Kiangsi et au Foukien, poursuivies par l’armée rouge, qui annonce déjà son intention de continuer la campagne et de pousser jusqu’à... Shanghai.

    Les pluies torrentielles qui n’ont cessé de tomber pendant tout le Carême, ont causé de grandes inondations dans toute la Mission.

    Mgr Rayssac, qui s’était arrêté à Port-Saïd pour faire le pèlerinage de Terre-Sainte, recommande ce voyage aux confrères qui passeraient par là ; peu dispendieux, ce pèlerinage, dit-il, vaut une bonne retraite.

    Pakhoi

    Mgr Gauthier, qui vient de passer quelques jours dans le district de Tsapli, confié au P. Sonnefraud, est revenu très favorablement impressionné et intéressé par ce qu’il a vu là-bas.

    Une de nos dévouées religieuses de Saint-Paul, Sœur Emilienne, se rendant à la retraite à Hongkong, a fait naufrage au cap Kami, à l’entrée du détroit de Hainan. Le vapeur qui la portait a échoué dans les environs du phare et s’est trouvé en péril. Heureusement un petit cargo chinois a pu arriver à proximité et a pris les passagers à son bord. Et c’est ainsi que la pauvre Sœur, partie pour Hongkong, a été tout heureuse d’aboutir à Haiphong, d’où elle a pu facilement s’embarquer et arriver enfin à destination.

    Quelques jours auparavant, quatre de nos confrères avaient couru un danger aussi grand, sinon plus. Nos lecteurs ont lu plus haut le récit de cette traversée vraiment mouvementée, et ils s’uniront aux actions de grâces que nous rendons à Dieu, qui imperavit ventis et mari.

    Nanning

    Depuis la fin de mars, la mission de Nanning vit dans des transes continuelles. La lutte est engagée entre les troupes yunnanaises au service du pseudo-gouvernement de Canton et leurs compatriotes du parti de Tang Kiyao, venus du Yunnan.

    La bataille, commencée le 28 mars à une cinquantaine de kilomètres au nord de Nanning, fut d’abord en faveur des Cantonais, qui firent reculer leurs adversaires, trop inférieurs en nombre, et, le 2 avril, entreprirent le siège de la ville. Peu après, retour de fortune, grâce aux nombreux canons et mitrailleuses des assiégés. Le 7, dans une sortie heureuse, ils s’emparèrent d’une centaine de prisonniers, dont plusieurs officiers, 170 fusils et une cinquantaine de pistolets automatiques. Ils avaient un espoir fondé dans une heureuse issue de la lutte, car des renforts étaient sur le point de leur arriver.

    Mais, pendant ce temps, la population civile souffrait terriblement : la ville manquait d’eau, les balles faisaient chaque jour des victimes et, les cadavres restant sur place le long des remparts, on craignait une épidémie. A l’extérieur toutes les maisons à proximité des murs de la ville avaient été incendiées pour empêcher les assiégeants de placer des mines.

    Le 12, le P. Costenoble fit des démarches pour obtenir quelques heures d’armistice afin que la Croix-Rouge pût ravitailler les affamés et enterrer les morts, mais le lendemain il n’avait pas encore obtenu de réponse décisive. Le Général, qu’il est allé voir également, lui a exprimé son intention irrévocable de ne pas se rendre, mais de combattre jusqu’à la mort du dernier de ses soldats.

    Depuis le début du siège (3 avril) jusqu’au 13, la fusillade n’a cessé ni jour ni nuit. Plusieurs obus ont été lancés sur la ville ; aucun n’a éclaté. La mission a été criblée de balles, mais personne n’a été atteint.

    Le Séminaire, situé à un kilomètre, n’a pas été endommagé, bien que tout le quartier ait été occupé pas les Yunnano-cantonais : les bâtiments ont reçu peu de balles. Les PP. Pelamourgues et Dalle sont indemnes, ainsi que leurs élèves.

    Un télégramme du 20 annonçait que, depuis la bataille du 17, les assiégeants vaincus s’étaient retirés plus bas, sur la route de Kouyhien.

    Est-ce le signe d’une victoire définitive ? C’est peu probable. Il est même à peu près certain que les combats continueront.

    Mgr Ducœur, qui se préparait à quitter Hongkong pour rentrer au Kouangsi, s’est vu ainsi obligé de prolonger son séjour à Béthanie, car le service de bateaux est interrompu entre Nanning et Outcheou.

    Hanoi

    NN. SS. les Evêques du Tonkin, sur la demande du Gouvernement local, ont fait la déclaration de toutes les écoles ayant au moins 5 élèves. Le but que se propose le Gouvernement est de réglementer l’enseignement dans la Colonie. Désormais des inspecteurs primaires iront de temps en temps visiter ces écoles pour se rendre compte de la manière dont l’enseignement y est donné par les maîtres. Quelque bien fondée que paraisse cette mesure, elle ne laisse pas de nous inquiéter comme un premier pas vers la restriction de l’enseignement privé ; car, vienne un Gouvernement mal disposé envers nous, les inspecteurs trouveront facilement des raisons de faire fermer telle ou telle école : raison d’hygiène, raison d’enseignement insuffisant, etc. — Déjà certains membres de la Commission d’enseignement avaient émis le vœu que l’on fermât purement et simplement toutes les écoles libres (voilà qui s’appelle être radical !...) ou, au moins, que l’on exigeât dès à présent que les professeurs libres aient eux-mêmes le diplôme auquel ils préparent leurs élèves. Ce vœu ne fut pas pris en considération, attendu que le Gouvernement n’a pas suffisamment d’instituteurs pour tenir toutes les écoles existantes ; mais on y reviendra sous peu et l’on exigera que les professeurs aient au moins le “Certificat d’Etudes primaires”, puis, dans quelques années, on exigera d’eux le “Brevet” élémentaire ou même supérieur.

    C’est pour parer à ces exigences officielles qu’a été fondée à Nam-Dinh l’Ecole Normale Saint Thomas, qui nous fournira des sujets pourvus des diplômes voulus. Cet établissement, sous la ferme direction du Frère Donatien, est en pleine prospérité ; il compte actuellement plus de 200 élèves, parmi lesquels les plus intelligents seront préparés au brevet. — Il ne faut pas se faire illusion : partout, dans les colonies comme en France, sous la pression des Loges, on tend à établir l’école unique, l’école laïque. Ne serait-il pas prudent de créer des “Associations catholiques de Pères de Famille” pour défendre nos libertés, si elles venaient à être attaquées ?...

    Phatdiem

    Le 12 mars, le P. Poncet, Provicaire et supérieur du grand-séminaire, souffrant depuis longtemps d’une maladie d’estomac rebelle à toute médication, nous à quittés pour aller demander au pays natal le rétablissement de sa santé. Nos vœux et nos prières l’accompagnent.

    Le P. Delmas, professeur au grand-séminaire et malade, lui aussi, est parti pour Hongkong. Il passera quelque temps au Sanatorium de Béthanie, où les bons soins et le repos lui rendront les forces nécessaires à sa lourde tâche.

    Le 28 mars, Mgr Marcou a ordonné un nouveau prêtre, ce qui porte à 115 le chiffre de notre clergé indigène. Lorsque notre Mission fut séparée du Tonkin Occidental (1901), elle comptait 54 prêtres. A cette même date, le nombre de nos catholiques était de 80.000 ; ils sont aujourd’hui 123.000.

    Un de nos confrères, qui a déjà dressé, pour l’Exposition Vaticane, la carte au cinq-cent-millième des 8 Missions du Tonkin, a entrepris le même travail pour nos Missions de Cochinchine, Cambodge et Laos. C’est une œuvre qui rendra de grands services.

    Il y a six mois que les Sœurs de N.-D. des Missions sont arrivées à Phatdiem. Elles se sont mises aussitôt à l’étude de la langue ce qui a impressionné favorablement la population. Elles viennent d’ouvrir leur école et aujourd’hui 174 fillettes y reçoivent l’instruction et l’éducation. On sera bientôt obligé de faire des agrandissements. Que n’avons-nous à Phatdiem un affluent du Pactole ? Que de bien on réaliserait !...

    Saigon

    Le Séminaire est toujours florissant : la rentrée, cette année, a été de 50 élèves, ce qui porte à 180 le nombre total. Seul le P. Econome serait tenté de penser que c’est presque trop, car il faut beaucoup de riz tous les jours....

    Mgr Bouchut, qui a bien voulu venir exprès de Phnompenh, a ordonné, le 14 mars, 3 prêtres et 4 diacres.

    Trois prêtres, c’eût été un renfort appréciable ; malheureusement nous venons de perdre successivement, à deux jours d’intervalle, un prêtre indigène et un missionnaire français, et, de plus, le P. Ackermann, après avoir vainement essayé de Dalat et de Hongkong, va rentrer en France pour y retrouver la santé.

    Le P. Guéguend est mort juste après l’achèvement de son église de Chava : au lieu d’une bénédiction solennelle, c’est un service pour le repos de son âme qu’on y a célébré le 10 mars. Et, malgré la tristesse de la cérémonie, on ne pouvait s’empêcher d’admirer le grand œuvre auquel le défunt a consacré ses dernières années, ses vastes proportions sa flèche élégante, ses riches autels. A noter une innovation pratique dans nos climats : les fenêtres sont garnies de persiennes à lamelles de verre vert, qui laissent passer l’air et la lumière, mais non les rayons du soleil.

    Il semble bien que c’est le P. Guéguend qu’avait désigné le vote des confrères pour succéder à Mgr Quinton, car un télégramme de Paris nous a invités à procéder à un second vote.

    Le 16 mars, un service solennel a été célébré à la cathédrale pour les victimes du naufrage du Haiphong, parmi lesquelles 12 Français, dont 6 Frères des Ecoles Chrétiennes. M. le Gouverneur de Cochinchine a tenu à y assister avec les principaux chefs de service.

    Le mois de mars a vu également la dernière représentation du Mystère de saint Vite en annamite. Le curé de Giadinh avait bien exercé ses paroissiens, qui ont joué deux fois par semaine pendant près de trois mois. Le produit des représentations doit servir à l’agrandissement de l’église. — Puisque nos Annamites aiment le théâtre, profitons de cet attrait en le sanctifiant.

    Hué

    Depuis longtemps déjà nos catholiques annamites attendaient avec impatience la construction d’une nouvelle église à Lavang. Ce désir va être réalisé. M. Parmentier, de l’Ecole française d’Extrême-Orient, a bien voulu faire le plan de la future “basilique”, et le P. Morineau est chargé de l’exécution des travaux, commencés depuis un mois et demi ; il espère pouvoir les terminer à temps pour le grand pèlerinage du mois d’août 1926.

    Le P. Henry de Pirey, lui aussi, se fait architecte, entrepreneur, non pour construire une église, mais pour bâtir un nouveau “castel”, qui remplacera la misérable paillote où le Vicaire forain du Quang-Binh hébergeait les prêtres de son district et les missionnaires de passage. Cette construction est d’autant plus nécessaire que, dans un avenir prochain, lorsque le rail aura définitivement relié Tourane au Tonkin et au Yunnan, plus nombreux seront les ouvriers apostoliques qui devront faire halte à Dông-Hoi.

    Au commencement du mois de mars, nos Carmélites de Phu-Xuân ont fait leur retraite annuelle de huit jours ; elle a été prêchée par le P. Mi, directeur au grand-séminaire de Hué.

    Au monastère de N.-D. d’Annam, la fête de saint Benoît a été célébrée dans la plus sainte allégresse. Ce jour-là, 3 postulants (deux de Hué et un de Hanoi) ont pris l’habit religieux, et un ce novice (de Vinh), appelé à devenir Père de chœur, a prononcé ses premiers vœux.

    Phnompenh

    Le 24 mars a eu lieu la bénédiction solennelle de la nouvelle église de Cai-Trau, construite par le P. Haloux, et en même temps l’installation du P. Girodet comme titulaire du poste. Treize prêtres étaient présents à la cérémonie, entourés d’une foule de chrétiens et de païens venus de tout le district : ce fut une belle manifestation religieuse en ce coin retiré de la brousse. Mais la joie était tempérée par le regret de voir le P. Haloux quitter ce grand district dont il est le principal fondateur. Pour lui encore s’est vérifié le vieil aphorisme : Sic vos non vobis. Quelques jours après, il prenait possession de sa nouvelle paroisse, une des quatre de Phnompenh, sur laquelle se trouve le Séminaire.

    La santé de Mgr Bouchut se maintient satisfaisante : il a pu se rendre à Saigon pour une ordination et faire ici la longue cérémonie des Saintes-Huiles, le Jeudi-Saint.

    Malacca

    Le 10 Mars, à Kuala-Lumpour, le P. Brossard célébrait ses noces d’argent au milieu de ses chrétiens chinois, entouré d’une belle couronne de confrères. NN. SS. Mérel et Perrichon, 14 missionnaires et nos 4 prêtres indigènes étaient venus dire à l’heureux jubilaire, en leur nom et au nom des confrères retenus dans leurs postes, notre affection, notre estime, et lui souhaiter encore de nombreuses années d’un ministère fructueux. En route maintenant pour le grand jubilé de 50 ans !

    Mgr Mérel qui, toujours obligeant, avait administré le poste du P. Brossard pendant sa maladie et sa convalescence, a repris le chemin d’Ipoh, où il a trouvé une église réparée et considérablement agrandie, mais bientôt encore trop étroite. Heureux malheur, auquel le zélé curé de Saint-Michel ne sera pas embarrassé pour remédier.

    Birmanie Méridionale

    Nous avons actuellement la visite de la Rde Mère Xavier, Assistante de la Supérieure Générale des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Elle passe quelques mois dans les établissements de Birmanie et se rendra ensuite en Australie. Les Sœurs de Saint-Joseph se recrutent maintenant de manière à donner beaucoup d’espérances pour le développement de leurs œuvres. Elles ont eu plusieurs professions à leur Noviciat de Moulmein en janvier dernier, et elles en auront encore en mai.

    De même, les Petites-Sœurs des Pauvres, sans faire aucune propagande, n’ayant ni écoles ni pensionnats, voient venir à elles des vocations parmi nos jeunes Cariennes. Cinq sont entrées déjà dans la Congrégation ; une a fait profession, les autres sont novice ou postulantes. Ce recrutement est vraiment admirable.

    Mgr le Coadjuteur vient d’administrer la Confirmation chez le P. Maisonabe, notre apôtre des Chins. Plus de 80 néophytes y on reçu le sacrement des forts.


    Birmanie Septentrionale

    Très affaibli par son attaque de black water fever et ne recouvrant pas ses forces, le P. Louis Allard a reçu l’ordre de faire un petit sea-trip : il est parti pour Penang et Singapore ; l’air de la mer, l’agréable compagnie et l’hospitalité bien connue de nos confrères de là-bas ne pourront que hâter sa guérison.

    Les grandes chaleurs qui, chaque année à cette époque, nous rôtissent à Mandalay, sont de retour. Tout le monde se sauve dans la montagne pour y chercher un peu de fraîcheur. Le correspondant du Bulletin fait de même.

    Coïmbatour

    Querelle des Castes.— Gandhi est infatigable. Il a entrepris maintenant le nivellement des castes en vue de paver la voie du Home rule. Ceci, au moins, est logique, mais il ne réussit guère. De tous côtés, au contraire, on voit surgir, autour de la caste, des associations et des groupements politiques, qui divisent le pays plus que jamais. Chaque groupement a ses leaders et ses représentants, ses griefs à formuler, ses droits et ses intérêts à défendre, son programme à exécuter. Rien ne manque dans ces organisations politico-casteuses, excepté quelquefois la mesure. Le summun jus devient, ici comme partout, summa injuria, et l’imagination a trop souvent des raisons que la réalité n’a pas.

    Les Adi-dravidas, plus connus autrefois sous le nom de Parias, sont les plus intéressés dans ce mouvement social et, par conséquent, les plus pressés. Encouragés, sans doute, par les faveurs dont les depressed classes sont l’objet de la part du gouvernement, ils voudraient du même coup abattre toutes les barrières sociales. Les orthodoxes de la caste, alarmés par ce modernisme audacieux, organisent la résistance et, au nom des vieilles coutumes, barrent la route aux envahisseurs en disant : “On ne passe pas !” De tous côtés éclatent des conflits, non seulement entre hautes et basses castes, mais entre les multiples subdivisions des castes inférieures elle-mêmes. C’est la lutte des classes.

    Cette poussée aveugle et intempestive des couches inférieures vers les hauteurs inaccessibles de l’égalité sociale menace de retarder d’un demi-siècle le progrès qui se faisait, lentement, mais sûrement, vers le nivellement des castes. Le temps faisait doucement les choses et polissait peu à peu les aspérités de ce régime qui, malgré ses imperfections, a cependant, comme l’a écrit l’abbé Dubois, sauvé l’Inde de la barbarie. En effet, si déplorable soit-il sous bien des rapports, ce système social n’en contient pas moins des éléments puissants d’ordre et de discipline. A moins de le remplacer par un régime social plus parfait, il serait téméraire de le renverser subitement. Tout l’organisme social de l’Inde en serait bouleversé et la porte serait ouverte au bolchevisme. D’ailleurs, sous sa forme mitigée d’aujourd’hui, le régime des castes n’est pas si intolérable que le supposent certains étrangers qui s’en font une idée exagérée.

    Seul le Christianisme, en pénétrant plus profondément dans la masse, pourra peu à peu résoudre cette importante question sociale.

    Prix d’encouragement.— Voici un prix d’encouragement pour les Missionnaires de l’Inde et pour ceux qui les aident par leurs prières et leurs aumônes. Les lignes suivantes sont extraites d’un article du R. P. Hull, S. J., dans l’Examiner de Bombay. Les lecteurs du Bulletin de la Société des M.-E. y trouveront peut-être quelque intérêt. — “Bornons-nous à l’époque la plus récente des travaux des Missionnaires dans l’Inde. Les statistiques minutieuses publiées par l’Examiner en 1921 montrent que, en 1856, on comptait seulement dans l’Inde 834.632 sujets de la Propagande, tandis qu’en 1921 les chiffres s’élevaient à 2.304.846, c’est-à-dire qu’en 65 ans la population catholique a presque triplé. En faisant largement la part de l’accroissement naturel, il résulte que, en 65 ans, il y a eu, à peu près, un million de conversions dans l’Inde, y compris la Birmanie et Ceylan. Qu’on me dise dans quel pays du monde et à quelle époque de l’Eglise les conversions ont été, dans le même laps de temps, plus nombreuses et plus rapides ! Y avait-il dans le monde entier un million de convertis 65 ans après la mort de Notre-Seigneur ?

    Je laisse de côté, en ce moment, les circonstances particulières de temps, de personnel, de moyens ; je ne parle pas non plus de la proportion entre convertis et non-convertis ; je m’en tiens au fait que les Missionnaires ont acquis à l’Eglise un million de catholiques pendant la durée moyenne de la vie d’un homme:

    En face de ce fait indéniable, il n’y a pas lieu de se laisser aller au pessimisme ni au découragement.

    Peut-on dire après cela, comme certains ont osé l’affirmer, que l’évangélisation de l’Inde est à peine commencée ? ”

    Kumbakônam

    En l’absence de Mgr Chapuis, que le mauvais état de sa santé retient en France depuis bientôt un an, le P. Sovignet, Vicaire Général et Administrateur de la Mission, a fait au N.-E. du diocèse une tournée pastorale de cinq semaines, durant laquelle il a administré plus de 3.000 confirmations. Partout les chrétiens ont fait au représentant de l’Evêque de magnifiques réceptions.

    “A part deux districts, écrit le Vicaire Général, ceux de Mikelpatty et de Palayamkottey, les chrétientés visitées possèdent une population considérable, trop considérable pour qu’un seul prêtre en puisse faire l’administration avec fruit. — Les chrétiens sont bons, mais l’instruction religieuse leur fait trop souvent défaut, et, de ce côté, un grand travail pourrait être fait, si les prêtres étaient plus nombreux.”

    “Au point de vue matériel, cette partie de la Mission est une de celle où il y a le plus à faire. Parmi les chefs-lieux, Tennour seul possède une église suffisante pour la population. Vadavikkam et Mikelpatty n’ont pas même d’église : les Pères célèbrent la Messe sous des hangars....

    Ce que j’ai le plus admiré, c’est la ferveur de quelques familles chrétiennes dispersées au milieu de grands villages païens. Ce que disait Mgr de Guébriant dans sa conférence sur les Missions de Chine (1924) peut s’appliquer à nos Missions des Indes : “C’est chose admirable que de petits groupes de chrétiens, vivant au milieu des païens, éloignés de l’église et du prêtre, n’ayant pas même une petite chapelle pour se réunir, conservent la foi, — mieux, vivent dans la ferveur.”

    Shanghai

    Le P. Souvey a quitté l’hôpital et réintégré la Procure le 10 avril. Le cher malade a retrouvé l’appétit ; les forces reviennent promptement et la convalescence sera moins longue qu’on n’avait lieu de le craindre.

    Pour alléger la tâche des Procureurs, le P. Beaudevin, jusqu’ici à Hongkong, est parti pour Shanghai, où il prêtera son concours à ses collègues trop affairés.

    Hongkong

    Le P. Gerey, rentré de France en bonne santé, ayant repris sa place à la Procure de Saigon, le P. Gauthier-Drapier a été appelé à Hongkong, où il remplace le P. Beaudevin.

    Au 1er mai, le personnel des Procures est donc ainsi réparti :
    Hongkong : les PP. Vignal, Vircondelet et Gauthier-Drapier ;
    Shanghai : les PP. Souvey, Morin, Beaudevin et Samson ;
    Singapore : le P. Ouillon ;
    Saigon : les PP. Artif et Gerey.

    Rome

    Le Saint-Père a inauguré le 19 février les pavillons du Japon et de l’Océanie, ainsi que la galerie Chiaramonti (statistiques et maquettes)... Sa Sainteté a été d’une affabilité exquise. Au japon, il a admiré le réalisme et la beauté du paysage ; les silhouettes de deux bons vieux l’ont arrêté longtemps. M. Vignaud, aspirant élève du Collège romain, lui joue un air de musique japonais Le Saint-Père se fait remettre, pour le voir de plus près, un sabre de samurai. Il se fait traduire quelques textes d’autographes adressés par des membres de la famille impériale à nos religieuses de Tôkyô et dit : “Il faut faire reproduire cette planche : c’est l’un des plus intéressantes de l’Exposition.”

    Une haute personnalité religieuse résume ainsi l’impression qui se dégage de l’Exposition Vaticane : — “L’inauguration des nouveaux pavillons de l’Océanie et du Japon a donné une nouvelle force à la constatation qui avait été faite pour l’ensemble de l’Exposition, à savoir que les Congrégations françaises de missionnaires ont fourni un effort merveilleux, qui n’a été égalé par aucun autre pays.”

    Au milieu de mars, la Congrégation des Rites préparait la réunion relative à nos Martyrs de Corée. L’imprimeur avait reçu le texte de la “Position” à reproduire et le travail devait être terminé la semaine suivante.

    Dormans

    Vers le milieu du mois de février, Mgr le Supérieur est venu passer deux jours à Dormans.

    Deux novices-frères ont fait, à la fin du Carême, leurs premières promesses.

    Puisse le zèle de nos confrères présents en France découvrir et orienter des vocations qui augmenteront l’effectif de la petite communauté de Dormans !

    Séminaire de Paris

    La semaine qui a suivi les examens a été agrémentée d’une promenade supplémentaire à Meudon, accordée par Mgr Chaptal en décembre dernier.

    De Bièvres trois aspirants, ayant terminé leur théologie fondamentale, ont passé à Paris.

    Les trois partants de Pâques sont allés faire leurs adieux à leur famille. Le départ de Marseille est fixé au 23 avril.

    Le 22 février, Mgr Grumel, évêque de Saint-Jean de Maurienne, a été l’hôte du Séminaire, dont il est un ami fidèle. Nous avons reçu aussi Mgr Gonne, Recteur du Collège Saint-Bède à Manchester et le P. Hall, Directeur de la Sainte-Enfance en Angleterre, tous deux en route pour Rome.

    Le Compte-rendu de 1924 est à l’impression. Malheureusement les statistiques qu’il contient n’ont pas tout l’intérêt qu’elles devraient avoir, parce que les prescriptions du Règlement et les indications de l’Ordo ne sont pas toujours observées. Le Setchoan Occidental (Tchengtou) n’a absolument rien envoyé. Une autre Mission a envoyé un tableau synoptique sans texte. Une troisième n’est arrivée qu’aux derniers jours de février, donc trop tard. Une autre encore n’a pas envoyé de tableau synoptique. C’est la Société, c’est l’œuvre commune qui souffre de ces négligences.

    L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres a décerné le prix Gilles (700 fr.) au P. Savina, missionnaire du Haut-Tonkin, pour son Dictionnaire étymologique français-nung-chinois, édité à notre Imprimerie de Nazareth.

    Le P. Depierre a fait une tournée à Quimper, Lannion, Dinan, Lesneven, Rennes, Châteaugiron, Flers, Boulogne, Conchy, etc. Il a visité les postulants et futurs aspirants de Saint-Omer, Annappes et Arras.

    Le P. Nassoy a fait une visite à nos postulants de Changis et de Montmélian. Il a aussi donné un sermon de Sainte-Enfance à Saint-Marcel.

    Le P. Gérard a donné une conférence sur les Missions à N.-D. de Bonne-Nouvelle et un sermon de Sainte-Enfance à Charenton et à Levallois-Perret.

    Le P. Chambon a prononcé une allocution à Saint-Paul-Saint-Louis en faveur de l’Œuvre Apostolique.

    Le 4 mars, nous avions la joie de posséder à déjeuner Mgr Schœpfer, évêque de Lourdes, et son secrétaire, M. le Chanoine Eckert. S.G. a célébré récemment le 25e anniversaire de sa consécration épiscopale.

    Le 7 mars, Mgr le Supérieur a ordonné 3 minorés, 4 sous-diacres, un diacre et un prêtre. Celui-ci, M. Altermann, est l’hôte du Séminaire depuis un an. Parmi ceux qui assistaient à son ordination nous avons remarqué M. l’abbé Prince Vladimir Ghika, chapelain de l’église des Etrangers ; M. Catesson, 1er vicaire de Saint-Sulpice ; le R. P. Leseur, O. P., MM. Maritain, Ghéon, etc.

    L’après-midi de ce même jour, Mgr de Guébriant présidait l’ouverture de la neuvaine de grâce à Saint-François-Xavier. Un grand nombre d’aspirants ont assisté à la cérémonie de clôture de la neuvaine.

    Nous avons actuellement 150 aspirants, dont 80 à Paris (y compris les 3 étudiants de Rome), 57 à Bièvres, 13 à l’armée.

    Ont été admis comme aspirants : M. Dupoirieux, séminariste-soldat de Saint-Dié, et M. Bayet, diacre du diocèse de Lyon.


    1925/296-316
    296-316
    Anonyme
    France et Asie
    1925
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