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Chronique des Missions et des Etablissements communs 5

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Le P. Cadilhac, Vicaire général, a été gravement malade dune néphrite aiguë avec empoisonnement du sang. Le vendredi de N.-D. des Sept-Douleurs, le docteur ne laissant aucun espoir de guérison, il reçut les derniers sacrements et, entrant dans le coma, demeura plusieurs jours entre la vie et la mort. On attendait à chaque instant le dénouement fatal, lorsque, le mercredi-saint, le malade reprit connaissance, put prendre un peu de lait, et depuis lors sachemine vers la convalescence. Nos prières ont obtenu de Dieu un vrai miracle, dont nous ne saurions assez le remercier.

    Le P. Wassereau, après avoir soigné sa maladie destomac à lhôpital du P. Breton à Omori, a demandé un poste à Mgr lArcheque, qui lui a assigné Mito, avec tout le département dIbaraki, portion de limmense district du P. Cadilhac.

    En la fête de Pâques, la paroisse de la cathédrale (Sekiguchi) célébrait le 25e anniversaire de sa fondation, cest-à-dire de sa séparation du poste de Kanda, dont elle était détachée pour devenir paroisse autonome. La fête eut aussi son octave : le dimanche de Quasimodo, séance récréative et bazar de charité destiné à aider à la fondation dun hôpital catholique dans la paroisse.

    Mgr Giardini, Délégué Apostolique, est de retour au Japon.

    Nagasaki

    Le 7 mars Mgr Combaz a ordonné 3 prêtres, dont deux originaires dUrakami et un des îles Gotô. Ils ont reçu leur destination : lun reste à Nagasaki, un autre va aux Gotô, le 3e est donné comme vicaire au vénérable P. Honda, qui en a grand besoin dans son beau poste dImamura.

    Seoul

    Le titre archiépiscopal de Mgr Mutel est celui de Ratiaria (Ratiariensis ecclesi). Ratiaria, ville de lancienne Mésie Supérieure, fut la métropole de la Dacie aurélienne. Aujourdhui cest un bourg du nom dArtzar, sur la rive droite du Danube, non loln de la frontière qui sépare la Bulgarie de la Yugoslavie.

    Mgr Mutel a choisi pour provicaire le P. Villemot, en remplacement du P. Poisnel, décédé ; il sera en même temps curé de la cathédrale, avec le P. André Pak comme vicaire.

    Le P. Joseph Kim remplace le P. Villemot à Saint-Joseph extra-muros.

    A la clôture de la retraite du clergé indigène, en la fête de la Pentecôte, il y aura une ordination de 3 prêtres et 12 tonsurés.

    Le nombre des Coréens émigrant au Japon augmente sans cesse : en moyenne 500 sembarquent chaque jour à Fusan.

    Lassociation bouddhique de Seoul, dans un but de propagande, a dévidé denvoyer au Japon 8 jeunes Coréens qui feront leurs études dans des écoles bouddhistes.

    Taikou

    Très belle fête de Pâques. A la cathédrale 1.700 communions.
    Au Kanto le mouvement antichrétien saccentue : le 25 février un pasteur coréen a été sérieusement malmené ainsi que plusieurs de ses fidèles.

    Le nombre des étudiants coréens terminant cette année leurs études dépasse de beaucoup celui des places vacantes. Un directeur a fait une tournée dans le pays pour essayer de trouver des emplois aux gradués de son école, mais il na pas obtenu grand succès. Le gouvernement sinquiète de cette situation.

    Kirin

    Quatre missionnaires suisses, appartenant à lInstitut Bethleem dImmensee, sont arrivés en Mandchourie. Ils vont préparer dans la province du Heilongkiang lérection dune nouvelle mission. Deux dentre eux se sont établis à Tsitsikar, capitale de la province ; les deux autres à Tchangfatoun, importante chrétienté de la sous-préfecture de Tchaotong-hien. Nous leur adressons de tout cur nos souhaits de bienvenue et de fructueux apostolat.

    Le P. Lacquois, sur le conseil des médecins, sest rendu à Shanghai, où il devra sans doute subir une opération. Puisse-t-il nous revenir bientôt plein de santé ! Cest le P. Cubizolles, provicaire, dont lâge ne diminue pas la juvénile ardeur, qui le remplace temporairement au grand-séminaire.

    Tchengtou

    On nous signale de quelques points de la province une recrudescence de la propagande bolcheviste : elle a, du reste, déjà été signalée aux autorités par les marchands setchoanais de Hankeou et Shanghai ; bien renseignés à ce sujet par leurs correspondants, ceux-ci ont télégraphié aux autorités pour leur demander de prendre les mesures nécessaires.

    Le mode de propagande actuel est celui-ci ; les bolchevistes de Pékin envoient dans certains centres des gens imbus de leurs doctrines, qui doivent servir de correspondants et despions : ceux-ci à laffût de toutes les nouvelles, vraies ou fausses, concernant létat de la population, les écoles ou la religion, sempressent denvoyer des correspondances à la cellule centrale de Péking : la correspondance y est aussitôt imprimée ; on y adjoint une partie générale de propagande bolcheviste, et des paquets de journaux sont alors envoyés au correspondant pour quil les distribue dans sa région. Contenant des nouvelles locales, flattant les bas instincts de la population du pays, le journal a ainsi plus de chances dêtre lu en entier, en même temps quil développe plus sûrement les mauvais ferments, en fomentant les passions locales. Puisque le gouvernement de Pékin, à différentes reprises, a interdit la propagande bolcheviste, ne serait-il pas possible à ladministration des Postes de demander les autorisations nécessaires pour supprimer ces envois de journaux excessivement nuisibles ?

    On nous signale également de la province la tendance de plus en plus accusée quont certaines autorités militaires à ne respecter aucune propriété privée, pas même les biens des églises, jusquici encore protégés par lextraterritorialité et par la reconnaissance des partis militaires divers, auxquels les églises ont maintes fois, durant ces dernières années, donné assistance et refuge. Passé le danger, adieu le bienfaiteur !...

    Tchongking

    Le dimanche 14 mars, pour clôturer les fêtes de lanniversaire de la mort de Sun Yatsen, a eu lieu à Tchongking le défilé traditionnel des associations ouvrières et scolaires. Une réclame tapage de 15 jours ne réussit pas à mettre en branle la masse populaire sur laquelle comptaient les organisateurs, et le temps exceptionnellement beau entraîna plus de promeneurs à la campagne et aux tombeaux que de manifestants aux divers meetings annoncés. Cependant le cortège se mit en mouvement vers 10 heures, parcourut toute la ville basse et se disloqua à 2 heures. A leur passage devant la cathédrale, dont les portes avaient été tenues fermées par précaution, les différents groupes, au commandement, lancèrent des cris hostiles et des menaces. Ce fut tout pour cette fois.

    Tout est à peu près calme dans notre région : les belligérants des deux partis auraient conclu une paix au moins relative. Mais durera-t-elle longtemps ?

    Suifu

    Le 14 mars a eu lieu lordination de 6 nouveaux prêtres : ils ont déjà rejoint les postes qui leur ont été assignés.

    La famine sévit dans plusieurs sous-préfectures de notre mission, entre autres dans celles de Tsinien, Jencheou et Penchan. De là, bien des personnes qui, par instinct, penchaient déjà vers le banditisme, se sont jointes aux bandes de brigands. Bon nombre, restées honnêtes malgré tout, sen vont vers des contrées plus fortunées après avoir, à vil prix, vendu leur dernier lopin de terre. Dautres, ne pouvant se résigner à partir, font un bon repas avec leurs dernières sapèques, puis sempoisonnent. Dautres enfin, faisant fi du respect humain, entrent aux catéchuménats pour y étudier la doctrine chrétienne et sauvent ainsi leur corps et leur âme.... En présence dun pareil fléau, que fait, dira-t-on, le gouvernement civil et militaire ? Eh bien ! au lieu de venir en aide à ces pauvres malheureux, il tâche dintercepter pour lui les fonds envoyés par la Société de secours aux affamés. Cest bien simple !

    A loccasion de lanniversaire de la mort de Sen Ouen, il y a eu à Suifu démonstration anti-étrangère et anti-chrétienne. Les étudiants et quelques étudiantes ont défilé dans les rues en criant leur haine de létranger et leur aversion contre le christianisme. Il fallait voir, il fallait entendre avec quelle rage ils vociféraient leur : Combattons la religion chrétienne, caractères chinois! Quelques groupes même, composés surtout des tout petits des écoles primaires, sont allés faire du bruit chez les protestants, mais nont rien brisé. A remarquer que la plupart des jeunes gens de la Société protestante appelée en chinois caractères chinois avaient pris part à la manifestation avec leur emblème.

    Tatsienlou

    Notre nouveau confrère le P. Pezous nous est arrivé sain et sauf à la fin de janvier. La dernière partie de son voyage, la plus difficile, sest effectuée sans incident, grâce à la chance inespérée quil a eue de faire le trajet depuis Yatcheou en compagnie de Lieou Yukieou, le général setchoanais chargé de ladministration des marches thibétaines. Le P. Pezous, après quelques semaines à Tatsienlou, est parti pour Mowkong, où il apprendra la langue et sinitiera au saint ministère sous la direction du P. Charrier.

    Depuis trois mois le pays a changé de maître, mais le peuple sen est à peine aperçu ; seuls les secrétaires de lancien gouverneur ont été relevés de leurs fonctions : quelques-uns sont retournés en Chine, dautres battent le pavé à la recherche dune occupation qui leur donne à manger et à fumer, chose assez difficile à trouver dans notre petite ville.

    Ces temps-ci on parle peu des Thibétains de Lhassa. Ils sont occupés aux semailles ; sabres et fusils sont remisés ad tempus.

    Une expédition anglaise en route pour Lhassa, avec une installation électrique, a été attaquée par les indigènes et tous les membres de lexpédition ont été massacrés. On dit que, de ce fait, la mission scientifique qui devait tenter une nouvelle ascension du mont Everest renonce à son entreprise.

    Yunnanfu

    Une lettre de Paris nous a informés que nos confrères les PP. Mongellaz et Destaillats ont dû sembarquer à Marseille le 2 avril. Ayant fait provision en France de santé et de forces, ils seront ici les bienvenus, car le travail ne manque pas.

    Le 7 mars, le P. Ducotterd, qui revenait de Suifu à son poste de Longki, a été pillé en cours de route, et les 15 personnes qui voyageaient avec lui parmi lesquelles son maître décole, ont été emmenées comme cochons gras (otages). Lui-même, pour avoir voulu défendre un peu trop courageusement son instituteur, fut gratifié de quelques coups de crosse. Grâce à Dieu, le prêtre chinois de la région, le P. Pierre Han, après huit jours de pourparlers, réussit à délivrer les prisonniers, mais ne put obtenir la restitution des objets volés. Et dans quel triste état étaient ces malheureux ! Les uns boitaient, dautres avaient les deux bras en écharpe, quelques-uns avaient des doigts en moins, etc. Tous avaient été torturés.

    Le soir du 11 mars un violent incendie éclatait à 30 mètres de létablissement des Surs de S.-Paul ; le vent portait les flammèches de ce côté : langoisse étreignait les curs et de ferventes prières montaient vers saint Joseph. Enfin la pluie vint, plus efficace que les pompes qui manquaient deau, et éteignit le brasier. Le ciel nous avait préservés dun désastre.

    Kouiyang

    Deux épidémies, la variole et la grippe, font de nombreuses victimes dans la province. Le P. Ruault a payé tribut à la première, mais a échappé heureusement au danger ; le petit-séminaire est contaminé, et un élève est mort. Au grand-séminaire, les PP. Fayet et Bras ont été fortement grippés et le nouveau missionnaire, le P. Guettier, a dû prêter son concours pour remplacer les malades.

    Dans la campagne, où les soins les plus élémentaires font défaut, des familles entières succombent.

    Le riz manque et atteint des prix exorbitants.

    Des soldats du Kouangsi, battus par les Cantonais, se sont réfugiées dans plusieurs villes du sud-est de la province, où naturellement ils vivent aux frais des habitants.

    Pendant le mois de mars, Mgr Seguin a visité les districts de Tsingai et de Tinfan et est rentré à Kouiyang pour y célébrer les cérémonies de la Semaine-Sainte.

    A la suite dénergiques protestations le Gouverneur a enfin consenti à dispenser les établissements de la Mission de la taxation arbitraire de deux mois de loyer à percevoir sur les maisons de Kouiyang. Les traités qui nous exemptent de ces sortes dimpôts ne sont pas encore abrogés ; nous avons le droit pour nous.

    Le Mission catholique prend une part de plus en plus active aux travaux du Comité de Secours aux Faméliques. Dernièrement les membres de ce Comité se sont partagé la ville de Kouiyang pour procéder à une enquête sérieuse sur le degré de misère des familles pauvres. Deux missionnaires étaient du nombre des enquêteurs, les PP. Cousin et Darris. Ce dernier a été désigné pour distribuer aux districts de lest de la province les secours qui leur ont été attribués : ce sera un voyage long et pénible, mais peu importe la peine si le renom de la sainte Eglise doit y gagner.

    Si les crises de xénophobie qui se sont produites ailleurs sont encore inconnues au Kouytcheou, nous le devons en partie aux bonnes relations de la Mission catholique avec les autorités provinciales et les notables des grandes villes. On entend dire de ci de là que si, durant lannée 1925 les faméliques ont reçu des secours et si un grand nombre dentre eux ont été sauvés dune mort certaine, ils le doivent à la Mission catholique, qui a su soustraire à des convoitises indéniables les sommes envoyées par le Comité central de Pékin.

    Dieu fasse tourner à sa gloire cette bonne opinion quont de son Eglise des populations païennes !

    Lanlong

    Mgr Carlo, ayant visité les districts dioï des PP. Larregain, Nénot et Yuen, est rentré à Lanlong pour les fêtes de Pâques et prépare la retraite annuelle des prêtres chinois.

    Contre toute attente, le nouvel an chinois et la première lune se sont passés en paix, et, la pluie donnant un bel aspect à la récolte de printemps, la joie des paysans est grande après la disette de lan dernier.

    Cependant la destitution du général Ma, remplacé à Lanlong par le général Tchang, alarme la population : on craint que les troupes de Ma ne soient désarmées et ne viennent grossir le nombre des pillards. Déjà, près de Tchenfong, une bande dex-soldats pille et capture des otages, et la troupe nose les attaquer dans leur repaire sauvage et presque inaccessible. On craint aussi que le général Fan, se rendant du Kouangtong au Yunnan, ne passe par notre région : ce serait de nouveau la disette.

    Canton

    La retraite des prêtres indigènes a eu lieu du 19 au 25 avril. A loccasion de cette retraite, Mgr Fourquet se proposait de départir aux plus vaillants dentre eux des chrétientés auxquelles ils prêcheraient des missions ou des retraites préparatoires à lindulgence du Jubilé.

    Le mouvement antichrétien saccentue dans certaines régions de la province. Les écoles sont spécialement visées par les agitateurs. Pour leur faire échec, certains missionnaires ont songé à obtenir pour leurs écoles lapprobation officielle. Cette approbation crée pour le directeur de lécole certaines obligations, dont les principales sont : lobservation des programmes du Ministère de lInstruction Publique ; linterdiction denseigner la religion pendant les heures de classe, cest-à-dire de faire du catéchisme une matière classique ; la visite de lécole par les inspecteurs du gouvernement ; la correction des copies pour la délivrance des diplômes de fin dannée, etc. Pour obtenir la reconnaissance officielle, le directeur doit adresser une demande au Directeur de lEnseignement de la sous-préfecture où se trouve lécole, donner des renseignements sur lépoque de la fondation de lécole, ses succès, le nombre des élèves, limmeuble quelle occupe, les livres classiques quelle emploie, etc. etc Le Directeur de lEnseignement envoie dordinaire un délégué pour se renseigner sur place, et, suivant lopinion quil se fait à la lecture du rapport de ce délégué sur lopportunité ou la non opportunité de lécole, il délivre ou refuse la reconnaissance officielle.

    LUnion antichrétienne sest acharnée tout particulièrement contre les écoles de garçons et de filles de la ville de Tsanshing ; mais grâce à lénergie du P. Pierrat et au dévouement de ses collaborateurs, elles ont pu continuer à subsister.

    M. Pierre Benoît, le romancier connu, auteur de lAtlantide et autres ouvrages, doit passer à Canton vers la fin davril. Le Recteur de lUniversité Nationale lui a demandé de faire une conférence aux élèves de cet établissement.

    Hanoi

    Les 16, 17 et 18 avril un triduum solennel a eu lieu au Carmel de Hanoi en lhonneur de sainte Thérèse de lEnfant Jésus. Chaque jour messe pontificale célébrée par NN. SS. Chaize, de Gorostarzu et Gendreau. Les prédicateurs ont été : en annamite, les PP. Andrès, O. P., et Schlicklin ; en français, les PP. Brun, Lebourdais et Mgr Maillet, Préf. Ap. de Langson.

    Depuis quelque temps la gent écolière, poussée par quelques révoltés ou communistes, se montre indisciplinée et turbulente. Le 12 avril, à 5 h. du soir, les élèves de lécole de Namdinh se livrèrent à une manifestation tumultueuse à cause de la défense qui leur avait été faite darborer des insignes de deuil à loccasion de la mort du grand nationaliste Pham Chu Trinh. Le lendemain matin de nombreux élèves se présentèrent portant les insignes de deuil. Le Directeur leur ayant refusé lentrée de lécole, ils se groupèrent et organisèrent une nouvelle manifestation, qui fut dispersée par la police. Lécole a été fermée : salutaire leçon pour tous.

    Le Gouverneur général commence à se préoccuper de ces turbulences et a adressé à M. Thalamas, Directeur général de lInstruction Publique, une lettre par laquelle il linvite à faire savoir aux intéressés que lautorité supérieure se montrera inflexible quand elle aura à réprimer des refus constatés dobéissance ou des manifestations collectives, quel quen soit le caractère ou le prétexte. Nous verrons quelles sanctions seront prises.

    Il est institué au Tonkin une Chambre des Représentants du Peuple, appelée à donner son avis sur les questions dordre général intéressant la population indigène.

    Vinh

    Le 25e anniversaire de lordination du P. Le Gourriérec, supérieur du petit-séminaire de Xadoai, tombait le 25 juin 1925, en pleines vacances. La fête fut renvoyée au printemps de cette année, afin que la nombreuse famille du Père pût y prendre part : elle a eu lieu le mardi de Pâques. Le jubilaire chanta la grandmesse et donna le salut. Le lendemain, de 8 heures du matin à 4 heures de laprès-midi, eut lieu une représentation de la Passion en annamite, daprès le libretto du P. Tong, de la Mission de Saigon. Les quelque cent acteurs avaient fait des prodiges pour se costumer de façon convenable ; le succès répondit à leur bonne volonté et la foule des auditeurs, sécoulant lentement et comme à regret, emporta le souvenir dune belle fête, à son gré trop tôt finie.

    Hunghoa

    Mgr Ramond a terminé sa tournée de Carême par la visite des paroisses de Phúclộc, Yênbái et Phủyênbình, dans la Haute-Région. Malgré le mauvais temps et la difficulté des chemins, les chrétiens ont suivi avec empressement les exercices de la mission. Le groupe de Yênbái, comme celui de Phúclộc, est en grande partie composé de nouvelles chrétientés, auxquelles depuis plus de vingt ans le P. Blondel consacre tout son temps et tous ses soins. Il y a aussi, à proximité de la voie ferrée et du Fleuve Rouge, de nombreux catholiques venus du Delta, les uns comme bûcherons ou marchands de bois, les autres comme métayers des concessions européennes. Tous, une fois ou lautre, ont à recourir au missionnaire, et Dieu seul sait combien de démarches fait pour eux le P. Blondel, tantôt pour leur faciliter lobtention du permis de coupe, tantôt pour les excuser et leur faire pardonner telle ou telle violation des règlements si compliqués de lAdministration forestière ou autre.

    La visite de ces chrétientés, dispersées çà et là à lembouchure des arroyos, est très laborieuse. Mgr Ramond a tenu, malgré la fatigue, à en visiter quelques-unes et leur a consacré une semaine. Tous ont répondu avec empressement à la sollicitude de leur Pasteur et, durant ces jours bénis, se sont approchés en grand nombre des sacrements.

    Avec le développement du commerce en cette région et la facilité actuelle des communications par voie ferrée, il est à présumer que lexode des habitants du Delta vers la Haute-Région nira quen augmentant et que les chrétientés de la paroisse de Yênbái deviendront aussi de plus en plus nombreuses.

    De même, sans doute, pour la région de Phủyênbình, où le P. Gautier soccupe des chrétiens établis le long du Sông-Chảy. Mgr y termina sa tournée pastorale et, le 19 mars, célébra une messe pontificale, à laquelle chrétiens et païens assistèrent en foule. Cétait en même temps le 71e anniversaire de la naissance de Sa Grandeur, et les chrétiens, discrètement avertis, lui offrirent avec joie leurs meilleurs souhaits. Puisse saint Joseph, à qui le regretté P. Girod les confia jadis, les protéger toujours et obtenir à leur pasteur de voir se former, autour de ce groupe de Phủyênbình, de nouvelles chrétientés nombreuses et ferventes.

    Le Père Granger, à qui son état de santé ne permettait guère, en ces dernières années, de ministère actif, a travaillé à la copie des Procès les Martyrs du Tonkin. Il a terminé ce long travail ; à la grande satisfaction de Mgr Gendreau, qui le lui avait confié. Maintenant il remplace temporairement le P. Robert, récemment décédé, et va visiter les chrétiens de Laokay et de la station daltitude de Chapa.

    Phatdiem

    Mgr de Cooman étant rentré de tournée apostolique, Mgr Marcou, est parti à son tour dans la haute région de Thanh-hoa.

    Comme les années précédentes nos chrétiens ont reproduit la Passion, non pas sur une scène, mais bien en plein air, et, faisant de la couleur locale, en costumes annamites et avec des moyens annamites. Tous ont un grand désir et considèrent comme un honneur de remplir un rôle dans ces représentations, qui, du reste, les portent vraiment à la piété. Aussi les fêtes de Pâques ont-elles été célébrées avec grande ferveur.

    Saigon

    Sacre de Mgr Dumortier. Le 25 mars, en la fête de lAnnonciation, avait lieu la consécration épiscopale de Mgr Isidore Dumortier, Evêque de Lipara, Vicaire Apostolique de Saigon.

    Né en 1869 à Halluin (Nord), Isidore-Marie-Joseph Dumortier fit ses premières études chez les Petits-Frères de Marie, puis à Merville chez les Pères du Saint-Esprit, enfin à lInstitution du Sacré-Cur à Tourcoing. En 1888 il entra au Séminaire Français à Rome, suivit pendant six ans les cours de lUniversité Grégorienne et conquit le doctorat en philosophie et en théologie.

    Ordonné prêtre à Rome le 27 mai 1893, il revint dans son diocèse lannée suivante et, pendant trois ans, fut professeur dans cette Institution du Sacré-Cur de Tourcoing, où il avait été élève.

    Se sentant appelé à lapostolat chez les infidèles, il entrait au Séminaire des Missions-Étrangères en 1897 et, à la fin de 1898, il débarquait à Saigon.

    La plus grande partie de ses 27 années de mission sest passée dans le district de Caimon, où il fut dabord lauxiliaire, puis, en 1912, le successeur du zélé P. Gernot, dont il continua et développa les uvres. Cest là quest venue le trouver la nouvelle de son élévation à lépiscopat.

    Comment décrire dignement les belles cérémonies du sacre ? La cathédrale envahie dès 5 heures du matin ; les autorités officielles siégeant au premier rang ; le chur empli des files serrées de prêtres français et indigènes et des représentants des missions voisines ; la belle couronne de Vicaires Apostoliques venus du Lao, de Bangkok, de Phnompenh, de Quinhon, de Hué ; Mgr le Délégué Apostolique consacrant lévêque élu avec la majestueuse dignité dun prélat habitué aux pompes romaines ; les deux vénérables patriarches, NN. SS. Grangeon et Bouchut, assistant le consacré Puis le banquet de 120 convives au Séminaire, la réception solennelle, les oriflammes, les écussons, les fleurs, les chants, les pétards, les toasts...

    Je nose aborder une tâche au dessus de mes forces et me contenterai dexprimer le sentiment unanime de la Mission : Enfin ! Nous avons un Evêque. Puissions-nous être dignes de lui, comme nous le sentons digne dêtre à notre tête !

    Le P. Delignon a été choisi par Mgr Dumortier comme Vicaire Délégué et Provicaire, charge quil remplit déjà sous les deux Vicaires Apostoliques précédents, NN. SS. Mossard et Quinton. Il remplacera Monseigneur à la tête du district et du couvent de Caimon : puisse-t-il suivre lexemple du P. Gernot, qui, également avec le titre de provicaire, occupa ce poste durant 50 ans !

    Le 31 mars, Mgr le Délégué Apostolique a visité officiellement le séminaire de Saigon. Les séminaires dautres Missions sont, paraît-il, en avance sur nous au point de vue des études. Nous devrons donc nous appliquer et nous le ferons corde magno et animo volenti, à revenir à hauteur dès quaura paru le programme commun préparé par Son Excellence.

    Le Samedi-Saint, Mgr Dumortier a fait sa première ordination : deux prêtres et un diacre. Puissent être nombreux ceux qui de ses mains recevront le sacerdoce !

    Hué

    Durant le mois de mars, notre Mission a été honorée de plusieurs visites épiscopales. Celle dabord de S. E. Mgr le Délégué Apostolique de lIndochine. Cest le 8 mars, après un court arrêt à Tamtoà chez le P. Henry de Pirey, où Mgr Allys et le P. Urrutia sétaient rendus pour le recevoir, que Mgr Aiuti arrivait à Anninh. Le monastère de Notre-Dame dAnnam reçut, lui aussi, solennellement Son Excellence, fort intéressée par tout ce quElle y vit et entendit. Le 11, Mgr le Délégué était à la capitale, où il passa trois jours et demi, presque exclusivement consacrés à la visite des communautés religieuses et établissements scolaires. Le 14, la paroisse française de Hué était heureuse de le posséder pour les fêtes de la communion solennelle et de la confirmation, quil voulut bien donner lui-même aux enfants. Le soir de ce jour. S. E. Mgr Nguyên Hưu Bài, Président du Conseil des Ministres, donnait en lhonneur de Mgr le Délégué un dîner auquel assistèrent, outre Mgr Allys et plusieurs missionnaires et prêtres indigènes de la Mission, Mgr Breynat, Vicaire Apostolique du Mackenzie et le P. Planet, Oblat du Manitoba. Quelle agréable surprise pour tous fut larrivée à Hué de ces deux vénérables missionnaires ! Malheureusement ce plaisir fut de courte durée, puisque deux jours après, lEvêque du vent (les Esquimaux appellent ainsi Mgr Breynat) et le P. Planet nous faisaient leurs adieux. Cependant S. E. Mgr le Délégué nous avait quittés le 15 à la première heure pour Tourane, où Mgr Grangeon lattendait, et Mgr Gouin arrivait à Hué le 16 dans la matinée.

    Le 17, commençaient au Carmel de Phuxuân, près Hué, les fêtes de sainte Thérèse de lEnfant-Jésus. Je ne dis rien de la décoration de la chapelle, ni du commencement dincendie qui sy est produit ; je ne ferais guère que répéter lintéressant chroniqueur de Phnômpênh (mars 1926). Je me contenterai de dire quau lieu dun octiduum, nous avons fait simplement un triduum, mais aussi solennel que possible, rehaussé par la présence de deux prélats et la célébration de deux messes pontificales, lune par Mgr Gouin, lautre par Mgr Allys.

    Le 20, les deux Vicaires Apostoliques quittaient Hué pour se rendre à Saigon au sacre de Mgr Dumortier.

    Visite de S. E. Mgr le Délégué Apostolique au Petit-Séminaire dAnninh. Du 8 au 11 mars, le Petit-Séminaire dAnninh a eu le grand honneur de recevoir la visite de S. E. Mgr le Délégué Apostolique. Toutes les chrétientés des environs étaient allées au devant de S. E., solennellement, avec tambours et drapeaux innombrables. Lornementation du Séminaire était très bien réussie ; les discours en langues latine, annamite et française, fort bien tournés : maîtres et élèves y avaient mis tout leur cur. Lauguste visiteur se montra touché de ces cordiales manifestations. Des danses annamites et un petit drame improvisé : le Martyre du Bx Thomas Thiên, élève du séminaire, lont vivement intéressé. Dans des conversations familières avec le Supérieur, les professeurs et les élèves, il sest rendu compte de la marche et de lesprit de la maison et a bien voulu nous dire quil approuvait entièrement la méthode suivie dans les études et les livres en usage. Dans un discours prononcé en un latin admirable de clarté, de précision et dharmonie, Mgr le Délégué, après un éloge très délicat de Mgr Allys, nous donna les meilleurs conseils pour létude et la piété et félicita le séminaire du bon esprit et de la vie de famille qui y règnent. Il recommanda même au P. Supérieur, si lon faisait la relation de sa visite, de mentionner sa volonté expresse que lon sache quau séminaire dAnninh tous, maîtres et élèves, sont entre eux cor unum et anima una, comme dans une famille bien unie. Mgr Aiuti a gagné tous les curs par son affectueuse bonté et son aimable simplicité, en même temps quil nous montrait par des directives précises et prudentes la voie à suivre désormais pour que les séminaires soient entièrement selon lesprit du Saint-Siège. Il nous adressa en nous quittant deux paroles qui nous ont vivement émus et dont nous lui sommes profondément reconnaissants : Je porte le Séminaire dAnninh dans mon cur. Je laisse mon cur au Séminaire dAnninh.

    Phnompenh

    La troupe du Bon Théâtre (Duc-hoang-hoi) de Saigon a donné, les dimanche et lundi de Pâques, deux soirées au Cinéma central de Phnompenh. La pièce choisie, les Demi-Frères, était tirée dun fait historique de la république de Venise. Elle a été interprétée en langue annamite par plus de 30 acteurs en costumes vénitiens. Comme à Saigon, où elle avait déjà été donnée, la pièce a obtenu ici le plus vif succès.

    Il est à souhaiter que le Bon Théâtre envoie de temps en temps sa troupe si bien formée donner à nos Phnompenhois des soirées artistiques et moralisatrices comme celle à laquelle nous venons dassister.

    Bangkok.

    Une ère de politique nouvelle semble se lever sur le royaume du Siam. Le Roi, Sa Majesté Prachatipok, après avoir payé le tribut de ses hommages à son frère et auguste prédécesseur défunt jusquau jour solennel de la crémation publique, vient de prendre en main les rênes de lEtat. Une crise financière assez prononcée devant être avant tout conjurée, Sa Majesté Prachatipok na pas craint déliminer des services du Gouvernement un certain nombre de fonctionnaires européens et siamois. A ce jour, une quarantaine dEuropéens ont été remerciés, ainsi que plusieurs milliers de Siamois. Nombre de généraux, de gouverneurs de province, de docteurs, de juges, de professeurs, etc., ont été licenciés avec pension ou gratification. Il semble que le gouvernement actuel sintéresse davantage aux écoles et à linstruction du peuple. Attendons les événements.

    Mgr Perros, qui était présent à Saigon au sacre de Mgr Dumortier, nous est revenu à temps pour présider les offices des fêtes pascales.

    Birmanie Méridionale

    Les signes des temps nouveaux sont-ils matière pour le Bulletin ? Si oui, en voici. Notre cher Procureur, le P. Cathébras avait dû sabsenter. Le vendredi 26 février, vers 10 heures du soir, un chrétien carian essaya de forcer la porte du jardinier en chef, qui, en labsence du P. Cathébras, a les clefs de la procure. Son intention était, sans doute, de voler les clefs. Le résultat fut que, par une fente de la cloison à claire-voie, sortit un bâton qui mit le vaurien à mal. Le lendemain dans la nuit, des allées et venues furent remarquées et le jardinier vit quatre silhouettes se glisse en rampant derrière la procure : lalarme fut donnée secrètement et les domestiques de lévêché, se divisant, entourèrent la procure. Les quatre vauriens furent surpris préparant leffraction de la porte de derrière. Ils sont maintenant à labri. Un chrétien était à leur tête ! Où allons-nous ?...

    Voici des nouvelles de nos malades.

    Le P. Bonnet ne peut quitter Marseille. Une complication survenue dans son état rend un voyage difficile et même dangereux.

    Le P. J.-B. Mourlanne va un peu mieux. Les docteurs lui permettent de quitter son lit pour la chaise-longue.

    Le P. Chave tient toujours et essaie toutes sortes de cures de médecines, patentées et autres, pour éviter de quitter, même momentanément, sa patrie dadoption. Nest-ce pas reculer pour mieux sauter ? Malgré tout, quil réussisse à se guérir, cest le vu bien sincère de tous ses amis.

    Birmanie Septentrionale

    Le 17 février, le P. Roche rentrait de France tout florissant de santé et, deux jours après, en compagnie de Mgr Foulquier en route pour sa visite pastorale chez les Katchins, il regagnait sa chère mission shan. Durant labsence de son curé, le P. Pâquet a pu, grâce à sa prodigieuse activité, mener de front et ladministration du district et les travaux de construction quil a entrepris à Bhamo. Dans ce poste il a, en effet, terminé le presbytère, agrandi lécole de garçons et transformé en couvent la vieille maison-chapelle, construite par le P. Lecomte en 1874, mais depuis longtemps désaffectée de sa première destination. Le 11 mars, cinq Surs Franciscaines Missionnaires de Marie quittaient Mandalay pour aller en prendre possession. Elles y ouvriront après Pâques un dispensaire, un orphelinat et une école de filles. Du coup, Bhamo devient tête de district et pépinière de futurs maîtres et maîtresses décole, dont nos confrères de là-haut ont si grand besoin. Cest la quatrième fondation que nos dévouées religieuses font dans la Mission, et dautres suivront à mesure de nos besoins. Dieu daigne susciter chez elles aussi de nombreuses vocations !

    Le P. Audrain, après avoir surmonté les premières difficultés de la langue anglaise, commence à voler de ses propres ailes. Il vient dêtre adjoint au P. Falière, enchanté de recevoir un aide si précieux et un confrère si charmant.

    Pondichéry

    Mgr Edouard Mooney, Directeur spirituel du Collège Américain à Rome, nommé Délégué Apostolique des Indes Orientales, a été sacré le 30 janvier par S. E. le Cardinal Van Rossum et a reçu le titre lArchevêque titulaire dIrenopolis (Titulari Ecclesi Irenopolitan in Isauria, pro hac vice ad archiepiscopalem erect). S. Exc. doit quitter Rome après les fêtes de Pâques et faire une courte visite aux Etats-Unis avant de se rendre aux Indes.

    Le nouveau Délégué sera accompagné de Don Léonard Cercone, minutante de la Propagande, nommé Auditeur de la Délégation.

    Kumbakônam

    Le P. Sovignet, Vicaire général, reprenant ses tournées de confirmation, est allé visiter, vers lextrémité ouest de la Mission, les chrétientés de Tolourpatty, Madyampatty et Kalkavery. Situé entre les Nilgiris (Montagnes bleues) et le massif du Kollimalai (Montagne de la Mort), le pays parcouru par le Vicaire général est tout différent de nos plaines du Tanjore, différent non seulement par son aspect physique, mais aussi par le caractère de sa population. Sur ce plateau aride et brûlé par le soleil les habitants ne trouvent que difficilement la nourriture nécessaire ; que la pluie vienne à manquer une année, ce sera la disette, et si cela se répète deux ou trois ans de suite (comme cest le cas depuis 1922), alors cest la famine avec toutes ses détresses, et les habitants, pour ne pas mourir de faim, sont obligés démigrer vers dautres contrées. Aussi le P. Sovignet a-t-il constaté, dans la région visitée par lui, que la population chrétienne a sensiblement diminué dans le cours de ces dernières années. Les chrétiens, comme les païens, sen sont allés vers des pays moins pittoresques peut-être, mais aussi moins ingrats.

    Noces dor du P. Bricaud. Au cours de sa tournée, le P. Sovignet passa quelques jours à Madyampatty, chez notre doyen le P. Bricaut. Cest en qualité de zouave pontifical que ce vétéran a fait ses premières armes contre le démon. Ordonné prêtre à Nantes le 29 juin 1875, il entrait peu après au Séminaire des Missions-Étrangères et arrivait aux Indes à la fin de 1876. Il avait dépouillé luniforme de zouave, mais il en avait conservé lardeur et lentrain, et depuis 50 ans il na cessé de combattre pour la bonne cause.

    Nous avions espéré que le cher et vénéré Père viendrait à Kumbakonam célébrer au milieu de nous le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale ; mais, malgré les invitations pressantes qui lui furent faites, il ne vint pas. Pourquoi ? Daucuns ont dit que sa santé ne lui permettait pas ce voyage au long cours ; dautres ont insinué que le cher jubilaire aurait flairé un piège et craint dêtre retenu à la curie épiscopale : timeo Danaos et dona ferentes ! Encore un problème qui entrera dans lhistoire sans avoir reçu de solution.

    Quoiquil en soit, si la montagne ne vient pas à Mahomet, Mahomet ira à la montagne : cest ce qui est arrivé. Le P. Bricaud nest pas venu à Kumbakonam, mais Kumbakonam est allé au P. Bricaud en la personne du Vicaire général. Donc le 28 février dernier, le P. Sovignet présentait ses félicitations au vénéré jubilaire, le remerciait du travail accompli par lui dans la Mission, de lexemple donné à ceux qui sont ou qui furent jeunes. En parlant ainsi le Vicaire général était bien linterprète de tous les bleus de Kumbakonam, comme il létait encore quand il concluait en disant au P. Bricaud : Ad multos annos !

    Séminaire de Paris

    Mgr Giardini, Délégué Apostolique du Japon, a séjourné au Séminaire du 15 au 26 février, rayonnant de là à Nevers, en Belgique, etc. Sa présence, outre le charme et lédification qui en résultaient pour la maison, a permis des entretiens utiles à nos missions du Japon. S. Exc. sest embarquée à Naples, le 8 mars, sur le Harunamaru, qui devait arriver à Yokohama vers le milieu davril.

    Le 18 février, après la solennité de nos Martyrs, la communauté de Paris assistait à Notre-Dame au service célébré pour le Cardinal Mercier et au panégyrique prononcé par Mgr Baudrillart. Splendide cérémonie, où les pouvoirs publics, le corps diplomatique, lInstitut, larmée étaient brillamment représentés.

    Le samedi 20, Mgr Morel, archevêque de Pondichéry, a fait à nos aspirants une très intéressante causerie sur sa mission.

    Mgr le Supérieur a fait une conférence à la Société bretonne de Lorient et a visité le Grand-Séminaire de Vannes.

    Le 28 février avait lieu à Angers une Journée missionnaire organisée par linfatigable M. Olichon. Les PP. Gérard et Nassoy y prirent part avec 7 missionnaires dautres Congrégations.

    Les obsèques du vénéré Mgr Reynaud, Vicaire Apostolique de Ningpo, ont eu lieu le 25 février dans la chapelle des Lazaristes, rue de Sèvres. Les cinq absoutes ont été données par S. E. le Cardinal Dubois, Mgr de Guébriant, Mgr Fabrègues et deux autres évêques.

    Le même jour, un dîner intime damitié franco-japonaise réunissait chez le frère de Mgr le Supérieur, autour de S. Exc. le Délégué Apostolique, les PP. Chambon, Chabagno, Mollat, M. Yokoyama, secrétaire dambassade, et M. Torii, du Foyer de Bourg-la-Reine.

    Le 27, Mgr lArchevêque de Pondichéry a conféré les saints ordres à deux diacres et un minoré.

    Le 9 mars, le R. P. Rutten, Supérieur Général des PP. de Scheut, est venu passer une soirée au Séminaire pour sentretenir avec Mgr le Supérieur de diverses questions. Il venait dobtenir pour la première fois, grâce à M. Briand, lautorisation pour un de ses Assistants de se rendre en Mongolie par le transsibérien.

    Mgr Chiolino, des M. E. de Milan, Vicaire Apostolique de Weihweifu (Honan), a été pendant quelques jours lhôte du Séminaire.

    LEncyclique Rerum Ecclesi sur les Missions a été lue au réfectoire. On y retrouve développées et précisées les idées exposées au 1er chapitre du Règlement général de notre Société. Les directions données par le Souverain Pontife sont claires et formelles. Aucune de nos Missions nhésitera à sy conformer avec la volonté daboutir.

    Le P. Méchet est reparti le 5 mars pour sa Mission de Hunghoa : trois jours après, son frère, le général Méchet mourait au Val-de-Grâce. Les PP. Jaricot et Chambon ont assisté aux funérailles, qui ont eu lieu le 11 avec beaucoup de solennité en léglise du Val-de-Grâce.


    1926/308-326
    308-326
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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