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Chronique des Missions et des Etablissements communs 7

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Récemment ladministration diocésaine de Tôkyô a acquis dans le quartier de Hongo à Tôkyô un terrain de 820 tsubo (2.710 mq), pour y installer un poste plus tard. Ce poste aura lavantage dêtre desservi à la fois par deux des principales lignes des tramways de la ville et par la ligne de ceinture, dêtre à proximité des grosses agglomérations qui se sont formées ces dernières années dans la banlieue nord-est de Tôkyô. Cette nouvelle acquisition porte à quatre le nombre des nouveaux postes qui seront ouverts dans un avenir plus ou moins prochain dans la capitale ou à ses portes. Tôkyô comptera alors dix paroisses non comprises les chapelles semi-publiques des cinq communautés déjà existantes. Son Excellence le Délégué Apostolique, Monseigneur Giardini, sapprête à partir le 13 juin, pour aller visiter les missions du Vicariat Apostolique des Iles Mariannes, Carolines et Marshall, sur lesquelles le Japon exerce le mandat qui lui a été confié, après la guerre, par la Société des Nations. Les PP. Jésuites espagnols, dont le Vicaire Apostolique est Mgr Iago Lopez de Rego, ont succédé à cette époque aux. PP. Capucins allemands. Le compte rendu, publié récemment par les nouveaux missionnaires, accuse, pour une population de 48.623 habitants, un total de 14.050 Catholiques. Les chiffres de chrétiens donnés pour les principaux centres sont : aux Mariannes, de 4.148 ; à Truk, de 3.799 ; à Ponape, de 2.156 ; à Palaos, de 1509. Depuis larrivée des PP. Jésuites en 1921, jusquau 1er janvier 1927, le nombre des catholiques a augmenté de 7.312 unités. Le gouvernement japonais favorise les Missions des Iles du Sud, et accorde même une subvention pour les écoles de la Mission. Le seul bonze qui ait tenté daller prêcher dans ces îles la doctrine de Bouddha a dû renoncer à lentreprise.

    Nagasaki

    La médaille militaire vient dêtre octroyée à notre confrère, le Père Martin, missionnaire à Moji. Plusieurs confrères ont pu, au lendemain des fêtes de Pâques, se rendre auprès du récipiendaire et le féliciter chaudement de cette distinction bien méritée.

    Le P. Martin a conservé, de la guerre, un souvenir moins agréable à porter que cette médaille, à savoir un petit fragment de shrapnell, si bien incrusté dans la poitrine, que les chirurgiens ont décidé de ne pas lextraire. Heureusement, il nempêche pas notre confrère de remplir son ministère.

    Autre bonne nouvelle : Le P. Cotrel, naguère à lextrémité, se trouve notablement mieux et peut même entendre des confessions.

    Taikou

    La retraite annuelle du clergé indigène sest terminée le 22 mai par la grandMesse pontificale et le salut solennel à la cathédrale.

    Les deux écoles catholiques des garçons et des filles de Taikou ont fait ensemble, le 31 mai, leur promenade annuelle. Favorisés par un temps idéal, couvert et relativement frais, les élèves des deux écoles ont accompli, avec entrain et plaisir, leurs 66 exercices. On évalue la foule des curieux à environ 5000 personnes.

    Moukden

    Le 25 avril, la chère Sur Hubert, visitatrice de la congrégation des Surs de la Providence de Portieux, débarquait en Mandchourie. Après quelques jours passés à Newchwang, la chère Sur sest rendue successivement à Leao-Yang, Moukden et Tie-Ling pour une première visite des établissements et des uvres diverses, confiées aux soins des Surs de la Providence.

    Quelques jours plus tard, Mgr Blois faisait avec Mgr Gaspais, venu de Kirin, le voyage de Séoul, pour assister au sacre de Mgr Larribeau. Sa Grandeur est rentrée, accompagnée du P. Poyaud, qui venait, comme chaque année, apporter aux chrétiens japonais de Mandchourie les bienfaits de son ministère et les charmes de son éloquence.

    Les PP. Canadiens arrivés lan dernier, après sept mois de séjour à la capitale, les uns à lévêché, les autres au séminaire, ont reçu chacun une destination et nous ont quittés pour aller, sous la direction des anciens, continuer leurs études de chinois et parfaire leur formation apostolique.

    Et la province reste, sans contredit, lune des moins troublées de toute la Chine. Les habitants de Mandchourie, qui nont pas à subir cette année, jusquà ce jour du moins, les horreurs de la guerre, ont sous les yeux, par contre, depuis plusieurs mois, le lamentable défilé de pauvres gens qui, par milliers, quittent chaque jour leur pays dorigine, le Chan-Tong surtout, pour venir se réfugier ici. On dit que, depuis le nouvel an chinois, les réfugiés, venus ainsi en Mandchourie, sont plus de 350.000.

    Chengtu.

    Répondant à lordre dévacuation qui leur avait été transmis, écrit Mgr Rouchouse, tous les missionnaires minforment quils restent à leur poste. Ils me lont écrit, quelques-uns simplement en deux mots, dautres en des termes tels que je men voudrais de ne pas les citer :

    Bien entendu, je reste à mon poste, et, en complet accord avec V. G., je mabandonne entre les mains du bon Dieu.

    Je vous réponds pour vous faire connaître mon intention de rester, quelle que soit la tournure que puissent prendre les événements.

    Sans un ordre formel de V. G., je ne quitterai pas mon poste. A la garde de Dieu et advienne que pourra.

    Veuillez dire à M. le Consul que je le remercie bien de son avis et de sa bonté. Jespère bien que le secours de Dieu me suffira. Ne nous troublons pas et travaillons comme si nous vivions dans une grande paix.

    Oui, Mgr, je désire rester à mon poste et votre ordre seul pourrait men faire partir. Jai mis mon district et ma personne sous la protection spéciale de Ste Thérèse de lEnfant Jésus, et, confiant dans la Providence, jattendrai les événements. Du reste nous avons nos Anciens qui nous ont laissé une tradition. Ceux qui dorment à Fong-houang-chan, à Mo-pan-chan ou ailleurs, en ont vu de dures parfois et ils ne sont pas partis pour cela. Notre Mission a une magnifique histoire, héroïque souvent. Sil nous appartient dy ajouter encore une page, il nous la faut écrire dans le même style.

    Je déclare à M. le Consul que, sans votre ordre formel, je ne quitterai pas mon poste. Je mabandonne totalement entre les mains du bon Dieu par lintercession des âmes du Purgatoire, pour lesquelles je viens de célébrer dix messes.

    Voyons ! Mais cest une plaisanterie ! On ne se met pas en route par un temps pareil ! (Il pleuvait très fort à ce moment-là) Jattendrai donc le beau temps météréologique et même diplomatique pour aller revoir le pays qui ma vu naître.

    Les réponses brèves ne sont pas moins éloquentes dans leur laconisme et dans leur simplicité Evidemment, ces sentiments doivent être naturels à des soldats de lArmée Coloniale du bon Dieu. Nempêche quon est fier dêtre le chef de cette poignée de braves. A tous : Merci !

    Comme nouvelles, on dit que la concorde ne serait pas parfaite entre les Panaches setchouanais ; que les communistes courbent encore la tête sous lorage qui les a atteints, mais quils nen agissent pas moins dans lombre, préparant leur revanche. La chose est vrai du moins pour Chengtu et pour ailleurs aussi, comme il est permis de le déduire des communications venues de certains districts.

    Le P. Combes a du évacuer les locaux de la Mission catholique de Taihotchen, quotidiennement arrosés dune grêle de pierres, que lancent les militaires, imbus de bolchevisme, casernés dans la pagode voisine. Pénétrant même dans lintérieur de la résidence, dont ils brisent portes et fenêtres, ces forcenés proclament que sous peu ils en prendront possession. Prévenues, les autorités civiles se disent impuissantes à empêcher ces agissements ; quant aux autorités militaires, elles font la sourde oreille à nos réclamations et ferment les yeux sur les méfaits de leurs subordonnés.

    A Paolin, les étudiants, fort excités, sefforcent dendoctriner de bolchevisme la population des campagnes et ils déblatèrent aussi contre la religion catholique. Là, comme à Lanpou, les chefs militaires avec leurs femmes occupent les locaux de la mission protestante, vides de leurs propriétaires.

    A Patcheou, mêmes rumeurs et mêmes agissements. Les soldats, sans se soucier du maître de céans, le P. Eymard, incursionnent dans la résidence du missionnaire, laissant entendre que sous peu ils viendront sy installer.

    Ailleurs cependant la situation est, pour le moment du moins, un eu plus acceptable : à Mientchouhien, par exemple, où les chefs nationalistes ont demandé au P. Perrodin, curé de lendroit, la permission de faire une conférence à ses ouvriers : menuisiers et maçons, qui construisent son église. Ceci se passait le Vendredi-Saint. Le jour de Pâques, une foule sympathique a visité léglise et la résidence. Toutefois, la bénédiction de léglise, qui avait été fixée au dimanche de Quasimodo, est, par mesure de prudence, renvoyée à des temps meilleurs. A Kiongtcheou, le P. de Jonghe est au mieux avec les autorités civiles et militaires. Malheureusement celles-ci sont à couteaux tirés entre elles, en raison des impôts forcés que les militaires veulent lever sur la population. Même danger de guerre à Moutchang, localité dépendant dailleurs de la préfecture de Kiongtcheou. Partout les gardes nationaux, bien armés, paraissent décidés à résister par les armes aux concussions des militaires.

    Suifu

    Le P. Biron, ayant enfin obtenu lautorisation de se consacrer spécialement à lévangélisation des Lolos, qui sont en bordure des sous-préfectures de Mapien (caractères chinois) et de Louipo (caractères chinois), sest, le 12 mars, installé dans la ville chinoise de Mapien. Une quinzaine de jours plus tard, cinq tribus de Lolos y venaient faire leur soumission aux autorités des marches setchouanaises ; ce qui lui donna loccasion dhéberger chez lui, plusieurs jours de suite, une soixantaine daborigènes, dont 16 chefs. Il a profité de cette visite inattendue et inespérée pour se perfectionner dans la langue de ses nouvelles ouailles, et surtout pour se ménager des appuis qui lui permettront de pénétrer, sans trop de danger, dans lintérieur de leur pays.

    Du 30 avril au 7 mai, a eu lieu à Kiating, présidée par Mgr Fayolle, la retraite des prêtres chinois de la région de Kiating. Lexternat des Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie compte 140 élèves, les 29 novices des Vierges de la Doctrine Chrétienne non comprises ; et lécole de garçons 240.

    Un concours de toutes les écoles de la ville publiques et privées, (une trentaine environ), pour les troisième et quatrième années du tsou ten, vient davoir lieu sous la présidence de linspecteur provincial. Notre école de garçons a obtenu 8 mentions et celle des Religieuses 15. Cest un beau succès pour lécole des Religieuses surtout ; il est bon de remarquer également que lenseignement du tsou ten est entièrement donné par les vierges de la Doctrine Chrétienne.

    Le Bulletin du mois de juin laissait les PP. Masson, Couvet et Buhot à Nachi, où les avait arrêtés le blocus de la ville de Luchow, qui, commencé le 12 avril, ne sest terminé que le 24 mai. 42 jours de siège ! Qui connaît un tant soit peu les murs chinoises se fera facilement une idée des misères de toutes sortes quont eu à endurer, pendant ces interminables journées, les chrétiens de Luchow et leurs deux dévoués missionnaires : les PP. Breuil et Boissière. Mais comme, entre temps, les autorités militaires de la province sont arrivées à refréner, momentanément du moins, le mouvement bolcheviste si violemment anti-étranger et anti-chrétien, Mgr Renault a rappelé à Suifu les PP. Couvet et Buhot. Le P. Masson, lui, gravement malade du foie, continuera sa route sur Shanghai, où il sembarquera pour France dans lespoir que les eaux de Vichy lui redonneront la santé.

    Ningyuanfu

    Les prêtres indigènes, venus à Ningyuanfu pour la retraite commune annuelle, nous ont quittés ces jours derniers, rejoignant leur poste.

    Daprès les dernières communications émanant des missionnaires en district, nulle part les autorités ne nous sont hostiles.

    A Foulin sévit une violente épidémie de rougeole et de variole, dont sont morts déjà de nombreux enfants. Le P. Bocat craint dêtre mis dans la nécessité de licencier ses écoles.

    Le P. Sirgue, ayant trouvé à Béthanie de Hongkong le maximum damélioration que, vu son âge, il pouvait espérer dans son état de santé, sest embarqué le 26 avril pour nous revenir. Il compte arriver à Ningyuanfu dans le courant de la première dizaine de juin.

    Yunnanfu

    Le 4 mai, anniversaire de loccupation de Tsingtao par les Japonais, manifestation en ville de la gent écolière pour protester contre ce fait. Le 9, nouvelles manifestations contre les Anglais et les Japonais. Le 11, consécutivement à des disputes entre militaires des 14me et 18me régiments, qui vidèrent leur querelle à coups de fusil dans les rues, il y eut plusieurs tués. Le 12, au matin, le gouvernement fit appréhender et mettre sous les verrous 24 étudiants ou professeurs. Le 13, les étudiants et étudiantes, au nombre de plusieurs milliers, se portèrent au siège du gouvernement exigeant la mise en liberté des étudiants arrêtés la veille. Le général Long leur répondit que, les arrestations ayant eu lieu sur un ordre émané de Canton, leur demande était tenue pour non avenue, et il ajouta que si dans un quart dheure ils ne sétaient pas dispersés, ils le seraient à coups de mitrailleuses. Les manifestants se le tinrent pour dit et se dispersèrent aussitôt deux-mêmes.

    Le 30 mai, nouvelle manifestation pour commémorer les événements survenus à Shanghai il y a deux ans. Par crainte, à cette occasion, dactes hostiles contre les étrangers, M. le Consul de France vit la veille le gouverneur Long ; il en reçut lassurance que tout se passerait dans le calme. De fait il ne se produisit aucun désordre.

    A Kutsin les étudiants avaient résolu de détruire par le feu la résidence des protestants, que ceux-ci venaient dévacuer, mais vu lopposition du magistrat du lieu et de la population, ils se contentèrent de la saccager. Dans la province il ny aurait pas moins de cinq résidences de protestants qui ont été pillées, après le départ des propriétaires.

    Kouiyang

    Une grande partie des missionnaires Passionistes américains du Hou-Nan sont venus, chassés par la persécution, se réfugier au Kweichow, où, grâce à Dieu, nous jouissons de la tranquillité la plus parfaite.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 2 au 8 mai dernier. Nous avons profité de cette réunion pour célébrer les noces dargent de prêtrise et dapostolat de deux de nos confrères : les Pères Gros et Darris. En raison des circonstances, cette fête de famille fut des plus simples et toute intime. Le Dimanche, 8 mai, le P. Darris célébra la Messe solennelle, avec diacre et sous-diacre, à laquelle Sa Grandeur Monseigneur Seguin assistait au trône. A midi, des agapes fraternelles nous réunissaient autour des deux jubilaires auxquels, en guise de toast, un confrère quelque peu piqué de la tarentule poétique redit, en un chant de circonstance, combien étaient vifs nos sentiments fraternels à leur égard et combien nous souhaitions que le Maître voulut bien les laisser travailler encore longtemps à sa vigne du Koui-Tcheou.

    Au reste, durant ces vingt-cinq ans de leur vie apostolique, il semble bien que nos deux chers confrères nont point perdu leur temps.

    Quelques mois après son arrivée en mission, le Père Gros fut envoyé dans le district de Suyang, comme vicaire du bon Père Palissier, qui a su former tant de nouveaux missionnaires. Savoyard, ne comptant point avec ses forces quil croyait inépuisables, le jeune vicaire se donna tout entier à son ministère. Hélas ! Moins de deux ans après, un crachement de sang persistant le contraignit de se rendre à Hongkong demander aux bons soins de Béthanie le rétablissement de sa santé fortement compromise. Le traitement réussit et le P. Gros revint au Koui-Tcheou. La Direction de lécole probatoire lui fut alors confiée, et pendant 16 ans il semploya à la première formation cléricale des futurs prêtres de la Mission.

    En 1922, le Père Palissier ayant demandé et obtenu dêtre déchargé de ses fonctions de procureur, devenues trop lourdes et trop absorbantes pour son âge, ce fut son ancien vicaire, le P. Gros, qui fut appelé à lui succéder.

    Le P. Darris, gascon du Gers, fut successivement chargé de ladministration de plusieurs districts en campagne. Il sacquitta de ces divers ministères avec un tel zèle et un tel savoir-faire, quen 1913 il fut nommé curé de limportante paroisse de St. Joseph du Lan-tang à Koui-Yang. Outre les soins à donner à un groupe florissant de chrétiens, le curé du Lan-tang est encore chargé du contentieux et des relations officielles avec les plus hautes autorités provinciales. Fonctions absorbantes et délicates entre toutes, dont le P. Darris a su sacquitter avec une maîtrise et un succès incontestables. Après Dieu et le Grand St. Joseph, Patron de la Mission, si le Koui-Tcheou jouit actuellement dune paix qui semble inconnue dans la plupart des autres Missions de Chine, il le doit aux relations, tout empreintes de la charité et de la bienveillance les plus délicates, que le P. Darris entretient avec les personnages officiels, à quelque degré quils soient sur léchelle mandarinale. Au temps de la grande famine de 1925-1926, ce fut lui qui fut désigné, à lunanimité des membres du Comité de secours, pour aller dans les districts éloignés de lEst distribuer des aumônes aux sinistrés.

    On sait avec quel succès il sest acquitté de cette mission. Il est probable quil ne récoltera pas lui-même la moisson dâmes dont il a jeté la première semence, mais les ouvriers apostoliques qui sont appelés à continuer son uvre noublieront jamais que cest le P. Darris qui a labouré le champ, quil la arrosé de ses sueurs et ensemencé.

    Que le Divin Maître daigne conserver longtemps à la Mission du Koui-Tcheou ces deux fidèles et excellents missionnaires, au demeurant les deux meilleurs amis du monde, et les plus charmants confrères !

    Lanlong

    Les membres de notre clergé indigène viennent de clore leur retraite commune annuelle.

    A Silin les délégués bolchevistes sefforcent, heureusement sans succès appréciable, à soulever la population contre nous. Le P. Epalle a limpression que, les agitateurs partis, la foule marquera à son égard les mêmes sentiments de bon voisinage quauparavant.

    A H. T. Pa les rumeurs, daprès lesquelles cinq puissances étrangères entreraient sous peu en guerre avec les Sudistes, causent parmi la population et surtout la gent écolière une certaine animosité contre les étrangers. Mais jusquici rien de grave.

    A Lanlong les élèves de lécole secondaire se sont exercés dans lart de la parole devant les foules. Dans le feu de laction lun deux se serait aventuré à crier : A bas lEglise ! mais un regard désapprobateur dun de ses supérieurs lui aurait fait rentrer son cri et même fait perdre le fil du discours. En somme ici également les dispositions à notre égard ne paraissent pas changées notablement.

    Canton

    Le sacre de Mgr Walsh, de la Société de Maryknoll, a eu lieu à Sancian, dans la chapelle du village de Son ti, le dimanche 22 mai. LEvêque consécrateur fut Mgr Fourquet, assisté par NN. SS. da Costa Nunes, évêque de Macao, et Prat, Vic. Apost. dAmoy. Mgr Valtorta, Vic. Apost. de Hongkong, était également présent. Après la cérémonie, à 11 h., il y eut procession au tombeau. Les pèlerins, au nombre denviron 600, y vénérèrent dabord la relique de St.-François-Xavier ; il y eut ensuite bénédiction du St.-Sacrement. Au premier Vicaire Apostolique de Kongmoon, nous avons tous souhaité un long et fructueux épiscopat.

    La Fête de la Pentecôte a été très solennellement célébrée à la Cathédrale, avec Messe pontificale, 1200 communions environ ont été distribuées. Il y eut aussi 75 confirmations et quelques baptêmes dadultes.

    Depuis quelques jours, les enfants de la rue redeviennent agressifs. On entend de nouveau ces grossières expressions, qui étaient très communément usitées avant le 15 avril et avaient cessé de lêtre depuis.

    Vinh

    Le P. Guignard, fatigué, est venu se reposer quelques jours à Vinh ; puis, il a regagné son poste de Van-Lôc. Le P. Bos, trop souvent victime de la fièvre, au Laos, a dû aussi changer dair pendant quelques semaines. Quand donc le projet dun sanatorium, dont il est question depuis si longtemps, pourra-t-il se réaliser ? Par ce temps de chaleurs torrides, surtout beaucoup de santés anémiées soupirent vers ce précieux oasis !

    Le choléra a disparu de la ville de Vinh, mais sest répandu dans plusieurs villages. Toutefois la virulence de lépidémie a été fortement atténuée, grâce aux mesures énergiques, qui ont été prises par lAssistance médicale. On a, en particulier, fait de très nombreuses vaccinations et prescrit des mesures dhygiène.

    Autour de la Pentecôte, nous avons eu de violents orages, accompagnés de fortes pluies. La température était plus facile à supporter ; mais surtout, ces pluies ont permis à nos Annamites de faire les premiers préparatifs de la moisson de la deuxième lune.

    Hunghoa

    Le Père Hue, Provicaire, a passé près dun mois dans la région montagneuse de Ngha-Lộ, et visité les chrétientés des Pères Tissot, Cornille et De Neuville.

    Depuis près de 20 ans, le Père Tissot, avec dialecte une activité et un zèle inlassables, a consacré toute sa fortune et son énergie au développement de neuf chrétientés, dont huit groupes Thổ et deux groupes annamites. Je ne parle pas de ses nombreuses randonnées, nu-pieds ou à cheval, dans le massif montagneux situé entre le Fleuve-Rouge et la Rivière-Noire, ses moindres sentiers lui sont connus, et la langue Thổ na plus de secret pour lui. Alors que lAdministration navait pas encore décoles dans ces pays perdus, il a ouvert des écoles de quốc ngữ ?, et lon est agréablement surpris de voir les enfants à même de lire couramment les livres annamites en caractères romains.

    Le Père Hue visita également la région de Tú-Lệ, habitée par de nombreuses tribus, toutes différentes de costumes, de murs et de langues : Nung et Nhang, dans la plaine ; Máns et Xá Cảu, à flancs de montagnes, et enfin, sur les hauts sommets et plateaux élevés, cest-à-dire à plus de 1000 mètres, les peuplades Mèos : Mèos blancs, Mèos noirs et Mèos zébrés.

    Chacune de ces races a sa langue différente, et chaque tribu, son dialecte particulier ; aussi, leur évangélisation sera-t-elle laborieuse !

    Le Père Hue vécut au milieu de ces aborigènes, et, durant ces quatre semaines, put se rendre compte du travail déjà fait, et surtout des difficultés que rencontrent nos confrères en ces régions. Ces populations sont intéressantes ; daigne le Divin Maître nous envoyer des auxiliaires pour aider à leur conversion !

    Le jour de la Pentecôte, Mgr Ramond a bénit solennellement, dans la cathédrale de Hưng-Hoá, une belle statue de Ste Thérèse de lEnfant Jésus, et encouragé les chrétiens à la prier pour notre Mission et à recourir à elle avec ferveur ; puisse-t-elle nous protéger toujours !

    Phatdiem

    Suivant les instructions de Mgr Marcou, des écoles ont été fondées dans toutes les résidences de Prêtres. Daprès les nouveaux arrêtés, ne peuvent être directeurs ou professeurs que les indigènes qui ont été reçus eux-mêmes aux examens auxquels ils préparent des élèves. Cest pourquoi une longue liste de membres de la Maison de Dieu, désignés à cet effet, ont affronté lexamen pour lobtention du certificat détudes élémentaires franco-indigènes, appelé Sơ học yếu lược.

    Voici les résultats :

    Les prêtres qui se sont présentés à la session Phát Diệm ont tous été reçus, 2 avec la mention facultative de français.

    Sur 124 élèves du Petit Séminaire de Phúc Nhạc, 123 ont été reçus ; sur ce nombre 97 présentaient la mention facultative de français ; 76 ont été reçus à cette mention.

    Tous les élèves de lécole des catéchistes ont réussi leur examen, soit 38 élèves.

    Les Amantes de la Croix, 21, les postulantes et les élèves des Surs de N. D. des Missions qui se sont présentées, ont toutes obtenu le même succès.

    A lécole St Louis de Gonzague, fréquentée par les enfants de la paroisse, sur 68 présentés 57 ont été reçus, dont 13 présentaient la mention facultative de français dans la province de Thanh Hoá. 29 élèves du probatorium, à Ba Làng, ont affronté les épreuves ; tous ont réussi.

    Il ny a pas jusquà nos enfants châu-laotiens qui naient voulu obtenir un diplôme académique. Sur 8 qui ont tremblé devant les examinateurs, un seul pauvre petit a échoué, 7 sont reçus.

    Nous voilà donc suffisamment armés pour le maintien des écoles libres élémentaires franco-indigènes de la Mission.

    Le 3 avril dernier, la Congrégation des Surs de N. D. des Missions et la Mission de Phát Diệm faisaient une bien grande perte en la personne de Mère Marie de lEucharistie, Prieure de la communauté. En ce temps dépidémie elle sétait dévouée aux cholériques, avait été vaccinée contre le choléra et cependant, victime de son dévouement, après 12 heures seulement de maladie et malgré tous les soins dont ses Surs lont entourée, elle rendait sa belle âme à Dieu.

    Le Père Lury a commencé à Phúc Nhạc, la construction dun grand bâtiment à deux étages ; il va remplacer les masures qui jusquà ce jour abritaient nos Petits Séminaristes. Le Père a prévu vaste, commode et surtout aéré, parce quil a confiance en la Providence, car les piastres que cette maison coûtera ne sont pas encore arrivées. Cest une uvre voulue de Dieu ; cest lessentiel pour la mener à bonne fin.

    Notre Père Delmas a dû nous quitter pour demander au climat de douce France de lui rendre la santé, profondément altérée par 16 ans de travaux dans les séminaires. Nous souhaitons tous quil reprenne des forces et revienne les dépenser avec ses confrères au service de Dieu et des âmes.

    Quinhon

    Le 4 mai, Mgr Grangeon a ordonné un diacre à Lòng-sông. Le 28 juin, Sa Grandeur ordonnera 9 prêtres, 1 diacre, et conférera les ordres mineurs à 8 tonsurés.

    Nous apprenons avec plaisir que le P. Priou, qui, blessé à la guerre, était demeuré en France, doit nous revenir fin juin.

    Le Petit Séminaire a présenté cette année, pour la première fois, 48 de ses élèves aux examens officiels du Certificat détudes élémentaires. Il a eu 45 succès, plus 12 mentions français et 17 mentions caractères chinois. LEcole des Catéchistes a eu 21 reçus et le Noviciat des Religieuses en a eu 9.

    Monseigneur accompagné du P. Labiausse, a donné la confirmation dans les 5 districts de la Province du Phú-yên du 9 au 22 mai ; au total 904 confirmations.

    Hué

    Les grèves scolaires, mentionnées dans la dernière chronique, se sont terminées à Hué par de nombreuses expulsions délèves et même par la condamnation à la prison et à lamende de trois grévistes plus exaltés. Maintenant le calme paraît revenu.

    Les examens du certificat détudes élémentaires indigènes ont eu lieu dans la semaine du 15 au 22 mai. Les garçons se sont présentés nombreux, du moins au Thua-Thiên (province de Hué) ; mais peu de filles. Il ny avait guère comme candidates que nos Religieuses (Filles de Marie Immaculée, professes, novices ou postulantes) ; 16 sur 22 ont été reçues. Les futurs Petits Frères du Sacré-Cur ont obtenu 10 parchemins sur 12 quils convoitaient. Dautres pieuses femmes de la Société des Filles de Marie, appartenant aux communautés de Diloan et Kim-Hai, ont eu également de très beaux succès à ces examens. Les élèves des Frères des Ecoles Chrétiennes de Pellerin, de même.

    S. Exc. Mgr Aiuti, Délégué Apostolique de LIndochine française, a passé une huitaine de jours dans la Mission, du 21 au 30 mai. Le jour de lAscension, Mgr le Délégué a donné la confirmation à quelques enfants de la paroisse française de Hué. La Délégation devant être, par ordre de Rome, établie dans la capitale de lAnnam, on a pu acheter un terrain dans la chrétienté de Phu-Cam, non loin de la cathédrale. Son Excellence a paru enchantée de cette acquisition. Les travaux de construction ne tarderont pas, sans doute, à commencer, car Mgr le Délégué espère bien prendre possession de sa nouvelle habitation dans les premiers mois de 1928, à son retour de Rome quil va revoir sans tarder.

    Notre sanatorium de Bana, dû à la générosité dun confrère qui sintéresse beaucoup à la santé des missionnaires de Hué et dailleurs, a reçu ses premiers hôtes à la fin de mai : les Pères Neyer et Cadière. Ils sont très contents de leur séjour dans cette station daltitude, située non loin de Tourane, dans la Mission de Qui-Nhon. Dautres confrères de Qui-Nhon et de Hué (le sanatorium est commun à nos deux missions) iront sans doute aussi respirer la fraîcheur sur les pics de Bana, tout en faisant un peu de ministère auprès des Français de Hué et de Tourane qui sy installent en grand nombre de juin à la mi-septembre.

    Malacca

    Pour la seconde fois en moins de trois mois, la mort vient de faire un vide dans nos rangs. Le cher P. Le Mahec, succombant à un mal qui ne pardonne pas, nous quittait le 10 mai pour un monde meilleur. Une opération très pénible, subie lannée dernière, lui avait apporté un soulagement momentané et une prolongation de vie de quelques mois. Les douleurs violentes étant bientôt revenues, notre confrère comprit aussitôt que Dieu voulait le rappeler à Lui et fit généreusement son sacrifice. Sa patience et sa résignation firent lédification de ses confrères et des chrétiens. Purifié par la souffrance, le cher curé de St.-Antoine de Kuala Lumpor aura reçu bon accueil au paradis, que lui ont mérité trente années de vie apostolique.

    Sa mort est une grande perte pour la paroisse indienne de Kuala Lumpor, qui lui doit la belle église et le confortable presbytère dont ses chrétiens sont fiers, et à juste titre. Le poste de Bagan Serai lui doit également son église. Cest le P. Hermann, curé de St. Louis à Taiping, qui va recueillir la succession du cher défunt.

    Birmanie Septentrionale

    Depuis quelques années déjà, aux environs de la fête de Pâques, les missionnaires à qui lévangélisation des tribus Katchines est échue en partage, ont établi la coutume de réunir annuellement leurs chrétiens tantôt dans un centre, tantôt dans un autre. Beaucoup de païens viennent aussi à ces réunions où, durant trois jours, les Pères, aidés de leurs catéchistes, expliquent quelque point de la doctrine catholique.

    Cette année, cest Lamaïbang, village perché à 5600 pieds daltitude, qui avait été désigné pour cette réunion annuelle. Le P. Juéry, le zélé pasteur de lendroit, voulut faire dune pierre deux coups et profita de loccasion pour célébrer ses noces dargent sacerdotales. Donc, les 24, 25, 26 avril, Lamaïbang était en liesse. Lenclos de la Mission, magnifiquement décoré de branchages, de guirlandes et doriflammes, semplissait dheure en heure de nouveaux arrivants, débouchant de tous les côtés, gongs, tambours et cymbales en tête. Les lois de lhospitalité katchine veulent que les étrangers ne pénètrent dans le village que sil y a quelquun pour les attendre à lentrée et les introduire. Ces lois furent scrupuleusement observées en loccasion : des sentinelles postées aux 4 coins du village signalaient les arrivées et aussitôt une délégation se mettait en marche avec des bambous remplis de bière, la bière de bienvenue remplaçant le vin dhonneur. Quel vacarme à chaque arrivée ! Chaque nouveau village, qui est introduit, y va de sa danse et les bruyants instruments marquent la cadence, Mais aussi quel coup dil ! Les jeunes gens ont pris leur plus beau sac et leur plus beau dah ; et les demoiselles en grande toilette étalent leurs bracelets, leurs longs pendants doreilles et leurs jaquettes de velours noir où sont collés, comme des écailles, des sortes de godets en argent et dont les boutons sont des pièces dargent monnayé à leffigie du roi Georges. Et tout ce grouillement humain, se balançant en cadence au son dinstruments tapageurs, vraiment quel coup dil ! Combien étaient-ils ? On a dit, avec un peu dexagération peut-être, quils étaient 5000. En tout cas les prévisions du P. Juéry furent dépassées de beaucoup : le riz filait à belle allure et il sen consomma près du double de ce quil avait escompté.

    Le dimanche 25 fut spécialement consacré aux célébrations jubilaires. Nous étions 13 prêtres réunis autour de lautel, où le P. Juéry chanta la Messe pour remercier le Bon Dieu de tout le bien quil avait opéré par ses mains en ces lieux, où personne avant lui navait planté la croix et apporté la parole du salut. Quelle joie pour lui en ce jour de se voir entouré denfants si nombreux ! Certes ce nest pas sans peine que ces résultats ont été obtenus. Mais en pareil jour pense-t-on au passé ! On est tout à la joie du présent ; on fait des rêves davenir. Pourtant, au repas de midi, nos orateurs lont évoqué, ce passé, mais pour mieux faire ressortir le beau et bon travail que le Père a accompli pendant ces 25 années dapostolat : nous avons assisté à la naissance et au développement progressif de ces belles uvres, que le Père a fondées dans un site vraiment idéal, qui fait honneur à son goût. Un des orateurs a très spirituellement résumé luvre du jubilaire. Faisant allusion à un petit accident, survenu le matin au début de la messe, quand le plancher de la chapelle sétait un peu affaissé, il nous montre le grenier du Père de Famille autrefois vide, maintenant tellement rempli de beau froment quil ne pouvait en supporter le poids. Restons sur cette pensée aussi vraie que belle, et redisons tous ensemble au cher Jubilaire le souhait traditionnel : Ad multos annos !

    Laos

    Le petit abrégé historique suivant de luvre des religieuses du Laos va faire lobjet principal de cette chronique.

    Cette histoire commence presque à la fondation de la Mission. Ce fut en 1887 que le Supérieur de la Mission, à cette époque le P. Prodhomme, ramena, lors dun de ses voyages à Bangkok, deux religieuses indigènes du Siam : Khru Than, comme supérieure de la fondation projetée, et Khru Phiem, destinée à être maîtresse des novices. Il les installa à Oubone où était le P Dabin.

    Les demandes dadmission arrivèrent de tous les postes : dOubone cinq, de Khamkom quatre, de Don Don, Tharë, Paksan et Sien Jun chacun trois, de Sien Vang et Phon Sung chacun une, etc.. Enfin bref, tout nouveau tout beau, les vocations affluaient. Mais quelles vocations ! Quand les postulantes se rendirent compte du but précis de la fondation, le découragement fit place chez elles à lenthousiasme et, les unes après les autres, elles retournèrent dans leurs foyers. Il nen resta que trois de ce premier contingent. Les entrées suivantes neurent pas plus de succès ; sauf deux, toutes rentrèrent chez elles.

    Quelle pouvait bien être la cause de cet insuccès ? On pensa que léloignement dOubone de la partie nord de la Mission devait être un des facteurs à incriminer. On fonda donc, en 1900, un deuxième couvent à Nong-Seng, avec Catharina On comme supérieure et Agnes Thon comme maîtresse des novices ; toutes deux formées au couvent dOubone. Le nouveau couvent débuta avec onze postulantes. En 1904, il fut confié aux religieuses de St.-Paul de Chartres. On escomptait un succès sérieux. Hélas ! notre espoir fut momentanément déçu : des recrues admises jusquen 1914, aucune ne persévéra. Lannée suivante il y eut une rentrée de quinze postulantes. Dix dentre elles retournèrent dans le siècle, et cinq persévérèrent. Cétait enfin un commencement.

    Mais la fondation du couvent de Nong-Seng avait presque paralysé le recrutement du couvent dOubone. De 1900 à 1908, il ne fit que végéter, avec sept religieuses, mais sans nouvelles admissions. Toutefois larrivée des religieuses françaises, auxquelles sa direction fut confiée, lui donna un regain de vie. Les sept religieuses non seulement persévérèrent mais elles furent pour les jeunes filles un sujet efficace dédification. Bientôt les demandes dadmission recommencèrent nombreuses, et le couvent prit de limportance. Il compte aujourdhui une quarantaine de sujets.

    En 1919, le couvent de Nong-Seng fut transporté à Sieng-Vang. Il compte actuellement dix-huit postulantes ou novices.

    Plus récemment Mgr Gouin a fondé un troisième couvent à Tharë avec une supérieure et une maîtresse de novices sorties de Sieng-Vang, sous la direction du P. Combourieu.

    En 1895, seulement quatre postes de la Mission avaient des religieuses : Oubone, Khamkom, Don-Don et Tharë. Actuellement, grâce aux trois couvents, un très grand nombre de postes en sont pourvus. Dans le sud, le couvent dOubone a donné trois religieuses à chacun des postes de Ban-Uet, de Ban-Bua, Sesong, Song-Nhë et trois également à lécole des catéchistes. Le couvent de Sien-Vang au nord a desservi Kham-Kom et Don-Don avec chacun deux religieuses et Paksè avec trois. Celui de Tharë, bien que de fondation toute récente, commence lui aussi à essaimer avec trois religieuses qui viennent dêtre envoyées à Xang-Ming.

    Tel est le résumé succinct de luvre des religieuses laotiennes depuis sa fondation jusquà ce jour. Elle a coûté beaucoup de soucis et de travail à tous ceux qui ont eu à soccuper de son établissement, de son maintien et de son développement. Ils nont pas travaillé en vain. Les résultats acquis déjà sont appréciables et ils promettent, la grâce de Dieu aidant, beaucoup mieux pour lavenir.

    Mysore

    Le collège St-Joseph de Bangalore va ouvrir, dans les premiers jours de juin, son nouvel hostel.

    Le terrain a été récemment acheté à la Young Women Christian Association, qui y avait aménagé un vaste bungalow et de nombreuses cours de tennis. A en juger par la correspondance, qui a paru à cette occasion dans les journaux locaux, plusieurs Protestants de Bangalore se consolent difficilement de laventure.

    Coimbatore

    Le 24 et 25 avril avait lieu à Coimbatore une Conférence dEducation primaire du District. A la demande des organisateurs, les réunions se tinrent à lécole St.-Michel. Les Instituteurs primaires étaient là en grand nombre avec les notables de la ville. Le Ministre de lInstruction publique de Madras présidait. Naturellement des discours furent prononcés, des résolutions furent prises et des desiderata exprimés, parmi lesquels laugmentation des salaires des Instituteurs trouva sa place ordinaire. A la clôture du Congrès, le Ministre, Dr Subbarayan, fit des remarques judicieuses et exprima ses opinions sur le système actuel déducation, question complexe mais très en vogue. Fénelon disait que le cerveau des enfants est comme une bougie allumée dans un lieu exposé au vent ; la lumière vacille toujours. On pourrait presque en dire autant de léducation dans lInde qui, cependant, nest plus dans lenfance.

    Il faudrait éviter, dit le Ministre, la concurrence entre les écoles publiques et les écoles privées ; là où existe une bonne école privée reconnue, on ne devrait pas ouvrir à côté une école publique.

    Il nest pas désirable que les élèves apprennent un métier dans les écoles primaires ; à lécole primaire il suffit dapprendre à lire, à écrire et à compter.

    Léducation qui aurait pour résultat dencourager les jeunes gens à déserter les campagnes pour les mener à lassaut des emplois ferait fausse route.

    Le 8 mai on célébrait à Coimbatore, en même temps que la fête patronale de la Cathédrale, le 60ème anniversaire de sa consécration. Restaurée, rajeunie et ornée, la Cathédrale était belle. Les chrétiens étaient venus de tous les coins de la mission pour prendre part à cette fête diocésaine ; mais tout le monde regrettait labsence de Mgr, retenu à la montagne par le mauvais état de sa santé et la confirmation à Wellington. Un vétéran de la mission, le Père Petite, chanta la Messe ; le doyen des Prêtres indigènes, le Père Ignatius, fut le prédicateur éloquent de la fête et du triduum qui la précéda. Dans la soirée, un des plus anciens chrétiens de Coimbatore fit une intéressante conférence sur lhistoire de la Mission à une foule innombrable assemblée devant léglise. A 6 h. ½ du soir commença le défilé interminable de la procession, qui se déroula pieusement et en bon ordre pendant environ une heure dans les rues voisines de la Cathédrale. La Bénédiction du St. Sacrement couronna cette belle fête.

    A loccasion de ce jubilé de diamant, une petite histoire de la Mission a été publiée en tamil pour lédification des fidèles.

    En 60 ans, grâce à Dieu, la Mission a fait des progrès. En 1867, la mission comptait 18.000 chrétiens ; ils sont maintenant près de 47.000. Il ny avait point de prêtres indigènes ; ils sont maintenant 26. Dans la ville de Coimbatore, il ny avait que 200 chrétiens ; ils sont maintenant 6000. Progrès lent, mais progrès tout de même qui a coûté à nos aînés bien des luttes, bien des sacrifices et bien des souffrances. Que de noms vénérés sont attachés à cette période parmi les Evêques et les Prêtres ! Les Bonnand, de Brésillac, Dépommier, Bardou ; les Dubois, Pacreau, Bigot-Beauclair, Métral, Jarrige, de Gélis, Aloysius, sans parler de ceux des temps plus rapprochés.

    Gratias Deo super inenarrabili dono ejus.

    Le mois dernier le Père V. Morin est rentré en France pour y refaire sa santé délabrée par 26 ans de mission et de ministère intense.

    Le 16 mai un confrère indigène, le Père Louis, mourait subitement dune péricardite, à Sinnapallam. Les PP. Béchu, Xaverinather, Dominique et Marie-Joseph assistèrent, le lendemain, à son enterrement. La plupart des chrétiens des villages environnants étaient présents. Le regretté confrère navait que 39 ans ; cétait un prêtre actif et zélé, qui cherchait par tous les moyens à subvenir aux besoins spirituels et temporels de son troupeau. A Sinnapallam, où léglise et le presbytère étaient en fort mauvais état, il avait tout renouvelé et la construction dune école allait être achevée, lorsque la mort est venu le surprendre. Sa mort est une grande perte pour la Mission. R. I. P.

    Séminaire de Paris

    Grâce à lexactitude avec laquelle les Missions ont envoyé leurs comptes rendus, notre Lettre Commune a pu être distribuée dès le début du Carême et nous vaut des félicitations, telles que celles-ci, dues à la plume du grand et saint ami quest pour les Missions-Étrangères S. G. Mgr Ruch, évêque de Strasbourg :..Très reconnaissant du précieux envoi du Compte rendu. Quelle gerbe defforts et de sacrifices ! Quelle moisson dâmes ! Une fois de plus, Dieu soit béni ! et honneur à vos missionnaires ! Avec émotion le soussigné a pris connaissance du rapport de ses deux amis Mgr Renault et Mgr Jantzen. Il prie de toute son âme pour eux, pour tous les membres de votre héroïque famille, pour les missionnaires de Chine tout spécialement. Que Dieu vous envoie beaucoup dexcellentes recrues, et quil tire le bien du mal.

    Le dimanche de la Passion, Mgr le Supérieur a célébré à N.-D. des Victoires la messe de communion pascale des officiers de Marine présents à Paris.

    La réunion des Dames de luvre des Partants a eu lieu le lundi 4 avril. Lallocution dusage a été prononcée par le nouvel archevêque de Tôkyô, Mgr Chambon. Il a parlé avec flamme de son cher Japon, et a recommandé son diocèse aux prières de ses auditrices.

    Mgr Chambon a passé à M. Chabagno les soins de la procure du Japon et du Secrétariat du Conseil Central de la Société.

    La Société des Missions-Étrangères vient de faire une perte irréparable en la personne de M. Adrien Launay, lhistorien et larchiviste, qui a tant aimé les Missions-Étrangères et leur a valu depuis plus de 40 ans, par ses écrits dune richesse, dun intérêt et dune vérité incomparables, tant destime et de sympathies. Il est mort à Juan-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes, emporté par une angine de poitrine quelques jours après avoir reçu la visite du P. Robert, 1er assistant, et quelques heures après avoir reçu les derniers sacrements des mains de M. Sajot, autrefois aide-procureur à Marseille. La Société doit une vraie reconnaissance à Mlle Sellier, qui la soigné avec le plus touchant dévouement pendant sa dernière maladie. Après un service à Juan-les-Pins, auquel assistaient de nombreux amis, le corps, transporté à Marseille, y a été inhumé après une cérémonie à léglise N.-D. du Mont. M. Bernat, arrivé de Paris lavant-veille, y représentait ladministration centrale. Etaient également présents M. Sibers, M. Couvreur, M. Poulhazan, et nos quatre partants du départ de Pâques. Le 26 courant, un service a été célébré pour le cher défunt dans notre Séminaire. Parmi les nombreuses personnes qui y ont assisté, on remarquait M. Canet, venu spécialement pour offrir les condoléances de M. Briand, Ministre des Affaires-Étrangères.

    Les offices de Pâques ont eu pour célébrant Mgr Chambon. Ce jour-là, en effet, Mgr le Supérieur était à Périgueux, où, à la prière de Mgr lévêque, il présidait le pardon annuel qui, pour la deuxième fois réunit autour de leur aumônier, dans léglise St.-Martin, les Bretons bretonnants émigrés en Dordogne, où, au nombre de 3 à 4000, ils repeuplent les terres qui meurent.

    Le dimanche de Quasimodo, a eu lieu la cérémonie de départ de quatre nouveaux missionnaires : MM. Julien Larrieu et Gérard Patrouilleau, pour Tôkyô ; M. Abel Hougard, pour Pondichéry et M. Philippe Charel, pour Tcheng-tou. Ils se sont embarqués à Marseille, le 27 avril, sur le Chambord.

    Nos aspirants ont fait le mardi, 26 courant, le pèlerinage de lendemain de départ, empêché cette année le lundi par la procession de St. Marc. Le mercredi 27, ils ont eu leur première promenade dété.

    La fête du Patronage de St.-Joseph, le 4 mai, a été le jour du Sacre de S. G. Mgr Chambon, archevêque de Tôkyô. Le prélat consécrateur a été Mgr de Guébriant, Supérieur du Séminaire et de la Société. Les prélats assistants étaient S. G. Mgr Marnas, évêque de Clermont-Ferrand, et S. G. Mgr Cuaz, évêque de Hermopolis, et ancien Vicaire Apostolique du Laos. Prenaient part à la cérémonie : Mgr Bruley des Varannes, Mgr Mério, Mgr Olichon, Mgr Beaupin, Mgr Bouchet, les représentations de plusieurs Congrégations et de nombreux amis, personnels du nouvel archevêque. Lambassade du Japon était représentée par M. Kawai, qui siégeait au chur en face de M. Canet, conseiller des affaires ecclésiastiques au Ministère des Affaires Etrangères. A signaler aussi M. Inabata, sénateur catholique japonais, M. Moriyama, attaché dambassade, etc..

    Après la majestueuse et touchante cérémonie du Sacre, un déjeuner réunissait, outre les deux communautés de Paris et de Bièvres, cinquante neuf convives. Quatre toasts ont été prononcés : le premier par S. G. Mgr de Guébriant, le second par S. G. Mgr Marnas, le troisième par M. le Chanoine Gaudron, aumônier des Surs de St.-Paul de Chartres, et le dernier par S. G. Mgr Chambon. A cette occasion, a été annoncée à Mgr Marnas son agrégation à la Société des Missions-Étrangères, comme membre honoraire.

    De tout notre cur nous disons au nouvel Archevêque Ad multos annos. Que la bénédiction de Dieu descende bien abondante sur lui, et, par lui, sur son grand diocèse !

    La vente de luvre des Partants a eu lieu les 5 & 6 mai. Grâce aux efforts du nouveau directeur, M. Robert, la recette approche du double de celle dil y a un an.

    Le 7 mai, Mgr le Supérieur et Mgr Chambon prenaient le train pour Boulogne-sur-Mer, en vue de prêter leur concours à une Journée de Missions dans lArchiprêtré de St.-Omer. Mgr Chambon a passé la journée du dimanche 8 à Aire-sur-la-Lys, et Mgr le Supérieur à St.-Omer même. Grande sympathie et généreuse affluence des fidèles, toujours vivement intéressés par les questions missionnaires. En rentrant à Paris le lundi 2 mai, Mgr le Supérieur sest arrêté une journée à Amiens, où la rejoint M. Robert, venu de Paris. Outre une conférence au Grand Séminaire, qui fournit cette année un nouvel aspirant aux Missions-Étrangères, il sagissait de la réunion annuelle de la section amiénoise de luvre des Partants. Mgr Lecomte, évêque dAmiens, y a parlé en termes dune intense sympathie pour les Missions.

    Lordination de la Trinité sera rapportée, à partir de cette année, à là date traditionnelle de St Pierre. A cette prochaine ordination nous aurons 12 prêtres, 2 diacres, 20 sous-diacres, 8 exorcistes et acolytes, 6 ostiaires et lecteurs et 7 tonsurés.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Auguste Piou (Angers), Marcel Bourbon (Châlons), Marcel Pradon (Le Puy), Léon Dépret (Arras), Robert Séminel (Amiens) et Georges Tallin (Chambéry).
    1927/435-456
    435-456
    Anonyme
    France et Asie
    1927
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