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Chronique des Missions et des Etablissements communs 4

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Hakodate
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Hakodate

    Le R. P. Dom Marie-Bernard, Abbé de la Trappe dAiguebelle (Savoie), a fait récemment la visite de nos deux monastères cisterciens. A Yunokawa (Trappistines) a été décidée la reconstruction intégrale des bâtiments détruits par lincendie du 16 octobre dernier. Au P. Robert, aumônier, est adjoint le P. Théophane Arnaud, qui nest pas un inconnu pour nos confrères dAnnam et du Tonkin ; ingénieur en Indochine, puis en France pendant la guerre, ses connaissances techniques seront dun grand secours pour les travaux qui vont commencer incessamment.

    Tôbetsu (Trappistes) perd son Prieur, Dom Gérard, chargé dune nouvelle fondation dans le département de Fukuoka, au nord du Kyûshû (diocèse de Nagasaki). Les Trappistes possèdent là une propriété de 36 hectares quil sagit de mettre en valeur. Six religieux se préparent à rejoindre prochainement le P. Prieur pour y fonder un monastère sous les auspices de la Sainte-Famille.

    Le P. Augustin, sous-prieur, prend la direction de la Trappe de Tôbetsu, aidé du P. Jean-Marie, connu jadis dans la Mission dOsaka sous le nom de Père Angles.

    Malgré les progrès réalisés au Japon au cours de ces années dernières, il existe encore des régions où la vie apostolique est soumise aux mêmes conditions quil y a un demi-siècle. Le P. Anchen vient den faire lexpérience. Il voyageait dans la presquîle de Tanabu, où les communications sont difficiles et où bien peu dEuropéens ont pénétré. Son bagage sur le dos, ayant arpenté dix lieues déjà par monts et par vaux sur des pistes neigeuses à peine tracées, il sen va, harassé, frapper à une porte qui se présente sur la route. Ses exigences étaient bien modestes, puisquelles nallaient pas au delà de la minuscule tasse de thé que lon accorde à tout voyageur. Fut-il pris pour un fantôme, ou considéré comme un être maléfique ? Toujours est-il quon lui refusa même ce pauvre rafraîchissement. Cette mésaventure ne lempêcha pas de poursuivre sa route jusquà Hachinohe, où il était assuré de trouver église et résidence. Il y arrivait bien à point. Dans ce poste, malheureusement privé de titulaire depuis longtemps, la municipalité avait formé le projet de faire ouvrir un chemin qui eût coupé en deux la propriété, pourtant clôturée, de la Mission.

    Un cas analogue sétait présenté déjà à Ebisu, dans lîle de Sado : la mairie, voyant inoccupée la résidence du missionnaire, avait cru pouvoir se ladjuger, et ce nest quaprès de longs pourparlers avec la préfecture de Niigata que nos droits furent reconnus.

    A Hachinohe on trouve un groupe sérieux de néophytes et de catéchumènes quy a laissés le P. Cornier quand il fut transféré à Aomori : tous désirent vivement la présence au milieu deux dun prêtre catholique. Il nest pas jusquaux schismatiques orthodoxes qui ne partagent ce désir ; plus ou moins délaissés à lheure présente, il ne semble pas douteux que les meilleurs dentre eux ne tendent à se rapprocher de la vraie foi.

    Seoul

    A loccasion de la fête nationale japonaise du 11 février (anniversaire de lintronisation du 1er empereur Jimmu-tennô, le 1er jour du 1er mois lunaire de lan, 660 av. J.-C., daprès la chronologie officielle, et de la promulgation de la Constitution le 11 février 1889), les orphelinats des Surs de S.-Paul à Seoul, Chemulpo et Taikou, ont reçu chacun du Gouvernement général un don de 500 yen,

    Le 18 février le service de 30e jour pour Mgr Devred a été célébré par Mgr Sauer ; lassistance était imposante.

    S. G. Monseigneur Mutel est rentré à Seoul le 1er mars ; les chrétiens, réunis en grand nombre à la cathédrale, lui ont fait une réception enthousiaste, et ont été fiers dapprendre son élévation à la dignité archiépiscopale.

    On parle dune visite à Seoul, en septembre prochain, de lAmiral Yamamoto, le catholique bien connu, qui donnerait une série de conférences.

    887 étudiants demandent à subir lexamen dentrée à lUniversité Impériale de Seoul ; sur ce nombre 160 seulement seront admis.

    Le gouvernement a décidé dintroduire, à partir du mois davril, lentraînement militaire dans les écoles de Corée : le Ministère de la Guerre fournira les officiers instructeurs et des fusils modèle 1905. Cest là lindice dun grand changement dans les idées japonaises, sûrement ; coréennes, qui sait ?.

    Taikou

    Mgr Demange est arrivé à Taikou le 1er mars. Treize prêtres, les séminaristes, les élèves des écoles de garçons et de filles, de nombreux chrétiens coréens et japonais étaient venus à la gare au devant de Sa Grandeur.

    Le P. Peynet, revenu de Hongkong avec Monseigneur, a repris ses fonctions de Supérieur du Séminaire.

    Le P. Deslandes, à peu près guéri des suites de son accident dautomobile, a regagné son poste de Fusan.

    Tchongking.

    Les écoles de Litoupa, à la fin du 2e semestre de lannée scolaire, ont distribué 21 diplômes de fin détudes primaires supérieures, dont 14 à lécole des garçons et 7 à lécole des filles. Au concours de Kiuhien, auquel prenaient part près de 800 élèves, lécole de Litoupa, qui présentait 47 candidats, a obtenu 35 mentions sur un total de 100, qui ont été délivrées. Ce sont là des résultats bien encourageants.

    Au couvent du Sacré-Cur, à Tchongking, à lissue de la retraite prêchée par le P. Thomas, 4 novices ont été admises à prononcer leurs vux, ce qui porte à 60 le nombre des religieuses de cette petite Congrégation indigène. Trois nouvelles maisons ont été fondées, à Hotcheou, à Tongleang et à Ouanhien. Quatre de ces religieuses, qui étaient parties après la retraite pour rejoindre leur poste, ont été dévalisées à leur arrivée dans le port de Hotcheou et se sont vu enlever tous leurs effets. On a également saisi des envois de médicaments destinés aux Franciscaines de Siuting,

    La Mission a à déplorer la mort dune chrétienne dévouée, Marie Tong, qui depuis huit ans, gratuitement, obscurément, se consacrait à la direction dun asile où elle hospitalisait plus dune centaine de vieilles femmes pauvres.

    De divers côtés on signale des mouvements de troupes. On dit que la guerre est imminente entre les soldats du Kouytcheou, commandés par le général Yuen Tsoumin, et les armées setchoannaises.

    Suifu

    Les voyages deviennent de plus en plus émotionnants dans notre Mission. Dans les derniers jours de janvier, les PP. Morge et Vincent, en route pour la retraite, descendaient en radeau de Yatcheou à Kiating avec un certain nombre de voyageurs qui se croyaient en sûreté en leur compagnie. A cent lis en aval de Yatcheou, des ordres impératifs, soulignés par des coups de feu tirés de la rive, obligent le radeau à aborder. Vingt hommes armés de revolvers montent aussitôt à bord. Les voyageurs sont minutieusement fouillés, leurs caisses et leurs paquets sont ouverts, et tout ce qui plaît à messieurs les brigands est emporté. Mais grâce à leur diplomatie, dans le langage diplomatique chinois, le plus fieffé bandit doit être décoré du beau titre dhonnête homme réputé pour ses bonnes uvres, et surtout à la protection de leur Anges gardiens, nos deux confrères sen sont tirés à bon compte.

    Mgr Renault attend à Kiating que les événements lui permettent de faire sa tournée pastorale dans la partie haute de la Mission.

    La situation politique du Setchoan est de plus en plus embrouillée. Cest lanarchie au sens péjoratif du mot : autant de gouvernements quils y a de généraux de brigades. Le pauvre peuple est pressuré de toutes les façons ; et on ne voit pas comment il pourra retrouver les jours paisibles dantan, qui lui paraissent dautant plus beaux quils sont plus lointains.

    Ningyuanfu

    La retraite annuelle des missionnaire souvrit le 7 février. Le 12, service funèbre pour les âmes de Mgr Bourgain et des confrères et prêtres indigènes morts au service de la Mission. A partir de 10h. tous les exercices se firent devant le Saint-Sacrement exposé ; le soir, salut solennel, rénovation des promesses et chant du Te Deum.

    Le dimanche 14 commença la retraite des Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, prêchée par le P. Grosjean.

    Le même jour, une petite fête tout intime fut offerte au P. Le Mercier à loccasion de son agrégation dans la Société ; puis sur linvitation du P. Le Bouetté, supérieur, nous assistâmes, au Séminaire Sainte-Anne, à une séance de projections des mieux réussies.

    Le 18, la grandmesse de nos BB. Martyrs fut célébrée par notre doyen le P. Burnichon. Et voilà faite notre provision de piété et dardeur pour lannée qui vient de commencer : puisse-t-elle être marquée de moins de tristesses que celle qui sachève et nous donner sous peu un évêque selon le cur de Dieu !

    Yunnanfu

    Nous avons appris avec grande satisfaction que nous aurons une retraite à Yunnanfu dans la première quinzaine de juin ; elle sera prêchée par le P. Dalaine, supérieur du Grand-Séminaire de Vinh.

    Dans le Bas-Yunnan les brigands font toujours parler deux. Le gouvernement, qui a bien dautres soucis, les laisse travailler en paix. Nos chrétientés souffrent grandement de la présence de ces indésirables et nos confrères ne peuvent sortir sans risquer de se voir capturés ou au moins dévalisés.

    Kouiyang

    A la date du 15 février nous navions pas encore reçu nos calendriers chinois, expédiés par limprimerie de Tchongking depuis 4 mois. Et il est bien à craindre que, sans calendrier, nos chrétiens noublient trop facilement les dimanches, les fêtes, les jours de jeûne ou dabstinence, etc. Le service postal fonctionne dune manière vraiment déplorable.

    La Mission vient de perdre un de ses prêtres indigènes, Paul Ten, qui, ordonné en 1921, était professeur de littérature chinoise au Probatorium. Cétait un charmant confrère, gai et plein dentrain, un prêtre pieux et zélé ; cétait aussi un habile organiste dont le talent rehaussait la solennité des cérémonies pontificales à la cathédrale.

    Lanlong

    Après deux années de séjour en France pour y rétablir sa santé, le P. Cheilletz nous est revenu tout rajeuni et heureux de reprendre lapostolat auquel il apportait tout son zèle.

    Canton

    Malgré la situation toujours troublée et les menées anti-chrétiennes, les demandes dadmission au Collège du Sacré-Cur ont été nombreuses. Sur les conseils de Mgr Fourquet, le Directeur des Frères a, jusquà nouvel ordre, limité à 600 le nombre de ses élèves.

    Le P. Le Restif est chargé désormais de Pingpo et des chrétientés voisines. Il a été installé dans son nouveau poste par le P. Camille Robert.

    La retraite annuelle des prêtres indigènes aura lieu du 19 au 24 avril ; elle sera prêchée par le P. Pierre Chan, S. J.

    Swatow

    A part trois ou quatre oratoires occupés par les Sociétés des paysans ou soldats de passage, nos confrères ont été assez tranquilles depuis le nouvel an chinois.

    Cependant luvre à laquelle se dévoue le P. Etienne au Séminaire à Tenghai continue à attirer la haine du diable et de ses suppôts. Depuis Noël il ne se passe presque pas de jour sans que quelques malotrus, surtout des militaires, viennent troubler lordre et la tranquillité par des visites intempestives, des cris, des injures et même des volées de pierres. Si le Père se plaint, les autorités civiles et militaires sont daccord pour nier tout, comme les incidents de Noël, qui cependant avaient été rapportés par tous les journaux de la région ; quant aux coupables ils recommencent le lendemain encore plus fort. Et dire que cest ce régime quon nous promet pour lavenir, quand les traités inégaux seront abolis ! En attendant ces temps nouveaux, exerçons-nous à la patience, nous en aurons besoin : In patientia vestra Possidebitis animas vestras.

    Nanning

    Le Kouangsi est une des provinces les plus pauvres de la Chine ; il ne lui manquait plus que de se payer le luxe dune nouvelle crise financière.

    Il y a quelques années le pays a été déjà ruiné une fois. Les gouvernants avaient émis des billets de banque en quantité innombrable et avaient raflé en échange presque tout largent monnayé. Les billets tinrent bon quelques années ; mais en 1922 ils tombèrent de 99% à 1%, et en 1923 ils étaient au dessous du rouble et du mark.

    Les nouveaux gouvernants, après avoir vilipendé leurs prédécesseur, se mirent à battre de la nouvelle monnaie, de la vraie, en piastres sonnantes et trébuchantes. Tout le monde disait : Au mois, voilà des chefs honnêtes ! Il fallut bientôt déchanter. Le gouvernement refuse maintenant les pièces quil a lui-même frappées. Pour le paiement des impôts, taxes, etc. il exige des billets quil vient de faire imprimer et quil a baptisés du nom glorieux de dollars ; mais, pour se procurer ces billets, il faut des pièces anciennes. Par une faveur toute particulière les pièces nouvelles ne sont acceptées quà 60 % de leur valeur nominale.

    Le peuple affolé se précipite donc aux guichets pour échanger avec perte de 40 % les pièces neuves contre des billets. Ceux-ci tiendront ce quils pourront, ensuite le gouvernement avisera. Dailleurs il avise déjà, car une nouvelle usine de piastres travaille à Outcheou ; le titre de cette nouvelle monnaie nest même pas de 30 %. Il paraît que cest pour racheter les billets, qui maintenant sont en faveur.

    Le 27 février, 15e jour de la première lune chinoise, à Nanning même, grande procession des éléments bolchevistes de la ville. En passant devant la mission, le gouverneur militaire Hoang Tchao Hiong en personne, qui se trouvait à la tête du cortège, se mit à vociférer : A bas limpérialisme français ! etc. Et la foule de faire chorus. Cela promet.

    Mgr Ducur, après avoir fait la visite des districts du nord-est de la Mission, est sur le point de rentrer à Nanning.

    Le 23 décembre 1925, est mort le Père Jean-Baptiste Kan. Ordonné prêtre en septembre 1915, il fut nommé professeur au Séminaire, puis, quelques années plus tard, envoyé en district et chargé de lécole des Catéchistes à Kouihien ; cest là quil a rendu son âme à Dieu. Prêtre sérieux, intelligent, de bon esprit, sa mort est une grande perte pour la Mission.

    Trois séminaristes devant suivre les cours de philosophie et théologie sont partis pour Penang, viâ Tonkin.

    Hunghoa

    Cette année, Mgr Ramond a commencé sa visite pastorale par les districts du P. Chatellier, où se trouvent les plus belles chrétientés de notre Mission. Partout les chrétiens ont rivalisé de ferveur et de zèle pour suivre les exercices de la mission et recevoir la bénédiction de leur Evêque. Dans la nouvelle église de Phidinh, quil visitait pour la première fois, Mgr a administré près de 150 confirmations. Le P. Chatellier, qui commença il y a 25 ans lévangélisation de ce district, était à la joie ; nayant pas encore retrouvé sa voix, il ne ne pouvait pas prêcher, mais il compensa cette lacune par de longues séances au saint Tribunal ; et, comme il accompagne Mgr dans sa tournée et partout sinstalle au confessionnal, ses vicaires (cet âge est sans pitié !) lui ont, moyennant lapprobation épiscopale, décerné le titre justement mérité de Confesseur non Pontife.

    Le P. Savina, qui, depuis le mois daoût 1925, mettait au service des PP. de Picpus, dans lîle de Hainan, ses connaissances linguistiques, vient déchapper à un grand danger. Pressé de sembarquer avec les troupes régulières sur une jonque chinoise pour échapper aux bandes rouges, il fut aux prises pendant deux jours avec une violente tempête ; plusieurs des jonques qui accompagnaient la sienne furent emportées à la dérive. Lui, en vrai Breton, garda sa confiance en sainte Anne et, surmontant toutes les difficultés, guida heureusement sa fragile embarcation jusque dans les eaux françaises du Tonkin. Une fois de plus son bon Ange lavait sauvé.

    Le P. Cornille, qui depuis 15 ans travaille à lévangélisation des populations montagnardes, est obligé daller refaire sa santé en France. Il est remplacé à Nghia-Lô par le P. de Neuville.

    Notre doyen le P. Méchet annonce de France son prochain retour ; il sera probablement à Hunghoa pour les fêtes de Pâques.

    Sur Marguerite, de S.-Paul de Chartres, qui depuis 17 ans dirigeait lhospice de Yenbai, a rendu son âme à Dieu le 9 février. Le 21 novembre 1925, elle avait célébré ses noces dor de profession religieuse.

    Phatdiem

    Thanh-hoa, le 5 février, le P. Bourlet a procédé au transfert dans le cimetière de la Mission des restes des PP. Rigouin (+ 1904) et Navaille (+ 1907). Il ne convenait pas que nos confrères fussent abandonnés dans un cimetière désaffecté, au milieu de tombes païennes, presque au niveau des rizières et, pour cette raison, trop souvent inondé. Les ossements des deux Pères furent donc recueillis, entourés de linges blancs et placés dans de petits cercueils annamites en grès. Ils reposent maintenant près de la grande croix, dans lenceinte réservée aux missionnaires, non loin des chrétiens quils ont évangélisés de leur vivant.

    Le 2 mars le P. Pléneau célébrait ses noces dargent sacerdotales. Le matin, messe chantée dans la superbe église romane en ciment armé quil vient dachever à Tôn Đạo. Tous les confrères qui lavaient pu sont venus remercier Dieu en union avec le jubilaire. A lissue de la messe ce furent les hommages des chrétientés de la paroisse, puis de joyeuses agapes réunirent tous les prêtres français et tonkinois.

    Phátdiệm a eu lhonneur et la joie de recevoir Son Excellence Mgr Aiuti, Délégué Apostolique en Indochine, venu pour faire la visite du Grand et des Petits Séminaires.

    La solennelle et respectueuse réception faite à Phátdiệm a montre à S. E. avec quelle joie clergé et fidèles étaient heureux daccueillir le représentant du Souverain Pontife. Toutes les routes par lesquelles passait le cortège étaient pavoisées, avec çà et là de jolis arcs de triomphe ; et tout le long du chemin une foule nombreuse pieusement agenouillée pour recevoir la bénédiction du Prélat.

    S. E. passa une demi-journée au Grand-Séminaire et visita longuement les uvres des religieuses européennes et indigènes, ainsi que les écoles de la paroisse.

    A tous, avec une bonne grâce charmante, il donna des encouragements et des conseils frappés au coin de la prudence surnaturelle et du zèle apostolique.

    Après Phátdiệm ce fut le tour du probatorium de Ba Láng. S. E. admira la beauté du site, laménagement des locaux et la bonne mine des élèves. Là aussi il encouragea et conseilla avec lautorité que lui donne sa haute dignité et sa grande compétence dans les questions déducation.

    Le passage de S. E., bien que rapide, sera pour nous une source de bénédictions du ciel : Benedictus qui venit in nomine Domini.

    Quinhon

    Le 20 janvier, à Kontum, a eu lieu pour la première fois la cérémonie du Serment. Les Moïs y étaient accourus en foule, mais tous les honneurs de la fête étaient pour les nouveaux soumis du pays Sedang et Halang. Il y avait, là des représentants dau moins cinquante de ces villages et ce nest quà eux quon a demandé le serment de fidélité à la France. Pour ce serment les Sedangs ont plongé leurs lances dans une jarre de vin de millet, le commandant du poste y a plongé un fusil et un sabre. M. Maulini, le promoteur de cette soumission pacifique, a prononcé un discours ; le Résident et les autres fonctionnaires ont bu avec les Moïs ; cinq buffles ont été abattus pour le festin et un grand feu de joie a éclairé la scène toute la nuit.

    Hué

    Visite de S. M. Bảo-Đại, roi dAnnam, au Petit-Séminaire dAnninh. Le mercredi 10 février, le Petit-Séminaire dAnninh a eu lhonner de recevoir la visite du nouveau roi dAnnam, S. M. Bảo-Đại, visite purement privée, dont nous ne fûmes avertis par un ami que trois heures davance. Sa Majesté était venue passer la journée, tout-à-fait incognito, à la plage de Cứa Tùng, accompagnée de M. Charles, ancien Gouverneur général de lIndochine, aux soins dévoués duquel il est confié. Bien que le temps manquât pour organiser une réception digne de la majesté royale, maîtres et élèves rivalisèrent dentrain pour lornementation dun petit salon et de lavenue qui conduit au Séminaire. Le roi, avec M. et Mme Charles, arrivaient de Di Loan, où ils avaient admiré la magnifique église gothique, lune des plus belles de lAnnam, et visité les ateliers de soierie et de broderie établis au Couvent par le P. Cadière selon les méthodes européennes. Linstallation et le fonctionnement de ces industries intéressèrent vivement Sa Majesté, qui demanda même quelques coupons de cette soie et remit une offrande aux petites brodeuses.

    Après avoir reçu les salutations des religieuses et celles des dignitaires de la chrétienté, le roi et sa suite prirent le chemin du Petit-Séminaire.

    Vers 3 h ½ arrivaient les autos amenant nos nobles visiteurs. Tous les prêtres des environs, prévenus en toute hâte, étaient là, entourant le P. Roux, Supérieur, et les professeurs du Séminaire.

    Le roi, descendu le premier, est salué par le Père Supérieur, les prêtres et les élèves, debout sur deux rangs. Le roi ne porte aucun insigne, Il est vêtu dun habit de satin noir et dun pantalon blanc effiloché (signe de deuil) et porte un casque colonial. On dirait à le voir un jeune étudiant ; à peine âgé de 12 ans, on lui en donnerait 15, à juger sur sa taille. Sa pose est toute de simplicité et damabilité, quoique grave et digne. Il se découvre pour recevoir les hommages des prêtres qui le saluent. Le jeune roi et sa suite sont conduits au salon dhonneur, où un trône a été préparé.

    Tout dabord le Père Supérieur, dans un petit discours en langue française, exprime à Sa Majesté, au nom de tous, ses remerciements pour lhonneur quElle fait au Petit-Séminaire dAnninh et ses souhaits de longue vie et de prospérité.

    A cette harangue quil a écoutée debout le roi répond : Merci !

    Présentés par leurs Supérieur les élèves font ensuite avec ensemble et gravité les cinq prostrations (lạy) de règle envers le Souverain, puis lun deux lit un compliment en langue annamite. Cette fois encore le roi répond : Merci !

    Dans son discours le Père Supérieur avait rappelé la visite du roi Đồng-Khánh au Petit-Séminaire dAn-ninh en 1886. On montra au roi le diplôme que son aïeul avait donné au Père Girard à cette occasion, souvenir exposé au salon du Séminaire. Lun des prêtres présents, le Père Huấn, était alors élève du Séminaire. Présenté à Sa Majesté, il rappela en quelques mots les circonstances de cette visite royale.

    On parcourut ensuite rapidement létablissement. A la chapelle le roi savance respectueusement jusquà lentrée du sanctuaire et fait une profonde inclination à lautel. On visite ensuite le cimetière où reposent des missionnaires contemporains de Gia-Long et de Minh-Mạng, puis les dortoirs et la salle détude. Là le roi a paru plus intéressé que partout ailleurs, mais na fait aucune réflexion. Dailleurs, pendant toute sa visite, il na demandé aucune explication : il écoutait seulement attentivement ce quon lui disait et répondait aimablement aux questions quon lui posait.

    Reconduit à sa voiture, le roi a tendu la main à tous les prêtres présents et, au moment du départ, a salué avec courtoisie les élèves respectueusement inclinés devant lui.

    Prêtres et séminaristes, enchantés de cette visite, ne tarissent pas de louanges sur lamabilité, la simplicité et la dignité du jeune roi. Le terrain sur lequel est établi le séminaire est un don du roi Gia-Long et, à ce titre, est exempt dimpôt. Deux rois lui ont fait lhonneur de le visiter ; LL. MM. Đồng-Khánh et Bảo-Đại. Le Séminaire dAnninh gardera toujours de cette faveur un souvenir reconnaissant.

    Un billet de la Secrétairerie dEtat, daté du 21 août 1925, a apporté à Mgr Allys, à loccasion du 50e anniversaire de son sacerdoce, sa nomination de Prélat Assistant au Trône pontifical et de Comte romain. Cette distinction est pour notre Mission une cause de joie et de fierté.

    Pendant les fêtes du tết (premier de lan annamite), Mgr Eloy a interrompu sa tournée pastorale du Bố-Chính pour rendre, avec le P. Radelet, une visite toute simple et cordiale à ses voisins du Sud. Du 12 au 16 février, Sa Grandeur a pu voir les principaux postes et établissements religieux de la Mission de Hué. A Phước-Sớn, Mgr eut la joie de revoir, sous le capuchon blanc des moines de N.-D. dAnnam, des figures connues depuis longtemps : celle, dabord, dun bon Père à qui jadis, à Boulogne-sur-Mer, il fit le catéchisme et quil prépara même, je crois, à la première communion ; celles aussi de plusieurs anciens petits séminaristes et catéchistes de la Mission de Vĩnh, Le 16, Mgr et le P. Radelet quittaient Hué pour regagner le Bố-Chính. Mgr Allys les accompagna jusquà Phước-Môn, chrétienté fondée par M. Bài. Les voyageurs sarrêtèrent quelques instants à N.-D. de Lavang, où, ce jour-là même, avait lieu le pèlerinage que, depuis un quart de siècle, on a coutume dy faire un des premiers jours de lannée annamite. Cette année, il fut plus solennel, grâce à la présence du grand séminaire, du P. Provicaire et de Monseigneur, qui, après avoir fait visiter la Sainte-Enfance de Phước-Môn à Mgr de Vĩnh et au P. Radelet, put revenir à Lavang assister à la procession et donner le salut du Saint-Sacrement.

    Notre jeune roi S. M. Bảo-Đại a quitté sa bonne ville de Hué le 19 février pour retourner en France, où il va continuer ses études sous le titre de prince Vĩnh-Thụy. Pendant son absence, le pouvoir est exercé, pour les questions purement rituelles et celles qui sy rapportent, par le Régent. S. E. le Prince Hân ; pour les questions politiques et administratives, par le Résident Supérieur en Annam et le Conseil des Ministres, dont le Président est toujours S. E. Nguyễn Hữu Bài.

    Phnompenh

    Le samedi 27 février, Mgr Bouchut a ordonné 4 diacres, 1 sous-diacre et 1 lecteur.

    Le doyen de notre Mission, le P. Vauzelle, a rendu son âme à Dieu le 4 mars, à lhôpital de Phnompenh, après quelques jours seulement de maladie. Il était dans sa 75e année dâge et sa 52e année de mission. Presque toute sa carrière apostolique sest passée à Meatcresar, où son zèle avait créé une florissante chrétienté.

    Le choléra a fait irruption dans nombre de localités du Cambodge. A Cogo, le P. Thomas a eu à déplorer en quelques jours 13 décès parmi ses chrétiens. A Phnompenh, outre de nombreux indigènes, deux Européens ont été victimes du fléau. Actuellement lépidémie est en décroissance.

    Bangkok.

    Le jeudi 25 février, Sa Majesté Prachatipok a été couronnée Roi du Siam. Cest à Bangkok queurent lieu les impressionnantes et significatives cérémonies du couronnement. Ces cérémonies, dorigine brahmanique, comprennent des bains purificatoires, des onctions faites par les talapoins, linvestiture de lépée et des trois couronnes, du sceptre et de léventail, de multiples changements de costumes, etc. Sa Majesté sest elle-même ceinte de la couronne, puis sest assise sur le trône de ses augustes prédécesseurs, protégée par le grand parasol blanc lamé dor. Inutile dajouter quau moment solennel clairons et tambours, cloches des églises catholiques et des pagodes, se firent entendre, tandis, quun salut royal était tiré par dix-neuf canons anciens et modernes. Le même jour, dans la chapelle royale du Bouddha démeraude. Sa Majesté se proclamait Défenseur de la Foi et Protecteur officiel du Bouddhisme.

    Ce qui, dailleurs, nempêchait nullement Sa Majesté de recevoir en audience, deux jours après, tout le Clergé de Bangkok et découter attentivement le discours de la Mission Catholique.

    Depuis fort longtemps les relations entre le Gouvernement siamois et la Mission catholique ont été non seulement correctes, mais courtoises.

    Le Roi actuel, qui a passé plusieurs années en France, semble avoir des vues et des idées très larges et très conciliantes en matière religieuse. Nous espérons que lavenir répondra pleinement aux promesses du présent.

    Malacca

    Le caoutchouc étant monté à des prix largement rémunérateurs, nos bons Chinois ont fêté leur nouvel an avec un redoublement de pétards et de bombes,

    Depuis quelques mois la santé du P. Riboud laissant beaucoup à désirer, notre confrère dut entrer à lhôpital de Penang, où le docteur ne tardait pas à découvrir un abcès au foie. Une opération simposait, qui heureusement fut pratiquée avec succès, et le pasteur de Bagan-Serai, complètement guéri, a pu regagner son poste.

    Mère Sainte-Cloltide, Supérieure du couvent de Taiping, sest vue obligée par la maladie de rentrer en France. Cest une grande perte pour cette maison et pour la Mission. Le couvent de Malacca lui doit presque toutes ses nouvelles constructions ; celui de Taiping, sa chapelle, son hall et diverses améliorations. Nous espérons que lair natal et les bons soins lui rendront la santé.

    Birmanie Méridionale

    Une ordination vient de nous donner trois nouveaux prêtres indigènes.
    Le P. Héraud a eu enfin le bonheur de voir son église bénite par Monseigneur, entouré denviron quinze confrères. Cette église était en construction depuis de longues années. Les fondations en avaient été posées par le P. Héraud lui-même, mais il fut changé de poste et ses successeurs firent chacun une part du travail. Néanmoins la Providence a voulu que, commencée par lui, par lui fût finie cette belle église dont la flèche domine tout le pays environnant comme un continuel appel à la foi et à la prière.

    Le P. Lescure, après quelques mois détudes de langlais, vient dêtre nommé au poste de Kyauktan, où il apprendra la langue tamoule. Il sera là à bonne école : celle des PP. Chave et Philippe. Malheureusement la santé du P, Chave laisse quelque peu à désirer, ce qui nest pas étonnant après des années de travail sans relâche dans un poste important et dadministration difficile.

    Birmanie Septentrionale

    Prêchée par le P. Paquet, la retraite de notre clergé indigène se clôturait le 31 janvier par lordination à la prêtrise de nos deux diacres récemment arrivés de Penang. 15 missionnaires européens et 8 prêtres birmans entouraient à lautel Mgr Foulquier, tout à la joie daccomplir une cérémonie qui lui donne de si précieux auxiliaires, 10 prêtres indigènes, 15 petits séminaristes à Maymyo, 19 grands séminaristes au Collège Général : tels sont à ce jour les cadres de notre petite armée de troupes natives.

    Et, le 2 février, après avoir, pendant 25 ans, été à la peine au même poste, notre cher et vénéré provicaire, le P. Hervy, se trouvait pour une fois à lhonneur. Pour une fois, car il sait que le bruit ne fait pas de bien ; et sil a fait du bien, beaucoup de bien, ses écoles de garçons et de filles, ses confréries, sa Société de Saint-Vincent de Paul, sa troupe de boys scouts, en font foi, du bruit, il nen fait pas. Encore, sil navait tenu quà lui, il aurait passé sous silence ce glorieux anniversaire. Mais ses paroissiens, dont il possède lestime, lamitié et la confiance, ne lentendirent pas ainsi et, grâce à eux, nous eûmes un jubilé de toute première classe.

    Mgr Foulquier et presque tous les confrères de la Mission, la paroisse tamoule et ses écoles, de nombreux représentants des uvres catholiques de Mandalay et dailleurs, furent, ce jour-là, présent à léglise Saint-François-Xavier pour fêter le jubilaire et laider à remercier Dieu des nombreuses grâces quil lui a accordées pendant 25 années dapostolat. A la grandmesse chantée par le P. Hervy, le P. Moindrot monta en chaire et, dans un beau sermon en tamoul, tint sous le charme de sa parole la plus belle assistance que léglise ait jamais vue. De nombreuses communions vinrent aussi réjouir le cur du vénéré Pasteur. La bénédiction du Saint-Sacrement et le chant du Te Deum terminèrent la cérémonie du matin.

    La soirée se passa en séance récréative et nombreux compliments, bien tournés, mais surtout bien mérités. Lheureux jubilaire répondit un mot agréable à chacun et invita tous les assistants à ses noces dor. Que Dieu lui accorde de les célébrer !

    Laos

    10 janvier 1926. Retenez cette date, marquée pour nous par un événement inouï jusquici dans les annales de la Mission du Laos. Ce jour-là, Mgr Gouin, les PP. Excoffon, Malaval et Boher, quittaient Nong-Seng, en automobile, sil vous plaît, allaient surprendre à Tharé nos jeunes confrères, les PP. Piljean, Thibaud et Thomine, dévorant ainsi près de 72 kilomètres en 4 heures ! et rentraient le lendemain à lévêché sans incident ni panne daucune sorte. Peut-être quelque féru du 100 à lheure sourira-t-il de charitable pitié en nous voyant si fiers dun tel exploit. Et pourtant cen est un au Laos. Et quel progrès depuis larrivée des premiers missionnaires en 1881 !

    Un autre événement, sensationnel aussi, mais dautre sorte, a failli plonger notre Mission dans la désolation et le deuil. A la fin de janvier dernier, les PP. Anthelme Excoffon et Joseph Delalex revenaient de Sieng-Jun, où ils étaient allés pour célébrer la fête patronale de Saint François de Sales. Arrivés en face de Nong-Seng, ils prirent une barque pour traverser le Mekong, qui, à cet endroit, mesure un kilomètre de largeur. Au milieu du fleuve la barque chavire ; les deux voyageurs, après un plongeon plus ou moins agréable, sagrippent à leur embarcation renversée et se recommandent à la Providence pour obtenir du secours. Heureusement de Nong-Seng on les a aperçus : des barques sélancent et, au bout dun quart dheure qui leur parut sûrement de plus de 15 minutes, les naufragés, ruisselants, pantelants, sont recueillis et amenés à terre. Saint François de Sales, en lhonneur de qui ils venaient de soffrir une course de 35 kilomètres, ne pouvait pas permettre que deux de ses compatriotes, vaillants Savoyards comme lui, périssent misérablement au retour de sa fête. Les deux rescapés et nous tous lui sommes profondément reconnaissants de la protection quil leur a accordée.

    Après deux mois de villégiature au Laos, soit à lévêché de Nong-Seng, soit surtout à Vientiane chez son frère Célestin, le P. Joseph Delalex a repris le chemin de Vinh, sinon complètement guéri, du moins sensiblement mieux, malgré son bain forcé dans le Mekong. Nous espérons bien quil nous reviendra à loccasion.

    Le P. Malaval, retour de France, a repris le service de la Procure ; le P. Combourieu a retrouvé sa chère chrétienté de Tharé.

    Pondichéry

    Mgr Lépicier, Archevêque de Tarse et Visiteur Apostolique aux Indes, sest embarqué à Bombay le 15 février pour rentrer à Rome. Dix-huit mois durant, Son Excellence a visité toutes les Missions de lInde, du cap Comorin aux monts Himalaya. Tous ceux qui ont eu lhonneur de lapprocher garderont fidèlement le souvenir de sa piété, de son affabilité et de son esprit si profondément apostolique.

    Après sa visite ad limina en novembre dernier, Mgr Morel, rentré au pays natal, nous avait laissé espérer le revoir pour Pâques, mais la Faculté lui ayant imposé une saison à Vichy, son retour sera retardé de quelques mois.

    Janvier, dont la température un peu plus clémente favorise le recueillement, est ici le mois des retraites : du 2 au 9, retraite des Surs de S.-Joseph dé Cluny, prêchée par le P. Combes ; du 9 au 15, retraite pastorale, prêchée par le P. Bailleau de Kumbakonam ; puis retraite de 3 jours aux jeunes filles de la paroisse Notre-Dame-des-Anges, prêchée encore par linfatigable P. Combes.

    La dévotion à sainte Thérèse de lEnfant-Jésus prend une extension merveilleuse dans les missions de lInde et particulièrement dans celle de Pondichéry. Le bateau du 15 janvier avait apporté à notre Procureur 160 statues de la chère petite Sainte : au bout dun mois il nen restait plus une seule. Heureusement le prochain paquebot doit en apporter de nouvelles.

    Le P. Blaise, que de nombreuses et fortes attaques de malaria avaient forcé à partir pour la France lannée dernière, annonce son retour comme prochain. Il a dû sembarquer à Marseille le 5 mars et sera le re-bienvenu au milieu de nous.

    A Salem le P. Bruyère voit arriver à bonne fin la construction de son église. Ceux qui lont vue la disent belle et coquette. Rien détonnant à cela : chacun sait que le curé de Salem est un artiste.

    A Gingee, grâce à un don généreux venu dAmérique par lintermédiaire du P. Gavan Duffy, le P. Lamathe a commencé à bâtir une nouvelle église. Lui aussi est un expert en matière architecturale ; son église de Sattiamangalam le prouve : celle de Gingee le prouvera de nouveau et plus encore.

    Coimbatore

    Les 5 et 6 janvier avait lieu à Madras une Conférence catholique dEducation. Elle fut présidée par Mgr Perini, S. J. Evêque de Calicut ; 35 délégués y représentaient 14 diocèses de la Présidence de Madras. Les Missions-Étrangères y étaient représentées par les PP. Verdure et Noël de Pondichéry, les PP. Béchu et Masillamani de Coimbatore, et le P. Xavier de Kumbakonam.

    Le programme des délibérations avait été soigneusement préparé dans une réunion préliminaire à Trichinopoly, le 15 novembre.

    Le but de cette Conférence était détudier en commun les questions très actuelles de 1Education et de constituer un Comité inter-diocésain et officiel pour représenter et défendre auprès du Gouvernement les intérêts des écoles catholiques.

    Cette question est devenue, en effet, dune importance primordiale à un moment où le Gouvernement introduit linstruction primaire gratuite et obligatoire dans les centres principaux, multiplie partout dans les campagnes le nombre des écoles primaires et se prépare à introduire de nouvelles réformes dans le système général déducation.

    Son Excellence Mgr Lépicier, Visiteur Apostolique dans lInde, alors à Poona, envoya à la Conférence un Message important dans lequel il rappelait le devoir qui nous incombe denseigner intégralement la foi et la morale chrétiennes dans nos écoles, non seulement aux élèves catholiques, mais aussi, selon les moyens suggérés par la prudence, aux élèves non catholiques qui nous sont confiés.

    Nazareth

    Le 19 mars, en la fête de saint Joseph, le P. Grandpierre célébrait le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale (11 mars 1876). La cérémonie fut tout intime. Le jubilaire chanta la grandmesse et donna la bénédiction du Saint-Sacrement. Tous les membres de la Société présents à Hongkong prirent part aux fraternelles agapes de la fête, pendant lesquelles le P. Robert résuma les 50 années de la carrière apostolique de notre confrère en ces deux mots : il fut toujours et partout un bon missionnaire et un bon Français.

    Hongkong

    Un télégramme a apporté lheureuse nouvelle de la nomination du R. P. Henri Valtorta, des Missions Etrangères de Milan, comme Vicaire Apostolique de Hongkong. Lévêque élu, âgé de 42 ans, a été ordonné prêtre en 1907 et est arrivé la même année en mission. Un ministère de près de 20 années, dabord dans lintérieur, puis dans la ville même de Victoria, lui a donné des hommes et des choses une expérience qui laidera grandement dans lexercice de ses hautes fonctions. Le Bulletin présente à Mgr Valtorta ses respectueux hommages et ses vux pour un long et fructueux épiscopat !

    Rome

    LExposition Missionnaire Vaticane a été clôturée officiellement le 10 janvier (V. le compte-rendu plus haut) ; mais elle restera ouverte deux jours chaque semaine. La date de linstallation du Musée du Latran nest pas encore fixée. Le P. Beyls, chargé de préparer cette installation pour ce qui concerne la Société, soccupe actuellement au classement des livres, à la vérification des listes dobjets et à la correspondance avec NN. SS. les Vicaires Apostoliques.

    Mgr Mutel, Vicaire Apostolique de Seoul, est élevé à la dignité archiépiscopale.

    Séminaire de Paris

    Mgr le Supérieur a assisté, le 24 janvier aux fêtes célébrée à Aix-en-Provence en lhonneur du Bx Laurent Imbert et a prononcé le panégyrique du Martyr.

    Le 27, S. G. parlait au Grand et au Petit-Séminaire de Carcassonne ; le 29, conférence au Petit-Séminaire de Castelnaudary. De là Mgr sest rendu à Montbeton.

    Mgr Gauthier, accompagné du P. Gérard, a présidé la Journée de Missions donnée le 24 à Saint-Augustin. Le même jour, les PP. Chambon et Nassoy en donnaient une autre à Saint-Joseph, tandis que le P. Fabre prêchait sur le même sujet à la chapelle des Francs-Bourgeois.

    Mgr le Supérieur, quittant Montbeton le 3 février, après y avoir séjourné quatre jours, sest arrêté une journée à Villefranche-de-Rouergue et a parlé aux élèves du Petit-Séminaire et de lInstitution Saint-Joseph.

    Cest un engagement pris pour une des cérémonies du triduum en lhonneur de sainte Madeleine-Sophie Barat (6 février) qui a empêché Mgr dassister à la retraite des confrères du Sanatorium. Cette retraite, du 7 au 11 février, a été prêchée par le P. Dunoyer, Rédemptoriste, à la très vive satisfaction et édification de tous.

    Le P. Schmitt a subi, le 12 février, à lInfirmerie Saint-Jean-de-Dieu, une opération très sérieuse, qui heureusement a parfaitement réussi.

    Le P. Depierre a fait une tournée de conférences à Moulins, Aurillac, Rodez, Saint-Affrique, Espalion, Belmont, Graves, Ville-franche, etc.

    Voici les destinations des 11 partants de Pâques, qui doivent quitter Paris le 6 avril et sembarquer à Marseille le 9.

    MM. LOUISON (Lyon) Procures
    LARRIEU (Aire) Tôkyô
    DUHART (Bayonne) Kirin
    SIGNORET (Avignon) La~long
    VACHER (Clermont) Hanoi
    CLAVREUL (Laval) Vinh
    CASSAIGNE (Aire) Saigon
    ARCAND (Trois-Rivières) Malacca
    BAYET ( ? ) Laos
    BONIS (Limoges) Pondichéry
    BASSAISTÉGUY (Bayonne) Coimbatore

    Mgr le Supérieur a écrit à la Propagande pour signaler le fait, aussi rare quédifiant, de trois confrères de notre Société, ordonnés ensemble au Séminaire de Paris le 26 mai 1866 et toujours bien vivants, toujours sur la brèche, chacun dans sa Mission, et sans avoir jamais, depuis 60 ans, revu le pays natal,

    Ce sont les PP. François Gourdon, du diocèse dAngers, né le 24 novembre 1842, parti pour le Setchoan Oriental le 15 août 1866 ;

    Claude Deux, du diocèse de Lyon, né le 19 mai 1843, parti pour le Tonkin Occidental le 15 juillet 1866 ;

    Aimé Villion, du diocèse de Lyon, né le 2 septembre 1843, parti pour la Procure de Hongkong le 14 juin 1866 ; au Japon en 1868.

    On le voit, le P. Gourdon est le doyen dâge, le P. Villion le doyen de départ.

    Le 26 mai prochain, tous les membres de la Société des M.-E. suniront à ces touchantes Noces de Diamant et auront au saint Autel un souvenir pour les trois vétérans qui depuis 60 ans travaillent infatigablement à luvre de Dieu, donnant à tous un admirable exemple de zèle et de persévérance.

    uvre du Foyer des Etudiants Asiatiques. Les débuts du Foyer des Etudiants dExtrême-Orient démontrent amplement que cette uvre pontificale répond à une nécessité.

    Le Cercle ou Secrétariat, qui se trouve 13 Rue Hallé (XIVe), fonctionne depuis le commencement de lannée scolaire. Cest là quont lieu des réunions mensuelles, quelquefois hi-mensuelles, pour tous les étudiants chinois quune circonstance quelconque a mis en contact avec nous. Un étudiant chinois à demeure y remplit le rôle de secrétaire et établit la liaison entre ses camarades de France, de Belgique et de Suisse, fait suivre les correspondances, prend soin de la bibliothèque, fournit à ses camarades des renseignements utiles. Le petit Bulletin mensuel des étudiants conserve là ses modestes archives. Des salles détude sont aménagées pour les étudiants qui désirent trouver un local silencieux et confortable pendant les heures intermédiaires entre deux cours à la Faculté.

    La Maison de Famille, sise à Bourg-la-Reine, à 12 minutes de tramway de la Porte dOrléans et à 15 du Panthéon par la ligne du Luxembourg, a eu toutes ses chambres disponibles occupées dès les premiers jours. Les anciens élèves de lAurore (Université des PP. Jésuites à Shanghai) ont formé le gros contingent : dix. Les huit autres sont venus ou de Belgique, présentés par le P. Lebbes, ou dautres villes de France, Lyon, Grenoble. Sur les 18 présents au Foyer en janvier, il y a 14 catholiques. Lun deux est Japonais. En dehors de cette vingtaine détudiants que groupe notre uvre, il y a encore 7 ou 8 étudiants catholiques qui ont gardé leur chambre dans Paris et viennent à nos réunions mensuelles du Cercle.

    Je nai encore rien tenté auprès des étudiants annamites, siamois ou coréens, qui peuvent se trouver à Paris ; mais jespère pouvoir en approcher quelques-uns dans le courant de lannée.

    Lexpérience de ces premiers mois me permet dores et déjà de faire les constatations suivantes. Les étudiants qui peuvent le mieux profiter de leur séjour en France sont incontestablement ceux qui viennent de lAurore ; ils sont vraiment prêts, tant au point de vue de leurs connaissances quau point de vue de la langue française, à suivre les cours de nos Facultés. Viennent ensuite les anciens élèves des Marianistes et des Petits-Frères de Marie. Jajoute que ce sont ces éléments, catholiques ou non, qui viennent volontiers à nous, parce quils connaissent déjà le missionnaire et sont tout de suite en confiance avec lui. Pour ceux qui ne sortent pas de nos collèges de Missions, il en est, sans doute, quon peut atteindre ; lexpérience en a été réalisée surtout en Belgique. Mais on ne peut guère les atteindre quen les aidant pécuniairement ; il faut des sommes considérables, et souvent en pure perte. La véritable méthode à employer par les Missions qui désirent envoyer certains de leurs élèves en France pour faire des études supérieures, me semble être celle déjà adoptée par lAurore. Cet établissement constitue un fonds de deux bourses annuelles, je crois, pour ses anciens élèves et choisit lui-même les bénéficiaires : il les connaît, il connaît leurs familles, et tout risque est ainsi écarté. Les boursiers ont seulement leur voyage daller et retour à leur charge. Ne serait-il pas désirable que nos collèges de Canton, Bangkok, Chungking, Moukden, Swatow, etc, entrent dans cette voie, dans la mesure où leurs ressources le leur permettent, et un concours pour une pareille bourse entre les meilleurs élèves de dernière année ne serait-il pas un stimulant de premier ordre en même temps que la manifestation de lintérêt que prennent les Eglises dExtrême-Orient à se préparer une élite intellectuelle catholique pour lavenir ? Avec cette correspondance defforts par les Missions dune part, par le Foyer de Paris dautre part, jai la conviction que luvre des Etudiants est appelée à rendre les plus grands services à nos Missions. Jajoute ici un renseignement qui peut avoir son intérêt : avec le prix de la vie actuel, la bourse ne peut pas être inférieure à cinq mille francs.

    J. MOLLAT.


    1926/244-265
    244-265
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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