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Chronique des Missions et des Etablissements communs 11

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô Daprès un rapport du 30 septembre présenté à lEmpereur et au Prince régent par la Commission de Secours, 586.000 maisons ont été totalement ou partiellement brûlées ; on compte 115.000 morts connus et près de 150.000 disparus, dont ⅓ sont considérés comme morts. Le nombre total des morts serait ainsi de 160.000.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs


    Tôkyô

    Daprès un rapport du 30 septembre présenté à lEmpereur et au Prince régent par la Commission de Secours, 586.000 maisons ont été totalement ou partiellement brûlées ; on compte 115.000 morts connus et près de 150.000 disparus, dont ⅓ sont considérés comme morts. Le nombre total des morts serait ainsi de 160.000.

    Puisque le cataclysme du 1er septembre a détruit en grande partie la capitale et toute la ville de Yokohama, on a résolu en haut lieu reconstruire ce quon appelle une capitale idéale. Entre temps des comités se sont formés pour relever les deux cités de leurs ruines ; 17 bataillons du génie travaillent activement à rétablir les voies et moyens de communications, pour déblayer ensuite les amoncellements de décombres. Peu à peu sélèvent ici et là, avec les matériaux fournis en partie par la générosité des grands centres comme Osaka, des baraquements moins provisoires que les abris de tôle de la première heure. Les villes et villages de province rivalisent de zèle pour au secours des districts éprouvés en envoyant du riz et divers produits, et le ravitaillement gratuit, sous légide de la loi martiale, continue normalement ; de telle sorte que la famine, la misère noire et les troubles civils ont pu être- écartés.

    En attendant, les missionnaires de Tôkyô et Yokohama, qui ont vu leurs postes ruinés, ont commencé à improviser des chapelles provisoires et, sous des abris de fortune, se sont installés au milieu de leurs chrétientés aussitôt que la chose leur a été possible.

    En attendant les secours qui ne manqueront pas de lui venir dEurope et dAmérique, la Mission de Tôkyô a été extrêmement touchée de voir la Mission dOsaka venir à son aide dès la première heure. Malgré les difficultés du voyage sur un réseau brisé en plusieurs endroits, Mgr Castanier a voulu apporter lui-même des vêtements aux missionnaires sinistrés en même temps quune somme de 6.500 yen, montant dune collecte faite auprès des missionnaires et des chrétiens de la Mission dOsaka, qui ont ainsi montré que la devise de leur Pasteur : Diligamus opere et veritate, était aussi la leur.

    Le P. Lebarbey est inhumé provisoirement dans le jardin de la Mission catholique, le cimetière de Yokohama ayant été complètement bouleversé.

    Les PP. Pouget et Montagu, de la Mission de Hakodate, étaient venus à Tôkyô et Yokohama quelques jours après la catastrophe pour prendre des nouvelles de la Mission : ils ont rapporté à Sendai les cendres du P. de Noailles, dont le corps calciné avait été retrouvé dans les décombres de sa maison, grâce aux fouilles effectuées par les marins français du Colmar.

    A la léproserie de Gotemba, au pied du mont Fuji, il ny a heureusement pas eu de victimes, mais tous les bâtiments ont été renversés et le P. de Lézey sest trouvé dans un grand embarras pour abriter et nourrir ses 75 lépreux, dans cet endroit isolé, loin des communications.

    Les écoles des Marianistes à Tôkyô ont rouvert le 1er octobre dans les locaux du lycée, épargnés par lincendie : on y fait à tour de rôle, matin et soir, les cours primaires et secondaires.

    Les autres écoles ouvriront dès quelles pourront disposer de locaux convenables.

    Le Collège Saint-Joseph de Yokohama a suivi ses élèves européens dans leur émigration et sest ouvert à Kôbe dans un établissement scolaire mis à sa disposition par la préfecture chaque jour durant laprès-midi. Lunique bâtiment du Collège préservé de lincendie a été gracieusement prêté au P. Lemoine, qui y a aménagé une chapelle provisoire pour les chrétiens des environs. Les Dames du Sacré-Cur, en attendant que leur établissement de Tôkyô soit réparé, ont émigré également et ont donné rendez-vous à leurs élèves dans leur nouvelle maison de Sumiyoshi, entre Osaka et Kôbe, où les classes ont recommencé le 1er octobre.

    Les orphelines des Dames de Saint-Maur de Yokohama ont été envoyées à Shizuoka, où sont réfugiées, dans une maison de la même Congrégation, la Supérieure et les 8 religieuses européennes qui ont échappé à la catastrophe.

    Le P. Caloin, pendant quelque temps retiré à Omori, est revenu et pourra célébrer la sainte Messe chez un chrétien de Tobe, dans la banlieue de Yokohama.

    Dans son dernier numéro, le Bulletin avait annoncé que M. Soubitez, ancien missionnaire de Tôkyô, avait trouvé la mort chez le P. de Noailles. Cette nouvelle était heureusement inexacte. Un peu avant le tremblement de terre, M. Soubitez avait quitté le P. de Noailles pour rentrer à son hôtel, ce qui lui permit déchapper à la catastrophe. Le cadavre trouvé près de celui du P. de Noailles était probablement celui de son domestique.

    M. Joseph Vernier, de la Société de Marie, vient dêtre promu par le gouvernement français à la dignité de chevalier de la Légion dHonneur pour les services quil a rendus à son pays et au Japon comme professeur de français depuis 1900 à lEcole des Cadets et à lEcole Militaire. M. Vernier est déjà titulaire des décorations du Trésor-Sacré et du 4e degré du Soleil-Levant.

    Les journaux japonais augurent des dispositions générales du public à lheure actuelle que, à sa prochaine session, le Parlement votera le budget relatif à léchange dambassades entre Tôkyô et le Vatican. La secte de Hongwanji, qui mena la campagne que lon connaît, serait venue à résipiscence, et même des ligues bouddhiques, en particulier celles qui soccupent des émigrants japonais, se sont déclarées favorables au projet.

    Nagasaki

    Notre retraite annuelle a eu lieu au milieu du mois de septembre. Bien quattristée par la terrible épreuve qui frappait nos confrères de Tôkyô, cette réunion fut couronnée par une petite fête de famille en lhonneur du P. Lemarié, qui célébrait le 25e anniversaire de sa prêtrise. A cette occasion un de nos poètes avait accordé sa lyre et en tira des harmonies qui furent couvertes dapplaudissements.

    Osaka

    Les Marianistes ont convoqué à Kôbe leurs élèves du Collège Saint-Joseph de Yokohama, et les cours ont recommencé dans un immeuble mis à leur disposition par la Préfecture.

    Les Dames du Sacré-Cur de Tôkyô sont arrivées aussi à Kôbe et ont fait savoir à leurs élèves que, en attendant la remise en état de leur école, les cours seraient continués dans leur nouvel établisses de Sumiyoshi.

    Seoul.

    S. E. le Délégué Apostolique, qui avait annoncé depuis longtemps sa visite à Seoul pour le 19 septembre, a écrit de Tôkyô à Mgr Mutel : Après les derniers événements il mest impossible de faire ma visite en Corée. Je la renvoie sine die... Je suis encore en vie, grâce à Dieu ; mais pour le reste, Dominus dedit, Dominus abstulit !...

    Le 21 septembre, une grande réunion a eu lieu à lévêché de Seoul pour fêter à la fois le 33e anniversaire de la consécration épiscopale de Mgr Mutel et le 84e anniversaire du martyre de nos Vénérables Imbert, Maubant et Chastan. Sauf le P. Deneux, fatigué, tous les missionnaires des environs étaient accourus à la capitale. Mgr Sauer a tenu à venir, lui aussi, présenter ses vux à son consécrateur dil y a deux ans.

    75 nouveaux élèves ont été admis au Séminaire à la dernière rentrée, ce qui porte le nombre total à 112 ; soit 25 au cours préparatoire, 50 dans les deux sections de 1re année de latin, 11 en 4e année, 14 en philosophie et 12 en théologie.

    Le 4 octobre, le P. Byrne est parti pour Kôbe, au devant dun nouveau confrère, le P. Cleary, arrivé de Maryknoll.

    Taikou

    Le 18 septembre a eu lieu la rentrée du Séminaire, qui compte 105 élèves, dont 28 au Grand-Séminaire, 62 au Petit-Séminaire et 15 dans la section préparatoire.

    Des rumeurs déclarées ensuite exagérées sur les troubles occasionnés à Tôkyô par les Coréens sont-elles cause de linterdiction absolue aux Coréens de passer au Japon ? Le fait est quaucun, même parmi les étudiants inscrits à des écoles dans des régions non éprouvées par le tremblement de terre, nobtient la permission de se rendre à Shimonoseki.

    Cependant une société de secours mutuel, fondée par des Coréens résidant au Japon, soccupe de faire venir des Coréens pour travailler dans les régions dévastées. De Tôkyô on demande 150 travailleurs et de Yokosuka 300.

    Mandchourie Méridionale

    Le compte rendu de lexercice 1922-23 donne pour la Mission les chiffres suivants.

    Population totale 12.800.000 environ
    Population catholique 29.902
    Baptêmes :
    Adultes 670
    in art. mort. 116
    Enfants de chrétiens 1.180
    in art. mort. 6.205
    Confessions 100.825
    Communions 315.652
    1 Ecole secondaire de garçons 113 élèves
    1 normale dinstitutrices. 16
    71 Ecoles paroissiales de garçons 1.383
    81 de filles 1.600
    6 Orphelinats de garçons. 164 enfants
    4 de filles. 563
    4 Dispensaires ont secouru 4.337 malades.

    84 hommes et 57 femmes sont hospitalisés dans les hospices de la Mission.

    Mandchourie Septentrionale

    La cathédrale de Kirin ayant été livrée au culte, la salle qui servait déglise provisoire a été transformée. en salle de conférences. Ces conférences ont lieu environ toutes les trois semaines et sont surtout destinées aux païens. Les deux premières ont déjà eu lieu et chaque fois la salle sest trouvée trop petite pour le nombre des auditeurs. Outre les chrétiens, une centaine de païens sont venus à la première conférence et 150 environ à la seconde. Une partie récréative est jointe à la conférence pour attirer le public et chaque texte de conférence, imprimé, est distribué sous forme de tract à la réunion suivante. Puisse Dieu bénir cette uvre naissante, destinée à faire connaître notre sainte religion aux âmes de bonne volonté que lignorance et les préjugés tiennent éloignées de nous !

    Setchoan Occidental

    Malgré la recrudescence du banditisme favorisé par létat de guerre et danarchie dont la province du Setchoan souffre de plus en plus, la rentrée des différentes écoles de Tchentou a pu avoir lieu aux premiers jours de septembre sans autre inconvénient que celui de retarder un certain nombre délèves ou den ajourner quelques autres à une date indéterminée.

    Les élèves du Grand-Séminaire, au nombre de 23, ont passé leurs deux mois de vacances avec leur Supérieur le P. Couderc, dans la maison de campagne de Setsomo, à dix lis de Tchentou. Ils revenaient chaque dimanche pour les offices de la grandmesse et des vêpres solennelles ; grâce à la direction éclairée et soutenue du P. Laroche et à leur formation initiale dès le Probatorium et le Petit-Séminaire, leur chant se rapproche de plus en plus de la beauté et de la pureté grégoriennes.

    Le Petit-Séminaire compte 35 élèves et le Probatorjum 71.

    Le dimanche 16 septembre, Mgr a conféré la tonsure à 4 élèves de théologie.

    Le pensionnat des Franciscaines de Marie avec ses 80 élèves dépassera cette année les chiffres quil ait jamais atteints.

    Lécole des Frères Maristes a repris ses cours avec 26 internes âgés de 10 à 15 ans seulement. Ces enfants seront le noyau de cadres plus sérieux pour la grande école que la Mission se propose de bâtir sur un vaste emplacement acheté à cette intention dans le meilleur quartier de la ville. Lincendie des bois de construction accumulés sur le chantier a seul retardé linstallation dune uvre si importante.

    Pendant lexercice Juillet 1922 Juillet 1923, lhôpital payant catholique a soigné 3.883 malades donnant un total de 60.631 journées dhospitalisation et de 221 baptêmes dadultes in articulo mortis.

    Lhôpital gratuit de la porte du Nord a régénéré 2.319 moribonds, mendiants ou détenus des prisons.

    Le 20 septembre, nous avons eu le plaisir de fêter à lévêché le jubilé sacerdotal de notre bien cher doyen, le bon Père Bayon, curé de la paroisse de la porte de lEst depuis trente ans et soulagé dans son ministère par un vicaire depuis quelques mois seulement. Un demi-siècle dapostolat, sans vacances ni retour en France, auréole le vénéré jubilaire de tous les charmes de lâge et de la vertu. A lexemple de son saint patron, le Disciple que Jésus aimait, puisse-t-il au-delà de toutes les prévisions nous être conservé de longues années encore pour manifester, au milieu de tous ceux qui lentourent de leur affection et de leur vénération, lidéal de la bonté et de la piété !

    Setchoan Oriental

    Le Petit-Séminaire de Tientche est entouré par les brigands. De ce fait le ravitaillement est devenu très difficile, pour ne pas dire impossible, et chacun en est réduit à la portion congrue, maîtres aussi bien quélèves.

    Malgré la guerre, linsécurité des routes et mille autres difficultés, les missionnaires ont pu se rendre nombreux à la retraite annuelle.

    Le samedi des Quatre-Temps, 22 septembre, Mgr Chouvellon, entouré de tous les missionnaires retraitants, a ordonné deux prêtres chinois.

    Le lendemain, missionnaires et prêtres indigènes fêtaient en famille les noces dor sacerdotales de leur vénéré Père et Pasteur, Mgr Chouvellon, ordonné prêtre le 20 septembre 1873.

    Dans la province, lhorizon sassombrit, les nuages samoncellent. Plus de riz, plus de charbon, plus deau. La vie est devenue extrêmement chère et difficile : jusquà leau qui se vend à des prix exorbitants.

    Thibet

    Dans son numéro doctobre 1922, le Bulletin a signalé le passage à Tsetchong dune mission scientifique sous la conduite de M. John Walter Gregory, professeur à lUniversité de Glascow. De retour en Europe, le courageux explorateur a publié le récit de son voyage sous ce titre : The Alps of Chinese Tibet and their geographical relations. Cet ouvrage a valu à son auteur une médaille dor de la Société de Géographie de Paris, laquelle lui fut remise par M. le Comte de Saint-Aulaire, ambassadeur de France à Londres. Le docte professeur prononça alors les paroles suivantes : Jéprouve un plaisir particulier à recevoir cette récompense après avoir eu récemment loccasion de voir quelque chose du grand travail, à la fois scientifique et religieux, accompli par la Mission française au Thibet, arrivée au succès en dépit des difficultés et des dangers qui font de son histoire lune des plus nobles aussi bien que lune des plus tragiques dans lhistoire des Missions.

    Cest avec le plus grand plaisir que nous reproduisons ce témoignage rendu au zèle éclairé de nos confrères. (N. D. L. R.)


    Kientchang

    Le P. Burnichon est nommé curé de la cathédrale à Ningyuan-fu et remplacé à Tetchang par le P. Le Mercier. Le P. Le Bouetté devient supérieur du Petit-Séminaire ; le P. Baudry prend la procure et la direction des uvres de Ningyuan-fu : il est remplacé à Yen-yuen par le P. Arnaud.

    La santé de notre Provicaire, le P. Sirgue, a donné des inquiétudes vers la fin du mois daoût ; grâce à Dieu un mieux sensible sest manifesté depuis lors.

    Yunnan

    Mgr le Vicaire Apostolique a invité tous ses missionnaires à provoquer parmi leurs fidèles une collecte dont le produit sera destiné à venir en aide aux victimes de la catastrophe du Japon. De plus, S. G. a fait célébrer un service solennel à léglise de Yunnanfu et a engagé les confrères à faire de même dans leurs chrétientés.

    Le 23 septembre, Mgr a ordonné deux prêtres et un diacre. Cette ordination porte à 17 le nombre de nos prêtres chinois.

    Le P. Degenève a regagné son poste. Il est prouvé que son arrestation fut le contre-coup de lévasion de M. Weatherbe, les brigands imputant à notre confrère la fuite du voyageur anglais.

    Depuis quelques mois des placards étaient affichés et distribués par toute la province, annonçant un épouvantable cataclysme du 15 au 21 de la 8e lune (25-30 septembre). Ces lugubres prophéties jetèrent le trouble parmi les crédules populations. A Yunnanfu même, lémotion fut grande et le gouverneur crut devoIr prendre des mesures de rigueur pour mettre un terme à cette propagande. La période fatidique est passée, et nous sommes encore de ce monde ; nempêche que nous lavons échappé belle et que nos gens ont peine à se remettre de leurs craintes.

    Dernièrement des mendiants des environs de Pankiao démolissaient un vieux tombeau pour en vendre les briques ; ils mirent ainsi à jour le corps dun bonze, mort depuis 180 ans, dit-on, les chairs et la peau desséchées, mais non corrompues. On cria aussitôt au miracle ; la momie fut transportée à Yunnanfu et placée dans une pagode, où la foule défila pendant plusieurs jours. On parle délever un temple au bonze momifié. Daucuns, qui se disent bien renseignés, croient à une supercherie.

    Kouytcheou

    Un événement politique important vient davoir lieu : notre vieux gouverneur le Maréchal Lieou Joutcheou a résigné ses fonctions. Le Maréchal Tang Ki-yao, du Yunnan, a nommé gouverneur de la province et généralissime des troupes Kouytcheou-Yunnanaises son cousin le général Tang Ki-yu. Mais cette décision napporte aucun changement à létat troublé de la province, qui reste toujours le même.

    Nos huit séminaristes de Pinang nous sont revenus en bonne santé et enchantés de leur séjour au Séminaire général.

    M. Tang Ki-yu a été décoré par le gouvernement français des palmes académiques. Il a aussi reçu un télégramme du gouvernement de Pékin lui annonçant lintervention du Ministre de France en faveur de nos affaires du Kouytcheou et le priant de nous accorder une protection efficace. M. Tang a répondu à ce télégramme en promettant de sy conformer.

    Le flibustier qui, à Pinfa, il y a quelque temps déjà, essayait dameuter la population contre les étrangers, a été arrêté et livré aux autorités de Koui-yang.

    Nos deux prêtres chinois prisonniers des bandits, les PP. Laurent Hou et Job Tsin sont toujours aux mains des pirates, qui les gardent à vue dans quelque coin du Setchoan. Le bruit court que leurs geôliers se sont soumis au général Che Tsin-yang du parti setchoanais. Nous sommes toujours sans nouvelles directes des deux Pères ; nous savons seulement quils ont pu correspondre avec leurs chrétiens. Les PP. Darris et Saunier font démarches sur démarches pour obtenir leur libération, mais les négociations ne sont pas faciles ; et voilà sept mois que cela dure !

    La retraite de nos prêtres indigènes a eu lieu au commencement de septembre : elle a été prêchée par le P. Noyer de Pinfa. Malgré les pirates, 21 Pères ont pu se rendre à Koui-yang, quelques-uns après avoir subi de très sérieuses difficultés. Les Pères indigènes de la Mission de Lanlong sont aussi venus pour la dernière fois.

    Canton

    Les résultats spirituels des travaux de nos confrères pendant lexercice 1922-23 sont les suivants.

    Population catholique 19.542
    Baptêmes :
    Adultes 880
    in art. mort. 394
    Enfants de chrétiens 551
    in art. mort. 9.753

    Confessions 71.034
    Communions 180.825
    81 Ecoles de garçons 2.753 élèves
    25 de filles 867

    Quelques jours après le sacre de Mgr Fourquet a eu lieu notre retraite annuelle. Tous les confrères de la Mission y ont pris part, excepté les PP. Merle, Nicouleau, Favreau et Péric, retenus comme prisonniers dans leurs résidences par la guerre civile.

    Swatow

    Monseigneur, profitant du calme relatif dont nous jouissons depuis que la ligne du front sest transportée du côté de Fouitchéou, est parti en tournée chez les chrétiens Hakka dans la partie nord de la Mission.

    Une épidémie de fièvre typhoïde sévit à Swatow et dans les environs et fait beaucoup de victimes. Le vaccin anti-typhique nest pas encore connu par ici.

    Kouangtong Occidental

    Nous avons eu la joie de voir revenir de France le P. Grégoire, qui aura bientôt à remplir le rôle important et délicat de mentor des PP. de Picpus, nos successeurs dans la grande île de Hainan.

    La guerre civile, ou plutôt le brigandage, continue de sévir dans une partie de la Mission. Quand donc tous les seigneurs de la guerre mettront-ils un terme à leurs querelles privées, déguisées sous le titre pompeux dintérêt public ?.

    Tonkin Occidental

    Nous sommes heureux de donner ici la traduction dune lettre qua reçue du Saint-Siège Monseigneur Gendreau, évêque dHanoi, à loccasion de ses noces dor sacerdotales (7 Juin 1873-1923). Nous laurions fait plus tôt, si la modestie du vénérable jubilaire navait laissé au journal officiel du Vatican le soin de nous faire connaître deux mois après lévénement la haute distinction dont il a été, à juste titre, honoré. Nous sommes assuré dêtre linterprète de tous nos lecteurs en lui présentant, avec les nôtres, leurs félicitations respectueuses. (N. D. L. R.)

    Au Révérendissime Pierre-Marie Gendreau, évêque de Chrysopolis, Vicaire Apostolique du Tonkin Occidental : félicitations pour le cinquantième anniversaire de son sacerdoce.

    Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.

    Damples informations nous ont fait connaître comment, depuis le jour où, il y a cinquante ans, vous offriez pour la première fois à Dieu le Saint-Sacrifice dans la chapelle du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris, et durant le cours de votre vie sacerdotale et épiscopale, vous avez été en Extrême-Orient un ministre très actif de la Parole divine, un Pontife éminent en sagesse et en expérience. Il nous plaît de rappeler ici plusieurs faits, par lesquels il apparaît clairement que lestime et laffection dont vous entoure le clergé du Tonkin, tant européen quindigène, sont dues uniquement à vos qualités supérieures de cur et dintelligence, ainsi quaux nombreux services rendus à votre Mission. Vous veniez de commencer en ces contrées lointaines lexercice du ministère sacré, lorsque, sur lordre de votre évêque, vous eûtes à instruire le procès ordinaire, comme on lappelle, touchant le martyre de 450 serviteurs de Dieu mis à mort en haine de la Foi sous le règne de Tu-Duc. Vous veniez de le terminer, quand vous fûtes élevé à lépiscopat et nommé coadjuteur de votre Vicaire Apostolique. Sa mort et votre prise de succession coïncidèrent avec lépoque où il fut enfin permis à tous de pratiquer librement la Religion. Vous consacrâtes alors vos soins à réparer les désastres causés par les persécutions antérieures, et vous mîtes à profit de toutes manières le nouvel état de choses pour procurer le bien de votre Vicariat. Que des résultats très heureux aient répondu à votre zèle et à votre énergie, létat actuel de vos Missions, où sest accru dune façon merveilleuse le nombre des stations catholiques, des édifices sacrés, des prêtres indigènes, des maîtres de lenseignement chrétien et des fidèles, en est une preuve éclatante. Sans doute à cette diffusion du nom chrétien ont collaboré avec zèle les diverses congrégations religieuses dhommes et de femmes que vous avez introduites au Tonkin. La part principale cependant doit en être attribuée, partie aux mandements si efficaces et si nombreux composés par vous en langue annamite et adressés au clergé et aux fidèles, partie aux visites pastorales quau prix dextrêmes fatigues intellectuelles et physiques vous avez accoutumé deffectuer afin de faire pénétrer la foi parmi le peuple chrétien et procurer lamendement des pécheurs, partie enfin à la charité avec laquelle vous avez secouru les indigènes dans leurs besoins matériels, en particulier aux époques dinondation et de disette. Aussi le cinquantième anniversaire de votre sacerdoce, que vous allez célébrer le mois prochain, sil doit être pour nous un jour heureux, sera-t-il pour tous vos subordonnés un jour de joie extrême.

    De cet anniversaire, couronnement, pour ainsi dire, dannées si nombreuses, si saintement, si laborieusement remplies, Nous aussi, Vénérable Frère, tenons à vous féliciter vivement, certain que Jésus-Christ, le premier des Pasteurs, en fera, par les consolations et les grâces accordées, un jour pour vous mémorable.

    En attendant, en présage des bienfaits divins et en signe de notre paternelle affection, nous accordons de tout cur, à vous, Vénérable Frère, au clergé et aux fidèles de votre Vicariat la bénédiction apostolique.

    Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 12 du mois de Mai de lannée 1923, de notre Pontificat la deuxième.

    PIUS PP. XI.

    Tonkin Maritime

    Le 22 septembre, Mgr Marcou a ordonné 6 diacres, 1 sous-diacre et 5 minorés.

    La Mission du Tonkin Maritime fut détachée du Tonkin Occidental en 1901 ; mais ce nest que onze ans plus tard, le 6 août 1912, que fut inauguré son Grand-Séminaire. Depuis lors 60 prêtres en sont sortis, et actuellement il compte 47 élèves, dont 24 en théologie et 23 en philosophie.

    Cochinchine Orientale

    Le 1er septembre a eu lieu la rentrée qui ne se fait que tous les deux ans, du Petit-Séminaire. 63 nouveaux élèves se sont présentés ; 10 ayant été éliminés à lexamen, 53 ont été admis, ce qui a nécessité la nomination dun professeur en plus, le P. Huy. Le 10, a commencé la retraite des élèves, prêchée par le P. Labiausse.

    A la fin du mois daoût, le P. Louison, se rendait à Dakkona, accompagné du catéchiste sauvage Noi. Arrivés à la rivière Dak-Tokan, ils la trouvèrent considérablement grossie par les pluies et hélèrent le village de la rive opposée ; nul ne répondant à leur appel, ils se décidèrent à monter dans la pirogue et la lancèrent dans le courant ; mais, vers le milieu de la rivière, la barque, faisant eau de toutes parts, senfonça et le P. Louison fut entraîné. Il ne savait pas nager ; aussi se voyant perdu, son dernier cri fut : Marie ! Marie ! Puis il perdit connaissance. Lorsquil revint à lui, 150 mètres plus bas, il tenait à la main une liane de la grosseur du petit doigt et se trouvait en face dune rive abrupte. Comme il regardait autour de lui, il aperçut un corps qui surnageait et reconnut son catéchiste. Il se disposait à lâcher la liane pour donner au malheureux une dernière absolution, lorsquil entendit ces mots : Tenez bon, Père, jarrive. Noi arriva, en effet, et aida, non sans peine, notre confrère à escalader la rive.

    Interrogé après la délivrance, le catéchiste eut cette jolie réponse : Si le Père était mort, je serais mort aussi.

    Rendons grâce à Marie de nous avoir gardé notre confrère, mais admirons aussi le dévouement du sauvage, que le gouvernement français a tenu à récompenser. Une médaille dhonneur en argent de 2e classe est accordée, à titre exceptionnel, au Sedang Noi, du village de Konkolak (Kontum) pour les motifs suivants : En récompense de lacte de courage et dabnégation quil a accompli en sauvant, au péril de sa vie, le P. Louison, qui se noyait dans les eaux du Tokan, région de Daklô.

    Cochinchine Occidentale

    Mgr Quinton, très fatigué durant le mois daoût, a quitté la clinique Angier au commencement de septembre, et, après quelques semaines de repos au Cap S.-Jacques, a pu ordonner aux Quatre-Temps 4 sous-diacres et 15 minorés ; puis monter au Cambodge la semaine suivante faire lordination à la place de Monseigneur Bouchut, trop fatigué.

    Une innovation au Grand-Séminaire : les philosophes de seconde année ont pris la soutane sans avoir reçu la tonsure ; on se rapproche de plus en plus des coutumes dEurope.

    Les inondations en Basse-Cochinchine ont ravagé surtout la partie qui dépend du Cambodge ; il y a peu de dégâts dans les provinces qui font partie de la Mission de Saigon, mais tout nest pas fini !

    Cochinchine Septentrionale

    Le nouveau Gouverneur général de lIndochine, M. Merlin, se rendant à Hanoi, sest arrêté le 18 septembre à Cua-Tùng, petite station balnéaire proche du séminaire dAn-ninh. Les élèves sont allés, sous la conduite de leur Supérieur, le P. Girard, et de leurs professeurs, présenter leurs hommages au chef de la Colonie, qui les a tous reçus très aimablement.

    Les 27 et 28septembre, nous avons eu lhonneur et la joie de posséder le P. Robert, qui nétait pas encore venu dans notre Mission. Durant ces deux journées, que nous avons trouvées si courtes, il a pu visiter les établissements religieux de la capitale de lAnnam et faire une promenade intéressante dans les environs si pittoresques de Hué.

    Le Carmel de Hué a consacré les trois derniers jours de septembre à honorer la charmante Petite Fleur du Carmel de Lisieux. La nouvelle Bienheureuse a dû sourire de là-haut aux nombreux catholiques, Français et Annamites, venus pour lui adresser leurs prières et entendre chanter ses louanges ; elle a aussi répandu une pluie de reses sur eux comme sur tous ceux qui nont pu, à leur grand regret, assister à ces belles fêtes. Le dernier jour du triduum, Mgr Allys a célébré la messe in pontificalibus et, après un émouvant panégyrique de la Bienheureuse fait par le P. Chabanon, donné le salut de clôture. La fête sest terminée par le chant dun cantique, composé pour la circonstance par un élève du Grand-Séminaire. (V. ci-dessus, VARIA).

    Tous ces faits ont été pour nous le sujet dune véritable joie. En voici un, pour finir, qui nous cause un sentiment dune tout autre nature. Sur la demande des Directeurs des écoles franco-annamites de Vinh (Tonkin Méridional) et de Ðồng-Hới (Cochinchine Septentrionale), le Ministre de lInstruction Publique de lEmpire dAnnam vient de publier un édit, approuvé par S. M. Khởi-Định et par le Résident Supérieur, autorisant les directeurs et les élèves des écoles franco-annamites de tout lEmpire à se rendre au Temple des Lettrés, le jour du sacrifice à Confucius, revêtus de robes bleues à larges manches, pour y accomplir les prostrations rituelles, afin de continuer les rites antiques et de connaître en même temps ce quils doivent vénérer. Cet édit, si modéré quil paraisse au premier abord, est la marque dune sérieuse régression vers le passé. De plus, il sera la source de nombreuses difficultés pour les catholiques, professeurs et élèves, des écoles susdites : cest ce que pensent et disent ceux qui connaissent bien la mentalité extrême-orientale. Ah ! quand donc aurons-nous assez décoles libres et dinstituteurs catholiques ? Plaise à Dieu que ce jour arrive bientôt !

    Cambodge

    Mgr Bouchut, grâce à son énergie, a pu célébrer la Messe au jour anniversaire de son sacre, 21 septembre, fête de St. Matthieu. Depuis lors, il nest pas remonté au saint autel. Ses forces, hélas ! diminuent progressivement-

    Lordination de septembre, renvoyée du samedi des Quatre-Temps au dimanche 30, a été conférée par S. G. Mgr Quinton, et comprenait un prêtre, 4 sous-diacres et 7 minorés.

    Le nouveau prêtre, fatigué, a dû saliter le vendredi suivant, veille de son départ pour sa paroisse, où il devait chanter la Messe le jour du St. Rosaire. Son état, devenu meilleur, nécessite cependant un repos de plusieurs mois avant quil puisse prendre du ministère.

    Le P. Collot a quitté son poste de Taom, dans la région de Battambang, pour celui de Nang-gù (province de Longxuyên), demeuré vacant depuis le décès du P. Unterleidner. Un prêtre indigène le remplace à Taom. Cest ainsi que les postes tenus par des prêtres français sont peu à peu occupés par les prêtres indigènes.

    Siam

    Le jeudi 13 septembre, sembarquaient pour Saigon, les Pères L. Robert et Boher. Nous ne pouvons que remercier le P. Robert davoir bien voulu faire une courte visite à la Mission du Siam. Quelques rares postes de lintérieur eurent lhonneur de le recevoir, mais nous regrettons quil nait eu plus de temps pour en visiter plusieurs autres, où il eût reçu, comme partout où il sest arrêté, un cordial accueil.

    Le P. Boher, après avoir passé dix mois au Siam pour se perfectionner dans létude de la langue siamoise et sinitier au fonctionnement dune Ecole Normale dInstituteurs quil désire fonder au Laos, a regagné Nong-Seng. Il espère faire profiter bientôt de ses études et de son expérience pédagogique quelques jeunes gens destinés à lenseignement dans sa chère Mission : nous lui souhaitons bon succès.

    Le mardi 25 septembre partait pour France notre confrère, le P. Béchet. Sa santé, compromise par vingt ans de labeur apostolique réclamait le climat natal. Puisse-t-elle se refaire vite et bien, afin quil nous revienne au plus tôt, car le travail abonde et de plus en plus rares sont les ouvriers.

    Malacca

    Voici le prologue du compte-rendu pour 1922-1923, que Mgr de Malacca a envoyé au Séminaire de Paris :

    Population catholique 44.514
    Baptêmes dadultes 1.211
    Baptêmes denfants de païens 1.412
    Conversions dhérétiques 40

    Dieu soit béni ! Cette année-ci, noue sommes en progrès sur toute la ligne. Lannée dernière, javais dû signaler un fléchissement dans le total de notre population catholique, à la suite de la crise commerciale qui avait motivé le retour de bon nombre de travailleurs aux Indes et en Chine. Cette crise nest pas terminée, mais elle sest grandement atténuée et le travail a repris dans de larges proportions. Dautre part, dans plusieurs districts, le recensement des chrétiens a été fait dune manière plus complète, de sorte que nous comptons maintenant plus de 44.000 catholiques. Dailleurs, nos baptêmes denfants de chrétiens et dadultes ont aussi augmenté de plusieurs centaines, tandis quune vie chrétienne de plus en plus intense sest manifestée par un accroissement de 20.000 confessions et de 70.000 communions. Ces dernières ont dépassé le demi-million.

    Birmanie Méridionale

    Il y a quelque temps Moulmein était en fête : Mgr le Coadjuteur y passa 15 jours. Il y eut confirmation à léglise Saint-Patrice, paroisse du P. X. Boulanger ; confirmation à léglise Sainte-Marie, paroisse de notre vénéré doyen, le P. de Chirac : puis retraite de 7 jours au Couvent Saint-Joseph, à la suite de laquelle de nouvelles novices prirent lhabit. Le P. Mamy fut le prédicateur très goûté et très apprécié de cette retraite.

    Le P. Boulanger achève lérection du nouveau Petit-Séminaire. Il a, de plus, sur le chantier la nouvelle chapelle du Couvent, qui doit être ouverte à loccasion dun double jubilé : celui de la fondation du Couvent et celui de la Mère Supérieure, maintenant Supérieure régionale des Surs de Saint-Joseph. Que de constructions notre zélé confrère a érigées, sans bruit et sans avoir presque lair dy toucher !

    La fête patronale du poste de Gyobingauk, la Saint-Michel, vient davoir lieu. La belle couronne de confrères qui entourait le titulaire, le P. Pavageau, lui fut un grand encouragement au milieu des ennuis que lui cause lérection de son nouveau couvent et école de filles. Se trouverait-il dans la Société un confrère qui pourrait lui confier pour un jour seulement le secret de la pierre philosophale ? Plaie dargent nest pas mortelle, et nous sommes sûrs que bientôt saint Michel lui fera trouver les moyens de finir le magnifique couvent qui sera le plus beau bâtiment de Gyobingauk.

    Birmanie Septentrionale

    Pour nous remettre en mémoire combien déséquilibrée et désemparée se trouve la pauvre raison humaine sans les fondements de la foi chrétienne, il nous est parfois donné dassister à un curieux, mais triste spectacle : celui de voir un Européen devenir bouddhiste et prendre la robe jaune des disciples de Gaudama. Un officier de larmée anglaise a, ces jours derniers, brisé son épée et abandonné la carrière militaire, pour embrasser, à lombre dun monastère, le culte du pacifique Bouddha et, sans doute, y chercher la paix et le bonheur. Pour une fois, MM. les Anglais, ses compatriotes, se sont abstenus de prendre part à la fête ; non pas, croyez-le bien, par un scrupule de conscience, mais tout simplement par intérêt : les bonzes, à cause de leur insoumission et de leur esprit révolutionnaire, sont actuellement mal vus du Gouvernement ; il faut donc le soutenir. Les Birmans, toujours dupes, ont seuls fait tous les frais de la fête. Et, depuis lors, on voit, tous les matins, par les rues de la ville, le nouveau bonze, la sébile à la main, mendiant de porte en porte sa nourriture quotidienne. Et les dévots bouddhistes lui donnent libéralement.

    Comme les lièvres, ils ont la mémoire courte, les Birmans. Ils oublient facilement le tour que leur joua, il y a quelques années, ce rusé et coquin dIrlandais qui, bonze aussi, dune main faisait shiko au Bouddha et, de lautre, avidement, remplissait sa cassette, puis un beau jour disparaissait avec son précieux trésor. Ils oublient encore ces deux autres Anglais qui, trouvant par trop uncomfortable la vie dabrutissement quils menaient dans le monastère, jetaient, eux aussi, la robe jaune aux cactus et, riches, joyeux et libres, retournaient ad scularia desideria. Non, le bouddhisme ne pourra jamais satisfaire les aspirations dune âme droite et sincère en quête de la vérité. En attendant que notre jeune illusionné sen aperçoive, la police, dit-on, le surveille.

    Laos

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1922-23.

    Population catholique 15.431
    Catéchumènes 1.788
    Baptêmes :
    Adultes 273
    Enfants de chrétiens 720
    Enfants de païens 194
    Confessions 64.295
    Communions 130.920
    Séminaristes 18
    Catéchistes 66
    Religieuses et Novices 78
    35 écoles instruisent 1.606 élèves.
    5 crèches ou orphelinats élèvent 243 enfants.

    Notre confrère le P. Boher, après une année passée à Bangkok pour sy perfectionner dans la langue siamoise, est sur le point de rentrer à Nong Seng, où il prendra la direction dun établissement destiné à former des instituteurs-catéchistes. Puisse-t-il réussir dans cette uvre importante et nous fournir bientôt les auxiliaires dont nous avons si grand besoin pour nos écoles paroissiales !

    Les 18 séminaristes mentionnés ci-dessus suivent les cours du Séminaire de Bang Xang (Siam). Le Supérieur de cet établissement écrit quil est grandement satisfait de nos élèves. A la fin de lannée une nouvelle équipe de jeunes Laotiens sera dirigée vers Bang Xang pour y commencer les études de latin.

    Kumbakônam

    Mgr Chapuis, accompagné du P. Prunier, est allé assister à la consécration épiscopale de Mgr Roche, le premier évêque du nouveau diocèse de Tuticorin. La cérémonie a eu lieu à Tuticorin même le 23 septembre ; le consécrateur était Mgr Faisandier, évêque de Trichinopoly ; les prélats assistants NN. SS. Chapuis, de Kumbakônam, et Benziger, de Quilon. Le soir, une grande procession parcourut les principales rues de la ville, et il était plus de minuit quand le cortège rentra dans léglise cathédrale, où fut donnée la Bénédiction.

    Le nouveau diocèse, détaché de la Mission du Maduré, compte 67.000 catholiques, 20 paroisses, 450 églises, chapelles ou oratoires ; 89 écoles de garçons ont une population scolaire de 4.556 élèves ; 25 écoles de filles en ont 2.445.

    Mgr Roche, né à Colombo en 1879, entra dans la Compagnie de Jésus en 1898. Il était depuis 12 ans curé de la paroisse du Saint-Rédempteur, à Trichinopoly. Son clergé se compose de 23 prêtres séculiers indiens. Cest le premier Indien mis à la tête dun diocèse de rite latin confié exclusivement à un clergé indigène, les quatre évêques de rite syriaque de la côte de Malabar nétant que Vicaires Apostoliques.

    Séminaire de Paris

    Les vacances sont finies. Le 7 septembre, les aspirants, après quatre semaines passées dans leur famille, sont rentrés à Paris et à Bièvres.

    Le lendemain, la communauté de Paris se rendait à N.-D. des Victoires pour y entendre la Messe et demander à la Sainte-Vierge de bénir la nouvelle année scolaire.

    Monseigneur est rentré le 9, arrivant de Josselin, où il avait présidé avec Mgr Conan, archevêque de Port-au-Prince, le grand pardon de N.-D. du Roncier. Les M.-E. y étaient représentées par MM. Le Gourriérec, Samson, Mironneau et plusieurs aspirants.

    Ont été admis depuis le 10 août : MM. Lambert (St-Dié), Barraux (St-Claude), Lagrève (Laval), Guiraudet (Lyon), Marty (Périgueux), Le Page (Quimper). Nous arrivons ainsi depuis le 1er janvier au chiffre de 44, à peine inférieur, grâce à Dieu, à celui de lan dernier. Parmi ces nouveaux aspirants, il y a six postulants, venus des diverses maisons où la Société les avait placés. Ce chiffre est encourageant et nous remercions les confrères qui soccupent de recruter de bons postulants.

    Du 8 au 15, plusieurs sont venus grossir leffectif des deux communautés ; plusieurs autres doivent retarder leur arrivée dun mois ou deux, leur service militaire nétant pas terminé.

    Le mercredi 12, pendant que les deux communautés étaient réunies à Meudon, un coup de téléphone de Bièvres donnait. lalerte : un incendie dans le parc de Bel-Air. Un groupe daspirants partit immédiatement et arriva fort heureusement pour constater que le feu avait été circonscrit par les pompiers et les habitants de Bièvres, auxquels lalarme avait été donnée. Dégâts insignifiants : herbes sèches consumées le long de la route de Versailles.

    Le P. Bibollet, professeur à notre Séminaire de Bièvres, a passé fin juin sa licence en philosophie à lInstitut Catholique cum maxima laude.

    Le P. Bonhomme arrivé en août de Cochinchine Orientale reste à Marseille comme auxiliaire du P. Masseron. Le P. Guichard était prêt à sembarquer pour sa Mission : Monseigneur a jugé prudent de retarder une année de plus. Il est aumônier de Surs franciscaines près de Tunis.

    Un de nos postulants, M. Pierre Gâtillon, de Boulogne-s-Seine, est mort accidentellement dans une piscine de St.-Cloud le 2 septembre. Enfant dune rare délicatesse et dune profonde piété, il était élève à luvre des vocations tardives de St.-Jean-Changis (S.-&-M.).

    *
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    N.-B. Mgr le Supérieur rappelle que la circulaire du Conseil du Séminaire du 3 mai 1903, prescrivant à tous les membres des Etablissements communs de célébrer chaque année, après le 28 Octobre, une messe pour les membres défunts de ces Etablissements, est toujours en vigueur.


    1923/728-747
    728-747
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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