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Chronique des Missions et des Etablissements communs 10

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô Aucun détail ne nous a été adressé de Tôkyô jusquà ce jour (26 Sept.) sur lépouvantable catastrophe dont la Mission a été la victime. On trouvera dans larticle précédent les renseignements qui nous sont arrivés par voie indirecte. (N. D. L. R.) Hakodate A la fin du mois daoût la bonne Providence ménageait à la Mission de Hakodate la grande joie de saluer le retour de son premier Pasteur.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs


    Tôkyô

    Aucun détail ne nous a été adressé de Tôkyô jusquà ce jour (26 Sept.) sur lépouvantable catastrophe dont la Mission a été la victime. On trouvera dans larticle précédent les renseignements qui nous sont arrivés par voie indirecte. (N. D. L. R.)

    Hakodate

    A la fin du mois daoût la bonne Providence ménageait à la Mission de Hakodate la grande joie de saluer le retour de son premier Pasteur.

    A la suite de lincendie du 14 avril 1921, qui en moins dune heure avait réduit en cendres léglise cathédrale et toutes les uvres catholiques de Hakodate, Mgr Berlioz sétait vu dans limpossibilité de trouver sur place les ressources nécessaires pour relever tant de ruines ; aussi navait-il pas hésité à franchir le Pacifique pour aller demander aux fidèles doutre-mer les secours qui lui faisaient défaut.

    Une longue année, entièrement consacrée à des voyages fatigants et à des démarches souvent pénibles, sétait écoulée sans quil nous fût possible de prévoir la date, même approximative, du retour de notre évêque vénéré, lorsquun sans~fil du Siberia, paquebot de la Cie Tôyô-kisen-kwaisha, vint annoncer la présence à bord de Mgr Berlioz. Effectivement le 23 août, vers midi, le bateau accostait à Yokohama et, quelques instants après, S. G. reprenait contact avec la terre japonaise. Nulle trace de fatigue dans ses traits, aussi alerte quau moment du départ : telle fut limpression de ceux qui eurent la joie de laccueillir au débarquer.

    La traversée avait été excellente et, par ailleurs, agrémentée de circonstances de nature à la rendre aussi agréable que possible. Les autorités du bord, dès le premier accueil, sétaient montrées dune courtoisie qui ne devait pas se démentir dans la suite. Ainsi quelle ne fut pas la surprise de Monseigneur lorsquil vit le commissaire du Siberia lui remettre la chapelle portative que la Compagnie tient à la disposition des prêtres catholiques pour la durée du voyage ? Soigneusement fermée, la boîte portait cette inscription : Défense de toucher, témoignant que toutes les précautions avaient été prises. S. G. eut donc facilité pour facilité pour célébrer chaque jour la sainte Messe avec un calice quElle dut consacrer et des ornements mis en service pour la première fois.

    Par une de ces délicates attentions dont les Japonais sont coutumiers, le jour de lAssomption vit le salon des premières transformé en chapelle provisoire. A 9 h. ½ le Commandant, accompagné de quelques officiers, les passagers catholiques, parmi lesquels le général du Mexique et sa famille, des protestants même, se firent un honneur dassister à la sainte Messe.

    Mais, si agréables que soient les péripéties dune traversée effectuée dans les meilleures conditions, rien ne vaut pour le voyageur la joie de retrouver les siens après une absence prolongée. Cette joie, Mgr devait la goûter dabord à Yokohama, où il retrouvait son procureur, le P. de Noailles, et le P. Breton ; puis, quelques jours plus tard, sur le territoire même de sa Mission. La consécration épiscopale de Mgr Lopez de Rego, S. J., Vicaire Apostolique des Mariannes, Carolines et Marshall, devant avoir lieu à Tôkyô le 26 août, Mgr voulut y assister, après quoi il reprit le chemin du Nord. A Sendai il reçut les souhaits de bienvenue du P. Jacquet, Vicaire général, accompagné des missionnaires, prêtre indigène et fidèles de la ville. Là aussi S. G. faisait connaissance du P. Maugenre, notre nouveau confrère.

    Le 29 août, cétait Hakodate qui fêtait le retour de son évêque. Le plaisir aurait été complet si la cathédrale eût été entièrement restaurée et se fût prêtée à une réception mieux proportionnée aux rudes labeurs que Monseigneur sest imposés pour elle. En attendant cet heureux jour, laccueil empressé de ses missionnaires, des communautés religieuses et des fidèles a été une modeste compensation aux fatigues de lauguste voyageur.

    Pourquoi faut-il quau moment où les curs étaient tout à la joie du retour, la nouvelle du désastre qui frappe la Mission de Tôkyô soit venue nous glacer dépouvante ? Et, après de longs jours de cruelle incertitude, nous apprenons la mort de notre cher confrère le P. Noailles, enseveli sous les ruines de sa maison à Yokohama ! Quelles seront pour notre Mission les conséquences de ce désastre ? Nous nosons y penser et notre seule consolation est de répéter après le saint homme Job : Sicut Domino placuit, ita factum est : sit nomen Domini benedictum !

    Taikou

    La fête de lAssomption a été bien célébrée à Taikou. A la cathédrale, grand concours de chrétiens ; aux trois messes, plus de 1600 communiants, parmi lesquels un très grand nombre dhommes et de jeunes gens. Le soir à 3 heures, cérémonie de confirmation et salut solennel.

    Le compte-rendu de la Mission pour lexercice 1922-23 donne les chiffres suivants.

    Population totale 7.106.621
    Population catholique 31.457
    Baptêmes :
    Adultes 557
    in art. mort. 343
    Enfants de chrétiens 1.274
    in art. mort. 1.471
    Confessions 81.857
    Communions 209.302
    42 écoles de garçons instruisent 1.357 élèves ;
    22 de filles 548

    Le chiffre de la population catholique est en augmentation de 1.361 sur celui de lexercice précédent : cest la plus forte depuis la création de la Mission. En 1912 la population catholique était de 26.440 ; elle est aujourdhui de 31.457 ; soit une augmentation de 5.017 en 12 ans.

    Mandchourie Septentrionale

    En la fête de lAssomption, la cathédrale de Kirin, qui sera bientôt entièrement achevée, a pu être livrée au culte, et le P. Cubizolles, qui depuis tant dannées se dépense à la construction de ce bel édifice, a eu la joie dy célébrer le premier la messe. S. G. Mgr Gaspais, surpris par linondation de lautre côté du Soungari, put arriver heureusement pour donner la bénédiction solennelle du T. S. Sacrement et la bénédiction papale.

    Le 27 août, veille de la S. Augustin, 10 confrères, dont le P. Beaulieu de Moukden, se trouvaient réunis autour de Mgr Gaspais pour lui offrir leurs vux. Dans la salle des fêtes, inaugurée à cette occasion, les chrétiens, les séminaristes, les élèves des écoles offrirent à Sa Grandeur, en prose et en vers, les compliments dusage. Une comédie, largement imitée des Fourberies de Scapin, vint ensuite provoquer les rires et les applaudissements, et quand Sa Grandeur, en quelques partis du cur, eut remercié lassistance, les pétards joignirent leur voix aux wan soei pour exprimer la joie de tous. Le lendemain, on se réunit au Séminaire où, après le déjeuner, les élèves donnèrent également une séance récréative des mieux réussies. Le 30, un service solennel fut célébré pour Mgr Lalouyer dans la cathédrale où il dort son dernier sommeil.

    Mauvaise année pour la Mandchourie. Partout les brigands pullulent. Le Gouverneur du Heilongkiang, se décidant enfin à employer la manière forte, a fait fusiller récemment plusieurs centaines de ces bandits. Puisse cet exemple faire réfléchir les autres ! Au nord de Hailoun, tout a été dévasté par les brigands. La chrétienté S,-Joseph est une des rares agglomérations qui soient indemnes : cest une vraie place-forte, à laquelle les brigands nosent se frotter. Dans son récent voyage à Hailoun, le Gouverneur militaire du Heilongkiang, M. Ou, a reçu le P. Roubin, sest entretenu avec lui de la façon la plus cordiale et, en témoignage de sa satisfaction pour le bel exemple donné par le missionnaire et ses chrétiens, il a offert au P. Roubin un superbe revolver.

    A signaler encore les pluies torrentielles qui ont occasionné des crues subites et de terribles inondations. Partout on signale des dégâts considérables, gens noyés, maisons emportées, moissons perdues, etc. Il y a longtemps quon navait vu pareil désastre.

    Setchoan Oriental

    Une somme de 8.000 fr, recueillie par souscription dans les colonnes du journal catholique la Vérité, a été adressée par Mgr Chouvellon à luvre de la Basilique du Sacré-Cur à Jérusalem. En retour S. G. a reçu de M. le Chanoine Trilhe, trésorier, une lettre de remerciements et de félicitations.

    Tongliang et Tatsiou sont à la merci de quelques milliers de brigands qui se signaient par leur cruauté. Les villages sont dabord entourés et les habitants sommés de sortir. Les vieillards sont massacrés sans pitié, les hommes valides mobilisés comme coolies, les femmes et les enfants emmenées comme esclaves. Quant aux enfants, on les place sur un bambou recourbé en forme darc et on les lance en lair ; cela sappelle, dit la presse chinoise, lancer des cerfs-volants rouges, parce que les victimes sont aspergées de leur propre sang.

    Dans la nuit du 13 août, des soldats révoltés, après avoir massacré leur colonel, se mirent à piller la ville de Tchongtcheou ; ils saccagèrent léglise et la résidence, puis, ligotant le P. Jacques Song, ils lemmenèrent à 40 lys de là avec 300 à 400 autres otages pris en ville. La barque sur laquelle se trouvait le P. Song se brisa dans un rapide et alla accoster un rocher, sur lequel les naufragés purent rester jusquau jour. Le 15 au soir, les chefs, après délibération, dirent au P. Song quil était libre ; le lendemain, il fut conduit au bord du fleuve et reçut même 2.000 sapèques pour son voyage de retour. Mais à sa résidence il ne trouva plus rien : tout avait été enlevé ou brisé, et des traces dincendie prouvaient que les brigands, en se retirant, avaient voulu brûler létablissement.

    Setchoan Méridional

    Une lettre de Paris nous annonce un nouveau confrère, M. Couvet, du diocèse de Namur. Cest pour Mgr et pour tous les missionnaires une joie que nous navions pas goûtée depuis dix ans. Aussi sera-t-il le bienvenu. Puisse t-il être le premier anneau dune chaîne qui sallonge peu à peu, sans solution de continuité !

    Les batailles continuent toujours dans notre province entre Nordistes et Sudistes avec alternatives de succès et de revers, sans espoir dune paix prochaine et toujours pour le plus grand dam du pauvre peuple.

    Mgr Fayolle soccupe lui-même pendant un mois de la dernière préparation au sacerdoce de 7 diacres, quil se propose dordonner prêtres dans le courant du mois doctobre.

    Thibet

    Groupe du Setchoan. Nos confrères de la région de Tatsienlou ont tous pris part à la retraite annuelle. Plusieurs se sont imposés un voyage pénible et dangereux pour ne pas se priver de ces jours de récollection et de repos. Au retour les PP. Charrier et Hiong ont été attaqués par les brigands et nont dû leur salut quà la protection toute spéciale de la Bse Thérèse de lEnfant Jésus. Les voyages, en effet, deviennent de plus en plus dangereux dans nos pays ; certaines routes marchandes, ordinairement très fréquentées, sont maintenant délaissées, ou lon ne sy aventure plus que moyennant la protection de 60 à 80 fusils.

    Quant à notre nouveau confrère, le P. Valour, cest un vrai privilégié : il nous est arrivé le 25 août, en bonne santé et après un heureux voyage, ayant réussi à passer indemne là où bien dautres laissent leur avoir et parfois leur liberté.

    Le gouvernement de Lhassa, au courant des troubles de Chine, juge que le moment est venu de rétablir son autorité sur les anciens pays thibétains soumis à la Chine. Il fomente et soutient le mouvement indigène sinophobe et envoie même des ultimatums aux chefs des garnisons de la frontière ; et les fonctionnaires chinois, sans forces et sans espoir den obtenir, craignent de tomber bientôt aux mains des Thibétains ou dêtre remplacés par des mandarins envoyés de Lhassa

    Kientchang

    Le compte-rendu annuel de la Mission donne, pour lexercice 1922-23 les chiffres suivants.

    Population catholique 8.871
    Baptêmes :
    Adultes 294
    Enfants de chrétiens. 247 839
    in art. mort. 298
    Confessions 27.003
    Communions 54.993

    60 Ecoles paroissiales ont 983 élèves,
    54.714 malades ont reçu des soins au dispensaire de la Mission.


    Yunnan

    Le Bulletin de Septembre a mentionné en Dernière Heure larrestation par les brigands de notre confrère le P. Degenève. Voici en quelles circonstances le fait a eu lieu.

    Le 15 juillet, un voyageur anglais, M. Weatherbe, était enlevé par des pirates sous le commandement de Yang Yulin. Le 1er août, le P. Degenève visita le prisonnier et fut chargé de transmettre aux autorités les conditions de sa libération. Le 5, notre confrère, accompagné du P. Savin, repartait muni dune délégation officielle et porteur des contre-propositions du général Ly, commandant de la région. Lentrevue des deux missionnaires avec Yang Yulin eut lieu en présence de M. Weatherbe. Le chef des brigands refusa de traiter avec le général Ly, mais rédigea ses conditions pour être transmises au Gouverneur de la province, Tang Kiyao. La mission de nos confrères était terminée.

    Pendant ce temps lofficier coupable davoir laissé passer les brigands reçut lordre de délivrer M. Weatherbe coûte que coûte. Le 12 août, il se rendait au camp des pirates. Que se passa-t-il entre lui et Yang Yulin ? On lignore ; mais, la nuit suivante, M. Weatherbe séchappait et arrivait à Taly-fu le 16 août.

    Cette évasion eut son contre coup : le jour même, 13, Yang Yulin faisait arrêter le P. Degenève et lemmenait à son camp. Le captif écrivit aussitôt au P. Savin, qui avertit le général : celui ci ordonna durgence la poursuite et, le 17, au cours dun engagement entre réguliers et brigands, le P. Degenève réussit à séchapper et à regagner Taly-fu.

    La piraterie continue dans dautres parties de la province. Une bande de 500 brigands, soldats révoltés revenant du Kouytcheou, a pillé successivement les stations chrétiennes de Akyi, Yankai. La ville dAmitcheou, attaquée à son tour le 29 août, réussit à ne repousser les assaillants.

    Kouytcheou

    Quand donc nous sera-t-il donné dannoncer quun peu de paix règne dans la province ? Il semble bien que le gouvernement actuel commence par trouver que les soldats-bandits, et vice versa, exagèrent. Depuis quelque temps déjà des avis sont placardés en ville annonçant quà partir du 1er août toutes les troupes disponibles vont être envoyées à la chasse aux pirates. Tant mieux, si cest vrai, mais... ce serait par trop beau ! Le Père Freyche écrit de Suyang que le gros des bandits qui entouraient la ville est parti dans la direction de Meytan pour y faire sa soumission. Une lettre du P. Bacqué, curé de ce dernier district, annonce, en effet, que ces bandits sont arrivés dans sa bonne ville et quil a reçu la visite de leurs chefs. Ils sont tous promus au grade supérieur ; leur capitaine devient colonel et reçoit lordre daller tenir garnison dans cette ville de Suyang, dont il convoitait les richesses et quil assiégeait quelques jours auparavant. Le P. Freyche, lâme de la résistance, craint à bon droit larrivée de ce pirate soi-disant converti.

    Touan-so, résidence du P. Harostéguy, a reçu la visite, non des brigands cette fois, mais des soldats convoyant lopium. En labsence du missionnaire, ils se sont installés dans léglise avec leur marchandise. Après leur départ le gardien de la résidence constata la disparition de plusieurs objets.

    Le 6 août, coup de théâtre : le ministre des Finances, M. Tang, était assassiné en plein jour par deux ou trois civils que lon soupçonne fort être des sbires de Yuen Tsou-min. Les perquisitions opérées dans toute la ville nont donné aucun résultat. Aussi bien, tout le monde est mécontent des Yunnanais.

    Le 9 août le P. Palissier écrit de Tsin-tchen quun millier de soldats du Kouytcheou ont levé la crosse, ligoté leurs officiers et passé, avec armes et bagages, du côté de Yu Siap-lan, général au service de lancien gouverneur Yuen Tsou-min.

    A Kouiyang, le 13 août, bataille de rues entre soldats du Yunnan et soldats du Kouangsi ; résultat: 2 morts.

    Et voici quà Pinfa a un gaillard sorti on ne sait doù fait des discours en plein air et excite la population contre les étrangers.

    Lanlong

    Quatre à cinq cents soldats yunnanais, en mal du pays, ont levé la crosse en lair et, partant de Longly, se sont dirigés vers le Yunnan. En route ils se sont heurtés à la garnison de Sintchen, qui a vainement essayé de leur barrer le chemin. Actuellement ces déserteurs sont à Tachan, ne sachant trop quel parti prendre. A part cela, ces quelques derniers mois la Mission a joui dune tranquillité relative. Le P. Mauurand, venu à Lanlong visiter Mgr le Préfet Apostolique, y est retenu par une mauvaise dysenterie, qui chaque année le fait souffrir et limmobilise pendant plusieurs mois. Les pluies trop abondantes, après avoir nui à la récolte de blé, submergent les rizières. Dans les vallons encaissés, habitations et champs ont été emportés par les torrents débordés. Les malheureux habitants voient venir avec effroi une nouvelle année de misère.

    Canton

    Vers le 20 août le P. J.-B. Tchong était arrêté dans sa résidence de Tailoung par des soldats et conduit en prison. Aussitôt quil en fut informé, Mgr Fourquet protesta auprès des autorités compétentes. Le sous-préfet, alléguant son ignorance du fait, a présenté des excuses et rendu la liberté au Père, quil a fait reconduire chez lui en chaise à porteurs.

    Le 1er septembre a eu lieu la rentrée des écoles : affluence délèves, particulièrement au Collège du Sacré-Cur.

    Au Séminaire une vingtaine de nouveaux formeront un cours. Le P. Fabre, fatigué, a demandé à être relevé de ses fonctions de Supérieur, mais continuera à assurer les cours de latin et de liturgie. Le P. Thomas le remplace comme Supérieur, tout en restant chargé de la paroisse de la cathédrale.

    Sacre de S. G. Mgr Fourquet. Le 16 septembre a eu lieu, dans la cathédrale de Canton, le sacre de notre nouveau Vicaire Apostolique, Mgr Fourquet, évêque de Themisonium. Le prélat consécrateur était Mgr Pozzoni, évêque de Tavia et Vicaire Apostolique de Hongkong. Les deux Evêques assistants étaient NN. SS. Rayssac, Vicaire Apostolique de Swatow, et Gauthier, Vicaire Apostolique du Kouangtong Occidental. Les cérémonies du sacre dun nouvel évêque sont toujours impressionnantes ; mais lorsquelles se déroulent avec toute la pompe liturgique dans un cadre tel que la magnifique cathédrale de Canton, elles prennent davantage toute leur signification.

    Aux premiers rangs de lassistance, on remarquait S. G. Mgr da Costa Nunes, évêque de Macao ; un nombreux clergé européen et indigène était accouru des différents vicariats ou missions qui, ces dernières années, ont été successivement détachés de cette immense Mission de Canton : Salésiens de Shiuchow, Jésuites de Shiuhing, Missionnaires américains de Maryknoll, étaient représentés ; le diocèse de Macao, les missions de Swatow et de Canton-Ouest avaient envoyé leurs délégués. Quelques confrères venus de Hongkong se trouvaient présents. Tous les prêtres de la Mission même de Canton étaient réunis autour de leur nouvel Evêque, sauf quatre, que létat de leur santé et linsécurité des routes par ces temps de troubles continuels avaient retenus dans les districts les plus éloignés. Toutes les communautés religieuses de la ville de Canton, Petits-Frères de Marie, Surs de lImmaculée-Conception et Petites-Surs des Pauvres, prirent part à la fête.

    La colonie européenne de Shameen était largement représentée. A la tête du corps consulaire, on remarquait MM. les Consuls de France et de Portugal, en costume officiel. Quant aux chrétiens chinois, accourus un peu de tous côtés, ils étaient légion ; et bon nombre de païens, naturellement, attirés par la curiosité et par la nouveauté de pareil spectacle dans cette immense ville de Canton qui se modernise tous les jours davantage, sétaient faufilés dans les rangs. Mais la police, bienveillante et correcte, veillait sur lordre, qui ne fut pas troublé seul instant.

    La cérémonie terminée, le repas traditionnel réunit les nombreux invités, parmi lesquels on remarquait les premiers dignitaires civils de la ville de Canton. De nombreux toasts, soulignés par de vigoureux applaudissements, vinrent prouver une fois de plus au nouvel élu la respectueuse estime dont il jouit parmi cette population au milieu de laquelle il a passé la plus grande partie de sa vie apostolique et où les uvres de bienfaisance et déducation, fondées et organisées sous son habile direction, parlent assez en faveur de son zèle toujours actif et de son savoir-faire administratif.

    Dans la soirée, un salut solennel du St.-Sacrement termina cette belle journée, dont tous les assistants garderont le meilleur souvenir.

    Swatow

    Le 17 août dernier, notre confrère le P. Vacquerel entrait dans sa 71e année. Ce fut, pour les chrétiens de Chongsan, une occasion de fêter celui qui, depuis son arrivée en mission, cest-à-dire depuis 45 ans, se dépense sans compter pour leur bien spirituel et temporel. Après la grandmesse, célébrée par le vénéré jubilaire, eurent lieu les compliments de circonstance.

    Un séminariste, enfant de la chrétienté, rappela que, à larrivée du Père, on y comptait environ 80 chrétiens et quaujourdhui ils sont plus de 2.000. Dans sa réponse, le Père, sadressant aux trois séminaristes originaires du district, leur dit que leur élévation au sacerdoce, si Dieu lui donnait de la voir ici-bas, serait pour lui une joie plus grande que la conversion de nombreux païens. Un salut dactions de ces grâces termina cette touchante fête de famille

    Kouangtong Occidental

    Les typhons, pendant ce mois daoût ont durement visité quelques Missions. Sils semblent avoir épargné la nôtre, cela ne veut point dire que nous ayons été exempts de toutes tribulations. A défaut de cyclones, plusieurs de nos régions ont subi de formidables inondations. A Muilok, les eaux ont recouvert certains quartiers de la ville pendant plusieurs journées. Les habitants durent chercher refuge au dehors ou rester confinés dans leurs greniers sans nourriture et sans boisson. Dans les chapelles de Fachow et de Kochow, situées en amont de cette localité, leau dépassait la hauteur dun homme. Dans ces régions, dit-on, des villages entiers auraient été emportés par le fléau.

    A ces calamités sajoutent toujours, hélas ! celles quengendrent les troubles politiques, ou plus exactement les ambitions rivales des divers chefs militaires régionaux. Ayant tous leurs finances obérées, ils laissent leurs gens vivre sur le pays et lexploiter à leur guise. Avides encore de fortifier leurs effectifs, tous les moyens leur semblent bons pour aboutir à ce résultat, séduisant les jeunes gens pas dalléchantes promesses, qui ont pour résultat de priver le pays de ses plus robustes travailleurs pour en faire des inutiles et des déclassés dabord, et bientôt de vrais bandits. Quelques chefs ne craignent même pas denrôler les pirates eux-mêmes à leur service. Cest ce que vient de faire Wong Ming-tong, qui jusquici commande dans Pakhoi. Afin de résister aux entreprises de ses rivaux ou même étendre sa domination à leurs dépens, il a fait appel aux bandes de brigands du Loui-tcheou, jusque-là ses alliés nominaux plus queffectifs. Plusieurs vapeurs sont venus les embarquer dans les petits ports de la côte occidentale du Louitcheou pour les transporter à Pakhoi. Trois ou quatre milliers, assure-t-on, auraient ainsi quitté cette presquîle si longtemps en proie à leurs violences et exactions. Le pays sest trouvé tout à coup vidé de ces peu intéressants personnages, partis, proclamaient-ils, à la conquête du Kouangsi ! Quel soulagement pour toutes ces malheureuses populations, qui si longtemps ont vécu sous létreinte de ces forcenés, habitués à ne rien respecter ! Qui donc pourrait souhaiter leur retour, excepté leurs partisans plus ou moins avérés, qui redoutent à bon droit que lheure de lexpiation nait peut-être sonné pour eux ? Par contre Pakhoi, qui reçoit ces nouveaux défenseurs, sémeut et sépouvante de leur arrivée. Selon leur habitude ils ont commencé, dit-on, par réclamer une très forte contribution comme don de joyeux avènement. Quantité de gens ont cherché ailleurs un asile et prudemment tous les commerçants ont fermé leurs magasins à lannonce du débarquement de ces étranges alliés de leur Gouverneur. Lère de lanarchie et de larbitraire ne semble pas close, hélas ! au grand dam des paisibles populations ! On peut redouter encore que lexode des pirates du Loui-tcheou ne soit que temporaire et quune défaite ne les contraigne à réintégrer rapidement leur ancien fief, où la situation deviendrait plus intolérable que jamais.

    Voici quelques chiffres du dernier exercice.

    Population catholique
    Baptêmes :
    Adultes 223
    Enfants de chrétiens 290
    in art. mort. 268
    Confessions 22.500
    Communions 47.888

    Ces résultats paraîtront bien modestes ; ils ne laissent pas cependant dêtre considérables, eu égard aux circonstances difficiles où sest exercé le zèle de nos confrères.

    Kouangsi

    Matériellement parlant, le mois daoût a été désastreux pour le Kouangsi. Quatre typhons sont venus successivement déverser des torrents deau sur le pays. Du 25 juillet au 20 août il est tombé environ 5.700 millimètres de pluie : on a enregistré jusquà 180 millimètres en une nuit.

    Long-tcheou, le grand pont en fer de plus de 100 mètres de portée et dont le tablier est à 20 mètres au dessus des eaux basses, a failli être emporté. De mémoire dhomme on navait vu le fleuve atteindre ce niveau.

    A Nanning, le maximum atteint ne fut que de 15 mètres, mais la plus grande partie de la ville marchande se trouvant bâtie à cinq ou six mètres seulement au dessus des eaux basses, beaucoup de maisons avaient de leau jusquau second étage, quelques-unes virent leur toit disparaître sous les flots, dautres enfin, construites en terre pilée, sécroulèrent en ensevelissant leurs malheureux habitants.

    La ville murée ne fut pas préservée : ses remparts peuvent servir de digue à condition quon réussisse à aveugler les égouts ; on sy prit trop tard. Les mandarins affolés mobilisèrent les pompes à incendie pour essayer de renvoyer leau au dehors : efforts de pygmées pour un travail dHercule ! Les neuf dixièmes de la ville furent bientôt envahis.

    Par bonheur, nos divers établissements, église, évêché, séminaire, couvent, imprimerie, bâtis dans les quartiers plus élevés, furent tous épargnés. De nombreuses victimes du sinistre purent se réfugier à la Mission et, grâce à laide généreuse de quelques bienfaiteurs européens, chrétiens aisés et même païens sympathiques, nous pûmes distribuer du riz aux affamés. Pendant trois semaines, plusieurs milliers de personnes vinrent nous demander leur ration quotidienne.

    Quelques sociétés de bienfaisance soutenues par les commerçants firent de leur côté des efforts louables et distribuèrent des soupes de riz dans dautres quartiers. Quant aux mandarins, ils se contentèrent de gémir sur la misère du pauvre peuple !

    La Mission catholique na pu que gagner dans lestime de la population et, au fond, cest un acheminement vers la conversion de ces malheureux, dont lâme est encore plus à plaindre que le corps. Quand pourrons-nous leur distribuer aussi abondamment laumône spirituelle vérité ?

    Tonkin Occidental

    La rentrée du Grand-Séminaire de Keso a eu lieu le 13 août. Nous avons actuellement 22 théologiens, dont 6 de la Mission du Haut-Tonkin, et 22 philosophes. Mais le manque de personnel enseignant se fait sentir dans toutes nos Missions du Tonkin ; aussi la question dun séminaire régional se pose-t-elle avec plus dinstance. Les professeurs seraient moins surchargés et les élèves y gagneraient beaucoup, tant au point de vue de leur formation cléricale quau point de vue de linstruction.

    Haut Tonkin

    Depuis le 11 août le Petit-Séminaire de Ha-Chach a vu le nombre de ses élèves augmenté de 30 nouveaux venus débutant en sixième. Ils sont certainement pleins de bonne volonté ; limportant est que cela dure et que lentrain du début se maintienne jusquau bout.

    Le Séminaire de Philosophie a ouvert ses portes à 19 élèves que le P. Gautier va initier aux principes de la sage et chrétienne raison.

    Depuis quelques années déjà on parle de trouver, en un lieu élevé et cependant assez facilement accessible, un emplacement convenable pour y installer une station daltitude, où les missionnaires fatigués pourraient, au moment des plus fortes chaleurs, prendre quelques jours de repos et jouir dune température plus supportable. Il est à souhaiter que cette rafraîchissante pensée, mûrement examinée se mue bientôt en une bienfaisante réalité.

    Tonkin Maritime

    Lhistoire raconte que, après la mort de saint Roch, lan 1327, on trouva sur son corps un écriteau contenant ces mots : Ceux qui seront frappés de la peste et imploreront la faveur de saint Roch seront guéris. Cest ce qui explique la dévotion des peuples à ce grand thaumaturge. Partout des chapelles, des oratoires, des ermitages ont été édifiés en son honneur ; Rome, Paris, Montpellier, pour ne citer que ces trois villes, lui ont bâti des églises magnifiques. Dans nos pays dExtrême-Orient, où les épidémies, les maladies contagieuses sont si nombreuses et si meurtrières, il serait à souhaiter que saint Roch fût mieux connu. Le P. Cadro a publié en annamite une petite vie du Saint, imprimée à Ninh-Binh, qui a beaucoup contribué à répandre sa dévotion au Tonkin Maritime. De plus, Phát-Diêm lui a consacré une des cinq chapelles qui entourent, comme dune enceinte sacrée, son église cathédrale. La statue du Saint domine le maître-autel au pied duquel viennent se prosterner, chaque jour plus nombreux, les fidèles de tout âge et de toute condition. Mais, le 15 août dernier, cette dévotion a encore fait un pas en avant. Mgr Marcou venait de recevoir de M. le Curé et Directeur de lArchiconfrérie de la paroisse Saint-Roch de Montpellier une petite partie des reliques de ce grand Saint. Aussi, après la procession traditionnelle en lhonneur de la Sainte- Vierge, un autre cortège composé de plusieurs milliers de personnes sorganisa de suite pour conduire à léglise Saint-Roch les reliques nouvellement arrivées de France, et le lendemain, 16 août, la fête de saint Roch fut célébrée avec un éclat inaccoutumé sous la haute présidence de Mgr Marcou. Daigne saint Roch protéger nos populations et spécialement les nombreux enfants qui déjà portent son nom !

    Le Père Bruyère, missionnaire davant-garde dans la région montagneuse qui sétend à louest de notre Mission jusquà la vallée du Mékong, a dû sortir de sa forêt pour venir rétablir à notre hôpital de Phat-Diêm une santé déjà fort ébranlée. Monseigneur laurait volontiers dirigé sur le sanatorium de Béthanie, mais impossible déloigner le cher Père de son district, au moins pour le moment. Cest là quil travaille depuis son arrivée au Tonkin ; cest là que le regretté Père Maigret, fondateur du poste, a contracté la maladie qui la enlevé à la Mission en 1918 ; cest là que le Père Adeux a ruiné sa robuste santé ; mais le bon grain semé dans les larmes commence à lever. Avant 1909, aucun missionnaire navait évangélisé cette contrée et aucun chrétien ne lhabitait ; aujourdhui ce district compte 700 baptisés et environ 1.200 catéchumènes. Que le divin Maître nous envoie de nombreux ouvriers pour recueillir la moisson qui mûrira demain !

    Le 23 août, un violent typhon sest abattu sur la Mission, faisant aux récoltes et aux habitations des dégâts considérables, surtout dans la province de Thanh-Hoá, où la paroisse du chef-lieu et celle de Phuc-Lang, assez rapprochées de la mer, ont eu particulièrement à souffrir. Dans cette dernière, beaucoup de pauvres gens, voyant leurs paillotes renversées par le cyclone, coururent chercher un abri au presbytère. Là sélevait un bâtiment neuf et solide, qui paraissait devoir résister à tous les assauts de louragan. Or, tout à coup un craquement sinistre prévint tous les réfugiés quils navaient quà déguerpir au plus tôt. Bien leur en prit ; à peine avaient-ils évacué les lieux que la belle maison sécroulait. Et voilà deux pauvres curés qui se lamentent, ne sachant où prendre les piastres nécessaires réparer tous les dégâts que leur a causés le typhon. Que la Providence leur vienne en aide !

    Cochinchine Septentrionale

    Du 6 au 15 août a eu lieu, à Hué, la retraite des postulants novices des Frères des Ecoles chrétiennes. Au matin de la fête de lAssomption, 12 novices, dont 6 de la Cochinchine Occidentale et 6 de la Septentrionale, ont fait leur première profession. Six postulants ont, ce même jour, pris lhabit de S. Jean-Baptiste de la Salle et commencé leur noviciat : deux dentre eux appartiennent à la Mission du Cambodge, trois à celle de Saigon et un à celle de Hué.

    Les 20, 21 et 22 août, très belle fête à Notre-Dame de Lavang. Laffluence des pèlerins a été considérable. Dans les différentes gares du réseau de lAnnam Central, il a été distribué exactement 4001 de pèlerinage. Et combien de personnes qui, nayant pu profiter du train, sont allées à pied, à cheval, en pousse, en auto ! Aussi je crois que, sans crainte dêtre taxé dexagération, on peut évaluer à 12 ou 15.000 environ le nombre des fidèles venus des divers districts de la Mission et des Missions voisines pour prier la Bonne Mère dans ce modeste sanctuaire de Lavang où Elle aime à être honorée et à prodiguer ses bienfaits.

    Une chose bien plus impressionnante que ce chiffre imposant de pèlerins, cest le recueillement vraiment admirable de cette foule et son empressement à sapprocher des sacrements durant le triduum de ces fêtes mariales. A Lavang, il y a eu plus de 3.100 confessions entendues et plus de 3.600 communions distribuées, et, dans beaucoup de chrétientés, de nombreux fidèles, craignant de ne pouvoir faire leurs dévotions à Lavang même, se sont confessés et ont communié avant de partir en pèlerinage. Les prédications données chaque matin et chaque soir du triduum ont remué et converti bien des curs. Ces belles manifestations religieuses ont sûrement réjoui notre bonne Mère qui, pour récompenser ses enfants de leur dévotion envers Elle, sest montrée plus généreuse que jamais, comme aiment à le dire de nombreux pèlerins.

    Les élèves des établissements religieux de Hué sont rentrés le 1er septembre. Le Grand-Séminaire compte 25 élèves : 2 diacres, 3 sous-diacres, 12 minorés, 5 tonsurés et un laïque ; lécole Pellerin et son annexe de Saint-Louis, dirigées par les Frères des Ecoles chrétiennes, 300 ; lInstitution Ste-Jeanne dArc des Surs de Saint-Paul, 60. Au Petit-Séminaire dAn-Ninh, 37 nouveaux inscrits ; le nombre total des élèves est de 94. Le P. Fasseaux y a été nommé professeur de belles-lettres, de chant ecclésiastique, etc.

    Le couvent des Filles de Marie de Kê-Bang a brûlé dans la nuit du 27 août, vers 3 h. du matin. La charpente dune chapelle en construction et le parloir ont pu seuls être sauvés, grâce à léloignement relatif du foyer de lincendie et à la présence desprit des chrétiens, qui ont enlevé rapidement les paillotes des toitures. Cependant le désastre est immense, car ces pauvres religieuses ont tout perdu : habits, soies, cotonnades, métiers à tisser, riz et autres provisions. Le P. Etchebarne, aumônier du couvent et curé de lendroit, déplore la perte de sa provision de riz, confiée aux religieuses : mais ce qui doit lui créer un bien plus gros souci, cest de singénier à venir au secours des pauvres sinistrées.

    Cambodge

    Un grand deuil vient de frapper la Congrégation de la Providence de Portieux : Sur Félicienne, Directrice des établissements de Soctrang, chevalier de la Légion dHonneur (V. Bulletin, Nos 12 et 15), a rendu son âme à Dieu le 21 août dans des sentiments admirables de résignation et de détachement. Les obsèques, qui eurent lieu le surlendemain, furent présidées par le P. Herrgott, provicaire, entouré de 9 prêtres. Dans lassistance on remarquait M. lAdministrateur-chef de la province, représentant M. le Gouverneur de Cochinchine, M. le Directeur de la Santé de Saigon, toute la population européenne de Soctrang et des chefs-lieux voisins, des colons de la brousse et un grand nombre de païens. Les miliciens rendaient les honneurs à la légionnaire. Selon les dernières volontés formelles de la défunte, il ny eut ni fleurs, ni couronnes, ni discours. Ainsi disparaît cette grande figure quétait Sur Félicienne, dont le souvenir vivra longtemps dans la région.

    Les méthodistes viennent de prendre pied-à-terre à Phnompenh, où ils ont loué un terrain. Un pasteur y a séjourné quelque temps, puis est reparti, laissant au poste un catéchiste.

    Linondation couvre tout le Cambodge : leau a atteint une hauteur qui nest inférieure que de 20 centimètres à la fameuse crue de 1904. Dans léglise de Chaudoc on a de leau jusquau genou. Beaucoup de riz perdu dans la région de Cochinchine qui touche au Cambodge.

    Siam

    La Mission de Siam a eu lhonneur et la joie de posséder durant quelques jours les PP. Robert, 1er assistant du Supérieur de la Société, Mariette, Vie. Gén. de Mgr de Malacca, et Tabard, curé de la cathédrale de Bangalore, venus ensemble le 31 août à Bangkok par la malle de Pinang. Le P. Léon Robert acceptait de bonne grâce de célébrer la messe solennelle, le dimanche 2 septembre, à la cathédrale de lAssomption, durant laquelle le P. Tabard donnait un magnifique sermon en anglais. Le Salut du Saint Sacrement fut donné, le soir, par le P. Mariette. Le lundi 3 septembre nos hôtes tinrent à faire le pèlerinage de Juthia, la vieille capitale du Siam, le berceau de notre Société des Misions Etrangères en Extrême-Orient. Pressés par le temps, ils neurent pas les loisirs suffisants pour admirer les ruines de lantique cité. Ils eurent du moins la très douce consolation de prier dans léglise Saint-Joseph, construite par le P. René Perreaux ( 1899) sur le même emplacement que les précédentes où prièrent les infatigables fondateurs de notre chère Société, NN. SS. Pallu et Lambert de la Motte. La première église en briques, construite par Mgr Lambert de la Motte, fut dédiée à saint Joseph et inaugurée le 25 mars 1685. Cest à Juthia aussi quil fonda notre Collège général (transféré à Pinang), grâce à la protection du roi régnant Phra Narai. La première ordination de deux prêtres tonkinois eut lieu en 1668. Cest à Juthia encore que Mgr Pallu décida lorganisation dune Procure générale où tous les nouveaux missionnaires venus de France devaient dabord se rendre pour quon les dirige ensuite, selon les besoins, dans toutes les directions de la Chine et de lIndochine. Cest toujours à Juthia que les deux Evêques composèrent de concert les Instructiones ad munera apostolica, nos Monita ad missionarios actuels.

    La ville de Juthia fut fondée par le roi Phra Chao Uthong ver lan 1350 de lère chrétienne. Brûlée dabord vers 1513, mise à sac par les Birmans en 1767, elle cessa dêtre capitale en 1769, le roi du Siam, Phya Tak, ayant établi sa résidence à Bangkok. On ne voit aujourdhui de lantique Juthia que quelques pyramides de pagodes émergeant des masses de verdure et dénormes statues mutilées du Bouddha

    En 1835, le Père Pallegoix. (devenu en 1836 coadjuteur de Mgr Courvezy et vicaire apostolique du Siam en 1838), fit lui-même pratiquer de nombreuses fouilles à Juthia dans lespoir de retrouver quelques objets de culte, des livres, etc., qui auraient été enfouis par les chrétiens dalors, fuyant devant linvasion birmane. Il ne put rien découvrir et ses successeurs à Juthia nont pas été jusquà présent plus heureux dans leurs recherches. Dieu nous donne un jour la joie de découvrir quelques reliques très chères à notre Société des Misons-Étrangères !

    Malacca

    Il est peut-être déjà un peu tard pour dire que notre Retraite annuelle a eu lieu, dans la seconde quinzaine de juillet, au Collège de Penang, mis, comme dhabitude, très gracieusement à notre disposition pendant que directeurs et élèves prenaient leurs vacances à Mariophile. Vingt-six Confrères ont pu y prendre part. Ailleurs ils auraient été plus ou moins à létroit ; mais, dans les vastes bâtiments ce bel établissement, ils étaient tout à fait au large, à tel point que ceux qui étaient logés à lextrémité de laile opposée à la chapelle devaient prendre la précaution de se mettre en mouvement avant lappel de la cloche pour ne pas arriver en retard aux exercices. Le Collège marche de progrès en progrès. Après la restauration de la chapelle, ça été linstallation générale de la lumière électrique, que nous avons grandement appréciée, et on parle dautres améliorations qui vont se faire incessamment.

    Cest au beau milieu de notre retraite que Monseigneur reçut de Paris la nouvelle que lun des prochains partants nous était destiné. Cette bonne nouvelle était aussi un précieux encouragement. Cest pourquoi Monseigneur voulut nous la communiquer sans retard ; dautant plus quelle était accompagnée des lignes suivantes écrites par Monseigneur le Supérieur du Séminaire et de la Société : Veuillez y voir un témoignage du vif intérêt que nous prenons au développement du cher Diocèse de Malacca et du désir que nous avons dencourager leffort de tant de bons ouvriers groupés autour dun chef vénéré. Ces paroles allèrent droit au cur de tous. Nous en sommes profondément reconnaissants à Mgr le Supérieur, et nous pouvons lassurer quelles nous ont fait autant de bien que les meilleures méditations de notre retraite. Quant à notre cher nouveau, M. Bélet, il trouvera parmi nous laccueil le plus fraternel.

    Après la retraite, Mgr de Malacca entreprit et put mener à bonne fin ce que la maladie lavait empêché de faire depuis de longues années, cest-à-dire une visite rapide de presque tous les postes de la Mission. Cest, dailleurs, un travail qui est grandement simplifié par la facilité des communications, grâce aux différentes lignes de chemin de fer et aux automobiles que lon trouve à peu près partout.

    Monseigneur eut la joie de constater par lui-même les grands progrès réalisés et quil connaissait bien, mais quil navait pas encore vus, particulièrement dans ses visites aux nouvelles églises de Telok-Anson et de Goping, de Titi et de Mantin ; comme aussi aux nouvelles écoles de Taiping, dIpoh et de Telok-Anson, ou aux nouveaux presbytères de Klang et de Kuala-Lumpur. Ailleurs ce sont des agrandissements déglises et décoles, ou encore des maisons de doctrine ouvertes pour les nouveaux catéchumènes, spécialement dans le Territoire de Malacca. Enfin, presque partout, on se plaint de linsuffisance des anciennes églises à cause du nombre toujours croissant des fidèles. Evidement, ce qui nous manque comme à tant dautres, ce sont les ressources et surtout le personnel.

    Birmanie Méridionale

    Que deau ! que deau ! Cest un nouveau déluge. Une partie du pays est déjà inondée et leau continue de nous tomber du ciel. Cest une calamité dont la Birmanie souffrira beaucoup. Pendant la nuit une digue a été rompue sous la pression de leau et le village le plus proche a été complètement balayé ; on dit quil y a beaucoup de morts. A Bhamo lIraouaddy continue de monter. Le P. Bouche écrit : Ma maison est une île ; il y a 3 pieds deau, et pourtant cest un des terrains les plus élevés des environs. Les caféiers seront probablement perdus ; les plus grands seuls sont encore visibles. Encore 7 pied, et leau envahira mon église. Le couvent est plein de sinistrés. Tous mes chrétiens, le long du Daga, sont jardiniers : tout est détruit. Et, pour comble, nous sommes envahis par toutes sortes de vilaines petites bêtes : rats, crapauds, scorpions, fourmis, etc. Depuis que cette lettre a été écrite, leau a continué à sélever et a atteint léglise. Plus de 15.000 personnes sont sans abri. Trois lignes de chemin de fer sont coupées ; les communications sont interrompues entre Rangoon dun côté, et Moulmein, Mandalay et Bassein, de lautre.

    *
    * *

    En même temps que nous arrivait dun correspondant récemment nommé la chronique ci-dessus, nous recevions la lettre suivante, que nous nous reprocherions de ne pas mettre sous les yeux de nos lecteurs de Birmanie et dailleurs. (N. D. L. R.).

    Honte à la Mission de la Birmanie Méridionale ! Chaque mois, quand je reçois le Bulletin, mes doigts feuillettent anxieusement la chronique, et trop souvent le rouge me monte au visage, car trop souvent je ne trouve aucune mention de ma chère Mission. Elle existe cependant, et certes elle nest pas moins intéressante que dautres. Mais, paraît-il, le Bulletin ny a pas de correspondant. Nos Seigneurs Evêques, à deux quils sont, nont pas réussi à trouver quelquun qui consentît à vous envoyer chaque mois quelques nouvelles à notre sujet. Il nest cependant pas nécessaire dêtre bachelier (et nous en avons !) pour écrire, par exemple : Mgr Cardot a toujours de mauvais yeux et est menacé de devenir aveugle ; son coadjuteur a de mauvais genoux et on craint quil ne devienne boiteux. Sans doute, ce ne serait pas bien fameux, mais enfin ce serait mieux que rien et suffisant pour prouver notre existence Je connais à Rangoon un confrère qui ferait très bien ; cest un grand homme de lettres : on dit quil a usé déjà deux machines à écrire, et je voudrais pas avoir sur le dos le papier quil a couvert dencre ! Je vais écrire à Monseigneur pour lui suggérer de le nommer correspondant attitré du Bulletin. En attendant, je prends la liberté de vous envoyer quelques lignes que je vous prie de vouloir bien habiller un ( Ce nest nullement nécessaire !) pour les rendre plus présentables à vos lecteurs, et, si vous trouvez que ce soit pour vous trop de travail, jetez-les au panier. ( Je men garderai bien !).

    Dans la division de Bassein, on a à cur dêtre toujours les premiers. Aussi est-ce là qua été érigé, cette année, le premier doyenné de notre Mission, en conformité avec le Droit Canonique. Il comprend cinq postes, et des meilleurs, je vous prie de le croire. A semblable doyenné il fallait un vicaire forain à la hauteur : nous lavons en la personne du P. Provost. Chaque mois il réunit ses subordonnés dans un des cinq postes à tour de rôle. On fait ensemble la traite mensuelle, on traite des questions qui intéressent le doyenné et, après une récréation bien méritée, chacun retourne à son travail. Il est inutile de mentionner que ces conférences font un grand bien.

    Il faut que je vous parle un peu de notre vicaire forain. Je le connais : dès quil sapercevra quil est question de lui dans cet article, il nen continuera pas la lecture ; par conséquent, je ne crains pas de blesser son humilité. Le P. Provost donc est chez nous un modèle de missionnaire. Depuis 20 ans, il a fait dans le poste de Bassein un travail immense sous tous les rapports et au dessus de tout éloge. Le Gouvernement de lInde, plus généreux que notre Evêque, qui ne lui a pas même décerné une mosette de chanoine, vient de le décorer de la médaille dargent du Kaiser-I-Hind en reconnaissance de ce quil a fait pour la cause de léducation en Birmanie. Cest lui qui nous a dotés de notre magnifique Ecole Normale de filles de Bassein, doù sortent chaque année une vingtaine dinstitutrices aussi bien formées sous le rapport religieux quau point de vue pédagogique. Cest également à lui, on peut le dire, que nous sommes redevables de notre communauté de religieuses indigènes. Cette petite Congrégation, commencée vers 1897 par les Surs de S.-Joseph lApparition, avait peine à recruter des sujets et semblait menacée dextinction. Arrive le P. Provost qui prend luvre à cur et se constitue père et mère des novices. Il ouvre une bonne école de filles, puis une école normale pour susciter des vocations. Le diable, qui évidemment voyait de mauvais il cette famille religieuse prendre vie, fit des siennes. Le béribéri jeta un moment leffroi dans la maison, fit des victimes, et le père-mère des novices, lui-même attaqué, fut obligé daller en France se désenfler. Cependant le diable perdit la partie et aujourdhui la Congrégation des Surs de Saint François-Xavier prospère : elle a déjà ouvert 8 maisons dans nos postes de la jungle, et, comme toutes les Surs possèdent leur certificat dinstitutrices, elles sont de précieuses auxiliaires pour tenir nos écoles de filles.

    Voilà une correspondance qui, ce me semble, dépasse les limites dune chronique mensuelle. Si vous la publiez je suis sûr que vos lecteurs ne manqueront pas de dire : Sont-ils curieux ces types de la Birmanie Méridionale ! Ou ils sont muets comme des carpes, ou ils jacassent comme de vieilles pies. Et ils auront raison.

    (Et notre correspondant occasionnel aura encore bien plus raison de récidiver et de nous adresser de temps en temps une suite à ces notes aussi intéressantes quhumoristiques).

    Birmanie Septentrionale

    Mgr Foulquier vient de faire une tournée pastorale intéressante, mais bien fatigante, dans les huit postes du P. Falière, échelonnés long de lIraouaddy. Si quelques-uns dentre eux sont daccès assez facile, dautres, par contre, ceux des oilfields en particulier, présentent de sérieuses difficultés et exigeraient des voyageurs un entrain que, hélas ! on ne possède plus aux approches de la soixantaine : spiritus quidem promptus, caro autem infirma.

    Disséminés aux quatre points cardinaux de ces vastes mines pétrolières, nos chrétiens se trouvent mêlés à une population des plus cosmopolites dont les us et coutumes sont bien peu favorables à la pratique des vertus chrétiennes. Aussi le P. Falière a-t-il fort à faire pour maintenir son pusillus grex dans le chemin du devoir. Mais, suivant à la lettre le précepte de saint Paul : Prdica verbum, insta opportune, importune, non seulement il le conserve à un bon niveau., mais il laugmente dannée en année. Cest ce que Mgr a constaté avec un vif plaisir durant sa visite pastorale, et longtemps il gardera le souvenir de laccueil chaleureux et empressé quil reçut deux tous et même dun bon nombre de protestants.

    Le P. Falière va bientôt avoir sa nouvelle église à Yenangyaung. Le terrain est préparé, les plans sont dressés, largent promis arrive et, chose peu banale, cest un des ingénieurs de la Compagnie qui veut bien se charger de la faire construire. Il est fameusement débrouillard, ce petit P. Falière, petit de taille, sentend, mais grand de zèle et de savoir-faire.

    Après le bruit assourdissant des machines, le sifflement des sirènes, lodeur âcre du pétrole et la poussière des chemins, Mgr trouva le calme sinon frais repos des champs dans le district de Shwebo, où pendant huit jours en char à bufs, les motor-cars birmans, il visitait, en compagnie du P. Herr, sept nouveaux postes de chrétiens, heureux de recevoir le premier Pasteur de la Mission.

    Enfin, après un long mois dabsence, Mgr rentrait à Mandalay et, le 15 août, à la cathédrale, administrait la Confirmation à 40 jeunes chrétiens.

    Laos

    Nous avons actuellement au Laos une inondation telle que de mémoire dhomme on na vu la pareille. Les rizières, qui promettaient une belle récolte, sont perdues définitivement. Leau a envahi même quelques maisons ou greniers élevés pourtant sur pilotis ; elle a pénétré aussi dans plusieurs de nos églises bâties à si grandpeine. Cest une dure épreuve pour le Laos, avec la famine en perspective,

    Maïssour

    Les amis de lhôpital Sainte-Marthe de Bangalore et ils sont nombreux, apprendront avec plaisir. la nomination, comme Supérieure de cet établissement, de Sur Notre-Dame de la Garde, qui depuis plus de dix ans était linfirmière si habile et si dévouée du pavillon des missionnaires.

    A louverture des classes, le Collège Saint-Joseph a ajouté une nouvelle branche sciences et mathématiques, à son département de lUniversité, qui, séparé des sections des sections des High Schools européenne et indienne, vit maintenant de sa vie autonome sous lexperte direction du P. Argaut, rappelé à cet effet de Mysore, où le P. Feuga le remplace à lUniversité, tout en prêtant son concours le plus zélé au P. Cochet, son curé

    S. E. Mgr Pisani, Délégué Apostolique, que le climat de lInde a éprouvé, va prendre quelques mois de repos en Europe et sest embarqué le 20 août. Dieu nous le ramène bientôt avec une santé complètement rétablie !

    Dans quelques mois la Mission de Maïssour sera amputée du Wynaad malabar, qui passe au nouveau diocèse de Calicut. Son éloignement, son climat malsain ne nous empêchent pas de regretter les chrétiens formés pour la plupart par les PP. Veyret, Jauffrineau et Auzuech. Puissent ces enfants de la brousse faire honneur à leurs pères dans la foi !


    Kumbakônam

    Le 4 avril Mgr Chapuis reprenait la visite pastorale que, par suite de la fatigue, il avait interrompue un mois auparavant, et ce nest que le 19 juillet que S. G. rentrait dans sa bonne ville de Kumbakônam. Au cours de cette longue tournée, une dizaine de districts ont été visités, dont la population catholique se monte à 31.200 âmes. 5.066 enfants ont reçu la Confirmation ; 13.157 fidèles se sont approchés des sacrements.

    Mais si les travaux furent abondants pour les Messagers de la Bonne Nouvelle, bien peu le sont les faits quaimerait à signaler le reporter du Bulletin.

    Dans un village du district dOuttamanour, cest la tentative que font les païens, des gens de caste, pour sopposer au passage de Mgr à travers lunique rue de leur village. Le motif ? me demanderez-vous. Il est digne du pays des castes : Mgr se rendait dans une chrétienté toute composée de parias.

    A Konalay un incident se produisit, que je me serais fait un devoir de signaler si dincident il était devenu accident : cest la chute que fit dans une rivière le curé de lendroit. Mais laventure neut pas de suites fâcheuses. A temps opportun le sympathique curé se vit délivré du mal quaurait pu lui causer la dent de quelque crocodile vorace et myope. Nen parlons donc pas.

    Penang

    Nous avons eu lhonneur et le plaisir de posséder pendant une dizaine de jours le P. Robert, 1er assistant de Mgr le Supérieur de la Société. Il nous a quittés le 30 août pour se rendre à Bangkok.

    Nous attendons, vers le commencement de novembre, un nouveau professeur pour le Séminaire : cest M. Monjean, le premier de nos étudiants de Rome qui ait reçu le grade de Docteur en théologie.

    Le P. Wallays a été assez fatigué dans les premiers jours du mois daoût. Actuellement il semble rétabli, mais il garde la chambre encore pour quelque temps.

    Hongkong

    A loccasion du désastre qui a frappé la Mission de Tôkyô, Mgr Pozzoni nous a manifesté un intérêt et une sympathie qui nous ont profondément touchés. Dès les premières nouvelles, Sa Grandeur a fait demander et est venue demander Elle-même les renseignements que nous pouvions avoir sur le sort de nos confrères du Japon de leurs uvres. De plus un service solennel a été célébré à la cathédrale, le 18 septembre, pour les victimes de la catastrophe : la grandmesse a été chantée par le R. P. Spada, provicaire ; labsoute a été donnée par Monseigneur lui même. Tous nos confrères de la Procure et de la Maison de Nazareth se sont fait un devoir dy ter assister.

    Sanatorium de Béthanie

    Le 12 septembre, en la fête du S. Nom de Marie et le mercredi, jour consacré à S. Joseph, à 7 h. 35 du soir, notre bon Frère Joseph rendait paisiblement son âme à Dieu, juste au moment où les confrères, réunis près de lui, achevaient de réciter les prières des agonisants. Daprès les deux docteurs qui ont soigné le malade, il était atteint dune maladie de cur, ou plutôt cétait lusure du cur due à son âge. Le mal commença à se faire sentir sérieusement vers le milieu de juin et depuis ne fit que saggraver à tel point que dès la fin de juillet un accident subit était à craindre. Aussi notre bon Frère, qui cependant ne fut jamais pressé, demanda et reçut les derniers sacrements le 3 août à 9 h. ½ du matin. Ce même jour il ne voulut rien changer à ses habitudes et à midi il venait au réfectoire avec la communauté, ce quil fit aussi longtemps que ces forces le lui permirent, cest-à-dire jusquau 15 août. Il se rendait au réfectoire tout dabord par ses propres moyens et ensuite à laide dun fauteuil roulant.

    Il en fut de même pour la sainte Messe. Il y assista tous les jours, venant, malgré la fatigue, recevoir la sainte Communion au pied de lautel ; puis, ne le pouvant plus, il consentit à se mettre au bout du banc le plus rapproché de lautel et enfin il dut sarrêter au milieu de la chapelle, pour abréger le chemin du retour à sa chambre. Ne pouvant plus marcher il continua à assister à la sainte Messe dans le corridor de la maison, assis sur un fauteuil. Enfin, le 22 août, il lui fallut, à son grand regret, rester dans la chambre. Il y reçut tous les jours la sainte Communion, y compris le jour même de sa mort. A partir du 20 août le bon Frère était si faible et prenait si peu de nourriture quon sattendait à le voir nous quitter dun moment à lautre. Et cependant, contre lattente générale, il lui restait un dur calvaire à gravir, qui commença le 24 août pour se terminer trois jours avant sa mort. Cest alors que notre bon Frère fut sur la croix, mais grâce à Dieu, il y fut en union avec Notre-Seigneur. Il supporta avec une admirable patience et une non moins admirable conformité à la volonté de Dieu les crises violentes doppression, qui quelquefois duraient plusieurs heures de suite, les nuits complètes sans sommeil, de vives douleurs dans la jambe droite, une soif ardente et enfin toutes les humiliantes infirmités inhérentes à la situation dun malade condamné à limmobilité absolue. Il supporta tout, avec une telle force dâme, une telle énergie, quil est difficile de ny pas voir leffet de secours surnaturels plus quordinaires.

    Sa sainte mort, précédée dune demi-heure dagonie, fut le digne couronnement dune longue vie de dévouement obscur passée au service de la Société, dont 42 ans au sanatorium de Béthanie.

    Le jeudi 13 août, à 8 heures du matin, eût lieu dans la chapelle de Béthanie le service solennel. S. G. Mgr Rayssac, arrivée la veille à la Procure pour le sacre de Mgr Fourquet, se fit un devoir de venir y assister. La Messe fut chantée par le P. Monnier, Supérieur de Nazareth et compatriote du défunt, assisté du P. Savina comme diacre et du P. Mongellaz comme sous-diacre. A 5 h. ½ du soir, Mgr Gauthier, arrivé dans la matinée, entouré de NN. SS. Pozzoni et Rayssac, des délégués des Pères italiens et Dominicains, du Supérieur des Frères des Ecoles chrétiennes, de tous les confrères de Hongkong et dune bonne partie des chrétiens de Pokfulum, donnait une dernière absoute à la chapelle et conduisait au cimetière la dépouille mortelle de notre bon Frère Joseph, qui y repose maintenant, à lentrée, dans un endroit choisi et préparé par lui depuis de longues années.

    Marseille

    Les confrères dont les noms suivent se sont embarqués ou sembarqueront à Marseille pour leurs missions.

    Le 24 août : le P. Grégoire (Kouangtong Occidental).

    Le 7 septembre : les PP. Le Merre et Devise (Seoul).

    Le 21 septembre: le P. Wassereau (Tôkyô).

    Le 5 octobre : les 10 nouveaux partants, dont le Bulletin, dans son dernier Nº, a donné les noms et destinations.

    Le 19 octobre : les PP. J.-M. Martin (Tonkin Maritime), Guignard (Tonkin Méridional), Piel (Setchoan Occidental), Dalle (Nazareth), Durand (Siam) et trois PP. de la Congrégation des SS. CC. de Picpus destinés à la future Mission de lîle de Hainan.

    Rome

    Les cinq aspirants qui font leurs études à Rome sont en vacances : tous les avaient bien méritées par leur travail et par les succès qui lont récompensé.

    M. Monjean a été reçu Docteur en théologie avec la mention bene. (Depuis lors il a reçu sa destination pour le Collège général de Penang).

    M. Candeau, sous-diacre, a été reçu licencié avec mention cum laude.

    M. Vignaud a subi avec succès lexamen du baccalauréat.

    M. Rouhan, bachelier en théologie de lan dernier, a passé cette année lexamen intermédiaire sur toute la morale avec mention cum laude, et en plus sur une partie du dogme avec la même mention.

    M. Arvin a passé lexamen de 1re année sur le droit canonique mention bene.

    Le P. Garnier, Procureur général à Rome, a eu lheureuse idée de faire imprimer à Nazareth (Hongkong) une brochure très importante pour NN. SS. les Evêques de la Société et les autres Supérieurs des Missions. Elle traite successivement, au point de vue pratique, des sujets suivants : élection, consécration, pouvoirs, serments de lEvêque élu, armoiries, costume et usages liturgiques, correspondance ave S.-Siège et les Congrégations romaines, serments des sous-diacres et des prêtres remplissant certaines fonctions, charges ecclésiastiques, causes matrimoniales, confréries, etc.

    Séminaire de Paris

    Le 16 Juillet, Mgr de Guébriant, accompagné de son secrétaire, a fait une visite à lEcole Apostolique de N.-D. de Montmélian, près Survilliers (S. & O). Cette institution, de fondation toute récente, groupe une trentaine denfants qui se préparent, sous la direction de M. labbé Chagny, du clergé de Paris, jusquà la quatrième inclusivement, à la vocation sacerdotale. Plusieurs de nos plus jeunes postulants y reçoivent les soins les plus éclairés ; tous ont été heureux dentendre parler des missions dExtrême-Orient.

    Dans une lettre à Mgr le P. Walsh. Supérieur de Maryknoll, fait connaître quayant eu, lannée dernière, à présenter un Règlement à Rome pour être révisé, la S. C. de la Propagande lui avait répondu dernièrement en lui envoyant un exemplaire du Règlement de la Société des Missions-Étrangères de Paris et en linvitant à le prendre pour base de ses propres constitutions (to build up ours on the basis of yours). Il y a là un encouragement indirect, dont la valeur néchappera à aucun des membres de la Société.

    Nombreux, dailleurs, et souvent inattendus sont les témoignages destime dont la bonne Providence nous ménage le réconfort. Voici, par exemple, ce quécrit au Secrétaire un Ministre anglican de B*** (Angleterre), 17 Juillet : Jai entendu parler de la Société des M.-E. avec admiration. Quoique je sois de la communion anglicane, je suis heureux de faire une petite offrande pour les travaux de cette Société, etc... Suivait un chèque de 20 £.

    A loccasion des inoubliables manifestations des Sociétés de gymnastique des Patronages, six de nos aspirants, appelés de Ste-Mesme, ont prêté leur concours les 20, 21, 22, pour la célébration des nombreuses messes qui ont été dites au Grand Palais,

    Durant la quinzaine ont été admis les aspirants dont les noms suivent : MM. Arthur Marmonier (Chambéry) ; J.-B. Paris (Bayonne) ; Viatte, postulant de lEcole Montalembert ; Maiche (Besançon) ; Vircondelet (Reims).


    1923/639-667
    639-667
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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