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Chronique des Missions et des Etablissements communs 9

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô On attend prochainement à Tôkyô le Vicaire Apostolique de la Mission des îles japonaises du Sud (Mariannes, Carolines, Marshall, etc.) confiée aux RR. PP. Jésuites espagnols : il doit venir se faire sacrer aussitôt quil aura reçu les Bulles de Rome. Quant à Mgr Doering, Vicaire Apostolique de Hiroshima, qui séjourne actuellement chez les Pères Jésuites de Tôkyô, il nattend que le Bref pontifical, qui doit arriver incessamment, pour prendre possession de son siège.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs


    Tôkyô

    On attend prochainement à Tôkyô le Vicaire Apostolique de la Mission des îles japonaises du Sud (Mariannes, Carolines, Marshall, etc.) confiée aux RR. PP. Jésuites espagnols : il doit venir se faire sacrer aussitôt quil aura reçu les Bulles de Rome.

    Quant à Mgr Doering, Vicaire Apostolique de Hiroshima, qui séjourne actuellement chez les Pères Jésuites de Tôkyô, il nattend que le Bref pontifical, qui doit arriver incessamment, pour prendre possession de son siège.

    Sept étudiants de lUniversité Keiô, à Tôkyô, viennent dobtenir leur diplôme de Docteur. A cette occasion le groupe catholique de lUniversité édite un numéro spécial de sa revue. Au sein de la Jeunesse Catholique, qui, comme on le sait, a sa revue mensuelle, le Catholique, et un périodique bi-mensuel, le Catholic Times, également en japonais, le groupe catholique du Keiô se distingue par son zèle pour la propagande religieuse, spécialement par le moyen de conférences publiques. Un autre groupe catholique, celui de lUniversité de Waseda, a organisé, à la fin de lannée dernière, un Cercle détudes apologétiques, dont font partie un certain nombre détudiants païens, qui suivent assidûment les conférences données deux fois par mois par un missionnaire dans un des locaux de lUniversité.

    Les Dames de Saint-Maur ont eu la joie, un moment inespéré, de voir revenir de France la Supérieure de la Maison de Yokohama, la Rde Mère Sainte-Louise, qui, pendant une année de séjour au pays natal, sest rétablie suffisamment pour reprendre la direction des uvres importantes auxquelles se dévouent nos auxiliaires de la première heure.

    Par la même occasion, nous formulons des vux pour que la Rde Mère Sainte-Thérèse, Supérieure de la maison de Tôkyô, recouvre promptement une santé qui vient dêtre fortement ébranlée à la suite de fatigues excessives.

    Nagasaki

    Chaque année, à lépoque des vacances, des groupes détudiants des grandes écoles de Tôkyô, Kyôto, etc., parcourent le Kyûshû, sous la conduite dun mentor, en donnant des conférences. Ces conférences traitent ordinairement de la question sociale et de celles qui sy rattachent plus ou moins directement. Bien que surveillés quelque peu par la police, ces jeunes conférenciers ne sont pas vus dun mauvais il par le gouvernement, puisquon met à leur disposition les écoles et autres édifices publics. Au point de vue religieux, ces conférences étaient généralement neutres, parfois agressives. Or cette année on constate quelles se montrent plutôt favorables à lidée religieuse. La délégation de lUniversité Keiô de Tôkyô, en particulier, a été positivement respectueuse du catholicisme et courtoise envers les missionnaires. Cela est de bon augure.

    Osaka

    A la date du 30 avril dernier, la S. C. de la Propagande a érigé la nouvelle Mission de Hiroshima en Vicariat Apostolique. Cette Mission comprendra les 5 ken ou préfectures civiles de Okayama, Hiroshima, Yamaguchi, Shimane et Tottori, détachées du diocèse dOsaka. Le premier Vicaire Apostolique vient dêtre nommé ; cest Mgr H. Doering, S. J., ancien Evêque de Poona aux Indes, Archevêque titulaire de Madytos. Au point de vue de lévangélisation, le territoire de ces cinq préfectures comprend actuellement huit postes ou districts. Au mois de juillet 1922, les Pères Jésuites ont commencé par prendre la charge des trois postes de Hiroshima, Matsue et Tottori ; puis, au mois de février de cette année, ils ont occupé un quatrième poste, celui de Shimonoseki. Les titulaires de ces postes sont les 4 Pères Jésuites arrivés dès le début. Comme Mgr Doering doit recevoir de nouveaux missionnaires au commencement du mois daoût, on espère que Sa Grandeur pourra bientôt prendre la charge des 4 districts de son Vicariat où des prêtres du diocèse dOsaka exercent encore leur ministère. Nos confrères se préparent donc à passer aux successeurs que le Saint-Siège leur a choisis leurs uvres et leurs chrétiens, auxquels ils ont consacré les plus belles années de leur vie de missionnaire.

    Avec lapprobation de la S. C. de la Propagande et de la S. C. des Religieux, les Surs du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles se préparent aussi à céder leur école dOkayama aux Surs de Notre-Dame de Namur, province dAmérique. Ce changement a été rendu nécessaire par la pénurie de personnel dont souffre actuellement la Congrégation des Surs de Chauffailles. Les Religieuses devenues ainsi disponibles seront utilisées pour renforcer le personnel enseignant des autres établissements déducation que cette Congrégation possède au Japon. Ce nest pas sans un serrement de cur que les Surs quitteront un établissement où leur Congrégation sest dévouée pendant 37 ans, et qui est devenu un lycée de filles en pleine prospérité, comptant aujourdhui 380 élèves. On espère que les nouvelles religieuses de Notre-Dame de Namur ne tarderont pas à sembarquer pour le Japon.

    Après avoir logé quelques semaines dans une maison que M. Inabata avait mise provisoirement à leur disposition, les Dames du Sacré-Cur ont réussi à louer à Sumiyoshi, et cela pour plusieurs années, une grande propriété avec une maison assez vaste pour quelles puissent commencer leur uvre. Sumiyoshi, quon dit être le plus riche village de tout le Japon, se trouve entre les deux grandes villes de Kôbe et Osaka, auxquelles le relient le chemin de fer et plusieurs lignes de tramways. Situé au pied de hautes collines et sur le bord de la mer, il doit à son climat, doux en hiver et tempéré en été, de compter beaucoup de villas appartenant aux riches marchands ou industriels des deux villes voisines. Le nouvel établissement. des Dames du Sacré-Cur est admirablement situé sur une petite colline où ne lui manqueront ni la tranquillité ni le bon air. Tout fait espérer quil attirera à lui beaucoup de jeunes filles japonaises de la haute classe.

    Les Acta Apostolic Sedis du 5 juillet dernier annoncent que, le 27 mai, le Souverain Pontife a daigné conférer à M. Inabata Katsutarô le titre de Commandeur avec plaque de lOrdre de Saint-Sylvestre. 1


    1. LOrdre de Saint-Sylvestre, institué par Grégoire XVI en 1841, a été réformé par Pie X en 1905. Il compte actuellement 9 Grands-Croix (dont 3 Japonais : MM. Hanihara, vice-ministre des Affaires-Étrangères ; Baron Saitô, gouverneur général de Corée, et Sekiya, vice-ministre de la Maison Impériale), 38 Commandeurs (dont 6 avec plaque et 6 Japonais : MM. Oya Masao, Matsunaga Takekichi, Mizuno Rentarô, Sakenobe (?) Nobumichi, Inabata Katsutarô et Kasama Akio) et 56 Chevaliers.


    Seoul

    Le compte-rendu annuel (1er Août 1922-23) de la Mission donne les chiffres suivants :

    Population totale 8.551.750
    Population catholique 54.079
    Baptêmes :
    Adultes 749
    in art. mort. 470
    Enfants de chrétiens 2.382
    in art. mort. 1.838
    Confessions :
    annuelles 35.195
    répétées 132.618
    Communions :
    pascales 32.312
    de dévotion 336.018
    Grand-Séminaire 17 clercs
    Petit-Séminaire 28 élèves
    1 Ecole commerciale supérieure 188 élèves
    52 Ecoles paroissiales de garçons 2.994
    15 de filles 1.760

    Une Revue catholique publiée en coréen a 5.800 abonnés.

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    Comme tous les ans la pluie est venue trop abondante après sêtre fait attendre longtemps, trop longtemps peut-être, puisquon plantait encore du riz le 26 juillet. La région la plus éprouvée a été celle de Hpyeng-yang, où, par suite dune crue exceptionnelle, 5.000 maisons ont été inondées, 300 emportées par les eaux. On ne connaît pas encore le nombre des victimes de linondation, ni le chiffre des dégâts.

    Taikou

    Le 15 juillet, à 9 heures du soir, un orage dune violence inouïe sest abattu sur Taikou : la foudre est tombée sur lévêché, mais heureusement na pas causé de dégâts. La conséquence la plus fâcheuse est que nous avons été privés de lumière (électrique) pendant deux jours.

    Après une année de séjour en France, notre confrère le P. Julien est revenu célébrer avec nous la fête de lAssomption.

    S. E. Mgr Giardini, Délégué Apostolique au Japon, annonce son intention de visiter la Corée vers la mi-septembre.

    Mandchourie Méridionale

    Depuis lhiver dernier, les forces de Mgr Choulet avaient sensiblement décliné. Dès le début de lété, il devint visible quil ne saurait aller très loin. Il nous a quittés le 31 juillet à 2 h. 30 du matin. La veille au soir, il avait reçu les derniers sacrements, répondant lui-même aux prières liturgiques, autant que la suffocation le lui permettait. Ses funérailles ont eu lieu à Moukden le 4 juillet.

    Comme lan dernier, Mgr Mutel a bien voulu autoriser le P. Poyaud à venir de Seoul en septembre et octobre, pour administrer les sacrements à nos catholiques japonais. Ce cher confrère sest dépensé avec un zèle admirable pour le bien de ces chrétiens, qui sont ordinairement quelque peu délaissés. A Moukden, Dalny et Antung, il a trouvé 237 baptisés. La communauté de Dalny, de beaucoup la plus nombreuse, profita de son passage pour inaugurer loratoire construit sur le terrain gracieusement concédé par le Gouvernement. Non content des longs voyages Seoul-Moukden et Moukden-Dalny, il entreprit, malgré la chaleur et la fatigue, celui de Chanchun et Harbin. A voir lentrain et le dévouement de ce cher confrère pour ses paroissiens dun jour, on ne sait ce quil faut admirer le plus, ou du zèle apostolique du pasteur, ou de lurbanité et de la ferveur des ouailles qui savent inspirer à leur missionnaire un tel attachement !

    Setchoan Occidental

    Les missionnaires savent tous que les Célestes emploient comme médicament, dans certains cas, les déjections de bovidés, mais peut-être ignorent-ils certains détails que le P. Alary a constatés de visu. Je possède, écrit-il, une vache jaune aux yeux noirs. Daprès les esculapes chinois, les déjections dune bête de ce genre ont une vertu spéciale pour guérir les inflammations de lestomac et de lintestin. Me sachant possesseur dun tel trésor, une cinquantaine de soldats viennent chaque matin recueillir soigneusement ce qui leur fournira une potion souveraine. Grand bien leur fasse !

    A la fin de juillet, légère accalmie dans la guerre civile, mais non dans le brigandage, plus que jamais à lordre du jour.

    Setchoan Oriental

    Un de nos prêtres indigènes, le P. Paul Shia, vient de célébrer le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale. A cette occasion, il a demandé et obtenu de S. S. Pie XI la bénédiction apostolique.

    Thibet

    Groupe du Yunnan. Le Thibet nest pas au bout de ses épreuves. Après le terrible tremblement de terre de Kiakulong, qui, le 24 mars dernier, causa la mort du regretté P. Alric et de plus de la de ses chrétiens, voici que la guerre civile, avec les intrigues du Thibet indépendant, vient à nouveau mettre le trouble dans la région du Thibet Yunnanais.

    Depuis deux ans la paix était troublée à peu près continuellement ici ou là par les brigands, mais ce nétait pas général. Depuis deux mois, il semble quun mouvement se dessine contre les Chinois. La région la plus troublée est toujours celle de Batang-Yerkalo.

    Sachant que les Chinois se battent entre eux au Setchoan, deux Bouddhas vivants, lun, Namka-lama, chef dune lamaserie révoltée de Hiangtchen, lautre, Kongka-lama, chef dune lamaserie de la région de Yerkalo, soumise aux Chinois, jugèrent le moment favorable pour vider leur ancienne querelle, qui avait déjà fait verser beaucoup de sang et causé bien des soucis à nos confrères de Yerkalo, il y a deux ans. Le P. Nussbaum, non initié aux intrigues de ces messieurs, était venu visiter la chrétienté de Yerkalo, privée de missionnaire pendant labsence du P. Goré. Il se disposait à regagner Batang, lorsquil apprit que Namka-lama, le chef des rebelles de Hiangtchen, venait danéantir successivement trois compagnies de réguliers chinois sur la rive gauche du fleuve Bleu et menaçait de passer sur la rive droite pour venir attaquer son ennemi le Kongka-lama. Ce dernier, aidé de quelques soldats chinois qui restaient à Yerkalo et de la garde nationale de la région, résista vaillamment. Ce fut un échange continuel de coups de feu pendant tout le mois de mai. Les rebelles, armés de fusils à tir rapide et munis dun canon, avec grande quantité de munitions, le tout enlevé aux Chinois, gagnaient du terrain. Vers le 20 mai, le Kongka-lama se vit cerné dans sa propre lamaserie, à une journée de Yerkalo. Son ennemi triomphant, envoya une proclamation typique au peuple, annonçant son arrivée pour le 24 mai. Par ailleurs, il faisait savoir au P. Nussbaum que le missionnaire et la mission navaient rien à redouter de lui. Après avoir donné une bonne correction à ce toucheur de bufs quest le Kongka-lama, il devait pousser une visite à Yerkalo, en chasser les Chinois, et de là aller inviter les Chinois dAtentse, au Yunnan, à lui payer un bon déjeuner, ce qui veut dire quil voulait piller ce marché, dont le sous-préfet et les notables ont de très vieux comptes à régler avec lui.

    Ce fut une panique générale à Yerkalo. Le P. Nussbaum réussit cependant à maintenir le calme dans la chrétienté, et, à lépoque annoncée par lorgueilleux lama, on apprit que le partisan des Chinois, le Kongka-lama, enfermé dans sa lamaserie, avait réussi à combiner un guet-apens, fait une énergique sortie et taillé en pièces les rebelles, dont le chef, le Namka-lama, sétait enfui au Yunnan. Pour preuve de sa victoire le vieux bonze décapitait ses prisonniers et envoyait au sous-préfet de Yerkalo 27 têtes, 12 bras et 6 oreilles. Même genre de cadeau, mais plus considérable, à la ville de Batang.

    Le P. Nussbaum, à la date du 4 Juin écrivait : Le Namka-lama, très certainement, prépare une revanche ; mais, du moins, Yerkalo est sauvé pour un moment et mes chrétiens vont pouvoir ramasser leur récolte dorge qui est presque à point et dailleurs très belle cette année. Il avait compté sans un troisième larron qui guettait sans doute depuis longtemps loccasion de sintroduire dans la place. En effet, on avait raconté que, pendant que les Bouddhas vivants ennemis se battaient, les chefs thibétains de la province voisine du Thibet indépendant, dont la frontière est tout proche, massaient de nombreuses troupes dans les villages les plus rapprochés dépendants de Lhassa.

    Lorsque le Namka-lama se fut retiré dans le territoire yunnanais, on apprit tout à coup que les soldats du Talé-lama, roi de Lhassa, avaient violé le territoire chinois et se trouvaient à proximité de Yerkalo, des deux côtés du Mékong à la fois.

    Cette fois la panique fut irrésistible. En quelques heures païens et chrétiens empaquetaient les objets les plus nécessaires et disparaissaient. Un vieux chrétien, dernier survivant de lépoque héroïque de Bonga, berceau de la mission du Thibet, préférait partir pour le ciel. Le missionnaire resta presque seul dans la plaine de Yerkalo. Il courut chez le mandarin et le trouva, lui aussi, en train de boucler ses caisses. On était au 6 juin : la veille encore, le brave homme festoyait joyeusement en lhonneur de la victoire du Kongka-lama. A la vue du missionnaire le mandarin recouvra un peu de sang-froid et, sur ses instances, envoya un petit chef indigène interroger les Thibétains sur leurs intentions. Ceux-ci répondirent quils navaient point affaire avec les Chinois, mais que les autorités thibétaines les envoyaient (qui laurait cru ?) pour protéger la Mission catholique, en cas de besoin, contre les brigands du Namka-lama. De la part du gouvernement lamaïque de Lhassa ces bons procédés à légard des persécutés dautrefois causent au moins de la surprise. Aussi deux des principaux chefs, le Bouddha vivant de la lamaserie de Kiangka et un chef de Tchaya, demandent-ils à être conduits près du missionnaire, auquel ils remettent une lettre du gouverneur de la province de Markam, voisine des marches chinoises. Ce chef thibétain dit au Père quil est son ami et quayant appris quil y a des troubles dans la région, il envoie les deux chefs, ses subordonnés, pour défendre le missionnaire et la mission contre les brigands du Namka-lama. Naturellement le P. Nussbaum reçut ces deux Messieurs avec les égards dus à leur rang, mais avec certaines précautions. Il les conduisit chez le mandarin, auquel ils adressèrent de bonnes paroles, très vagues, et le mandarin en retour les invita à résider auprès de lui ; mais eux, prétextant leur mission, revinrent sinstaller dans une maison voisine de la résidence.

    Il faudra beaucoup de prudence à notre confrère, car il est visible que la protection de la mission nest quun prétexte : le Père Nussbaum est jeté malgré lui au milieu des intrigues thibétaines. La vraie raison de larrivée des Thibétains paraît bien être celle-ci : ils profitent de limpuissance des Chinois pour sintroduire dans la place sans tirer un coup de fusil ; il faudra des coups de canon pour les en faire sortir, car les salines de Yerkalo sont un objet de convoitise pour le Setchoan et le Yunnan, qui ont là leur frontière, et aussi pour le Thibet, qui y voit, lui si pauvre, une source de beaux revenus.

    Le P. Goré, à son retour, aura bien des chats thibétains à fouetter !

    Yunnan

    Le P. Bailly a passé une partie du mois de juillet à Mongtse : la convalescence continue, mais les forces ne reviennent que lentement.

    Le P. Bourlet a quitté Yunnanfu le 12 août, se rendant à Mongtse, où il a passé la fête de lAssomption, soccupant des chrétiens annamites.

    Notre nouveau confrère, le P. Ducotterd, est destiné à Kokouy, où il apprendra la langue chinoise et fera ses premières armes sous la direction du P. Guyomard.

    Kouytcheou

    A la date du 20 juillet dernier aucun changement nétait pratiquement survenu dans létat troublé de la province. Cependant la grandroute de Kouiyang-Setchoan était assez tranquille ; impossible toutefois de visiter les chrétiens de la campagne.

    LEst et lOuest sont de plus en plus en plus troublés. Un bataillon de Yunnanais a levé létendard de la révolte, massacré son commandant et repris le chemin du Yunnan. Passant par Tinfan ils pillèrent la ville et rendirent visite au presbytère, où ils trouvèrent que la mule du curé et le cheval du vicaire étaient de bonne prise. A Yeouyang le P. Harostéguy faillit tomber aux mains des pirates ; menacé par un soldat, il crut prudent de porter ses pénates ailleurs. Bien lui en prit, car le soir même le militaire revint accompagné de nombreux amis ; ces bandits, soldats de larmée régulière, ne trouvant pas le diable détranger, sen prirent aux habitants, quils pillèrent. Le pauvre Père nose pas regagner sa résidence de Touanpo, qui est surveillée par les brigands.

    Après être restés sans nouvelles de nos deux prêtres prisonniers des pirates, voici que ceux-ci nous font écrire (ou nous écrivent eux-mêmes) pour nous demander une rançon et presser le rachat des prisonniers qui sont, dit la lettre, malheureux et soumis à la torture.

    A Kouiyang vient de mourir le séminariste Jérôme Lou, petit-fils du Bienheureux Jérôme Lou Tin-mey. Il avait terminé ses études théologiques et devait recevoir bientôt le sous-diaconat.

    Lanlong

    Le douze juillet dernier, le vallon de Notre-Dame des Dioï était en fête : notre premier Préfet Apostolique, Mgr Carlo, honorait de sa visite la masure chinoise que pompeusement nous appelons séminaire dioï. A la fin du frugal repas qui lui fut offert Monseigneur nous annonça quil nommait Pro-préfet et procureur de la Mission, le P. Louis Esquirol, qui reste en même temps chargé de la paroisse de la ville de Lanlong, et Vicaire délégué pour la partie Nord du Kouangsi, le P. Armand Séguret, curé de Silong. Dans la partie Nord du Kouangsi, qui, unie à la partie Sud du Kouytcheou, forme la Préfecture Apostolique de Lanlong, sans doute la grande majorité des habitants sont des Dioï, mais ils sont autrement turbulents quau Kouytcheou ; le P. Séguret, qui a passé 25 ans au milieu deux, non seulement les connaît à fond, mais encore possède leur confiance.

    Dieu veuille que notre nombre augmente rapidement, car plusieurs districts restent sans titulaire et plus dun missionnaire, trop surchargé, suse rapidement.

    Nos premiers séminaristes dioï vont, au nombre de huit, entrer cette année au grand séminaire de Kouiyang, mais combien auront la force nécessaire pour persévérer jusquau bout ? Cest le secret de Dieu. Puissent donc nos anciens tenir bon jusquà leurs noces dor sacerdotales !

    Canton

    Les 22 et 23 juillet, un typhon a ravagé lîle de Sancian. Pour ce qui regarde la Mission, toutes les chapelles, résidences et écoles, ont été sérieusement endommagées. La chapelle de Saint-François-Xavier, élevée là où le saint fut enterré, a peu souffert ; mais la statue, derrière la chapelle, a été arrachée de son piédestal et projetée à terre ; le bras droit a été brisé. A la résidence principale, les dégâts prennent la proportion dun désastre : il faudra plusieurs centaines de dollars pour les réparer.

    La léproserie de Sheklung a été aussi bien éprouvée. Linondation a envahi toutes les maisons, même celles des lépreuses. La récolte de riz est perdue. De plus, le 4 août, un orage terrible a éclaté sur la région : la foudre a frappé une des nouvelles maisons, celle des petites filles lépreuses. Lun des pignons a été disloqué ; la moitié du toit menace ruine ; le plancher, en ciment armé, a été troué en 7 ou 8 endroits ; des colonnes de ciment sont brisées. Cependant, chose presque miraculeuse, personne na été atteint. Une petite enfant a eu son lit brisé, mais na pas été touchée. Il faut réparer immédiatement cette maison.

    Swatow

    Nous sommes en pleine saison des typhons, qui se succèdent sans relâche ; heureusement quils ne sont pas de la même force que celui de lan passé. Cependant ceux du mois de juillet ont causé des dégâts assez importants à la moisson, qui sans cela sannonçait déjà bien médiocre, et aux maisons des districts côtiers, en particulier de Fouilai le et de Loukfoung.

    Nous avons perdu un de nos prêtres indigènes, le P. Yuen, tombé malade en se rendant à Swatow. Les soins intelligents et dévoués du P. Constancis, chez qui il sétait arrêté, nont pu le sauver et, le 18 juillet, il a succombé à son mal (hépatite aiguë). Il était à peine âgé de 35 ans et avait été ordonné prêtre en 1917.

    Kouangtong Occidental

    Le correspondant de cette Mission a presque reçu des reproches pour avoir osé écrire quil semblait y avoir accalmie dans le Kouangtong Ouest au point de vue brigandage. Voici ce quon lui écrit : En apercevant de Hoihow les lueurs des incendies allumés par les pirates sur le continent, en constatant lexode en masse des malheureuses populations du Louitcheou dans notre port, nous avons peine à croire ici à cette accalmie. Ces Messieurs les brigands du Louitcheou nont-ils pas même envoyé une lettre au surintendant de la Religion Réformée dAmérique, menaçant de lassassiner sous peu. On a même parlé de faire venir une canonnière anglaise pour protéger nos vies. Je mexcuse donc très humblement davoir cru trop vite à la conversion des pirates, mes désirs devançant la réalité. Il est vrai que, envisageant la situation générale à lépoque où jécrivais, je pouvais soutenir cette opinion, mais des lendemains sont venus depuis, dans le Louitcheou méridional surtout, qui infirment désormais cette proposition. Dix mille pirates, dit-on, dont trois mille armés, infestent le sud du Louitcheou jusquici moins éprouvé. Tous ces brigands, alliés plus ou moins officiels de Wong Ming-tong et par lui pourvus darmes et de munitions, prétendent bien aussi se rattacher au parti Suniste ; triste cause qui doit sappuyer sur de tels défenseurs !

    Aujourdhui il faut donc signaler une recrudescence de brigandage de divers côtés (outre le Louitcheou), surtout vers Moullok. Pour la seconde fois en quatre, mois un village chrétien vient de subir la visite de ces indésirables, qui, fort probablement, font partie des défenseurs actuels des marchés de Wongpo et de Mouilok, pirates transformés en soldats sous lautorité de leur chef promu colonel. Ne faut-il pas vivre et aussi samuser ?...

    Mgr Gauthier, qui revient dune harassante tournée à travers le Kochow et le Yeungkong, où il visitait ses reconnaissants disciples, les PP. de Maryknoll, raconte que, proche de Yeungkong, 52 villages ont été dévastés et incendiés par les bandes, dix mille fuyards environ ont pu à grandpeine chercher un refuge en ville, où ils vivent sans abri et presque sans aliments. Au bout de quelques jours un certain nombre de ces malheureux voulurent retourner voir ce qui se passait et tenter de faire la moisson. Ils furent impitoyablement massacrés par les brigands. Monseigneur heureusement est passé indemne partout, mais non sans daccablantes fatigues, occasionnées soit par les typhons, soit par lexcessive chaleur.

    Kouangsi

    Les neuf-dixièmes de la ville de Nanning sont inondés. Dans certains quartiers plus rapprochés du fleuve, leau dépasse le second étage ; les maisons plus basses sont complètement recouvertes. Du 30 juillet au 2 août, en quatre jours, il est tombé 285 mm. de pluie ; or le fleuve était déjà plein jusquaux bords par, le fait des pluies précédentes. Depuis lors leau a continué à monter et a fait irruption dans la ville murée. Notre quartier est heureusement indemne ; nous logeons et nourrissons une cinquantaine de chrétiens pauvres, réfugiés à la mission.

    Le riz a atteint ces jours-ci des prix fabuleux : 800 piastres le picul. Il est vrai quil sagit de papier-monnaie, dont la valeur est tombée à deux centièmes : 50 piastres papier pour une piastre argent.

    Notre nouveau Gouverneur civil a essayé des mesures de rigueur pour empêcher la chute des billets. Il a fait emprisonner quelques spéculateurs ; lun deux a été condamné à une amende de 20.000 piastres argent. Cela na fait quaccentuer la panique ; chacun cherche à se débarrasser de ses billets à quelque prix que ce soit. Le peuple des gagne-petit, de ceux qui nont pas de réserves en argent, est dans une misère noire. Il en est qui meurent de faim.

    Dans le bas Kouangsi, les troupes battues par les Cantonais se retirent en désordre et pillent les campagnes.

    Notre pauvre province est ruinée, et peut-être pour longtemps !

    Cochinchine Orientale

    Le 22 septembre, à lissue de la retraite annuelle, aura lieu lordination de 2 prêtres, 2 diacres et 2 sous-diacres.

    12 élèves du Grand-Séminaire, ayant terminé leur cours de philosophie, ont été placés en district pour y remplir les fonctions de catéchistes. 10 autres, qui ont achevé leurs deux années de probation, ont été appelés à létude de la théologie.

    Deux de nos confrères ont célébré le 25e anniversaire de leur ordination sacerdotale : le 26 juin, à Kontum, le P. Kemlin, provicaire ; le 18 juillet, à Quinhon, le P. Saulot, procureur.

    Cochinchine Occidentale

    La Visite Apostolique de Mgr Lécroart sest terminée par la réunion épiscopale de Saigon. Huit Vicaires Apostoliques ensemble dans la capitale du Sud, cela ne sétait jamais vu. Avec Mgr le Visiteur et Mgr Quinton, nous avions LL. GG. NN. SS. Marcou, Gordaliza, Allys, Grangeon, Bouchut et Perros. Le Synode se tint en terrain neutre, à la Procure. Le dimanche 1er juillet, solennité imposante : tous les évêques assistaient à la cérémonie de la Confirmation des enfants français, administrée par Mgr Gordaliza. Pour clôturer la réunion, un riche chrétien annamite des environs de Saigon tint à recevoir en sa somptueuse demeure, autour de sa table, une si imposante assemblée, et il le fit magnifiquement.

    Le P. Decoopman a obtenu lautorisation de visiter le pénitencier de Poulo-Condore. Fort bien reçu par la colonie européenne, enchanté du climat de lîle, il se propose dy retourner le plus souvent possible et de faire profiter de son ministère gardiens et prisonniers.

    Cochinchine Septentrionale

    Le 4 juillet, au Petit-Séminaire dAnninh, les prêtres de la Mission ordonnés depuis 1915 ont passé un examen sur les traités de Ecclesia et de Legibus. Les résultats très satisfaisants prouvent que nos jeunes prêtres continuent de travailler dans leurs moments libres. Puisse-t-il en être ainsi toute leur vie !

    Le soir de ce même jour commençait la retraite des prêtres indigènes, qui, prêchée par le P. Stffler, se termina le 10, sous la présidence de Mgr Allys, retour de la réunion épiscopale de Saigon.

    Notre jeune confrère, le P. Fasseaux, étudie lannamite avec ardeur. Le 31 juillet, en la fête de S. Ignace, il a prêché son premier sermon aux orphelins de la Sainte-Enfance de Phu-Xuan. Et ce nétait pas trop mal, paraît il.

    La santé de notre vénéré doyen, le P. Bonin, est toujours soumis à des fluctuations de hausse et de baisse : le 3 juillet, elle était si peu brillante que lon a cru bon de lui administrer de nouveau lextrême-onction. Et, depuis lors, il va beaucoup mieux.

    On a de bonnes nouvelles du P. Roux, à qui lair natal a été salutaire ; aussi nous espérons bien le revoir vers la fin de cette année.

    Cambodge

    Le 16 juillet, au Carmel de Phnompenh, prise dhabit de trois postulantes : une Chinoise et deux Annamites. Lune de ces dernières est originaire de la paroisse de Cùlaogiêng, dont le curé, le P. Hion, fut invité à procéder à la cérémonie.

    Vers la même époque, également à Phnompenh, eurent lieu les examens du certificat détudes franco-indigène. Sur environ 300 candidats, 88 furent reçus. Les Surs de la Providence avaient présenté quatre élèves : toutes furent admises ; lune delles conquit brillamment le nº 1, les trois autres ne dépassèrent pas le nº 15.

    Siam

    Un peu partout dans les postes de la Mission sorganisent nos écoles catholiques selon les exigences des nouvelles lois siamoises. Citons, en particulier, le poste de Nakhonxaisi, qui possède maintenant une école de garçons et une école de filles solennellement bénites le 1er août dernier. Ces bâtiments, spacieux et bien aérés, abritent tout un petit monde qui donne bon espoir pour la diffusion des idées et des pratiques religieuses dans ce poste.

    Dans une lettre pastorale datée du 3 août, Mgr Perros invite missionnaires et chrétiens à rivaliser de zèle pour trouver un certain nombre dobjets pouvant figurer à lExposition Missionnaire Vaticane. Lidée de Sa Sainteté Pie XI, profondément catholique dans sa conception, puisquelle embrasse tous les continents et toutes les Missions dans ces continents, est de plus très moderne dans sa réalisation, tout empreinte dun caractère nettement scientifique. Lhistoire religieuse, politique, économique et sociale des peuples encore peu connus et dont lEurope se préoccupe tant à lheure actuelle se reflétera merveilleusement dans cette Exposition vraiment universelle. Nous espérons donc une cueillette intéressante et abondante, digne du Siam, de ses missionnaires et de ses chrétiens.

    Birmanie Méridionale

    Le 24 juin a ramené lanniversaire de la consécration du vénérable Mgr Cardot. Cest le 30e. Tous les missionnaires de la ville de Rangoon se sont réunis autour de Sa Grandeur pour la féliciter. Puisse sa santé saffermir ! Puisse surtout lopération de la cataracte, qui doit être faite dans deux ou trois mois, lui rendre au moins une partie de la vue !

    Le Gouvernement anglais vient de décerner au Père Provost la médaille dargent du Kaiser-I-Hind. Cest une décoration bien méritée pour tout ce que ce cher Confrère a fait dans le domaine de léducation. Depuis 18 ans, il dirige avec le plus grand succès notre école normale de filles et le noviciat des Surs indigènes. Il a rebâti le couvent, qui est maintenant le plus beau du Vicariat. Il vient de parachever son église en y ajoutant une horloge à trois cadrans qui se voient de toutes les parties du compound. Le clocher est maintenant le plus haut bâtiment de Bassein et a fait surnommer la Mission catholique lEglise à la flèche. Toutes nos félicitations au nouveau décoré !

    Du temps de lautocratie, du bon plaisir, les Birmans ne cessaient de tonner contre lexode du Gouvernement vers la montagne pendant lété : frais inutiles que devaient payer les contribuables, difficultés pour traiter les affaires urgentes, manque de contact entre les hautes sphères gouvernementales et le peuple, etc, etc. Or voici quen pleine saison des pluies nos bons ministres birmans se transportent à leur tour sur la montagne. Pendant trois longs mois, cest là-haut que devront se traiter toutes les affaires. Que vont dire les organes nationalistes ?

    Moulmein, jusquici toujours préservé des cyclones et autres cataclysmes, vient de souffrir dun tourbillon de vent qui a détruit plus de 200.000 roupies de propriétés et fait plusieurs victimes. Heureusement nous navons pas entendu dire que nos établissements catholiques aient souffert.

    Birmanie Septentrionale

    O ironie du sort ! DAmarapura, la célèbre capitale, la cité immortelle, fondée en 1781, définitivement abandonnée en 1860, il ne reste plus quun amas de monastères vermoulus et tombant en ruines, de pagodes décrépites et abandonnées, de bouddhas à moitié démolis par les intempéries des saisons et le vandalisme des visiteurs.

    Pourtant Amarapura nous est cher à plus dun titre. Selon la coutume de beaucoup de rois birmans : nouveau règne, nouvelle ville, elle fut, à plusieurs reprises, le siège de la petite chrétienté de la Haute-Birmanie. Cest là, dans le petit cimetière catholique, que reposent les restes mortels de Mgr Gaetano Monteggaza, de lOrdre des Barnabites, mort en 1794. Cest de là encore quen 1860 fut transportée à Mandalay son église S.-Pierre, qui resta jusquen 1890 lunique église de la nouvelle capitale. A cette époque, en effet, un riche chrétien birman de la ville fit construire la cathédrale actuelle ; mais les matériaux de lancienne servirent, pour la troisième fois, à ériger léglise tamoule de S.-François-Xavier, qui, après bien des retouches, fait encore aujourdhui bonne figure.

    Faire revivre tous ces anciens souvenirs semble bien être la vocation spéciale du P. Lafon. Il a doté Sagaing dune belle église, dont la croix du clocher, phare lumineux placé sur les bords de lIraouaddy, projette ses rayons étincelants sur le vieil Ava et Amarapura. Un noyau de catéchumènes dans cette ancienne capitale nous rappellera le souvenir de ces pauvres chrétiens prisonniers des Alaungpras et autres, surtout la captivité de Mgr Brigot. Enfin la nouvelle église S.-Pierre, que le missionnaire vient de bâtir dans la cité immortelle, autour de laquelle il a réussi à grouper quelques familles de catholiques, nous sera une preuve nouvelle de lindéfectibilité de lEglise elle-même.

    Ce fut pour célébrer ce retour à la vie que le 29 juin dernier nous nous joignions aux 500 pèlerins venus de Mandalay. Dun cur vibrant de foi et despérance, dans lenceinte de léglise trop petite pour la circonstance, nous chantâmes le même Credo que chantèrent sûrement dans leur exil nos vieux chrétiens, prisonniers de la tyrannie birmane.

    Laos

    Le P. Barriol nous est revenu de France plein de vie et de santé. Daigne le bon Dieu le conserver longtemps en cet état ! Il en aura grand besoin, du reste, pour administrer les 7 ou 8 postes que Monseigneur vient de lui confier.

    Par contre, le cher P. Jantet a dû nous quitter pour aller à son tour demander au bon air de France le rétablissement de sa santé. Durant trois ans il a administré seul toute la partie de notre Mission qui touche au Cambodge : il sy est épuisé. Les PP. Fresnel et Paulin le remplacent dans cette région, lun à Bassac, lautre à Paksé.

    Coïmbatour

    La vague qui chante en ce moment par ici est la vague de lIndustrie. Cest sans doute le rouet de Ghandi qui lui a donné le ton. Pour aller plus vite on introduit léducation professionnelle jusque dans les écoles primaires. Il faut apprendre aux bambins non seulement à lire, à écrire et à compter, mais aussi à manier le rabot, la lime et la navette.

    Il y a 23 ans la Mission de Coïmbatore envisagea la question dune façon plus pratique et plus sage ; mais lIndustrie alors nétait guère à la mode. Aussi le Pète Petite se heurta à de nombreuses difficultés quand, en 1900, il fonda une école industrielle dans le but dapprendre un métier aux enfants de lOrphelinat. De nombreuses familles doivent maintenant leur pain et leur modeste aisance à cette bienfaisante institution. Il y a là des apprentis en tout genre : menuisiers, mécaniciens, forgerons, tourneurs, vanniers, voire même chauffeurs y apprennent leur métier selon un programme déterminé et passent des examens. Il y a là du travail pour tous ; les boiteux, les manchots, les borgnes ne sont point exclus. Il y a quelque temps un pauvre aveugle était même employé à tourner une roue pour activer le feu de la forge. Cette école industrielle a toujours prospéré, tant sous lénergique impulsion de son fondateur que sous la direction de ses successeurs. Le Père Rogues Perrin la dotée de machines modernes et de nouveaux ateliers, et son directeur actuel, le Père Beyls, vient de bâtir une vaste construction où il a installé à la fois sa demeure et ses bureaux. Cette construction importante fut bénite et inaugurée par Mgr lEvêque le 9 avril dernier. Maîtres et apprentis sont maintenant au nombre de 140.

    Dans un ordre plus spirituel, des retraites ont été prêchées dans divers districts du diocèse depuis le commencement de lannée, à. Ootacamund, Coonoor, Wellington et Coïmbatore.

    Celle de la Cathédrale de Coïmbatore, du 3 au 13 mai, fut prêchée par deux prêtres indigènes du diocèse, les Pères Ignatius et Paul. Les fidèles suivirent les instructions avec un empressement et une assiduité vraiment dignes déloges. Tous les jours à 4h. ½ du matin, des excitateurs parcouraient les différents quartiers de la ville habités par les chrétiens, en sonnant une clochette pour réveiller les fidèles et les appeler à léglise. La clôture de la retraite coïncidait avec la fête de saint Michel, titulaire de la Cathédrale ; dans la soirée une grandiose procession défila dans les rues de la ville avec un recueillement et un ordre parfaits, chose assez rare dans ce pays, où le tapage et la cohue sont laccompagnement ordinaire des processions. Grâce à Dieu dabord, puis au zèle des prédicateurs et au dévouement des confrères qui se trouvaient à Coïmbatore, cette mission fut un véritable succès. Plaise à Dieu que les paroissiens en conservent longtemps la mémoire et les fruits salutaires !

    Le 27 mai dernier, le Père Petit, aidé de son vicaire le Père Kohler, a, lui aussi, donné une grande fête à son petit troupeau de Goundri. Linauguration dune statue de N.-D. de Lourdes, don dune bienfaitrice de France, en fut loccasion. Quelques confrères invités se rendirent au jour fixé sur la montagne de Goundri. Il y eut messe solennelle, sermons, etc. Ces nouveaux chrétiens, gens des bois, étaient émerveillés à la vue des cérémonies religieuses. Daigne la divine Bergère, N.-D. de Lourdes, à qui ce petit troupeau de 150 âmes fut consacré en ce jour solennel, amener au bercail beaucoup de ces pauvres Ouralis.

    Hongkong

    Quatre typhons en un mois, cest beaucoup. Telle est pourtant le faveur dont a été gratifié Hongkong en juillet. Et particulièrement celui du samedi 18 a été formidable ; vraiment, de mémoire dhomme,

    Le plus terrible des enfants
    Que le Nord (?) eût porté jusque là dans ses flancs !

    La Procure, heureusement, est restée indemne. Béthanie et Nazareth ont tenu tête à louragan, mais non sans recevoir quelques blessures : persiennes emportées, vitres brisées, etc. Quant aux arbres déracinés ou amputés de leurs branches, on ne les compte pas. La tempête passée, lîle offrait un spectacle de dévastation tel quun journal anglais de la localité croyait ne pouvoir le mieux comparer quà celui des provinces du Nord de la France ravagées par la guerre... A fulgure et tempestate, libera nos, Domine !

    Sanatorium de Béthanie

    Les bâtiments du Sanatorium, nayant pas été retouchés depuis de longues années, ont un besoin urgent dimportantes réparations, qui ne peuvent se faire quà la saison sèche et nécessiteront lévacuation temporaire de létablissement. On prépare en ce moment un projet de réparations qui sera mis en exécution à partir du 15 octobre prochain. Les travaux dureront plusieurs mois, mais on espère quils pourront être terminés pour février 1924.

    Séminaire de Paris

    Une très importante lettre de Son Eminence le Cardinal Préfet de la Propagande a été envoyée aux Supérieurs des Sociétés de Missionnaires. Elle insiste sur lemploi des moyens qui peuvent former un missionnaire parfaitement outillé pour son travail évangélique et surtout sur la formation dun clergé indigène. En la communiquant à nos Missions Mgr le Supérieur fait remarquer que lintérêt toujours plus intense que le St.-Siège prend aux missions doit nous encourager dans notre vocation, car il nous fait sentir à quel point elle correspond aux préoccupations actuelles de lEglise notre Mère.
    ont été données le 21 juin aux dix par-

    Les destinations suivantes ont été données le 21 juin aux dix partants de lautomne prochain,
    MM. SAMSON Procure
    MONJEAN Penang
    JUPILLAT Osaka
    COUVET Sutchuen méridional
    PEYRAT Kouangsi
    BINET Tonkin occidental
    MIRONNEAU Tonkin maritime
    DETRY Cochinchine occidentale
    BELET Malacca
    JACQUEMART Maïssour

    Le départ aura lieu le 5 octobre.
    Le même jour Monseigneur donnait la confirmation à de nombreux élèves de lEcole St.-Louis de Gonzague (RR. PP. Jésuites de la rue Franklin), et le, soir, luvre Apostolique nous livrait rue Nicolo, soigneusement empaquetées pour chaque supérieur de Mission, les offrandes diverses dont lexposition avait eu lieu précédemment.

    Les appels pour la prochaine ordination ont eu lieu le 23 juin. Il y aura un prêtre, deux diacres, deux sous-diacres et plusieurs minorés et tonsurés.

    Le soir, à la salle du Conseil, les vux de fête de la St-Jean ont été offerts à Mgr le Supérieur par M. Boulanger. Le lendemain, les deux communautés réunies à la salle des exercices fêtaient à leur tour leur Supérieur et passaient au Sacré-Cur la nuit en adoration. Le 25, Monseigneur célébrait la Ste-Messe à Montmartre, faisait la consécration au Sacré-Cur de Jésus et donnait la bénédiction du St-Sacrement. A midi, sous les arbres de la terrasse de Meudon, Supérieur, administration centrale, missionnaires de passage, membres et élèves des deux communautés, se trouvaient réunis pour le déjeuner de fête et dentrée en vacances.

    Laprès-midi du dimanche 24, Monseigneur et son frère le comte de Guébriant, avenue dIéna, avaient invité à un goûter denfants, S. A. le Prince héritier dAnnam et son cousin. Le P. Léculier, le P. Roux y assistaient ; les séances de prestidigitation et de comédie furent très goûtées de la nombreuse jeunesse réunie.

    Le 25, à léglise St-Jacques, au service anniversaire de M. Guasco, ladmirable secrétaire de luvre de la Propagation de la Foi, Monseigneur et le P. Chambon représentaient la Société. Le soir, dans le calme du Séminaire vide daspirants, les membres de ladministration centrale et des deux séminaires commençaient la retraite de fin dannée ; elle se termina le 29 par la rénovation traditionnelle du Bon Propos.

    Un sacre dévêque missionnaire a eu lieu au Séminaire de la rue Lhomond (PP. du St-Esprit) le 30 juin. Le consécrateur était S. E. le Cardinal Dubois ; le consacré Mgr Pichot, évêque de Raphanée et 1er Vicaire Apost. du nouveau vicariat de Majunga à Madagascar. Mgr de Guébriant, invité, assista à la cérémonie.

    A la réunion de lAmicale Missionnaire, (25 juin), une intéressante nouvelle fut donnée par le R. P. de Grangeneuve, S. J. Les deux diocèses de Jésuites de Trichinopoly et Mangalore sont divisés et formeront quatre diocèses ; ceux de Mangalore et de Tuticorin ont des évêques indiens du rite latin. Lévêque de Tuticorin est un religieux jésuite, celui de Mangalore un séculier.

    La quinzaine nous a donné la joie denregistrer onze admissions : M. Albert Poisnel (Coutances), M. Bernard Iroz (Bayonne), M. J.-B. Nénot (Clermont), M. Auguste Patton (Besançon), M. Paul Mathieu (St.-Dié), M. J. Arnaud (Viviers), M. Lucien Bredoutiot (Paris), M. Pierre Ollivier (Rennes), M. Jean Sibiril, élève au Prieuré St.-Michel, (Belgique), M. M. Duchesne, postulant, M. Yves Cotten (Quimper).

    Le service de propagande a fait réimprimer trois brochures épuisées : le P. Guerlach, deux Héros Franc-comtois, deux Missionnaires alsaciens. Avec dautres brochures bien connues, elles sont à la disposition des confrères qui voudraient les faire connaître autour deux. Le même service a fait éditer un petit tract de quatre pages : Société des Missions-Étrangères de Paris, qui est aussi à la disposition des confrères et qui peut se donner comme une image.

    Le 3 juillet, une fête intime réunissait au Séminaire dIssy 28 des 38 survivants du cours de 1883 à St-Sulpice. Etaient présents : le cardinal Bourne, Mgr de Guébriant, NN. SS. Neveux de Reims et Termier de Tarentaise.

    Au commencement du mois de juillet, nous avons reçu M. Delannoy, vicaire général de Lille, et, à partir du 4, à loccasion du 4e Congrès national eucharistique, 43 ecclésiastiques désignés par larchevêché, ont reçu lhospitalité du Séminaire. Citons Mgr Bruley des Varannes, de Monaco, M. larchiprêtre de Prades, le chancelier de lévêché dAnnecy. Les solennités, conférences, manifestations, etc. ont été relatées par les journaux catholiques. La part assignée à Mgr le Supérieur a été la messe de communion à St-Thomas dAquin le 6, un office avec prédication à St-François de Sales le soir du même jour, et à Courbevoie le 7.

    Le 5 juillet, a eu lieu à Montigny-sur-Avre une belle fête franco-canadienne à loccasion du 3e centenaire de Mgr de Montmorency-Laval, évêque de Québec. Monseigneur, qui y prenait part avec le P. Jaricot, présidait la cérémonie religieuse ; Mgr Baudrillart représentait lAcadémie, M. Maunoury, ministre de lIntérieur, le gouvernement. Sept toasts au banquet et trois discours à léglise ont rappelé entre autres grands souvenirs laide fournie au 1er évêque du Canada et à successeurs par la Société des M-E. En somme fête bien réussie et de nuance union sacrée très prononcée. Monseigneur et le P. Jaricot ont fini la journée à lécole des Roches, dont laumônier, M. Gamble, fut condisciple de lun à St-Sulpice et professeur de lautre à lEcole Ozanam de Lyon,

    Du 4 au 15, chaleur extraordinaire, à la campagne comme à Paris. Les 51 aspirants de Ste-Mesme ont reçu les 11 et 12 la visite de Monseigneur et de son secrétaire. Plus que jamais ils apprécient lavantage dune vaste piscine, où le bain est permis de 4 à 6 h.

    Le 14, Mgr le Supérieur et le P. Chambon ont fait une visite depuis longtemps projetée à linstitution N.-D. de Lourdes et de la Bienheureuse Thérèse de lEnfant-Jésus à St-Jean, près Changis (S-et-M.). Sous la pieuse direction de M. labbé Terrillon, une trentaine de jeunes gens et dhommes déjà âgés se préparent au sacerdoce et à la vocation apostolique. Nous y avons plusieurs postulants.

    Le 15, à Dormans, bénédiction de la crypte de la Chapelle de la Reconnaissance. S. E. le cardinal Dubois, Mgr le Supérieur, NN. SS. Tissier de Châlons, Neveux, auxiliaire de Reims, Binet de Soissons, Rémond, aumônier général de larmée du Rhin, le général Mangin, le général Pau, le général Féraud et plusieurs autres généraux, des délégués belge et américain, de nombreuses délégations danciens combattants avec leurs drapeaux, les membres du Comité, des parlementaires, de nombreux pèlerins, par leur présence ont donné à cette fête son caractère religieux et patriotique. Mgr de Guébriant a célébré la Sainte-Messe à 11 h. sur une estrade devant le château. Mgr Rémond a prononcé le sermon. Au déjeuner de 130 couverts, Mgr Tissier et le général Mangin ont pris la parole. Le soir, sur la colline, entouré de généraux et dévêques et monté sur une estrade doù la vue commande un panorama grandiose, le général Féraud a prononcé un éloquent discours. La bénédiction de la crypte a été faite par S. E. le cardinal Dubois. Les PP. Boulanger, Sibers, Bernat, Gérard, Chambon, assistaient à cette fête. La présence de notre Société au château de Dormans est appréciée de tous. Les préparatifs avaient été soigneusement faits ; le parc est bien entretenu ; les travaux de construction de la Chapelle avancent, mais nécessiteront encore des sommes importantes.

    Cinq admissions à signaler : M. Fernand Delbos (St-Flour), M. Emmanuel Tournier (St-Claude), M. Bernard Winterhalter (Dijon), M. François Boschet (Vannes), M. François de la Bourdonaye (Angers).



    1923/567-589
    567-589
    Anonyme
    France et Asie
    1923
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