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Chronique des Missions et des Etablissements communs 10

Chronique des Missions et des Etablissements communs Tôkyô 3 septembre. A la suite du décès du Père Steichen, le Père Houtin a été nommé curé de la paroisse de Hongo, à Tôkyô. Le Père Iwashita a assumé provisoirement la direction du Koye, revue catholique des Missions du Japon.
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Tôkyô
    3 septembre.

    A la suite du décès du Père Steichen, le Père Houtin a été nommé curé de la paroisse de Hongo, à Tôkyô. Le Père Iwashita a assumé provisoirement la direction du Koye, revue catholique des Missions du Japon.

    Le Père Breton remplace le Père Houtin à Kamakura et dans l’administration de son district ; il se rapproche ainsi du Sanatorium qu’il a fondé dans le voisinage. Il continuera de diriger les œuvres auxquelles se dévouent les Sœurs Japonaises de la Visitation, soit au Sanatorium, soit à Omori. Le Père Ideguchi a été chargé du poste d’Omori et doit aider le Père Breton dans son ambulance.

    Les PP. Arvin, de Fukuoka, Anoge, d’Osaka, et Noda, de Hakodaté, sont venus prêter leur concours à la mise en marche et à la direction du nouveau Grand Séminaire, dont nous avons souvent parlé. Les cours doivent commencer à la mi-septembre. Le Père Candau en est le Supérieur.

    Le Séminaire de Paris nous a annoncé un nouveau confrère : le Père Yves Cossard, du diocèse d’Evreux. Nous attendons aussi le retour de France d’un nouveau prêtre Japonais, Monsieur Okoshi. ordonné à Clermont au mois de mars.

    La retraite annuelle des missionnaires de Tôkyô doit avoir lieu du 6 au 11 octobre ; S. E. Monseigneur le Délégué Apostolique a bien voulu accepter de la prêcher, ainsi que celle des missionnaires de Hakodaté, qui doit précéder la nôtre.


    Fukuoka
    17 août.

    Le Bulletin est un précieux trait d’union entre les confrères de la Société : par ses correspondances, il tient les membres de la grande famille unis d’esprit et de cœur . L’année dernière, il a eu l’amabilité de signaler ma maladie et d’intéresser spécialement à mon sort une nombreuse phalange de “barbes moyen-âge”. Leurs prières m’ont été grandement utiles et je dois à une bienveillance toute particulière du Divin Maître d’être rentré dans ma Mission “retapé à neuf” ; un pas de plus et je bénéficiais d’une concession perpétuelle de la Couronne d’Angleterre. A vous l’avouer franchement, je suis heureux de ne pas devoir cette dernière faveur à la générosité de nos voisins d’Outre-Manche.

    Maintenant que l’épreuve est passée, je remercie de tout cœur les bons “Samaritains”, qui m’ont prodigué le baume de leurs charitables prières. Me voici donc de retour au Japon depuis la fin de mai. Que le cher Père Polly se rassure sur le cas de mon mutisme, lui qui, lors de mon séjour là-bas, s’y trouvant de passage, me disait un jour : “P. Gracy, si vous y allez de ce train, vous finirez par devenir muet”.

    Grâce à Dieu j’ai recouvré la parole ; depuis 75 jours, j’ai pu donner 26 sermons ou conférences sans fatigue aucune. J’ai la confiance que le bon Maître a daigné m’octroyer un nouveau bail pour me permettre de reprendre le sillon un moment abandonné.

    Que tous les confrères, qui se sont intéressés à ma maladie, veuillent bien recevoir l’expression de ma profonde reconnaissance et m’aider à remercier le bon Dieu pour la guérison dont il a daigné me gratifier.
    L. GRACY,
    Miss. Apost. de Fukuoka.


    Extrait du Compte Rendu de l’Exercice 1928-1929.
    Nombre de chrétiens 7.333
    Baptêmes : adultes 105
    ” adultes in articulo mortis 68
    ” enfants in articulo mortis 202
    Confessions annuelles 4.251
    ” de dévotion 21.174
    Communions annuelles 4.196
    ” de dévotion 96.809
    Confirmations 213
    Personnel : Evêque 1. Missionnaires 24.

    Communauté de Religieux : Pères Trappistes de la Ste Famille, prêtres et convers 18.
    Communautés de Religieuses : 1º — St Enfant Jésus de Chauffailles, 7 religieuses. 2º — R. Franciscaines Missionnaires de Marie: religieuses, novices, probanistes et agrégées 92. 3º — Sœurs de St Paul de Chartres : religieuses et agrégées 21. 4º — Communautés de Vierges 2, membres 35.
    Education et bienfaisance :
    Séminaristes : 1 philosophe et 16 latinistes.
    Orphelinats 5 avec 140 enfants entretenus. Ecoles enfantines 2 avec 198 enfants. Ecoles supérieures 2, élèves 621. Pensionnats 2, élèves 105. Ouvroirs 3, ouvrières 87.
    Dispensaires 5, malades soignés 24.909, malades soignés à domicile 7.734. Hôpital, malades reçus 16, lépreux 19. Léproserie : hommes 59, femmes 26.

    Notice historique : Depuis 1856 jusqu’en 1927, les Pères de la Société des Missions-Étrangères étaient seul chargés de l’île de Kyushu, comprenant 8 grandes préfectures et de nombreuses îles.

    En 1927, les départements de Kagoshima et Okinawa (4.000 catholiques et 9 postes), furent séparés et confiés aux Pères Franciscains de la Province du Canada.

    Par décret du 16 juillet 1927, la préfecture de Nagasaki (52.000 catholiques et 80 églises et chapelles), devenait le 1er Evêché confié au Clergé Japonais.

    Ce même décret érigeait aussi le Diocèse de Fukuoka.

    Le 1er août 1928, les préfectures de Miyasaki et Oita, (3 postes et 600 catholiques), étaient encore détachées pour former la Mission de Miyasaki, confiée aux R. P. Salésiens de Don Bosco.

    Le Diocèse de Fukuoka comprend les préfectures de Fukuoka, Saga (avec les îles de Madara et Matsushima) et de Kumamoto (avec l’île de Amakusa).

    La population totale, (recensement de 1925), est de 4.282.585 habitants.
    La superficie est de 14,797. kil. c..
    La population hérétique, ( adhérents de 18 sectes), était en 1928 de 17.875.
    La population catholique est de 7.333.

    C’est là que se sont retirés les Pères de la Société des M.-E.


    Osaka
    28 août.

    Le P. Anoge nous à quittés le 20 août ; il va enseigner le dogme à nos grands séminaristes, dans le nouveau Séminaire régional de Tôkyô. Cela devait lui arriver : on n’est pas docteur en philosophie et en théologie pour cacher ses diplômes dans la brousse.

    Cette année nous avons eu un été à rendre jaloux les indigènes des tropiques. Aussi les méfaits du soleil ne se comptent plus. On lui attribue même le nombre croissant des accidents de la circulation. Le fait est que, par un jour du plus beau soleil, le P. Anoge, tout à la fièvre de son déménagement, a été victime d’un de ces accidents. Cela aurait pu être grave. Heureusement qu’un repos de 15 jours a tout réparé.

    Le P. Anoge a comme successeur, dans le district de Maizuru, le prêtre japonais S. Miyakoda, auquel Monseigneur vient de donner comme socius, le P. Bec, qui pourra ainsi parfaire rapidement son initiation à la vie apostolique. On nous annonce le départ de Paris, pour le 15 septembre, de notre nouveau, le P. Duchesne. Le rajeunissement des cadres ne va pas vite, mais enfin, il se fait. Cela donne courage aux vieux


    Taikou
    9 septembre.

    Le 11 août au matin un télégramme nous annonçait la mort du Père Lacrouts, survenue dans la nuit, presque subitement. Sans doute le cher confrère n’avait plus l’espoir de guérir ; depuis des mois déjà il se préparait à la mort ; cependant il espérait pour l’automne prochain un certain mieux. Un violent crachement de sang l’a emporté en quelques minutes. Par bonheur le Père Lucas se trouvait chez le cher disparu : il a pu lui administrer les derniers sacrements et l’assister à ses derniers instants. Avertis aussitôt, les confrères des environs se sont rendus à Tjyou. Là les rejoignirent, avec le Père Provicaire deux Pères du Séminaire. A l’inhumation, qui fut aussi solennelle que possible, assistaient 13 missionnaires et prêtres indigènes. Le Père Lacrouts repose maintenant près de son prédécesseur, le Père Baudounet, dans une montagne qui domine la ville de Tjyen-Tjyou, à laquelle il consacra les 14 dernières de ses 35 années de mission. Alors que pendant 5 ans la Providence nous avait épargné les deuils à Taikou, en moins de 10 mois deux prêtres indigènes et un missionnaire ont disparu.

    La fête de l’Assomption, partout très bien fêtée, a été particulièrement solennelle à Fusanchin, chez le Père Bulteau. Ce jour-là en effet, plus de 220 chrétiens y ont reçu la Confirmation des mains du Père Provicaire. Plus de 500 confessions ont été entendues à cette occasion.

    Bien que, depuis les premières Vêpres de la Mi-Août, la pluie ait fait son apparition un peu partout, le froid, survenu trop tôt, compromet la récolte de cette année. Déjà l’an dernier avait été une mauvaise année : que de misères nous promet donc l’hiver prochain !


    Chengtu
    22 août.

    La réunion préparatoire à l’Assemblée Générale de la Société s’est tenue à Chengtu du 10 au 20 août sous la présidence de Mgr Rouchouse. Etaient présents : Sa Grandeur Mgr Jantzen, Vicaire Apostolique de Chungking, le P. Caron, délégué des missionnaires de Chungking, le P. Ambroise, de Chengtu, le P. Rochette, de Suifu, le P. Valtat, de Ningyuanfu.

    Leurs Grandeurs Nosseigneurs Giraudeau, Fayolle, Baudry, le P. Charrier, celui-ci délégué des missionnaires de Tatsienlu, ayant été empêchés, n’avaient pu se rendre à la réunion.

    Le P. Caron a été élu délégué à l’Assemblée Générale et le P. Rochette délégué suppléant.

    Extrait du Compte Rendu de l’Exercice 1928-1929.
    Nombre de chrétiens 57.872
    Nouveaux prêtres 4
    Baptêmes : Enfants de chrétiens 2.203
    ” adultes 388
    ” adultes in articulo mortis. 1.702
    ” enfants de païens in articulo mortis 9.388
    Confirmations 1.768
    Confessions annuelles 40.180
    ” de dévotion 98.922 =139.100
    Communions annuelles 32.385
    ” de dévotion. 255.130= 287.515

    Séminaires : Grand Séminaire, 33 élèves ; Petit Séminaire, 72 ; Probatorium, 89.
    Ecoles secondaires : 3 avec 106 élèves. Ecoles primaires supérieures : 3 avec 158 élèves. Ecoles primaires : 21 avec 796 élèves. Ecoles dites de prières 270 avec 4.981 élèves.
    Hôpitaux : 2 ; malades soignés 7.325.
    Dispensaires : 4 ; nombre des consultations 200.893. Remèdes distribués 255.000.
    Sainte Enfance, orphelins et orphelines 1.328.


    Chungking
    août.

    — Contrairement à ce qui d’abord avait été dit, la réunion des Evêques du groupe et des délégués des missionnaires, réunion dont le but est de préparer les travaux pour la grande réunion de nos Supérieurs Majeurs, se tiendra à Chengtu au lieu de Tatsienlu. Neuf jours de route au lieu de 20, c’est une considération appréciable pour nos voyageurs de Chungking par ces temps de canicule ; Sa Grandeur Mgr Jantzen et le P. Caron partiront lundi 29 juillet.

    — Les PP. Jouve et Chinchole, de Suifu, n’ayant pu retrouver à Chungking le complet rétablissement de leur santé, se sont embarqués le 27 juillet au soir sur le Fouyuen, qui les mènera directement à Shanghai. De là, nos chers malades continueront jusqu’au sanatorium de Hongkong.

    — De nombreuses bandes de brigands infestent encore les régions de Ieoé yang Penchoui. — Sur un autre point de la Mission, la brigade, qui occupait la ligne San houi-Che kiao ho, se serait donnée au bolchevisme, puis, partie sur la montagne, elle intercepterait tout trafic sur les Pa et Tcheou ho. De Siuting et de Ta tchou sont partis des réguliers pour la soumettre.

    La Mission vient de faire une perte très douloureuse dans la personne du T. C. F. Subran, des P. F. de Marie, rappelé à Dieu le 12 août.

    Arrivé en Chine peu de temps après la persécution des Boxeurs, le F. Subran avait été nommé Directeur de notre Collège St Paul après la Grande Guerre. Pendant 14 ans, il devait se dépenser à la tâche souvent bien ingrate d’éducateur de la jeunesse chinoise. Le nouveau Directeur trouva plus d’une épine sur sa route ! Le Collège qu’il était appelé à diriger, anciennement établi en ville de Chungking, venait, depuis quelques années seulement d’être rebâti à la campagne, et sur de plus amples proportions. Il s’agissait de lui procurer des jours de prospérité. Les nouveaux programmes d’enseignement étaient encore mal fixés, le personnel enseignant restreint. On tâtonna pour s’adapter aux nouvelles méthodes, et pour adopter en leur entier les matières si multiples des programmes, quand enfin ils furent bien définis. On chercha des maîtres capables et suffisants en nombre ; puis il fallut songer à faire enregistrer le Collège comme école secondaire, comportant une annexe de cours primaires supérieurs. Ce ne fut pas une mince tâche, et les démarches furent longues à aboutir. Enfin tout allait à souhait ; l’Etablissement était reconnu depuis quelques années, le nombre des élèves allait croissant et déjà dépassait la centaine, quand la vague de bolchevisme de 1927 vint déferler sur les écoles de Chine. St Paul ne fut pas épargné plus que les autres écoles. L’orage fut violent, et menaça de ne laisser après lui que des ruines ; mais il passa et l’œuvre resta debout.

    Le Frère Subran avait suffi à tout, il avait donné à son établissement l’impulsion voulue, et quand la tempête était venue en saper les bases, on avait pu se rendre compte de leur solidité. Cependant tant de difficultés et de soucis, joints à la tâche quotidienne, avaient miné la santé du F. Directeur. L’affection du foie dont il souffrait depuis quelques années s’était aggravée ; la constitution générale était usée ; il fallut en 1928 se décider à aller chercher un peu de repos et des soins plus faciles dans la maison provinciale de Chala. C’était peut-être un peu tard, car, n’en pouvant plus, le Frère dut s’arrêter quelques semaines à Hankeou avant de pouvoir continuer sa route jusqu’à Peping.

    C’est dans cette ville que, malgré la sollicitude et les soins empressés des siens, celui qui doit juger le ciel et la terre est venu le prendre.

    Le Frère Subran donna 25 ans de sa vie à nos Missions du Sze. Il a travaillé à nos côtés à la formation de notre jeunesse, c’est pourquoi tous nous aurons à cœur de lui prouver notre reconnaissance en offrant à Dieu, pour le repos de son âme, nos prières les plus ardentes, afin que bientôt lui soient ouverts les Tabernacles Eternels où il jouira de la récompense promise au bon et fidèle serviteur.


    Suifu
    30 août.

    En Chine, les autorités ne se mettent pas martel en tête pour prévoir et équilibrer le budget des travaux publics. Tout au plus prennent-elles la peine de faire rédiger et afficher des proclamations. Ainsi, elles ont décidé la modernisation de Suifu. Les rues seront élargies et macadamisées. Sans indemnité aucune, les propriétaires devront démolir leurs maisons et les reconstruire à plusieurs mètres en arrière, perdant ainsi de leur terrain ; de plus, ils seront condamnés à couvrir les frais de macadamisation des rues pour la partie située devant leurs boutiques.

    Mais ce qui est plus navrant encore, c’est que les maîtres de l’heure, prenant prétexte de ces élargissements de rues et de ces constructions de routes, se sont emparés des 8/10 des revenus des pagodes, et cela soi-disant pour indemniser les propriétaires lésés, lesquels, bien entendu, ne percevront jamais une sapèque.

    Cette première quinzaine d’août, la canonnière française Balny est venue promener les trois couleurs dans le haut Yangtse, ce qui n’avait pas eu lieu depuis 1926. Elle a même remonté le Min jusqu’à Kienwei, à 120 lis en aval de Kiating, le manque d’eau, dû à une sécheresse exceptionnelle, ne lui a pas permis d’atteindre cette dernière ville. Tout le long du parcours, les autorités locales reçurent les officiers français avec courtoisie ; celles de Suifu les fêtèrent même. Pour le noment, la France a bonne presse au Setchouan.

    Mgr Jantzen et le P. Caron, retour de la réunion de Chengtu, réunion préparatoire à l’Assemblée Générale de la Société en 1930, se sont arrêtés à Suifu pour fêter la saint Louis, fête patronale de Mgr Renault.


    Ningyuanfu
    1er août.

    Le 26 juillet, fête de Ste Anne, sa patronne, le Séminaire de Ningyuanfu était en fête : 9 confrères européens et 6 prêtres indigènes étaient réunis autour de Sa Grandeur pour la Bénédiction solennelle de la Chapelle et des bâtiments nouvellement construits.

    Dès l’aurore, le Séminaire est envahi par une affluence considérable de chrétiens qui, eux aussi, voulaient prendre part à notre joie. Lorsque Monseigneur apparaît, revêtu de ses ornements pontificaux et assisté par ses prêtres indigènes, les pétards éclatent de partout. Sa Grandeur bénit d’abord les classes, puis la procession se rend devant la chapelle, et les rites liturgiques de la Bénédiction solennelle se déroulent majestueusement. Vient ensuite la Messe Pontificale. Gaudeamus omnes in Domino, l’introït du jour est de circonstance. Grande est en effet la joie de tous, en particulier de Sa Grandeur, heureuse d’être assistée à l’autel par les anciens élèves de Ste Anne, dont cinq déjà ont été marqués de l’onction sacerdotale.

    A l’issue de la cérémonie ont lieu les réceptions officielles, car les autorités de la région n’avaient pas voulu rester étrangères à notre fête. Puis, dans un compliment plein de délicatesse, nos séminaristes témoignent à leur Père bien-aimé leur reconnaissance pour tant de sollicitude à leur égard, et lui affirment leur résolution d’être fidèles à leur vocation. Dans l’après-midi, les vêpres solennelles furent chantées par le P. T’ông, doyen de nos prêtres indigènes et ancien Supérieur de Ste Anne. Un Salut solennel du Saint-Sacrement, donné par Sa Grandeur, termina cette belle journée.

    En montant à Ningyuanfu, le P. Audren, Provicaire, à été soulagé par les Lolos d’une partie de ses bagages de route, près de Lo-Tiao.

    Le P. Salvat, du Yunnan, qui avait annoncé sa visite à Ningyuanfu, en a été empêché par un fort mouvement de troupes pénétrant du Szechwan au Yunnan par Houa pin hié.

    Le travail du P. Arnaud pour la préparation du Dictionnaire Lolo est bien avancé. Dans le but d’y mettre la dernière main, il a bien voulu accepter d’aller passer quelques mois dans le nord de la Mission afin de comparer les dialectes des différentes tribus.

    30 août.

    Le 1er août, deux Religieuses et deux Vierges chinoises, en visite de malades, à 20 lis de Ningyuanfu, près de Tchouan sen fou, sont tombées dans une ambuscade de. Lolos. Les deux Sœurs et une Vierge réussirent à s’échapper non sans peine ; elles durent abandonner une grande partie de leurs vêtements et refusèrent, même sous la menace d’être fusillées sur place, de suivre leurs ravisseurs dans les hautes montagnes où voulaient les emmener les Lolos. Par contre, l’autre Vierge et un domestique furent emmenés. Ce ne fut que quatre jours plus tard, grâce aux ordres sévères donnés par notre général, que les captifs nous furent rendus avec les honneurs de la guerre, (coutume des Lolos). Depuis lors, une grande partie des objets pillés nous a été rendue. Les Lolos, même ceux de l’intérieur du Leang chan, manifestent leur mécontentement envers ceux des leurs qui ont osé toucher à nos dispensatrices de la charité.

    Une trombe d’eau a fait écrouler la montagne attenant à notre oratoire de Oua ko pa. L’oratoire et les rizières environnantes ont disparu.

    Les militaires, qui voulurent le mois dernier s’emparer du Yunnan, se sont, après leur défaite, retirés dans la région de Houi li tchen. Parmi eux beaucoup de blessés et de malades. Nos Religieuses donnent leurs soins à une moyenne de trois cents par jour. Houi li tchen ne pouvant nourrir tout ce monde, on dit que ces Messieurs ont l’intention de se diriger sur Ningyuanfu, d’où grand émoi chez la population de cette dernière ville.

    Le P. Burnichon a quitté Houi li le 22 août. Il espérait en 10 étapes gagner Yunnanfu, et partir immédiatement à Hanoi pour y chercher les soins que réclame l’état de sa santé. Il compte pouvoir rejoindre son district vers la fin de novembre.

    La nouvelle fondation de Houi li tchéou, fondation Castanet, donne les meilleures espérances. Voici en effet les résultats obtenus du 5 juin au 15 août :

    Consultations au dispensaire 16.138
    Baptêmes au dispensaire, enfants 51
    Id adultes 5
    Catéchismes faits à domicile 19 au parloir 45
    Visites à domicile et dans les villages 71 baptêmes 15

    Les Setchouannais, qui s’étaient emparés de Hoa pin, (Yunnan), ont quitté cette ville le 28 juillet sans incident, ni pillage, ni tuerie, ni incendie. La population doit à son curé un gros remerciement.

    La sécheresse sévit de nouveau dans la région de Fu lin, et, pour la troisième année, pas de récolte. A Ningyuanfu aussi la récolte s’annonce mauvaise. Depuis deux mois pas de pluie. Les céréales sèchent sur pied.


    Tatsienlu
    31 juillet.

    Notre retraite annuelle vient de se terminer ; déjà un certain nombre de confrères ont repris le chemin de leur district. Seul, le P. Ménard resta chez lui à Mosimien. Il s’y trouva retenu par ses constructions, surtout par des pluies très abondantes qui avaient coupé tous les ponts et rendaient ainsi le voyage fort dangereux.

    Les premiers arrivés furent les PP. Doublet et Pezous, pour satisfaire plus vite leur dévotion sans doute, mais aussi pour avoir le temps de faire leur approvisionnement, car les pays de Taofou et de Kiakilong sont plutôt déshérités au point de vue “Habillement et Alimentation”. On n’y trouve ni Maison Boucicault ni Maison Féhix Potin.

    Les PP. Charrier et Graton ont pris, pour venir à Tatsienlu, le chemin des écoliers. Négligeant la grande route, ils arpentèrent les montagnes et les vallées du Iutong ; les chevaux furent très satisfaits de la solution, car ils restèrent dans leurs boxes respectives, les routes de la contrée de Iutong se prêtant mal au passage de la cavalerie.

    Quant au P. Vabour, il faillit ne pas pouvoir venir à la retraite : ces jours derniers, en effet, le mandarin de Loutinkiao découvrit et fit placarder un règlement, règlement qui était déjà vieux d’un an, sur les biens de la Mission. Cette “nouveauté” remplit d’aise quelques chevaliers d’industrie, qui se hâtèrent de susciter des procès, dans l’espoir d’agrandir leurs propriétés aux dépens de l’Eglise mais le P. Valour tiendra bon.

    Le calme politico-militaire continue, grâce à Dieu, dans nos Marches du Szechwan. Cependant à Tatsienlu, les corvées thibétaines, (Oulas), mécontentes, se sont enfuies. Les soldats, de leur côté, font tout te qu’ils peuvent pour protéger le peuple, mais il faut bien que de temps à autre le peuple protège aussi l’armée. Ces temps derniers, quelques Thibétains, ayant occis un militaire et ayant de plus volé des fusils et des cartouches non loin de la ville, la population a reçu l’ordre de laver cet affront : dans la huitaine, il faut retrouver les brigands, au moins les fusils et les munitions, sinon il y aura lieu de reconnaître les objets volés....

    De Siao Weisi, le P. Nusbaum nous écrit dans un style très personnel. “Arrivé à Weisi le lendemain de l’Ascension... Le dimanche suivant adoraient deux familles Mossos. … Le nombre des enfants sans instruction me semble suffisant pour essayer d’ouvrir une école cet hiver ; les adultes pourront profiter de l’occasion pour apprendre la doctrine.


    Yunnanfu
    31 août.

    Pour le moment le calme est revenu dans notre bonne ville. Le général Long est toujours Président du Directoire. Les sinistrés de l’explosion cherchent des coupables : Fou tao ouen long, Directeur de l’arsenal, Ly, Maire de la ville, ont dû démissionner. L’équipée Fou-Tchang-Mong est terminée. Les trois compères se sont séparés à Lou fong. Fou tse kia et Mong ont obliqué sur Houi li, poursuivis par le général Tchou siao tong. Quand les fuyards eurent passé le Fleuve Bleu, celui-ci rentra à Yunnanfu. Tchang joui, talonné par Lou han, piqua jusqu’à Tali ; serré de près, il ne put pénétrer dans la ville, fila sur Euh yen et passa le Fleuve Bleu aux environs de Li kiang. Ces jours derniers nous apprenions que Tchang avait, à Houi li, fait sa jonction avec ses amis Fou et Mong. Lou han, à Li kiang, donna à ses troupes quelques jours d’un repos bien mérité et rentra à Yunnanfu. En route, il aurait pris un général, un certain Hiang, qui avait pris fait et cause pour les rebelles. Lou han amène son prisonnier à la capitale.

    Deux régiments, ceux des colonels Touan et Tang, sont descendus poursuivre les pirates du Bas-Yunnan. Le colonel Touan est chargé de la région de Tong tchouan ; le colonel Tang de celle de Tchaotong. Leur général, Tang ki lin, descendra incessamment.

    Le P. Durieu nous est arrivé plein de santé pour l’Assomption. Jeudi, 29, il partait pour Mi tsao, son nouveau poste.

    Le P. Michel est en vacances depuis trois semaines ; mais il a des fièvres.

    Nous avons été inquiets au sujet du P. Salvat que l’on disait retenu prisonnier par le terrible chef de pirates Li ki tchouan. Une lettre du 28 juillet nous a rassurés : le Père était en effet prisonnier, mais prisonnier de la population qui voyait en lui son sauveur. Le Père a de fait sauvé les gens de la ville où il se trouvait.


    Kweiyang
    15 août.

    Le P. Guettier nous est enfin revenu sain et sauf après un voyage mouvementé. Parti de Lanlong pour Kweiyang, il ne put prendre la route ordinaire, parce que barrée par les soldats de Ly siao ien. Il passa donc par Tchenfong, Potong, Kouyhoa, et Kianglong et rejoignit la grande route à Tchenlin. Les bagages qu’il avait envoyés jusqu’à Houang Tsao Pa sont restés en panne dans cette ville, ils y attendent que la circulation soit rétablie. Nous avons le plaisir d’annoncer que notre cher confrère n’a jamais éprouvé les symptômes de la rage, et qu’après le traitement suivi par lui à Hanoi, il ne court plus aucun danger. Il a repris sa charge à la tête du probatoire.

    Le P. Derouineau, souffrant de violents maux d’oreilles depuis un mois et plus, et par ailleurs éprouvant souvent de fortes douleurs dans les reins, a obtenu de Sa Grandeur l’autorisation de se rendre à Chungking pour y consulter un docteur. Il a quitté Tchatso le mardi 6 août. Il compte pouvoir arriver à Kykiang pour la fête de l’Assomption. Nous lui souhaitons bon voyage, complet rétablissement et prompt retour au milieu de nous.

    Notre bon vieux P. Menel a vu sa résidence de Ganpin transformée en caserne durant trois semaines. Ce n’est qu’après des démarches réitérées auprès des autorités de Kweiyang, qu’il a été enfin débarrassé de la présence des soldats. Il n’en est pas de même de la résidence de Tseny ; elle continue depuis plusieurs mois à être le siège de l’Etat-Major du général Lay. Il faut croire du reste que le curé de l’endroit ne s’accommode pas trop mal de cet état de chose, puisque, jusqu’à ce jour, il n’a demandé aucune intervention de la part du chargé d’affaires. Toutefois des ordres, défendant d’occuper les locaux de l’église, ont été obtenus et envoyés aux intéressés.

    Le P Darris écrit qu’il est encore tranquille à Tongjen, mais que de mauvais bruits circulent sur les menées des partisans de Ly siao ien. Le pays est infesté de brigands et il n’ose faire venir les trois nouveaux Pères du S. C. qui sont arrivés à Paotsin, dans le Houlan, à trois étapes de Songtao. Il ne peut même pas faire prendre son vin de messe qui a été expédié de Kweiyang à Tcheniuen.

    Depuis le départ de Ly siao ien, Kweiyang jouit de la paix. Le général Mao est reconnu chef du gouvernement provisoire en attendant la nomination d’un gouverneur par Nankin.

    Kweiyang reverra bientôt Tchéou Sy Tchen ou du moins la ville aura le plaisir de contempler sa statue. L’inauguration des travaux a eu lieu le 11 août. La Mission s’y trouvait spécialement invitée.


    Lanlong
    26 août.

    Le P. Vircondelet nous communique la lettre suivante reçue par lui du Procureur de la Mission de Lanlong.

    “J’ai la douleur de vous annoncer la mort du P. Doutreligne, survenue le 25 de ce mois, dans la résidence de Ts’e heu.

    Le Père souffrait depuis quelque temps de la dysenterie et de la fièvre. Comprenant qu’il ne guérirait pas dans les pays malsains des bords du fleuve, il se mit en route pour monter à Lanlong. Arrivé chez le P. Nénot, il était à bout de forces et dut s’aliter. Les soins que lui prodiguait le P. Nénot semblaient lui avoir rendu la santé, quand une rechute l’emporta en un jour ou deux”.


    Canton
    14 septembre

    La Mission de Canton a sa large part d’épreuves. L’an dernier au mois de septembre, nous avions la douleur de perdre le P. Laurent. Un mois plus tard, le P. Pradel disparaissait après quelques jours de maladie.

    Cette année, le P. Thomas, Provicaire de la Mission, partait pour Hongkong le 23 août ; le 25 un télégramme nous annonçait que le cher Père était mort le même jour à 6 heures du matin.

    Le P. Thomas était souffrant depuis assez longtemps, mais nous espérions tous qu’un changement d’air, un repos à notre sanatorium de Hongkong lui rendrait la santé. Le bon Dieu en a jugé autrement. Quoique fatigué, le cher Père avait prêché la retraite des religieuses indigènes dans les jours qui précédèrent le 15 août. Très zélé, il ne calculait pas avec ses forces quand il s’agissait de la sanctification des âmes.

    Nous avons eu le plaisir d’avoir parmi nous le P. Siu, jeune prêtre du Vicariat de Nanning. Il est venu à Canton afin d’y recevoir les soins des docteurs à l’hôpital Paul Doumer.

    Le général Wong Keuong nous a fait l’agréable surprise d’arriver l’autre jour à l’improviste. Il a accepté de dîner avec nous. Après le repas, il a donné une séance cinématographique aux élèves de nos écoles. Il les a fait voyager dans l’île de Haïnan, dont il est actuellement l’Administrateur.


    Swatow
    18 septembre.

    Depuis le mois de février, la Mission de Kaying est officiellement séparée de notre Vicariat et érigée en Préfecture Apostolique. Mgr F.-X. Ford en a été nommé le premier Préfet Apostolique.

    Voici quelques chiffres des Comptes Rendus des deux Missions de Swatow et de Kaying : ils indiquent l’état respectif des deux Missions au moment de la séparation.

    Missionn. Prêt. ind. Chrétiens Bapt. d’Ad.
    Swatow : 20 12 23.918 186
    Kaying : 12 2 ; Frères : 2 7.286 134


    Confessions Communions Elèves Chapelles
    Swatow 74.566 140.789 2.267 255
    Kaying 26.237 55.318 613 35

    Le P. Constancis signale l’arrivée chez lui de nombreuses troupes venues pour pacifier le pays occupé et ravagé par les Rouges depuis plus d’un an. Ceux qui sont pris sont exécutés ; presque tous vont crânement à la mort, chantant et criant : “vive le communisme !” Leur courage en impose même aux soldats qui, l’autre jour, se sont empressés d’arracher et de dévorer le cœur et le foie d’un des chefs qu’ils venaient de fusiller, pour se donner du courage à leur tour. — Ces pacificateurs se sont installés dans la nouvelle église du Père, ils voudraient même occuper sa résidence, mais n’osent pourtant pas le mettre à la porte ; ils attendent qu’il s’absente, de sorte que le Père est consigné dans sa résidence depuis plus d’un mois.


    Nanning
    10 août.

    Voici l’époque du compte rendu annuel…… C’est toujours avec une certaine émotion qu’a lieu le dépouillement des rapports des confrères et que se font les additions des chiffres enregistrés :

    Quand ensuite on compare les totaux avec ceux de l’année précédente et que des progrès sensibles sont constatés, le cœur se dilate de joie :

    Voici quelques-uns de ces chiffres pour notre Mission :

    1928 1929 Progrès

    Nombre des chrétiens 4.852 5.220 368
    Total des baptêmes 527 1.160 633
    Baptêmes de payens 181 579 398
    Baptêmes d’enfants de payens 166 383 217
    Confessions annuelles 2.220 2.574 354
    Confessions répétées 11.887 12.940 1.055
    Communions annuelles 2.187 2.450 263
    Communions répétées 46.068 52.054 5.986

    Dans les chroniques mensuelles, nous relatons surtout des difficultés : pierres et épines que nous rencontrons dans le champ de notre apostolat. Maintenant que la récolte est faite, nous signalons avec bonheur les fruits et les roses. Le bon Dieu n’a pas permis que nous rencontrions de trop grandes difficultés : Il a ménagé notre faiblesse. C’est pourquoi, loin de nous plaindre d’avoir rencontré quelques épines, nous le remercions plutôt d’avoir bien voulu que nous cueillions quelques roses.

    Le P. Teissier a signalé un fait qui sort plutôt de l’ordinaire. Dernièrement, dans sa chrétienté, un jeune homme, chrétien cependant, a, par vengeance, assassiné à coups de couteau, les deux enfants d’un autre chrétien qu’il détestait. Le meurtrier fut à son tour lynché par la population exaspérée que le Père n’a pu réussir à retenir. Tant il est vrai que les anciennes mœurs n’ont pas encore disparu.


    Vinh
    20 août.

    Depuis plusieurs mois, la santé de nos confrères laisse beaucoup à désirer.

    La série noire a commencé par le P. Blanc qu’une lymphangite a tenu plusieurs mois à l’hôpital de la Mission. Il y était encore quand notre vénérable provicaire et doyen, le P. Abgrall, à qui le nombre des années ne permet plus guère de supporter le Pondus diei et œstus, est arrivé à Xã Đoài exténué de fatigue et de fièvre. Quelques jours de repos et de bons soins l’ayant à peu près remis sur pied, il voulut reprendre ses travaux apostoliques, mais au bout de quelque temps on le vit revenir à Xã Đoài plus exténué que jamais....

    Sur ces entrefaites, le P. Le Gourriérec fut repris d’une rectite que, depuis plusieurs années, les médecins n’ont pu guérir radicalement. Cette fois, une intervention chirurgicale loco dolenti permet, paraît-il, d’espérer une guérison définitive.

    Dans le même temps, le P. Guignard eut une seconde attaque d’apoplexie qui, heureusement, fut assez bénigne ; après un séjour de quelques semaines à Xã Đoài, il put regagner son poste de Van Lôc à temps pour y célébrer l’Assomption, tandis que trois de nos confrères étaient obligés de passer cette fête à l’hôpital de Vinh : le P. Le Gourriérec, dont l’état s’améliore de jour en jour, le P. Abgrall, qui reprend vie et le P. Dalaine, atteint de furonculose. Pendant ce temps, le P. Olmer, fortement anémié, partait pour la clinique St Paul, à Hanoi.

    Pour nous consoler un peu du fléchissement de nos santés, nous venons d’apprendre la prochaine arrivée parmi nous d’un nouveau confrère, le P. Coulot,


    Hunghoa
    12 septembre.

    Après de bonnes vacances à Hongkong, le Père Fleury nous est revenu bien portant ; Le voyage de retour, en compagnie des Pères Biotteau et Durieu, fut très agréable. Le Père Durieu a été l’hôte du Père Jacques, à Lao-Kay, avant de rentrer au Yunnan ; quant au Père Biotteau qui, lui aussi, traversa notre Mission pour aller voir un ami, dans un des postes de la Haute-Région, nous aurions été heureux de le recevoir, soit à Hà-Thạch où il aurait vu notre nouveau Petit Séminaire, soit à Hưnghoa. Le temps ne lui permit pas de modifier son itinéraire ; ce sera, nous l’espérons, pour une autre fois.

    Puisque nous parlons du Petit Séminaire, disons de suite que la rentrée a eu lieu, comme les années précédentes, le 13 août ; cette année, nos latinistes sont au nombre de 60, répartis en trois cours. Le Père Quioc, Supérieur, a dû s’ingénier pour caser tout ce petit monde dans les vieilles paillotes. L’an passé, alors qu’il n’y avait que 46 élèves, on était déjà bien à l’étroit ; maintenant, on est arrivé au summum de la compression. Heureusement, ce n’est que temporaire ; le nouveau Séminaire s’achève peu à peu, et d’ici quelques semaines peut-être, il sera possible de s’installer dans l’un des bâtiments. Le Père Pierchon met tout son cœur à faire bien et aussi vite que possible ; et, de l’avis de tous, il a réussi !

    Onze élèves de Philosophie sont entrés cette année au Grand Séminaire de la Mission de Hanoi ; c’est la première fois qu’il y a tant d’appelés ; espérons qu’ils répondront à ce choix, et que, d’ici quatre ans, les rangs de notre clergé indigène se trouveront ainsi renforcés !

    Avec le 15 août, les confrères ont recommencé, un peu partout, la visite des chrétientés ; ce sont aussi les exercices du Jubilé, et le labeur ne manque pas.

    A Chapa, le Père Savina travaille toujours à son Dictionnaire en sept langues, et s’occupe des Mèos de la région. Avec l’aide de l’Administration, il a construit une école, à 7 ou 8 km. de la station d’altitude, et bientôt il pourra commencer à faire la classe aux enfants de la région ; le 15 août, une kermesse eut lieu, organisée par les Européens en villégiature, et une partie des recettes fut attribuée à l’œuvre de notre confrère. Que le bon Dieu l’aide ! il peut, par la connaissance qu’il a de leur langue, rendre de grands services à ces populations de la montagne ; les Mèos recourent à lui en toute occasion, soit pour demander des médecines, soit pour le règlement de leurs affaires, et, peu à peu, ils apprennent à connaître les Missionnaires et la vraie Religion. Mgr Ramond et les confrères, qui sont montés là-haut cet été, ont pu s’en rendre compte.

    Presque tous en effet, nous avons fait un séjour plus ou moins long à Chapa ; ceux qui y allèrent en août purent y jouir de-journées ensoleillées, faire dans les environs d’agréables pique-niques, ou aller à la recherche de quelque emplacement favorable pour une future Trappe. Les Pères Mazé et Doussoux profitèrent même de leur séjour pour s’exercer à parler mèo, et, disent-ils, ce n’était déjà pas trop mal ; les campagnards étaient joyeux de les entendre et répondaient à leurs questions. Pendant ce temps, Mgr Ramond se contentait de faire, matin et soir, sa petite promenade sous bois, dans un sentier solitaire, où, de temps en temps, venait lui tenir compagnie quelque villégiateur, ami, lui aussi, du calme et heureux de venir causer des choses du Tonkin. Les Mèos allant au marché le rencontraient souvent ; ils admiraient sa belle barbe blanche, et appréciaient surtout les cigares que Monseigneur, faute de mieux pour se faire comprendre d’eux, leur donnait une fois ou l’autre.

    Bonnes nouvelles de nos malades : ici, à Sơn-Tây, le Père Laubie va de mieux en mieux et peut remplacer de temps en temps le Père Massard pour la messe paroissiale du dimanche ; à Hongkong, le Père Granger est content aussi de son séjour à Béthanie ; en France, le Père Blondel suit avec soin les prescriptions de son oculiste, et espère toujours un mieux sensible pour ses yeux ; quant au Père De Neuville, il annonce son départ de Marseille pour le 18 octobre. Nous espérions qu’il reviendrait avec un nouveau confrère, mais cette année, pas de jeune Missionnaire pour Hưnghoa !


    Phatdiem
    2 septembre.

    La santé de nos confrères laisse toujours à désirer. Le P. Delmas vient à peine de rentrer de Hongkong, encore incomplètement guéri, que le P. Huctin s’en va là-bas rejoindre le P. Rey. Le poste occupé par le P. Huctin sera rempli par le P. Lury.

    Nosseigneurs Marcou et De Cooman ont été malades en même temps. Le premier n’est pas encore complètement remis.

    Notre Petit Séminaire est en voie d’achèvement ; d’emblée il sera le plus beau et le plus grand de la Mission.

    Les Frères des Ecoles Chrétiennes ont trouvé ici 22 nouvelles recrues pour leur Juvénat. Ils se montrent très satisfaits des recrues qu’ils avaient faites précédemment.


    Quinhon
    19 septembre.

    Mgr Grangeon est revenu de Saigon le 7 septembre. Sa Grandeur, opérée d’une double cataracte, ne pourra pas lire avant deux mois, mais Elle y voit suffisamment pour se diriger.

    56 nouveaux se sont présentés le 1er septembre à la rentrée du Petit Séminaire ; 4 seulement ont échoué à l’examen. Le total des élèves est actuellement de 127. Le Dr Lemoine et M. Ky, médecin indochinois, ont fait passer à tous les élèves une visite médicale ; une quinzaine de suspects seront radiographiés.

    Chez les Petits Frères du P. Sion, la rentrée, faute de place, n’a pu comprendre qu’une douzaine de nouveaux. Le total des Religieux Catéchistes annamites se trouve ainsi porté à 68. Plusieurs anciens catéchistes ont demandé à faire partie de la nouvelle Congrégation qui, dès l’an prochain, devra élever des constructions définitives.

    Le P. Dorgeville. fatigué, a dû se décider à aller prendre quelques mois de repos au Sanatorium de Hongkong.


    Saigon
    6 septembre.

    La réunion préparatoire à l’Assemblée Générale de 1930 a eu lieu à l’évêché de Saigon le 22 août dernier. Etaient présents : NN. 55. Dumortier et Herrgott en même temps que MM. Etchebarne, Bar. Dalle et Etcheberry, délégués de leurs Missions. Mgr Allys malade s’était fait excuser ainsi que Mgr Grangeon, privé momentanément de la vue à la suite d’une opération.

    M. Dalle a été élu représentant du Groupe à l’Assemblée Générale ; le délégué suppléant serait M. Etcheberry.

    Le lendemain de cette réunion, nous avons eu le plaisir de recevoir la visite de S. E. Mgr le Délégué Apostolique, qui a voulu profiter de l’occasion pour rencontrer à Saigon trois Vicaires Apostoliques. Son Excellence s’est rendue à l’invitation de Mgr Herrgott, qui l’a emmenée au Cambodge pour une quinzaine de jours.


    Bangkok.
    5 septembre.

    La promotion rouge du 14 juillet dernier a prolongé jusqu’au Siam ses agréables effets, et le Gouvernement français, en élevant à la dignité d’Officier de la Légion d’Honneur, Monsieur Henry. Ministre de France, et à celle de Chevalier du même Ordre, Sœur Ursule, de Nongseng, a réjoui bien des cœurs . Les éminents services rendus par l’ancien Chargé d’Affaires du Vatican méritaient d’être reconnus et récompensés. Quant au dévouement de Sœur Ursule, universellement admiré, soit au Laos, soit au Siam, il était certes digne d’une récompense officielle. Les Sœurs de Saint Paul de Chartres seront fières de leur aînée dans l’apostolat en territoire siamois. Nous prenons part à leur joie et nous souhaitons aux deux Titulaires des jours heureux et féconds parmi nous.

    Selon toute probabilité, le premier timbre à l’effigie de S. S. Pie XI, sorti de la Poste Vaticane le 6 août 1929, est arrivé au Siam le 31 août sur une lettre adressée au Procureur de la Mission. Nous signalons avec joie, moins cette rareté philathélique pour le présent, que cette première apparition de la Souveraineté Pontificale jusque dans notre petit royaume d’Extrême-Orient.

    Le premier septembre 1929, s’est éteint doucement, à l’Hôpital St Louis, le Révérend Père Peyrical, atteint d’anémie pernicieuse compliquée d’un cancer à l’estomac. Né le 3 mai 1866, à Forges, département de la Corrèze, où réside encore son frère, curé de Tudeils, Monsieur Peyrical, après avoir terminé le cours de ses études classiques et théologiques, quittait Paris et arrivait au Siam en 1891. Successivement placé dans la brousse, à Thakien, puis nommé professeur de philosophie au Séminaire de la Mission, transféré ensuite à Juthia et finalement, vers 1900, promu curé de la grande chrétienté annamite de Chantaboon, le Père Peyrical fut en tout lieu et toujours un missionnaire zélé, actif, pondéré. Aussi nul ne fut surpris de la décision du Saint-Siège qui, en 1922, le chargeait du Vicariat Apostolique du Laos. Malheureusement sa santé se trouvait être trop ébranlée pour lui permettre d’accepter pareille nomination. Ses raisons furent agréées à Rome et le bon pasteur continua d’édifier la paroisse de Chantaboon, fière d’avoir été trouvée digne de donner, en l’espace de vingt-cinq ans, deux de ses curés comme Vicaires Apostoliques du Laos. En septembre 1928, le Père Peyrical vint à Bangkok se reposer quelque temps à l’Hôpital de la Mission. Des vomissements journaliers annonçaient une sérieuse dyspepsie qui se transformait bientôt, après examen radiologique, en cancer gastrique. Un régime léger et lacté, (une intervention chirurgicale étant impossible), restait seul à suivre. Le Père Peyrical s’y soumit. Une amélioration passagère se produisit en février 1929, qui permit au malade de regagner Chantaboon pour la saison des Pâques. Il rentrait exténué en mai à l’Hôpital, sans espoir, cette fois, de guérison. La mort vint le chercher lentement et doucement le dimanche 1er septembre 1929. Sa dépouille repose à Chantaboon, au milieu de ses chrétiens en attendant la Résurrection. R. I. P.


    Malacca
    1er septembre

    Les bonzes chinois de Penang n’ont pas bonne presse. On les accuse dans les journaux de ne pas garder leur clôture. On les voit se promener en auto ; ils vont au cinéma, aux courses, ils prêtent de l’argent. Voilà les crimes dont on les accuse. Une jeune Chinoise nouvelle mode, robes courtes et cheveux coupés, a trouvé le remède au mal. Il n’y a qu’à les expulser et à prendre leurs temples pour en faire des écoles ou des habitations pour les vieillards.

    Le Coadjuteur de Mgr Barillon est rentré à Singapore, ayant terminé sa tournée de Confirmation.


    Laos
    1er septembre.

    Dans l’une des dernières chroniques, il était question de la sécheresse qui sévissait alors au Laos ; aujourd’hui, contraste absolu, c’est l’inondation qui ravage la contrée. A Luang-Phrabang, la crue du Mékhong est montée à 20 mètres de hauteur, en certains endroits le lit du fleuve s’étend sur une largeur qui peut atteindre 10 kilomètres. De mémoire d’homme, on n’a jamais vu pareille inondation dans le pays. Toutes les rizières sont perdues qui se trouvaient dans le voisinage du fleuve ou de ses affluents et l’année sera dure pour les habitants de ces contrées. Que le bon Dieu daigne avoir pitié de ces pauvres gens !

    Le 1er septembre Monseigneur est descendu à Bangkok pour prendre part à la Réunion préparatoire de l’Assemblée Générale qui se tiendra à Paris l’année prochaine. Sa Grandeur était accompagnée du P. Figuet, délégué par les missionnaires du Laos. Un moment l’inondation a failli faire manquer le voyage, il s’en est même fallu de peu que l’on eût a déplorer un nouveau désastre des chaloupes du Mékhong. Grâce à Dieu les voyageurs ont pu passer entre Pak-Sé et Phi-Mun, viâ Oubone-Korat. Que nos louanges aillent à la Sainte Vierge qui a pris en pitié le Laos et sa Mission.


    Mysore
    27 août.

    Un télégramme nous a appris au cours du mois le décès du P.. Picot, à Montbeton. La nouvelle nous a d’autant plus péniblement surpris que le cher Père avait dernièrement écrit pour annoncer son prochain retour. A vrai dire, il ne prétendait pas aller mieux, mais plutôt que de rester davantage en France, où sa santé ne s’améliorait pas, il préférait rentrer aux Indes, avec la conviction qu’il y pourrait encore faire quelque ministère. Son rêve avait été de mourir en mission. Il avait de longue date choisi l’emplacement de sa tombe, au pied de la grotte de Lourdes qu’il avait édifiée dans sa paroisse de Coromandel. Il avait même creusé cette tombe et l’avait ensuite remplie de mâchefer. A qui souriait de cette prévoyance, il répondait avec bonne humeur que la tâche serait ainsi plus facile le moment venu. Ce, dut lui être un sacrifice de mourir loin des Indes.

    Il est aussi un autre de ses rêves qui ne s’est pas encore pleinement réalisé. Quand la maladie l’obligea, il y a trois ans, à prendre un long repos à l’hôpital Ste Marthe, on le pria d’écrire la vie de Sœur Marie de St Hyacinthe, qui fut la fondatrice de cette maison. C’est un travail qu’il entreprit de grand cœur . Bien des fois il dut s’arrêter pour gagner son lit, mais il n’en persista pas moins dans son entreprise. Lorsqu’il décida de partir pour la France, il ne partit point sans emporter avec lui toutes ses notes. Bien que maintenant achevé, son livre n’a pas encore, que nous sachions, été livré à l’impression.

    Nous osons espérer que le travail du Père Picot n’aura pas été inutile, mais que quelqu’un, ami du Mysore et du bon Pasteur, mènera à bien la publication de cet ouvrage.


    Coïmbatore
    23 août.

    La vieille école St Antoine de Coonoor, restée longtemps au rang de Middle School, a fait un pas en avant vers le grade d’école secondaire. Le Père G. Boulanger, un vétéran de l’éducation vient d’être nommé Directeur de cette école pour la diriger dans sa marche ascendante. Le Père L. Béchu lui a été substitué à l’école St Michel de Coimbatore et celui-ci a été remplacé à la Cathédrale par le Père Dominique dont le zèle égale l’expérience dans le ministère paroissial.

    Une branche de l’école industrielle dé Coimbatore va être établie à Ootacamund aussitôt que les circonstances le permettront. Dans ce but le Père Crayssac, profitant de ses bonnes relations avec le maire de cette ville, a acquis, au nom de la Mission, un terrain vaste et bien situé dont une partie a été cédée gratuitement et une autre à des conditions avantageuses. En attendant que le projet puisse être mis à exécution, le Père Crayssac a établi sur ce terrain une école élémentaire qui réunit déjà un bon nombre d’élèves.

    Le 19 août le Frère Forde, de la Congrégation des Frères de St Patrice, est mort au Collège de St Joseph, à Coonoor, à l’âge de 75 ans. Pendant de nombreuses années et avec grand dévouement, il a travaillé à l’éducation des enfants européens et anglo-indiens dans ce Collège dont il fut le Supérieur à plusieurs reprises.

    La foule nombreuse et variée qui l’accompagnait à sa dernière demeure montre bien quelle place il occupait dans l’estime publique. Religieux fervent et discipliné, il a rendu, sous le rapport de l’éducation, de grands services à la Mission de Coimbatore dont il fut un ami fidèle et dévoué. R. I. P.


    Kumbakônam
    22 août.

    Pour les quatre Missions de l’Inde, la réunion préparatoire à l’Assemblée Générale de la Société s’est tenue au commencement du mois, au Sanatorium St Théodore. S’y trouvaient présents : Nosseigneurs les Evêques de nos Missions de l’Inde, le P. Verdure, représentant les confrères de Pondichéry, le P. Béchu, V. G., ceux de Coimbatore, le P. Auzuech ceux de Mysore, le P. Laplace ceux de Kumbakonam.

    Le P. Béchu a été choisi pour représenter à Paris les missionnaires de l’Inde : le cas échéant, il serait remplacé par le P. Laplace.

    Le P. Blons est nommé vicaire à Salem.

    La High School fondée récemment à Kumbakonam est d’une manière définitive reconnue par le Ministre de l’Instruction Publique du Gouvernement de la Présidence de Madras. Il ne reste plus qu’à trouver les ressources nécessaires pour la construction des locaux scolaires. Espérons que Ste Thérèse de l’Enfant Jésus continuera sa protection à cette école qui porte son nom, et qu’elle aidera à faire venir “l’eau au moulin”.



    1929/616-640
    616-640
    Anonyme
    France et Asie
    1929
    Aucune image