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Chronique des Missions et des Etablissements communs 2

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Extrait du Compte-rendu de lexercice 1925-26. Population totale 15.611.000 catholique10.802 Adultes257 in art. mort. 320596 Baptêmes Hérétiques 19 1.286 Enfants de chrétiens310690 in art. mort.380 1 Séminaire 31 élèves 29 Ecoles 6. 843 6 orphelinat et crèches 228 enfants
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Extrait du Compte-rendu de lexercice 1925-26.

    Population totale 15.611.000
    catholique 10.802
    Adultes 257
    in art. mort. 320 596
    Baptêmes Hérétiques 19 1.286
    Enfants de chrétiens 310 690
    in art. mort. 380


    1 Séminaire 31 élèves
    29 Ecoles 6. 843
    6 orphelinat et crèches 228 enfants

    Le décès de lempereur, survenu le 25 décembre à 1 h. 25 du matin, a plongé lEmpire du Japon dans le deuil et a attristé les premiers jours de lannée, dordinaire si joyeusement fêtés. Officiellement pourtant, le deuil public, pendant lequel spectacles, concerts, auditions musicales étaient suspendus, na duré que jusquau 30 décembre. La mort, ainsi que la dernière maladie du Souverain ont donné au peuple loccasion de manifester son attachement à la Maison Impériale. Le sentiment religieux, dordinaire assez voilé, sest révélé en de pareilles circonstances : outre les prières dans les temples et les églises, ainsi quaux abords du palais de Tôkyô et de la villa impériale de Hayama, où lEmpereur sest éteint les jeûnes, les ablutions matinales deau glacée, pratiqués sur divers points de lEmpire, ont témoigné du degré de ferveur que peuvent revêtir le patriotisme et la religion des sujets dévoués de lEmpereur.

    Né le 31 août 1879, monté sur le trône le 30 juillet 1912, à la mort de son père lEmpereur Meiji, lEmpereur Yoshihito a régné 14 ans et quelques mois. Doué dune constitution maladive, qui exigea de grandes précautions durant son enfance et sa jeunesse, il dut particulièrement aux soins du Dr. Baelz, professeur à lUniversité Impériale, de se fortifier suffisamment pour pouvoir prendre en mains les rênes du gouvernement et continuer plusieurs années ladministration de lEmpire. Mais les changements survenus dans les idées et les murs, et les difficultés gouvernementales affectèrent de nouveau sa constitution, et en 1922 son fils aîné, le Prince héritier Hirohito, après une tournée détudes en Europe, fut chargé sous la tutelle du Prince Kanin de gouverner lEmpire en qualité de régent.

    Le 25 décembre au matin, quelques heures après le décès de son auguste Père, il recevait dans la villa de Hayama les insignes du gouvernement, le sabre et le joyau qui, par tradition séculaire, symbolisent le pouvoir impérial. Le 28 décembre, dans la première audience officielle tenue au palais de Tôkyô, le nouvel Empereur publiait le Rescrit à son peuple et le Rescrit aux armées de terre et de mer. Dans le premier, il recommande à ses sujets de réagir contre les extravagances du luxe par la simplicité de vie, contre limitation servile par lesprit dinitiative ; il prône en outre un esprit de progrès qui saccorde avec les temps nouveaux, lunion et lharmonie à lintérieur, et les dispositions amicales vis-à-vis de tous les autres pays.

    Lère inaugurée a reçu le nom de Shôwa (caractères chinois) (paix resplendissante). Cette appellation aurait été suggérée par un passage des classiques chinois du Shiking qui loue les vertus de lEmpereur Yao. La 1ère année, commençant le 25 décembre, a duré sept jours seulement, et le 1er janvier 1927 inaugurait la 2e année de Shôwa.

    Les funérailles de lex-Empereur, qui prendra sans doute dans lhistoire le nom de son ère, Taishô (caractères chinois) (grande justice), doivent avoir lieu avant le cinquantième jour de deuil, probablement dans la première décade de février. Le cercueil en bois de cèdre, contenant les restes de lEmpereur défunt, a été transporté au palais de Tôkyô le soir du 27 décembre. Actuellement plusieurs milliers douvriers travaillent à la construction du mausolée et des divers édifices et ouvrages quexigent les funérailles. Lemplacement choisi désormais pour la sépulture des Empereurs se trouve être, non plus dans le voisinage de Kyôto, mais aux environs de Tôkyô, à louest de la ville de Hachiôji, au village de Yokoyama, près dAsakawa. Les Chambres ont voté, le 28 décembre, pour les funérailles un budget extraordinaire de 2.180.000 yen.

    Nagasaki

    LEcole de lEtoile de la Mer (Kaisei-gakkô caractères chinois), dirigée par les Marianistes, continue de prospérer : elle compte actuellement 230 élèves. Sur ce nombre 64 seulement sont catholiques, mais le mouvement vers la religion saccentue de jour en jour ; plus de 60 élèves païens étudient le catéchisme et, la grâce de Dieu aidant, le nombre des chrétiens ira sans cesse en croissant. Ce sera, pour les bons Frères, la meilleure récompense de leur infatigable dévouement.

    Osaka

    Au cours de lannée 1926, deux de nos écoles catholiques ont réalisé de magnifiques progrès. A Kôbe, les Surs du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles dirigent lEcole Sainte-Marie, qui compte actuellement 200 élèves, dont 50 catholiques. Cet établissement sert décole paroissiale pour les catholiques étrangers ; les jeunes filles qui le fréquentent appartiennent à toutes les races, comme à toutes les nationalités. Les anciens locaux scolaires se prêtait mal au service quon leur demandait ; les Surs ont été forcées de sen accommoder pendant longtemps, mais elles se préparaient à les remplacer par un bâtiment plus vaste et mieux aménagé. Cette année, ce projet a été réalisé. Le 8 septembre dernier, Mgr Castanier a béni le nouvel établissement, et lEcole a commencé lannée scolaire dans un bel édifice en ciment armé, capable de recevoir 500 élèves.

    A mi-chemin entre les deux grandes villes de Kôbe et dOsaka, les Dames du Sacré-Cur occupaient depuis le mois de février 1923, une jolie villa, quelles avaient louée pour y installer provisoirement leurs uvres déducation. Dans la même région, ces Dames ont acquis, lan dernier, une vaste propriété, daccès facile, où le bon air et lespace ne leur manqueront pas. Les divers bâtiments que comprendra létablissement occupent encore les ouvriers ; cependant la partie principale vient dêtre terminée, et les religieuses ont pu sy installer le 21 décembre ; le 8 janvier, les salles de classe étaient prêtes à recevoir leurs 200 élèves. Quand toutes les constructions seront finies, lEglise catholique aura là un établissement déducation modèle, le plus beau et le mieux aménagé de toute la région.

    Les fameux temples bouddhiques du mont Kôya, dans la préfecture de Wakayama, ont été détruits en grande partie par un incendie le 26 décembre. Les pertes sont évaluées à 10 millions de yen.

    Seoul

    Le 19 décembre, un télégramme de Paris nous apportait lheureuse nouvelle de la nomination du Père Adrien Larribeau comme Coadjuteur avec future succession de notre vénéré Vicaire Apostolique, Mgr Mutel. Dieu accorde au nouvel Evêque un long et fructueux épiscopat ! Et que la crosse du jeune Prélat soit longtemps encore le bâton de vieillesse de Mgr lArchevêque de Ratiaria !

    Sur la demande des chrétiens japonais, Mgr Mutel a célébré, le 20 décembre, une messe à lintention de lEmpereur gravement malade. Les dits chrétiens y ont assisté nombreux, ont fait prendre des photographies et publier dans les journaux un compte-rendu illustré de la cérémonie : cela pour répondre à ceux qui les accusent de manquer de patriotisme, parce quils ne prennent pas part aux prières publiques des jinja.

    On va construire à Seoul une Bibliothèque Impériale qui coûtera 4 millions de yen.

    Lélevage des vers à soie prend une importance de plus en plus considérable en Corée. On compte actuellement 542.690 familles qui font lélevage de printemps et 222.800 qui font celui dhiver.

    Le nombre des Coréens vivant actuellement au Japon est de 123.169. Lémigration prenant des proportions inquiétantes et le nombre des Coréens sans travail augmentant de jour en jour, les autorités songent à prendre des mesures pour restreindre cette émigration.

    Taikou

    Mgr Demange, ayant terminé sa troisième tournée dadministration, est rentré à Taikou le 22 décembre. En la fête de Noël, S.G. a célébré la messe de minuit et, dans laprès-midi, a administré 43 confirmations.

    Le P. Cadars et le P. Bertrand ont subi chacun une forte attaque de grippe, qui les a condamnés au repos pendant une quinzaine de jours. Ils sont rétablis actuellement.

    A. Mokpo on parle de creuser le port de manière à en permettre lentrée, jusque devant la ville, aux navires de 3.000 tonnes.

    Il y a actuellement en Corée 12 écoles secondaires dans lesquelles sous la direction dofficiers, ont lieu régulièrement des exercices militaires.

    Kirin

    Mgr Gaspais a visité pendant le mois de décembre le sud de la Mission, cest-à-dire les districts dItong et de Panchen. Rentré à Kirin le 18, Mgr eut la consolation dordonner trois diacres et un prêtre, M. André Ting. Ce fut un jour de grande joie, étant donné surtout les circonstances très spéciales de la carrière du nouveau prêtre.

    Originaire du village chrétien de Siaopakiatse, M. André Ting appartient à une vieille famille chrétienne qui a donné à lEglise plusieurs prêtres et plusieurs religieuses. Le grand-père dAndré Ting entra dans les Ordres et fut ordonné prêtre à 50 ans : il mourut quelques années plus tard. M. André Ting lui-même sengagea dabord dans les liens du mariage : il est même grand-père et lune de ses filles est religieuse du Saint-Cur de Marie. Un propre frère dAndré, François, est prêtre dePuis 1915 ; son oncle Antoine est prêtre aussi. Sa sur Thècle est depuis deux ans Supérieure des Surs du Saint-Cur de Marie. Parmi les religieuses de cette Congrégation, on trouve encore deux tantes et deux grandtantes du nouveau prêtre. On voit que, dans cette famille Ting, Dieu a fait germer de nombreuses vocations. Il en est de même, dailleurs, dans plus dune ancienne famille chrétienne : cest une constatation bien consolante, qui autorise le plus rassurant espoir sur lavenir des chrétientés chinoises.

    Le jour de lordination, Mgr Gaspais exprima sa joie de voir son clergé saugmenter dun nouvel auxiliaire qui mettra au service de lEglise sa grande expérience des choses chinoises, car M. Ting est un lettré. En remerciant ceux qui lont aidé à suivre sa vocation, le nouveau prêtre neut garde doublier le P. Lacquois, que la maladie retient encore à Shanghai, mais que nous avons lespoir de revoir bientôt parmi nous.

    Tchengtou

    Les missionnaires protestants sont pessimistes. La West-China Union University a fermé ses portes au mois doctobre. Un premier vote des étudiants, après laffaire de Wanshien, avait été en faveur de lUniversité : 114 élèves voulaient rester, 99 demandaient la fermeture. Sur ce une quarantaine partirent et, se posant en martyrs de la cause chinoise, firent tant et si bien que lon dut suspendre les cours.

    Dans le même temps les grévistes faisaient tous leurs efforts pour obliger les employés et domestiques des étrangers à quitter leur service et pour empêcher les étrangers dacheter quoi que ce soit sur le marché.

    En face dun tel état de choses la plupart des familles des missionnaires protestants ont quitté Tchengtou et se sont réfugiées à Shanghai en attendant des temps meilleurs.

    Parmi les placards anti-étrangers répandus à foison dans toute la province, il en est un qui représente un missionnaire attablé devant un plat au dessous duquel on lit : Cerveaux et os du peuple chinois. Le missionnaire tient en laisse un chien sur le dos duquel sont écrits les caractères Chrétiens chinois, et il le lance contre un homme, représentant le peuple chinois, qui tient un bâton en chaque main et crie : Tuez ce méchant chien ! Voilà comment on forme lopinion publique en Chine.

    Tchongking

    Mgr Jantzen est rentré de sa tournée pastorale le 17 décembre. Sur tout le parcours les routes étaient tranquilles et dans plusieurs districts, comme à Tientche, païens et chrétiens ont fait à Sa Grandeur une réception enthousiaste.

    La fête de Noël, favorisée par un temps magnifique, a été célébrée dans les diverses églises de Tchongking avec un grand concours de fidèles, mais un peu moins de pompe extérieure à cause des temps troublés que nous vivons. Il y eut messe de minuit à Saint-Joseph. mais sans sonnerie ; les nombreux chrétiens qui sy rendirent ne furent pas inquiétés. En dehors de la ville, rien na été changé aux coutumes traditionnelles.

    La Ligue anti-chrétienne sétait cependant agitée : dans la journée des étudiants ont parcouru la ville et affiché des placards injurieux ; mais cette agitation sest terminée par des rixes entre les deux partis révolutionnaires, les yeoupai (socialistes) et les tsopai (communistes).

    Un nouveau confrère, le P. Roussel, nous est arrivé sain et sauf le 8 décembre et a été accueilli à bras ouverts.

    Suifu

    Rentré dune longue tournée pastorale le 12 décembre, Mgr Renault a ordonné 5 sous-diacres aux Quatre-Temps de Noël.

    Un de nos bons prêtres indigènes, le P. Jacques Ouang est mort à Tseliuting le 21 décembre, à lâge de 50 ans. Prêtre le 28 avril 1912, il fut, après un an de vicariat à Kiating, nommé à Jencheou, où il travailla avec ardeur. Plusieurs centaines de nouveaux chrétiens de ce district lui doivent le baptême. La Mission perd en lui un bon ouvrier.

    Une épidémie dinfluenza a fait un hôpital du petit-séminaire de Hotikeou ; plus des 4/5 des élèves en sont atteints. Espérons que la science médicale de leur supérieur, le P. Le Breton, et le dévouement prudent du P. Champion finiront par en avoir raison.

    Depuis que Suifu existe, jamais on ny a autant parlé de N.-S. Jésus-Christ que le jour de Noël dernier. Dans les églises, les chrétiens assistèrent à de magnifiques cérémonies en son honneur et entendirent de beaux sermons qui le glorifiaient comme Fils de Dieu et Sauveur du monde. Dans les rues, par contre, les étudiantes et les étudiants, du matin jusquau soir, le bafouèrent ainsi que sa sainte Mère, ses fidèles et spécialement les vierges qui lui sont consacrées. Mais, dans les nombreuses élucubrations quils débitèrent à tous les échos, nos orateurs anti-chrétiens, suivant le mot dordre du comité directeur, sefforcèrent surtout à démontrer aux badauds qui les écoutaient que la propagande de la religion chrétienne est larme subtile dont se servent les gouvernements impérialistes pour semparer pacifiquement de la Chine. Donc tous les Chinois qui aiment tant soit peu leur pays doivent mettre tout en uvre pour lenrayer. Et ce quon peut regarder comme le prélude de violences prochaines sur les personnes des étrangers, cest que, pour la première fois depuis 1900, une vingtaine détudiants, à figure de vauriens, osèrent poursuivre, en pleine ville, un pasteur américain en le conspuant et en faisant siffler à ses oreilles les gourdins dont ils étaient armés, sans toutefois le toucher. Bien entendu, la police laissa faire.

    Tatsienlou

    Les Acta Apostolic Sedis du 1er décembre 1926 nous apprennent que le R. P. Pierre-Sylvain Valentin, nommé Coadjuteur avec future succession de Mgr Giraudeau, Vic. Apost. de Tatsienlou, a reçu le titre épiscopale de Zeugma (Titulari episcopali Ecclesi Zeugmatensi). Zeugma, appelé aujourdhui Balkis, est situé sur la rive syrienne de lEuphrate, en face de Bérédjik, lancienne Tulupa des Croisés. Cétait autrefois un évêché suffragant de la métropole de Hiérapolis.

    Le Bulletin sunit aux missionnaires du Thibet pour offrir à Mgr Valentin ses respectueuses félicitations et ses vux de fécond épiscopat.

    Ningyuanfu

    Après bien des atermoiements, les militaires de Ningyuanfu se sont décidés à entreprendre la campagne contre les Lolos du Leangchan, où ils ont pénétré par trois voies différentes. Jusquici les nouvelles relatives à lexpédition sont contradictoires. Il paraît cependant quune vingtaine de chefs lolos auraient déjà payé de leur tête leur insubordination.

    La route de Fulin à Hoangmoutchang est infestée de brigands. Les voyageurs doivent, pour échapper au pillage, profiter des escortes de soldats qui font le trajet tous les trois jours. Protection quelque peu aléatoire, car, à Hoangmoutchang même, les soldats, installés chez lhabitant, se comportent en pirates.

    Sur la frontière du Yunnan, la situation est toujours critique : le marché de Sinkai a été entièrement pillé. La population de la région est terrorisée.

    Yunnanfu

    Le P. Salvat, délégué à cet effet par Monseigneur, a confirmé un long rapport linnocence du P. Ten, incarcéré à Peyentsin à la suite de dénonciations calomnieuses. A ce rapport il a joint quatre requêtes, signées de 66 notables et lettrés de la ville, dévoilant les noms et les intentions des calomniateurs. Le Consulat de France a transmis ces documents au Gouvernement provincial et lon peut espérer que laffaire recevra prochainement une solution satisfaisante.

    A loccasion du 10e anniversaire de la Restauration de la République (soulèvement du Yunnan, 1916), de grandes fêtes sportives ont eu lieu à Yunnanfu, en dehors de la porte du Nord, dans un immense stand avec tribunes pour les autorités et leurs invités. Et non seulement des soldats et des étudiants montrèrent leur habileté, mais des jeunes filles même dansèrent le tango, aux sons de lharmonium (!) et des mandolines. Dites après cela que le Yunnan nest pas en progrès....

    Kouiyang

    Comme il le raconte lui-même dans son intéressant journal que public le Bulletin, le P. Darris, dans sa tournée au secours des affamés, a jeté les premières semences dune évangélisation future de régions malheureusement délaissées faute de personnel. Aussitôt terminée sa mission officielle, il est reparti pour continuer luvre commencée et son zèle apostolique trouve déjà sa récompense. Les catéchumènes sont nombreux et pleins dentrain pour létude de la doctrine. Sur ses instances, deux vierges du Couvent du Sacré-Cur lui ont été envoyées de Kouiyang pour aider à linstruction des femmes et des filles. Kiongchoui, Tchenyuen, Tsinki, Sehien, ont déjà reçu la visite du missionnaire ; à Tongjen, un groupe de protestants dissidents linvite à venir leur exposer la doctrine catholique. Puisse ce beau mouvement de conversions se développer en surface et aussi en profondeur !

    Plusieurs fois, dans le récit de son voyage, le P. Darris exprime le souhait que des missionnaires dune autre Congrégation vienne suppléer à linsuffisance de notre personnel. Ce vu va être réalisé. Trois Pères du Sacré-Cur dIssoudun sont arrivés à Yunnansen le 9 décembre, à destination du Kouytcheou. Le P. Champeyrol, retour de France, les a attendus et les conduira jusquà Kouiyang.

    On sait que, il y a quelques années, il avait été question déjà de céder la partie ouest de notre Mission. Deux prêtres canadiens, les PP. Samon et Carrey, y avaient été envoyés à cette intention ; mais notre brousse laissait trop à désirer sous le rapport du confortable auquel ils étaient habitués, et, après quelques mois, ils regagnaient lAmérique. Les nouveaux missionnaires, nous nen doutons pas, se soumettront plus courageusement aux exigences, voire aux privations de la vie apostolique, et Dieu récompensera par de nombreuses conversions leurs travaux et leurs sacrifices.

    Mgr Seguin, rentré à Kouiyang le 13 décembre, après une tournée pastorale de deux mois, a ordonné 6 sous-diacres le 18.

    Le 8 décembre, notre Collège Saint-Paul à Loutchongkouan a eu lhonneur de recevoir la visite du gouverneur de la province, M. Tcheou Sitchen, qui, dans son discours aux élèves, leur a recommandé de suivre les enseignements et les exemples des missionnaires catholiques, leurs professeurs, et de poursuivre avec eux lidéal qui leur est proposé. Il est monté ensuite à loratoire de Notre-Dame de Liesse et a même promis denvoyer un pien 1 en témoignage du bon souvenir quil emportait de sa visite.

    1. Tablette horizontale en bois avec inscription de quelques caractères chinois, généralement quatre.


    La construction des routes provinciales se poursuit avec ardeur sous limpulsion énergique de notre gouverneur. M. Todd, ingénieur américain envoyé de Pékin pour inspecter les travaux, les a trouvés en bonne voie. Deux autres ingénieurs arriveront prochainement comme surveillants. Et non seulement les soldats, mais les étudiants et même les étudiantes prennent part, sur leur demande, à cette uvre dutilité publique. A chaque groupe a été confié un tronçon de route et une noble émulation pousse le sexe dit faible à se montrer aussi fort que lautre. Le geste nest-il pas admirable et touchant ?...

    Canton

    Par prudence la messe de minuit na pas été célébrée à la cathédrale ni dans les chapelles des communautés de la ville ; mais la pontificale du jour de Noël a été des plus solennelles et léglise était comble.

    Du reste, la manifestation anti-chrétienne annoncée na pas eu, en ce qui nous concerne, de conséquences graves. Des placards ont été affichés sur nos maisons, mais ne répétant que des lieux communs sans portée,

    Le 3 janvier, Mgr Fourquet a administré le sacrement de Confirmation à plus de 80 personnes à la Léproserie de Sheklung.

    Le gouvernement de Canton vient de publier un Règlement dadministration publique concernant les écoles à tous les degrés. Les principales disposition de ce Règlement sont : interdiction à tout étranger dêtre directeur décole ; obligation pour chaque école davoir un comité responsable ; inspection officielle obligatoire, non seulement quant aux matières denseignement, mais même en ce qui regarde la question financière ; interdiction de tout enseignement religieux, etc.

    Depuis quelque temps le service de la poste se fait de façon déplorable. Les lettres mettent facilement 5 ou 6 jours pour faire le trajet de Hongkong à Canton. Le record de la lenteur revient à un envoi postal qui a mis 18 jours pour se rendre de la concession de Shameen à lévêché.

    Swatow

    Malgré les menaces et les excitations des Unions de toute couleur et grâce aux ordres sévères donnés par le Gouvernement provincial, nous avons pu passer tranquillement la fête de Noël. Par contre, les Noung-min (paysans) continuent leurs exploits. Le 11 janvier ils ont pénétré, au nombre de plusieurs centaines, dans le village chrétien de Pehné, où se trouve la résidence principale du P. Becmeur ; ils ont sommé les chrétiens de choisir entre le pillage et lentrée dans leur Union, posant comme condition le rejet de lopium, du jeu et de la religion chrétienne. Peut-être pourra-t-on moyennant finance, arriver à un arrangement avec des pays plus avides de butin que férus de religion : mais il sera difficile déchapper à la rapacité des innombrables brigands accourus de tous côtés pour prendre part à la curée.

    Chez le P. Vacquerel aussi une bande de 300 paysans armés a envahi le village de Chongsan et, sous prétexte de chercher des armes, a saccagé église et résidence ; le Père a pu se retirer à temps dans un coin de la montagne.

    Que nous réserve lavenir ?...

    Pakhoi

    De France, le P. Poulhazan écrit quil espère rentrer à Pakhoi au mois de mai. Nos vux voudraient hâter sa guérison et précipiter son retour.

    A Yamtcheou soldats et étudiants sont partis en guerre contre les pagodes et leurs hôtes mythologiques. De même dans lîle de Hainan. Après ou sans ultimatum, on donne lassaut, on pourfend, on jette à la rue, etc. Puis on chante victoire et la gent soi-disant studiantine se livre à une joie désordonnée, cependant que négociants et agriculteurs protestent en vain. Car, assure-t-on, on proteste ! La rumeur publique parle même déchauffourées. Voilà qui ne serait pas pour nous attrister outre mesure, pas même pour nous inquiéter, si nous ne savions que les meneurs noublient pas les églises catholiques, dont le tour viendra certainement.

    En attendant, la résidence du P. Baldit est toujours occupée par les troupes nationalistes. Le Colonel commandant la garnison de Muilok, en réponse à une lettre du représentant de la France, marque le profond étonnement que lui causent les réclamations du missionnaire. Limmeuble est assez vaste pour que sabre et goupillon y prennent ensemble leurs ébats, sans se quereller. Le sabre, lui, se comporte en galant cavalier, évite le bruit et les dégradations, veille à lordre et à la sécurité, va même jusquà prendre un soin jaloux des arbres fruitiers et des parterres du goupillon, lequel devrait savoir reconnaître tant damabilités et de bons offices.

    Mais le faux animal, sans en prendre dalarmes,
    Est venu droit à moi qui ne lui disais rien !

    Vraiment, une telle conduite surprend de la part des missionnaires,

    Qui devraient être tels,
    Comme hospitalité demande,
    Et comme charité commande.

    Et Mr le Colonel termine en faisant appel à plus de condescendance, en raison de nos amitiés et des bonnes uvres. Cette dernière trouvaille est textuellement de lui ! Leussent-ils cherchée dix mille ans, les impérialistes Molière et Guiot de Provins nauraient pas trouvé formule aussi lapidaire.

    Vinh

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu à Xadoai à la fin de décembre : elle a été prêchée par le R. P. Pintai, Provincial des rédemptoristes du Canada. Tous les confrères sans exception, au nombre de 25, ont pu y prendre part. Cest la première fois, depuis que notre Mission existe, que la retraite y était prêchée, et nous navons eu quà nous féliciter de cette heureuse innovation.

    Hunghoa

    Notre Mission a reçu la visite de S. E. Mgr Aiuti, Délégué apostolique. Le 9 décembre, Son Excellence arrivait au Petit-Séminaire de Hathach ; ce fut pour nos Annamites une occasion de plus de déployer leurs pompes les plus solennelles : oriflammes multicolores, tambours assortis, pétards ultra-bruyants, instruments aussi variés dans la forme que dans laccord, mais dont les efforts seffaçaient discrètement devant louragan des cuivres de la fanfare paroissiale, laquelle, ne se souciant pas plus des accidents de terrain que de ceux marqués à la clef, exécuta, avec une bonne volonté manifeste, les morceaux les plus enlevants de son répertoire.

    Arrivé au Petit-Séminaire, Mgr Aiuti reçut les hommages de la Communauté ; un discours de bienvenue en latin, lui fut adressé un professeur indigène, et un autre en français par un élève de rhétorique. Pendant les deux journées quil passa à Hàthach, Mgr le Délégué tint à tout visiter et put se rendre compte de la nécessité quil y aurait de remplacer les vieilles paillotes qui, depuis trente ans, abritent notre jeunesse studieuse.

    Le samedi 11 décembre, Nosseigneurs arrivaient à Hunghoa dans une auto gracieusement mise à leur disposition par M. lAdministrateur de Kermoal. Le cortège (voir plus haut, moins la fanfare,) conduisit Leurs Grandeurs à la porte de la cathédrale, dont les cloches saluaient joyeusement leur arrivée.

    Après la réception liturgique de Son Excellence eut lieu le salut solennel ; les chrétiens vinrent ensuite à lEvêché lui offrir leurs hommages.

    Le dimanche 12, Mgr Aiuti officia pontificalement à la messe et au salut dans notre modeste cathédrale. Le lendemain, répondant à linvitation de Mgr Ramond, il bénit solennellement la première pierre dune église destinée aux nouveaux chrétiens des environs de Hunghoa.

    Mgr le Délégué, visiblement ému par lempressement et la simplicité filiale de ces néophytes, leur souhaita de persévérer et de répondre aux soins de leur pasteur, le P. Vandaele.

    Cette chapelle dénotera une fois de plus le talent du P. Méchet, architecte de la Mission.

    La Léproserie voisine ne fut pas oubliée : Son Excellence voulut bien la visiter et apporter aux malades, avec un petit secours matériel, des paroles de consolation et despoir en leur Père céleste.

    Après ces quatre journées activement remplies, Mgr Aiuti nous quittait pour regagner Hanoi, laissant à tous un profond souvenir de sa haute bienveillance.

    Revenu trop tôt de Hongkong, où le dévoué P. Marie aurait le retenir plus longtemps, le P. Chatellier a dû de nouveau entrer à la Clinique Saint-Paul à Hanoi, et il na pas encore retrouvé ses forces. Le P. de Neuville se remet peu à peu. A Marseille le P. Cornille va de mieux en mieux et dépense son activité à la Procure.

    Phatdiem

    A la mi-novembre les catéchistes annamites du haut Chau-Laos ont fait à Muong-Xia une retraite de 7 jours. Cétait une innovation, car jusquici nos auxiliaires descendaient dans la plaine pour ces exercices annuels ; mais ce voyage offrait bien des inconvénients et était nuisible aux santés. Aussi a-t-on décidé que les retraites auraient lieu désormais dans une paroisse tay, une année dans le haut Chau-Laos, une année dans le bas Chau-Laos. Celle de cette année fut prêchée par le P. Canilhac, Provicaire, aidé par le P. Qui, de ce district. Le 21, jour de clôture, fut consacré à ladoration du Saint-Sacrement et, le lendemain, un service solennel fut célébré à lintention des catéchistes morts au Chau-Laos.

    Pendant que nos catéchistes étaient en retraite, un incendie a complètement détruit la résidence du P. Mironneau à Muong-Xia, le 20 novembre. Le Père na eu que le temps de se sauver lui-même, mais tous ses effets ont été la proie des flammes, ainsi que tous les objets que le P. Canilhac avait là en dépôt.

    Lépidémie de choléra est en décroissance. A Phatdiem, six religieuses indigènes ont été atteintes et deux dentre elles ont succombé. A la suite de leur retraite, missionnaires et prêtres indigènes se sont fait inoculer le sérum anticholérique, qui, après 20 jours, assure une immunité de 6 mois. Linoculation nest pas douloureuse et nengendre aucun malaise.

    Hué

    1926 a été, pour notre Mission, une année de bénédictions. Les chrétiens annamites ont profité avec empressement de la grande grâce du jubilé. Les catholiques français, eux aussi, répondant à lappel de leur curé, le P. Lemasle, ont pris part à une petite mission qui leur fut donnée, du 28 novembre au 6 décembre, par les PP. Cousineau et Larouche, Rédemptoristes. Malgré un mauvais temps exceptionnel, un bon petit groupe de nos compatriotes assistèrent matin et soir aux exercices de la mission, dont les résultats furent les plus consolants.

    Aux quatre-Temps de Noël, Mgr Allys a ordonné, dans la cathédrale de Phucam, 11 prêtres, 1 diacre, 3 sous-diacres et 9 tonsurés. Jamais notre Mission navait vu une ordination de prêtres aussi nombreuse.

    Phnompenh

    Le P. Bousseau a pris la direction du Grand-Séminaire, dont la rentrée sest effectuée le 13 janvier.

    Deux de nos séminaristes de Penang viennent de rentrer au Cambodge, leurs études terminées.

    Le P. Bernard sest rendu à la station daltitude du mont Bockor pour y bénir la première pierre de la chapelle. Quand celle-ci sera terminée, linstallation sera complète.

    Bangkok

    Le T. C. Frère Sébastien, Supérieur Général des Frères de Saint Gabriel et le Cher Frère Onuphre, Provincial, sont arrivés à Bangkok au début de novembre. Venus pour présider les fêtes du Jubilé dargent de leur Congrégation au Siam, ils ont été respectueusement reçus par les membres de cette famille religieuse dont ils sont les chefs, et chaleureusement applaudis par toute la jeunesse scolaire siamoise, heureuse et fière de leurs maîtres. Des séances récréatives eurent lieu dans les trois établissement de lAssomption, de Samsen et de Petriu. Le 26 décembre, au dîner dadieu présidé par Mgr Perros et par le Supérieur Général, entourés du clergé de Bangkok et de tous les Frères, des toasts furent échangés. Celui du Supérieur Général fut particulièrement goûté. Sil félicita, en effet, avec discrétion les pionniers vivants ou disparus de cette grande uvre scolaire au Siam, il eut le tact de ne pas oublier les Supérieurs majeurs qui décidèrent jadis lenvoi des Frères de Saint-Gabriel et qui continuent aujourdhui à sintéresser vivement à leurs Collèges du Siam. Dieu non plus ne fut point oublié, ni la Sainte Vierge, le Bx Grignion de Monfort. Ce fut en réclamant pour lavenir leur divine et surnaturelle protection que le Supérieur Général, au milieu des applaudissements, leva son verre et but, ainsi que tous les convives, à la prospérité grandissante des uvres des Frères de Saint-Gabriel au Siam.

    Une nouvelle Prieure des Ursulines, Mère Marie-Bernard, accompagnée dune Sur, est arrivée au Siam le 23 décembre. Nous leur souhaitons un long et fructueux séjour parmi nous.

    Des amateurs, membres de la colonie française du Siam, ont donné devant Leurs Majestés le Roi et la Reine une représentation, pleinement réussie, du Malade imaginaire de Molière. Toute lélite européenne et siamoise y assistait. Cest un véritable succès de propagande de la langue française, qui se répand de plus en plus grâce surtout aux Collèges et Couvents de la Mission catholique.

    Malacca

    La maladie du P. Cardon et son départ pour Hongkong ont nécessité le transfert à Taiping du P. Goyhénètche, qui est remplacé à Penang (N.-D. des Sept-Douleurs) par le P. de Souza.

    Deux bénédictions de chapelles ont eu lieu en décembre : à lextrême nord de la Presquîle, près de la frontière siamoise, à Tshanglun, dans lEtat de Kedah, la chapelle Saint-Philippe, bâtie par le P. Sih, doyen de nos prêtres indigènes ; au sud, dans le sultanat de Johhore, un autre sanctuaire dû au zèle du P. Henri Duvelle.

    Des pluies diluviennes, à la fin de décembre, ont causé des inondations dont Perak et Pahang ont particulièrement souffert. A Kuala-Kangsar, capitale malaise de lEtat de Perak, la rivière a monté 40 pieds, inondant toute la ville basse. La sacristie de la chapelle, qui pourtant nest pas dans un bas-fond, a été emportée.

    A Ipoh, léglise indienne est envahie par plus de 2 pieds deau ; le presbytère en a eu jusquà létage et le P. Dérédec a dû se sauver à la nage.

    Dans Pahang on parle dune crue de 70 pieds au dessus du niveau ordinaire des eaux. De mémoire dhomme on navait vu pareil déluge et il y a lieu de craindre quil nait fait de nombreuses victimes.

    Birmanie Septentrionale

    Le 14 décembre dernier, Mgr Foulquier a béni à Ténangoung une jolie petite église en briques, que le toujours vaillant P. Herr vient dy construire en lhonneur de saint François-Xavier.

    Les troubles du Yunnan ont leur contre-coup en Birmanie. Les révoltés, maîtres dans la région de Taly, se sont emparés de la ville de Tengyué (caractères chinois), située à quelques jours de marche de Bhamo et résidence dun consul anglais. Deux généraux chinois, battus par les brigands, se sont réfugiés en territoire birman. Aussi la visite que vient de faire le Commandant en chef de larmée des Indes a-t-elle eu pour objet de sassurer de visu que tous les postes frontières sont bien en état dempêcher toute irruption chinoise en Birmanie.

    Laos

    Après bien des démarches infructueuses notre Mission a réussi enfin à sassurer le concours dune nouvelle Congrégation religieuse. Dans le courant de 1927, cinq Surs du Cur Immaculé de Marie viendront sinstaller à Vientiane, où elles se chargeront dun pensionnat et dun hôpital indigène. Le P. Delalex, curé du poste, se réjouit vivement de cette fondation, dont il attend le plus grand bien pour son district.

    Le P. Chabanel, obligé de descendre à Saigon et dy demeurer quelque temps pour y faire soigner ses dents, en a profité pour se perfectionner dans la langue annamite, quil avait travaillée déjà et qui lui sera grandement utile dans son ministère.

    Mysore

    Le 20 décembre, Mgr Despatures a béni la nouvelle chapelle des Petites-Surs des Pauvres à Bangalore. Depuis longtemps la salle qui servait de chapelle ne pouvait contenir tous les bons vieux et bonnes vieilles de la maison ; aussi sont-ils enchantés de jouir maintenant dune chapelle aussi spacieuse. S. E. Mgr le Délégué Apostolique a eu la délicate obligeance dy célébrer la messe de minuit.

    Une ordination sacerdotale a eu lieu le 27 décembre dans la cathédrale Saint-Patrick.

    Le nombre des postes à proximité des mines dor augmente toujours. Après linstallation du P. Feuga dans la partie nord de cette région, voici que le P. Aucouturier prend charge de Robert-Sonpetty, qui en forme la limite ouest.

    Coimbatore

    Le 7 octobre, S. E. Mgr Edward Mooney, Délégué Apostolique de lInde, nous fit lhonneur dune visite à Coimbatore. Cette visite quoique privée selon sa volonté expresse, fut néanmoins charmante. Le lendemain de son arrivée, après la bénédiction du St-Sacrement, il adressa une allocution aux paroissiens de la cathédrale : il leur rappela en termes éloquents que la foi est un don précieux entre tous, que tous les chrétiens doivent être des soldats courageux pour la garder et la défendre, des apôtres zélés pour la propager.

    Le 8 novembre ont eu lieu les élections législatives dans lInde. Trois groupes politiques se disputèrent les votes ; les swarajistes ou nationalistes intransigeants, les justicistes, ou nationalistes constitutionnels, et les indépendants ou simplement nationalistes. Dans la Présidence de Madras le parti swarajiste est le plus fort. Le député catholique de notre circonscription, Mr J. Saldanha, swarajiste, a été réélu à une grande majorité de voix, contre ses deux concurrents également catholiques. A Madras, Devan Bahadur Arokiasawmy Mudaliar, catholique, a battu aux élections Mr. Rathinasawmy ; catholique lui aussi et Président de la dernière Chambre ; il fait partie du nouveau ministère, qui a été choisi parmi les indépendants.

    Le 14 novembre, le P. L. Rivière, sur lavis pressant du docteur, sembarquait pour la France. Cest son premier retour au pays après 37 ans de mission.

    Depuis le mois daoût dernier on fait à la cathédrale de Coimbatore des travaux importants de réparation, dont les frais sont couverts par une souscription des fidèles. Elle est vieille de 60 ans et cest la première fois depuis sa consécration quune pareille toilette lui est faite. Elle en avait bien besoin. Au mois de mai prochain on fêtera ses noces de diamant.

    Au commencement de décembre, les prêtres indigènes de la Mission, au nombre de 26, ont fait leur retraite. Le R. P. Macry, S. J., de Mangalore, en a été le prédicateur très apprécié.

    Les catéchistes et instituteurs de la Mission ont été, eux aussi, convoqués à une retraite du 27 au 31 décembre : 47 ont répondu à lappel. Tous ne sont pas venus, mais presque tous les districts étaient cependant représentés. Léloquence du P. Tignous a ranimé le zèle de ces précieux auxiliaires et la grâce divine a réconforté leur âme.

    Kumbakônam

    Le P. G. Mercier, après un séjour de plus de deux ans en France pour y refaire sa santé, nous est revenu et a été nommé curé de Pullapadi.

    Il y a deux ans, le Bulletin annonçait le transfert à Kumbakonam du P. Prunier, alors curé de Manalour. Après avoir jeté les fondations dune cathédrale que verront peut-être grandir nos arrière-neveux, après avoir pénétré dans les arcanes dune curie épiscopale, voici que le P. Prunier sen va porter la bonne parole aux païens de Namakkal. Ainsi jadis le prophète Jonas, enfin sorti du sein de la baleine, sen fut prêcher la pénitence aux habitants de Ninive. Puisse lapôtre de la charité amener autant de conversions quen trouva autrefois le messager de la crainte !

    Notre Mission vient de perdre le doyen de ses prêtres indigènes. Le P. Michel, né en 1856, prêtre en 1883, est mort le 10 décembre à Mikelpatty. A ses funérailles, qui eurent lieu le lendemain, assistaient une dizaine de confrères et un grand nombre de chrétiens, qui avaient voulu rendre un dernier hommage à ce bon serviteur de Dieu.

    Hongkong

    Le 19 janvier Hongkong voyait débarquer 30 Pères Dominicains, 12 Religieuses Dominicaines espagnoles et 6 Surs de Saint-Paul de Chartres, chassés du Fokien par la persécution. Des énergumènes, étudiants et étudiantes, aidés de brigands descendus de la montagne, ont envahi et pillé les établissements catholiques, emmené captives les enfants des orphelinats, etc. Le Vicaire Apostolique de Foutcheou, Mgr Aguirre, ordonna alors à ses prêtres aux religieuses de sembarquer sur le premier bateau en partance : lui-même et le Vicaire provincial se réfugièrent sur un vapeur japonais à destination de Formose ; les autres montèrent sur le bateau qui les amena à Hongkong. Les Surs de Saint-Paul nattendent que lannonce dun peu de calme pour regagner leur poste de dévouement.

    Voilà un nouvel exemple de ce que lon peut attendre du soi-disant gouvernement nationaliste. Espère-t-il que de pareils actes de véritable sauvagerie aideront à la réalisation de son désir de se voir reconnu officiellement par les puissances étrangères ?.

    Séminaire de Paris

    Mgr le Supérieur, après avoir visité Avranches et lEcole Apostolique de Saint-Lô, sest rendu à Saint-Brieuc, où avait lieu, le 21 novembre, sous le bienveillant patronage de Mgr Serrand, une Journée des Missions qui fut un vrai succès. A la cérémonie de clôture à la cathédrale, Mgr Olichon fit un sermon émouvant, auquel lEvêque répondit en faisant appel aux vocations missionnaires, dont il déclara accepter davance, pour son diocèse, le sacrifice, quelque grand quil puisse être.

    Les conférences missionnaires qui se donnent chaque lundi, comme les années précédentes, à lInstitut Catholique, ont cet hiver pour thème commun lIslam. Il ne sest malheureusement trouvé personne pour donner une conférence sur les Mahométans chinois. Celle qua donnée, le 15 novembre, M. Louis Bertrand, de lAcadémie Française, sur la France et lIslam dans lAfrique du Nord, avait attiré plus de monde que la salle nen put contenir.

    Le 1er décembre, les aspirants ont prêté leur concours au Triduum célébré à Saint-Germain-des-Prés en lhonneur des Bienheureux Martyrs de septembre 1792.

    Le dimanche 5, solennité de saint François-Xavier, la messe et les vêpres pontificales ont été célébrées par Mgr le Supérieur à léglise paroissiale de Saint-François-Xavier, les aspirants de Paris assurant le chant et les cérémonies.

    Le 8, la fête patronale du Séminaire de Bièvres a été célébrée solennellement par les deux communautés réunies.

    Le dimanche 12, Mgr le Supérieur a présidé la fête patronale de la très prospère Institution Sainte-Marie, rue de Monceau, dirigée par les Marianistes.

    Ont été admis comme aspirants : MM. Blivet (Sens) et Didier (Saint-Dié).

    Les Evêques Chinois en France. Le 9 décembre, cinq des nouveaux Evêques Chinois arrivaient à Paris : seul, Mgr Odoric Tcheng, O. F. M., empêché par la fatigue, est resté à Milan. Mgr Philippe Tchao et son frère prêtre, qui la accompagné, sont les hôtes du Séminaire.

    Le programme de leur séjour à Paris est des plus chargés : Mgr Olichon, qui a aidé à le préparer, veille à son exécution aussi parfaite que possible.

    Le 14, déjeuner au Séminaire dIssy après une séance, présidée par Mgr de Guébriant, dans laquelle le Supérieur présenta aux Evêques les vux de ses 400 séminaristes et Mgr Tchen, en un latin clair et élégant, retraça lhistoire de la persécution des Boxers. Le soir, les cinq Evêques étaient reçus à la table de S. E. le Cardinal Archevêque de Paris.

    Le 15, NN. SS. Tchao et Hou assistaient à la conférence de lInstitut Catholique. Après que la Rde Mère Générale des Surs de Notre-Dame dAfrique (Surs blanches) eut montré la déchéance de la femme musulmane et les efforts tentés pour y remédier, les deux Evêques prirent successivement la parole : Mgr Hou pour demander que des missionnaires soient envoyés plus nombreux en Chine, Mgr Tchao pour proclamer la vive reconnaissance des catholiques chinois envers la France qui leur envoie comme apôtres les meilleurs de ses fils.

    Le 17, réception des Evêques à la Légation de Chine. Parmi les invités, M. Bapst, ancien Ministre de France à Pékin, Mgr Chaptal représentant le Cardinal de Paris, NN. SS. de Guébriant, Olichon, Boucher, etc. Dans un toast délicat, le Ministre de Chine dit la joie quil a de réunir à sa table des compatriotes qui font si grand honneur à leur commune patrie : Elevés au plus haut degré de la hiérarchie catholique grâce à votre science, à vos vertus et à votre zèle, cest notre pays, la Chine, que vous honorez ainsi. Mgr Tchao remercie le Ministre et dit le bon souvenir quils emporteront de la France, qui partout leur a ménagé un accueil de si cordiale sympathie.

    Le dimanche 19, Mgr Tchao célébrait la messe à Notre-Dame de la Gare (XIIIe arrond.) : cest là que quelques énergumènes ébauchèrent une petite manifestation promptement réprimée et dont le bruit narriva même pas jusquà lautel, ce qui nempêcha pas les journaux sectaires de lui attribuer une importance quelle navait pas, heureusement. Le soir, à 5 heures, cérémonie solennelle à Notre-Dame : beau discours de Mgr Olichon, suivi dallocutions, en français par Mgr Tchao, en chinois par Mgr Tsu ; S. E. le Cardinal Dubois termine en souhaitant une union toujours plus intime entre la Chine et la France.

    Après une dizaine de jours passés à Paris, les évêques se sont dirigés vers la Belgique, où ils ont célébré les fêtes de Noël.

    Lisieux, Paray-le-Monial, Lourdes figuraient sur litinéraire du retour et les voyageurs devaient sembarquer à Marseille à la fin de janvier. Un télégramme Reuter a annoncé récemment que, vu la situation en Chine et daprès les instructions du Souverain Pontife lui-même, Mgr le Délégué Apostolique Costantini et les six Evêques ont pris passage sur le Porthos, qui a quitté Marseille le 15 janvier. Ils seront donc à Hongkong à la mi-février.

    Nous nous reprocherions de ne pas signaler un détail touchant du voyage en Europe des Evêques chinois. Le jour même de leur sacre, après leur avoir offert une montre dargent portant gravés son nom et ses armes, le Souverain-Pontife remit à chacun deux une enveloppe contenant un billet de 1.000 francs de la part dun petit curé de France, qui a voulu garder lanonymat. Le geste nest-il pas dune délicatesse exquise ?..

    1927/176
    108
    anonyme
    France et Asie
    1927
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