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Chronique des Missions et des Etablissements communs 1

Chronique des Missions et des Etablissements communs. Tôkyô Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25. Population totale environ 15.000.000 Baptêmes : catholique 10.800 Dissidents 20 Adultes 249 in art. mort 307 Enfants de chrétiens 274 in art. mort 329 ECOLES. Marianistes : à Tôkyô 1.228 à Yokohama 125 RR. PP. Jésuites : à Tôkyô 149 Dames de S.-Maur : à Tôkyô 1.400 à Yokohama. 456 à Shizuoka 782 Dames du S.-Cur : à Tôkyô. 633
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    Chronique des Missions et des Etablissements communs.

    Tôkyô

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25.
    Population totale environ 15.000.000
    Baptêmes :
    catholique 10.800
    Dissidents 20
    Adultes 249
    in art. mort 307
    Enfants de chrétiens 274
    in art. mort 329
    ECOLES. Marianistes : à Tôkyô 1.228
    à Yokohama 125
    RR. PP. Jésuites : à Tôkyô 149
    Dames de S.-Maur : à Tôkyô 1.400
    à Yokohama. 456
    à Shizuoka 782
    Dames du S.-Cur : à Tôkyô. 633
    Surs de S.-Paul : à Tôkyô 869
    1 Hôpital de lépreux (Gotemba) 70 malades
    1 Dispensaire (SS. de S.-Paul. Tôkyô) : soignés 5.660
    Le 15 novembre, avait lieu à Yokohama linauguration des nouveaux bâtiments scolaires du Kôran-gakkô (caractères chinois), tenu par les Dames de St-Maur. Mgr lArchevêque de Tôkyô, les représentants du Ministère de lInstruction Publique, de la Préfecture, le Maire de Yokohama, le Chargé daffaires de lAmbassade et le Consul de France, plusieurs notabilités de la ville, ainsi que de nombreux parents des élèves assistaient à la fête. Après les adresses de la Supérieure et des principaux invités, une petite séance, comprenant des churs et des scènes choisies dauteurs français et anglais, a été donnée par les élèves des divers cours. Le tout sest terminé par un thé offert aux invités. Tous ont admiré la solidité en même temps que la simplicité, lélégance et les bonnes conditions déclairage et de commodité des nouvelles constructions, et ont rendu hommage à lénergie et au zèle de lInstitut, qui a su donner à la ville de Yokohama, en voie de restauration, un exemple encourageant.

    Les 22 et 23, un bazar de charité organisé à Omori par le P. Breton et ses dévouées auxiliatrices, les Surs japonaises de la Visitation, a obtenu un réel succès, malgré la distance de la capitale, et contribuera à aider au développement de lhôpital fondé récemment par le missionnaire.

    Le 26, lAndré-Lebon ramenait le R. Père Prieur de la Trappe de N.-D. du Phare, qui était allé assister à un Chapitre général, ainsi que les Supérieures des Damés de St-Maur de Tôkyô et de Shizuoka, quun motif analogue avait aussi rappelées en France. Avec elles, débarquaient une ancienne Sur qui était allée demander au pays natal sa guérison, et huit nouvelles religieuses, dont quatre de chur et quatre auxiliatrices, destinées aux trois maisons de lInstitut. Deux nouvelles Surs de St. Paul de Chartres venaient également apporter du renfort aux communautés de cette Congrégation dont, ici comme dans bien dautres Missions de la Société, on a également su apprécier les dévoués services.

    Le 29, le P. Beuve inaugurait à Kôfu le beau poste et la jolie petite église quil venait dachever, pour remplacer linstallation première. Mgr lArchevêque a béni léglise, célébré la messe et adressé un mot à lassistance. Celle-ci était si nombreuse que léglise suffisait à peine pour la contenir. Parmi les assistants, figuraient le maire de la ville et plusieurs invités notables. Le P. Droüart de Lézey, qui a dirigé de nombreuses années les postes de Kôfu et du village voisin, Yamashiro, a, à la suite de la cérémonie, évoqué, dans un discours, les anciens souvenirs et en même temps fait entendre des paroles dactualité. Le P. Chérel, qui avait prêché une retraite aux chrétiens, a fait à son tour une instruction au salut. La fête, favorisée par le beau temps, a été, au témoignage des confrères qui avaient pu y assister, des plus, réussies.

    Une autre inauguration se prépare pour le 20 décembre, celle de léglise dAsakusa, la première des six églises de Tôkyô et de Yokohama à ressusciter des cendres sous une forme définitive. Mesurant, en dehors du porche, 30 mètres de longueur sur 16 de largeur, elle pourra contenir une belle assistance. Lexcellente chrétienté dAsakusa se réjouit davoir enfin une véritable église, qui, si elle ne se dresse pas à la hauteur de lancienne, se présenté du moins sous une apparence robuste, et non dépourvue délégance, ses hautes fenêtres, son sanctuaire surélevé, et par ailleurs se trouve bien conditionnée pour laération et la lumière.

    Le P. Wassereau achève de se rétablir à lhôpital du P. Breton à Omori. Le P. Candau, bien quarrivé seulement au début de cette année, a été jugé apte à le remplacer pour les cours de théologie et de latin, quil fait aux 22 élèves du Séminaire.

    Enfin il nous reste à signaler la nouvelle acquisition par Mgr lArchevêque dun terrain de 2.200 m2 à Kôjimachi, tout près de lEcole des Dames de St-Maur, à Tôkyô, pour installer plus tard une paroisse dans ce grand quartier qui en est dépourvu.

    Nagasaki

    Extrait du compte-rendu de lexercice 1924-25.
    Population totale environ 9 millions
    catholique 62.584
    Adultes 232
    Baptêmes in art. mort 147 379
    Enfants de chrétiens 2.317 3.057
    in art. mortis 361 2.678
    Confessions 173.750
    Communions 517.524
    ECOLES. Marianistes 755 élèves
    Surs de Chauffailles 1.261
    Surs de S.-Paul 280
    11 Orphelinats 288 enfant
    3 Salles dasile. 320
    2 Hôpitaux, 4 dispensaires, 1 léproserie (Franciscaines Miss. de Marie), etc.

    Depuis la rentrée doctobre, le P. Gracy et ses séminaristes sont installés dans leur nouveau séminaire à Urakami. Le bâtiment, en ciment armé, est dune solidité à toute épreuve et dune belle apparence extérieure ; laménagement intérieur demandera encore quelque temps.

    Notre doyen, le P. Raguet, vient dêtre décoré par le gouvernement japonais de la 5e classe de lOrdre du Soleil-Levant (caractères chinois, Kyokujitsu-shô) pour le grand service quil a rendu au Japon par la publication dun Dictionnaire français-japonais qui est une uvre considérable. Cet ouvrage (in-40 de LXXX-1084 pages) a été publié en 1905. Depuis plusieurs années lauteur travaille à une 2e édition : Dieu lui accorde de la mener à bonne fin !

    Le Bulletin offre à notre vénéré confrère ses respectueuses félicitations pour cette distinction si bien méritée.

    Noces dargent du P. Joseph Bois. Il y a des jours heureux dans la vie du missionnaire. Le 5 novembre dernier la été pour le P. Joseph Bois, curé de Himosashi et supérieur du district de Hirado, jadis sanctifié par les travaux de saint François-Xavier. Ce jour-là, en effet, notre confrère fêtait ses 25 années de sacerdoce. Ce fut une belle cérémonie, toute familiale par laffectueuse cordialité avec laquelle les chrétiens se groupèrent autour de leur Père, mais grandiose aussi par le nombre extraordinaire de ceux qui y prirent part.

    Ce même jour, par une coïncidence heureuse et... voulue, Mgr Combaz, qui, comme le P. Bois, est originaire du diocèse de Chambéry, achevait sa tournée en donnant la confirmation à 250 enfants de la paroisse. Sept prêtres, dont le frère cadet du jubilaire, leur formaient une cour dhonneur.

    Le héros du jour rayonnait et, comme le disait un missionnaire à la fin des agapes qui suivirent la cérémonie : Une assistance nombreuse et filiale, preuve de respectueuse affection, la présence de Sa Grandeur, en rehaussant dune façon singulière la beauté de la solennité, ouvraient au ciel de son âme un vaste champ dazur et adoucissaient les regrets occasionnés par léloignement dune mère vénérée et dune famille, superbe efflorescence de vocations religieuses, magnifique parterre où Jésus sest plu à cueillir de nombreuses fleurs.

    Comme il convient, la fête commença par une messe solennelle chantée par le Père Joseph assisté de son frère Frédéric et dun prêtre japonais. Après lEvangile, le P. Frédéric, dans un discours magnifique et émotionnant, parce que fraternel, chanta en termes heureux la dignité du prêtre, et bien des curs furent émus lorsque, à la fin de son discours, au nom de la bonne maman et de toute la famille, il adressa à lassistance de chaleureux remerciements.

    La messe terminée, eut lieu la confirmation, suivie du salut solennel, pendant lequel, le jubilaire assistait Sa Grandeur comme diacre.

    Après quelques instants de répit, tout le monde se réunit dans la vaste cour du presbytère, où sur une estrade prirent place Monseigneur et le Père Joseph.

    Ce fut alors un vrai déluge de compliments débités par des représentants de toutes les paraisses du district. Tous furent charmants et pleins de cur ; cependant une mention spéciale est due à celui dun jeune catéchiste de Himosashi, qui fit couler bien des larmes, en alliant fort éloquemment aux félicitations adressées au jubilaire un souvenir reconnaissant à la mémoire du regretté Père Matrat, son prédécesseur.

    Les compliments terminés, la jeunesse catholique, de concert avec les 250 confirmés, entonna dune voix vibrante et en un bel élan une gracieuse cantate, uvre dun de nos prêtres japonais, le P. Hagiwara.

    A ce moment. Sa Grandeur, en quelques mots bien sentis, dit à tous sa joie de se trouver au milieu dune si belle fête et, après avoir donné conseils et encouragements, céda la parole au Père Joseph.

    Celui-ci, dune voix émue, où lon sentait des tressaillements de bonheur, commença par remercier Dieu de tant de grâces revues, de tant de messes célébrées, de tant de sacrements administrés pendant ces 25 ans, et, avec des accents tout paternels, il pria ses enfants de laider de leurs prières, leur recommanda lunion, la concorde : sicut tu Pater in me et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint, et termina en les assurant de son dévouement le plus complet.

    Je ne dois pas omettre de signaler le magnifique cadeau offert par les chrétiens au jubilaire : une belle chasuble blanche avec dalmatique et tunique. Jajouterai que de nombreuses messes lui ont été demandées pour ses parents vivants, pour ses défunts, pour le P. Matrat, pour les chrétiens vivants ou morts de la paroisse, en action de grâces, etc.

    Osaka

    Les confrères de la Mission dOsaka doivent faire à qui de droit une petite amende honorable.

    Comment cela se fit-il ? Toujours est-il que depuis quelques mois nous étions, dans notre Mission, convaincus que nous possédions, en la personne de notre vénéré P. Villion, le doyen de la Société. Et comme la petite vanité cherche toujours à faire flèche de tout bois, à loccasion, on sen vantait, et lon en était fier !

    Un petit feuillet rouge modestement intercalé dans le dernier Bulletin, en venant rétablir la vérité, nous oblige à déchanter. Sans le savoir, nous avions blessé la vérité.

    Faire des excuses est toujours un peu pénible. Mais loin de nous la pensée de nous approprier le bien dautrui. Nous demandons donc pardon aux chers intéressés, les vénérables doyens de la Société, de leur avoir, à notre insu, ravi leur titre. Nous le leur restituons de tout cur, en priant Dieu de nous garder longtemps encore ceux dont les récits fidèles font revivre sous nos yeux les travaux et les luttes de nos anciens.

    Seoul

    Notre nouveau confrère, le P. Molimard, est arrivé le 13 novembre après un long mais heureux voyage. Il est le bienvenu au milieu de nous.

    Le 23 novembre, Mgr Devred a béni la nouvelle maison de famille pour les étudiantes catholiques.

    Au moment où lon attendait la naissance dun héritier du Prince Régent du Japon (une fille lui est née au commencement de décembre), la Préfecture de Seoul a fait demander de prévoir dans tous les temples et églises une cérémonie religieuse (Te Deum) lun des jours qui suivraient la réception de lheureuse nouvelle.

    Six Pères Bénédictins, 4 frères et 4 religieuses sont arrivés pour la Mission de Ouensan.

    Létat du P. Poisnel saméliore lentement : il doit encore garder le lit.

    Taikou

    Le P. Bertrand, notre nouveau confrère, est arrivé à Taikou le 12 novembre, heureux de se voir enfin rendu à destination.

    Mgr Demange continue en France sa tournée de conférences. Aux Grésillons, paroisse industrielle de la banlieue de Paris, S. G., après un sermon, a été acclamée par les ouvriers. Mgr pense sembarquer à Marseille vers le milieu de janvier pour regagner sa Mission.

    Kirin

    Dans la province du Heilongkiang, à lextrême nord du Vicariat, se trouve le district de Tongken, qui doit son nom à la rivière qui le traverse. Fondé il y a une vingtaine dannées par le P. Roubin, ce district compte actuellement 5.484 chrétiens baptisés. La colonie S. Joseph, qui forme la principale agglomération du district, dépend de la préfecture de Hailoun ; mais, à 9 li au nord de la rivière, se trouve un autre village chrétien, Haisingtoun, village de lEtoile de la Mer, qui dépend de la préfecture de Tongpei. La ville préfectorale possède une Chambre de Commerce, dont le Président est un fabricant de taofu (pâte de haricots). La population se compose dune douzaine de familles, ce qui donne à penser que le préfet de Tongpei ne doit pas manquer de loisirs. En réalité, si sa bonne ville se trouve réduite à un état si pitoyable, cest uniquement à cause des brigands qui infestent la région, pillant bourgs et villages.

    Quant au bourg de Haisingtoun, il ne renferme pas moins de 160 familles, presque toutes chrétiennes. Comme celui de S.-Joseph, il est entouré de fossés et fortifié contre les brigands, aux attaques desquels il a toujours victorieusement résisté. Lan dernier, le préfet de Tongpei, nouvellement arrivé, voulut rendre hommage à la belle conduite des chrétiens et envoya une inscription honorifique pour être placée au dessus de la porte de la résidence. Cette année, ce même fonctionnaire voulut visiter le bourg de Haisingtoun, qui est de beaucoup la plus importante localité de sa juridiction. Le P. Thomas Ting, prêtre chinois chargé de cette chrétienté, eut recours en cette occasion à un cérémonial quelque peu original, sans doute, mais qui ne manqua pas de faire la meilleure impression, tant sur le préfet que sur la population chrétienne du village.

    Donc, ce jour-là, un dimanche, à lheure dite, les chrétiens étaient rangés sur deux files, de chaque côté de la porte de léglise. Quand le préfet se présenta, le P. Ting le reçut à la porte de léglise et, après quelques paroles de bienvenue, le conduisit jusquau chur, où un prie-Dieu était préparé. Jinvite le grand homme à adorer Dieu, lui dit le Père. Le préfet sagenouilla docilement pendant que les chrétiens à haute voix récitaient le Credo. Le Père invita ensuite le préfet à adresser quelques mots aux chrétiens. Il sexécuta de bonne grâce et fit léloge de la religion chrétienne. Enfin il fut conduit au presbytère, où un dîner réunit en son honneur les principaux notables du bourg. A cette occasion, plusieurs questions pendantes depuis longtemps entre la Mission et le mandarinat furent arrangées comme par enchantement.

    De retour à Tongpei, le préfet adressa au P. Ting une lettre pour le remercier de laccueil si chaleureux quil avait reçu à Haisingtoun. Cest ainsi que, malgré la mentalité antichrétienne de la majorité des fonctionnaires chinois, la belle tenue des prêtres et des chrétiens sait souvent conquérir ladmiration et la sympathie des autorités, surtout si les ministres de la religion sefforcent dentretenir avec eux des relations amicales.

    Suifu

    Le 16 novembre, Mgr Renault sest embarqué pour Tchongking, où il est arrivé le 18, invité par le P. Claval à procéder à une ordination. Le 19, notre nouveau confrère et celui du Thibet débarquaient à Tchongking : Mgr les a ramenés avec lui à Suifu.

    La situation politique de notre province est toujours inquiétante. Tous nos potentats militaires se sont rendus à Tchengtou, chacun avec une escorte de plusieurs milliers de soldats. Ils doivent y tenir une conférence au cours de laquelle sera définitivement délimité le fief qui reviendra à chacun deux ; mais il est bien à craindre quils ne puissent se mettre daccord.

    Le nouveau gouverneur de la ville de Loutcheou naime pas les bolchevistes et, pour les contraindre à quitter leurs idées subversives, il a trouvé un stratagème très simple, mais auquel il fallait penser tout de même. Sur son ordre, les sentinelles qui gardent les portes de la ville obligent chaque passant à se découvrir. Et malheur à qui porte au sommet de la tête la touffe de cheveux tressés en forme de queue de chèvre, cest, paraît-il, le signe distinctif des rouges de ce pays, il est saisi immédiatement et jeté en prison. Là on lui laisse toute liberté de méditer sur les théories de Lénine... Les jeunes femmes ou filles qui ont la robe trop courte et les cheveux rasés comme un bonze sont aussi arrêtées et conduites au quartier général de la brigade, où lon se charge de leur infliger les corrections quelles méritent.

    Suifu devient de plus en plus anglophobe. Tout récemment, le vieux Choutong, un des premiers vapeurs qui aient navigué sur le haut Yangtse, y a été, trois heures durant, assailli à coups de pierres par des étudiants, aidés par tous les vauriens de la ville. Il y eut de la casse à bord, mais personne de blessé. Après bien des tergiversations, lautorité militaire se décida à intervenir et envoya sur les lieux une compagnie de soldats avec lordre de procéder elle-même au débarquement des colis postaux et dun chargement de barres de fer destinées à larmurerie de la division. Mais, pour pouvoir décharger les autres marchandises quil transportait pour des particuliers, le capitaine anglais dut faire descendre son navire à quelque 30 km. en aval.

    Sur la route de Mapien à Kienoui, le P. Biron a été arrêté par des brigands qui lemmenèrent dans une forêt, où ils le fouillèrent tout à leur aise ; puis, après deux heures de détention, ils le relâchèrent, sans toutefois lui restituer les 12 piastres quils lui avaient dérobées.

    Ningyuanfu

    Le P. Sirgue, en raison du mauvais état de sa santé, avait demandé à être déchargé de ses fonctions de provicaire : Mgr Bourgain ne crut pas pouvoir refuser daccéder à ce désir, et, quelques jours avant sa mort, il nommait provicaire le P. Baudry, qui est devenu ainsi Supérieur de la Mission.

    Le 23 octobre a eu lieu à Ningyuanfu un service solennel de trentaine pour le repos de lâme de notre regretté Vicaire Apostolique. Les chrétiens y sont venus nombreux et les païens amis nous ont apporté à cette occasion un nouveau témoignage de sympathie.

    La garnison de Ningyuanfu est partie dans la direction du Yen-uen pour y rétablir lordre. Les Loto en ont profité pour pénétrer dans la ville et essayer de délivrer leurs prisonniers. Ayant creusé une ouverture de plus dun mètre sous la porte de lEst, ils entrèrent au nombre de 700 à 800 et se dirigèrent vers le prétoire. En chemin ils saccagèrent les maisons, tuèrent plusieurs personnes et en arrêtèrent dautres. La garde du prétoire se réveilla et donna lalarme ; mais déjà les Loto étaient montés sur le toit de la prison, réclamant du mandarin la liberté de leurs prisonniers. Quelques coups de fusil les firent partir, mais ils mirent le feu aux dernières maisons de la ville pour éviter toute poursuite.

    A Mienning le même fait sest produit. Les Loto entrèrent en ville, pillèrent et massacrèrent plusieurs familles, et cela tout près dune pagode dans laquelle le mandarin assistait à une représentation théâtrale : les pillards purent opérer en paix et repartir de même.

    Yunnanfu

    Les dangers des routes rendant difficiles et très coûteux les longs voyages, il ne pourra y avoir, cette année, de retraite générale pour les missionnaires ; on y suppléera par trois retraites régionales, à Yunnanfu, dans le Bas-Yunnan et dans lOuest.

    Le P. André Tchen, vicaire du P. Maire à Tongtchouan, est décédé le 5 novembre. Le P. Tchou a été désigné pour le remplacer.

    Après bien des difficultés pour trouver des porteurs et organiser une caravane, le P. Lanco a pu enfin, le 16 novembre, quitter Yunnanfu avec le P. Guettier et les 4 religieuses Canadiennes à destination de Kouiyang.

    Après quelques semaines passées à lévêché, notre nouveau confrère le P. Hamon est parti pour Kokoui où il étudiera le chinois.

    En ville de Yunnanfu de graves différends se sont élevés entre les chefs militaires et les autorités civiles, et lon sattend à des complications.

    Les médecins chinois ont prononcé que, pour recouvrer leurs forces, les soldats épuisés par la campagne du Kouangsi doivent manger de la viande de chien : depuis lors cest une chasse continuelle et la race canine passe un mauvais quart dheure.

    Kouiyang

    Dernièrement le P. Célestin Solignac se rendait de Tinlan à Ganchouen pour y célébrer la fête patronale. Il était arrivé à environ 10 ly de cette ville lorsquil fut attaqué par 7 ou 8 brigands, qui lui enlevèrent son bagage après une lutte doù le missionnaire sortit tout ensanglanté : il portait à la tête deux larges plaies produites par des coups de lance. Il put néanmoins rattraper sa monture et arriver à Ganchouen, où il reçut les premiers soins. Plainte a été portée à qui de droit, mais les agresseurs courent encore

    Une bande détudiants bolchevistes, venue du nord de la province, fait une active propagande en faveur du Kouangtong et enrôle des volontaires pour se joindre à larmée rouge de Canton. On dit que les recrues forment déjà deux bataillons.

    Le sel, après avoir atteint le prix de 1 piastre la livre, a un peu baissé ces temps-ci. Le riz est à 3 piastres 2 le teou ; à Touchan, 5 piastres. Et dans plusieurs régions, la récolte ne serait que 3/10 de la moyenne. Dans le Ganchouen et le Hingi cependant, elle serait bonne.

    Lanlong

    Le P. Richard, bien rétabli, est retourné à Hingihien, où il devait recevoir le P. Lanco, qui conduit de Yunnanfu à Kouiyang le jeune P. Guettier et quatre religieuses Canadiennes.

    Nos trois religieuses indigènes en formation à Nanning ont été admises à prononcer leurs vux et, le P. Courant devant se rendre à Nanning, elles rentreront sous sa sauvegarde dans notre Mission, où elles rendront grandement service.

    Canton

    LAssociation dite anti-chrétienne qui, lan dernier déjà, avait fait du tapage, lors de la fête de Noël, pour troubler les offices dans les églises chrétiennes, se propose de recommence cette année, et plus en grand. Tous les jours elle expose ses projets dans certains journaux à sa dévotion. Le journal officieux du Gouvernement de Canton a même donné, dans son numéro du 3 décembre, le programme de lAssociation. Ce factum contient sur la personne sacrée de Notre-Seigneur des blasphèmes que la plume se refuse à transcrire. Par mesure de prudence, Mgr le Vicaire Apostolique a interdit la célébration de la messe de minuit dans la ville de Canton. Dans les postes de lintérieur, les missionnaires agiront selon la situation particulière de chaque endroit.

    La Mission de Canton a fait une perte douloureuse par la mort du P. André Tchao, qui, depuis plusieurs années, assistait le P. Deswazières à la Léproserie de Sheklung. Il sest éteint pieusement le 13 décembre.

    Un confrère dont le district se trouve dans la partie orientale de la province, écrit : Les troupes russifiées ont fait bonne impression sur leur passage. Elles ne molestent personne et payent comptant. Mais le bon peuple saperçoit que cest maintenant quil faut débourser. Dans les marchés, la moindre boutique doit payer $20. Les plus grandes sont taxées $120. On se prépare à lever une taxe de $10 pour chaque porc tué. Les paysans devront user (par exception cette année à cause de la sécheresse) seulement les 20 % du riz récolté. Il est bien possible que la population proteste, mais la police a fait annoncer quelle emploierait la manière forte, arrestations et fusillades, sil le faut. Que va-t-il arriver ? Les gens attendent et nont pas lair de sen tracasser beaucoup tant quil ny a que des édits sur les murs.

    La grève continue dans toute sa rigueur et le boycottage des marchandises anglaises est aussi efficace que le premier jour. Shameen étant réputé territoire anglais, le boycottage sexerce à légard de cette concession aussi violemment quà légard de Hongkong. Par conséquent il y interdiction formelle dentrer sur le territoire de la concession pour tout citoyen chinois non muni dun laissez-passer délivré par le Comité de la grève. Ce laissez-passer le met à labri de toute action de la part des grévistes. Mais, pour que la porte de Shameen lui soit ouverte, il faut lautorisation de M. le Consul de France pour le pont oriental, de M. le Consul dAngleterre pour loccidental. Aux étrangers les grévistes ne demandent pas de laissez-passer signé du Comite de la grève ; mais ces étrangers ont-ils avec eux nimporte quel objet, paquet, valise, ils doivent le montrer aux factionnaires grévistes, et ces paquets sont confisqués sils contiennent des provisions de bouche ou des objets dun usage courant, étoffes, petits meubles, etc. etc... En sortant de Shameen tout étranger est soumis à un examen très rigoureux au sujet des objets quil fait sortir de la Concession. Notre nouveau confrère le Père Herbreteau, par exemple, a été obligé de laisser ses bagages chez le Père Laurent. Il prend au fur et à mesure quelques petits objets dont il a le plus besoin. Sa valise est ouverte et remuée de fond en comble quand il met les pieds sur le territoire de la cité.

    Presque tous les jours il arrive que quelque étranger est appréhendé dans les rues. Il ny a pas, dans le parti gréviste, une union parfaite ; de là quelque espoir de voir cette crise prendre fin.

    Des pourparlers sont engagés entre commerçants de Hongkong et de Canton en vue de donner une solution à la situation économique actuelle. Les grévistes, semblent également désireux darriver à un règlement, et les gouvernements de Hongkong et de Canton, prenant note de ces dispositions, ont désigné des délégués chargés daider les parties en cause à obtenir un arrangement.

    Swatow

    Mgr Rayssac, apprenant létat inquiétant dans lequel se trouve la Chine, a hâté son retour et est arrivé à Swatow le 16 novembre. Quinze jours plus tôt nous avions reçu le renfort envoyé par le Séminaire de Paris, le P. Marcel Rondeau, qui nous est arrivé plein dentrain et de jeunesse. Ad multos annos ! malgré les circonstances exceptionnelles des débuts de sa vie apostolique.

    Et la roue a encore tourné. Les troupes anti-rouges étaient parties pleines despoir à la conquête de Canton ; mais, à peine la ville de Fouitcheou (Waichow) était-elle tombée, après un combat sanglant, aux mains des rouges, dont lardeur était stimulée par la menace des mitrailleurs russes installés derrière eux, quils se retirèrent sans offrir de résistance sérieuse jusquaux frontières du Foukien et du Kiangsi, abandonnant tout le territoire à la domination bolcheviste de Canton.

    Jusquici la population est enchantée de larrivée des rouges, ou plutôt du départ des autres, vrai ramassis de brigands, qui, par leurs déprédations et exactions, avaient soulevé contre eux tout le pays. A Swatow et environs les journées des 16 et 17 novembre furent consacrées à fêter avec grande liesse la victoire du peuple sur les militaristes Tchin et Cie.

    Et maintenant, sous la haute protection des autorités militaires, les soviets des paysans sorganisent partout ; temples dancêtres et pagodes, chapelles catholiques et protestantes, sont réquisitionnés pour les services dadministration.

    Plusieurs confrères éloignés nont pas pu venir à la retraite annuelle ; ils ont préféré rester au milieu de leurs chrétiens, que leur départ, mal interprété par la population, aurait pu alarmer et exposer aux vexations des payens.

    Hanoi

    Sacre de Mgr Chaize. Le dimanche 22 novembre, dans la grande église de Keso, où reposent Mgr Retord, Mgr Theurel et Mgr Puginier, se sont déroulées les émouvantes cérémonies de la consécration épiscopale de Mgr Chaize, Coadjuteur du vénéré Mgr Gendreau. Lédifice aux vastes dimensions ne suffit pas à contenir les milliers de fidèles qui, de toutes les chrétientés, sont venus assister à la cérémonie.

    Au dehors, les drapeaux flottent partout : au haut des tours de léglise, dans les rues, devant chaque demeure. La foule est considérable, massée sur le parcours que doit suivre le cortège des évêques et des prêtres pour se rendre du Grand-Séminaire à léglise.

    A lintérieur, le maître-autel est magnifiquement paré et de nombreuses lumières en rehaussent la riche décoration. A 9 heures le cortège pénètre dans léglise. Un organiste de talent exécute la Marche héroïque de Saint-Saëns, tandis que, précédés de nombreux missionnaires et prêtres indigènes, les évêques savancent vers le sanctuaire en bénissant la foule.

    Dans le chur prennent place S. E. Mgr Aiuti, Délégué Apostolique ; NN. SS. Munagorri, de Buichu ; Eloy, de Vinh ; Ruiz de Azua, de Haiphong ; de Cooman. Coadjuteur de Mgr Marcou ; Gordaliza, de Bacninh ; Maillet, de Langson. Mgr Marcou, de Phatdiem, et Mgr Ramond, de Hunghoa, choisis comme parrains par Mgr Chaize, le conduisent à son siège.

    Mgr Gendreau, évêque consécrateur, revêt les ornements sacrés et se dirige vers lautel ; il sassied au haut des degrés et lecture est donnée des Bulles apostoliques. Alors se déroulent, dans toute leur majesté, les cérémonies du Pontifical : lexamen, la première partie de la Messe, les litanies des Saints, les onctions sur la tête et sur les mains du consacré, la bénédiction de la crosse et de lanneau pastoral, lévangile, loffrande ; puis, à la fin de loffice, le Te Deum, pendant lequel le nouvel évêque parcourt léglise en distribuant ses premières bénédictions : enfin les vux ad mudtos annos !

    Les chants furent exécutés à la perfection par la chorale du Grand-Séminaire sous la direction du P. Lauvergnat.

    La dignité sereine du consécrateur, la piété rayonnante du consacré, le recueillement de limmense foule, contribuèrent à rendre plus saisissante encore la magnifique liturgie. On se sentait lâme prise et dailleurs pleine de confiance en la fécondité de lapostolat du nouvel évêque, qui a choisi pour devise : Confidite, vici mundum.

    Avec le même cérémonial, que pour larrivée, le cortège des évêques et des prêtres regagne le Grand-Séminaire, précédé par la fanfare de la Garde indigène, qui exécute les plus brillants morceaux de son répertoire. Sur tout le parcours la foule 20.000, 30000 peut-être : on ne saurait évaluer exactement, est alignée en bon ordre et garde un silence respectueux ; de nombreux photographes braquent leurs appareils ; les opérateurs de cinéma enregistrent les moindres détails.

    S. Exc. le Délégué Apostolique se rend dans la salle des examens du Séminaire, où les prêtres et les théologiens ont tenu à le saluer. Le P. Schlicklin, Provicaire, lui adresse un très beau discours de bienvenue en latin et S. Exc. répond dans la même langue.

    Lheure du déjeuner approche, mais auparavant on va saluer Mgr Chaize, qui reçoit tout le monde avec une affabilité charmante.

    Tandis que les dames françaises, les jeunes filles et les enfants reçoivent lhospitalité des bonnes Surs de Saint-Paul, 80 couverts sont dressés dans la grande salle du Séminaire : les évêques, les prêtres, les Frères des Ecoles chrétiennes, nombre de personnalités françaises et annamites prennent part au repas de fête, pendant lequel la fanfare à lextérieur, à lintérieur les jeunes violonistes du P. Depaulis, font entendre des morceaux de choix.

    A lheure des toasts, Mgr Gendreau adresse à tous des remerciements. Merci à vous, Nosseigneurs, dêtre venus si nombreux. Merci à vous en particulier, NN. SS. les Evêques espagnols, car il ny a pas ici de frontières, il ny a quun cur, et je le proclame hautement aujourdhui où au Maroc, comme jadis au Tonkin, Français et Espagnols combattent pour la même cause. Merci à S. Exc. le Délégué Apostolique davoir bien voulu assister à notre grande et belle cérémonie religieuse de ce matin, à la fête familiale de maintenant. Je lève mon verre en portant les santés du Pape et de la France !

    Mgr Munagorri, en termes affectueux, remercie Mgr Gendreau, et le repas prend fin au milieu des acclamations de lassistance.

    La journée se termina par la présentation des délégués catholiques et par le salut solennel du Saint-Sacrement donné par S. Exc. Mgr Aiuti.

    Le dimanche 6 décembre, solennité de lImmaculée Conception, la messe pontificale a été célébrée à la cathédrale de Hanoi par S. Exc. le Délégué Apostolique.

    Phatdiem

    Nous sommes à lépoque des retraites. Comme nous navons pas de locaux assez grands pour loger en même temps nos 150 prêtres indigènes, cest en deux groupes quils font, à quelques jours dintervalle, les exercices spirituels. Après eux ce sera le tour des catéchistes, puis des missionnaires, puis des moniales.

    Nous avons reçu avec joie un nouveau confrère, le P. Francheteau ; mais, tandis que, dhabitude, les arrivants passaient au moins six mois à Phatdiem pour se former à la langue et aux usages du Tonkin, celui-ci a été envoyé presque immédiatement à Thanhoa, où le P. Bourlet demandait du secours. Dans ce district les distances à parcourir sont énormes : une motocyclette les abrégera et permettra darriver plus sûrement à temps auprès des malades. Jadis on y courait avec ses pieds : que les temps sont changés !

    Quant au P. Mironneau, il est à Muong-Xia, en plein Chau-Laos, voisin des PP. Canilhac et Varengue.

    Hunghoa

    Le 21 novembre dernier, une de nos dévouées Religieuses de S.-Paul, Sur Marguerite, Supérieure de lhospice de Yênbai, célébrait ses Noces dor de profession religieuse. Une messe dactions de grâces fut dite en léglise de cette ville, et toute la population européenne se fit un devoir dy assister, chacun tenant à offrir ses félicitations à la vénérée jubilaire et à lui donner une nouvelle preuve de respectueuse sympathie. Que de labeurs et de mérites acquis, en effet, durant ces cinquante années, pour la plupart consacrées au service des malades !

    Le 22 novembre, Mgr Ramond assistait, à Keso, au sacre de Mgr Chaize, le nouveau Coadjuteur de Mgr Gendreau. La présence, auprès du jeune prélat, de ses parrains, Mgr Ramond et Mgr Marcou, qui, il y a trente ans, reçurent aussi lonction sainte des mains du vénéré Mgr Gendreau, impressionna vivement lassistance. A lissue de la cérémonie, les PP. Vandaele et Cornille offrirent à Mgr Chaize leurs souhaits et ceux des confrères de la Mission de Hunghoa.

    Deux jours après, Mgr Ramond, allait visiter lEcole Normale de Namdinh, fondée il y a deux ans pour les Missions du Tonkin et confiée aux Frères des Ecoles chrétiennes ; Mgr Marcou et les trois Evêques des Missions espagnoles avaient également répondu à laimable invitation du Directeur. Les Prélats, reçus avec enthousiasme par les 260 élèves de létablissement, présidèrent la séance récréative donnée en leur honneur, au cours de laquelle les soixante et quelques élèves qui ont obtenu en juin dernier le Certificat dEtudes indigène reçurent, des mains de leur Evêque, le diplôme tant désiré.

    Mgr Marcou leur donna quelques conseils paternels, les encourageant fortement à bien profiter de la sollicitude des Missions à leur égard et à rester fidèles aux enseignements de leurs maîtres.

    La visite de lEcole eut lieu ensuite, et fut suivie du dîner offert aux Evêques et Missionnaires ; le Père Andrès, laimable aumônier la Maison, pour rehausser léclat de la fête, avait fait venir la fanfare indigène de lune de ses chrétientés. Vers la fin du repas, Mgr Ramond remercia, au nom de tous, le Frère Donatien, Directeur, qui, aidé de quelques Frères indigènes, se consacre, avec un dévouement sans bornes, à cette belle uvre, et lui souhaita de recevoir bientôt le renfort de quelques Frères européens, qui puissent laider à faire de cette Ecole une pépinière de bons et utiles auxiliaires pour les Missions.

    Au salut solennel des BB. Martyrs, qui eut lieu le soir en léglise Namdinh, et auquel assistèrent les Evêques, tous demandèrent à Dieu la réalisation de ce désir. Puissent nos Bienheureux nous aider dans cette nouvelle uvre, si nécessaire à lheure actuelle !

    Quinhon

    Le 19 décembre a eu lieu au Grand-Séminaire une ordination de trois diacres et un sous-diacre.

    Notre nouveau confrère, le P. Rohmer, sous la conduite de son compatriote le P. Bober, est parti de Quinhon pour se rendre à Kontum ; là il a été reçu au débarcadère par les missionnaires et les élèves de lEcole Cuenot. A son baptême il a reçu le nom annamite de Rô (Cha Rô) et le nom moï de Mer (Bok Mer). Le P. Nicolas la ensuite emmené dans la chrétienté de Thanhbinh, où apprendra la langue.

    Une Tournée apostolique chez les Bahnars. Dans la seconde quinzaine du mois de juillet, le P. Jannin, Provicaire, a fait dans son ancien district de Konmah une visite pastorale qui ressemble bien à une vraie mission.

    Cette visite avait été soigneusement préparée. Un mois à lavance, le P. Provicaire avait envoyé une circulaire lannonçant chaque village du district. De plus, 8 jours avant son arrivée, avait dirigé trois de ses meilleurs catéchistes vers les trois premiers villages où il devait dabord se rendre, afin dy préparer les chrétiens par des instructions sérieuses, matin et soir, et, en même temps, stimuler le zèle du catéchiste de lendroit, laider et faire un rapport sommaire sur ce quils auraient remarqué dans chaque village. La visite finie dans un village, le catéchiste extraordinaire devait se rendre dans un autre afin dy instruire à lavance, et ainsi de suite.

    Le lundi 13 juillet, le P. Jannin quittait Kon Mơnei en pirogue. Il eut à supporter 2 ou 3 heures de pluie, mais ce furent les seules de tout le voyage, malgré la saison pluvieuse déjà en son plein. Arrivé à Kon Kơtu à 4 h., il y fut reçu solennellement. Le village était splendidement décoré, surtout la maison commune et léglise. Les Bahnars ont de linitiative quand ils le veulent. Le P. Truyện, chargé du district, reçut le P. Provicaire à lentrée du village et désormais il sera son compagnon pendant ces trois semaines.

    Tous les chrétiens sont en rang sur la place du village, les hommes dun côté, les femmes de lautre. Ils accompagnent processionnellement le P. Jannin à léglise et, là, après une prière et un chant, le catéchiste, debout devant le P. Provicaire assis, répond à lenquête sur létat religieux. Questions et réponses se suivent sur tous les points de la religion, principalement sur lobservation des dix commandements. Le pauvre catéchiste est parfois gêné sur certains points, car il doit répondre, par exemple, que tout ne marche pas à la perfection au sujet de la prière du matin et du soir en famille, des superstitions, des sorciers, etc. Linterrogatoire fini, le P. Jannin fait une petite allocution pour dire sa joie de revoir ses anciens chrétiens, dêtre si bien reçu par eux, et pour leur expliquer le but de sa visite. La cérémonie prend fin sur un cantique.

    Après un moment de repos, le village vient offrir ses souhaits de bienvenue. Les chefs présentent dabord un pauvre petit buf, qui doit faire les frais de la fête. Le village la payé dun gros cercueil, que tous les habitants sont allés travailler dans la forêt. Puis lorchestre des ching-chang conduit les deux Pères à la maison commune. Cétait la première fois de sa vie que le Père Provicaire voyait lintérieur dune maison commune décorée, et très bien décorée, avec des guirlandes et des arcades de feuillage, deffilochage de bambous, et de jolis khan, leurs péplums, comme draperies. Tous, hommes, femmes et enfants, sont là et accueillent les Pères avec de joyeux jorao (cri de victoire). Puis les jeunes gens entonnent une cantate de circonstance composée par eux-mêmes. Le catéchiste du village débite un compliment, et tous font le grand salut. Pour leur faire plaisir, les Pères amorcent les jarres où pétille le vin de millet. Il ny en avait que deux, la consigne avait été quil ny en eût point, mais avec les Bahnars comment voulez vous quil y ait une fête sans vin de millet ?

    Au milieu de la fête, sur la demande du P. Provicaire, on amène, toute tremblante, la sorcière de lendroit. Naturellement elle jure quelle va abandonner son diabolique métier. Dieu le veuille ! Mais cest lheure de linstruction : les jarres sont emportées et tout monde se dirige vers léglise. Après le cantique Esprit saint en bahnar, le P. Jannin donne sa première instruction. Ensuite cest la prière, dite avec entrain et dévotion, puis lAve maris Stella, très bien exécuté, les garçons chantant une strophe et les filles lautre.

    Le lendemain matin, tous sont là de nouveau pour la prière, linstruction, la sainte Messe. Ils reviennent encore vers 8 heures pour lexamen et sont assez impressionnés au début. Le P. Provicaire est assis sur le marchepied de lautel, en surplis et étole, et tient en main la liste de tous les chrétiens. Le P. Truyện est à ses côtés, ainsi que les deux catéchistes ; et cest dabord lexamen des prières, puis celui de la doctrine, et cet examen dure presque toute la matinée. La soirée est occupée par les confessions.

    Au matin du dernier jour a lieu la cérémonie de la clôture, et tous paraissent bien fervents à la prière, surtout lors de la communion générale. La sainte Messe terminée, le P. Jannin sagenouille, les deux catéchistes à ses côtés ; tous les chefs de maison, au nombre de 26, les entourent, un cierge à la main, et le Père consacre solennellement le village au Sacré-Cur. Puis chaque chef reçoit une belle image, quil devra mettre à la place dhonneur dans sa maison, et devant laquelle, chaque jour, la famille viendra réciter la prière en commun. Tout le monde reçoit encore une médaille comme souvenir.

    Après déjeuner, les chrétiens se réunissent une dernière fois pour les adieux, et quelques jeunes gens se chargent de transporter gaillardement les bagages à la prochaine station, à 15 km. de là. Les Pères montent à cheval, les chefs saluent une dernière fois, et lorchestre ne quitte les Pères quau prochain ruisseau.

    Nous ne suivrons pas le P. Provicaire dans toutes les stations ; disons seulement que les réunions de Kon Mah, chrétienté centrale, lemportèrent sur toutes les autres. Cest là, en effet, après deux jours de retraite, queut lieu la cérémonie de la confirmation, environ 130 confirmands et 250 communiants, le tout se terminant par un salut solennel du S.-Sacrement et une consécration non moins solennelle du district au S.-Cur de Jésus.

    Le P. Provicaire a naturellement retrouvé en son ancien district un vrai bijou, mais son enthousiasme ne la tout de même pas empêché de voir que tout nétait pas encore parfait. Les abus de boissons nont pas disparu, mais les superstitions sont sérieusement en baisse. La prière du matin et du soir en famille entre difficilement dans les habitudes

    Mais ce qui la surtout frappé, cest lutilité des catéchistes. Chaque village du district, sauf un, a son chu giao phu, et ce faisceau de catéchistes est vraiment lossature du district, ossature qui, avec le temps, se. fortifiera encore. Ces catéchistes, en effet, sont des jeunes gens ; plus ils prendront dâge, plus ils prendront dinfluence, et ils en ont déjà une réelle. Le danger, ce qui pourrait éveiller la jalousie des chefs, ce serait de voir quon consulte toujours les catéchistes et quon néglige les chefs en titre, mais le P. Provicaire leur a recommandé la discrétion et la déférence, et il est à penser que ces chu giao phu donneront toujours pleine satisfaction.

    (Mémorial de Quinhon)

    Saigon

    Le veuvage de lEglise de Saigon va prendre fin. Un télégramme nous a apporté lheureuse nouvelle de la nomination du Père Dumortier comme Vicaire Apostolique de notre Mission.

    Le Père Isidore-Marie Dumortier, né en 1869 dans le diocèse de Lille, est missionnaire de Cochinchine depuis 1898.

    Longue vie et fructueux épiscopat à Monseigneur Dumortier !

    S. Exc. Mgr Aiuti, Délégué Apostolique, Mgr Eloy et le P. Huân sont arrivés à Saigon le 15 novembre et en sont repartis le 18 pour Haiphong et Hanoi.

    Hué

    Le 5 Novembre, nous apprenions la mort du P. Léculier. De nombreuses messes ont été célébrées pour le repos de son âme dans toute la Mission, surtout à la cathédrale de Phù-Cam et à léglise française de Hué, où notre regretté confrère avait passé 23 ans de sa vie apostolique.

    Le lendemain, séteignait doucement dans son palais Sa Majesté Khói-Dinh, Empereur dAnnam. Le défunt souverain avait toujours témoigné beaucoup de bienveillante sympathie à la Mission et spécialement à Mgr Allys, quil honorait de son amitié. Il désapprouvait hautement les persécutions de Minh-Mạng, Thiều-Trị et Tự-Đức, et reprochait à ces rois de sêtre laissé trop facilement circonvenir par des mandarins, ennemis des catholiques qui étaient cependant leurs meilleurs sujets. Ce fut en grande partie pour faire amende honorable à la mémoire de Mgr dAdran et des autres Français, compagnons de lillustre Evêque, et demander pardon au Ciel de lingratitude de ses prédécesseurs quil fonda une messe annuelle dans la cathédrale de Phủ-Cam pour le 2e jour du 5e mois lunaire et que, durant son séjour en France, il fit un pieux pèlerinage à Origny-en-Thiérache, pays natal de Mgr Pigneau de Béhaine.

    Le 30 novembre, sont arrivés à Hué les premiers religieux Rédemptoristes Canadiens-Francais, envoyés en Indochine par ordre du Cardinal Préfet de la Propagande pour prêcher des retraites aux missionnaires, prêtres indigènes, religieux et religieuses des différents Vicariats, et y donner des missions. La première caravane se compose des deux Pères Cousineau et Larouche et du Fr. Barnabé. En attendant leur installation définitive, les bons religieux ont reçu une simple et cordiale hospitalité à la Procure de la Mission ; et, après quelques jours de visites et de repos, ils se sont mis à létude de annamite. Plaise à Dieu que leur ministère dans les Missions de lIndochine soit fécond en fruits de salut pour tous, pasteurs et fidèles !

    Le P. Maunier, un de nos plus anciens professeurs, aspirait depuis longtemps à reprendre la vie active dans la brousse. Il a été servi à souhait. Il va occuper un poste nouvellement fondé par les Pères de N.-D. dAnnam, à une heure et demie du monastère. Il espère bien étendre son champ daction en dehors du village de Thủy-Ba, où il va résider, et convertir les païens des villages voisins et même de la région sauvage, qui nest pas très éloignée. Que saint François-Xavier et sainte Thérèse de lEnfant-Jésus, en qui il a une confiance toute spécial, laident dans cette tâche vraiment difficile !

    Bangkok

    Le royaume du Siam est en deuil. Sa Majesté Rama VI est décédé le 26 novembre dernier. Né le 1er janvier 1881, proclamé Prince Héritier en janvier 1895 et Roi le 23 octobre 1910, Rama VI aura donc régné quinze ans seulement. On peut dire cependant que, durant ce court règne, de nombreuses réformes furent complétées, toutes utiles au bien général et au progrès matériel et moral de la nation siamoise. Disons à son honneur que Rama VI, monarque absolu, nabusa jamais de son pouvoir souverain. Si, depuis la guerre, on a pu constater dans plusieurs nations un affaiblissement notable de la puissance dynastique royale, Siam ne semble pas avoir souffert de cette nouvelle mentalité. Il est vrai, par contre, que le Roi de Siam a toujours voulu sentourer de conseillers quil rendait responsables des différents emplois qui leur étaient confiés.

    Lélection de Son Altesse Royale Prince Prachatipok de Sukhodaya a été chaleureusement accueillie par toute la population siamoise et cosmopolite du Siam et reçue avec des marques du plus profond respect. Le premier acte du nouveau. Roi a été de se choisir cinq conseillers, tous de sang royal, se oncles ou frères, spécialement chargés de laider dans le gouvernement suprême. Nous regrettons que létat de santé du nouveau Roi laisse malheureusement beaucoup à désirer, bien quil ait fait plusieurs séjours à létranger, notamment en France, pour la rétablir. Ajoutons que Leurs Majestés le Roi et la Reine actuels parlent couramment le français et langlais.

    Birmanie Septentrionale

    Cest le 24 octobre que notre cher et vaillant nouveau, le P. Audrain, croix de guerre, arrivait à Mandalay, conduit à bon port, comme le jeune Tobie, par lArchange Raphael, dont ce jour-là lEglise célébrait la fête.

    Mgr Foulquier rentrait le même jour de Moulmein, où il venait de rendre les derniers devoirs à son vénéré prédécesseur, Mgr Cardot, qui, de 1899 à 1906, fut Administrateur Apostolique de notre Mission.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu en novembre. Celle du clergé indigène est fixée au mois de janvier : elle sera clôturée par lordination à la prêtrise de nos deux diacres qui actuellement terminent leurs études à Penang. Deux nouveaux prêtres, quelle joie pour lEglise et pour la Mission !

    Laos

    Le 12 novembre, vers 2 heures de laprès-midi, arrivait à Nongseng le P. Morineau, de la Mission de Hué, qui venait de parcourir en automobile près de 400 km. à travers la forêt laotienne pour tenir la promesse faite lannée dernière à notre évêque de nous prêcher la retraite annelle. Ce même jour et le lendemain, les missionnaires arrivaient lun après lautre des quatre coins du Laos, et, le 15 au soir, la retraite commençait.

    Le prédicateur nous donna des instructions à la fois édifiantes et pratiques, dont nous garderons longtemps le souvenir. Il nous a promis, dailleurs, autant, du moins, que cela peut dépendre de lui, de nous revenir dans deux ans. Après la dernière instruction, Mgr Gouin, dune voix émue, remercia le P. Morineau des excellents conseils quil nous avait donnés et nous demanda à tous dêtre de plus en plus fidèles à notre sainte vocation.

    A la suite de la retraite quelques nouvelles destinations ont été données. Le P. Thomine, notre Benjamin, est nommé à Tharë, où il sera dun grand secours au P. Thibaud ; le P. Chabanel devient curé de Kengsadok ; le P. Barriol de Paksane ; le P. Figuet, de Songkhon ; le P. Lacombe remplace à Xangminh le P. Marchi, rentré en France pour cause de maladie. Le P. Piljean est nommé curé de Chanphen, tout en restant chargé de la chrétienté de Napô, quil administre depuis trois ans.

    Pondichéry

    Après une rapide tournée en Amérique et un court séjour en Angleterre, Mgr Morel sest rendu à Rome pour y faire sa visite ad limina et y gagner les indulgences de lannée sainte.

    A Polur, le P. Monchalin, après avoir fait table rase de son ancienne église, sest mis, grâce à une modeste allocation, à en bâtir une nouvelle. En homme prudent il avait proportionné les dimensions de sa construction à celles de sa bourse. Or voici quun riche planteur est venu généreusement à son aide en ajoutant quelque 3.000 roupies à sa première offrande. Du coup, le P. Monchalin na pas hésité à augmenter de quelques mètres la longueur de son église. Vous en auriez fait tout autant ; et pourtant de mauvaises langues il y en a partout, disent que, la largeur nayant pas changé, les proportions ne sont plus heureuses....

    Bénédiction de léglise de Tindivanam. Le 8 septembre dernier, le P. Borey, fondateur du district de Tindivanam, bénissait solennellement la nouvelle église de cette ville. La chrétienté prit naissance durant la grande mine qui, en 1877-78, désola le sud de lInde. La première installation navait rien de confortable : une butte en terre, couverte de feuilles de cocotiers, servait à la fois déglise et de presbytère ; mais les conversions étaient nombreuses, le travail du missionnaire difficile et fatigant. Le P. Borey tint tête vaillamment pendant 18 mois, puis une fièvre typhoïde le força de quitter son champ dapostolat. Il fut remplacé par le P. Fleury, qui, au prix de mille difficultés, réussit à trouver un emplacement plus avantageux, lactuel, mais ne put procéder quà une installation provisoire, car peu après il était nommé Supérieur du Petit-Séminaire de Pondichéry.1

    Après lui plusieurs missionnaires se succédèrent à Tindivanam, dont les uns furent fauchés par la mort, les autres rappelés ailleurs par la volonté de leur Supérieur. En 1886, le P. Borey, retour de France et entièrement rétabli, revenait à Tindivanam, et, sil y trouvait cette fois un presbytère à peu près confortable, il y trouvait aussi une pauvre église en terre, livrée aux ravages des rats et des fourmis blanches. Son désir était grand de bâtir une église convenable, mais la formation des néophytes et linstruction des païens ne lui permirent pas de le réaliser.

    En 1895 il était remplacé par le P. Combes, qui, dès lannée suivante, commença à préparer. les matériaux, fit creuser les fondations et poser les assises du futur monument, dont la première pierre fut bénie solennellement en 1898. On pouvait penser alors que la construction nétait plus quune affaire de temps : quelques mois, au plus quelque années. Mais lhomme propose et Dieu dispose. La Providence, qui voulait faire de Tindivanam un centre duvres important, y envoya successivement les Surs de Saint-Joseph de Cluny (1898) et les Frères de Saint-Gabriel (1904) : il fallut construire dispensaire, orphelinat, écoles ; léglise fut ajournée sine die.
    _________________________________________________________
    1. Le P. Fleury fut rappelé en 1884 pour être directeur du Séminaire de Paris, dont il devint Supérieur en 1904. Mort le 30 décembre 1918.


    En 1908, le P. Combes quittait Tindivanam, quil transmettait à son vicaire, le P. Giard, jeune missionnaire plein de force et dardeur. Ses connaissances en architecture, son activité débordante le désir de posséder une grande et belle église : autant de raisons qui pressaient le nouveau curé de reprendre les travaux interrompus. Il se mit à luvre ; bientôt les murs sortirent de terre et ils arrivaient à la naissance des voûtes lorsque, le Père fut Soudainement terrassé par la mort, au pied même, on peut le dire, des échafaudages quil venait de quitter après une visite de surveillance des travaux. Ceci se passait au mois de juillet 1914. Quelques jours après, cétait la guerre. Le P. Gravère recueillit la succession du P. Giard, mais le manque de ressources lobligea à interrompre de nouveau le travail de construction.

    Enfin le P. Colas, successeur du P. Gravère, aidé par la générosité du P. Gavan Duffy, put reprendre luvre, et son zèle et son entrain la menèrent si bien que, les ouvriers ayant donné le dernier coup de pouce le 7 septembre au soir, léglise put être inaugurée le lendemain.

    Le P. Borey, assisté des PP. Combes et Gravère, tous les trois ayant été à la peine, il était juste quils fussent à lhonneur, après avoir accompli les belles cérémonies du Rituel, chanta dune voix de stentor, en dépit de ses 75 ans, la première grandmesse dans léglise de son premier poste, là où, le premier, il avait porté la lumière de lEvangile. Après la messe, le P. Combes remercia les PP. Borey, Gravère et Colas, qui avaient tous contribué à lérection de cette belle église ; il donna un souvenir ému au P. Giard, qui repose à lombre de ses murs ; puis il expliqua à la nombreuse assistance ce que cest quune église, comment il faut sy tenir, pourquoi et quand il faut y venir.

    A midi de modestes agapes réunissaient les confrères présents, une vingtaine. Un toast des plus humoristiques fut porté par le P. Colas et la gaieté la plus fraternelle ne cessa de régner.

    La nouvelle église de Tindivanam est un remarquable monument darchitecture gothique. Puissent ses deux tours, son dôme, sa toiture élevée, qui saperçoivent de loin, être une prédication sur cette terre qui complètement païenne il y a 50 ans, lest encore trop aujourdhui, les chrétiens étant, comme dans la plupart de nos Missions, hélas ! le pusillus grex. Rogate ergo Dominum messis...

    Hongkong

    On sait que 3 Pères de Maryknoll sont arrivés récemment, avec 6 religieuses, dans la Mission de Moukden, envoyés par la Propagande pour sy préparer à former une nouvelle Mission lorsquils auront acquis une connaissance suffisante de la langue et des usages du pays. La petite colonie américaine vient de se voir désigner un Supérieur en la personne du P. Lane, qui, depuis un an environ, remplissait à Hongkong les charges de Procureur et de Directeur de lEcole Industrielle Saint-Louis. Le journal South China Morning Post, annonçant, dans son numéro du 2 décembre, le prochain départ du P. Lane par le paquebot President Jackson, dit que Hongkong se souviendra de lui comme du plus ferme soutien (pillar of strength) du Club américain de baseball de la ville. Lé journal ajoute : Les vux de la colonie américaine accompagneront le Père dans sa nouvelle sphère dactivité, qui, on le comprend, sera beaucoup plus laborieuse que celle quil quitte.

    Séminaire de Paris

    Le dimanche 18 octobre, une grande fête a été célébrée en lhonneur du Bx Pierre Maubant à Vassy, sa paroisse natale (16 km. de Vire, Calvados). Le matin, grandmesse pontificale par Mgr de Guébriant, arrivé le jour même. Nombreuse assistance, comprenant le député de la circonscription, le conseiller général, etc. Laprès-midi, vêpres solennelles et panégyrique du Bienheureux par Monseigneur, puis procession dans la ville et salut.

    De retour à Paris le lendemain, Mgr en repartait le soir même pour Rome. Après avoir passé une journée à Aix, quil désirait voir avant dy aller présider la solennité projetée en lhonneur du Bx Imbert, Mgr, accompagné du Frère Alfred, destiné à la Procure de Rome, sest rendu à Fréjus, où il a été lhôte de Mgr Guillibert et a pu voir le P. Le Gall tout entier à sa belle uvre auprès des Annamites et des Malgaches. Le lendemain, rejoint par le P. Masseron, il continuait sur Rome, où, dès le jour de son arrivée, il fut reçu par le Cardinal Gasparri et put voir aussi Mgr Giardini, Délégué Apostolique du Japon.

    La Procure de Rome, dont les réparations sont terminées, est désormais dun séjour très attrayant. Le P. Bouffanais y est installé depuis le commencement doctobre avec un nouvel aspirant, M. Anoge, élève du Séminaire Français ; les quatre autres aspirants désignés pour étudier à Rome cette année sont MM. Vignaud, Destombes, Fuma et Guénard.

    Le 27 octobre était le 268e anniversaire de la prise de possession du Séminaire par les procureurs de nos premiers Vicaires Apostoliques. Le S.-Sacrement fut exposé durant 24 heures en union avec Montmartre, et tous ceux qui se sont succédé devant lautel nont pas manqué de remercier le divin Maître pour toutes les grâces accordées à notre Société depuis sa fondation et dimplorer ses bénédictions pour ceux qui travaillent au loin à lextension de son règne.

    Le 29 octobre, une messe de Requiem a été chantée au Séminaire pour les membres défunts des Etablissements communs.

    NN. SS. Mutel, Despatures et Gauthier ont été nos hôtes pendant quelques jours.

    Le P. Nassoy, après avoir donné des conférences en Belgique et dans le Nord, a prêché la retraite de commencement dannée à lEcole apostolique de Montmélian.

    Le P. Gérard a prêché aux Lilas sur les missions ; le P. Chambon a donné deux conférences sur le Japon à Nanterre et à Montlhéry.

    Le 26 octobre a eu lieu, chez M. le Curé de Saint-Sulpice, la première réunion de lAmicale missionnaire : en labsence de Mgr Le Roy, gravement malade, elle fut présidée par Mgr Decamps.

    Mgr Gosselin, archiviste du séminaire de Québec, a passé quelques jours au milieu de nous.

    Le 7 novembre, nous avons célébré lanniversaire de la Dédicace des églises des Séminaires de Paris et de Bièvres. Le chapelle de Paris a été consacrée le 14 novembre 1875 par Mgr Richard, alors Coadjuteur du Cardinal Guibert : cette année ramenait donc le 50e anniversaire de cette cérémonie. La chapelle de Bièvres a été consacrée le 7 novembre 1891 par Mgr Goux, évêque de Versailles.

    Deux aspirants de Bièvres sont partis pour la caserne ; six, leur service terminé, sont rentrés, dont 3 à Paris. Lun de ces derniers a été envoyé à Rome, où il a rejoint ses 4 confrères partis précédemment.

    Mgr Demange a ouvert, le 9 novembre, à lInstitut Catholique, la série annuelle des conférences sur les Missions. Mgr Demange, dit un journal, a révélé au grand publie la merveilleuse histoire de la conversion de ce pays de Corée, qui vint au catholicisme sans missionnaires, par le seul attrait de la vérité catholique, devinée plutôt que manifestée.

    Mgr le Supérieur a fait, dans larchiprêtré de Mauléon (diocèse de Bayonne), une tournée durant laquelle il a administré 3.550 confirmations.



    1926/39-66
    39-66
    Anonyme
    France et Asie
    1926
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