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Chronique des Etablissements communs et des Missions 12

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions


    Séminaire de Paris

    S. M. lEmpereur dAnnam; pendant son séjour à Paris, avait manifesté lintention de nous faire une visite. Dans les appartements quoccupèrent jadis (1787) Mgr dAdran et le Prince Canh, fils de Gia Long, nous avions réuni de précieux souvenirs, qui auraient vivement intéressé le Souverain, religieusement curieux de tout ce qui touche à la mémoire de son illustre ancêtre. A notre grand regret, la date du départ de Sa Majesté ayant été avancée par suite de circonstances imprévues, cette visite na pu avoir lieu.

    LEmpereur, qui maintes fois depuis son arrivée en France, avait manifesté, tant à Monseigneur quau P. Léculier, le grand intérêt quil porte à notre Société, nous a renouvelé avant de sembarquer le témoignage de son estime et de sa sympathie. Par lintermédiaire de son Ministre M. Nguyen Huu Bai, il a fait remettre à Mgr le Supérieur les insignes de Commandeur du Dragon dAnnam, aux PP. Robert et Léculier ceux dOfficier du même Ordre, au P. Mollat ceux de Chevalier.

    *
    * *

    Le P. Bouffanais ayant demandé, pour raison de santé, à être déchargé de léconomat de Bièvres, Mgr a nommé économe le P. Adeux, qui à sa nouvelle charge joindra des cours dhistoire. Le P. Parmentier professera le dogme.

    Le P. Bernat est chargé de la rédaction du Compte-rendu annuel.

    Mgr le Supérieur est rentré à Paris le 10 septembre, après avoir présidé le grand pardon de N.-D. du Folgoët (Finistère) le jour de la Nativité de la Sainte-Vierge.

    Les Aspirants sont revenus de Sainte-Mesme le 12 septembre. Nous avons 47 nouveaux, dont 2 entrés à Pâques. Nos confrères jugeront combien ce chiffre est consolant en parcourant la statistique suivante du nombre des rentrées annuelles :

    1900 111 1912 29
    1905 72 1913 23
    1908 56 1919 26
    1910 28 1920 29
    1911 30 1921 37

    Les 47 nouveaux de cette année se répartissent comme suit daprès leur diocèse dorigine : Lyon, Vannes et Metz, 4 ; Bayonne, Coutances, Saint-Brieuc et Besançon, 3 ; Paris, Reims et Arras, 2 ; Saint-Dié, Rouen, Rennes, Quimper, Nancy, Tulle, Poitiers, Luçon, Clermont, Carcassonne, Le Puy, Aire, Chambéry, Orléans, Séez, Tournai et Namur, 1.

    Du 17 au 22, retraite dentrée, bien fervente et bien consolante, dans nos deux communautés. Prêchée à Paris par M. Cazeau, Assistant du Supérieur général de St-Lazare, à Bièvres par les Directeurs du Séminaire, elle se terminait, samedi 23, par lordination. Monseigneur conférait la prêtrise à 1 aspirant, le diaconat à 16, le sous-diaconat à 4, les ordres mineurs à 15, la tonsure à 3.

    Le soir même Monseigneur partait pour Nancy. Le dimanche il assistait à la représentation de la Passion et était retenu à dîner par Mgr de la Celle. Rentré à Paris le lundi, il nous quittait le lendemain pour Utrecht, où se tenait un Congrès international pour les Missions, du 25 au 29 : Hollande, Belgique, Irlande, Italie, Espagne, Allemagne, France y étaient représentées. Les langues de tous ces pays furent à lhonneur ; on entendit même un discours chinois (cantonais) prononcé par un séminariste chinois de Java, et un prêtre chinois de Mongolie, dans un français très pur, nous exposa ce quétait et ce que devait être la formation des séminaristes en Chine. Mgr de Guébriant parla de la Sibérie. Lassistance aux séances était modeste, la ville dUtrecht étant aux deux tiers protestante. Jeudi 28, Monseigneur était de retour à Paris.

    Le poste de Procureur général en Extrême-Orient, que le P. Léon Robert gérait par intérim depuis sa nomination de premier Assistant, a désormais un titulaire en la personne du P. Sallou, procureur à Shanghai.

    Le P. Bodin, de Séoul, dont la santé, compromise par les gaz absorbés pendant la guerre, sest améliorée sans permettre encore le retour en Mission, accompagnera le P. Garnier à Rome pour y remplir auprès de nos aspirants étudiants le rôle prévu par lart. 92 du Règlement.

    Le P. Jaricot, de la Mission du Haut-Tonkin, est nommé Représentant du groupe des Missions du Tonkin au Conseil Central, en remplacement du regretté P. Denis.

    Le P. Fouque a prêché une retraite de deux jours, à Bièvres, à nos aspirants-soldats. Douze dentre eux avaient pu obtenir une permission pour venir bénéficier de ces saints exercices et se retremper dans la vie du Séminaire.

    Le 2 octobre, cérémonie de départ pour nos trois nouveaux missionnaires. Le P. Robert, 1er Assistant, a prononcé lallocution. Nos partants attendent encore à la procure de Marseille la fin de la grève des inscrits maritimes.

    Le P. Robert sest embarqué au Hâvre, le 7, pour lExtrême-Orient, via New-York, Canada, San-Francisco. Il compte être à Hongkong dans les derniers jours de novembre. Nommé, avant son départ, représentant des Etablissements communs au Conseil Central de la Société, il a confié au P. Sy le soin de le remplacer durant son absence pour ce qui regarde les établissements dEurope.

    Au 1er Octobre, la liste de nos aspirants porte 141 noms ; ils se répartissent ainsi : 54 à Paris, 56 à Bièvres, 4 à Rome et 26 à la caserne.

    On pourvoit à linstallation, à la Salle des Exercices, de légers pupitres mobiles qui permettront aux élèves de prendre par écrit les explications fournies par les professeurs rendant les classes.

    Les aspirants devront fournir chaque semaine un devoir écrit. Le sujet à traiter sera emprunté alternativement à la Philosophie ou à la Théologie (dogmatique et morale), au Droit canonique et à lEcriture Sainte.

    Des exercices pratiques de prédication auront lieu tous les soirs de congé, au Séminaire de Paris, dans la Salle des Exercices.

    Le P. Beigbeder continue encore cette année ses bons services à la Procure du Séminaire, le P. Rioufreyt apporte les siens au Secrétariat, et le P. Bec à la Procure des Commissions.

    Létat de santé de Mgr Cuaz sest un peu amélioré : le vénéré malade peut enfin se lever quelques heures chaque jour et célébrer la sainte Messe deux ou trois fois la semaine.

    Le P. Depierre a reçu de lEmpereur dAnnam la plaque en or dite Kim Khanh. Il commence sa série de conférences dhiver dans les diocèses de Rouen et de Laval. Le P. J.- Michotte a déjà parlé le 5 à Tourcoing, le 6 à Marcq. Le P. Martin sapprête à passer en Corse. Le P. Nassoy finit de prêcher une retraite à lécole apostolique de Montmélian, où se trouvent 5 de nos postulants.

    Du 1er octobre 1921 au 1er octobre 1922, avec les diverses aumônes concentrées entre ses mains au jour le jour, Mgr le Supérieur a pu fonder dans nos séminaires de missions 9 bourses pour lentretien et léducation de futurs prêtres indigènes. Chaque bourse est de 5.000 frs. Les missions bénéficiaires ont été : Yunnan, Coïmbatour, Seoul, Nagasaki, Hué, Tonkin Maritime, Mandchourie Septentrionale, Lanlong. En dehors de ces bourses, et sur le même fonds, Monseigneur a pu accorder divers secours à des cas particulièrement intéressants signalés chez les Bahnars, au Laos, à Kumbakônam, au Laos tonkinois, à Swatow.

    Monseigneur a présidé, le 15 octobre, la fête patronale à Saint-Denis et donné une conférence le soir au patronage de Bercy.

    Rome

    Avant de quitter lEurope, S. E. M. le Ministre dAnnam a voulu réaliser le plus cher désir de sa vie en accomplissant un pèlerinage à la Ville Eternelle.

    Accompagné du P. Léculier, il sy est rendu dans les premiers jours daoût. Reçu en audience privée par Sa Sainteté, le Ministre exprima au Chef Suprême de la haute Religion à laquelle un million dAnnamites se sont convertis lhommage de la respectueuse vénération de lEmpereur son maître.

    Dans un entretien qui dura 25 minutes, ce grand chrétien, descendant du Bx martyr Antoine Quinh Nam, sut trouver, pour parler du glorieux passé de lEglise dAnnam, de son florissant présent et de ses belles espérances, des expressions pleines de foi, qui allèrent au cur du Saint-Père.

    A la fin de laudience, le Pape voulut remettre lui-même au Ministre le grand cordon de Saint-Sylvestre et, appuyant longuement ses mains augustes sur la tête du pieux pèlerin, le bénit très paternellement, lui, sa famille et tous ceux quil représentait.

    Passant chez le Cardinal Secrétaire dEtat, à qui il conféra la plaque de Grand Officier du Dragon dAnnam, le Ministre sentretint quelque temps avec Son Eminence et fut, suivant le rite observé pour la visite des grands personnages, conduit à Saint-Pierre, où il sagenouilla et pria devant lautel de la Confession.

    Désireux de voir les étudiants annamites du Séminaire de la Propagande, S. Exc. se rendit à leur maison de campagne de Castelgondolfo, où Mgr Fumasoni-Biondi voulut bien le conduire. Là il remit à ses compatriotes la photographie encadrée dargent ciselé que S. M. lEmpereur daignait leur envoyer en réponse au télégramme par lequel, dès son arrivée en France, ils lui avaient, en fidèles sujets, exprimé leurs hommages pleins de respect. Après lecture par lun deux dune adresse en langue annamite et réponse du Ministre, S. Exc. conféra des décorations à Mgr Fumasoni-Biondi, à Mgr le Recteur du Collège et à Mgr Borgongini-Duca. Il remit à ses compatriotes, comme cadeau de passage, une somme importante, et regagna Rome pour y reprendre le rapide qui devait lemmener à Marseille. Il sy embarquait le 11 août sur le paquebot Angers battant pavillon de lEmpereur dAnnam.

    Procure de Marseille

    Se sont embarqués pour rentrer dans leur Mission : le 25 août, le P. Blondet (Cambodge) ; le 1er septembre, le P. Villemot (Seoul) ; le 9 septembre, le P. Picot (Birmanie-Mérid.).

    Sanatorium de Montbeton

    Le 24 septembre, grande fête en lhonneur du 50e anniversaire de lordination sacerdotale du P. Boutier : messe célébrée par le vénéré jubilaire, chants de circonstance exécutés par le P. Sibers, décors gracieux dus au bon goût des PP. Roucoules et Bréas ; télégrammes de félicitations de Saigon, de Paris, dAngers, du Cardinal Gasparri, apportant la bénédiction du Saint-Père, etc. Vraie fête de famille.

    Hongkong

    Le 8 novembre est arrivé à Hongkong par la malle italienne Venezia Son Excellence Mgr Celso Costantini, Archevêque titulaire de Theodosia et premier Délégué Apostolique en Chine.

    Deux jours après son arrivée, S. Exc. avait la douleur dapprendre par un télégramme de Rome la mort de sa mère, pour lâme de laquelle a été célébré, le 15 novembre, un service solennel, que Mgr le Vicaire Apostolique de Hongkong a voulu présider lui-même.

    Le Bulletin offre à Mgr le Délégué ses respectueuses et bien sincères condoléances.

    Mgr Mac Glinchey, Directeur de luvre de la Propagation de la Foi dans larchidiocèse de Boston, est arrivé à Hongkong le 14 novembre par le Porthos ; il doit repartir par le paquebot suivant, lArmand Béhic, et, dans lintervalle, il visitera Hongkong, Canton et quelques chrétientés de la région, selon que le temps le lui permettra.

    Procure de Shanghai

    Avis relatif aux commandes faites à lImprimerie de Zikawei et à lOrphelinat de Touséwé dirigés par les RR. PP. Jésuites.

    Il a été convenu avec le Directeur de ces établissements que toute commande venant de nos confrères doit être visée par notre Procureur de Shanghai, à qui elle devra donc être adressée (5, Avenue Edouard VII).

    Les commandes doivent être écrites sur une feuille à part et lon y joindra lindication du mode denvoi désiré.

    Le Procureur sassurera que la commande est approuvée par le Procureur de la Mission et quelle porte ladresse postale correcte, selon la romanisation admise par la poste chinoise, seule compréhensible pour elle, et aussi en caractères chinois.

    Les confrères sont instamment priés de se conformer à ces instructions, afin déviter toute confusion dans les expéditions et dans le classement des comptes par mission.

    Nazareth

    S. Exc. Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine, a fait à la Maison de Nazareth lhonneur, non seulement de la visiter, mais de lui commander tous les travaux dimprimerie nécessaires à linstallation de la Délégation Apostolique. Son Excellence a bien voulu aussi accepter de venir célébrer avec nous, le 24 novembre, la fête de nos Martyrs.

    Tôkyô

    Le 30 octobre, on a célébré dans toutes les écoles du Japon, depuis lUniversité Impériale de Tôkyô, où le Prince Régent en personne a lu une Adresse Impériale, jusquà la dernière des écoles primaires, le cinquantième anniversaire de linauguration du système moderne déducation au Japon. Nous notons parmi les remarques faites à ce sujet par un des journaux de la capitale, le Kokumin-shimbun caractères chinois, que lorganisation du système scolaire japonais fut dabord calquée sur le système en vigueur en France à cette époque, que les livres classiques furent alors pour la plupart des traductions des manuels scolaires européens. Cest ainsi, dit le journal, quon lisait en tête de lintroduction à lInstruction élémentaire des phrases difficiles comme celle-ci : Dieu est le Maître et la Providence du monde ; lhomme est le chef spirituel de tous les êtres.... Les livres de morale, comme le Guide pour encourager à la vertu, étaient inspirés de la morale chrétienne des livres analogues adoptés en France. On est abasourdi en songeant que cétaient là les modèles classiques patronnés par le Ministère de lInstruction Publique, de ce temps-là. Aussi les réformes radicales, qui eurent lieu, simposaient...

    On sait que, parmi ces réformes, on adopta pour les écoles japonaises un enseignement moral ayant pour base le Rescrit Impérial sur lEducation, qui, émané de lEmpereur Meiji le 30 octobre 1890, proclame, au nom des Ancêtres Impériaux, les devoirs à remplir par tous les citoyens de lEmpire japonais. Le 31 octobre, jour où lon fêtait publiquement lanniversaire de la naissance de lEmpereur actuel (né le 31 août 1879), ce Rescrit a été lu, comme de coutume, dans toutes les écoles du Japon. Il nous a été donné dentendre le bref commentaire qui, après cette lecture, fut fait par le Directeur dune des grandes écoles primaires de Yokohama. Il peut se résumer ainsi : Cest grâce à la loyauté des sujets japonais envers leur Empereur que notre pays a remporté de glorieuses victoires dans les deux guerres sino-japonaise et russo-japonaise, et quil a réalisé des progrès remarquables dans son industrie et son commerce. Mais il est à regretter que les industriels et les commerçants japonais se soient trop souvent discrédités à létranger par leur mauvaise foi et la mauvaise qualité de leurs produits. Il y a là un danger sérieux pour lhonneur et la prospérité de lEmpire. Il importe souverainement que la loyauté patriotique des citoyens japonais ne se traduise pas seulement par le sacrifice de leur vie en temps de guerre, mais encore sur les champs de bataille où sexerce la concurrence mondiale en temps de paix, par le travail consciencieux et la probité commerciale...

    A la liste des honneurs par lesquels le gouvernement français a reconnu, dans le cours de lannée, les efforts méritoires faits en faveur de la langue française au Japon par les professeurs de la Société de Marie (Marianistes), liste parue dans le nº 9 du Bulletin, il faut ajouter, pour être complet, les promotions suivantes.

    La rosette dOfficier de lInstruction Publique a été en outre conférée à M. labbé Heinrich, vice-provincial des Marianistes, M. Vernier, professeur à lEcole Militaire, M. Gabalda, professeur à lEcole des Nobles et à lEcole Militaire, à Tôkyô.

    Ont reçu les palmes dOfficier dAcadémie, en dehors des Marianistes de Tôkyô déjà mentionnés : à Yokohama, M. Gaschy, directeur du Collège S.-Joseph, M. labbé Nicolas Walter, professeur au même Collège : à Osaka, M. Deiber, directeur de lEtoile Brillante (Meisei, caractères chinois), à Nagasaki, M. Courtret, directeur de lEtoile de la Mer (Kaisei, caractères chinois), M. Célestin Rambach, professeur à lEcole Supérieure de Commerce et aux Postes et Télégraphe, M. labbé Ruch, directeur de lEcole Apostolique dUrakami.

    M. Gabalda, ci-dessus mentionné, vient dêtre nommé professeur de français du second fils de lEmpereur, Atsu-no-miya, caractères chinois, qui a pris cette année le titre de Prince Chichibu, caractères chinois, et a été promu le 25 octobre dernier au grade de sous-lieutenant du 3e régiment dinfanterie, à Tôkyô.

    Nous apprenons de source sûre que M. Yamamoto Shinjirô, capitaine de vaisseau, Président de la Jeunesse Catholique, qui, lan dernier, accompagna, en qualité dinterprète, le Prince Impérial dans sa tournée en Europe, doit être promu au grade de contre-amiral. La nomination officielle aura lieu le 1er décembre.

    Nagasaki

    S. Exc. Mgr le Délégué Apostolique a passé le mois doctobre et une partie du mois de novembre dans la Mission de Nagasaki. Mgr Giardini a visité dabord les îles Gotô, au large de Nagasaki, pays presque entièrement catholique, où résident des descendants des anciens chrétiens ; puis il sest transporté tout au sud de la Mission, dans lîle dOshima, qui promet de devenir aussi un centre de christianisme. A son retour Mgr a pu sarrêter dans tous les postes qui se trouvaient sur sa route : Kagoshima, Hitoyoshi, Yatsushiro, Kumamoto, Kurume, Fukuoka. De là son Excellence a franchi le détroit pour passer dans le diocèse dOsaka.

    Seoul

    Le 4 octobre, Mgr Devred a béni la nouvelle église dAn-syeng. Huit missionnaires et quatre prêtres indigènes assistaient à la cérémonie, qui a gardé un caractère purement religieux; aucune invitation nayant été faite.

    Trois jours après, même cérémonie à Kong-sei-ri, en présence dune foule nombreuse de chrétiens et de païens venus de tous les environs.

    Mgr Mac Glinchey, arrivé à Seoul le 7 octobre au soir, nous a quittés le 9, se rendant à Moukden.

    Le P. Bodin, retenu en France par son état de santé, a trouvé une âme charitable qui veut bien fournir le supplément nécessaire à lachat dun orgue pour la cathédrale de Seoul.

    La maison de famille pour les étudiants, commencée depuis si longtemps, est enfin terminée et laménagement sen poursuit tous les jours. Le P. Krempf y a déjà sa résidence de jour et a donné rendez-vous aux jeunes gens pour le 31 octobre ; mais ils ne paraissent pas très empressés : ils ont peur, en quittant leurs chambres coréennes, de senrhumer sur ces lits de planches. Cependant une vingtaine sont décidés à essayer et pour ceux-là les préparatifs continuent.

    Taikou

    Les Coréens qui émigrent au Japon deviennent de plus en plus nombreux : parmi eux beaucoup détudiants, mais surtout des travailleurs. Pendant le seul mois de septembre, 6.698 Coréens sont partis pour le Japon ; 512 seulement sont revenus du Japon en Corée. Depuis le commencement de cette année il y a eu 44. 051 sorties et 10. 592 rentrées.

    Mandchourie Méridiona1e

    Le 10 octobre, Mgr Mac Glinchey arrivait à Moukden, où nous étions heureux de recevoir ce très dévoué ami des Missions. Le distingué prélat ne put visiter que le couvent des vierges institutrices : il sintéressa beaucoup à cette uvre, la plus importante après celle du clergé indigène. Mgr Blois se fit un plaisir de lui donner tous les renseignements sur les débuts, les développements et la marche de luvre si bien établie par Mgr Choulet. La cathédrale fut visitée aussi en détail et Mgr Mac Glinchey la trouva fort belle et vénérable par le souvenir de nos Martyrs de 1900. Puis trop tôt à notre gré, le train emportait notre aimable visiteur vers la capitale.

    Le 31 octobre la Mission catholique était invitée à la brillante réception du Consulat japonais en lhonneur de lanniversaire de la naissance de lEmpereur. Entre temps à Dairen (Dalny) les autorités japonaises accordaient à la Mission un appréciable agrandissement du terrain déjà concédé. Les constructions y sont commencées par la résidence du missionnaire, qui servira aussi de chapelle en attendant une église. La visite que vient de faire le P. Poyaud aux chrétiens japonais échelonnés sur le Sud-Mandchourien, a prouvé quil y aurait bien là de quoi occuper un missionnaire parlant la langue japonaise. Puisse la bonne Providence inspirer à un de nos confrères du Japon le courage de braver les frimas de notre Mandchourie, pour venir sy dévouer aux brebis émigrées des îles enchanteresses du Soleil-Levant !

    Incalculable assurément est, en Chine, le nombre de gens qui souffrent de maladies connues, pouvant être traitées par des docteurs dune instruction médicale tout ordinaire. Cette opinion du Dr Ferguson est depuis longtemps celle des Japonais en Mandchourie. Ils ont à Moukden une Ecole de Médecine prospère, ouverte aux Chinois. Le 1er octobre plus de 400 invités, tant Européens que Japonais et Chinois, assistaient à linauguration de nouveaux et superbes bâtiments. Le représentant du Maréchal Tchang Tsolin félicita lEcole de ses succès et la remercia des services rendus à la Province. Les invités entendirent ensuite plusieurs discours, dont lun du Dr Miura, professeur à lUniversité de Tôkyô, qui se montra particulièrement aimable pour le représentant de la Mission catholique.

    Setchoan Méridional

    Mgr Fayolle, éprouvé par une insolation vers le milieu de septembre, a été assez gravement malade pendant une dizaine de jours. Grâce à Dieu les douleurs de tête ont complètement disparu et S. G. a pu aborder les travaux de la Conférence épiscopale, qui sest ouverte le 15 octobre. Malheureusement cette réunion nest pas aussi nombreuse quon lespérait. Les Vicaires Apostoliques du Thibet, du Kouytcheou et du Kientchang, soit pour raison de santé, soit surtout à cause du brigandage et de linsécurité des routes, ont été dans limpossibilité de venir personnellement à Suifu. Néanmoins ils sont représentés chacun par un délégué, avec un rapport écrit sur les questions à traiter ; de telle sorte que le résultat des travaux de la Conférence ne sera pas compromis.

    La réunion comprend donc NN. SS. Chouvellon, de Gorostarzu, Fayolle et Rouchouse ; le Thibet est représenté par le P. Valentin, provicaire ; le Kientchang par le P, Le Bouetté. A cause de linsécurité des routes, Mgr Seguin na pu ni se rendre à la Conférence, ni y envoyer un représentant.

    Le 13 octobre, 11e anniversaire de la proclamation de la République, il y a eu revue militaire sur le Champ-de-Mars de Suifu ; mais indifférence à peu près complète de la population : cest un signe de linquiétude qui pèse sur tous.

    Yunnan

    Par un télégramme du 14 octobre le Souverain Pontife a envoyé sa bénédiction apostolique à notre vénéré Provicaire, le P. E. Maire, à loccasion du 50e anniversaire de son ordination sacerdotale.

    Le prêtre chinois Tchen et le séminariste Tchou, faisant la visite des chrétiens à Teteka, ont été arrêtés par les brigands : ils réussirent cependant à séchapper, nayant à déplorer que la perte de leurs deux chevaux.

    Notre gouverneur Tang Ki-yao a invité, le 10 octobre, tous les Européens de Yunnanfu à sabler le champagne pour fêter le 11e anniversaire de la République, ce pendant que le brigandage sévit impunément dans toute la province.

    Canton

    Le P. Nicouleau, dans une tournée quil vient de faire dans la région de Lok-fou, a baptisé une soixantaine dadultes. Dimanche dernier, écrit-il, jai célébré la messe devant une assistance dau moins 300 personnes, qui récitent les prières avec un ensemble que pourraient envier beaucoup de vieilles chrétientés.

    Kouangtong Occidental

    Nous espérions quaprès les secousses de ces derniers mois, notre malheureux coin du Kouangtong retrouverait enfin un peu de calme et de paix. Ni ces prévisions, ni ces espérances ne se sont réalisées, ainsi quen témoignent les lettres de nos confrères. On ne voit pas quel heureux événement pourrait nous restituer, la tranquillité, puisque ceux qui devaient pacifier le pays semblent renoncer à lentreprise. Déjà même les troupes de lordre se laissent envahir par lambiance et se mettent aussi à vivre sur le pays (lisez.: piller).

    Pendant ce temps la piraterie se propage avec une rapidité effrayante. On signalait ces derniers temps lapparition de plusieurs jonques de pirates dans les eaux de notre îlot de Wai-tchao. Lune delles, dit-on, aurait même fait à terre une descente suffisante pour y massacrer une ou deux familles et piller leur avoir. On ajoute heureusement quune de ces jonques pirates prise en chasse par une canonnière, aurait été coulée, son équipage noyé ou fait prisonnier et les otages retenus à son bord délivrés.

    Le féminisme nest point ignoré des pirates, au courant de tous les progrès de larmement et même de quelques autres. Le P. Genty signale que vers Onpou, deux généraux ont trouvé à qui parler en la personne de Madame Lo Hon-Tso, veuve dun chef-pirate fusillé ces derniers mois. Ces Messieurs auraient perdu dans un engagement 40 soldats et autant de fusils. Ils ont dû réclamer un prompt secours... Vers Fatchao on signale lapparition dune bande qui aurait déjà mis à mal nombre de villages, dont celui de Shanwa, qui compte une trentaine de chrétiens. Plus bas la situation est encore plus critique. Une forte bande, pouvant disposer de 2 à 300 fusils, opère dans la région voisine de Wongpo et Mouilok. Quelques dizaines de villages ont déjà reçu sa visite. Ces indésirables ont pillé, incendié, massacré quelques centaines dhabitants. Notre Administration, qui avait coopéré avec les troupes chinoises pour en débarrasser la région, a trouvé des affiches placardées au marché de Potao, lavertissant quon nen voulait pas à la Concession, que les troubles suscités en territoire chinois avaient un caractère politique qui ne la regardait aucunement : on lengageait donc à ne plus intervenir, sous peine de représailles contre nos ressortissants.

    Au Loui-Tcheou, les bandes, quoique réduites en nombre, nont rien perdu de leur audace ni de leur férocité. Elles vont piller jusquaux portes même de la ville. Une de leurs dernières trouvailles, pour châtier leurs adversaires, consiste à leur couper les deux bras à la hauteur du coude, sans préjudice des procédés précédemment employés. La terreur est telle que la moisson est impossible en nombre dendroits, doù menace de famine. Malgré ces difficultés le P. Zimmermann continue à se dépenser sans arrêt à lévangélisation de la presquîle et la Providence bénit ses travaux apostoliques. Il a, à quelque 50 kilomètres sud-est de sa résidence de Louitcheou, un petit coin plus tranquille où, depuis 2 ou 3 ans, se produit un mouvement de conversions bien consolant : plus de 120 baptêmes ont été administrés dans le courant de lannée, et il compte encore plusieurs centaines de catéchumènes. Ses néophytes montrent une grande ferveur. Puisse ce mouvement local se communiquer à toute la presquîle ! Mais pour cela il faudrait que la paix se rétablisse dans cette région si éprouvée.

    Nos confrères nont pas été directement molestés ces derniers temps, mais dans de telles conditions dinsécurité, tout sérieux travail dévangélisation et dadministration devient impossible. En maints endroits les chrétiens dispersés et fugitifs sont presque introuvables.

    Je ne puis clore ces lignes sans noter le départ de notre dernier Administrateur en chef, M. de la Brosse, Son passage de quelques mois à Kouang-tcheou-wan fera époque ; la Mission catholique gardera toujours un souvenir reconnaissant de la sympathie et des nombreuses marques dintérêt quelle a rencontrées auprès de cet Administrateur éclairé, Français avant tout, qui savait apprécier le mérite et le reconnaître sous toutes ses formes.

    Kouangsi

    Mgr Ducur, nayant pu se rendre à la Conférence préparatoire au Synode, sy est fait représenter par son Provicaire, le P. Costenoble, à Hongkong depuis quelque temps pour sa santé.

    La voie fluviale nest libre que par intermittence. Les divers partis, Kouangsinais, Cantonais, Yunnanais, Kiangsinais, qui se disputent la province, en viennent souvent aux mains, tantôt dun côté, tantôt dun autre. Les vapeurs qui cherchent à circuler ont à payer des taxes exorbitantes.

    Lancien gouverneur Louk serait seul capable de procurer le retour de la paix ; mais ses anciens subordonnés lécartent délibérément pour ne pas être écartés eux-mêmes de lassiette au beurre.

    Les journaux de Nanning publient les arrangements qui viennent dêtre conclus entre Ou Pei-fu et le Gouvernement central de Pékin au sujet du Kouangsi : ce nest que la reconnaissance et la confirmation de létat anarchique actuel.

    Les Yunnanais gardent toujours Kouylin. La poudrière située dans la ville impériale a sauté, réduisant en miettes tout un bâtiment et défonçant les toits des maisons voisines.

    Tonkin Occidental

    Par le vapeur Azay-le-Rideau est arrivé, le 2 novembre, à Haïphong, Mgr Lécroart, délégué du Saint-Siège pour visiter les Missions de lIndochine. Parti immédiatement pour Hanoi, en automobile, pour saluer les autorités françaises, Mgr a commencé dès le lendemain, sa visite par la mission de Haïphong, confiée aux RR. PP. Dominicains espagnols.

    Les fêtes données à Hanoï à loccasion de larmistice ont surpassé en éclat toutes les cérémonies commémoratives célébrées jusquici. Pendant la revue les avions et hydravions évoluèrent dans les airs de concert avec 2 avions, montés par des officiers siamois, venus exprès pour témoigner la sympathie de leur pays envers la France. Mgr Gendreau, accompagné du P. Dronet, assistait à la tribune officielle à cette grandiose cérémonie. Le public nombreux assista ensuite au magnifique défilé de nos troupes, des canons, des chars dassaut, le tout marchant et se mouvant dans un alignement impeccable. A 6 heures ¾ du soir, une autre cérémonie, bien à sa place en ce jour anniversaire, fut celle qui se déroula en léglise cathédrale de Hanoi et à laquelle de nombreuses autorités civiles et militaires et une foule de fidèles se rendirent, dès que les cloches, sonnant à toute volée, leurent annoncée. S. G. Mgr Gendreau présida le salut solennel pendant lequel les maîtrises chantèrent le Te Deum.

    Tonkin Méridional

    Mgr Eloy est parti vers la mi-octobre pour une longue tournée de confirmation dans les districts de Bao-Nham et de Bot-Da.

    Lhiver dernier, la peste pulmonaire et la peste bubonique avaient fait des centaines de victimes dans les paroisses de Mi-Hoa et de Tan-Thanh, au nord de la province de Quang-Binh. Au- printemps le fléau semblait avoir disparu complètement, et voici quil vient de reparaître à une dizaine de kilomètres de là, au grand marché de Ba-Don, le plus important de la région. Il y a déjà de nombreux décès.

    Tonkin Maritime

    Il y a des jours heureux parfois dans la vie du missionnaire. Le 28 octobre dernier la été pour le cher P. Soubeyre, qui, ce jour-là, procurait le baptême à plus de 80 néophytes au village de Lac-hien. Ajoutés à ceux qui ont été faits il y a un an au même endroit, cela fait 130 chrétiens, là où il ny en avait aucun il y a 3 ans, et ils ont fort bonne tournure vraiment dans leur simplicité et leur pauvreté.

    Plusieurs vieux chrétiens notables étaient venus dassez loin à la ronde tout fiers de pouvoir remplir loffice de parrains au lieu même où, il y a 60 ans, les chrétiens dispersés avaient été officiellement parqués. Cest la douce vengeance des victimes, mais cest aussi une récompense pour Lac-bien, car, au moment même où il devait forcément obéir aux colères de Tu-Duc, ce village na jamais cessé de se montrer compatissant pour les persécutés.

    Il y a quelque 15 ans, on ne rencontrait pas souvent le missionnaire dans ce petit coin du Tonkin. Aujourdhui il le parcourt en tous sens pour administrer ses 18 nouvelles chrétientés, auxquelles des recrues viennent sans cesse sajouter. Ce résultat représente bien des peines et des soucis ; mais le bon ouvrier ne regrette pas son labeur quand il suppute la récolte ; ce quil regrette plutôt, cest de navoir pu faire davantage, et il prie Dieu de le mettre à même de mieux faire à lavenir pour sa plus grande gloire.

    Cochinchine Orientale

    Le compte-rendu annuel de la Mission donne, pour lexercice 1921-22, les chiffres suivants.

    Sur une population totale denviron 2.500.000 habitants le nombre des catholiques est de 65.681, dont 49.000 de race annamite et près de 17.000 de race moï (Bahnars, Sedang, Jaraï, etc.).

    Adultes 1. 330
    in art. mort. 74
    Baptêmes Enfants de chrétiens. 2. 737 5.863
    de païens in art. mort. 1.722
    Confessions 279.624
    Communions 486.180
    Grand-Séminaire 33 élèves
    Petit Séminaire 83
    Ecoles (2) de catéchistes. 116
    Ecole des Frères 90
    Ecoles (3) des Surs 160
    Ecoles (40) paroissiales . 1.460
    Orphelinats, crèches, ouvroirs. 703 enfants
    4 pharmacies-dispensaires ont soigné 41.550 malades

    Lhôpital catholique a soigné 512 malades, représentant 15.623 journées dhospitalisation.

    Enfin des presses des deux imprimeries de la Mission sont sortis pendant lannée 85.000 volumes ou périodiques.

    Cochinchine Occidentale

    Le Carmel de Saigon, le premier fondé en Indochine, a essaimé dans les missions voisines. Nombreuses sont les Carmélites cochinchinoises qui ont consenti à émigrer dans de nouveaux monastères, mais cela na pas tari la source des vocations et lon est obligé de refuser encore bien des demandes dadmission.

    Le dimanche 15 octobre, clôture du triduum en lhonneur du tricentenaire de la canonisation de sainte Thérèse, avait lieu la cérémonie de prise dhabit dune religieuse de chur originaire de Caimong, une de nos grandes paroisses de lintérieur. Plusieurs membres distingués de la colonie française de Saigon tinrent à honneur dassister à cette impressionnante cérémonie, et une jeune Française était la marraine de la nouvelle Carmélite.

    Certains sétonnent que des vocations à la vie contemplative puissent naître et persévérer chez des Annamites. Nous, nous nen sommes pas surpris, mais nous rendons grâces à nos anciens, qui ont su infuser dans les âmes non seulement le courage de la vie simplement chrétienne, mais même lhéroïsme de la perfection religieuse.

    La municipalité de Saigon avait demandé, le 2 novembre, une cérémonie pour les victimes de la guerre. Monseigneur célébra la messe et donna labsoute, en présence de toutes les autorités. La musique militaire prêta également son concours. M. le Lieutenant-Gouverneur alla ensuite déposer une palme sur le monument élevé au cimetière à la mémoire des soldats tombés au champ dhonneur.

    Saigon attend toujours le monument commémoratif qui doit être élevé sur la place Joffre. Lemplacement est prêt ; les fonds sont recueillis, mais hélas ! ils ont été déposés à la Banque Industrielle de Chine... Quand verrons-nous notre monument ?

    Cochinchine Septentrionale

    Voici létat de le Mission et les résultats obtenus pendant lexercice 1921-22.

    Catholiques pratiquants 47.720
    Baptêmes :
    Adultes 1.093
    Enfants de chrétiens 2.341
    de païens in art. mort. 952

    Confessions 251.516
    Communions 353.074
    Grand-Séminaire 40 élèves
    Petit-Séminaire 84
    Ecole des Frères 83 catholiques
    Sainte-Enfance (Surs de S.-Paul) : 152 orphelins ou vieillards

    La Mission a 33 religieuses indigènes ou novices destinées à linstruction des jeunes filles annamites, et 7 couvents de Filles de Marie (religieuses indigènes) comptant 419 religieuses.

    S. M. Khoi-Dinh, Empereur dAnnam, recevra prochainement en audience solennelle Mgr Allys, qui est chargé de lui remettre une lettre autographe de S. S. Pie XI.

    Le 2 novembre, en léglise française de Hué, Mgr Allys a célébré une messe solennelle pour les morts de la guerre. Le Résident supérieur en Annam et le Lieutenant-colonel commandant de la subdivision de Hué avaient leur place réservée dans le chur. Nombreuse assistance, émue et recueillie.

    Même cérémonie à Tri.Buu, à Dong-Hoi, etc.

    La construction de la nouvelle ligne de chemin de fer de Vinh à Dong-Hoi amène en cette dernière ville de nombreux Européens. Ici, écrit le P. Henri de Pirey, on ne parle que du chemin de fer. Dong-Hoi devient le centre des centres ! Cest plein dingénieurs de tous les grades. Mais hélas ! la vie renchérit.

    Cambodge

    Sur la dernière liste des promotions dans la Légion dHonneur tout le monde a pu lire le nom de Mme Poirot, en religion Sur Marie. Et à beaucoup, ce nom na rien dit. De qui sagissait-il ? Quelle est cette Sur Marie ? Je vais vous le dire.

    Il y a à Soctrang une Sur Félicienne, bien connue de toute la Cochinchine. Elle nest pas seulement une grande bâtisseuse, elle est aussi et surtout la confidente de bien des infortunes, quelle sefforce de soulager par tous les moyens en son pouvoir

    Après le typhon de 1904 elle parcourut toute la province en vue de recueillir sou par sou la somme nécessaire pour relever son école et son hôpital. Chrétiens et païens rivalisèrent de générosité pour venir à son aide. A son retour, elle acheta un four à briques, se fit elle-même briquetière et construisit un grand hôpital. Elle releva aussi ses deux hospices dhommes et de femmes. Actuellement il ne lui manque que des maîtresses : si elle en trouvait, elle construirait immédiatement un grand pensionnat pour jeunes filles.

    Pendant la guerre, Sur Félicienne avait reçu la médaille dargent des Hôpitaux, puis la médaille dor des Hôpitaux de lAssistance de lIndochine. Cest elle enfin qui vient dêtre décorée de la Légion dHonneur. Dans son humilité, elle na pas permis quon la désignât sous son nom personnel, mais sous celui de Sur Marie, qui est le nom commun à tous les membres de sa Congrégation, voulant par là reporter lhonneur qui lui était fait sur toute la si méritante Congrégation de la Providence de Portieux,

    Le centenaire de la canonisation de sainte Thérèse a été célébré, au Carmel de Phnompenh, par un triduum solennel. Le dernier jour, dimanche 15 octobre, fête de la Sainte, le Saint-Sacrement fut exposé toute la journée. NN. SS. de Phnompenh et de Saigon étant arrivés le matin même, retour de leur voyage au Laos, la cérémonie du soir fut des plus solennelles. Après le sermon, Mgr Quinton présida la prise dhabit dune novice et Mgr Bouchut donna le Salut du Saint-Sacrement, rehaussé par les chants, fort bien exécutés, de la chorale du P. Guibé.

    Siam

    Mgr Perros est rentré à Bangkok. Les voyages au Laos sont plutôt longs, écrit Sa Grandeur, à cause du manque de moyens de communication ; les vapeurs qui remontent le Mekong perdent beaucoup de temps dans les escales, et les barques que lon est obligé demployer, là où les vapeurs ne circulent pas, avancent à coups de pagaie et de perche avec une lenteur désespérante. Nous avons mis 10 jours à monter de Phnompenh à Nong-Seng, alors quen supprimant les arrêts inutiles on pourrait faire le trajet en 6 jours. Mais le paysage que lon voit du fleuve est réellement pittoresque, et le passage des rapides où, à leau haute les rochers disparaissent sous les flots, tandis que 15 jours plus tard lorsque nous descendîmes ils émergeaient parfois dans les deux tiers de la largeur du fleuve, et ailleurs formaient un couloir où leau se jette entre deux murailles de rochers, ce passage-là est vraiment impressionnant ; en quelques jours le fleuve avait baissé de 4 mètres, que sera-ce aux mois de février et mars ?

    Ajoutons que, si les services de bateaux entre le Laos et le Siam sont lents, par contre les services postaux, réguliers et hebdomadaires, sont exceptionnellement rapides. Une lettre partie le samedi matin de Bangkok arrive à Oubone par avion le lundi matin, alors que lunique bateau qui fait le service, à la saison des pluies seulement, entre Oubone et Thaxang, doù lon prend le train Khorat-Bangkok, met de 8 à 12 jours de voyage. Laviation militaire siamoise, munie dappareils de marque française au nombre de près de deux cent, commence à rendre au point de vue commercial dappréciables services. On parle même douverture prochaine de lignes aériennes reliant Bangkok à plusieurs grandes villes du Cambodge, de la Cochinchine, du Tonkin, du Laos et de la Birmanie. Puisse ce nouveau mode de locomotion contribuer à rendre les relations entre missionnaires plus actives et plus profitables au salut des âmes !

    Malacca

    La grande actualité dans toute la Péninsule malaise, le gros coup de théâtre dont tout le monde parle pour lapprouver ou le condamner, cest la loi de la Restriction, qui vient subitement dêtre promulguée et dentrer en vigueur au 1er novembre.

    Mais de quelle restriction sagit-il donc ?

    Sagit-il de restreindre limportation des boissons alcooliques et de préparer ainsi les voies à la prohibition totale, comme aux. Etats-Unis ? Non, ce nest pas cela. A plusieurs reprises, et encore tout récemment, les droits dentrée sur ces sortes de boissons ont été majorés dune manière presque prohibitive. Mais ceux qui aiment leur verre de brandy, ou leur whisky and soda, dépensent davantage, et voilà tout. Il en est de même pour ceux qui tiennent à leur pipe dopium ou à leur cigare de Manille.

    La restriction dont il est question ici est celle de lexportation du caoutchouc.

    Il paraît quil y a trop de caoutchouc sur le marché ; ce qui na rien détonnant ; car, dune part, sa culture a été pratiquée dune manière intensive en Malaisie, à Ceylan, Java, Sumatra, etc ; dautre part, depuis la fin de la guerre, son écoulement sest trouvé fort diminué par la paralysie générale du commerce et par la situation spéciale de lEurope centrale et de la Russie, qui nachètent presque plus.

    En conséquence, depuis deux ans, le caoutchouc brut ne se vend plus quà des prix dérisoires. Ce qui, par parenthèse, na pas empêché les fabricants de continuer à vendre leurs produits manufacturés à peu près aussi cher que lorsque le prix de la matière première était cinq fois plus élevé. La fièvre des gros bénéfices est tenace.

    Maintenant que faire pour ramener la vente du caoutchouc brut à des prix raisonnables et rémunérateurs ? Après bien des polémiques et des tâtonnements, on en est venu à conclure que le seul moyen efficace était den limiter lexportation. La loi qui vient dêtre promulguée sur les indications du Colonial Office impose une restriction de 40 %, qui pourra être augmentée si elle se trouve insuffisante. Elle est mise en vigueur en Malaisie et à Ceylan. On a bien essayé de la faire adopter aussi par le Gouvernement hollandais pour ses colonies de Java et Sumatra ; mais ces bons Hollandais nen ont pas voulu. Quand un voisin fait des sacrifices pour la cause commune, il ny a quà le laisser faire... et à profiter des bons résultats. La hausse des prix produite par la restriction sera aussi bien pour ceux qui ne la pratiquent pas que pour ceux gui y sont obligés. Ceux-là pourront même intensifier leur production à mesure que le ton du marché saméliorera. Nest-ce par de bonne guerre de mettre à profit les bonnes occasions ?

    Quoiquil en soit, comme Ceylan et surtout la Malaisie sont de beaucoup les plus gros producteurs de caoutchouc, on espère que leur restriction obligatoire réduira assez vite les stocks accumulés en Angleterre et en Amérique et rétablira léquilibre entre loffre et la demande.

    Cet heureux résultat est grandement à souhaiter, car depuis deux ans la gêne se fait sentir dans toute notre Presquîle. Nous avons un bon nombre de nos chrétiens agriculteurs qui vivaient de leur petite plantation de caoutchouc et qui sont tombés dans la misère. Nous soupirons tous après des temps meilleurs, sinon aussi prospères quaux beaux jours du Rubber boom. Cest ainsi que cette question a son côté semi-religieux et ne sera pas par trop profane pour le Bulletin.

    Mgr Perrichon, dont la santé est bien éprouvée après 27 ans de laborieux ministère en Malaisie, sest embarqué sur lAzay-le-Rideau pour aller demander au pays natal un renouveau de forces à dépenser pour Dieu et les âmes.

    Birmanie Septentrionale

    La Mission vient déprouver une perte bien sensible en la personne du séminariste Andrew, qui a été enlevé par une maladie de poitrine, suite dune forte attaque dinfluenza. Il avait terminé son cours de théologie à Penang et était rentré en janvier dernier dans sa chère Birmanie pour sy préparer à la réception des saints Ordres. Humble, zélé, doux, pieux, il avait les qualités qui font les bons prêtres. Le 19 septembre, à la Léproserie Saint-Jean, dans les bras de son confesseur et ami, le P. Ruppin, il rendait sa belle âme à Dieu. Cest une perte cruelle pour la Mission, qui na que cinq prêtres indigènes, dont un vétéran de 72 ans.

    Les extrémistes, cest-à-dire les membres de la General Council Buddhist Association, après beaucoup de tintamarre et de couacs, viennent enfin daccorder leurs instruments avec ceux du parti modéré et daccepter la nouvelle forme de gouvernement, la Dyarchy (V. Bulletin dAoût ). Entrons au pouvoir, disent-ils, cest la seule planche de salut qui nous reste pour arriver à notre but, le Home Rule. Le morceau se joue : nous sommes en pleine campagne électorale.

    Laos

    Le dimanche 11 octobre a eu lieu à Nong-seng le sacre de notre-nouvel évêque, Mgr Gouin : cérémonie dautant plus sensationnelle quelle était inédite au Laos, Mgr Cuaz ayant été sacré à Bangkok (1899) et Mgr Prodhomme à Saigon (1913).

    A son arrivée au Laos Mgr Cuaz, notre premier Vicaire Apostolique, établit sa résidence à Nong-seng, sur le Mékong, non loin de la ville de Lakhone. Sous lépiscopat de Mgr Prodhomme, le P. Berthéas y construisit lévêché ; puis les PP. Fresnel et Malaval y édifièrent une belle cathédrale, une merveille pour le Laos. Mgr Prodhomme, déjà touché par la mort, put, par un grand effort dénergie, la bénir en avril 1920, mais il neut jamais la consolation dy célébrer les saints Mystères. Cest là que devait se dérouler linoubliable cérémonie du 1er octobre.

    Le jeudi 28 septembre au soir une chaloupe des Messageries Fluviales débarquait à Nong-seng NN. SS. Bouchut, Perros et Quinton, qui. avaient bien voulu répondre à linvitation de notre nouvel évêque et étaient accueillis avec force démonstrations de joie par les nombreux chrétiens accourus déjà de tous les points de la Mission. Pendant ce temps lélu achevait à Kham-kom, à 3 km. de Nong-seng, la retraite préparatoire à son sacre.

    Le samedi 30, les chrétiens de Kham-kom invitaient Mgr et le curé du poste à prendre place dans deux palanquins ornés de fleurs et détoffes des plus voyantes ; puis 8 porteurs les chargeaient sur leurs épaules et une procession dun nouveau genre, avec drapeaux, bannières, oriflammes, commença à défiler à travers les rizières inondées et les fondrières de la forêt laotienne. Au son du tambour, au bruit des pétards, la foule pousse des cris de joie : en arrivant à Nong-seng, où les cloches sonnent à toute volée, ce nest plus de lenthousiasme, cest du délire, cependant que Mgr Gouin descend de son palanquin et donne laccolade aux trois évêques et aux missionnaires venus au-devant de lui.

    Le lendemain, dès le point du jour, la cathédrale se remplit dune foule impatiente de voir une cérémonie aussi extraordinaire. Il en est venu de partout : Tharé, à 80 km. dici, en a fourni une centaine ; Oubone, à 4 journées de barque, une quarantaine ; Kong-sadok une trentaine. On peut dire que les 50 villages chrétiens de la Mission sont représentés, sans compter les nombreux païens accourus en curieux pour assister à une cérémonie catholique.

    A 7 heures et demie les autorités françaises et siamoises arrivent et occupent les places qui leur ont été réservées ; puis le clergé fait son entrée solennelle, et alors se développent les rites de la messe solennelle et de la consécration épiscopale, que couronne le Te Deum dactions de grâces, chanté à pleine voix et à plein cur.

    Au repas qui suivit la cérémonie, dés toasts furent portés par Mgr Perros, par M. Bauden, représentant de la France, par le Vice-commissaire siamois, tous exprimant des Vux pour un long et fructueux épiscopat ; enfin Mgr Gouin prit là parole : il adressa de délicats remerciements à tous ; aux évêques venus de si loin pour le consacrer ; aux représentants de la France et du Sîam ; il donna un souvenir ému à ses prédécesseurs, Mgr Prodhomme et Mgr Cuaz ; puis, sadressant à ses missionnaires, il leur dit avec quelle ardeur il va travailler avec eux dans le champ aimé qui leur est confié, et termine en répétant la devise de son blason épiscopal : Dieu aide et sainte Marie !

    Dans laprès-midi ce furent dabord les visites des chrétiens, qui vinrent nombreux demander la bénédiction des évêques et surtout de leur nouveau Pasteur ; puis ce fut la série des cadeaux offerts par les chrétientés : de Tharé, un superbe cheval ; de Sieng-vang, une belle aube, la première sortie tout entière de mains laotiennes; dOubone, diverses curiosités, etc., etc.

    La journée se termina, comme il convenait au Laos, par un feu dartifice.

    La fête est passée, mais elle a produit grande impression sur nos Laotiens, chrétiens et païens. Nos fidèles sont isolés au fond de leur brousse. On leur dit bien, il est vrai, que lEglise catholique est partout, que partout il y a des prêtres, des évêques, et ils le croient, sans doute. Mais, cette fois, ils ont vu de leurs yeux la splendeur de nos cérémonies solennelles ; ils ont vu quatre évêques entourés de 25 missionnaires ; ils ont vu une réunion de fidèles dont aucun de leurs postes ne pouvait leur donner lidée ; ils ont vu, et ils ont emporté dans leurs villages des souvenirs qui ne seffaceront pas. Et, ce quils ont vu et entendu, ils le rediront autour deux, et leur parole, de Laotien à Laotien, aura plus de poids que la nôtre.


    Le soir même du sacre commençait à Nong-seng la retraite annuelle des missionnaires du Laos : Mgr Bouchut et Mgr Perros ont bien voulu nous la prêcher. Que Dieu les récompense du bien quils ont fait à nos âmes et nous donne le courage de garder fidèlement les résolutions que nous suggéra leur zèle apostolique !

    Le P. Boher a accompagné Mgr Perros dans son voyage de retour : il va passer quelque temps à Bangkok pour sinitier aux méthodes et aux programmes scolaires siamois.

    Pondichéry

    Le samedi 9 septembre, dans la chapelle du Grand-Séminaire, S. G. Mgr lArchevêque a ordonné un diacre.

    Le jeudi 28, les élèves du Petit-Séminaire-Collège ont donné, dans leur grande salle des fêtes, une très intéressante représentation en tamoul : David et Goliath, drame biblique en 4 actes, par M. Rattinasamy Saint-Hilaire, surveillant détude au Petit-Séminaire. Lauteur et ses interprètes méritent des félicitations. Quant à lassistance, elle y a trouvé profit et pour son esprit et pour son cur.

    Le 3e centenaire de la canonisation de sainte Thérèse a été célébré, au Carmel de Pondichéry, par un triduum solennel.

    Un membre du Cercle dEtudes Jeanne dArc, M. Samy, y a donné récemment une intéressante conférence sur lHistoire des possessions françaises dans lInde. Création en 1664 par Colbert de la Compagnie des Indes Orientales ; fondation de Surate par Caron en 1666 et de Masulipatam par Marcara en 1669 ; cession de Trinquemalé par le roi de Kandy en 1672 et de Pondichéry par Ram Rajah peu après ; fondation de Chandernagor par Deslandes ; gouvernement de Dumas et de Dupleix, démêlés de celui-ci avec La Bourdonnais, rappel de Dupleix ; maladresses de LalIy-Tollendal, chute de Pondichéry. (1760) : toutes ces pages, brillantes ou tristes, de notre histoire coloniale ont été résumées rapidement, mais très clairement, par le sympathique conférencier.

    Maïssour

    Mgr Despatures a reçu la consécration épiscopale le samedi 28 octobre, en la fête des SS. Apôtres Simon et Jude. Le prélat consécrateur était S. Exc. Mgr Pisani, Archevêque de Constance et Délégué Apostolique aux Indes, les assistants NN. SS. Roy, Evêque de Coïmbatore, et Chapuis, Evêque de Kumbakônam.

    La rédaction du Bulletin, nayant reçu aucun détail sur cette cérémonie, a le regret de ne pouvoir en donner le compte-rendu à ses lecteurs.

    Le nouvel Evêque de Mysore a nommé le P. Studer Vicaire Général, et le P. Sigean Vicaire Général honoraire.

    Kumbakônam

    Quelques jours après la clôture de la retraite, quil avait présidée, Mgr Chapuis partait en tournée de confirmation. S. G. devait inspecter le secteur de lEst, cest-à-dire la partie de la Mission que baigne la Mer du Bengale. Mgr se rendit dabord dans le district dErukkour, chrétienté de plus de 2.000 âmes, tant à Erukkour quà Silouveichéry, station qui sy rattache : il y eut là 515 confessions et 293 confirmations. Il serait intéressant de dépeindre lattelage dans lequel Mgr fit son entrée à Erukkour : un vieux fiacre, traîné dabord par un cheval fourbu, ensuite par deux grands bufs, dont lun ne voulait rien savoir ; mais cela nous entraînerait trop loin et sortirait du cadre dune chronique.

    DErukkour Mgr sest rendu à Tranquebar. Par suite dun malentendu dans le service des transports, cest pendant lhorreur dune profonde nuit, sans tambour ni trompette, que S. G. fit son entrée dans la vieille cité de la vague qui chante. Cest aussi par suite dun manque dorganisation que, trois jours plus tard, Mgr fut obligé de se faire abriter sous un parasol tandis quil célébrait la Sainte-Messe dans le petit village de Palour, dépendance de Tranquebar. Dans ces deux postes, qui forment un seul district dun millier de chrétiens, il y eut 453 confessions et 194 confirmations.

    Tranquebar, place forte des protestants, fut jadis une ville importante, dont lhistoire est très intéressante. Elle est en ruines maintenant et cest au milieu des ruines que se trouve lOrphelinat Sainte-Thérèse, tenu par les Surs Catéchistes Missionnaires de Marie Immaculée. Vraiment Tranquebar, son orphelinat, la réception que firent les élèves à Mgr, tout cela mériterait plus quune simple ligne à lallure de communiqué officiel.

    Le troisième poste visité par Mgr fut le district de Pillavadandey, lun des plus anciens de notre Mission. Cette chrétienté, avec celle de Kottour, qui en dépend, compte une population de 1.600 chrétiens. Ils firent à Mgr une réception à la française, dans laquelle régna lordre le plus parfait, et lorsque, au soleil couchant, nous pénétrâmes dans la petite église, nous avions limpression dentrer dans la chapelle dun couvent le soir dun jour de fête. Le nombre des confessions, dans le district de Pillavadandey, fut de 558, celui des confirmations de 177.

    Mayavaram fut la dernière station de la tournée pastorale. Cest une grande et belle ville située sur les deux rives du Kavery. Les chrétiens voulurent faire à Mgr une réception solennelle, mais à lindienne, cest-à-dire que lon ny voyait pas beaucoup dordre. Par contre on ne pouvait pas ne pas voir léléphant qui ouvrait la marche du cortège, précédant de quelques pas lautomobile dans laquelle Mgr avait pris place : réception avec flammes de Bengale, feux dartifice, fusées, lumières éblouissantes, etc.; de ces réceptions comme les aiment nos Indiens. Sur une population de 3.000 chrétiens que compte le district de Mayavaram, 730 sétaient confessés et 177 avaient reçu la Confirmation.

    Huit jours plus tard Mgr rentrait à Kumbakônam : la tournée pastorale avait duré un mois.




    1922/679-704
    679-704
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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