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Chronique des Etablissements communs et des Missions 10

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Cest le mois des vacances : aspirants, professeurs, directeurs, tout le monde a fui la capitale ; aussi aucun écho na résonné jusquà Hongkong. Cest, sans doute, le cas dappliquer le dicton : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ; mais cela ne fait nullement laffaire de la rédaction du Bulletin, moins encore celle de ses lecteurs, toujours si heureux de trouver en tête de notre Chronique le détail des événements importants ou des simples incidents qui ont marqué dans la vie du Séminaire.

    Ce sera donc une privation pour tous nos confrères de ne pas trouver dans ce numéro les toujours intéressantes nouvelles de la Rue du Bac. Quils veuillent bien patienter jusquau prochain numéro.

    Procure de Hongkong

    La retraite de nos Confrères du Kouangtong Occidental et le sacre de Mgr Gauthier ont occasionné dassez nombreux déplacements ; mais depuis cette époque nous avons eu moins de passagers que les années précédentes. Les mois de juillet et daoût ont été des moins mouvementés : aucun voyageur de marque.

    Les dernières nouvelles reçues de Paris annoncent que le Père Robert nous reviendra par lAmérique, où il ira prendre plus intimement contact avec les missionnaires de Maryknoll. Il pense être de retour à Hongkong au début de novembre.

    Le Révérend Joseph Mac Glinchey, Directeur de la Propagation de la Foi pour le diocèse de Boston, vient cet automne visiter pour la première fois lExtrême-Orient. Il tient notre Société en grande estime et son itinéraire lui permettra de faire plus ample connaissance avec nombre de nos Missions. Débarquant à Yokohama le 23 septembre, il demeurera 10 jours au Japon, puis séjournera en Corée du 5 au 10 octobre. Au commencement de novembre il se trouvera à Shanghai. Nous aurons le plaisir de lavoir pour hôte ici et à Canton dans la seconde moitié de novembre. Il nous quittera le 28 par la malle française, le Chambord, fera simplement escale à Haiphong, Saigon, Singapore et Penang, sera à Kumbakônam le 16 décembre, et le 19 à Pondichéry. De là il continuera sa tournée par le Nord des Indes pour aller sembarquer à Bombay et rentrer via Suez,

    Mgr le Supérieur de la Société recommande à tous les Confrères de ménager le plus bienveillant accueil à ce grand bienfaiteur des Missions, qui travaille pour elles depuis la première heure de sa carrière sacerdotale.

    Le P. Chambon, de la Mission de Hakodate, se rendant à Paris pour y être le représentant du groupe des Missions du Japon, a fait une très courte escale à Hongkong le 19 septembre. Il sera en France vers le 20 octobre.

    Si les voyages peuvent se faire assez rapidement en Chine, il nen va pas de même des communications télégraphiques. Envoyer des dépêches actuellement par les lignes chinoises, cest perdre son temps et son argent. Une dépêche du Yunnan a mis du 13 mai au 28 juin pour nous parvenir (une lettre serait venue en 8 jours). Deux dépêches de Suifu sont restées en route respectivement du 13 juin au 3 septembre et du 21 mai au 4 septembre (15 jours eussent suffi pour une lettre). Entre Canton et Hongkong la correspondance arrive 8 heures avant le télégramme qui lannonce. De Swatow à Shanghai il faut par les lignes télégraphiques deux semaines de plus que par la poste. Et, tandis quun vapeur met un jour pour aller dici à Hoihow, certain télégramme a demandé 2 mois pour sa transmission. Cela donne une idée de ce quest en pratique ladministration chinoise.

    Seoul

    Les dernières pluies ont causé beaucoup de dégâts : la circulation a été interrompue pendant près dune semaine sur les lignes Seoul-Ouen-san et Seoul-Euitjyou, coupées en plusieurs endroits ; des villages entiers ont été emportés et lon compte environ 3000 morts.

    Mgr Devred, qui devait partir le 4 septembre pour bénir le 8 léglise de Mangtap et de là visiter le district du P. Bouyssou, a dû remettre son voyage à une date indéterminée à cause de limpraticabilité des routes.

    Daprès un recensement officiel, il y aurait en Corée 1.403 étrangers, dont 904 Américains, la plupart missionnaires. Les Chinois sont environ 20.000, surtout cultivateurs.

    Le riz coréen fait place peu à peu, dans la Péninsule, au riz japonais. Depuis longtemps le Gouvernement Général recherchait lespèce de riz qui résisterait le mieux à la sécheresse et à linondation, les deux fléaux redoutés des agriculteurs coréens. On a découvert une espèce particulièrement résistante et de rendement plus avantageux ; aussi, lan dernier, sur 1.500.000 hectares, 950.000 ont été plantés en riz japonais de cette espèce, et lon en espère les meilleurs résultats.

    Taikou

    Mgr a fait une tournée apostolique à Tjyen-tjyou, où ont eu lieu de belles fêtes : 179 confirmations, et un millier de communions chaque jour de la visite épiscopale.

    Le P. Taquet est nommé professeur au Séminaire.

    Au commencement de Septembre, le P. Tourneux nous est revenu de France dans un état de santé satisfaisant.

    Mandchourie Méridionale

    Des pluies diluviennes, provoquant des inondations partielles, ont éprouvé notre Mission pendant le mois daoût ; mais nous nosons nous plaindre en pensant à ceux que typhons et raz-de-marée ont jetés dans la misère. Cest ce que, le dimanche 27, Mgr Blois disait au prône de la messe paroissiale dans sa cathédrale de Moukden, invitant lassistance à secourir les inondés de Swatow. Lappel fut entendu et, le lendemain, clergé et fidèles apportaient à Mgr la somme de six cents piastres : la Communauté des vierges indigènes, lorphelinat de filles, lhospice des vieillards, tous avaient voulu donner leur obole. Le résultat des quêtes dans le reste de la province nest pas encore connu, mais la récolte sannonçant bonne, nos chrétiens Sauront ouvrir leur bourse pour secourir leurs frères sinistrés du Sud de la Chine.

    Au 15 Août le chiffre des baptisés dans la ville de Moukden sélevait à 1.024 Chinois et 50 Japonais. Le nombre de ces derniers ne fait quaugmenter. Une nouvelle recrue est celle de M. F. X. Satô, professeur à lEcole de médecine, dans la concession japonaise. Arrivé récemment de Tôkyô, il fait lédification de tous par sa ferveur et son assiduité à sapprocher de la Sainte-Table.

    Le groupe des chrétiens japonais de Moukden nest pas le seul de la province ; il en existe dans les gares importantes du chemin de fer Sud-Mandchourien : le plus compact est celui de Dalny.

    La chrétienté japonaise de Moukden a la bonne fortune de posséder une âme de missionnaire en la personne de Mlle Ursule Yuasa, infirmière-chef à lhôpital de la Croix-Rouge japonaise. Cest elle qui exhorte les tièdes, secoue les hésitants et maintient le moral de tous. Dans le cours de lannée, elle a baptisé in articulo mortis 13 enfants et 2 adultes. Ancienne élève des Dames de Saint-Maur de Tôkyô, elle était restée en relations épistolaires suivies avec son ancien aumônier, le regretté P. Ligneul, dont la mort lui causa un profond chagrin. A cette occasion, elle et les catholiques japonais firent célébrer des messes pour le cher défunt.

    Honneur à nos confrères du Japon davoir formé de pareils chrétiens !

    Mandchourie Septentrionale

    Les brigands pullulent partout. Au sud-est de Kirin ils sont entrés dans la ville, de Tounhoahien, quils ont mise à sac et livrée aux flammes. Dans le nord, à Tongken, les grandes bandes se reforment et un prêtre chinois, le P. Thomas Ting, a failli tomber entre leurs mains.

    A Kirin, le 28 août, la Saint-Augustin a été loccasion dune petite fête de famille. Missionnaires, prêtres chinois et chrétiens ont été heureux de profiter de cette occasion pour renouveler à Monseigneur Gaspais leurs vux dun long et fructueux épiscopat et lui offrir lexpression de leurs sentiments de respectueuse affection.

    Le 2 septembre a eu lieu la rentrée de notre Séminaire : au Grand-Séminaire, 4 théologiens et 8 philosophes ; au Petit-Séminaire, 36 latinistes. Pour faciliter le recrutement des aspirants au sacerdoce, une école préparatoire avait jadis été établie dans la province du Heilong-kiang à Sikitchang ; les circonstances, surtout le manque de personnel, avaient amené sa suppression. Elle va se rouvrir très prochainement à Saint-Joseph de Tongken, le plus grand centre chrétien de la province, et dans quelque temps pourra fournir de nouvelles recrues au Petit-Séminaire.

    Setchoan Oriental

    Du compte-rendu de lexercice 1921-22 nous extrayons les chiffres suivants :
    Baptêmes :
    Adultes 2.578
    Enfants de chrétiens 2.349
    de païens 7.924

    Le Grand-Séminaire de Tsemouchan compte 37 élèves ; le Petit-Séminaire de Tientche, 65 ; le Probatorium de Pekochou, 31. Trois écoles primaires supérieures de garçons ont 220 élèves ; trois autres écoles primaires de garçons en ont 95. Sept écoles primaires de filles comptent 381 élèves. Enfin 361 écoles de districts ont un total de 6.520 élèves, soit 174 écoles de garçons avec 3.693 élèves et 187 écoles de filles avec 2.827 élèves. La Mission a deux orphelinats dans lesquels sont entretenues 267 orphelines.

    Dans ses deux tournées pastorales, Mgr Chouvellon a administré 2.538 confirmations.

    Lhôpital catholique, sous la direction des religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie, a enregistré 1.021 entrées représentant 27.561 journées dhospitalisation. Dans les deux dispensaires de Tchonking, 32.814 malades ont été soignés. Les deux hôpitaux pour les pauvres ont reçu 1.008 malades. Lhospice des vieillards compte 103 réfugiées.

    21.350 volumes sont sortis des presses de lImprimerie de la Mission, sans compter le Tsongchepao (la Vérité) et son supplément français, tous deux hebdomadaires.

    Setchoan Méridional

    La guerre civile continue dans la province. On se bat entre Tchonking, Suitin et Ouanhien. Toutes les troupes de la garnison de Suifu sont parties dans cette direction. On ne sait trop ce que veulent tous nos petits potentats militaires, sinon que chacun voudrait être le maître, avoir toujours bourse bien garnie et pouvoir à son gré pressurer le pauvre peuple saris que celui ci ose se plaindre.

    Kientchang

    Pendant lexercice 1921-22, la Mission a enregistré 223 baptêmes dadultes ; 252 denfants de chrétiens et 403 denfants de païens. 55 écoles paroissiales instruisent 885 élèves. La vie chrétienne se développe peu à peu chez nos chrétiens ; une des meilleures preuves en est que, sur une population catholique de 7.918 âmes, on a compté 48.786 communions, dont 3.994 pascales.

    Thibet

    Groupe de Tatsienlou (Setchoan). La retraite annuelle des missionnaires de la région de Tatsienlou a eu lieu du 19 au 25 Juillet : tous les confrères ont pu y assister, sauf deux, arrêtés par les inondations.

    Mgr Giraudeau a institué lOfficialité, renouvelé le Conseil de la Mission et établi dune façon plus stable le Conseil dAdministration. Un projet de création de quasi-paroisses est à létude.

    Le P. Davenas est chargé du poste de la cathédrale à Tatsienlou ; le P. Doublet va prendre sa place à Taofou.

    Il est peu probable que Monseigneur puisse se rendre à la réunion synodale de Suifu, le 15 Octobre : S. G. déléguera un représentant.

    Le P. Nussbaum, cerné à Batang depuis plus de six mois, a réussi à profiter dun moment où la route était moins dangereuse pour visiter son voisin de Yerkalo. Sur un parcours de trois jours de marche, il na trouvé que des ruines. Et le banditisme continue.

    Groupe de Tsetchong (Yunnan). Le calme est un peu revenu dans la région. Les révoltés thibétains, après de longs pourparlers, ont fait officiellement la paix avec les troupes chinoises. On ne sait trop, il est vrai, si ce sont les rebelles qui se soumettent à la Chine ou si ce sont les Chinois qui se soumettent aux rebelles. Quoi quil en soit, cette paix nous vaudra quelque temps de répit.

    Cette partie de notre Mission a ceci de particulier que, sur six districts, deux sont chaque année isolés du reste du monde pendant 4 à 5 mois : chaque hiver la neige ferme les routes de montagne conduisant au Loutsekiang, et nos confrères, les PP. Génestier et André, sont ainsi restés sans nouvelles de France ou des missions depuis le 25 décembre de lannée dernière jusquaux premiers jours de mai de cette année. Dieu merci, leurs nouvelles sont bonnes.

    Au commencement de juillet, une mission scientifique, composée de M. John Walter Gregory, professeur à lUniversité de Glascow, et de son fils, a traversé Tsetchong, se rendant dans les montagnes pour des études géologiques. Laissant leur caravane sur la rive gauche du Mekong, ils louèrent trois porteurs du pays, quils chargèrent dune petite tente et de vivres pour six jours, après quoi ils partirent gaillardement à pied par ces chemins abrupts de montagne et firent une excursion scientifique au Loutsekiang. Ils rejoignirent leur caravane à un jour en amont de Tsetchong et partirent pour Atentse, but de leur voyage.

    Yunnan

    Mgr de Gorostarzu a quitté Yunnansen le 11 septembre pour se rendre à la réunion synodale de Suifu. S. G. compte visiter Sanchan à laller et les autres districts du Bas-Yunnan au retour.

    La ville de Yunnansen est à peu près tranquille ; mais, dans lintérieur de la province, cest toujours la même situation : pillages sur toutes les routes, réquisitions forcées de chevaux, vengeances personnelles des soldats : de là le commerce arrêté presque partout.

    Kouytcheou

    Le P. Aloys Yang, qui, après sa longue captivité de 4 mois chez les brigands, avait passé quelque temps à Meytan pour sy remettre, se disposait à rejoindre son poste dOutchoan ; mais, par suite de nouveaux troubles qui ont éclaté dans la région, il ne put passer et dut retourner à Meytan.

    A cause de linsécurité des routes, plusieurs de nos prêtres chinois ne pourront se rendre à la retraite annuelle.

    Canton

    Les PP. de Maryknoll se sont réunis pour leur retraite annuelle, du 16 au 21 Septembre, à la Procure des PP. Dominicains à Hongkong. Elle a été prêchée par le R. P. Thomkins, S. J., de la résidence de Manille.

    Le 5 Octobre doivent sembarquer à San-Francisco à destination de Hongkong 3 prêtres, un frère et 6 religieuses de Maryknoll. On espère quils auront pour compagnon de voyage le P. Robert, 1er Assistant du S. S. S., qui regagne lExtrême-Orient via America.

    Les Surs de Maryknoll arrivées lan dernier se préparent à sinstaller en novembre prochain à Yeungkong, où le P. Ford leur a procuré une maison.

    Le Collège du Sacré-Cur, dirigé par les Petits-Frères de Marie, a repris ses cours le 1er septembre : il compte autant délèves quil en peut contenir, tout près de 800, et 200 demandes dadmission nont pu recevoir satisfaction.

    Les religieuses canadiennes de lImmaculée-Conception dOutremont voient se développer peu à peu leur Collège du Saint-Esprit, qui procure aux jeunes filles chinoises tous les degrés denseignement des programmes officiels et a ouvert aussi des cours danglais pour celles qui désirent se spécialiser dans cette langue. A la rentrée de septembre, le Collège comptait 140 élèves présentes, plus une quarantaine inscrites mais non encore entrées. En fin du dernier semestre, 17 élèves ont reçu le certificat détudes primaires délivré par le Bureau de lEnseignement.

    A la paroisse de la cathédrale, les écoles primaire et primaire supérieure ont 146 élèves, dont 110 catholiques. On y suit les programmes officiels, mais avec les cours de religion en plus : le catéchisme est enseigné par le curé lui-même. 4 enfants ont obtenu dernièrement le certificat détudes primaires supérieures.

    Ce ne sont là que des débuts, modestes, à la vérité, mais encourageants pour lavenir. De la question scolaire dépend en grande partie maintenant lévangélisation. Il est donc bien à souhaiter que nous arrivions à avoir, à tous les degrés de lenseignement, des écoles qui suivent les programmes officiels et une école normale qui forme de bons maîtres pour nos écoles primaires : cest dans ce but que le Collège du Saint-Esprit, à la rentrée dernière, a ouvert les cours de la première année décole normale pour jeunes filles.

    Le R. P. Bradley, de la Communauté Pauliste de San-Francisco, est arrivé à Canton, où il doit passer une année pour étudier la langue cantonaise et sinitier aux coutumes chinoises, en vue de lévangélisation des nombreux Célestes émigrés en Californie.

    Swatow

    La ville de Swatow se remet peu à peu de la terrible épreuve quelle a subie et commence à reprendre son aspect habituel.

    A la Mission, la Sainte-Enfance, le couvent, lécole ont été sommairement réparés, ainsi que la toiture de léglise. Les lettres des confrères des districts les plus éprouvés portent le montant des dégâts aux chapelles, écoles, etc. à 15.000 piastres au moins, et ils nont signalé que les dommages importants.

    Il semble que les chrétiens aient été plus spécialement protégés. A Kiam-oun, village de 300 habitants, il ne reste guère que les trois familles catholiques, réfugiées dans un petit belvédère qui résista au vent et aux flots.

    Les souscriptions faites de divers côtés ne permettront de réparer quune faible partie du désastre. Chaque jour les journaux publient des listes de morts, de maisons détruites, de rizières rendues improductives.

    Cest la sous-préfecture maritime de Teng-kai qui paraît avoir le, plus souffert, et le P. Etienne nest pas sans craindre une recrudescence de piraterie dans la région.

    Kouangtong Occidental

    Le rappel à Canton du pacificateur Wong Keung, emmenant presque toutes ses troupes, a amené une recrudescence de piraterie dautant plus dangereuse que la vengeance et la haine ont pu se donner libre carrière. Notre confrère, le P. Poulhazan, toujours au premier plan dans sa chrétienté de la Sainte-Trinité, signale que les pirates sont à quelques lieues de sa résidence. Ces derniers temps, écrit-il, ils ont assiégé le village de Tiam-sien à 4 lieues au Sud dici ; 2.000 personnes étaient réfugiées dans un fortin, où elles ont pu résister. Tel ne fut pas le cas de 300 autres malheureux que la soif força à se rendre : copieusement abreuvés par leurs assiégeants, tous furent ensuite impitoyablement massacrés. Ailleurs des vieillards ont été dépecés ; dautres victimes, attachées à des arbres ou à des poteaux, ont été fendues par le milieu du corps. Une terreur sans nom règne dans le pays, où tous ces bandits se réclament du nom de Sun Yatsen, dont ils se disent les tenants. Chaque jour des bandes de réfugiés accourent chercher un abri sur le Territoire, qui rend bien quelques services, quoiquen disent les protagonistes de son retour à la Chine. Le P. Cellard, débordé, ne sait où installer les nouveaux arrivants. Il a dû leur abandonner jusquaux tribunes de léglise pour leur permettre de sabriter et de dormir.

    Dans la région de Kochow, un autre partisan de Sun, nommé Wong Ming-Tong, a enrôlé aussi sous ses étendards tous les pirates qui lont voulu suivre. Ces nouvelles troupes, sous les ordres de nombreux généraux et colonels créés pour la circonstance, dont une femme, veuve lun ex-chef-pirate récemment fusillé, sont parties de Pakhoi en marche vers nos régions. Elles ont atteint On-pou, Shek-sheng, quelles ont livrés au pillage, même les monts-de-piété ; ensuite elles ont fait route vers Fachow et atteint enfin Kochow, que les soldats de Tchan Kwing-Ming avaient dû évacuer en hâte devant cette avalanche. Toutefois leur triomphe fut de courte durée, car, prises à revers, elles ont dû se replier aussi vite quelles avaient avancé. Le P. Genty signale leur retour à Shek-sheng, puis leur repli vers On-pou, pendant que les troupes de Tchan réoccupaient la ville. Pour ceux qui douteraient de la mentalité des troupes commandées par Wong-Tong, je cite ce passage dune lettre du P. Genty : Un Chinois, qui ne voulait pas se laisser enlever sa veste, a été fusillé sous mes yeux, près de la chapelle.

    On comprend que les populations paisibles aspirent à la paix et soient lasses de ces perpétuelles agitations, source de brigandage et de toutes sortes de vexations pour elles.

    On nous annonce le prochain retour du pacificateur Wong Keung, investi de nouveaux pouvoirs, qui, dit-on, étendraient son autorité à la fois sur le Loui-tcheou et sur le Kochow. Puisse cette nouvelle être exacte dans toutes ses parties ! Elle serait le salut dun pays ravagé de si cruelle façon depuis de nombreuses années.

    Kouangsi

    Depuis plus dun an les PP. Américains de Maryknoll ont pris possession au Kouangsi des districts dOutcheou et de Pingnam, et jusquici ils navaient pu, à cause des troubles, venir à lEvêché. Dernièrement ils ont profité dune accalmie pour monter enfin à Nanning. Les braves PP. se rendent compte que la conversion des habitants du Kouangsi nest pas chose facile ; mais leur bonne volonté et leur zèle nen sont pas diminués, et ils sont repartis tout disposés à suivre les bons conseils de leur Vicaire Apostolique.

    Deux de nos confrères, les PP. Crocq et Caysac, ont pu enfin, eux aussi, faire sans trop de difficultés le voyage de Nanning, les communications avec Long-tcheou étant devenues un peu plus sûres. Mais quand les autres pourront-ils venir ?... Dans le trajet de Nanning à Outcheou, le bateau qui portait deux missionnaires a essuyé deux fusillades : une fois de la part des brigands, ce qui na rien détonnant ; une fois de la part des soldats cantonais, ce que lon comprend moins.

    Tonkin Occidental

    Dans une chrétienté de la paroisse de Nam-Dinh vivait une vieille femme âgée de 104 ans. Jouissant de toutes ses facultés, encore alerte, elle était dun caractère violent qui la faisait redouter. Si une poule dun voisin venait gratter dans son jardin, si un buffle tondait quelques tiges de son champ, cétait une interminable litanie dimprécations à ladresse du propriétaire de la poule ou du buffle : elle maudissait lui et ses ancêtres jusquà la 6e ou 7e génération !

    Depuis longtemps toute sa famille avait embrassé le christianisme : elle ne voulait pas en entendre parler ; ses enfants, les catéchistes, le missionnaire lui-même, tous avaient échoué dans leurs exhortations pour lamener à la religion. Un jour enfin un de ses petits-fils trouva largument qui devait être décisif. Grandmère, lui dit-il, vous êtes vieille, vous allez bientôt mourir, et vous serez malheureuse après votre mort. Mauvais cur, enfant sans entrailles, tu souhaites du mal à ta grandmère ! Pourquoi voudrais-tu que je sois malheureuse ? Mais parce que vous naurez personne pour offrir les sacrifices rituels à vos mânes. Nous sommes tous chrétiens, nous ne pouvons offrir des sacrifices païens ; et comme vous nêtes pas chrétienne, nous ne pourrons ni vous faire enterrer avec les belles cérémonies catholiques, ni faire dire des messes pour le repos de votre âme. Ainsi vous serez abandonnée et malheureuse. Le seul moyen dêtre heureuse après votre mort, cest de vous faire chrétienne. Après de longues réflexions, la grandmère répondit enfin : Eh bien ! pour te faire plaisir et pour être plus heureuse dans lautre vie que je ne lai été dans celle-ci, je veux bien me faire chrétienne ; mais promets-moi de me faire un bel enterrement. Je vous le promets, grandmère !

    Et linstruction religieuse de la bonne vieille commença, longue et difficile ; on finit cependant par lui faire retenir les grandes vérités de la foi avec quelques bribes des principales prières. Il y a quelques semaines, elle tomba malade et le Père jugea prudent de ne pas différer plus longtemps le baptême. On aurait dit quelle nattendait que cela pour mourir, La parenté païenne, la voyant à lextrémité, apporta tous les objets requis en pareil cas : offrandes, linceul, bannières avec inscriptions, etc. La mourante ordonna de remporter tout cela : Je suis chrétienne, répétait-elle, et cest en redisant cette parole quelle mourut dans la paix du Seigneur et alla recevoir la récompense des ouvriers de la dernière heure.

    Tonkin Méridional

    Le 28 Août, Mgr Eloy partait pour Hanoi, doù il doit se rendre au Tamdao (sanatorium des PP. Dominicains, dans la Mission du Tonkin Septentrional) : là a lieu, au début de septembre, une réunion des Vicaires Apostoliques de toutes les Missions du Tonkin.

    On espère que, dans cette réunion, sera réalisé le projet dune maison de repos ou dun sanatorium pour nos quatre Missions tonkinoises.

    Le P. Guignard, très fatigué depuis plusieurs mois, est allé demander au sanatorium de Béthanie le repos et le réconfort dont il a grand besoin.

    Haut-Tonkin

    Une belle fête mettait récemment en mouvement tout le district de Vinh-Loc (province de Son-tay), confié au zèle du P. Chabert. Mgr Ramond était venu de Hung-Hoa pour conférer le baptême à 282 adultes réunis dans la même église.

    Cest en présence dune foule immense de chrétiens, et même de païens, venus de tous côtés que les PP. Chabert, Massard, Fleury et plusieurs prêtres indigènes accomplirent les cérémonies préliminaires, après lesquelles Sa Grandeur administra à ces 282 néophytes le sacrement qui les faisait enfants de Dieu et de lEglise.

    Le lendemain, nouvelle cérémonie, grandiose elle aussi : Mgr donnait la Confirmation à 350 adultes, tous nouveaux chrétiens.

    On devine la joie du missionnaire, qui voit si magnifiquement récompensées les peines et les fatigues de son apostolat ; la joie aussi de lEvêque, qui voit saccroître le troupeau dont il a la garde.

    Il va sans dire que de telles fêtes religieuses au Tonkin ne vont point sans les manifestations extérieures de lallégresse commune. Toutes les fanfares de la région étaient mobilisées ; tout ce qui résonne : tambours, gongs, cymbales, cliquettes, etc. vibrait tumultueusement ; tout ce quon put trouver de drapeaux, étendards, oriflammes, était déployé, claquant au vent, chatoyant au soleil... Tout cela accompagnait S. G. dans ses allées et venues le jour, mais aussi, hélas ! pendant le repos de la nuit !

    A la suite de ces belles fêtes, nombre de bouddhistes demandent à être inscrits sur la liste des catéchumènes. Dieu leur donne la persévérance !

    Tonkin Maritime

    A la fin du mois de juillet, le P. Bourlet, toujours plein de zèle pour la conversion des païens, a inauguré au village de Hoi, près de Thanh-Hoa, une maison, où néophytes et catéchumènes pourront venir recevoir linstruction religieuse et apprendre les prières. Ce fut loccasion dune petite fête en tous points réussie. Trois missionnaires et le sous-préfet y assistèrent avec de nombreux chrétiens, qui nhésitèrent pas à faire un long chemin, les uns à pied, les autres en pousse-pousse, en barque, voire en automobile, pour venir apporter leurs encouragements à leurs jeunes frères dans la foi. Le P. Bourlet célébra la Messe et sut dire à tous, en un de ces jolis sermons dont il a le secret, des choses qui ont résonné agréablement et utilement dans les curs, sans excepter, nen doutons pas, celui de Mr le sous-préfet : car, au repas qui ensuite réunit les principales personnalités de la fête, il tint à prendre la parole, et, quoique bouddhiste, remercia le Père de lui avoir donné loccasion dassister à une si touchante cérémonie, le félicita du bien quil fait en propageant la religion catholique, et lui souhaita de nouveaux succès encore plus brillants.

    Le P. Schlotterbek, supérieur de notre Petit-Séminaire, qui travaille au Tonkin depuis 33 ans avec un zèle admiré de tous, a accepté cette année de quitter le pays pour la première fois depuis son arrivée en 1889 et daller passer ses deux mois de vacances au sanatorium de Béthanie. Il est de retour parmi nous depuis le 14 août, à la grande joie de ses chers petits séminaristes, et sest immédiatement mis au travail avec une ardeur déjà ancienne mais toujours nouvelle.

    Cochinchine Occidentale

    Dans le courant du mois daoût, la Mission a perdu deux prêtres indigènes, et, le 18, séteignait à Montbeton notre confrère le P. Ferré. Parti de France en décembre 1906 à destination de Saigon, il sétait arrêté à Pondichéry pour y apprendre le tamoul, quil parlait avec facilité, aussi bien que lannamite. Il fut successivement vicaire à la cathédrale, curé dans la brousse, directeur de limprimerie ; en dernier lieu il cumulait les fonctions daumônier du Pensionnat de jeunes filles et de lHôpital militaire avec celle de curé des nombreux Indiens de Saigon.

    Le P. Ferré avait une intelligence vive et un grand amour de létude ; cétait un grand liseur, mais son livre de chevet, cétait encore sa théologie. Tout le monde saccorde pour louer son aimable hospitalité : tant quil fut dans la brousse, sa maison était un lieu de repos fort goûté des professeurs en vacances. Il se distinguait encore par sont habileté pleine de réserve à entretenir de bonnes relations avec les Français, ce qui facilitait beaucoup son ministère auprès deux.

    Les pasteurs américains continuent leur propagande en Cochinchine. Pour la rendre plus efficace ils ont imaginé de payer la carte dimpôt personnel de leurs adeptes : un bon moyen pour attirer à eux les sans-travail et les fainéants. Les conférences ne leur suffisant plus, ils font des visites à domicile. Lun deux, dernièrement, sest fourvoyé chez un de nos bons catholiques, qui la poliment mis à la porte. Souhaitons autant de courage à tous.

    Cambodge

    Laccident survenu au P. Charles Keller, mentionné dans le Bulletin du mois daoût, était plus grave quon ne lavait cru tout dabord. Notre confrère est enfin sorti de la clinique presque guéri, mais il la échappé belle.

    Le 31 juillet, le P. Quimbrot traversait le large canal qui passe à proximité du presbytère de Tralong ; la petite embarcation chavira. Le pagayeur soccupa de lui-même et de la barque, mais oublia son passager. Quoique bon nageur le Père était emporté par le courant et allait couler, lorsquune fillette, seul témoin de laccident, voyant le danger, sauta dans sa petite embarcation et, en toute hâte, arriva près du naufragé, réussit à lui faire saisir le bord de sa barque et fut assez heureuse pour le ramener à la berge. Il était temps ! Le Père était à tout de forces : le sang lui sortait par le nez et la bouche.

    La Providence ne laissa pas sans récompense lacte de courage de cette enfant. Huit jours après elle fut mordue par un naja. Le P. Quimbrot, toujours muni de médicaments ad hoc, lui administra la forte dose et la tira dun danger de mort aussi certain quimmédiat.

    Le P. Philibert Brun, alité depuis plusieurs semaines, crut devoir se rendre à la clinique de Saigon. Sur sa demande une opération fut tentée, qui offrait quelque chance de le sauver ; mais des complications imprévues en empêchèrent la réussite et, cinq jours plus tard, le 2 Septembre, notre confrère séteignait doucement, après avoir reçu les derniers sacrements en pleine connaissance et fait généreusement le sacrifice de sa vie. Une de ses dernières pensées fut pour sa vieille mère, à qui il envoya un télégramme pour lui faire ses adieux ici bas.

    Une ordination a eu lieu le dimanche 17 septembre, après laquelle Mgr Bouchut sest mis en route pour le Laos, où il doit, avec NN. SS. de Saigon et de Bangkok, assister à la consécration épiscopale de Mgr Gouin, le 1er octobre.

    Siam

    Par une lettre adressée à ses missionnaires, Monseigneur Perros leur annonce que la question scolaire vient de recevoir une solution qui, sans être en tous points telle que nous laurions désirée, reconnaît du moins nos droits sur nos écoles et nous permet de sauvegarder linstruction religieuse de nos enfants, chose importante entre toutes.

    Les bâtiments scolaires avec tout leur mobilier restent la propriété de léglise. Les chrétiens nont pas à payer de taxe scolaire, à condition quils subviennent à lentretien de leur école. Ils devront cependant, lorsquils en seront requis par les autorités civiles ou académiques, produire le reçu justificatif de la contribution quils auront versée à lécole catholique.

    Tous les enfants chrétiens, même ceux qui sont domiciliés en dehors de la localité chrétienne, ont toute liberté de fréquenter lécole catholique, où sera suivi notre programme détudes, approuvé par le Ministère de lInstruction Publique. Les enfants païens de la localité peuvent être admis dans nos écoles catholiques sils le désirent et si leurs parents versent la contribution tour lentretien de lécole.

    La liberté religieuse dans toutes les écoles est affirmée officiellement. En ce qui concerne lenseignement du catéchisme, il peut être donné dans les écoles catholiques en langue siamoise, annamite, chinoise et laocienne.

    En un mot, les écoles de la Mission de privées deviennent communales et le Gouvernement siamois les reconnaît comme telles. Il ne réclame quun droit général de surveillance administrative pour se rendre compte si tous les enfants vont à lécole, lécole étant obligatoire dans presque toutes les provinces du Siam.

    Suivant lexemple du Gouvernement français, le Gouvernement siamois vient de nommer le R. P. Colombet, Chevalier de lEléphant Blanc. Nos respectueuses félicitations au nouveau Chevalier.

    Malacca

    De toutes les contrées qui composent lIndochine, la Presquîle de Malacca est celle qui a le plus de titres à en faire partie. En effet, elle nest pas seulement, comme les autres, située entre lInde et la Chine, mais encore elle est, pour ainsi dire, Inde et Chine tout ensemble.

    A la ville et à la campagne, Chinois et Indiens se coudoient partout. Toutefois ils ne font que vivre et travailler côte à côte, sans jamais fusionner, car ils appartiennent à deux races on ne peut plus distinctes par la constitution physique, la langue, le caractère, les habitudes, le costume, la nourriture, les travaux quils préfèrent, etc.

    Dans la Colonie et les Etats Fédérés, les Chinois sont beaucoup plus nombreux que les Indiens, puisque le dernier recensement a compté 991.363 Chinois contre 409.185 Indiens. Mais ces derniers ont bien augmenté dans les dix dernières années, particulièrement dans les Etats Fédérés, où cette augmentation a été de 76,6 pour cent.

    Au point de vue de la population catholique, les Chinois sont encore les plus nombreux, mais les Indiens les auraient presque égalés, sils navaient perdu un peu de terrain dans cette dernière année, à cause du chômage qui en a fait retourner un bon nombre aux Indes. Actuellement nous comptons 17.120 Chinois et 14.820 Indiens catholiques.

    Naturellement, partout où cela a été possible, on a établi des églises séparées pour les uns et les autres ; de sorte que notre Mission a le double caractère de Mission chinoise et de Mission indienne. Et, quand on passe dun poste à lautre, cest comme si on passait de Chine aux Indes : cest ce qui arrive continuellement à lEvêque quand il est en tournée de confirmation.

    Ainsi, tout dernièrement, Mgr Perrichon, après avoir donné la confirmation aux postes chinois des Negri-Sembilan, se rendit dans lune des plus grandes paroisses indiennes de la Mission, Saint-Antoine de Kuala-Lumpur. Dès son arrivée, il eut à y bénir trois cloches : Henriette, Joséphine et Antoinette, toutes trois données à léglise par des paroissiens et des amis de saint Antoine et de son curé, le P. Le Mahec. Deux jours après, le samedi 15 juillet, quatre prêtres sinstallèrent dans léglise pour entendre les confessions, qui se continuèrent encore le lendemain matin, Ce dimanche-là, il y eut 104 confirmations et plus de 700 communions. Même trois fois plus grande, léglise aurait été pleine. Ce sont là de beaux jours pour les missionnaires !

    Birmanie Septentrionale

    La lèpre va augmentant en Birmanie : le nouveau Public Health Board le constate, et combattre cette terrible maladie devient lune de ses principales attributions. Des laboratoires seront installés aux frais du Gouvernement dans les léproseries ; une prison pour tous les malfaiteurs lépreux et ils sont nombreux, doit être construite à Mandalay, dont un spécialiste ès maladie de la lèpre aura la direction.

    Les rapports officiels dil y a 20 ans donnaient le chiffre de 40.000 lépreux, dont 4.000 dans la seule ville de Mandalay. On les rencontrer dans les marchés, aux carrefours des rues, au coin des ponts, aux fêtes de toutes sortes qui se donnent dun bout de lannée à lautre, partout enfin où ils ont lespoir de recevoir une aumône.

    Cette recrudescence de la lèpre vient surtout de ce que le Birman ne la craint point et ne prend aucune précaution pour léviter. Un membre lépreux de la famille et rares sont celles qui, à un degré quelconque de parenté, nen possèdent un, se meut dans le même cercle de vie que les personnes bien portantes, sassied à la même table, mange des mêmes mets, boit à la même cruche deau, dort sous le même toit. Aussi, à la longue, la contagion devient inévitable.

    Dans ces conditions, il est tout naturel que notre belle Léproserie Saint-Jean nabrite que quelque 230 malheureux sans feu ni lieu et sans espoir de guérison. Tant quils peuvent les nourrir, les Birmans gardent leurs lépreux à la maison.

    Pondichéry

    Léglise du Sacré-Cur, érigée par Mgr Gandy dans le but davoir dans larchidiocèse un sanctuaire de réparation, voit chaque année augmenter le nombre des fidèles qui viennent y prier, particulièrement pendant la neuvaine préparatoire à la fête paroissiale. Cest, du reste, le moment que choisit le P. Leblanc, le zélé curé de la paroisse, pour procurer à ses ouailles le bienfait dune mission ou au moins dune retraite : cette année, cest le P. Veaux qui nous rappela avec éloquence nos devoirs envers le Cur du plus aimant et du moins aimé des Amis. La neuvaine se termina le dimanche 23 juillet par une grandmesse solennelle et par la consécration des fidèles et de leurs familles au Sacré-Cur. Selon lusage un magnifique feu dartifice clôtura la neuvaine et la fête.

    La rentrée du Petit-Séminaire-Collège a été excellente : létablissement compte plus de 900 élèves, divisés en 4 sections : tamoul, tamoul-français, anglais et français. Aussi ne peut-on que louer le Supérieur, le P. Escande, davoir agrandi son établissement en y ajoutant un nouveau bâtiment.

    Une longue convalescence retient encore le P. Gayet au Sanatorium Saint-Théodore.

    Le P. Boudoul sest embarqué le 23 juillet dans lespoir de trouver au pays natal le rétablissement dune santé fortement ébranlée.



    1922/563-579
    563-579
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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