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Chronique des Etablissements communs et des Missions 9

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Le 20 juin Monseigneur sest rendu à Orléans fêter avec ses collègues dans lépiscopat les noces dor sacerdotales de Monseigneur Touchet. Mgr Gibier prononça à la cathédrale, devant une foule immense de prêtres et de fidèles, un discours dune grande éloquence. Au dîner qui suivit la grandmesse, dans la salle des fêtes, où se trouvaient réunis 17 archevêques ou évêques et 350 prêtres du diocèse dOrléans, les toasts furent nombreux. Monseigneur notre Supérieur porta le toast des missionnaires français à lauteur de la Sainte de la Patrie.

    Le 23, Monseigneur présidait la fête du Sacré-Cur à léglise Saint-Pierre du Gros-Caillou. Après vêpres, nous nous réunissions autour de Monseigneur, dans sa chambre, pour lui offrir nos vux de fête, et le soir les deux communautés se rendaient à Montmartre passer la nuit en adoration. Le lendemain nous étions tous à Meudon pour fêter en grande liesse notre très aimé et vénéré Supérieur.

    Le P. Chambon, de la Mission de Hakodate, est nommé représentant du groupe des Missions du Japon, en remplacement du regretté P. Delmas.

    Le P. Roulland, retour de Rome, est arrivé à Paris depuis huit jours. Il est nommé Supérieur de la maison de Dormans et prendra possession de sa nouvelle charge au 15 août. A Dormans sera installé, à la rentrée de septembre, le noviciat des Frères-coadjuteurs. On prévoit à lheure actuelle une rentrée dune bonne demi-douzaine de novices. Le P. Roulland sera chargé de leur formation. Nos meilleurs vux au nouveau Supérieur et à luvre importante dont il est chargé. Actuellement le P. Sibers semploie avec dévouement à lorganisation matérielle nécessaire de cet établissement dans les parties qui peuvent être immédiatement utilisées.

    Le 29, Monseigneur a procédé à une ordination dans la chapelle du Séminaire, 4 aspirants ont reçu la prêtrise, 3 le sous-diaconat, 1 les ordres mineurs et 5 la tonsure. Au dîner qui suivit lordination nous avions lhonneur davoir à notre table Mgr Fumasoni-Biondi, secrétaire de la S. C. de la Propagande, retour de Lourdes. Ancien délégué apostolique aux Indes et au Japon, Mgr Fumasoni-Biondi connaît beaucoup nos missionnaires et les honore dune très profonde sympathie. Après dîner, Monseigneur le Supérieur linvitait à venir à la salle des exercices adresser quelques paroles aux deux communautés réunies et profitait délicatement de cette circonstance inattendue pour laisser au Secrétaire de la Propagande le soin de lire les destinations des trois nouveaux missionnaires : la Birmanie méridionale aura M. Philippe, la Cochinchine orientale (Bahnars) M. Cretin, et Swatow M. Waguette.

    Le départ de ces jeunes missionnaires est prévu pour la fin de Septembre.
    Le 28, nous avons reçu un télégramme de Saint-Affrique nous apportant la nouvelle du décès de M. Clément, notre ancien sacristain.

    Mgr Cuaz garde toujours le lit et, bien que létat général saméliore un peu, les rhumatismes limmobilisent encore.

    Les aspirants prennent leurs vacances à Sainte-Mesme depuis le 4 Juillet. Certains ont été autorisés pour des raisons spéciales à prendre un mois de congé dans leurs familles.

    Le mois de juin nous a donné huit nouvelles admissions pour la rentrée de septembre : elles viennent des diocèses de Nancy, Tulle, Bayonne, Metz et Poitiers.

    Aux réceptions officielles de S. M. Khai Dinh, empereur dAnnam, Mgr de Guébriant a été invité à lHôtel-de-Ville, à lElysée, à la cérémonie dinauguration des monuments élevés à Nogent-sur-Marne à la mémoire des soldats annamites morts en France pendant la guerre. Monseigneur assistait, aussi au dîner officiel donné au Pré Catelan (Bois de Boulogne) par lEmpereur dAnnam. Le premier ministre qui accompagne Sa Majesté en France est un catholique, S. E. M. Nguyen-Huu-Bay. Le dimanche, il vient très exactement assister à la messe au Séminaire. Il nest pas seul, dailleurs, et dans toute cette suite de lempereur le P. Léculier a la joie de retrouver de nombreux amis de Hué.

    Mgr Freri en route pour New-York a été notre hôte pendant quatre jours 1.


    1. Mgr Freri, né à Saint-Etienne (Loire) en 1864, prêtre en 1887, fut professeur de dogme à Boston, puis missionnaire dans lArizona. Depuis 1907 il est prélat de S. S. et Directeur général de luvre de la Propagation de la Foi aux Etats-Unis.


    Le 9 Juillet, Sa Grandeur présidait à Mauriac (Cantal) lérection en basilique mineure de lantique église de N.-D. des Miracles et y prononçait un discours magnifique. A Mgr Lecur, évêque de S.-Flour, sétaient joints pour cette fête Mgr Marnas, de Clermont, et Mgr Castel, de Tulle. Les pèlerins affluèrent et, malgré le temps obstinément gris, une procession splendide se déroula deux heures durant dans les rues de la ville pavoisée avec profusion. Le recueillement était vraiment impressionnant. Au banquet, qui groupait plus dune centaine de prêtres de la région, les toasts les plus sympathiques furent portés à notre Société et à son Supérieur.

    Le 10 Juillet, la Société de Géographie recevait S. M. lEmpereur dAnnam dans ses locaux du Boulevard St-Germain. M. Salles, ancien Inspecteur des Colonies, avait groupé, pour cette circonstance, une très belle collection de documents relatifs à lIndochine : Patentes par lesquelles Gia Long accréditait Mgr dAdran auprès de Louis XVI pour lui demander secours, original du Traité entre la France et lAnnam, signé par le Ministre des Affaires Etrangères de France, M. de Montmorin, et par Mgr Pigneau de Béhaine, plans et cartes dressés par M. Dayot, portraits du Prince Canh, de Mgr Pigneau de Béhaine, de Chaigneau, de Dayot, de Vannier, officiers au service de Gia Long, un mandement, plusieurs lettres, le catéchisme, le dictionnaire annamite-latin de Mgr Pigneau, etc.. Les. PP. Robert, Launay et Léculier assistaient à cette réunion.

    Le 11 Juillet, séance solennelle à la Sorbonne à loccasion du Centenaire de la Société Asiatique. La séance était présidée par M. Millerand. Discours de M. Sennart, Président de la Société Asiatique, de M. le Ministre de lInstruction publique et de M. Millerand : on y célébra la part importante prise par les savants français dans létude des langues et coutumes des peuples orientaux, les enseignements dordre moral et social que ces études ont fournis à lhumanité, les liens damitié que crée entre les peuples de race différente une connaissance réciproque plus profonde... M. Sennart rendit un éloquent hommage aux travaux des Missionnaires. Monseigneur et le P. Robert assistaient à cette réunion.

    La première quinzaine de Juillet nous a apporté 6 nouvelles admissions dAspirants et 4 de Frères.

    S. G. Monseigneur le Supérieur compte passer le mois dAoût dans sa famille à Kernevez, par Saint-Pol-de-Léon (Finistère).

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    Dormans

    Le 16 Juillet, grande manifestation patriotique à Dormans, 4e anniversaire de la délivrance française, fixé à cette bataille, des 14-18 Juillet, qui fut leffondrement premier de larmée allemande. La fête était présidée par le Maréchal Foch. Etaient présents : le Cardinal Luçon, NN. SS. Tissier, Rumeau, Neveux, Gaillard, et notre Supérieur, les Généraux Mangin, Maistre, Feraud, de Rascas, de Châteauredon, Nayral de Bourgon, les Membres du Comité de la Chapelle de la Reconnaissance... Devant le château magnifiquement pavoisé un autel avait été dressé. La Messe y fut célébrée par lAbbé Umbricht, Commandeur de la Légion dHonneur, qui perdit son bras gauche dans la bataille de 1918, précisément à 4 km. de Dormans. Assistance de plusieurs milliers de personnes, musique exécutée par les chorales de Châlons et dEpernay ; éloquent discours de M. lAbbé Thellier de Poncheville ; puis banquet de 160 couverts sous une tente improvisée, toasts de Mgr Tissier, de Mgr de Guébriant, du Cardinal Luçon, du Maréchal Foch ; le soir, près de la Chapelle en construction, allocutions de M. Fernand Laudet, de Mgr Rumeau, du Maréchal Foch, coupées dacclamations et dovations... Grande et belle journée patriotique et religieuse, où fut solennellement proclamée notre prise de garde du Sanctuaire de la Reconnaissance Française.

    Procure de Rome

    Nos trois aspirants ont terminé leurs examens : M. Monjean a été reçu à la licence (mention bien) ; MM. Candau et Rouhan au baccalauréat.

    Procure de Marseille

    Avis. I. La Compagnie des Messageries Maritimes ayant majoré dune manière excessive et presque prohibitive ses polices dassurance, il ny aura plus à lavenir dassurance sur connaissement. Les confrères ou transitaires chargés de la réception des marchandises sont priés de constater les avaries au port de débarquement et denvoyer à la Procure de Marseille le constat établi sur papier libre : le règlement sera fait par les soins de la Procure. Exception est faite pour les confrères qui ont demandé à assurer eux-mêmes leurs colis.

    II. Depuis deux ans et demi un calice réparé (modèle ordinaire, coupe argent, boîte bois) est en souffrance à la Procure de Marseille, qui serait heureuse den connaître le propriétaire.

    Sanatorium de Wellington

    Le dévoué Supérieur du Sanatorium Saint-Théodore, le bon P. Vieillard, a été obligé dabandonner temporairement ses fonctions pour aller suivre un traitement à lhôpital Sainte-Marthe de Bangalore. Nous adressons au cher malade nos meilleurs vux de prompte et complète guérison.

    Nazareth

    La mort du vénéré P. Ligneul fait un grand vide dans la petite trop petite communauté de Nazareth. Non seulement il était le directeur spirituel de la plupart des missionnaires de Hongkong, le conseiller sage et prudent de tous, mais sa seule présence encourageait à la piété et au travail. Qui, en effet, neût admiré ce vieillard, affaissé sous le poids des ans et des labeurs apostoliques, et toujours exact, comme un jeune séminariste, à se rendre à lappel de la cloche, donnant à tous lexemple de la fidélité aux moindres détails du règlement. Cest quil avait une très haute idée de limportance de la Maison de Nazareth dans la Société et des services quelle est appelée à y rendre. Il avait médité longuement et approfondi les intentions du zélé fondateur de létablissement, et il les jugeait excellentes. Pendant les dix années quil a passées ici, il na jamais collaboré au travail de lImprimerie : il lestimait utile, certes, nécessaire même ; mais il nen faisait pas le but de linstitution : il ny voyait quun moyen den réaliser les fins surnaturelles et vraiment apostoliques. Pour lui Nazareth était avant tout une maison de retraite, au sens large du mot : retraite pour ceux qui ont accepté de faire partie de la maison, à titre de directeurs ou de collaborateurs, car on ne limpose à personne ; retraite pour les confrères qui, après des années de labeur apostolique, éprouvent le besoin de se purifier du mundano et même pagano pulvere, dont il est si difficile de se préserver entièrement, pour se retremper dans lesprit apostolique. Aussi la grande joie du P. Ligneul était de voir des confrères venir passer quelque temps à Nazareth pour y retrouver les douces impressions et y renouveler les fortes résolutions du Séminaire de la Rue du Bac. Il se mettait alors tout à leur disposition pour les aider de ses lumières, de ses conseils, de ses encouragements : cétait son occupation, son ministère, sa vie. Et une des tristesses de ses dernières années fut de voir diminuer de plus en plus le nombre de ceux qui venaient ainsi goûter quelques semaines ou même quelques jours de recueillement pour se disposer à de nouveaux labeurs. Il se demandait le pourquoi de cette abstention ; il craignait de le trouver dans la réputation injuste faite, en plusieurs de nos Missions, à la Maison de Nazareth, et il sen affligeait vivement, parce quil lui semblait quainsi linstitution ne répondait plus entièrement aux intentions de son fondateur et ne rendait plus les services en vue desquels elle avait surtout été fondée.

    Etait-ce une illusion de sa part ?

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    Le P. Lamasse, de la Mission de Mandchourie Méridionale, vient de passer environ 8 mois dans la maison pour y surveiller la réimpression de son Nouveau Manuel de Langue chinoise écrite. Lauteur, étant sur place, a pu soigner tout particulièrement cette seconde édition, qui a été vraiment, selon la formule ordinaire, revue, corrigée et augmentée.

    Ce travail de révision, long et minutieux, nétait pas de nature à rétablir la santé de notre confrère, ébranlée par 28 années de mission. Aussi a-t-il dû aller demander à lair natal un renouveau de forces pour reprendre ensuite son uvre dévangélisation. Il sest embarqué pour la France le 23 Août. De tout cur nous lui souhaitons heureux voyage, complet rétablissement et prompt retour.

    Tôkyô

    Mgr lArchevêque de Tôkyô, sollicité par les Européens, et particulièrement par les membres catholiques de diverges ambassades, qui passent leur saison dété dans les montagnes de Nikkô, près du lac de Chûzenji, de leur procurer le bienfait de la messe dominicale, trouva en 1916 le moyen de satisfaire avec ce désir légitime dautres desiderata. Grâce à une souscription organisée par les pétitionnaires de cette villégiature, Sa Grandeur se rendit acquéreur dune ancienne dépendance dhôtel japonais, retirée sous son toit de chaume au fond dun petit bosquet de grands arbres, près des rives du fameux lac, doù se déverse la non moins fameuse cascade de Kegon. Cest là, à laltitude de 1300 mètres, que, depuis la mi-juillet jusquaux premiers jours de septembre, les séminaristes et les Pères de la Mission de Tôkyô qui ont besoin de prendre quelques jours de repos durant les chaleurs estivales peuvent trouver le calme et la fraîcheur, en même temps que la colonie européenne, qui occupe diverses villas des bords du lac, a le précieux avantage dêtre à même dassister à la messe chaque dimanche. Bien que cette heureuse innovation soit réalisée depuis quelques années, nous profitons de loccasion que nous offre la première année du Bulletin pour la signaler. Lorsque la brume ou la pluie ne viennent pas le gâter, le séjour à Chûzenji est vraiment délicieux.

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    Le gouvernement français, désirant reconnaître les efforts méritoires faits en faveur de lenseignement de la langue française au Japon par un certain nombre de professeurs de la Société de Marie (Marianistes) a conféré la rosette dOfficier de lInstruction publique à trois professeurs de lEcole de lEtoile du Matin : MM. Heck, directeur de lEcole, Beuf, directeur particulier du Primaire, Humbertclaude, chargé des cours de littérature française à lUniversité de Tôkyô ; et les palmes dOfficier dAcadémie à deux autres professeurs : MM. Goger et Stoltz, professeurs de français à lEtoile du Matin.

    M. lAbbé Emile Heck, actuellement directeur de lEcole de lEtoile du Matin (Gyôsei-gakkô, caractères chinois), sest retiré de lUniversité à la fin de lannée dernière après y avoir enseigné pendant trente ans. Un message du Président de lUniversité Impériale est venu lui apporter le diplôme de Meiyo-kyôju caractères chinois ou Professeur émérite. M. Heck est, de plus, Commandeur des deux Ordres japonais du Trésor sacré (Zuihô-shô, caractères chinois) et du Soleil Levant (Kyokujitsu-shô, caractères chinois)

    On sait que lEcole de lEtoile du Matin compte 1200 élèves.

    Il est consolant de voir ainsi appréciés et récompensés en pays païen les éminents services rendus par ces éducateurs hors de pair ; mais nest-il pas étrange de voir décorer à létranger ceux dont la compétence et le dévouement sont indignement méconnus dans leur propre patrie ?

    Nagasaki

    Le dimanche 10 Septembre, jour anniversaire du grand Martyre, S. G. Mgr Combaz, Evêque de Nagasaki, officiera pontificalement dans léglise de Notre-Dame des Martyrs ; bâtie par son prédécesseur Mgr Cousin sur lemplacement présumé du supplice de lhéroïque phalange.

    Pendant les mois dAoût, Septembre et Octobre, une indulgence plénière est accordée à tout chrétien, qui, confessé et communié, visitera léglise des Martyrs.

    Osaka

    LEcole de lEtoile brillante (Meisei-gakkô, caractères chinois), sur cadette de lEtoile du Matin de Tôkyô, est une école de commerce fondée par les Marianistes en 1899. Elle compte actuellement 850 élèves, et lon aura une idée de la réputation dont elle jouit dans cette ville dOsaka lorsquon saura que, à la rentrée des classes au printemps dernier, il y eut 810 nouvelles demandes dadmission : faute de place on dut en rejeter plus de 600.

    Parmi ces 850 élèves les catholiques sont peu nombreux et les conversions sont rares ; cependant 13 baptêmes ont été administrés lannée dernière. Lun de ces néophytes est allé au ciel quelques semaines seulement après son baptême. Ses parents, qui pendant deux ans lui avaient refusé lautorisation de se faire chrétien, témoins de sa douce et sainte mort, demandent eux-mêmes le baptême et sy préparent avec ardeur.

    Hakodate

    Les dernières nouvelles reçues de Mgr Berlioz sont datées de Honolulu. Le Korea-maru a eu jusque là une heureuse traversée. S. G. a pu chaque matin célébrer la sainte Messe dans un des salons du pont supérieur.

    Les boys japonais, surtout ceux du dining room, cherchent à sinstruire auprès des passagers, et S. G. pousse la complaisance jusquà corriger les thèmes ou versions quils lui présentent.

    Le 1er Juin, passage du méridien 180º, a été jour redoublé et double récitation du même office.

    Seoul

    Par une lettre du 20 Mars 1922 la S. C. de la Propagande avait demandé à Mgr Mutel de céder aux missionnaires américains de Maryknoll les deux provinces (septentrionale et méridionale) du Hpyeng-an-to, au nord de la Mission de Seoul. Le 13 Mai Mgr répondit quil était prêt à déférer au désir de la S. Congrégation, et il y a tout lieu de penser que la décision de Rome à ce sujet ne tardera pas à être rendue officielle.

    Les missionnaires américains travailleront dabord sous la juridiction de Mgr le Vicaire Apostolique, jusquà ce que, dans quelques années. la nouvelle Mission soit érigée canoniquement.

    Les pluies des derniers jours de Juillet ont été un désastre pour une partie de la Mission : partout gens noyés, maisons emportées, rizières et champs dévastés, récolte bien compromise. Les dégâts pour la seule ligne de chemin de fer sont estimés à 3 millions de yen ; le trafic a été interrompu pendant dix jours.

    M. Tanabe, expert en musique, au service de la Maison Impériale de Tôkyô, a visité Seoul il y a quelques mois pour étudier la vieille musique coréenne. Il a déclaré que cette musique antique mérite dêtre conservée, et, sur sa demande, le gouvernement va former une Société dancienne musique coréenne, dont les membres, gratifiés dun rang officiel et dun ton traitement, feront partie de la maison du Prince Ri.

    Taikou

    De nombreux loups rôdent dans les environs de Fusan : déjà plusieurs enfants ont été enlevés et dévorés par eux. La police, qui avait organisé une chasse pour les détruire, na pas réussi ; aussi a-t-elle décidé dattribuer une récompense de 50 yen pour chaque animal tué.

    Mandchourie Méridionale

    Le 2 Juillet est le jour anniversaire du massacre par les Boxeurs en 1900 de Mgr Guillon, des PP. Emonet et Jean Li, de deux Surs de la Providence de Portieux et dun certain nombre de chrétiens. Cette année Moukden a voulu célébrer solennellement ses Martyrs. Dans la cathédrale, qui sélève sur lemplacement même de lancienne église où eut lieu le massacre, il y eut, le matin, messe pontificale ; le soir, après la bénédiction du Saint-Sacrement, évêque et missionnaires debout au pied de lautel, à lendroit même où nos Martyrs furent mis à mort, la chorale chanta le Chant des Martyrs du P. Dallet.

    Notre confrère le P. Darles a dû subir à Moukden une opération urgente : sinusite double. Après 15 jours de soins dévoués, il a pu regagner son lointain district montagneux au sud de la Mission.

    A la fin du mois de Juillet, Mgr Blois et ses théologiens sont rentrés de la Conférence de Tientsin, préparatoire au futur Synode général.

    Setchoan Occidental

    A loccasion des fêtes du 14 Juillet, tous les Français de Tchentou se sont trouvés une fois de plus réunis au Consulat de France avec les autorités civiles et militaires. La communauté française de Tchentou compte dix-huit membres, y compris la famille consulaire, trois docteurs, deux infirmiers, un postier et six missionnaires.

    Grâce aux bons rapports de la Mission et des autorités, nombre daffaires de moindre importance peuvent se traiter et sarranger sur place ; mais, pour ce qui dépend du Gouvernement central, rien na été réglé depuis la Révolution, et les injustices ou les dommages subis depuis lors saccumulent sans aucune réparation.

    Les hostilités provinciales en suspens depuis le mois dAvril ont fini par éclater, et assez sérieuses pour occuper une grande ligne de bataille à mi-chemin entre Tchongkin en Tchentou.

    Setchoan Méridional

    De la feuille dadministration de 1921 nous extrayons les chiffres suivants : 2290 baptêmes dadultes (dont 642 in art. mortis), 1077 baptêmes denfants de chrétiens, 10.815 baptêmes denfants de païens ; les écoles paroissiales de la Mission comptent 2. 935 garçons et 2.577 filles ; le dispensaire de Suifu a soigné 63. 881 malades, celui de Kiatin 48. 765 ; non compris les visites à domicile ; lhôpital de la Mission a compté 561 entrées représentant 11.343 journées. Le Séminaire de Ho-ti-keou a 40 élèves, le Probatorium de San-kouan-leou en a 20.

    Yunnan

    Du 9 au 13 Juillet a eu lieu à Yunnansen la réunion préparatoire à la Conférence qui doit souvrir à Suifu le 15 Octobre : cinq missionnaires et deux prêtres indigènes y prirent part sous la présidence de Mgr de Gorostarzu.

    Malgré la difficulté des chemine et le danger des pirates, tous nos prêtres indigènes, au nombre de 14, se sont réunis pour leur retraite annuelle du 16 au 20 Juillet. Avant leur départ, une réunion eut lieu à lEvêché, à laquelle fut invité M. Bodard, Consul de France. Celui-ci adressa à nos prêtres chinois ses encouragements et les assura de tout son dévouement pour la protection des Missions. En terminant il leur demanda de travailler de tout leur cur pour lEglise, pour la Chine et un peu aussi pour la France !

    Kouytcheou

    Lhorizon politique séclaircit. La réorganisation de larmée semble achevée et des soldats vont être dirigés de divers côtés pour réprimer le brigandage.

    Cinq religieuses canadiennes du couvent de Sherbrooke (province de Québec) doivent sembarquer au mois de Novembre prochain pour le Kouytcheou. Deux dentre elles prendront la direction dun dispensaire ; les autres semploieront aux uvres féminines de la Mission : couvent de vierges chinoises, écoles, orphelinats, etc.

    Swatow

    Dans la nuit du 2 au 3 Août un typhon dune violence inouïe, accompagné dun raz de marée, sest abattu sur la région Est du Kouangtong : la ville de Swatow et les villages environnants ont été presque complètement détruits. Le désastre est complet et dici longtemps irréparable. Un officier disait que Swatow après le typhon ressemble à Ypres après les bombardements qui en firent un monceau de décombres.

    Le nombre des victimes est difficile à déterminer : on lestime à 50.000 morts, autant de blessés, et plus de 100.000 personnes sont sans abri.

    Les pertes de la Mission sont grandes. Sauf celui de lévêché, tous, les toits sont à refaire, ainsi que la plupart des portes et fenêtres. Tous les murs de clôture ont été renversés. Les ornements déglise, restés plusieurs heures sous leau, ont été fort endommagés et rendus pour la plupart inutilisables.

    Nos trois Ursulines, arrivées récemment du Canada, ont eu loccasion de faire un rude apprentissage de la vie de mission. Logées provisoirement dans une modeste maison chinoise, elles virent leur toit emporté par louragan. Elles descendirent au rez-de-chaussée et se trouvèrent dans leau. Alors elles décidèrent daller chercher refuge à lévêché ; mais, dans lobscurité la plus complète, au milieu du tumulte de la tempête et des vagues, elles furent bientôt séparées et entraînées, chacune de son côté, par la force du vent et du courant. Se cramponnant à tout ce qui leur tombait sous la main, elles passèrent une nuit terrible, dans leau jusquà mi-corps et risquant à chaque instant dêtre emportées. Enfin le jour vint et des chrétiennes les conduisirent à la Mission. Et les bonnes religieuses se félicitent dêtre arrivées à Swatow avant le typhon, parce que, disent-elles, si elles avaient été encore au Canada, Mgr aurait bien pu leur câbler de différer leur embarquement. Elles regardent leur aventure comme un gage du succès de leur fondation et rient de bon cur des incidents parfois comiques de la terrible nuit.

    Comme conclusion, il y aura bien des misères à secourir cette année : bien des gens nont pas les moyens de réparer ou de rebâtir leurs maisons, et les rizières qui ont été inondées deau salée (le raz de marée sest étendu jusquà 20 km. dans lintérieur) resteront stériles jusquà ce quelles aient été bien lavées par les grandes pluies.

    Kouangtong Occidental

    Dans le courant de Juillet notre petite colonie de Fort-Bayard a eu lhonneur daccueillir M. Baudoin, Gouverneur général de lIndochine, demeuré trois jours parmi nous. Sans nous arrêter aux avantages que le pays lui-même attend de cette visite et qui nintéressent pas le Bulletin, notons que son passage a manifesté une fois de plus la bienveillance dont fait preuve notre Administration à légard de la Mission. Monseigneur fut de toutes les cérémonies officielles, en bonne place, aux côtés du Gouverneur, qui lassura de sa bienveillance et lui promit de laider de tout son pouvoir dans la fondation et lorganisation
    de nos uvres. Les missionnaires eux-mêmes eurent lhonneur dêtre présentés les premiers à Son Excellence et recueillirent de précieux encouragements et dévidentes marques de sympathie. De retour à Hanoi, le Gouverneur général voulut bien télégraphier toute sa satisfaction à notre Administrateur, M. de la Brosse, et profita de loccasion pour nous donner une nouvelle marque de sympathie et destime, dont nous sommes tous profondément touchés. Vous prie être, disait-il, auprès tous fonctionnaires et officiers, ainsi quauprès Missions-Étrangères, interprète nia satisfaction entière pour collaboration avisée et concours dévoué quils vous apportent dans tâche difficile qui vous incombe. De telles paroles se passent de commentaire et nous espérons fermement quelles ne tarderont pas à se traduire en actes.

    De divers côtés on nous signale la peste bubonique et aussi une sorte de grippe mortelle rapportée du Kouangsi par les soldats revenus de cette province pour reprendre leur ex-métier de bandits. On signale encore leffervescence et même les désordres qui sont résultés en maints endroits de ces indésirables retours. Mais où la situation est devenue aiguë, cest encore dans ce malheureux Loui-Tcheou, si cruellement éprouvé ces années dernières. Le départ du pacificateur, Général Wong Keung, rappelé à Canton avec ses meilleures troupes, est la cause initiale de la recrudescence de la piraterie, fomentée par danciennes bandés échappées du Kouangsi ou dailleurs et assoiffées de vengeance. On murmure aussi que Sun Yat-sen ne serait pas étranger à ces désordres.

    Kouangsi

    Après lévacuation de la province par les Cantonais, nous espérions voir lordre se rétablir : il nen est rien : nous sommes toujours dans les mêmes difficultés. Les communications, tant par voie deau que par voie de terre, restent dangereuses. Depuis plus dun an aucun des confrères de lintérieur na pu venir à lévêché, et Mgr Ducur, malgré son grand désir, na pu visiter aucun district. Les trois nouveaux prêtres, ordonnés depuis deux mois, nont pu encore se rendre dans leurs postes.

    Un grand nombre de brigands viennent à Kweilin pour senrôler dans larmée régulière ; malheureusement on naccepte que ceux qui ont de bons fusils, et les autres se voient obligés de retourner à leur métier de brigand.

    Sauf les chefs de bandes, régulières ou irrégulières, qui le redoutent, tout le monde désire le retour du vieux Lou Yong-ting, qui seul, pense-t-on, aurait la poigne suffisante pour rétablir lordre dans la province.

    Tonkin Occidental

    La région de Mai Linh, province de Hadong, vient dêtre le théâtre dun crime qui soulève lindignation générale. Au village de Yen Thanh un groupe dhabitants avait décidé de se faire catholiques pour échapper aux vexations dun ancien chef de canton et de son frère, maire du village. Ceux-ci, pour arrêter ce mouvement de conversions, résolurent de frapper un grand coup.

    Le 2 Juillet, le chef de ce groupe de catholiques, un soldat retour de France, sétait rendu à Hadong. Comme il revenait, à la tombée de la nuit, il fut arrêté par les deux frères en question et plusieurs autres individus, dépouillé de son argent, entraîné dans la maison de lancien chef de canton et lâchement assassiné à coups de couteau. Son corps fut jeté dans le fleuve après quon en eut détaché la tête pour empêcher que la victime ne fût reconnue. Mais huit jours plus tard le corps était retrouvé et identifié grâce à ses habits. Les auteurs du crime ont été arrêtés, sauf le maire, qui cependant a fait des aveux. Laffaire est maintenant aux mains de la justice.

    De pareils faits donnent à penser que, si les Annamites redevenaient maîtres dans leur pays, le catholicisme aurait à subir plus dune épreuve et que lère des persécutions ne tarderait peut-être pas à se rouvrir.

    Tonkin Méridional

    Le 13 Août a eu lieu la rentrée de nos séminaristes. Le Grand-Séminaire compte 50 élèves, dont 16 nouveaux ; le Petit-Séminaire 195 élèves, dont 58 nouveaux. Spes messis in semine.

    Le 14 Août la Mission a perdu le P. Charles Nivet. Le P. Pauthe, atteint de pleurésie, est depuis trois mois en traitement à lhôpital de Vinh. La maladie évolue très lentement. Bien quil ny eût pas de danger immédiat, notre pieux confrère a désiré recevoir lExtrême-Onction le jour de lAssomption.

    La santé de plusieurs autres confrères laisse beaucoup à désirer et il y a tout lieu de craindre que dici peu la mort ne fasse encore des vides parmi nous.

    Tonkin Maritime

    Nos Religieuses indigènes. Lorsque Mgr de la Motte-Lambert donna, en 1670, un règlement aux religieuses tonkinoises, quil décora du beau nom dAmantes de la Croix, il leur fixa trois buts : la prière, le soin des malades et lenseignement. Jusquà ces dernières années, cest surtout dans lobscurité que ces saintes filles ont rempli les devoirs de leur vocation, Dieu sait avec combien dabnégation ! On rappellera toujours volontiers que souvent elles se sont exposées, en allant, soit dans les forêts, soit dans les cachots les plus infects, pour porter des secours aux confesseurs de la foi, voire même la sainte Communion, quand il était impossible aux prêtres de remplir ce ministère.

    De nos jours elles continuent à prier et à se mortifier en silence, comme jadis. Nombre dentre elles remplissent encore leur ministère caché auprès des enfants malades ; quoique rien dans leur habit ne les distingue alors des autres femmes, les païens les connaissent bien, ils ont confiance en elles, et volontiers ils leur présentent leurs enfants. Bien entendu elles ne laissent pas échapper les occasions qui se présentent de baptiser ceux quelles ne peuvent plus guérir ; souvent les païens sont très contents de procurer ainsi le bonheur éternel de leurs enfants.

    Mais les circonstances ayant changé beaucoup au Tonkin depuis que la religion peut se montrer au grand jour, les Amantes de la Croix ont dû suivre le mouvement et se montrer aussi au grand jour. Les derniers Synodes du Tonkin leur ont imposé un habit spécial et un grand voile quelles doivent porter à léglise, ou même ailleurs, quand elles sont en cérémonie. Lhabit ne fait pas le moine, cest entendu ; mais il porte évidemment les fidèles à une plus grande estime du moine et de nos religieuses indigènes.

    Il sest trouvé par ailleurs que le P. Martin, chargé dun district à lentrée des forêts si malsaines qui avoisinent nos postes des Châu Laos, songea à sauver les nombreux malades qui passaient sans cesse par Phong-y, sa résidence. Avec beaucoup de peine, de patience et de persévérance, il réussit à former dexcellentes hospitalières. La Faculté et divers représentants du Gouvernement eurent loccasion de visiter son infirmerie, que daucuns ont appelé son hôpital. Tous furent particulièrement satisfaits de voir de si beaux résultats ; ils lui donnèrent spontanément quelques secours et obtinrent pour lui une décoration de la Cour dAnnam. Ces hospitalières ont été ensuite agrégées aux Amantes de la Croix, si bien quen ce moment leur Institut se trouve à la tête de trois grandes infirmeries, pour ne pas dire hôpitaux, dans la province de Thanh-Hoá, et de plusieurs autres de moindre importance dans la province de Ninh-Bình.

    Reste le troisième but donné par le fondateur aux Amantes de la Croix, à savoir lenseignement. A première vue on serait tenté de leur jeter la pierre, comme étant trop en retard ; mais il ne faut pas oublier que Mgr de la Motte avait surtout en vue lenseignement religieux.. Or il est certain que, sur ce point, les Amantes de la Croix ont toujours enseigné de leur mieux ceux qui leur furent confiés. Dautre part elles nont jamais eu pour mission de changer la mentalité de tout un peuple. Ainsi il est de notoriété publique que jusquà ces derniers temps les Annamites faisaient généralement fi de linstruction dite moderne pour leurs filles. Tout ce quon leur demandait se résumait à peu de choses : de bonnes murs et le nécessaire pour devenir un jour de bonnes ménagères suivant les usages si simples du pays. A notre époque on évolue ; il faudra bientôt dans certains milieux une teinture au moins dinstruction moderne. Est-ce un bien ? Il ny a pas lieu ici de creuser cette question, mieux vaut prendre des dispositions pour répondre aux desiderata du jour. Cest ce qui a été fait et ce qui se fait encore.

    Dans les grandes villes du Tonkin les Surs de S.-Paul de Chartres tiennent depuis longtemps déjà des pensionnats très florissants. À la campagne les principaux centres catholiques ont également des écoles de filles, dont plusieurs sont sous la direction des mêmes religieuses françaises. Mais il faudra encore beaucoup décoles de ce genre à lavenir. En prévision de cela les religieuses indigènes Amantes de la Croix sont en train détudier elles-mêmes. Limpulsion leur a été donnée vigoureusement, elles ont déjà fait de grands progrès, et il y a bon espoir quelles seront bientôt à même de pouvoir rendre de réels services dans les écoles paroissiales de filles. Les vocations pour cette grande uvre ne suffisent pas assurément, mais on cite une bonne famille de Quyêt-Binh qui a déjà offert cinq filles au couvent des Amantes de la Croix. Dieu bénisse des chrétiens si généreux ! Quil daigne aussi leur donner des imitateurs, afin que linstitution de Mgr de la Motte puisse réaliser de mieux en mieux les trois fins que lui a assignées son vénéré fondateur !

    Cochinchine Septentrionale

    Dans le courant du mois de Juin, à quelques jours dintervalle, la Mission a perdu deux de ses prêtres indigènes.

    Le premier, le P. Tuyên, né en 1834, était le dernier survivant des nombreux élèves que notre Bienheureux Jean Doan Trinh Hoan 1 prépara pour le Petit-Séminaire 2, et aussi de la grande ordination que fit Mgr Sohier en 1867.

    Le second, le P. Canh, né en 1873, avait été envoyé au Petit-Séminaire dAn-Ninh par Mgr Allys, alors simple missionnaire, et ordonné par Mgr Caspar en 1902.

    Des prêtres ordonnés par Mgr Sohier, deux, les PP. Luân et Tinh, sont encore vivants. Le premier, prêtre en 1872, vient de célébrer solennellement ses noces dor sacerdotales.

    Quelques jours auparavant, le P. Darbon, notre dévoué procureur, avait fêté le 25e anniversaire de sa prêtrise.

    Le P. Roux, dont la santé était fort ébranlée par 24 années de mission, sest embarqué pour 1a France le 11 juillet. Cest le P. Boillot qui le remplace au Grand-Séminaire.

    Un radio du 9 août, de Bordeaux, nous a apporté la bonne nouvelle suivante : Le lundi 7 août, le Souverain Pontife a reçu solennellement le Ministre de lIntérieur dAnnam, qui lui remit une lettre autographe de S. M. Khai-Dinh ; le Pape a conféré au Ministre le grand cordon de lOrdre de Saint-Sylvestre. Son Excellence M. Nguyễn Hữu Bài, fervent catholique, ancien élève du Petit-Séminaire dAn-Ninh (Quảng-Trị), avait déjà été, sur la demande de S. G. Mgr Allys, nommé par S. S. Benoit XV Commandeur de lOrdre de Pie IX. Le ministre de lIntérieur et des Finances de lEmpire dAnnam reconnaît volontiers être redevable de sa haute situation à la Mission et à la France. Aussi est-il un bon et loyal serviteur de lune et de lautre : il la prouvé en de nombreuses circonstances ; à diverses reprises, il a rendu des services signalés à nos Missions de lAnnam. M. Nguyễn Hữu Bài est encore un grand patriote, qui aime beaucoup son pays et consacre tous ses efforts à lui faire le plus grand bien possible. Son fils, M. Nguyễn Hữu Giai, ou Cậu Tí, est en France depuis 1919 : il fait ses études au Collège Stanislas ; tout dernièrement il a été reçu à la première partie du baccalauréat (latin-lettres) avec la mention Bien.

    Les novices et postulants des Frères des Ecoles chrétiennes à Huế viennent de faire leur retraite annuelle, prêchée par le P. Lemasle. A lissue de cette retraite (15 août) douze novices ont prononcé leurs premiers vux et seize postulants ont pris lhabit religieux. Cest la plus belle promotion que lon ait vue jusquici en Indochine. Que Dieu continue à bénir cette uvre si nécessaire à notre époque, où linstruction se répand de plus en plus !


    1. Décapité à Dong Hoi le 26 Mai 1861.
    2. Onze dentre eux furent élevés au sacerdoce.


    Cambodge

    La construction du Carmel de Phnom-penh a été menée rapidement. Encore quelques jours et la porte de service qui sert aux ouvriers sera murée à son tour. Si sainte Thérèse venait en faire linspection, elle le trouverait sûrement conforme au monastère idéal, au moins quant à la distribution des pièces, pour ne parIer que du côté matériel.

    La fête de sainte Anne, Patronne de la Mère Prieure et fondatrice, y a eu, cette année, une solennité toute spéciale. Les religieuses ont pu fêter à la fois et leur chère Mère Anne de Jésus et leur bonne Mère du ciel. La statue de Notre-Dame dEspérance, Patronne du Carmel, était, en effet, arrivée inopinément quelques jours auparavant. S. G. Mgr Bouchut a bien voulu procéder à la bénédiction de cette belle statue et aussi de la cloche qui, nombre de fois chaque jour, redira aux pieuses Carmélites lappel du Seigneur.

    Siam

    Il appartenait au Gouvernement français de reconnaître officiellement les services rendus depuis cinquante ans à le cause française au Siam par le doyen de la Mission catholique. Le Père Colombet vient dêtre nommé Chevalier de la Légion dHonneur.

    Il suffit dêtre impartial pour reconnaître que vraiment peu de titulaires peuvent présenter des états de service comparables aux siens. Travaillant depuis avril 1872 à lEntente cordiale franco-siamoise, sa persévérance semble à lheure actuelle récompensée, puisquil y a plus quune Entente cordiale, disait récemment le Ministre de France à. Bangkok, puisque nous assistons visiblement à lexpansion de lAmitié franco-siamoise. La Grande Guerre, sans doute, a précipité ce rapprochement, mais il est certain que depuis fort longtemps les diplomates et les missionnaires, par leurs travaux dapproche, y ont aussi grandement contribué.

    En ce qui la concerne, la Mission catholique de Siam peut se glorifier davoir été la première à enseigner dans ses écoles la langue française, véhicule ordinaire des idées, de la culture et de la civilisation.

    Or (le séminaire de la Mission mis à part) de toutes les écoles créées par elle, aucune ne lui a rendu jusquà présent daussi réels services, ainsi quà la France, que le Collège de lAssomption de Bangkok, fondé par le R. P. Colombet. Si nous constatons à regret que la foi catholique na point suffisamment encore pénétré la masse des écoliers de ce Collège, on peut dire cependant que le bon grain y fructifie, que bien des malentendus, bien des préjugés contre la religion et ses ministres sont disparus, bien des espoirs dapostolat fructueux sont permis.

    Depuis 1896, nulle décoration française nétait discrètement apparue sur la poitrine dun missionnaire au Siam. Les noces dor sacerdotales du P. Colombet émurent la colonie française, et M. le Ministre demanda pour le jubilaire cette distinction très méritée. Cest une croix de plus à porter, mais tous, Evêque, missionnaires et fidèles, demandent au bon Dieu de la lui laisser porter longtemps encore parmi eux !

    Malacca

    Après avoir présidé à toutes les processions du Saint-Sacrement à Singapore et y avoir donné la confirmation en léglise chinoise de S.-Pierre et S.-Paul le dimanche 2 juillet, jour de la solennité, Mgr Perrichon est parti dès le lendemain pour sa première grande tournée de confirmation, qui durera plusieurs mois, mais sera interrompue par notre retraite annuelle dans la seconde quinzaine de septembre.

    Cette tournée a commencé par les Negri-Sembilan (Negri veut dire pays, et Sembilan, neuf). Cest une contrée située sur la côte ouest de la Presquîle, entre le Territoire de Malacca et lEtat de Selangore, et elle doit son nom à ce que jadis elle formait une confédération de neuf petits Etats malais.

    Seremban qui est la capitale des Negri-Sembilan, est aussi, au point de vue religieux, le poste central de tout ce district, avec cinq succursales : Mantin, Titi, Port-Dickson, Batang-Labu et Kuala-Pilah. Mais Mantin et Titi sont, de beaucoup, les plus importantes.

    Mgr le Coadjuteur, qui navait pas revu Seremban depuis 1899, trouva cette ville tout à fait transformée, avec ses nouvelles et larges rues toutes bordées de solides shops de construction récente. Arrivé le mardi matin, il partait laprès-midi pour Titi, distant de 40 kilomètres.

    Le poste de Titi a cela de particulier, quau point de vue matériel, il a été créé par un bon et riche chrétien chinois de Seremban. Il avait là une mine détain, où travaillaient bon nombre de chrétiens, qui lui donna de beaux bénéfices. Il y a quelques années, il la vendit à une compagnie anglaise. Mais, avant cette vente, il avait eu soin dacquérir dans le voisinage, plusieurs centaines dacres de terrains propres à lagriculture. Il distribua ces terrains aux diverses familles chrétiennes et les aida à les planter. Puis, pour couronner son uvre, il y fit bâtir une belle église, un gentil presbytère, un asile pour vieillards et enfin une très grande construction avec étage, qui sert de maison de doctrine, décole, etc.

    Le lendemain, il y eut 30 confirmations et environ 150 communions. Aux Chinois sétaient joints une trentaine de chrétiens indiens, dont plusieurs étaient venus de très loin et navaient pas eu loccasion de se confesser depuis longtemps. On ajoute que, ce jour-là, lEvêque et les missionnaires ne risquèrent pas de mourir de faim, car, outre les petits extra, ils avaient sept poules, un énorme poisson, une chèvre et 23 livres de buf.... Evidemment le fondateur du poste avait surveillé le ravitaillement !

    Le dimanche 9 juillet était réservé à Seremban. Et ce dut être une bien belle fête, car il y eut 150 confirmations et au moins 450 communions, dont environ 170 dIndiens. Ce dernier chiffre nous donne loccasion de remarquer combien il est regrettable que, faute de missionnaires, lon ne puisse pas actuellement avoir un confrère sachant lindien en résidence à Seremban pour soccuper spécialement des chrétiens indiens des Negri-Sembilan et du Territoire de Malacca. Ils sont 600 dans les Negri-Sembilan, dont 150 à Seremban même, et ils sont aussi plusieurs centaines dans les plantations des environs de Malacca.

    Le mercredi suivant, cétait le tour de Mantin, à 16 kilomètres de Seremban. Mantin est une belle petite chrétienté chinoise avec 450 fidèles, une jolie église toute neuve, un presbytère bien convenable et deux écoles de garçons et de filles. On y compta 40 confirmations et 170 communions. Ce poste ne demande quà saccroître, car les enfants y sont fort nombreux. Malheureusement depuis quelque temps la situation matérielle nest pas brillante et bien des familles sont dans la gêne.

    En résumé, le vaste district des Negri-Sembilan donne beaucoup de travail et aussi bien des consolations au P. Fourgs, qui en est chargé, et à son jeune assistant le P. Lee.

    Birmanie Méridionale

    Les dernières nouvelles reçues du vénéré Mgr Cardot sont datées de Madras le 20 Juillet et nous annoncent que, le 11, lil droit a été opéré pour le glaucome et, le 20, lil gauche pour la cataracte, opération longue et douloureuse, mais pleinement réussie. Sil ne se produit pas de complication inattendue, on espère que S. G. sera de retour à Rangoon vers la mi-août.

    Le 29 Juin a été jour de grande liesse à la Léproserie de Kemmendine : cétait la fête du dévoué directeur, le P. Rieu. Dans la matinée tout le personnel de la maison offrit au Père ses félicitations et ses vux ; mais le clou de la journée fut la représentation donnée le soir par les lépreux eux-mêmes dune adaptation birmane dAli Baba et les quarante Voleurs, avec chants, danses et accompagnement de piano. Ce fut un vrai succès pour les artistes et une réjouissance pour les auditeurs.

    Une seconde représentation eut lieu deux jours après, et avec plus déclat encore, en présence de Mgr Perroy et de plusieurs missionnaires de Rangoon. Aux félicitations quil voulût bien adresser aux acteurs Mgr ajouta une généreuse offrande destinée à couvrir les frais dun pique-nique à Insein, dans le jardin appartenant à la Léproserie.

    Et ce fut encore un jour de joie pour nos pauvres malades.

    Birmanie Septentrionale

    Dès 1908, notre confrère le P. Gilhodes faisait paraître dans lAnthropos lhistoire de la mythologie, de la religion, des us et coutumes des Cauris, lune des 5 tribus principales des peuplades sauvages quil évangélise depuis plus de 20 ans, et que les Birmans, et après eux les Anglais, appellent Kachins.

    Une main pieuse et amie, en souvenir du Jubilé sacerdotal de notre confrère, réunissait lan dernier, les différents fascicules de cette longue et intéressante étude, publiée par intervalles, et lenvoyait à Calcutta pour la faire traduire en anglais. Les high officials anglais, les ethnologistes du pays, connaissant la compétence du P. Gilhodes en pareille matière, réclamaient depuis longtemps cette traduction. Cest aujourdhui chose faite. De la Catholic Orphan Press de Calcutta vient de sortir un superbe volume, fruit de cet acte de délicatesse vraiment fraternelle.

    Le critique des livres du Catholic Herald en fait un éloge très flatteur. Si un bon Père jésuite et vous savez sils sy entendent, les Jésuites de Calcutta et dailleurs ! complimente ainsi le travail de notre confrère, cest que son livre a de la valeur....

    Pour de nombreux et signalés services rendus à la cause des Kachins, le P. Gilhodes a reçu lan dernier du gouvernement de Birmanie une montre en or avec inscription.

    Laos

    On pense que le sacre de Mgr Gouin pourra avoir lieu à Nong-seng le premier dimanche dOctobre. Le prélat consécrateur sera Mgr Perros, Vicaire Apostolique du Siam.

    Pondichéry

    La diocèse vient de perdre un de ses bons, prêtres indigènes, le P. Marie-Adeikalam, âgé de 54 ans. Ordonné par Mgr Gandy en 1896, il administrait depuis 7 ans le poste de Vikravandy.

    La Rde Mère Marie Natchattiram, Prieure du Carmel de Pondichéry, a rendu pieusement son âme à Dieu le 27 Juin, à lâge de 65 ans, dont 48 de vie religieuse.

    Notre Ecole S-Joseph de Cuddalore vient denregistrer le succès de 24 de ses élèves, parmi lesquels 5 chrétiens, qui sétaient présentés à lexamen du S. S. Leaving Certificate.

    La moyenne des notes obtenues par notre Ecole, généralement bien supérieure à celle des autres écoles de la Présidence de Madras, prouve une fois de plus combien sérieuses sont les études à Cuddalore sous lhabile direction du P. Verdure.

    S. G. Mgr Pisani, Archevêque de Constance et Délégué Apostolique, a adressé à tous les Evêques des Indes, de Birmane et de Ceylan, une lettre pour leur recommander linstitution et le développement dans leurs diocèses de luvre de la Propagation de la Foi.



    1922/495-515
    495-515
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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