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Chronique des Etablissements communs et des Missions 8

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris Dans son dernier numéro le Bulletin a mentionné lAssemblée générale de luvre de la Chapelle de la Reconnaissance, tenue le 6 Avril à la salle Gaveau, sous la présidence du Maréchal Fayolle, entouré de Mgr Tissier, Mgr de Guébriant, général de Maistre, etc.
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Dans son dernier numéro le Bulletin a mentionné lAssemblée générale de luvre de la Chapelle de la Reconnaissance, tenue le 6 Avril à la salle Gaveau, sous la présidence du Maréchal Fayolle, entouré de Mgr Tissier, Mgr de Guébriant, général de Maistre, etc.

    Dans un éloquent rapport, M. Fernand Laudet annonça que la crypte pourrait être inaugurée le 16 Juillet. Parlant du château de Dormans, généreusement offert à luvre par son propriétaire, M. Le Conte, il dit : Nous cherchions un locataire qui voulût bien en faire sa demeure, en acceptant toutes les charges dentretien et dimpôts de la propriété Ce locataire, nous lavons trouvé, et nous venons de signer hier avec lui un bail renouvelable de 25 ans, ce qui est bien proportionné à son âge, car il a 271 ans ! Je vais vous dire son nom ; il nen est pas de plus français et de plus apostolique, ni aussi de plus symbolique, car ceux qui vont être à Dormans les gardiens du Sanctuaire de la Reconnaissance sont aussi des combattants, qui, à travers les sacrifices et les périls, portent dans le monde et sous les couleurs françaises le drapeau de la civilisation chrétienne : ce sont les Prêtres des Missions-Étrangères, dont je salue ici léminent Supérieur, Mgr de Guébriant.

    Mgr Tissier prit ensuite la parole : il salua Mgr de Guébriant, Supérieur de la Société des Missions-Étrangères et précisa la raison qui avait inspiré de lui confier la garde de la Chapelle de la Reconnaissance et le rôle quauront à y remplir les missionnaires : Vous nous aiderez à acquitter notre dette de reconnaissance à Dieu et à nos soldats, vénéré Mgr de Guébriant, avec vos intrépides missionnaires, que je suis particulièrement heureux de saluer ici aujourdhui comme les hôtes prochains de Dormans et les aumôniers de la Chapelle nationale Quel rapprochement que celui de vos héros de la foi avec nos héros de la guerre ! Vos fils, Monseigneur, ces étonnants et merveilleux soldats de la civilisation, viendront ici au soir dune vie de lutte incessante ; vos, vétérans, après avoir évangélisé le monde, achevant à Dormans dans la prière pour les morts leur course glorieuse, seront lun des attraits de notre futur sanctuaire ; ils seront les gardiens toujours vigilants au poste de la prière incessante Je vous en remets la garde sacrée, assuré quil ny avait nulle part de cur plus vaillant pour la recevoir, ni plus généreux pour la remplir.

    Les plans de la chapelle, conçus par M. Closson, architecte diplômé du gouvernement, sont inspirés des pures traditions de larchitecture française du XIIIe siècle, avec le caractère simple et noble qui convient à la région champenoise. Un cloître attenant à la chapelle abritera les pèlerins ; sur ses murs seront inscrits les noms des grandes batailles de 1914-18 et les beaux faits darmes dont le souvenir simpose à la mémoire de tous.

    Les Saints protecteurs de la France ont déjà leur place réservée Sainte Jeanne dArc et saint Martin, en statues équestres, gardent lentrée de la Chapelle ; le Christ et saint Michel figurent sur la façade principale ; Notre-Dame, sainte Geneviève et saint Louis sur une des façades latérales ; le Sacré-Cur sur une autre.

    Dans la crypte, largement éclairée, sera édifié un autel à la mémoire des disparus et des morts pour la France. Un autre autel consacrera le souvenir de nos alliés, notamment des Américains qui tombèrent à Château-Thierry et aux environs de Dormans pour nous assurer la victoire finale.

    Un autel en encorbellement, au-dessus de la porte de la crypte, permettra les messes en plein air.

    Le clocher, dune hauteur de 65 mètres, comportera au-dessous des cloches un belvédère dominant toute la vallée de la Marne.

    Les pèlerins jouiront, en outre, du vaste parc, de ses eaux et de ses ombrages.

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    Le résultat de la vente de charité au profit de luvre des Partants a été cette année particulièrement consolant. Lenvoi de feuilles-notices sur cette uvre à quelques bonnes zélatrices nous a valu nombre de nouvelles adhésions ; si tous nos confrères en France voulaient accepter le rôle de zélateur, nul doute que notre uvre grandirait encore et étendrait ses ramifications beaucoup plus loin ; elle est si sympathique à tous, luvre du Trousseau du missionnaire ! Les feuilles de propagande seront envoyées en quantité à qui en fera la demande.

    Mgr de Teil, Directeur général de luvre de la Sainte-Enfance, est décédé à Paris le 19 mai, dans sa 74e année. Très dévoué à son uvre, il aimait beaucoup notre maison et nos missionnaires. Nous lui devons un souvenir particulièrement reconnaissant dans nos prières.

    Le 17 Mai, à lInstitut Catholique, après un discours de M. Georges Goyau sur la Papauté, Monseigneur a clôturé le Congrès Jeanne dArc par une allocution sur le rôle de la France catholique à létranger.

    Le 18 Monseigneur partait pour Lyon-Rome en compagnie du P. Gérard. Le 19 au matin, il célébrait la messe et donnait une conférence à lInstitution Leidrade ; le soir, à la salle St-Jean, il présidait la réunion générale de luvre Apostolique de Lyon.

    Le 20, Sa Grandeur partait pour Chambéry ; le 21, visite et conférence à lInstitution N.-D. de la Villette, ainsi quau Grand-Séminaire de Chambéry.

    Le 22, départ pour Turin, où Monseigneur sest arrêté 24 heures. Il était lhôte de Mgr Versiglia, Vicaire Apostolique de la nouvelle Mission salésienne du Kouangtong. Là lattendait une lettre de Mgr Tiberghien linvitant, de la part des EEmes Cardinaux Van Rossum et Laurenti, à parler : 1º au Séminaire (français ?) sur le Clergé indigène en Chine et sur luvre de Saint-Pierre ; 2º au Congrès (Triduum du Centenaire de la Propagande ?) sur le mouvement sérieux, profond et réfléchi que les missionnaires doivent pousser pour arriver à transformer chrétiennement une société qui possède une véritable civilisation comme la Chine

    Le nombre des Aspirants admis à ce jour pour la rentrée de Septembre est de 16 ; ils se répartissent dans les diocèses suivants : Lyon, Tournai, Reims, Clermont, Saint-Dié, Rouen, Vannes, Rennes, Saint-Brieuc, Metz, Coutances.

    Le P. Martin a parlé au Grand et au Petit-Séminaire de S.-Flour, ainsi quà lInstitution S.-Eugène dAurillac ; le P. Depierre à Brest, S.-Pol de Léon, S.-Brieuc, Rostrenen, S.-Malo. Il est actuellement dans le diocèse de Coutances.

    Nos Confrères ont lu dans les journaux le compte-rendu du Congrès Eucharistique et du Congrès de lUnion missionnaire du Clergé à Rome. Ils auront particulièrement remarqué le discours de Mgr de Guébriant prononcé le 1er juin et reproduit en grande partie par la Croix (15 juin).

    Nous ajouterons seulement que notre Supérieur a été très touché de la grande bonté avec laquelle le Saint-Père la accueilli et entretenu pendant près dune demi-heure, bénissant en sa personne avec la plus grande affection tous les membres de la Société, notre Séminaire, nos Missions et nos uvres.

    Les PP. Garnier et Gérard ont pu avoir une audience aussitôt après Monseigneur. Notre Procureur général en a profité pour offrir au Saint-Père un exemplaire du Compte-rendu de 1922 richement relié.

    Aux deux messes papales célébrées à Saint-Pierre pendant ces solennités, notre Supérieur remplissait ses fonctions dAssistant au Trône Pontifical.

    Monseigneur garde le meilleur souvenir des visites quil a faites pendant son séjour à Rome aux nombreuses personnalités ecclésiastiques, particulièrement à LL. EE. les Cardinaux Gasparri, Van Rossum, Laurenti ; à NN. SS. Fumasoni Biondi, Tiberghien, etc. Linstallation de notre nouvelle Procure lui a particulièrement plu ; ce quartier est plus calme que la via Susanna, le jardin qui entoure la maison très agréable, et les voies de communication avec les centres daffaires très commodes.

    De retour à Paris le 7, Monseigneur partait le 8 pour Séez. Mgr Bardel, malade, lavait prié de venir faire lordination de la Trinité et une petite tournée de confirmation dans son diocèse. Après lordination, Mgr a parlé aux élèves du Grand et du Petit-Séminaire et est parti de là pour Fiers. Le P. Depierre sest rencontré là-bas avec notre Supérieur, qui était de retour à Paris le 16.

    A la réunion mensuelle de luvre des Partants, le P. Gérard a fait une causerie très intéressante sur son séjour à Rome et les diverses solennités auxquelles il avait eu le bonheur dassister.

    Le P. Blondet a donné des conférences au Petit et au Grand-Séminaire de St-Claude, le P. Paul Martin au Grand-Séminaire de Coutances. Avant darriver dans lOrne, le P. Depierre a passé par Avranches, Rouen, le Hâvre, Elbeuf. Le P. Sacré a porté la bonne parole dans la Charente-Inférieure.

    Le P. Robert est parti le 9 juin prendre quelques jours de repos dans sa famille. Il sest arrêté à Besançon, où ses anciens condisciples lui réservaient le plus chaleureux accueil. Il a profité de cette sympathie pour parler au Grand-Séminaire ainsi quà la Maîtrise. Un important article de notre 1er Assistant vient de paraître dans la Revue politique et parlementaire (Nº du 10 juin). Il a pour titre : Linfluence de la France en Extrême-Orient par les uvres des Missionnaires. Le Bulletin le donnera dans un prochain numéro.

    Les PP. Paul Martin, Alex. David, Noël ont fait une saison à Vichy. Actuellement le P. Launay en fait une à St-Honoré (Nièvre), le P. Tourneux au Mont-Dore et les PP. Couvreur et Villemot à Châtel-Guyon.

    Le P. Rondel a subi dans de bonnes conditions lopération de la cataracte à lhôpital Lariboisière.

    Le jeudi 15 Juin a eu lieu notre belle procession traditionnelle du S.-Sacrement dans le jardin. Un orage qui a éclaté vers 5 h. du matin a fait de gros dégâts parmi les écussons en sciure que nos aspirants avaient dessinés comme toujours avec tant damour et de goût devant le Sacré-Cur, lOratoire ; mais de 5 h. à 9 h., tout le monde sest tellement bien employé à les réparer, les prières pour le beau temps ont été si ferventes, que lornementation était parfaite et que nous navons plus eu de contre-temps. Au jeu de balle, les aspirants ont inauguré cette année un grand reposoir qui était dun très bel effet.

    Procure de Marseille

    Le P. Masseron est nommé titulaire de la Procure de Marseille.

    Sanatorium de Montbeton

    Avant de rentrer à Paris pour y subir lopération de la cataracte, le P. Rondel (Siam) a fait un pèlerinage à Lourdes en compagnie des PP. Grandjean (Thibet) et Bréas (Pondichéry). Le P. Ferré (Coch. Occid.) sy est rendu quelques jours après.

    Tôkyô

    Le journaux de Chine ont annoncé un peu hâtivement la promotion de Monseigneur Giardini au rang de Nonce Apostolique auprès du gouvernement japonais. La vérité est que cette nomination nest pas encore faite, mais quelle semble devoir avoir lieu dans un avenir peu éloigné. Bien que son Excellence le Délégué Apostolique ne soit pas encore un personnage officiel, il est déjà traité comme tel ; le gouvernement japonais vient en effet de lui octroyer le passage gratuit, ainsi quà son secrétaire, sur tous les réseaux de lEtat. De plus, le vicomte Chinda, grand chambellan du Prince Régent, et le prince Saionji, ancien premier ministre et Président du Conseil Privé, comptent parmi ceux qui soccupent de trouver, pour la future résidence de Monseigneur Giardini, un terrain convenable, qui sera mis gratuitement à sa disposition par le gouvernement.

    Les 16, 17 et 18 juin, a été donnée dans un des principaux théâtres de la capitale, le Yuraku-za, une pièce chrétienne, jouée par des artistes du Théâtre Impérial dont dépend le Yuraku-za, ainsi quun film de cinéma représentant la vie de sainte Marie-Madeleine. La pièce mettait en scène les derniers moments de la fervente et courageuse chrétienne que fut, à la fin du XVIe siècle, Dona Gracia, femme du daimyô Hosokawa Tadaoki. Dona Gracia a laissé, même dans lhistoire profane japonaise (un journal de la capitale, le Kokumin, en fournissait la preuve récemment), le souvenir dune femme supérieurement douée pour lintelligence, le caractère et la beauté, la constance dans la foi chrétienne quelle avait embrassée, la charité quelle témoigna particulièrement en élevant chez elle des orphelins quelle nourrissait, faisait instruire et soignait de ses propres mains, et le courage avec lequel, menacée durant une guerre civile de tomber entre les mains de lennemi, elle refusa de se suicider, mais accepta de mourir sous le coup de sabre de son serviteur Ogasawara, conformément aux ordres de Tadaoki. La séparation de dona Gracia de ses suivantes, de son enfant quelle fait conduire à la Mission catholique, sa préparation à la mort et divers épisodes ont donné à lauteur catholique de la pièce loccasion de mettre sous les yeux des spectateurs les sentiments que dona Gracia puisait dans sa foi. Les deux premiers jours particulièrement, le samedi et le dimanche, lauditoire païen était très nombreux et a paru fort touché. Les séances avaient été organisées par la Société des Dames catholiques, dans le but de recueillir des fonds pour le futur hôpital, dont nous avons parlé précédemment.

    Bien que les peuples à leurs origines naient pas dhistoire et quil en soit de même des sociétés à leurs débuts, nous ne voudrions pourtant pas, comme chroniqueur, encourir le reproche plus tard de navoir pas marqué, autant que possible discrètement, et en demandant pardon si nous manquons à cette discrétion, les débuts dune nouvelle société de Surs japonaises qui se préparent, sous la direction du P. Breton, de la mission de Hakodate, à rendre divers services à lévangélisation. Cette société diocésaine, sous le nom de Surs de la Visitation (Hômonkwai caractères chinois, installée provisoirement aux portes de Tôkyô, dans une maison et sur un terrain quun généreux catholique a mis pour cinq ans à la disposition de luvre, a déjà depuis quelques mois réussi à grouper une quarantaine denfants dans son école maternelle et un nombre égal délèves décole primaire dans son école du dimanche. Elle paraît appelée à fournir des auxiliaires dévouées comme catéchistes et comme maîtresses pour écoles denfants et cours professionnels. Nous nous bornons pour le moment à cette simple mention, assurés que la Providence, qui a favorisé luvre à ses débuts, lui donnera les développements voulus par les besoins de lévangélisation dans ce pays. Nous aurons donc loccasion den reparler un jour, en revenant avec plus de détails sur lhistoire alors du passé.

    Nagasaki

    Le Bulletin a mentionné larrivée des PP, Franciscains à Kagoshima. Là ils ont trouvé une belle chapelle, construite parle P. Raguet en souvenir du séjour de saint François-Xavier. On a placé, dans cette chapelle, une plaque commémorative du zélé P. Cavaignac, tué à lennemi le 18 avril 1917 ; la guerre lavait arraché à ce poste de Kagoshima, où il a laissé de profonds souvenirs.

    Les PP. Franciscains vont étendre leur action vers le sud, dans lîle dOshima, caractères chinois, du groupe septentrional de larchipel Ryûkyû, caractères chinois. Cette île, dont lévangélisation ne remonte pas à 30 ans, compte déjà plus de 4.000 catholiques sur une population denviron 80. 000 habitants. Groupés dans le nord de lîle ils sont répartis en 19 postes dimportance diverse, administrés par six missionnaires, dont trois prêtres japonais ; onze églises ou chapelles ont été construites successivement. Lan dernier, personnages officiels et autres affluaient à la bénédiction de léglise de Naze, port principal dOshima. Commencée par le regretté P. Ferrié, cette église a été achevée par le P. Fressenon à son retour du front.

    Comme don de joyeux avènement aux PP. Franciscains la municipalité de Naze leur a concédé à titre gracieux un terrain dun hectare pour y construire une école pour les jeunes filles, qui sera considérée comme lécole officielle de larrondissement.

    Naze deviendra probablement la résidence du Supérieur de la Mission.

    Osaka

    Le 25 juin, dimanche du Sacré-Cur, Mgr Castanier procédé à la bénédiction de la première pierre dune nouvelle église à Kôbe. Quoique contrariée par le mauvais temps, la cérémonie a réuni une très nombreuse assistance de catholiques étrangers, qui ont suivi avec recueillement les rites liturgiques. Cette nouvelle église sera dédiée au Sacré-Cur. Lancienne église, attenante à la Procure, demandait depuis longtemps à être remplacée. Par suite du développement de la ville et de limportance du port de Kôbe, elle était devenue absolument insuffisante ; de plus elle était envahie par les fourmis blanches ; de sorte que sa reconstruction simposait à brève échéance. Cest pourquoi, dès le début de son épiscopat, Mgr Castanier se décida à la remplacer. Pour cela un nouveau terrain fut acquis, en 1920, sur la colline où résident la plupart des étrangers. Sa Grandeur adressa alors un appel à la générosité des fidèles de cette paroisse, et une liste de souscription, pour aider à la construction de la nouvelle église, fut lancée. Le P. Fage, Vicaire général, qui est curé de la paroisse depuis plus de 25 ans, eut la joie de voir ses catholiques répondre généreusement à cet appel. La nouvelle église, de style gothique, sera en pierre, briques et ciment armé. Une fois terminée elle fera honneur au catholicisme dans cette immense ville de Kôbe, où les temples des fausses religions se comptent en si grand nombre.

    A partir du 1er Juillet, les RR. PP. Jésuites ont occupé, dans le territoire qui formera la future Mission de Hiroshima, les postes de Matsue et de Hiroshima. Pour les aider au commencement, la Mission dOsaka leur donne comme auxiliaires, pendant quelques mois, deux prêtres japonais. Les PP. Larbolette et Vecqueray sont arrivés le 30 juin à Hiroshima et ont pris la charge de ce poste, resté inoccupé depuis la mort du P. Marie. Un prêtre japonais, le P. Takeno, les y attendait. Les PP. Schfer et Lefert débarquaient le même jour à Matsue. Avec laide du P. Urakami, ils prendront en même temps la charge de ce poste et celle de Tottori, resté vacant depuis la mort du P. Daridon. Ainsi la fondation de la nouvelle Mission de Hiroshima se trouve recevoir un commencement dexécution.

    Le 27 juin, dans la soirée, Son Excellence Mgr Giardini, Délégué Apostolique, est arrivé à Kyôto. Le 28, il est allé à Momoyama déposer une couronne sur la tombe du défunt Empereur Meiji et une autre sur celle de lImpératrice. Profitant de ce voyage, Mgr le Délégué, accompagné de son secrétaire, le P. Hayasaka, a passé deux jours à lévêché dOsaka. Il a fait une visite privée aux quatre postes de la ville, ainsi quaux établissements des Frères Marianistes, des Surs de Nevers et des Surs du S.-Enfant Jésus de Chauffailles. Son Excellence, qui a charmé tout le monde par son affabilité et sa simplicité, est repartie le 1er juillet au matin pour Tôkyô.

    Hakodate

    A son départ pour lAmérique, Mgr Berlioz à confié la direction de la Mission à son Vicaire général, le Père Jacquet, qui, à cette occasion, a été relevé de ses fonctions de curé de la pro-cathédrale de Sendai, où il est remplacé par le P. Pouget. Celui-ci quitte donc le poste de Morioka, dont il avait fait une chrétienté modèle, animée du meilleur esprit et dun prosélytisme très actif. Il y aura pour successeur le P. Dossier, qui fut pendant dix ans son zélé collaborateur et qui, mieux que personne, saura consoler les chrétiens du départ de leur pasteur très aimé.

    Seoul

    Mgr Devred est allé présider à Tjyang-ho-suen la fête du Saint-Sacrement, qui fut une manifestation religieuse des plus imposantes. Outre Mgr le Coadjuteur, écrit-on, nous étions 15 missionnaires et prêtres indigènes, la plupart venus de loin. De tous les points du district les chrétiens aussi étaient accourus, ne reculant pas devant un voyage dun, deux et même trois jours, effectué à pied pour le plus grand nombre. A la messe il y eut un millier de communions ; puis, du haut de la montagne des Roses, qui domine toute la région, Jésus-Hostie répandit ses bénédictions : le spectacle était grandiose. Ce qui a surtout frappé Monseigneur, cest la belle couronne de 40 enfants de chur, et aussi le groupe de cinquante jeunes filles en habit blanc sur fond rose, avec ceinture bleue et couronne de roses : les couleurs de la France.

    Après un long traitement à lhôpital central de Pekin, le P. Deneux nous est revenu, le 17 Juin, ayant heureusement retrouvé sa voix, éteinte depuis plusieurs mois.

    Une école protestante de Pyong-yang a vu ses élèves se mettre en grève au nombre de 600. Ils avaient présenté à la direction de lécole leurs desiderata en 7 articles et, comme on na pas accordé tout ce quils demandaient, ils ont persisté dans leur attitude : lécole a été fermée temporairement. Voilà des jeunes gens davenir !

    Taikou

    Le 10 Juin a eu lieu à la cathédrale une ordination comprenant 6 diacres et 15 minorés.

    Le 25, Mgr a béni à Fusan une cloche récemment arrivée de Shanghai : belle cérémonie, nombreuse assistance.

    Aux examens du Corps dAviation militaire du Japon pour lobtention du brevet de pilote, un Coréen, nommé An Changnam, la emporté sur ses deux concurrents japonais, quil a gagnés de vitesse dans le vol de Numazu à Tokorozawa.

    La période de sécheresse dure toujours dans le sud de la Corée (5 Juillet). Quelques pluies, durant ces jours derniers, ont permis de planter le riz dans quelques régions favorisées ; mais dans beaucoup dendroits la pluie na pas été suffisante et les cultivateurs sont très inquiets.

    Mandchourie Méridionale

    Comme tous les ans le mois de Juin a revu à peu près dans tous les districts de belles processions de la Fête-Dieu. Moukden a eu la sienne le 18 : Mgr Blois portait le Saint-Sacrement ; Mgr Choulet, aidé de ses béquilles, précédait, assez allègrement, tête nue sous un soleil de plomb. Lan dernier, à pareille époque, il agonisait sur un lit de douleur ! Quelques jours après, notre ancien Vicaire Apostolique gagnait, sans trop de difficultés, lancienne procure de la Mission à Newchang. Là, dans une installation plus confortable, il attendra la guérison complète.

    Du 20 au 25 Juin une vague de chaleur a passé sur notre province : 40º à midi. Un orage suivi dune brise du Nord vint heureusement nous ramener à la température normale : 20º environ le matin, 28º vers midi.

    Le 27, après 17 ans dabsence, notre confrère le P. Emile Villeneuve est venu reprendre sa place parmi nous. Il a été nommé professeur au Séminaire. Malgré un si long éloignement le cher Père, à létonnement général, est demeuré en langue chinoise le causeur facile de jadis.

    Bien que les difficultés entre notre maréchal Tchang Tsolin et le gouvernement de Pekin ne soient pas encore résolues entièrement, on espère une paix prochaine. Notre Mandchourie, du reste, na cessé de jouir de la tranquillité.

    Mandchourie Septentrionale

    Notre retraite annuelle a eu lieu du 11 au 17 juin ; celle de nos prêtres chinois du 21 au 27. Lune et lautre ont été prêchées par le P. Anciaux, S. J., qui a bien voulu diriger encore les exercices spirituels des Franciscaines M. M. de Changchun. Le dimanche 18, la présence dun nombreux clergé a contribué à rendre plus solennelle que de coutume la procession de la Fête-Dieu, qui sest déroulée dans la vaste cour de la Procure à lissue de la Messe pontificale. A Harbin, cette année encore, la Fête-Dieu a été loccasion dune belle manifestation de foi ; pendant plusieurs heures chrétiens chinois et catholiques polonais ont fait à travers les rues de la grande cité un cortège triomphal au Dieu de lEucharistie.

    A lissue de leur retraite nos prêtres chinois, presque au complet, sont rendus à Kirin pour offrir leurs vux de fête au vénéré Mgr Lalouyer. Jolie fête de famille, où vingt missionnaires et prêtres indigènes entouraient le vieil Evêque et son jeune Coadjuteur. Le jour même de la Saint-Pierre, Mgr Gaspais bénit solennellement la chapelle du Séminaire, détruite jadis par un incendie et récemment restaurée. Elle est dédiée à Notre-Dame de Lourdes, dont la blanche statue sourit de nouveau, au-dessus du maître-autel, à ses pieux enfants venus là pour apprendre delle à mieux aimer son divin Fils. Le soir eut lieu la distribution des prix, agrémentée, suivant la tradition, dune séance récréative au cours de laquelle les jeunes artistes recueillirent des applaudissements bien mérités.

    Le rebelle Kaocheupin, dont parlait le Bulletin du mois dernier, a été battu, pris et fusillé avec ses principaux partisans. Un ordre relatif règne donc maintenant dans lEst de la province, où il ne reste plus, comme ailleurs, que de vulgaires bandes de brigands.

    Sutchuen Occidental

    Un Suédois, M. Schmit, Docteur de lUniversité dUpsal, en mission scientifique (botanique) en Chine, après avoir fait une abondante moisson au Yunnan, vient darriver au Sutchuen, mais les mains vides. A 27 lys de Kiong-tcheou il a été complètement dévalisé : de toutes ses collections et de tout son matériel (60 caisses), il ne lui reste rien. Nullement découragé pour cela, il espère se munir à Tchentou du nécessaire et repartir dans la région de Song-pan.

    Le P. Caluraud installe à la cathédrale trois autels quil vient dachever et qui font grand honneur à ses talents. Notre confrère a déjà à son actif la construction du Probatorium de Hopatchang et des églises de Fentcheou, Yuentong-tchang et Chefang, sans compter un très grand nombre dautels, chandeliers, etc., qui feraient bonne figure même dans des églises de France.

    Monseigneur est rentré le 9 Juin de sa visite à Hopachang, en rapportant une excellente impression. Les PP. Poisson (Probatorium) et Coron (Petit-Séminaire) ont leur petit monde bien en main. 60 élèves au Probatorium, 35 au Petit-Séminaire. Tous mettent autant dardeur au travail quau jeu. Les santés sont florissantes et la piété ne laisse rien à désirer. Les cérémonies religieuses saccomplissent avec simplicité et gravité ; lexécution du chant grégorien est presque parfaite.

    La veille de la Pentecôte, Mgr a conféré les Ordres mineurs à deux séminaristes et la tonsure à deux autres. Ces cérémonies, inconnues de la plupart de nos jeunes lévites, les ont fortement impressionnés.

    Durant ces derniers mois nos Séminaires ont été et sont encore la providence des faméliques du quartier ; tous les jours des malheureux viennent tendre la main : aucun nest renvoyé sans secours.

    Au reste nos chrétiens les plus fortunés ont entendu lappel de leurs frères en détresse. La Mission a déjà recueilli un millier de piastres.

    Les étudiants de Tchentou se sont mis en grève. Motif : le gouvernement ne paie pas MM. leurs professeurs. Les défilés à travers les rues restant sans effet, les étudiants ont envahi la Chambre provinciale des députés, doù bataille : bosses à la tête, contusions, mais rien de cassé, sinon le mobilier. Lhôtel particulier du vice-président de la Chambre a été saccagé. Un député, une dizaine détudiants et six agents de police sont soignés à notre hôpital.

    Sutchuen Oriental

    Après quelques mois de traitement à Béthanie de Hongkong, le P. Leroy nous est revenu le 2 Juin en meilleure santé. Depuis Shanghai il a voyagé avec trois Carmélites destinées au monastère de Chungking.

    Toutes les paroisses de la Mission ont célébré le triduum du 3e centenaire de la S. C. de la Propagande.

    Le 2 Juillet a eu lieu, au Collège Saint-Paul de Chungking la distribution des prix. Malgré le mauvais temps, M. le Consul de France, le P. Provicaire et de nombreux invités avaient apporté aux Frères, avec des prix généreux, lencouragement de leur présence.

    La séance souvre par le Tsin Yun Ko, hymne national chinois. Suit la proclamation des notes des 4 classes, entremêlée de petits débits en français : Bonheur de lenfant sage, par un petit de 3e ; LAnge perdu, par un jeune de 2e ; Le Point et la Virgule, dialogue par 2 élèves de 1e. Puis cest le moment solennel, la distribution des prix. Le P. Provicaire fait ensuite aux élèves une courte allocution pour les exhorter à être partout dignes de leur Collège, à rester toujours des hommes de foi et de raison. Et la séance se termine par un chur de circonstance : En vacances.

    A 3 heures, le Salut du S.-Sacrement vint clôturer cette journée, belle pour les élèves et précieuse aux Frères par le témoignage de sympathie apporté à leur uvre, témoignage qui les invite à travailler toujours à mieux pour la gloire de Dieu et lhonneur de la France.

    Le lendemain avait lieu la distribution des prix au pensionnat des jeunes filles de Kieou-kouai-kiao (Chungking), tenu par les religieuses du Sacré-Cur. La cérémonie, présidée par le P. Claval, Provicaire, avait attiré, avec les parents des élèves, une assemblée nombreuse et sympathique.

    Les élèves ont dabord donné une petite séance récréative, qui a vivement intéressé et amusé lassistance. Avec un brio tantôt bien réussi, tantôt un peu naïf, elles ont mis en scène lhistoire dun enfant volé par des brigands, et elles nous ont raconté cette tragique histoire dune manière si drôle quelles ont fait rire souvent aux éclats les personnes les plus sérieuses de lassistance.

    La proclamation des prix a suivi immédiatement la fin de la séance et nos jeunes artistes ont eu à leur tour la joie de recevoir la récompense de leurs travaux scolaires.

    Sutchuen Méridional

    Le 10 Mai sont arrivées à Suifu trois Surs Franciscaines Missionnaires de Marie : cest un précieux renfort pour les uvres de Suifu et de Kiatin. Elles, se sont mises de suite à létude du chinois et pourront bientôt prêter leur concours à lhôpital ou au pensionnat de jeunes filles.

    Depuis deux ans le drapeau de la France navait pas paru dans nos parages ; aussi ce nous a été une joie de voir arriver dernièrement la canonnière fluviale Balny, commandée par le lieutenant de vaisseau Constantin, une ancienne connaissance de 1911.

    Thibet

    Groupe du Sutchuen. La principauté de Kiala, dont Tatsienlou est la capitale, vient de perdre son roitelet. Détrôné à la fin de lEmpire, ce prince ne se contentait pas de titres honorifiques et de fonctions subalternes, il voulait être maître chez lui, cest-à-dire régner. Il se révolta plus dune fois contre la Chine, sans arriver à reconquérir son titre. En dessous il fomentait des troubles, et cest sur inculpation dentente avec les anti-chinois et les brigands quil fut arrêté au cours dun repas et écroué à la prison perpétuelle le 27 décembre dernier. Il usa de tous les moyens pour en sortir, fit agir auprès des autorités, promit de fortes sommes : rien ne réussit. Alors il décida de reprendre lui-même la liberté quon lui refusait. Avec ses fidèles sujets, les brigands de Mourou, dit-on, il complota son évasion. A la faveur de la nuit du 1er au 2 juin, un trou pratiqué dans le mur laissa passer lauguste prisonnier et ses deux serviteurs. Il portait un revolver caché sous une boîte à amulette. On ne sait trop comment, un coup partit, qui donna léveil aux gardes et troubla le fugitif. Au lieu de se diriger vers la monture qui lui avait été préparée, il sélança vers une rivière guéable, mais choisit mal son endroit : il fut entraîné par le courant et, le lendemain, on retrouva son cadavre à fleur deau. Contrairement à la coutume ancestrale des roitelets de Kiala, il fut incinéré.

    Sa disparition na été pleurée ni des Chinois, ni de beaucoup de Thibétains : dautres nexprimeront pas plus de regrets sur ses cendres.

    La partie de la Mission avoisinant Tàtsiénloû continue à jouir dune paix relative. On a pu reprendre lusage des processions de la Fête Dieu. Le jeudi elle eut lieu dans lenclos des religieuses Franciscaines ; mais le mauvais temps ayant obligé à la remettre à une heure moins favorable, lassistance fut peu nombreuse. Le bon Dieu nous réservait un beau soleil pour le dimanche suivant, Toute la chrétienté était présenté : sa tenue pieuse et recueillie, de beaux chants, une ornementation de bon goût, le nombre de communions surtout, ont consolé et réjoui le divin Hôte de nos tabernacles.

    Depuis plusieurs mois les Franciscaines Missionnaires de Marie ont accepté la direction dun ouvroir. Chaque jour, une quinzaine de jeunes chrétiennes y prennent des leçons des couture, tricot et broderie.

    Groupe du Yunnan. Les routes qui conduisent au Loutsekiang dans le bassin de la Salouen sont enfin praticables et nos confrères, les PP. Genestier et André, ont pu donner de leurs nouvelles, qui sont bonnes.

    Yunnan

    Le P. Ducloux, Provicaire, a reçu de la Société dHorticulture de France une médaille dargent et un diplôme dhonneur en récompense de ses travaux et des services rendus à la science.

    Ses nombreux envois en France, au Muséum principalement, le signalèrent au monde savant. Plusieurs fois son nom fut donné à des plantes introduites par lui en Europe, par exemple le Paulownia Duclouxensis, connu sous le nom de Catalpa ou Lilas du Japon.

    Nous avons appris la mort de Dom Brieuc (P. Boutmy), Abbé de la Trappe de Thymadeuc (Morbihan). Missionnaire au Yunnan de 1885 à 1893, il avait toujours conservé le souvenir de sa Mission, quil a souvent aidée de ses aumônes et plus encore de ses prières.

    La procession de la Fête-Dieu à Lotoke, chez le P. Bougault, a été une manifestation splendide : plus de 1700 chrétiens venus de 80 localités différentes, une foule, de païens ; 720 confessions et 1200 communions en trois jours ; enfin 430 confirmations le 19 Juin : tels sont les principaux chiffres à noter, à la fois consolants et encourageants.

    Le général Sicre, commandant la division Annam-Tonkin, est venu en villégiature à Yunnanfou : après avoir été reçu officiellement par le gouverneur Tang Ki-yao, il a visité lEcole militaire, a passé la revue des troupes et a fait des conférences sur la dernière guerre.

    Au point de vue brigandage, la situation est sensiblement la même que le mois dernier.

    Kouytcheou

    La situation est toujours loin dêtre rassurante. Ladministration des chrétiens est devenue partout très difficile et dans certains districts impossible à cause de linsécurité des routes : les brigands sont maîtres dans une partie de la province et on signale même des défections parmi les soldats réguliers.

    La ville de Su-yang, assiégée par les brigands, a réussi à repousser leurs attaques ; le P. Freyche, qui sétait aventuré sur les remparts, faillit être victime de sa témérité. Le P. Solignac, entre Tong-tse et Su-yang, a eu tout son bagage pillé. A lEst, les PP. Puech et Carey (Miss. Amér.) sont constamment sur le qui-vive : les bandes du chef Kiang, qui opèrent dans ces parages, ont même tenté une attaque contre la ville de Tchen-yuen ; repoussés, les bandits revinrent à Chetsien et prièrent le Père Puech dêtre leur intermédiaire auprès de Yuen Tsoumin, à qui ils désirent faire leur soumission.

    Dans le Sud et lOuest la paix semble revenir.

    A Koui-yang la vie est normale, mais un certain malaise demeure ; la confiance en notre gouverneur Yuen Tsoumin va diminuant : il ne sest pas révélé le pacificateur attendu ; depuis quil est au pouvoir les affaires vont de mal en pis. Sans doute largent et les hommes lui font défaut, mais ne lui manquerait-il pas aussi lénergie ? Quoi quil en soit, les brigands, eux, ne manquent pas.

    Lanlong

    La nouvelle Préfecture Apostolique comprendra, dans le Sud-Ouest du Kouytcheou, les villes de Pan-hien, Pougan, Ganlan, Hinjen, Hin-i, Tchenfong, Lohou, Tsehen, plus une partie des sous-préfectures de Kouanlin et de Tselun. Au Kouangsi elle prend les sous-préfectures de Silong, Lin-yun et Silin.

    Cette Mission est dite Mission Dioï parce que la majorité de ses habitants appartient à la race Dioï, ou Ijen, ou même Thay. Mais au Kouytcheou elle comprendra toute une région habitée par des Hanjen. Il fallait quil en fût ainsi, car chez les Dioï, plus arriérés que les Chinois, le Préfet Apostolique aurait difficilement trouvé le personnel nécessaire aux diverses uvres. Cependant la nouvelle Préfecture possède un Probatorium qui fonctionne depuis une dizaine dannées, et la moitié des élèves du Petit-Séminaire de Koui-yang est de race Dioï.

    Actuellement 8 missionnaires français et 5 prêtres chinois travaillent dans la partie prise au Kouytcheou, 4 prêtres français et 1 chinois dans celle du Kouangsi : soit, au total, 12 missionnaires et 6 prêtres indigènes. Le Préfet Apostolique naura pas dès le début le caractère épiscopal ; la nouvelle Mission sera plus tard érigée en Vicariat Apostolique.

    Le décret qui érige la nouvelle Préfecture est du 16 Février : cest donc un des premiers actes de SS. Pie XI, qui avait été couronné le 12 du même mois.

    Swatow

    Malgré les échos des batailles de Canton, le pays est calme. Les paysans ont ramassé la première récolte de riz : la moisson est excellente et le temps splendide ; dans ces conditions, le sort de Sun Yatsen les laisse assez indifférents.

    Monseigneur a nommé le P. Le Corre Provicaire, en remplacement du regretté P. Roudière.

    Kouangtong Occidental

    Le samedi 1er Juillet Mgr Gauthier faisait son entrée à Fort-Bayard, sa ville épiscopale. Une réception aussi brillante que possible lui fut ménagée par les chrétiens indigènes et par nos compatriotes, tous désireux de lui témoigner leur respect et leur attachement. Des mâts tricolores ornés de faisceaux aux couleurs nationales entremêlés de guirlandes de feuillage jalonnaient le chemin qui de léglise débouche sur lartère principale de notre petite cité. Lintérieur de léglise avait été orné aussi doriflammes, décussons, de drapeaux et de guirlandes, le tout disposé avec un goût parfait, tandis que lautel, revêtu de sa plus brillante parure, charmait les regards par la profusion de plantes vertes qui lencadrait.

    Le Hanoi ayant jeté lancre à 7 heures ½, Mgr fut salué à bord par nos plus hauts fonctionnaires, puis accompagné jusquà lévêché par le cortège des fidèles, aux sons dune fanfare chinoise et de milliers de pétards, toujours de rigueur, même à Fort-Bayard. A 8 heures Mgr célébra la messe solennelle en présence de tous nos compatriotes, des notables les plus en vue, Chinois et Annamites, et de tous les chrétiens de la ville et des environs. S. G. voulût bien ensuite adresser à lassistance quelques paroles émues de reconnaissance pour un si sympathique accueil.

    Après ces belles fêtes souvre, lère du labeur, lère de la fondation stable de notre jeune Mission, qui ne doit pas indéfiniment vagir dans les langes.

    Une recrudescence de piraterie a été causée par une des anciennes bandes amnistiées, qui a voulu revenir, sur le lieu de ses premiers exploits. Après quelques succès au début, une vigoureuse campagne a été organisée par lénergique général Gaston Wong Keung. A lheure actuelle la bande, décimée en plusieurs combats, sest dispersée et les derniers tenants de la campagne ne sauraient tarder beaucoup à être exterminés.

    Kouangsi

    La Situation demeure à peu près la même. Les PP. Cuénot à Kweilin, Tessier à Longniu, Rigal à Youngfou, sont toujours sous la menace dune attaque des brigands. Le P. Caysac a couru aussi les plus grands dangers, la ville où il réside ayant été cernée par plus de 2.000 pirates.

    Le 10 Juin Mgr Ducur a eu la grande consolation dordonner trois prêtres indigènes. Ils seront dun grand secours pour combler les postes vides. Depuis 9 ans, en effet, aucun nouveau missionnaire ne nous a été envoyé de France, et, pendant ce même laps de temps, 7 confrères nous ont été enlevés par la mort, la maladie, etc.

    Les nouveaux prêtres nont pu encore se rendre aux postes qui leur ont été assignés : létat danarchie qui règne dans toute la province ne permet aucune circulation.

    Tonkin Occidental

    Le Dimanche 2 Juillet, tous les confrères de la Mission, sauf deux ou trois retenus par la fatigue ou par les occupations de leur ministère, étaient réunis à Keso, centre de la Mission, pour célébrer la St. Pierre et St. Paul, fête patronale de Sa Grandeur Mgr Gendreau. Ce fut, comme chaque année, une occasion pour les missionnaires de se faire part de leurs travaux, de leur joies, de leurs peines, et de renouveler en eux cet esprit de famille, qui est le caractère distinctif de la Société des Missions-Étrangères. Sa Grandeur Mgr Gendreau assisté des Pères Cantaloube et Fourneuve, faisant fonction de diacre et sous-diacre, chanta la messe pontificale ; le chant fut exécuté avec maëstria par quelques confrères à la voix mâle et vibrante, accompagnés par les notes mélodieuses de lorgue, tenu par un enfant artiste, le Mozart du Tonkin. Journée de joie et dallégresse qui fait oublier bien des peines !

    LEsprit-Saint souffle où il veut et quand il veut pour amener à la grâce les âmes généreuses et bien disposées ! A quelque distance du collège de Hoàng-Nguyên se trouve un grand village entièrement païen. Les habitants, tous bons et braves paysans, avaient été jusque là réfractaires à toute influence chrétienne, non par haine du missionnaire, quils traitaient en ami, mais uniquement pour ne pas abandonner la religion de leurs pères. Certain jour, quelle ne fut pas la surprise du Supérieur du Collège de recevoir la visite de quelques notables du village en question, venant, au nom de 200 dentre eux, demander à se faire catholiques ! Le Père accepta de soccuper deux et leur envoya un catéchiste pour les instruire des vérités de la religion. Tous montrèrent une bonne volonté réelle pour apprendre catéchisme et prières : les femmes et les enfants se réunissaient à une heure fixée dans la journée, les hommes, le soir, après les durs travaux du jour, et tous rivalisaient dardeur pour fixer dans leur mémoire ingrate les quelques vérités que leur expliquait le catéchiste. Quelques vieilles femmes désespéraient darriver à un résultat ; elles répétaient 10 fois, 20 fois : Quest-ce que Dieu ? Combien de personnes en Dieu ? Quest-ce quun mystère ? Et ensuite elles confondaient : Dieu, personne, mystère.

    Au mois de Mai dernier un prêtre indigène de la chrétienté de Hoâng-nguyên se rendit chez ces néophytes pour leur faire passer un examen de catéchisme et se rendre compte de leurs progrès dans létude des prières : 80 dentre eux furent jugés suffisamment instruits et bien disposés pour recevoir le Baptême. Il les prépara pendant quelques jours à cette grande grâce, leur montrant les devoirs quils auraient à remplir pour vivre en vrais chrétiens et les nombreuses grâces que Dieu leur réservait en ce monde et surtout en lautre. Mgr Gendreau, qui sest retiré à la petite chrétienté de Co-Liêu, près du Collège, laissant ladministration de la Mission à son Coadjuteur, Mgr Bigollet, pour se consacrer entièrement au long procès de nos nombreux Martyrs du Tonkin, voulut lui-même administrer le baptême à ce groupe de nouveaux convertis et les admettre dans le sein de lEglise, Au jour fixé les chrétientés de Co-Liêu et de Hoâng-Nguyên firent cortège, musique en tête, à Sa Grandeur se rendant à pied au village où devaient avoir lieu les baptêmes. Le village des nouveaux chrétiens avait revêtu sa parure de grande fête : partout des bannières, des drapeaux aux couleurs françaises et annamites ; le tambour battait, les clairons sonnaient ; les pétards étourdissaient les passants. La chapelle provisoire était ornée de verdure et de fleurs. Trois prêtres indigènes firent les cérémonies préliminaires et Mgr Gendreau administra le baptême. Belles cérémonies qui rappellent les rites grandioses du baptême solennel, conféré autrefois dans les grandes basiliques et cathédrales. Un païen, témoin de ces magnifiques fêtes, sécria : La religion catholique est la seule vraie, et nous devons lembrasser pour avoir le bonheur ! Fiat !

    Haut Tonkin

    Le 27 Juin dernier, cétait fête au Petit-Séminaire S.-Joseph de Ha-Thach, où 14 confrères se trouvaient réunis pour fêter les Noces dargent du cher Père Quioc, supérieur de cette maison.

    Nétait la modestie de ce bon Père, la cérémonie eût eu plus grand éclat ; mais le jubilaire voulut quelle gagnât en recueillement et en intimité fraternelle ce quelle perdait en solennité extérieure. Pour ne le point contrarier un silence relatif fut observé : mais les confrère que ne retenaient pas des occupations trop urgentes se trouvèrent réunis le 26 au soir pour offrir leurs souhaits, affectueux au cher Supérieur. Le Père Provicaire les lui exprima au nom de tous en termes très délicats et fort applaudis.

    Le 27 au matin, les cloches sonnant en Joyeux carillon annonçaient lheure de la grandmesse quallait chanter le Père Quioc, conduit processionnellement de sa maison à la chapelle par les confrères et les prêtres indigènes des environs, venus, eux aussi, lui offrir leurs vux.

    Au repas de midi le doyen dâge de la réunion, portant un toast au cher jubilaire, lui redit les vux de tous et lui souhaita fête plus belle encore pour le jour de ses Noces dor.

    Cochinchine Orientale

    Le P. Tardieu a été nommé supérieur du Grand-Séminaire en remplacement du regretté P. Eugène Mugnier.

    Le 29 Juin a eu lieu .une ordination de 2 prêtres, un sous-diacre et 9 tonsurés.

    La cause du prêtre Joseph Si, décapité en 1862, qui avait été ajournée pour supplément dinformation en 1917, va être reprise : un nouveau procès est commencé par lOrdinaire, et lon espère que cette cause pourra être jointe à dautres déjà introduites à Rome.

    Cochinchine Occidentale

    Les pasteurs protestants américains ont fait leur apparition en plusieurs endroits de notre Mission. Ils viennent dans les grands marchés, font par interprète des conférences et distribuent force tracts, brochures, bibles et argent. Les racoleurs et propagateurs sont grassement payés.

    Lautre jour un chrétien interrompit lorateur en disant que Notre-Seigneur avait bel et bien institué les sacrements. Nous navons pas le temps de discuter ces choses-là, lui fut-il répondu.

    Un jeune homme, après sêtre fait inscrire et avoir reçu une bible, est venu trouver le Missionnaire voisin pour se faire instruire et baptiser.

    Les Annamites sont fort amateurs de parlotes ; ils viennent volontiers écouter les conférences ; mais plus dun dit en sortant : Si nous voulions changer de religion, il vaudrait mieux nous faire catholiques. Et dautres : Ces pasteurs-là sont mariés ; ils ne valent même pas nos bonzes.

    On se demande, du reste, comment linterprète traduit en annamite les expressions spéciales, les termes de religion, etc.

    Cochinchine Septentrionale

    Au Carmel de Hué. Le Carmel de Hué a célébré par un triduum solennel, au commencement du mois de mai, le troisième centenaire de la canonisation de sainte Thérèse : jours de joie intime et de grâces précieuses pour le monastère.

    Le 3 mai, la fête fut clôturée par une prise dhabit et trois professions. Une religieuse annamite fit ses premiers vux et deux autres leurs vux perpétuels : lune de ces dernières est la première carmélite originaire de Hué admise à la profession perpétuelle.

    Quant à la postulante qui prit ce jour-là lhabit religieux, cest une jeune Française, Mlle Murat, dont la famille est établie définitivement à Hué depuis plusieurs années. Cest la première jeune fille française de Hué qui entre au Carmel. Elle a été conduite à la porte de la clôture par son père et sa mère ; ses frères et surs, ainsi quune grande partie de la population française de Hué, assistaient également à la touchante cérémonie.

    Quelque temps auparavant notre Carmel avait eu la joie de recevoir, arrivant de France, la Sur Marie-Suzanne de lIncarnation, du Carmel de Lons-le-Saunier, accompagnée dune postulante originaire de la Savoie. Mais, par contre, dans le courant de mai, le Carmel avait le regret de perdre la Mère Isabelle des Anges, Sous-prieure, appelée à exercer la même charge au Carmel de Saigon.

    Fondé en 1909, le Carmel de Hué a été visiblement béni de Dieu. Tous les bâtiments, le mur de clôture, la chapelle (une belle chapelle gothique) sont terminés. Dautre part les vocations nont pas fait défaut : nombreuses sont les jeunes filles annamites qui y sont venues faire lessai de la vie religieuse, et celles en qui nont pas été reconnues les aptitudes requises, sont reparties, mais la mort dans lâme.

    Quand le pieux essaim fondateur arriva de Hanoi le 2 Octobre 1909, il se composait de deux Mères françaises, cinq surs indigènes et une tourière. Il était conduit par la Mère Aimée de Marie, qui na cessé depuis lors dexercer la charge de Prieure : cest elle qui en cette qualité a présidé à la fondation matérielle et spirituelle, avec une activité inlassable et un sens pratique jamais en défaut.

    Aujourdhui le Carmel se compose de quatre religieuses françaises, huit religieuses annamites, cinq novices dont une française, quatre postulantes dont une française, et six tourières. Dans le petit cimetière de la communauté reposent déjà trois religieuses : deux françaises et une indigène.

    Cambodge

    Les processions de la Fête-Dieu ont eu lieu partout où le temps et les chemins lont permis : très réussies en nombre dendroits, grandioses en certains autres, comme Phnompenh, Soctrang, etc.

    Notre confrère le P. Charles Keller a été victime dun accident. Le 19 Juin, comme il allait de grand matin porter le Saint-Viatique à un malade, son cheval tomba et lépaule gauche du cavalier toucha terre violemment ; lenflure se produisit avec une vive douleur qui ne cessa pas. Il put cependant arriver à destination et administrer les sacrements au mourant ; mais il dut ensuite se faire transporter à Soctrang, puis à Saigon, où le Dr Angier, grâce à la radiographie, put lui donner les soins nécessaires. Un mieux sensible permet despérer une assez prompte guérison.

    Lexamen du certificat détudes franco-annamite vient davoir lieu à Phnompenh ; il y avait plusieurs centaines de candidats. La réelle difficulté de lépreuve de langue française en fit dabord éliminer les quatre cinquièmes ; finalement lEcole Miche sur deux élèves présentés eut deux reçus, lEcole Saint-Pierre sur quatre présentés eut trois reçus, et, parmi ceux-ci, deux de nos élèves-catéchistes de Banam.

    Siam

    Plus de trente prêtres, européens ou indigènes, entouraient à Bang-xang S. G. Mgr Perros, le vendredi 23 Juin, solennité du Sacré-Cur et fête patronale du Séminaire. Tous remerciaient Dieu davoir protégé durant cinquante ans déjà cet établissement et Lui demandaient doctroyer dabondantes bénédictions futures aux jeunes lévites qui, demain, viendront grossir à leur tour les rangs trop clairsemés des prédicateurs de lEvangile.

    Nest-ce pas, en effet, une consolation bien douce pour un Evêque que de voir la semence des ouvriers indigènes grandir jusquà porter des fruits ?

    La Mission de Siam, du reste, conserve précieusement le souvenir des illustres exemples de NN. SS. Pallu et Lambert de la Motte, qui, le Séminaire des Missions-Étrangères étant fondé à Paris, se mirent en route pour lExtrême-Orient dans le but de former un clergé indigène dans la Chine et les pays voisins par ordre du Saint-Siège ; et se rappelle que le premier séminaire de la Société des Missions-Étrangères, par eux fondé en Extrême-Orient, fut installé à Juthia, alors capitale du Siam, vers 1670.

    La ruine de Juthia par les Birmans fit passer le séminaire par bien des vicissitudes. Dabord transféré à Chantaboun (Siam), puis à Hon-dât (Cambodge), ensuite à Pondichéry vers 1770, ayant M. Pigneau de Béhaine comme supérieur depuis la mort de M. Artaud, il fut enfin définitivement rétabli par le Père Letondal vers 1804 à Cô-mac (Pulo-Pinang, alors encore sous la juridiction du Vicaire Apostolique du Siam) sous le nom de Collège général des Missions.

    Entre temps, Mgr Garnault, Evêque de Metellopolis, fondait vers 1798, un Collège-séminaire à Bangkok, nouvelle capitale du Siam, collège séminaire qui resta florissant grâce aux soins paternels dont lentourèrent les différents Vicaires Apostoliques, Mgr Pallegoix notamment, Cest en 1872 que, de Bangkok, il fut transféré à Bangxang, dans un site idéal pour la prière, la solitude et le travail.

    LEglise du Siam, en célébrant solennellement le cinquantenaire de la fondation régulière de son séminaire, na songé quà raviver le zèle de ceux qui reçurent dans cette enceinte lonction sacerdotale et à soutenir aussi lespérance des jeunes qui marchent vers ce sommet sacré où Dieu réside et doù Il les appelle.

    Malacca

    Dans la Mission de Malacca, la Fête du Corpus Christi donne lieu, chaque année, à de belles manifestations de piété catholique en lhonneur du Très Saint Sacrement.

    Chaque paroisse a sa procession. Mais, dans les villes qui ont plusieurs églises, cette procession se fait, pour chacune, à un jour différent.

    Cest ainsi quà Singapore la première procession a lieu le jeudi, jour même de la fête, à léglise indienne de Notre-Dame de Lourdes. Le dimanche de la solennité, cest le tour de la Cathédrale du Bon Pasteur, doù la procession se rend au reposoir élevé dans le Couvent des Dames de Saint-Maur. La paroisse chinoise du Sacré-Cur (Cantonais et Hakkas) a naturellement sa procession le jour même de sa fête patronale. Enfin cest la paroisse chinoise de Saint-Pierre et Saint-Paul (Hoklos) qui clôt la série, et cest elle aussi qui a le plus long parcours, puisque sa procession se rend au reposoir de lEcole des Frères en suivant Waterloo Street et Brass-Basah Road, et rentre à léglise par Queen Street.

    Il ny a, dailleurs, aucun désordre à craindre dans les rues. Les piétons, les voitures, les motor-cars, les trams, tout sarrête pour laisser passer la procession. Les chants de lEglise se font entendre dans le plus grand calme, et les évolutions soigneusement préparées des enfants de chur et des fleuristes sexécutent dans un ordre parfait devant le dais, sous lequel lostensoir savance lentement au milieu de la foule des chrétiens agenouillés.

    Cette foule est considérable, car nos quatre paroisses de la ville de Singapore comptent plus de 8.000 chrétiens. Habituellement ils fréquentent leurs églises respectives et se trouvent ainsi peu mêlés les uns aux autres ; mais les processions de la Fête-Dieu ont été fixées à des jours différents dans le but den faire des démonstrations collective de la foi de nos catholiques et de rendre aussi imposant que possible le cortège triomphal du Dieu de lEucharistie. Ce but est largement, atteint.

    Au point de vue esthétique, il serait difficile dimaginer quelque chose de plus pittoresque que cet amalgame de races aussi diverses et, par là-même, de costumes aussi variés que possible. Européens et Eurasiens, Chinois et Indiens sy trouvent mélangés les uns aux autres. Les longues théories de garçons et de filles des écoles avec bannières et banderoles ; puis, dans la foule, les nombreux enfants en habits de fête aux couleurs les plus voyantes : tout cela forme un tableau plein de vie et présente un coup dil ravissant.

    Au point de vue religieux, cest un acte de foi public et une prédication vivante. Aussi il nest pas douteux que ces pieuses manifestations ne soient grandement agréables à Notre-Seigneur, et quen passant dans leurs rangs, Il ne se plaise à bénir ces chrétiens quune même foi et un même amour rassemble à ses pieds.

    Birmanie Méridionale

    S. S. Pie XI a daigné faire adresser à Mgr Cardot, par lintermédiaire du Cardinal Gasparri, une lettre de remerciements et de félicitations pour la généreuse contribution (2.300 roupies) des fidèles de la Mission à luvre du Denier de Saint-Pierre en 1921.

    La pénible épreuve que subit le vénéré Mgr Cardot tend à saggraver, la cataracte ayant attaqué les deux yeux. Sur les conseils de son médecin, S. G. a dû se rendre à Madras pour y consulter un spécialiste. Après une première opération à lil gauche, Mgr a pris un peu de repos à Bangalore, puis est retourné à Madras, où tout nous permet despérer que la seconde opération, celle de lil droit, réussira aussi bien que la première.

    Birmanie Septentrionale

    Bien remis de son attaque de fièvre et de lopération subie à lhôpital de Maimyo, Mgr Foulquier est rentré à Mandalay au commencement de Juin. Malheureusement le P. Roche a pris sa place et, lui aussi, pour la malaria et pour une opération : cest la troisième quil subit depuis son arrivée en mission ; espérons que le tertia solvet ne se réalisera pas !

    Nous voilà en pleine marche vers le Home rule. La Birmanie vient dêtre élevée au rang de Province. Le Gouverneur aura un Conseil composé de 103 membres, dont 80 pris parmi lélément indigène et 23 parmi les Officials.

    Sur une population totale de 13 millions dhabitants (dernier recensement), 3 millions sont électeurs. Le droit de vote a été accordé aux femmes. Allons-nous vite en Birmanie !

    La nouvelle forme de gouvernement sera connue sous le nom de diarchy ; cest-à-dire que certaines parties de ladministration resteront entre les mains du Gouverneur et des ministres choisis par lui, tandis que dautres seront entièrement sous le contrôle des ministres indigènes. Cest ce quils appellent reserved and transferred subjects. Parmi ces derniers se trouve le département de lInstruction publique et de la toute nouvelle Université de Rangoon. Nous voilà donc entre les mains dun ministre birman pour tout ce qui a rapport à nos écoles. Avec des Ecoles nationales à entretenir et favoriser, quelle mesure de liberté et de justice nous sera octroyée ?

    Cest en Octobre prochain que le nouveau gouvernement doit entrer en fonction. Pour le moment, nos politiciens birmans se tâtent le pouls, ne sachant trop que penser de cette tuile qui leur tombe sur la tête, eux qui rêvaient dun Home rule sans conditions, eux qui clamaient : La Birmanie aux Birmans !...

    Laos

    Notre nouveau Vicaire Apostolique, Mgr Gouin, est nommé Evêque titulaire dOrciste. Orciste, ancienne ville de la 2e Galatie, était le tire épiscopal de S. G. Mgr Mérel, avant sa nomination à larchevêché de Craina.

    Actuellement nous sommes au Laos à la saison des grandes pluies : durant Juillet, Août et Septembre, cest un déluge continuel ; aussi les confrères qui sont loin du Grand-Fleuve (Mekhong) sont bloqués cher eux par les eaux qui inondent tout et rendent tout voyage à peu près impossible. Au contraire les missionnaires qui se trouvent sur les bords du Mekhong sont privilégiés, vu quils peuvent voyager et visiter leurs postes, soit en barque laotienne, soit par les Messageries Fluviales françaises, qui montent et descendent le fleuve une fois par semaine. Ladministration des chrétiens nest donc pas complètement arrêtée pendant cette saison, mais elle est plutôt difficile ; aussi lappelons-nous la morte saison.

    Morte pour nous, elle ne lest pas pour nos Laotiens, qui, sils ont la réputation dêtre quelque peu paresseux, ne la méritent pas en cette saison. En effet, on peut les voir, par bon ou mauvais temps, sous la pluie ou sous un soleil de plomb, labourer, herser, repiquer le riz, et cela sans désemparer jusquà ce que tout soit bien terminé. Puissent-ils apporter la même ardeur à la culture de leurs âmes !

    Le P. Chatenet a bâti un petit orphelinat à Oubone : les enfants et deux Surs peuvent sy loger. Mais il reste à reconstruire la crèche en ruine et à agrandir le couvent, où la moitié des 43 surs indigènes doivent coucher au grenier, faute de place. Notre confrère compte sur la Providence pour laider à mener le tout à bonne fin.

    Pondichéry

    Les fêtes en lhonneur de sainte Jeanne dArc ont donné lieu à des cérémonies solennelles, à la fois religieuses et patriotiques.

    Le 25 mai, nous avons fêté dans lintimité, vu létat de santé du vénéré jubilaire, les Noces dor sacerdotales du P. Bayol ; mais nous espérons bien que la Providence lui permettra, le 26 Juillet, 50e anniversaire de son arrivée dans la Mission, de fêter plus solennellement ce souvenir.

    Il y a quelque deux cents ans plusieurs familles de rettis de race télégou se convertissaient au catholicisme, quittaient leur région et venaient sétablir à Thatchur. Ayant acquis des terres, elles surent les faire fructifier et amassèrent peu à peu une grande fortune. De cette fortune elles firent deux parts, dont lune fut réservée à lérection dune église paroissiale. La pose de la première pierre eut lieu en 1916, et, le 31 mai dernier, Mgr lArchevêque consacrait solennellement le magnifique édifice de style gothique, dune valeur de 50. 000 roupies, dû à la générosité de ces fidèles. La Mission se félicite de posséder ainsi, à son extrême Nord, une florissante communauté catholique télégou de plus de 1000 membres, tous excellents chrétiens et, comme le prouve le splendide monument de foi quils viennent délever, entièrement dévoués à la cause de leur religion.

    Maïssour

    Le P. Maurice-Bernard-Benoît-Joseph DESPATURES est nommé Evêque de Mysore.

    Né le 4 Juillet 1873 à Gruson (Nord), ordonné prêtre le 27 Juin 1897, il partait deux mois après pour lInde. Après un court stage dans les districts de Kolar, Shimoga et Chikmaglour, il fut chargé du poste de Mysore, quil occupe depuis 19 ans. Cest de là que la Providence le transfère sur le siège épiscopal de Bangalore : Stet et pascat in fortidudine tua, Domine !
    1922/424-449
    424-449
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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