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Chronique des Etablissements communs et des Missions 7

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Nos confrères savent quen novembre 1918 la résolution fut prise de construire, tout près de la Marne, un Monument de la Reconnaissance nationale. Ce monument serait dédié au Christ qui aime les Francs, à sa divine Mère et aux Saints Protecteurs de la France. Un Comité fut formé sous la présidence dhonneur du Cardinal Luçon et la présidence effective de Mgr Tissier, évêque de Châlons. Le Maréchal Foch, consulté, désigna Dormans comme le lieu synthétique des victoires de la Marne, pour édifier la chapelle de la Reconnaissance. Ce fut là, en effet, que Dieu, par le génie de nos chefs et la vaillance de nos soldats et de nos alliés, nous a manifesté, à une heure décisive, sa protection, et cest là que la France, par un témoignage visible, veut lui dire merci. M. Le Conte, propriétaire du château de Dormans, a cédé généreusement sa propriété au Comité dérection. Cest de ce château que les Missions-Étrangères ont lhonneur de devenir locataires pour assurer le service de la chapelle. La crypte va être terminée et livrée au culte probablement en juillet.

    Le 6 Avril, à la salle Gaveau, avait lieu lAssemblée générale de luvre de la Chapelle de la Reconnaissance, sous la présidence du Maréchal Fayolle. Tour à tour M. Fernand Laudet, rapporteur, et Mgr Tissier, président, dirent à Mgr de Guébriant, qui se tenait à leur côté sur lestrade, combien ils étaient heureux de voir la Société bien française des Missions-Étrangères accepter la garde de ce sanctuaire national.

    LAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres vient de décerner le prix Stanislas Jullien au P. Lamasse, de Mandchourie Méridionale, pour son Nouveau Manuel de la Langue chinoise écrite.

    Le P. Robert est arrivé parmi nous en bonne santé, après un excellent voyage. Le 18 Avril, il a pris possession de son poste de premier Assistant du Supérieur. Nous lui souhaitons la plus cordiale bienvenue et lui exprimons nos meilleurs vux dans laccomplissement de ses nouvelles fonctions. Il a parlé successivement aux communautés de Paris et de Bièvres.

    Le 23, Monseigneur a présidé dans léglise paroissiale St-Leu (1er arr.) la cérémonie de la bénédiction dune statue de N.-D. de Pellevoisin. Le sermon était donné par le P. Nassoy.

    Les 21, 22, 23 Avril sest tenue à Meudon, dans notre maison de campagne, une retraite détudiants catholiques chinois. Près de 70 étudiants, baptisés ou catéchumènes, ont entendu 4 fois par jour la bonne parole du P. Lebbe, lazariste. Mgr de Guébriant, Mgr Chaptal, évêque auxiliaire de Paris pour les étrangers, les PP. Scherer, S. J., Gérard et Mollat ont été tour à tour les visiter et ont été très édifiés de la bonne tenue et des excellentes dispositions de ces jeunes gens. Le 25, à Montmartre, à 7 h. 1/2, clôture de la retraite, messe au maître-autel, célébrée par Mgr de Guébriant, sermon en chinois par le P. Lebbe, prières psalmodiées en chinois par les assistants. Montmartre a eu son premier pèlerinage chinois. A lissue de ce pèlerinage, Mgr de Guébriant a conduit les étudiants à lArchevêché, où il les a présentés à S. E. le Cardinal Archevêque de Paris, qui a eu pour eux les paroles les plus aimables.

    Le 29, accompagné du P. Gabriel Boulanger, Monseigneur se rendait à Angers, où lattendait laccueil le plus sympathique au Grand-Séminaire. Le soir, Sa Grandeur donnait aux séminaristes une conférence qui ne dura pas moins dune heure. Visiblement ému par les souvenirs personnels que lui suggérait cette visite à Angers, Monseigneur exposa à son auditoire particulièrement attentif les origines et le développement de sa chère Mission du Kientchang, initiant ainsi ses auditeurs à lapostolat tel quil soffre dans le vaste champ confié à la Société des M.-E. Sa Grandeur fit éloquemment ressortir les grands problèmes qui captivent maintenant le monde missionnaire dans lExtrême-Orient et sappliqua à concrétiser le travail apostolique tel quil existe à lheure présente.

    Le lendemain, Monseigneur profitait dun court arrêt à Nantes pour porter au vénérable Mgr Robert lécho de la reconnaissance des missionnaires nantais, dont le directeur du Petit Messager Nantais est depuis de longues années la Providence infatigable. Le soir, Sa Grandeur arrivait à Rennes apporter à luvre des Partants de cette ville ses encouragements et sa bénédiction. Une gracieuse attention de la directrice locale, Mme Oberthür, ménagea à notre Supérieur loccasion de se rencontrer avec Sa Grandeur Mgr Charost, archevêque de Rennes, et la soirée se passa dans une intéressante causerie, au cours de laquelle Monseigneur de Rennes témoigna toute sa sympathie et sa bienveillance à légard de nos uvres.

    Le P. Fouque, à Bièvres, a prêché la retraite de départ à nos jeunes conscrits. Ils sont au nombre de 15, dont 13 aspirants et 2 novices frères.

    Procure de Rome

    Nos confrères sont définitivement installés à la nouvelle Procure : 138, Viale Policlinico, Roma 27.

    Procure de Marseille

    Le P. Bellamy est nommé assistant du P. Masseron à la Procure de Marseille.
    Le 26 Avril, est arrivé par lAndré Lebon le P. Couvreur, ancien Procureur de Singapore.

    Tôkyô

    La réception au Palais Impérial du Délégué du Saint-Siège, retardée par lattente des Lettres du Vatican et la visite officielle du Prince de Galles, a eu lieu le 23 mai. La veille S. E. Mgr Giardini avait reçu des mains dun Envoyé de la Maison Impériale, avec lOrdre du Mérite de 1e Classe, le grand Cordon du Soleil-Levant. Le mardi 23, quelques minutes avant midi, un maître des cérémonies, M. Takatsuji, arrivait à larchevêché. Puis les deux voitures de la Cour, dans lesquelles avaient pris place Monseigneur le Délégué et son secrétaire le Père Hayasaka, furent escortées par un détachement de trente cavaliers de la garde impériale jusquaux portes du Palais, où une compagnie de la garde rendit les honneurs. Le grand-maître des cérémonies, marquis Inouye, introduisit alors Son Excellence dans la Salle du Phénix, où lattendait le Prince Héritier, Régent de lEmpire. Mgr le Délégué donna lecture de lAdresse pontificale, remerciant le Prince Héritier de la visite quil avait faite au Vatican le 15 juillet 1921, et lui présenta les vux du Saint-Père pour la famille impériale et la prospérité de lEmpire. Le Prince Régent, à son tour, exprima dans un discours en français sa gratitude pour la réception distinguée dont il avait été lobjet de la part du Souverain Pontife. Le capitaine de vaisseau Yamamoto, catholique, ancien élève des Marianistes, qui avait été attaché à la personne du Prince Héritier durant son voyage en Europe, servit interprète au cours de la réception et du banquet qui suivit.

    A ce banquet, qui eut lieu dans la salle des Mille Plantes (Chigusa no ma), assistaient une vingtaine de personnages officiels, parmi les quels on remarquait lAmiral Prince Higashi-Fushimi, le Président du Conseil, baron Takahashi, le Ministre des Affaires-Étrangères, Vicomte Uchida, le Ministre de la Maison Impériale, Baron Makino, le Grand-Chambellan du Prince Héritier, Vicomte Chinda, ex-ambassadeur à Londres, et plusieurs hauts dignitaires de la Maison Impériale et de la suite du Régent. La conversation entre le Prince et le Délégué Apostolique se continua, empreinte de la plus charmante cordialité, dans la salle des Pivoines (Bôtan no ma). Mgr Giardini et son secrétaire quittèrent le Palais vers deux heures.

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    Les fêtes du cinquantenaire de la fondation, à Yokohama, en 1872, du premier établissement déducation des Dames de Saint-Maur, qui devaient commencer le 18 mai, ainsi, quil avait été annoncé dans le Bulletin, ont été avancées dune semaine, le voyage en France de la Supérieure de la maison, la Rde Mère Sainte-Louise, ayant dû être fixé au 21 mai. Le jeudi 11 mai, les Noces dor de létablissement étaient augurées par une messe pontificale, célébrée par S. G. Mgr lArchevêque de Tôkyô, assisté de ses missionnaires. Dans la séance qui suivit, près les compliments présentés à Sa Grandeur par une jeune fille de la maison, à laquelle répondit Monseigneur Rey en évoquant de vieux souvenirs, la Mère Supérieure donna lecture, accompagnée de la traduction japonaise, dune lettre adressée par la Révérende Mère Générale, au cours de son voyage de retour des visites quelle venait de faire aux établissements de lInstitut au Japon et en Malaisie. Dans cette lettre, où se révélaient lesprit distingué et le cur affectueux de la Supérieure de la Congrégation, il y avait un mot délicat pour tous : pour Mgr lArchevêque et ses prédécesseurs, pour les missionnaires, les Surs et les enfants.

    Parmi les anciennes élèves, accourues nombreuses et même de fort loin assister à ces fêtes de famille, se trouvait providentiellement la première Japonaise admise à lécole alors à son berceau. Cette vieille, dune voix dabord timide, mais qui senhardit peu à peu, toucha profondément lauditoire en faisant revivre les lointaines images du passé. Une loterie, qui vint ensuite, distribua aux invités, missionnaires et anciennes élèves, de mystérieux cadeaux. Il faut croire que la Fortune avait pour cette fois enlevé au préalable le bandeau de ses yeux, car les Pères, en particulier, trouvèrent, chacun pour son compte, dans leur boîte à surprise, divers objets dutilité pratique, soit pour leur chambre, soit pour leur église, qui témoignaient et de lamitié dévouée des Surs et de leur succès à former des ouvrières aux doigts délicats.

    Dans laprès-midi, une séance récréative réunissait de nouveau les invités. On y applaudit le courage admirable dune famille chrétienne au temps des persécutions dil y a trois siècles, qui, par sa constance dans les épreuves, changea radicalement les dispositions vis-à-vis du christianisme du seigneur dalors de la province de Bungo ; on applaudit également les intermèdes, le tout joué avec aisance par les orphelines. Après la photographie dusage, ce premier jour de fête se clôtura par la bénédiction du Saint-Sacrement, donnée par Mgr lArchevêque.

    Le vendredi 12 mai, des séances récréatives réunirent les élèves de IEcole secondaire japonaise, le Kôran-jogakkô. Le samedi 13, à 3 h. ½ de laprès-midi, Mgr le Délégué Apostolique, ayant à ses côtés S. E. lAmbassadeur de France et Madame Paul Claudel, Monsieur le Consul Général et Madame Déjardins, présidait une séance donnée par les élèves de lEcole européenne. La musique, les saynètes de féerie, lopérette : les Chaussons de la Duchesse Anne, bien interprétées, furent un régal pour les membres nombreux de la colonie étrangère, qui purent sy divertir franchement, tout autant, sinon plus, quà des spectacles de moins bon goût... Un compliment adressé à Leurs Excellences Mgr le Délégué et M. lAmbassadeur, auquel tous deux répondirent, termina la séance. Mgr Giardini voulut bien clôturer la fête par la bénédiction du Saint-Sacrement.

    Le lendemain, dimanche, dans laprès-midi, la même séance récréative donnée par les élèves européennes à leurs surs japonaises de lorphelinat prolongeait les fêtes du cinquantenaire, dont le programme se terminait ainsi, mais qui resteront longtemps vivantes dans les souvenirs, portant avec elles un encouragement pour lavenir.

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    Le mercredi 26 avril, à 10 h. du matin, un très sérieux tremblement de terre, dont le centre était dans le détroit qui sépare la presquîle de Miura de celle dAwa, a fortement ébranlé Yokohama et Tôkyô. A Yokohama, quelques maisons du quartier chinois se sont écroulées, faisant trois victimes. Léglise de la paroisse européenne, au Bluff, a été quelque peu endommagée et les deux tours légèrement lézardées ; la maison dhabitation a surtout souffert : le toit et les cheminées sont à réparer, et le pavillon accolé à la maison du côté sud-ouest a tellement été éprouvé quun entrepreneur a conseillé de labattre.

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    Vers le milieu du mois de Mai est parvenu à larchevêché le décret de la Propagande enlevant à la Mission de Tôkyô deux départements : lAichi-ken et le Gifu-ken, pour constituer la Préfecture Apostolique de Nagoya, avec les trois départements de Fukui, Ishikawa et Toyama, détachés de la Préfecture Apostolique de Niigata. La nouvelle Préfecture Apostolique, qui sera provisoirement administrée par Mgr Reiners, est confiée, comme cette dernière, aux Pères du Verbe Divin.

    Nagasaki

    Lannée 1622 a été la plus sanglante de la longue et terrible persécution qui anéantit ou parut avoir anéanti la florissante Eglise du Japon. Sur les 205 Martyrs béatifiés par Pie IX le 7 Juillet 1867, 86 ont souffert la mort pendant cette année. Parmi ceux-là 55 furent immolés en même temps à Nagasaki le 10 Septembre : cest ce quon appelle le grand martyre. 25 furent brûlés vifs, 30 furent décapités. Dans le nombre il y avait 6 Pères et 3 Frères de lOrdre de S. Dominique, 3 Pères Franciscains, 2 Pères et 7 Frères de la Compagnie de Jésus. Cétait au fond de la rade de Nagasaki, au pied de la montagne Tateyama, à 100 mètres environ du lieu où avaient été crucifiés les 26 Martyrs de Février 1597. Une belle église, dédiée à Notre-Dame des Martyrs, sélève aujourdhui non loin de ces emplacements sanctifiés par le sang de ces vaillants Confesseurs de la foi.

    Le diocèse et particulièrement la ville de Nagasaki ne manqueront pas de célébrer avec ferveur le 300e anniversaire de lun des faits les plus glorieux de leur histoire religieuse.

    Osaka

    Le lundi, 24 avril, a débarqué à Kôbe notre confrère le P. Marmonier, de retour de France après un congé dun an. Nous voyons avec plaisir quil nous est revenu avec une santé un peu meilleure. Espérons que le climat du Japon ne défera pas trop vite luvre du pays natal. Le P. Marmonier est reparti dès le surlendemain pour rejoindre son poste de Maizuru.

    Le 3 mai, à 9 h. 45 du soir, le P. Marie nous a quittés pour un monde meilleur. Le 23 mars dernier, notre regretté confrère avait quitte son poste de Hiroshima, où il avait travaillé pendant 20 ans. Comme il était atteint dun cancer au foie, Monseigneur dOsaka lavait fait ramener à la Procure de Kôbe. Là il se trouvait au centre de la Mission et près de plusieurs confrères. Il y a reçu tous les soins et tous les secours spirituels réclamés par son état. Notre confrère sest préparé aussi bien que possible au grand voyage de léternité. Il à rendu le dernier soupir entouré de cinq de ses confrères, après une courte et paisible agonie. Ses funérailles ont été célébrées le samedi 6 mai, présidées par Monseigneur Castanier, qui a donné labsoute. 13 missionnaires et 3 prêtres japonais assistaient à la cérémonie. Le corps a été conduit au cimetière réservé aux Européens, accompagné par les représentants de toutes les communautés religieuses du diocèse et par une foule recueillie de fidèles, dont quelques-uns de ses anciens chrétiens de Hiroshima. Le P. Beuve était venu y représenter la Mission de Tôkyô et la Normandie, petite patrie du défunt.

    La population coréenne dans la ville dOsaka augmente rapidement En 1912, on ny comptait que 127 Coréens ; aujourdhui ils sont 9.871, dont la majeure partie est occupée dans des manufactures. Sur le nombre, quelques-uns sont mariés à des femmes japonaises ; mais une seule femme coréenne à épousé un Japonais.

    Hakodate

    Le vendredi 27 Mai, Mgr Berlioz, malgré ses 70 ans, sest embarqué à Yokohama pour lAmérique sur le Korea-maru, dans lintention de recueillir au Pays du dollar quelques ressources pour sa Mission, si durement éprouvée encore par lincendie de son église cathédrale à Hakodate.

    Que la bonne Providence bénisse ce voyage et celui qui lentreprend par zèle apostolique !

    Seoul

    Cest dans tout le pays une sécheresse extraordinaire et une chaleur anormale. Le dimanche 28 Mai à Seoul le thermomètre marquait 32º centigrades : pareille chaleur à cette époque ne sétait pas vue depuis plus de dix ans.

    La retraite annuelle des missionnaires a eu lieu du 1er au 7 Mai ; celle des prêtres indigènes du 15 au 21. Ce dernier jour, deux prêtres coréens, les PP. Paul Han et Alexis Kim célébraient leurs noces dargent sacerdotales.

    Le 10 Juin une ordination de 5 diacres et plusieurs minorés a été faite par Mgr. Devred dans la chapelle du Séminaire.

    Taikou

    Le 21 Mai a eu lieu la clôture de la retraite des prêtres indigènes. Mgr a célébré la messe pontificale au Séminaire, et, au salut de laprès-midi, les prêtres et les séminaristes ont fait la rénovation de leurs promesses cléricales.

    Notre mission na plus de séminaristes à Rome : des deux que Mgr y avait conduits, lun, gravement attaqué de la poitrine, a dû revenir dans son pays, lautre vient de mourir à Rome dune angine de poitrine.

    Mandchourie Méridionale

    Malgré les événements politiques et militaires du moment, le sacre de Mgr Blois, le 28 Mai, fut une fête très réussie. Rien ny manqua de ce qui donne de léclat à une cérémonie de ce genre : belle couronne dévêques, NN. SS. Mutel, Choulet, Demange, Devred et Gaspais ; non moins belle couronne de missionnaires européens et chinois, ceux du Vicariat au complet ; grand concours de chrétiens.

    NN. SS. de Corée sattendaient à trouver Moukden à feu et à sang ; or la capitale mandchoue jouissait de son calme habituel. Les missionnaires aussi, surtout ceux de la partie ouest de la Mission, se demandaient avec anxiété sils pourraient venir au sacre : tous firent le voyage sans difficulté aucune et regagnèrent de même leurs districts respectifs.

    Quant aux chrétiens, ils vinrent nombreux et de partout : on peut dire que toute la Mission fut présente au sacre par ses délégués. Et ceux-là ne vinrent pas les mains vides. Chaque district envoya ses présents : des panneaux et banderoles en riche soie, piqués de caractères chinois à la louange du nouveau Pasteur, et surtout le produit de substantielles collectes qui couvrirent entièrement les frais de la cérémonie. La chose vaut la peine dêtre signalée, parce que rare. Elle prouve que nos chrétiens peuvent contribuer aux frais du culte et le font là où cette nécessité et ce devoir leur ont été démontrés. La Mission, de son côté, ne lésina pas pour héberger les délégués des chrétientés. On peut dire que ce fut une vraie fête de famille, tout empreinte de joie et de cordialité.

    Sans les événements actuels, la fête aurait eu, il est vrai, un caractère plus brillant encore du fait de la présence des principales autorités de la province ; celle des Consuls de France, des Etats-Unis et du Japon nen fut que plus appréciée.

    Les cérémonies du sacre saccomplirent avec une rare perfection : le consécrateur fut Mgr Demange ; les assistants NN. SS. Devred et Gaspais.

    Aux agapes qui suivirent des toasts furent portés, naturellement ; mais le Bulletin se refusant par principe à toute épithète louangeuse, il est impossible den parler à ses lecteurs. Quils sachent seulement que M. le Consul de France, le P. Provicaire au nom des missionnaires, Mgr Gaspais et Mgr Demange, furent unanimes à prédire au consacré un épiscopat fécond. Mgr Blois remercia en termes exquis.

    Dans laprès-midi, Mgr reçut les félicitations et les vux des Séminaires, des Ecoles de la Mission, du Couvent des Vierges indigènes et des délégués des chrétientés.

    Une séance de gymnastique, donnée par les élèves de lEcole primaire supérieure de la Mission, fut un vrai succès et termina agréablement la journée.

    Après le repas du soir deux belles poésies furent dites par leur auteur, le P. Maillard.
    En résumé, belle et douce fête pour tous.

    Mandchourie Septentrionale

    Par décret de la Congrégation de la Propagande la partie est de la province de Kirin, soit vingt sous-préfectures formant les districts-civils du Ilantao et du Yenkitao, ont été détachées du Vicariat de Mandchourie septentrionale et unies au Vicariat de Ouensan, qui comprend déjà le nord de la Corée et est administré par les PP. Bénédictins de Sainte-Odile. La partie cédée renferme près de 10. 000 chrétiens, dont la plus grande partie sont des Coréens du Kientao (région de Yenki).

    Linsécurité continue à régner partout. On nentend parler que de brigands et de brigandages. Un Père chinois, rentrant de visiter ses chrétiens, a été poursuivi par les brigands et na dû son salut quà la rapidité de son cheval. Des bandes osent même sapprocher de Kirin et détroussent les voyageurs à quelques lys des portes. Un certain Kaocheupin, ancien général de division de lex-gouverneur Meng-en-yuen et son parent, sest mis à la tête dune bande de brigands, qui sest constituée en armée indépendante au nord de Ningouta. Une partie de la ligne Harbin-Vladivostock est entre les mains de ces rebelles, que lon dit payés par Ou Pei-fou. Kaocheupin a eu jadis des difficultés avec Tchang Tso-lin et profite des circonstances pour chercher à se venger. On ne peut prévoir quelle sera lissue de tous ces troubles.

    Sutchuen Occidental

    Notre confrère le P. Piel sest embarqué pour la France. Pendant on absence, cest le P. Ambroise qui administre son district de Sulin.

    Depuis quelques mois un mouvement anti-chrétien a été lancé dans tout le pays par les étudiants athées chinois. Nos étudiants setchouannais ont reçu de ceux de Pékin des télégrammes les adjurant de rejeter toutes les religions étrangères, qui sont un venin mortel pour la Chine. La presse locale, en termes extrêmement violents, a commenté en les appuyant les idées de cette jeunesse turbulente. Plusieurs réunions détudiants ont eu lieu dans lex-cité impériale, où lon a palabré longuement. Les élèves des écoles protestantes, Université de Lan-tai-se et autres, membres de la Y. M. C. A., ont apostasié à leur manière en supprimant purement et simplement le mot christian du titre de leur Association, devenue la Y. M. A. En réalité le protestantisme ne doit pas perdre grandchose, car les membres de la dite Association ne soccupaient que fort peu de religion : le sport et la politique étaient à la fois leur dogme et leur morale. Extérieurement, cest une défaite, et il faudra trouver dautres éléments pour redorer la façade du protestantisme et lui rendre cette vie apparente quil semblait avoir du fait de ces jeunes et peu solides adhérents.

    Les travaux de construction du Grand-Séminaire à Pin-gan-kiao touchent à leur fin : la rentrée pourra y avoir lieu en Septembre prochain. Le P. Couderc, Provicaire, en sera le supérieur ; le P. Laroche, professeur. Le P. Viret cumulera la Procure et la paroisse de la cathédrale.

    A Gan-io les étudiants chinois renvoyés de France ont fait afficher en pleine ville des placards injurieux pour la France.

    Sutchuen Oriental

    La retraite de nos prêtres chinois a été clôturée le samedi 6 Mai. Le lendemain, solennité de saint Joseph, Patron de la Chine, Mgr Chouvellon célébra une messe pontificale à laquelle assistèrent tous les retraitants, le clergé de la ville et plusieurs missionnaires de lintérieur : léglise S.-Joseph, où eut lieu la cérémonie, était complètement occupée par la foule des fidèles. Les chants furent exécutés par la chorale du Grand-Séminaire, sous la direction du P. Chaudier, Supérieur de cet établissement.

    Sutchuen Méridional

    Les Vicaires Apostoliques de la 4e région de la Chine (Setchoan, Kientchang, Kouytcheou, Yunnan et Thibet) doivent, dans le courant de cette année, tenir à Suifu leur réunion préparatoire au Concile national de 1923. La convocation est annoncée pour le mois dOctobre prochain. LAssemblée tiendra ses assises dans le nouveau Grand-Séminaire, situé à la campagne, près des faubourgs du Nord.

    Espérons que létat de troubles et de guerre civile dont souffrent nos provinces nempêcher a pas cette réunion, de laquelle peut résulter un grand bien pour la région en particulier et pour toute la Chine en général.

    Dernièrement. M. Baudez, Consul de France à Chengtou, de passage à Suifu, a bien voulu visiter le Grand-Séminaire et les établissements de la Mission : il sest montré très satisfait et a promis son concours le plus dévoué pour nos écoles denseignement moderne.

    Depuis quelque temps on entend parler de brouille entre tel ou tel de nos généraux, véritables potentats chacun dans sa région. Jusquici la peur den venir aux mains et la crainte de perdre lassiette au beurre les ont rendus prudents et nous ont permis de vivre en paix. Mais sera ce encore pour longtemps ?

    Kientchang

    Les troupes chinoises se sont enfin décidées à marcher contre les Lolos, qui depuis longtemps terrorisent nos frontières. Les barbares ont été défaits sur le territoire de San-ia. De Tatsieulou également, les Chinois sont entrés en campagne. Le plan du Gouverneur des Marches serait danéantir une bonne fois, par les armes ou par la faim, la gent lolo de ces parages. Puisse-t-il au moins la soumettre et la rendre inoffensive à lavenir.

    A loccasion de la fête de saint Joseph et du 50e anniversaire de la naissance de Mgr Bourgain, toute la chrétienté et tout le personnel enseignant et enseigné se sont joints aux missionnaires pour offrir à S. G. leurs vux et leurs félicitations.

    Dans son dernier numéro, le Bulletin na fait quune courte allusion aux incidents qui ont marqué larrivée en mission de notre jeune confrère le P. Le Mercier. Voici quelques détails sur ces dramatiques débuts dans la vie apostolique.

    Remis de langine qui lavait tenu au lit en la fête de Pâques, le Père se levait le jeudi suivant, et, le lundi de Quasimodo, mettait le cap sur le Kientchang. Comme il restait encore quelques formalités à remplir, le P. Burnichon sattarda au Vice-consulat de Yunnansen, puis il se lança sur la grandroute pour rattraper ceux quil croyait ly avoir précédé. Or les bagages, et avec eux le P. Le Mercier, sétaient engagés dans la petite route. Après 4 ou 5 heures de marche, à lentrée dun petit plateau, il rencontre un individu qui lui assène à limproviste un coup de crosse. Manquant son but, il atteint le cheval, qui part au galop. Les compagnons de voyage du Père, porteur et lettré, séclipsent au plus vite. Mais un autre bandit, baïonnette au canon, tient le débouché et, contraignant le Père à sarrêter, le frappe de plusieurs coups de crosse, dont le dernier, à la hanche, faillit le renverser. Sept ou huit brigands lentourent alors, le jettent à bas de son cheval et lui adressent un discours immédiatement suivi dune fouille minutieuse : poches, sacoche, tout fut expertisé et vidé : ces Messieurs cependant eurent lobligeance de rendre à leur victime son ordo et sa pipe ; après quoi, les mains liées derrière le dos, le Père est hissé sur son cheval et... en route pour la montagne.

    Vint à passer un Chinois à la tête de 3 ou 4 chevaux de bât. Bonne aubaine ! En un tourne-main il est ligoté et dévalisé. Tandis que les bandits sont affairés autour de lui, notre jeune confrère a lheureuse inspiration de répéter les deux seuls mots chinois quil connaisse : Chen-fou, chen-fou. Aussitôt les brigands se concertent, hésitent un instant, puis leur chef tranche les liens du Père, qui se hâte de profiter de la permission et de reprendre son voyage, si fâcheusement interrompu. Conduit par la Providence, après deux heures danxiété il retrouvait la caravane, puis, à létape suivante, le P. Burnichon, qui ly attendait.

    Enfin le 11 Mai il arrivait à Ningyuen, où la chaude réception de son Evêque et de ses confrères lui fit oublier tous les ennuis du voyage : il ne lui en restera quune connaissance prématurée de la Chine et de ses agréments.

    Thibet

    Région de Tatsienlou. Deux de nos séminaristes, après leur philosophie et leur théologie dogmatique, avaient reçu la tonsure. Comme ont continué à manifester de bonnes dispositions et de lattrait pour le sacerdoce, Mgr leur a conféré les deux premiers Ordres mineurs. Il ny avait pas eu dordination de ce genre depuis 1907. Fasse Dieu que nos deux nouveaux minorés persévèrent jusquau bout !

    Sur la frontière, vers Batang, la situation est mauvaise. Les Thibétains de la région, révoltés partout, battent les Chinois dans presque toutes les rencontres et leur tuent beaucoup de monde. Ces succès enhardissent les Thibétains, qui, se sentant forts, visent à se libérer totalement du joug chinois.

    Aux environs de Tatsienlou, à 3 jours de marche, un mouvement de conversions se dessine, et lon a bon espoir que la plupart des catéchumènes persévéreront. Il y faudrait consacrer un missionnaire ; malheureusement la Mission ne peut disposer daucun et lon use dexpédients qui ne donneront pas tous les résultats quon était en droit despérer.

    Et le Thibet ? Va-t-il souvrir enfin ? Des Anglais sont installés à Lhassa depuis novembre 1920 ; ils vivent en bons termes, paraît-il, avec les autorités indigènes. Un pasteur de lEvangelist Mission, en résidence à Tatsienlou depuis plus de 20 ans, au courant de la littérature et des murs du Thibet, tente un voyage jusquau cur du lamanisme. Il a quitté Tatsienlou le 8 mai dernier. Réussira-t-il ? Nous le saurons dans quelque six mois.

    Yunnan

    Notre nouveau gouverneur Tang Ki-yao récompense et utilise les chefs de brigands qui se sont mis à son service. Cest ainsi quil vient de nommer général le trop fameux Pou Siao-hong, lequel, avec ses pirates, sest mis à la poursuite de Lou Pei-kìn et de Ho Kan-tchen, tous deux adversaires de Tang Ki-yao, les a atteints à Tchen-lan-tcheou et les a mis à mort.

    La ville de Yunnanfu est remplie de réguliers, mais aussi dauxiliaires, dont la présence cause de nombreux méfaits : vols, enlèvements, représailles sur les anciens dignitaires, etc. Et nous sommes un peu à la merci de ces bandits.

    Lanlong

    Le Bulletin a annoncé, dans son numéro de Juin, la création de cette nouvelle Préfecture Apostolique, formée de la partie S.-O. du Kouy-tcheou et du N-O. du Kouangsi.

    A peine née la pauvre Mission a subi une terrible épreuve. Le jour même de Pâques, dans laprès-midi, deux bandes de pirates venus du Kouangsi pénétrèrent dans la ville de Hin-y-fou, la livrèrent au pillage, en incendièrent une partie, puis se retirèrent, emmenant captives environ 2. 000 jeunes filles ou femmes, pour la délivrance desquelles la ville dévastée devra verser 80.000 piastres. Lirritation populaire est à son comble. Lorsquun des pillards peut être saisi, il est immédiatement lynché ; on découpe sur son cadavre quelques livres de chair quon fait cuire sur place et cest à qui pourra en recevoir un morceau pour le manger aussitôt. Ça a le goût de la viande de buffle, dit, tout souriant, un petit lettré bachelier.

    Telles sont les murs de nos Dioi. Ils ne comprennent pas encore la parole du Maître : Diligite inimicos vestros ; benefacite his qui oderunt vos.

    Canton

    Le Tablet de Brooklyn publie une lettre du P. Taggart, dans laquelle notre jeune confrère américain se félicite des progrès de la religion à Yeungkong, chrétienté dont il a la charge : déjà mille baptisés et autant de catéchumènes. Si les Français, ajoute-t-il, avaient à Canton quelque chose comme une école pour la formation des teachers, nous pourrions doubler ce nombre en six mois. Le zélé missionnaire attend beaucoup des religieuses de Maryknoll et dun docteur américain quil espère obtenir, et, dit-il, une fois les Surs au travail, je considère comme une simple question de temps que Yeunkong devienne aussi catholique que nimporte quelle ville dIrlande. Puisse lavenir réaliser ces brillantes espérances !

    Le P. Hodgins, de la Mission de Maryknoll, est décédé à lhôpital des Surs de S.-Paul à Hongkong dans la nuit du 23 Mai. Les funérailles ont eu lieu le lendemain.

    Mgr Gauthier a officié pontificalement à la cathédrale de Canton en la fête de la Pentecôte.

    Swatow

    La campagne antireligieuse dont il a été question dans le dernier numéro du Bulletin semble sêtre calmée. Serait-ce quen haut lieu on aurait trouvé que le mouvement pouvait aller trop loin, ou bien les événements dans le Nord et les troubles à Canton ont-ils attiré lattention sur dautres sujets de plus dactualité ? Quoiquil en soit, la menace a réveillé les esprits et fait toucher du doigt la nécessité davoir des écoles de tout genre, pour nos chrétiens dabord, et aussi pour les honnêtes païens qui ne tiennent pas à confier leurs enfants à des écoles où ils apprendront surtout les théories de Karl Marx. Puisse ce réveil être de longue durée et nous faire parvenir à la réalisation de tous les projets qua fait naître la menace de persécution !

    Après une accalmie de 10 ans, la peste bubonique a de nouveau fait son apparition dans la région de Swatow ; elle fait de grands ravages dans les districts de Foungchoun, Kaying, Taipou.

    Kouangtong Occidental

    Le sacre de notre premier Vicaire Apostolique, Mgr Gauthier, a eu lieu à Hongkong le 25 Mai, fête de lAscension. Grâce à lobligeance de Mgr Pozzoni, la cathédrale avait reçu une décoration de très bon goût, en rapport avec la grandiose cérémonie qui allait se dérouler sous ses voûtes.

    Le Prélat consécrateur fut Mgr de Hongkong ; les Assistants, Mgr Rayssac et, à défaut dun troisième évêque, le P. Fourquet, Supérieur de la Mission de Canton. Dans le chur avaient pris place les représentants des diverses Sociétés de Missionnaires : PP. Dominicains, Jésuites de Shiou-hing, Missions-Étrangères de Milan, Américains de Maryknoll, dont Mgr Gauthier fut linitiateur à la vie apostolique, sans compter les missionnaires français de la nouvelle Mission, de Canton et de Hongkong même. M. Kremer, Consul de France, et le dévoué Dr Vadon avaient tenu à apporter à Mgr Gauthier le salut de la lointaine patrie, toujours aimée.

    Les cérémonies se déroulèrent avec toute la solennité quelles comportent, sous les regards sympathiques dune très nombreuse assistance, et ce ne fut pas sans une vive émotion que lon vit savancer à travers les rangs pressés des fidèles, les bénissant du meilleur de son cur, le nouveau Pontife avec tous les insignes de sa dignité. La cérémonie achevée, il fut difficile à Mgr de Dobera déchapper à lempressement presque importun de ses chrétiens dhier, qui réclamaient une bénédiction spéciale : son cur paternel, du reste, sy serait refusé.

    Et maintenant nous avons regagné nos vastes districts, résolus plus que jamais à répandre la divine semence, sous la direction de notre nouveau Pasteur et à réaliser, nous aussi, sa devise : In itineribus spe, à lexemple du grand saint Paul, le modèle de tous les prédicateurs évangéliques. Sic nos Deus adjuvet !

    Kouangsi

    Les derniers événements nous font espérer le retour de la paix au Kouangsi. Les Cantonais nous avaient quittés en grande partie dès la fin dAvril. A Nanning il restait encore environ dix mille hommes ; mais les Kouangsinais guettaient loccasion propice de rentrer dans leur capitale et, rassemblés dans les environs au nombre de trente mille, préparaient un mouvement enveloppant. Le 18 Mai, les Cantonais tentèrent une sortie, mais ils furent promptement refoulés jusque sous les murs de la ville. Le combat, très violent, dura jusquau soir ; les balles pleuvaient sur nos toits et dans nos fenêtres. La population affolée se précipitait chez les Européens et surtout dans nos établissements. Le lendemain, les Kouangsinais attaquaient de nouveau de trois côtés au nord du fleuve : leur tactique était de laisser un passage libre au sud, afin déviter un combat dans la ville même, ce qui eût été un désastre. Les Cantonais comprirent que leur seul moyen de salut était la fuite. Pendant la nuit du 19 au 20 Mai, ils franchirent le fleuve et séloignèrent précipitamment. Le 20 au matin les Kouangsinais, acclamés par la population, rentraient triomphalement dans la ville. Cest le premier gros succès quils remportent depuis leur débâcle de Juin 1921.

    Sils savent se modérer et ne pas chercher à assouvir leur vengeance en poursuivant trop loin les Cantonais, la paix refleurira peut-être dans notre pauvre province ruinée. Tout est à réorganiser : communications, commerce, finances, etc.; il faut rappeler les paysans dans les campagnes abandonnées, rebâtir des milliers de villages incendiés, dissoudre de nombreuses bandes de pillards encore éparses çà et là.

    Le Kouangsi avait voulu dominer Canton : lambition la perdu Canton a voulu terroriser le Kouangsi : sa cruauté la perdu à son tour.

    Puisse cette triste guerre avoir donné à lun une leçon de modération, à lautre une leçon dhumanité. Et vienne le jour où les frères ennemis se donneront le baiser de paix et de réconciliation !

    Tonkin Occidental

    Les fêtes civiles et religieuses en lhonneur de sainte Jeanne dArc ont été célébrées avec un éclat exceptionnel dans tous les centres du Tonkin, particulièrement à Hanoi. Le matin à 7 heures, revue des troupes, à laquelle assistait Mgr Gendreau à la tribune officielle. A 8 h. ½, à la cathédrale, messe solennelle célébrée par Mgr Gendreau, avec le concours de la maîtrise de lEcole Puginier. Le sermon fut donné par le P. Dronet, curé de Hanoi. Pendant la messe une quête fut faite au profit de la commune de Hauviné, en Champagne, ruinée par la guerre et adoptée par Hanoi.

    Le samedi 27 Mai, Mgr Bigollet a fait en léglise de Keso une ordination de 4 prêtres, 2 diacres, 3 sous-diacres, il minorés et 6 tonsurés.

    La foudre est tombée sur une des tours de la cathédrale de Hanoi, mais heureusement sans causer de dégâts sérieux.

    Cochinchine Septentrionale

    Dans son numéro de Mai le Bulletin a donné la traduction de lOrdonnance de S. M. le Roi dAnnam au sujet de la fête nationale instituée pour lanniversaire de la restauration de sa dynastie en 1802.

    Conformément au vu de S. M. une cérémonie religieuse très solennelle a eu lieu le dimanche 28 Mai (2e jour du 5e mois) à la cathédrale de Hué, richement décorée pour la circonstance. S. G. Mgr Allys célébra la messe pontificale en présence dune foule innombrable.

    On a eu lheureuse idée de reproduire devant la cathédrale la statue de Saigon : Mgr dAdran et le Prince Canh. Le visage et les mains ont été modelés par un artiste indigène ; la soutane violette de lEvêque et le vêtement doré du jeune Prince, en belle soie annamite, faisaient un effet merveilleux.

    Puisse cette grandiose solennité contribuer à laccroissement du royaume de Dieu en notre cher Annam !

    Trois jours auparavant, en la fête de lAscension, une autre cérémonie avait déjà mis en joie la paroisse française de Hué : Mgr y baptisait deux belles cloches. Léglise nen avait quune : la voilà maintenant dotée dun harmonieux carillon. Ce sont les catholiques de Hué, des Français surtout, mais aussi des Annamites, qui, grâce au zèle industrieux du P. Léculier, ont fait ce don à leur paroisse.

    Le 10 Juin Mgr Allys a ordonné un diacre, deux sous-diacres et un minoré.

    Cambodge

    La fête de sainte Jeanne dArc a été célébrée dignement et officiellement dans tous les postes français. Rues et édifices publics étaient pavoisés. A Phnompenh, à lissue de la revue, les autorités civiles et militaires se rendirent à léglise du Sacré-Cur pour y assister à la messe.

    Mgr Bouchut a fait une longue tournée de confirmation dans plusieurs districts de la Basse-Cochinchine. S. G. a béni une petite église dans le district du P. Quimbrot.

    La dernière réunion des anciens élèves des Frères des Ecoles Chrétiennes comptait 64 présences : cest un bel encouragement pour lavenir.

    Siam

    Nous avons reçu de lAmerican Presbyterian Mission in Siam le compte rendu annuel de ses travaux au Siam et au Laos durant 1921. Puisque lon dit couramment : Fas est et ab hoste doceri, nhésitons pas à reconnaître publiquement que les pasteurs protestants du Siam et du Laos travaillent pour leur cause sur une vaste échelle. Leurs colporteurs distribuent médicaments et Bibles à profusion. Après avoir traduit la Sainte-Ecriture en siamois et en laocien, ils lont imprimée à Chiengmaï (Siam), à Yokohama, à Rangoon et à Paris. Le total de vente ou de don de la Bible entière ou de ses parties atteint, pour 1921 seulement, 136.884 exemplaires, avec un excédent de 60. 984 sur 1920.

    Ces chiffres ont leur éloquence, mais ne signifient pas, heureusement ! que la population protestante ait augmenté dans la même proportion. Dailleurs savoir le nombre exact des protestants presbytériens (il y a dautres sectes) au Siam et au Laos est pratiquement impossible. Leur propagande livresque atteint une quantité considérable de gens, cest certain ; mais combien de lecteurs de la Bible savouent protestants et combien surtout pledged themselves to live the christian life ? Nul ne le sait avec précision.

    Néanmoins nous sommes loyalement obligés de dire, nous, missionnaires catholiques, que certains de ces missionnaires protestants ont une réelle valeur intellectuelle, scientifique et morale, une foi sincère dans leur apostolat et un zèle soutenu. Sils ne sèment pas la Bonne Nouvelle, ils essaient du moins, et non sans résultat, délever le niveau moral et social des Siamois et des Laociens. Leurs écoles, leurs dispensaires, leurs hôpitaux (même leurs asiles de lépreux, que le gouvernement siamois vient de reconnaître officiellement et subventionne depuis Mai 1922) ont donné dexcellents résultats. Ils font donc uvre utile ici, et Celui qui scrute les reins et les curs tiendra compte de leur travail et de leur bonne volonté.

    Malacca

    Teluk-Anson, chef-lieu du Bas-Perak, est une jolie ville de 10.800 habitants, située au confluent du Perak et de la Batang-Padang. Le dimanche 30 avril, la chrétienté de cette ville était en fête, car Monseigneur Mérel, Archevêque de Craina, y bénissait solennellement la première pierre de la nouvelle église Saint-Antoine. Les paroissiens étaient heureux dassister enfin à cette cérémonie quils attendaient depuis si longtemps. En effet, après le terrible incendie de 1914, qui détruisit complètement la vieille église, ils avaient dû se contenter dune bien modeste chapelle provisoire construite en planches et couverte en attaps.

    Tout semblait conspirer pour retarder lérection dune église plus digne de saint Antoine et de Teluk-Anson. Dabord la guerre est venue avec toutes ses conséquences : départ du missionnaire en charge, cinq ans dabsence ; puis le slump du caoutchouc, qui a tari si inopportunément les générosités les mieux disposées. Mais saint Antoine ne sa voue pas facilement battu ; malgré toutes les difficultés il veut avoir son église, et il laura.

    Les chrétiens de Teluk-Anson, la plupart coolies indiens, ne sont pas des Crésus. Cest dire que la nouvelle église ne ressemblera que de loin à Notre-Dame de Paris. Toutefois elle sera bien convenable et assez spacieuse ; ce qui est lessentiel. Avec ses 120 pieds de long, sacristie et clocher compris, 30 pieds de large, deux bras de croix, elle sera actuellement plus que suffisante pour contenir les fidèles les dimanches ordinaires. Quant aux jours de grandes fêtes, où lassistance est facilement doublée, elle sera tout de même assez vaste pour recevoir la foule des coolies auxquels il faut peu de place. Avec eux, quand il y a de la place pour dix, on arrive facilement à en trouver pour vingt.

    Il y a tout lieu, despérer que dans huit à dix mois on pourra procéder à la bénédiction de la nouvelle église. Cest avec joie que nous regardons les murs qui montent à vue dil. Les maçons chinois sont de rudes ouvriers. Si leur travail manque trop souvent de précision et de fini, il nen est pas de même pour la rapidité dexécution.

    Daigne le bon saint Antoine protéger et conduire à bonne fin cette uvre entreprise en son honneur !

    Birmanie Méridionale

    Les PP. Mamy et Joseph Mourlanne nous sont revenus après un séjour dun an en France. Le premier a reçu la charge des écoles birmanes, anglo-birmanes et normale de Thonze, fondées jadis par Mgr Perroy et doù sont sortis depuis vingt ans tous nos maîtres décole chrétiens. Obligé de quitter ladministration de ces écoles pour celle du diocèse entier, Mgr Perroy a invité lancien Procureur à continuer son uvre. Et les confrères, habitués jadis à avoir le P. Mamy constamment à leur service, se consoleront à la pensée quil travaillera encore pour tout le monde.

    Le P. Joseph Mourlanne prend en main la direction du Petit-Séminaire, confiée jusquà ce jour à un prêtre indigène. Au programme des études ont été ajoutés langlais et le pali ou haute littérature birmane.

    Dans la mission tamoule, le P. Sellos, qui a déjà une belle école anglo-tamoule pour les garçons, au nombre de 400 élèves, ouvre cette année une école semblable pour les filles, sous la direction des Surs de Saint-Joseph de lApparition : le brave Père est de ceux qui nattendent pas dêtre riches pour fonder des uvres.

    Au concours provincial des écoles anglaises, la première place a été obtenue par une élève dune de nos écoles catholiques.

    Birmanie Septentrionale

    Une attaque de malaria a conduit Mgr Foulquier à lhôpital de Maimyo, où, à peine remis, il a dû subir une opération point dangereuse, heureusement, qui ly a retenu encore quelque temps.

    La tournée pastorale chez les PP. Gilhodes et Juéry, dans les montagnes Kashines et les pays Shans, a été faite par le P. Hardy, provicaire. Là haut, à 6.000 pieds daltitude, nos confrères se portent bien ; malheureusement il nen est pas de même pour ceux qui évangélisent la vaste plaine de Bhamo.

    Laos

    Notre nouveau Vicaire Apostolique, Mgr Ange-Marie-Joseph Gouin, est né à Maxent, dans le diocèse de Rennes, le 7 Décembre 1877. Missionnaire au Laos depuis 20 ans, il y a acquis cette expérience qui assurera à son épiscopat des résultats fructueux.

    On espère que la cérémonie du sacre pourra avoir lieu au mois de Septembre prochain.

    Pondichéry

    La ville de Pondichéry possède une uvre de Jeunesse des plus florissantes, qui a choisi le nom, poétique et suggestif, de le Nid. Sous limpulsion de son zélé directeur, le P. Biaise, elle mène de front avec un égal succès les sports et létude des questions religieuses et sociales. Cette année, le 8 Avril, 60 membres du Nid ont donné une représentation du drame de la Passion de Notre-Seigneur. Parmi les 12 tableaux que comportait le drame sacré, ceux qui ont fait le plus dimpression sont : lEntrée de N.-S. à Jérusalem, la Cène, le Baiser de Judas, le Chemin de la Croix, le Crucifiement et lApothéose finale. Des churs de Méhul, Gounod, Massenet, accompagnaient les tableaux vivants.

    S. G. Mgr lArchevêque, S. E. M. le Gouverneur, M. le Maire de Pondichéry, assistaient à la représentation, qui fut à la fois un succès pour les exécutants et une édification pour les auditeurs, dont le nombre dépassait un millier.

    Le samedi 20 Mai a eu lieu lordination de 3 prêtres, un sous-diacre, un minoré et 4 tonsurés, parmi lesquels un des prêtres appartient au diocèse de Coïmbatore, le minoré et deux des tonsurés au diocèse de Kumbakônam.

    Coïmbatour

    Le 9 Avril dernier Podanur était en fête pour célébrer le baptême dune cloche. Malheureusement Monseigneur lEvêque, empêché par une douloureuse sciatique, ne put sy rendre. Son Vicaire général fut délégué pour faire la cérémonie. Le Père Vieillard, en termes éloquents, expliqua aux fidèles nombreux qui remplissaient léglise comment la cloche est le porte-voix de Dieu, de lEglise et du Pasteur. Le Père Petite, Curé de Podanur et Chapelain du Railway depuis bientôt 15 ans, na cessé de travailler à lagrandissement de son église. Il la récemment embellie dun superbe clocher que la nouvelle cloche anime maintenant de sa voix harmonieuse.

    Le Curé de la Cathédrale de Coïmbatore a, cette année encore, organisé un concours de catéchisme entre ses six écoles paroissiales. Les examens furent suivis de ce quil appelle la Fête des Enfants. Le 29 Avril il y eut Communion générale denfants et distribution de prix. Cétait un spectacle consolant pour le cur du Pasteur, qui considère cette petite fête annuelle comme un moyen efficace de combattre lignorance religieuse et dexciter dans lesprit des maîtres et des élèves une bienfaisante émulation.

    Pendant le mois de Mai Mgr lEvêque a fait sa tournée pastorale annuelle aux Nilgiris et a donné la confirmation dans les paroisses florissantes de Coonoor, Wellington et Ootacamund.

    La Mission de Coïmbatore compte maintenant un prêtre indigène de plus dans la personne du P. Marisoosay qui fut ordonné le 20 Mai dernier dans la Cathédrale de Pondichéry.

    Le 25 Mai, en la fête de lAscension, le Père Perrière était de retour à Coïmbatore après un séjour de près de deux ans en France. Le climat de la Mère-Patrie a visiblement amélioré la santé de ce cher Confrère, qui a repris ses fonctions de Supérieur du Petit-Séminaire.

    La joie que son retour a causée à la mission a été suivie de près par un deuil douloureux. Le cher Père Briand est mort presque subitement le 28 Mai. Il tomba en syncope en assistant Mgr lEvêque dans les cérémonies de la Confirmation dans léglise de Coonoor ; transporté à la sacristie, il y mourut quelques instants après, malgré les soins immédiats qui lui furent prodigués. Encore un bon Confrère et un bon missionnaire de moins.

    Partez, partez, car nos frères succombent,
    Le temps, la mort ont décimé leurs rangs ;
    Ne faut-il pas remplacer ceux qui tombent ?.

    Kumbakônam

    Le 31 Mai, Mgr Chapuis bénissait à la fois trois mariages dans la petite église de Mayavaram. Ce jour-là M. David Nadhar, le chrétien le plus influent de la localité, le Chairman (maire) de la ville, mariait en même temps son fils, sa fille et sa nièce. Pour avoir une idée du faste déployé en la circonstance, il faudrait relire les Mille et une Nuits : habits de soie rouge lames dor venus de Bénarès, coiffures dorfèvrerie en or, bracelets dor, ceintures dor, énormes colliers dor ; fêtes de nuit, qui ne font que continuer les merveilles de la journée ; processions nocturnes dans lesquelles sen vont les nouveaux mariés entourés de leurs invités et dune foule de curieux. Où sen vont-ils ? Ils font leur voyage de noce. Jadis sur le dos dun éléphant, aujourdhui en motor-car, ils parcourent lentement les rues de la ville, à la lueur dune centaine de grosses lampes à incandescence, dont la lumière aveuglante prend comme une teinte bleuâtre par leffet de la lueur rouge des feux de bengale qui brûlent sans discontinuer ; le bruit des bombes et des pétards les accompagne. Tout cela parle aux yeux, tout cela fait du bruit et, pour ces raisons, tout cela plaît à nos Indiens. Sous ce rapport les mariages du Chairman auront été un vrai succès.

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    Dernières Nouvelles de Paris.

    Le 2 Mai Monseigneur partait pour Lyon accompagné par le P. Mollat, pour participer au triduum solennel célébré dans léglise primatiale à loccasion du centenaire de luvre de la Propagation de la Foi. Larchevêché lui réservait lhospitalité la plus cordiale ; Son Eminence le Cardinal Maurin, Mgr Bourchany, son auxiliaire, Mgr Béchetoille, président du Conseil de la Propagation de la Foi de Lyon, donnèrent à notre Supérieur, à notre Société et à nos uvres les plus sincères et les plus délicats témoignages de sympathie.

    Le 3 mai un déjeûner, présidé par Son Eminence elle-même, réunissait au Musée de la Propagation de la Foi Mgr Bourchany, auxiliaire, Mgr Le Roy, supérieur du St-Esprit, Mgr Thévenoud, des Pères Blancs, Mgr de Guébriant, tous les membres du Conseil de la P. F., le Directeur des Missions Catholiques et diverses personnalités ecclésiastiques de la ville de Lyon. Des toasts furent portés par Son Eminence, Mgr de Guébriant, Me Jaquier, avocat. Le soir, pour la clôture du triduum, à 8 h. ½, la cathédrale S.-Jean était trop petite pour contenir la foule qui sy pressait ; une heure durant Monseigneur parla à cet auditoire de plus de 3. 000 personnes, qui lécoutait avec une attention passionnée, dans un silence impressionnant.

    Le matin, Monseigneur avait célébré la messe à N.-D. de Fourvière, où ont prié tant de nos missionnaires, et dans la journée il rendait visite au Directeur des Missions Catholiques, au Séminaire des Missions Africaines de Lyon, à lInstitution Lesdrade.

    Le lendemain, 4, Monseigneur rentrait à Paris, trop tard cependant pour assister à la fête du centenaire, célébrée avec beaucoup déclat dans notre Séminaire, sous la présidence du Cardinal Archevêque de Paris. Le matin le P. Robert, Assistant, avait célébré la messe solennelle, à laquelle assistaient les membres du Conseil de la Propagation de la Foi de Paris et les représentants des diverses Sociétés de missionnaires. Le Cardinal Dubois a prononcé une allocution à la chapelle et parlé à nos aspirants à la salle des exercices. A midi Son Eminence daignait présider notre déjeûner, auquel prenaient part une vingtaine dinvités.

    Monseigneur a passé la journée du 6 à Amiens, où se trouve un groupement très important et très actif de luvre des Partants (120 associées). Déjeûner chez M. Antoine, député, dont la dame est la dévouée présidente de notre uvre. A 2 h. ½, visite de lexposition des travaux, à louvroir, conférence aux Dames, salut du St-Sacrement. Mgr Lecomte, ancien supérieur des Petit et Grand-Séminaire de Cambrai, sest plu à rappeler quil compte bon nombre de ses enfants dans notre Société et a tenu à avoir Monseigneur à dîner. Invité par M. le Supérieur, Monseigneur avait fait une lecture spirituelle au Grand-Séminaire avant midi.

    Dimanche 7, Journée de Missions à la paroisse St-François-Xavier. Le P. Robert, Assistant, a prêché à la messe de onze heures. Pendant ce temps, Monseigneur bénissait au Collège Stanislas le monument élevé à la mémoire des anciens élèves de la maison tombés au champ dhonneur. Entre tant dautres morts glorieux, le Collège Stanislas a lhonneur de compter Guynemer parmi ses anciens élèves.

    Le 9, Monseigneur présidait le pèlerinage à N.-D. des Vertus à Aubervilliers ; une fête de la Ste-Enfance à la Rue de Sèvres (1.200 enfants) le 12 ; la fête de Jeanne dArc dans la paroisse St-Michel le 14.

    Le P. Ouillon est nommé procureur à Singapore. Nos-bien sincères félicitations et nos meilleurs vux.

    Mgr Cuaz, cloué sur le lit par une attaque de rhumatisme depuis deux mois, a eu le plaisir de recevoir la visite de Mgr de Guébriant et des P. P. Mollat et Depierre à leur passage à Lyon. Que les douces journées de Mai rendent au vénéré prélat souplesse et vigueur, cest notre vu très ardent.

    Monseigneur se rendra à Rome pour assister au Congrès Eucharistique et au 3e centenaire de la S. C. de la Propagande.

    Le P. Depierre a repris ses tournées apostoliques dans les diocèses de St-Brieuc, Coutances, Séez. Le P. Martin, retour de Touggourt, va partir porter la bonne parole en Auvergne. Le P. Sacré, qui en est déjà à sa 18e conférence, va continuer son effort dans le diocèse de Luçon.

    A la St-Pierre nous aurons une ordination de 4 prêtres, 3 sous-diacres, 1 minoré, 5 tonsurés. Après lordination et le départ en vacances des aspirants aura lieu la retraite pour les confrères du Conseil Central et du Séminaire.

    Notre fidèle serviteur depuis 30 ans, M. Clément, malade, a dû nous quitter pour essayer de refaire sa santé au pays natal.

    1922/362-385
    362-385
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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