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Chronique des Etablissements communs et des Missions 6

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Le Séminaire a eu lhonneur de recevoir Mgr de Ropp, Archevêque de Mohilev, métropolite de Russie, retour de Rome par Lourdes. Ancien prisonnier des geôles bolchevistes, exilé de son territoire, léminent prélat consacre sa verte vieillesse à lorganisation du recrutement sacerdotal pour son immense diocèse, qui, sans compter la Sibérie et la Petite-Russie, ne compte pas moins de 67 centres paroissiaux. S. G., qui parle très bien le français, a fait une lecture spirituelle à la Communauté.

    S. E. le Cardinal Bégin est venu encore une fois cette année, avant de repartir pour Québec, nous apporter le témoignage de la vieille amitié dont il honore notre maison.

    Le P. Léculier nous est arrivé en excellente santé. Il sera chargé de la Procure des Commissions, travail auquel linitiera le P. Bellamy, qui y a acquis tant de compétence et y a rendu de si précieux services depuis 18 mois.

    Le P. Lefèvre est nommé Directeur des Frères Coadjuteurs.

    La Société compte désormais 37 Missions : le Bref dérection de la Préfecture Apostolique de LANG-LONG nous a été envoyé à la fin de Mars. La nouvelle Mission comprend 9 sous-préfectures du sud-ouest du Kouytcheou et 3 sous-préfectures du nord-ouest du Kouangsi. Elle aura pour supérieur un Préfet Apostolique sans caractère épiscopal.

    Le Comité dérection de la Chapelle de la Reconnaissance à Dormans (Marne) ayant proposé à la Société des M.-E. la cession à bail du château de Dormans et du parc qui lentoure, la Société a accepté : un bail a été conclu, qui entrera en vigueur le 1er Juin.

    Le 26 Mars, Mgr le Supérieur assistait à Saint-Sulpice, entouré dune délégation daspirants, à une solennité pour les Missions présidée par S. E. le Nonce Apostolique.

    Le 31, à Saint-Germain-des-Prés, service funèbre pour le repos de lâme de Mme Henry Simon dArmonville, présidente générale de luvre Apostolique. Après la messe, célébrée par Mgr Boucher, directeur, Mgr de Guébriant a tenu à donner labsoute. Nos confrères auront un souvenir dans leurs prières pour cette insigne bienfaitrice des Missions.

    Le P. Dépierre est satisfait de laccueil reçu dans les diocèses de Rennes et de Vannes. Le P. Sacré commence une série de conférences dans le diocèse de Luçon.

    Au commencement du 2e semestre de lannée scolaire (1er Mars), notre Séminaire comptait 103 aspirants, dont 45 à Paris, 47 à Bièvres, et 11 à larmée. Sur ce nombre, il y a 2 prêtres, 4 diacres et 14 sous-diacres, 44 diocèses de France, 3 de Belgique, 2 du Canada et 1 de Suisse y sont représentés. Bayonne et le Puy ont chacun 7 aspirants ; Strasbourg et Angers, 5 ; Rodez, Rennes, Lyon, Paris et Albi, 4 ; Coutances et Vannes, 3.

    *
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    Le Bulletin a annoncé, dans son numéro de Mars, que Mgr de Guébriant avait été nommé, en même temps quArchevêque de Marcianopolis, Assistant au Trône pontifical et Comte romain. Voici le texte officiel du Bref qui lui confère ces deux dernière dignités. Elles ne sauraient rien ajouter au profond et filial respect que nous portons tous à notre vénéré Supérieur, mais elles accroissent notre fierté de combattre sous un tel Chef pour la cause de Dieu.

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    VENERABILI FRATRI JOANNI-BAPTISTÆ DE GUEBRIANT,
    Archiepiscopo titul. Marcianopolitano.
    Benedictus PP. XV.

    Venerabilis Frater, Salutem et Apostolicam Benedictionem. A dilecto Filio Nostro Gulielmo VAN ROSSUM, Sacræ Congregationi DE PROPAGANDA FIDE Præposito, magna cum animi voluptate comperimus, quas egregias animi ingeniique laudes in Visitatione Apostolica per regiones Sinarum et Siberiæ, nuper a te expleta, ostenderis, et præsertim quantum in te effulserit animarum salutis studii, prudentiæ rerumque usus, commoditatisque propriæ contemptus. Neque ignoramus iis te virtutibus in ceteris tibi creditis muneribus enituisse, præsertim qua Vicarium Apostolicum de Canton, atque hodie enitere uti moderatorem Societatis Parisiensis pro Missionibus ad exteras nationes. Quapropter, ut, votis ejusdem Purpurati Patris concedentes, debito te præmio exornemus, quo peculiarem benevolentiæ Nostræ significationem tibi exhibeamus, hisce te Litteris Nostris, Apostolica auctoritate, Venerabilis Frater, privilegiis atque honoribus EPISCOPORUM PONTIFICIO SOLIO ADSTANTIUM afficinius. Propterea te inter PRÆLATOS NOSTROS DOMESTICOS adnumeramus ac NOBILEM te, eadem auctoritate Nostra, creantes, titulo COMITIS te exornamus et concedimus, ut singulis quibusque privilegiis ac juribus frui possis, quibus viri comitatensi titulo auctis uti possunt poteruntque in futurum. Com moditati autem ac spinituali quoque utilitati tuæ prospicientes, ita pnivilegium Oratorii privati concedimus tibi, ut licite queas in domibus catholicorum tuæ vel alienæ dicesis, quæ Apostolica auctoritate Oratorii privati indulto fruantur, et in quibus non hospiteris ( si enim ibi hospitio exceptus eris, id ex jure communi perages), Missam quotidie celebrare alteramque in tua præsentia jubere, præsertim in Sacrificii per te peracti gratiarum actionem, quin ullum ibidem ejusmodi indulgentiis damnum obvenire existimetur: quæ utraque Missa singulis inhabitantibus domum, tuisque familiaribus implendo festis quibusque diebus ecclesiastico præcepto suffragetur. Facultatem tibi præterea facimus vestes prælatitias ex serico gestandi, pariterque tibi jus damus in Pontificiis Cappellis locum obtinendi Antistitibus Nostro Solio adsistentibus reservatum. Porro statuimus, ut hujus dignitatis in te conlatæ notitia ad ACTA Conlegii Episcoporum Pontificio Solio adstantium ex officio transmittatur. Non obstantibus Apostolicis Constitutionibus et Ordinationibus, nec non speciali individua mentione et derogatione dignis ceteris contrariis quibuslibet. Datum Romæ, apud Sanctum Petrum, sub annulo Piscatoris, die XV mensis Januarii, an. MCMXXII, Pontificatus Nostri octavo.


    Sig. Card. GASPARRI,
    (ANNULUS PISCATORIS) a Secretis Status.
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    Procure de Rome

    Le contrat dachat de notre nouvelle Procure a été signé le 14 Mars. Cet immeuble est situé près de la Porte Pia, sur le boulevard Policlinico. On nenvisage pas encore le transfert des services de lancienne Procure à la nouvelle : des aménagements nécessaires sont à prévoir.

    Procure de Marseille

    Le 25 Mars, les PP. Mourlanne et Mamy se sont embarqués pour leur mission de Birmanie Méridionale.

    Montbeton

    Le P. Guillot a quitté le sanatorium pour aller remplacer pendant quelques semaines laumônier de la clinique Saint-Martin, à Josselin (Morbihan).

    Le P. Sovignet, Vicaire général de Kumbakônam, est reparti dans sa famille pour préparer son retour en mission.

    Nagasaki

    Avant de quitter le Japon, le Prince de Galles a voulu honorer dune courte visite la ville de Kagoshima, peut-être pour effacer jusquaux derniers souvenirs du bombardement par les Anglais en 1863 de cette capitale du fameux clan de Satsuma.

    Le premier groupe présenté au Prince a été, tout naturellement, celui des Anglais résidant dans la région et dont la plupart étaient des pasteurs protestants. Heureusement le chef de la nouvelle Mission catholique de Kagoshima, un Canadien français, sujet du roi Georges, par conséquent, mais portant la bure et la corde de saint François, faisait partie du groupe. Il a donc, lui aussi, reçu une gentille poignée de main, accompagnée de quelques mots aimables, dautant plus aimables quils étaient prononcés en un français très correct et pur de tout accent anglais. Les journaux de la localité nont pas manqué den faire la remarque, et nos chrétiens en ont été très fiers.

    Le P. Raguet, un vétéran de lapostolat catholique à Kagoshima et belge dorigine, sétait transporté de Nagasaki jusquà son ancien poste pour y saluer le second fils du roi des Belges, lequel sert actuellement dans la marine anglaise et se trouvait précisément sur le bateau du Prince de Galles. Le P. Raguet donc, décoré par son roi dun Ordre de Belgique et par le bon Dieu dune belle barbe blanche, a eu le double honneur dun entretien cordial avec le fils de son souverain et dune attention spéciale de la part du Prince anglais. Nouveau sujet de fierté pour nos chrétiens.

    Mais voici lombre du tableau, au point de vue religieux.

    La présentation de tous les notables et les jeux qui ont suivi ont eu lieu dans lenceinte du temple Terikuni, dédié aux mânes des ancêtres de la famille seigneuriale de Kagoshima, les Shimazu. A certain moment, le Prince, tournant le dos à la multitude, fut conduit dans lintérieur du temple, sans doute pour lui en faire admirer les beautés et les vieux souvenirs. Mais, aux yeux du peuple, cétait, à nen pas douter, pour faire la révérence aux Kami vénérés dans lantique sanctuaire shintoïste. Après le départ du Prince, la foule, à son tour, se précipitait dans le temple pour y offrir ses hommages, peut-être ses adorations, aux membres déifiés de lillustre lignée des Shimazu. Hélas ! combien nous voilà loin du Non habebis deos alienos coram me !

    Hakodate

    Comme le Bulletin lavait annoncé, du 7 au 13 Avril a eu lieu à Sendai la retraite ecclésiastique annuelle, à laquelle prirent part 20 missionnaires et 3 prêtres japonais. Ce fut une joie pour Mgr Berlioz de se voir entouré de tous ses prêtres en la cérémonie du Jeudi-Saint et de leur distribuer lui-même la communion pascale avant son prochain départ pour lAmérique. S. G. sest embarquée le 7 Mai : les prières et les vux de tous laccompagneront durant ce voyage entrepris pour le bien de sa chère Mission.

    Dès avant même son départ, de généreuses sympathies se sont manifestées. M. Asano Soichirô, directeur de diverses entreprises de constructions maritimes, dont le fils M. Asano Ryôzô est à la tête de la Cie Toyo-Kisen, a présenté à Mgr une somme de 1.000 yen pour aider à la reconstruction du poste de Hakodate. Du Pérou, le Cercle japonais de Lima a envoyé 218 yen ; quelques chrétiennes de Kôbe, 100 yen.

    A Kameda, près de Hakodate, le couvent de Trappistines de N.-D. des Anges est toujours prospère : trois nouvelles postulantes y ont été admises récemment.

    Taikou

    La 2e semaine après Pâques a eu lieu la retraite annuelle des missionnaires et, la 4e semaine, celle des prêtres indigènes. Les deux ont été prêchées par le P. Vagner, de la mission dOsaka.

    Mandchourie Méridionale

    Le 30 Mars, le tout puissant gouverneur de Mandchourie, Tchang Tso-lin, invitait un certain nombre dEuropéens de Moukden, dont Mgr Blois, et, dans un discours de près de deux heures, leur exposait sa politique dunification de la Chine par lalliance avec Canton et la guerre à Ou Pei-fu.

    Dans un télégramme (16 Avril) au général Yang, Préfet de police de Tientsin, il explique ainsi sa conduite : Cest sur la prière du Président Hsu que jai décidé denvoyer des troupes au Tchely : cet envoi signifie seulement le désir de maintenir la paix générale. Le Tchely et a Mandchourie ne font quune famille, etc.

    En attendant la paix générale, cest la guerre générale qui semble avoir commencé et, autant quon peut sen rapporter aux dépêches de source chinoise, le sort des armes ne paraît pas devoir favoriser le grand pacificateur mandchou.

    En la fête de Pâques, Mgr Choulet, appuyé sur ses béquilles, a eu la consolation de pouvoir célébrer la sainte Messe, dont il était privé depuis près dun an. Dans laprès-midi, il a fait une courte apparition au réfectoire et a rendu visite au couvent de vierges chinoises. Quelques jours après, dans sa voiture de malade, il allait au Séminaire et à lOrphelinat.

    La Procure de la Mission est transférée de Newchang à Moukden, avec le P. Lacroix comme titulaire. Elle se trouve ainsi au centre de la Mission et près de lEvêque, donc plus accessible à tous.

    En raison des événements politiques et militaires du Nord de la Chine, la Conférence préparatoire au Synode général, qui devait souvrir à Tsientsin le 30 Avril, est ajournée sine die.

    Mandchourie Septentrionale

    Après quelques jours darrêt à Moukden, notre nouveau Confrère, le P. Astoul, nous est arrivé, accompagné par son compatriote le P. Huchet, de la Mandchourie Méridionale. Le jeune missionnaire trouve notre Mandchourie réveillée de son long sommeil hivernal ; lilas, pêchers, abricotiers, merisiers sont en fleurs ; la vigne bourgeonne. La transition sera ainsi moins brusque, et il aura le temps de se préparer peu à peu à affronter les rigueurs de lhiver mandchourien.

    Le lundi de Pâques, Mgr Gaspais a eu la joie de conférer la tonsure à trois élèves du Grand Séminaire.

    Les brigands continuent leurs exploits. Onze chrétiens de Hai-sing-toun, dans le Hei-long-kiang, furent dernièrement emmenés captifs par les brigands qui demandèrent comme rançon 2 millions de ligatures. Quatre des otages réussirent à séchapper. Les chrétiens, après avoir délibéré, résolurent de ne pas verser la somme demandée et de chercher à délivrer les captifs. Treize hommes, choisis parmi les plus habiles tireurs, se mirent en campagne après avoir reçu les sacrements devant toute la chrétienté en prières. Ils eurent la chance de surprendre le chef de la bande, de le tuer, ainsi que, quatre brigands qui gardaient les captifs (le gros de la bande était en expédition), et de délivrer ainsi vingt-et un prisonniers, tant, chrétiens que païens. Ils purent rentrer sans encombre dans le village, où toute la population sunit à eux pour remercier Dieu du succès de lexpédition.

    Sutchuen Occidental

    Une fois de plus, par suite des hostilités menaçantes et de linsécurité des routes, il a été impossible aux prêtres indigènes de se réunir à Tchentou pour leur retraite annuelle ; depuis dix ans, et pour ces mêmes raisons toujours, trois fois seulement cette réunion a pu avoir lieu.

    En ville de Tchentou, aux derniers jours dAvril, lon sattend de nouveau à de graves événements. Trois principaux partis militaires se disputent la province ; il sagit bien moins de politique que dintérêts purement privés. Les troupes de chaque compétiteur sont prêtes à ouvrir le feu. En ville même, près de dix mille soldats nattendent que le premier signal pour se déchirer entre eux. Sil y a quelque retard ou quelque modification dans lexécution des plans belliqueux de chaque adversaire, cest quavant loffensive du feu, il y a toujours celle de largent, non moins efficace et bien plus chinoise. Cest le chef qui dispose de la plus belle somme de dollars qui saura rallier à son parti le plus grand nombre de sous ordres et de partisans. Loffensive du dollar lemportera-t-elle sur celle du sang ? Cest un peu douteux tout de même, et lon ne peut savoir actuellement la tournure que prendront les événements.

    En attendant, le désordre continue de régner dans la province. De temps en temps on apprend que, tel jour, à tel endroit, 80 mules de la poste ont été volées par les bandits, et le fait se renouvelle si souvent que lon est tout étonné quand on a la bonne fortune de recevoir un courrier... Le Bulletin de Février (Nº 2) nous est arrivé le 19 Avril !....

    Notre orphelinat de Sintou compte actuellement 60 enfants, dont 39 garçons et 21 filles. Latelier de tissage cherche des débouchés pour lécoulement de ses produits. Au cas où quelque lecteur du Bulletin voudrait en essayer, nous donnons un aperçu des prix courants.

    Calicot Blanc:
    larg. en cm: 98,88,87,85,84,82 Prix : $ 7 ; 6,50 ; 6
    : 44 $3,20
    Calicot blanc quadrillé de lignes bleu:
    larg. 71 $5,20
    47 $3, 20
    la pièce de 15 mètres

    A cause de la cherté de la vie, on trouve difficilement dans le commerce des cotonnades daussi bonne qualité que celles de notre Orphelinat. Pour commandes et renseignements, sadresser au P. Viret, procureur à Tchentou.

    Sutchuen Méridional

    Aucun événement saillant nest à signaler dans la Mission. Nos confrères, chacun dans son poste, travaillent de leur mieux, sans bruit, il est vrai, mais non sans mérites et sans fruits. Les écoles de catéchumènes sont en plein exercice dans chaque district et, la grâce de Dieu aidant, promettent une consolante récolte pour la fin de lannée.

    Les établissements de Kiatin prenant chaque jour une plus grande extension, Mgr Fayolle, depuis la fin de Février, sest rendu dans cette ville pour organiser et surveiller les agrandissements de locaux absolument nécessaires. S. G., qui pensait redescendre à Suifu pour les fêtes de Pâques, sera retenue à Kiatin jusquau mois de Juin.

    Trois villes, dans notre Mission, sont maintenant dotées décoles primaires denseignement moderne : Suifu, Kiatin et Loutcheou. La rentrée, dans chaque centre, a été assez bonne.

    Suifu:
    Ecole de garçons60 élèves (dont 36 chrétiens) ;
    filles102 (dont 80 chrétiennes).
    Kiatin:
    garçons180
    Kiatin
    filles130

    Loutcheou:
    Ecole de garçons.50 à 60 élèves ;
    filles 49 élèves.

    Ces écoles, établies par la Mission pour préserver nos chrétiens et attirer les païens à la religion, permettent de bons espoirs pour lavenir.

    Kientchang

    Notre nouveau confrère, le P. Le Mercier, a eu des débuts un peu durs dans la vie apostolique. Atteint de fièvre scarlatine à Yunnanfu, il y fut heureusement soigné de suite et, bientôt guéri, il put reprendre son voyage. Mais, dès le premier jour, il tomba sur une petite bande de brigands : frappé de coups de crosse de fusil, il fut attaché et emmené dans la montagne. Les bandits cependant ne le gardèrent quune heure, mais il avait perdu sa montre, son bréviaire, son argent de poche et toutes ses provisions de route.

    Thibet

    En plus de ses écoles de garçons, la Mission possède aussi un petit personnel féminin destiné exclusivement à donner lenseignement religieux aux personnes du sexe, grandes et petites. Jusquen 1911, dans la partie de langue chinoise, quelques vierges, au courant de la religion, capables de tenir un pinceau tant bien que mal, étaient chargées des écoles orphelinats, qui alors se réduisaient au chiffre de quatre. Les missionnaires de la partie thibétaine étaient encore moins bien outillés. Le personnel faisant totalement défaut, chacun singéniait pour se procurer une chrétienne, un peu plus instruite que les autres et assez libre du côté de sa famille, qui pût enseigner les prières et la lettre du catéchisme aux enfants. Si le missionnaire ne pouvait trouver de personne ad hoc, ce qui arriva plus dune fois, il se chargeait lui-même de toute la besogne.

    Ce système précaire ne pouvait durer davantage. Il fallait aviser à pourvoir les districts dinstitutrices et en former en nombre suffisant pour faire face aux besoins des écoles déjà existantes et de celles qui devaient souvrir à côté de chaque nouveau centre de chrétienté.

    On commença par la partie de langue thibétaine. En 1902, au cours dune visite dans les chrétientés de cette région, Mgr Giraudeau, de passage à Tsekou, chargea le P. Monbeig de grouper quelques jeunes filles en communauté et dessayer den former de futurs institutrices. Le Père en réunit cinq ou six qui lui paraissaient plus aptes, ou pour mieux dire moins inaptes à ce but : une veuve, sa fille et deux ou trois autres. Il les instruisit autant que faire se pouvait, cest-à-dire quil leur expliqua plus en détail le sens des livres de doctrine. Il leur donna aussi quelques notions élémentaires décriture. Les élèves prirent goût à létude et à linstruction : les leçons du Père leur profitèrent, et bientôt elles étaient à même denseigner.

    La persécution de 1905 les obligea à fuir vers le Yunnan. Elles en revinrent au bout de quelques mois ; mais leur maison avait été réduite en cendres, et il fallut du temps pour leur construire un local. En attendant elle continuèrent à étudier dans une misérable hutte, quun païen céda au missionnaire moyennant quelques taëls.

    Chaque hiver, de la Toussaint à Pâques, elles faisaient la classe aux enfants et aux catéchumènes du district de Tsekou, pendant que de jeunes recrues se formaient. Celles-ci augmentaient incessamment et, malgré les éliminations inévitables, elle ne tardèrent pas à pouvoir essaimer dans les districts voisins. Actuellement elle sont en nombre presque suffisant pour les besoins de la région.

    Chaque année elles passent lété à la maison centrale de Tsekou, où elles continuent leur instruction et prennent un peu de repos. A larrière-saison, elles font une retraite de trois jours ; puis elles repartent dans les divers districts enseigner durant la morte saison, ce dont elles sacquittent avec zèle et dévouement, à la satisfaction générale des missionnaires qui les emploient.

    En 1911, Mgr a profité de larrivée des Franciscaines Missionnaires de Marie pour jeter le fondement dune autre petite communauté de vierges enseignantes pour la partie chinoise de la Mission.

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    Du groupe Yunnanais de cette Mission on écrit :

    Nous sommes toujours aux portes du Thibet. Notre groupe Yunnanais est vraiment trop isolé de Tatsienlou, centre de la Mission et résidence du Vicaire Apostolique. Avant la République chinoise, nous pouvions encore communiquer avec notre Evêque par le Thibet ; depuis lors les communications doivent se faire par le Yunnan et le Kientchang, la route de Tatsienlou à Batang étant toujours occupée par les Thibétains révoltés, et les Chinois du Sutchuen, ne songeant quà se battre entre eux, nont ni les moyens ni les loisirs voulus pour soumettre les tribus des Marches. Doù cette anomalie que les missionnaires du Thibet, pour se rendre de Tatsienlou à Tsechong, résidence centrale du groupe Yunnanais, doivent traverser les Vicariats du Kientchang et du Yunnan.

    Cette révolte des tribus des Marches thibétaines dure depuis 1912. En 1914, le P. Théodore Monbeig, se rendant de Batang à Létang, fut massacré par une bande de rebelles. Cette année (1922), au mois de Février, cest le chef de la Mission protestante américaine de Batang, M. Schelton, qui fut attaqué à 30 lis de cette ville, où il mourut le lendemain. Actuellement tout le pays thibétain paraît prêt à prendre parti pour les révoltés, et les quelques soldats et colons chinois de la région ne peuvent lutter contre ces forcenés. Notre confrère le P. Nussbaum est cerné dans Batang avec les Chinois et les quelques familles protestantes américaines qui sont encore là. Ces dernières années les deux partis respectaient les étrangers ; ils ont même eu recours à la médiation de nos confrères, les PP. Goré et Nussbaum ; mais le meurtre récent de M. Schelton, qui était estimé de tous, est de bien mauvais augure.

    Le 24 Mars, le P. Goré écrivait de Yerkalo : Que se prépare-t-il au juste ? je lignore ; mais des rumeurs persistantes prétendent que, cette fois-ci, les Chinois vont passer un mauvais quart dheure. Si nous sommes enveloppés dans la ruine commune, chantez un Te Deum.

    Du côté dAtentse (dont dépend Tsetchong), cest aussi toujours létat de guerre. Voilà un an et plus que les révoltés de Huangtchen menacent de faire irruption au Sutchuen et au Yunnan, et rien na été fait pour détruire ce repaire de brigands.

    Yunnan

    Les trois PP. Bétharramites récemment arrivés ont reçu leur première destination et ont quitté Yunnanfu vers le 10 Mai : lun se rend auprès du P. E. Maire à Tong-tchouan, le second chez le P. Guyomard à Kokoui, le troisième sera vicaire du P. Fortin à Long-ki.

    Le 5 Avril, le maréchal Tang Ki-yao envoya officiellement son chef détat-major, le général Ly, faire une visite darrivée à Mgr, et, le 11, un dîner officiel eut lieu au gouvernement, auquel furent invités tous les Européens présents à Yunnanfu.

    Le brigandage continue de divers côtés ; de petites bandes circulante un peu partout. Ce nest pas encore la paix.

    Kouytcheou

    Cest toujours la guerre civile dans toute la province. A la capitale, Kouy-yang, tout est relativement calme ; un édit, placardé en ville, défend aux soldats dentrer dans les maisons privées, parmi lesquelles léglise, la poste, la banque, sont spécialement désignées. Mais, dans la campagne, surtout vers le nord, ce sont des batailles continuelles et lon ne peut prévoir encore doù et quand nous viendra la paix.

    Canton

    La retraite de nos prêtres indigènes a eu lieu du 7 au 12 Mai : elle a été prêchée par le P. A de Cooman, de la Maison de Nazareth. Elle sest terminée par un Te Deum chanté à la cathédrale. Bien prêchée et bien suivie, elle sera certainement féconde en bons résultats.

    Le P. Pradel a quitté Montbeton le 7 Avril pour continuer sa convalescence dans sa famille. Il va bien maintenant et peut envisager comme prochain son retour en mission.

    Kouangtong Occidental

    Le grand événement du mois de Mai, pour notre jeune Mission, a été le sacre de son premier évêque, Mgr Auguste Gauthier, qui a eu lieu en la cathédrale de Hongkong le 25 Mai, fête de lAscension.

    Le Bulletin présente au nouveau Vicaire Apostolique ses souhaits respectueux pour un long et fructueux épiscopat.

    Quelques jours avant la cérémonie du sacre les confrères de la Mission se sont réunis à la Maison de Nazareth pour y faire leur retraite annuelle.

    Notre confrère, le P. Grégoire, obligé par sa santé à un retour en France, sest embarqué à Hongkong le 14 Mai. Ordonné prêtre à Pinang en 1907, il na jamais célébré la messe dans son pays natal ; aussi ses vieux parents se font-ils une joie de le voir pour la première fois monter à lautel et bénir leurs Noces dor, quils doivent célébrer à la fin du mois de Juin.

    Kouangsi

    Tous les Cantonais y compris le gouverneur Ma, ont quitté Nanning et évacué presque toute la province. Ils cèdent la place à des régiments du Kouangsi qui leur ont censément fait leur soumission. Lautorité va être entre les mains de Lieou Tchen-nouan, qui ninspire confiance à personne. Il naura, dailleurs, que peu de soldats et pas dargent. Les vieilles troupes de Lou Yong-tin attendront-elles longtemps avant de rentrer en scène ? Leurs bandes ne sont pas loin.

    En partant les Cantonais ont réquisitionné à outrance. Tous nos employés ont été pris lun après lautre. Ceux que nous avons pu retrouver nous ont été rendus : mais le cuisinier de notre Séminaire, emmené depuis deux mois, reste introuvable.

    Au milieu de toutes nos tristesses, Mgr Ducur a eu la consolation, le 7 Avril, dordonner trois nouveaux diacres.

    Tonkin Occidental

    I. Les Pâques à Hanoi. Le Père Dronet, curé de Hanoi, voulant frapper un grand coup pour réveiller les consciences assoupies de quelques-uns de ses paroissiens européens et ramener leur bonne volonté absente, eut lidée de faire donner une courte mission durant la Semaine-Sainte. Il invita un fils de saint Dominique, Mgr Cothonay, Préfet apostolique de la Mission de Langson, à la prêcher. Dès la première réunion du soir, lassistance fut nombreuse : lattrait de la nouveauté, la curiosité de voir un moine paraître en chaire, un changement dans le train-train quotidien de la vie, tout cela avait suffi pour attirer beaucoup de personnes jusque là indifférentes à la religion. Chaque soir les auditeurs vinrent plus nombreux, plus recueillis, plus avides dentendre les grandes vérités de la foi. Le curé de la cathédrale ne se sentait plus de joie ; la face rayonnante, il allait et venait, disant un mot de bienvenue à chacun, casant les retardataires et leur cherchant lui-même des chaises. Il faisait plaisir à voir, et beaucoup de braves Hanoïens, au fond du cur, regrettaient sincèrement de nêtre pas venus plus souvent aux offices, quand le curé les accueillait si paternellement. Les sermons de Mgr Cothonay bien adaptés aux circonstances et à lauditoire, furent très appréciés et opérèrent dans les âmes un grand mouvement de foi ; bon nombre dhommes, touchés par la grâce, se réconcilièrent avec Dieu et revinrent aux pratiques religieuses quils avaient négligées. Le succès fut considérable. Ecoutons le P. Dronet nous dire son contentement : Mgr Cothonay a prêché six sermons pendant la Semaine-Sainte ; il a été très apprécié. Lassistance était nombreuse et recueillie. Le résultat est des plus consolants. Jamais nous navions eu autant de communions pascales de Français. A la grandmesse, chantée par Mgr Bigollet, le jour de Pâques, la foule des Français dépassait tout ce que nous avions vu jusquici. On ne savait comment faire pour placer tout le monde. Jai entendu dire discrètement quon avait remarqué à la Sainte-Table beaucoup denfants prodigues, ayant dépensé tout leur patrimoine spirituel dans des régions très lointaines, et revenus à leur Père miséricordieux !!!... Prions pour que ces bonnes dispositions soient durables et les conversions solides. Il y a ici un grand et généreux mouvement vers la religion. Dieu en soit loué !

    II. Baptême de cloches. Le lundi de Pâques, S. G. Mgr Gendreau bénit solennellement les cloches de trois chrétientés du district du P. Décréaux. Ce fut un événement extraordinaire pour toute la région. Les chrétiens étaient venus en foule assister à une cérémonie quils voyaient pour la première fois. Après la bénédiction, les cloches annoncèrent, par leurs notes argentines lancées à tous les vents, la mission quelles venaient de recevoir : chanter les louanges du Seigneur : Deum laudo, et appeler les fidèles à venir offrir leurs adorations et leurs hommages à Dieu : populum voco. Puisse leur voix se faire entendre aux païens et les amener au culte du vrai Dieu !...

    Tonkin Maritime

    Le Carême est un temps spécialement fructueux pour lapostolat ; aussi Mgr Marcou a-t-il voulu en profiter pour faire une tournée pastorale dans la province de Thanh Hoá, pendant que son Coadjuteur, Mgr de Cooman, évangélisait celle de Ninh Binh. Ces tournées épiscopales, telles quelles se pratiquent de temps immémorial dans nos Missions du Tonkin, sont de véritables retraites prêchées dans les paroisses ; Elles durent environ huit jours, pendant lesquels le Vicaire Apostolique est le premier à faire de longues séances au confessionnal. Des catéchistes envoyés dans toutes les directions rabattent le gros gibier. Chaque tournée est marquée par des coups extraordinaires de la grâce. Cette fois, dans la paroisse de Xuân Phả, on a vu revenir à Dieu une brave vieille de 80 ans, qui avait abandonné la pratique de la religion depuis lâge de douze ans.

    Mgr vient dorganiser dans notre Mission les retraites périodiques et les conférences ecclésiastiques, à raison de trois par an, en plus de la grande retraite annuelle. La Mission est partagée en vicariats forains ; au jour fixé les prêtres du même vicariat se réunissent au chef-lieu ou en toute autre paroisse désignée davance. La matinée est consacrée à la retraite, laprès-midi à là discussion dun cas de conscience ; le tout est terminé par une heure d2adoration devant le Saint-Sacrement. La première réunion de ce genre a eu lieu le 7 Mars. Puisse-t-il en résulter une union plus étroite entre les missionnaires et le clergé indigène, en vue de coordonner tous les efforts pour lextension du règne de Dieu dans la masse païenne !

    Cochinchine Orientale

    Notre confrère le P. Louison vient de subir une pénible épreuve. Au retour du P. Asseray, dont il avait fait lintérim au district de Konmóney, il avait été chargé de fonder le poste de Dak-kodem, chez les Sedang. Le 19 Avril il était resté seul à la maison sur pilotis où il avait remisé provisoirement tout ce quil destinait à laménagement de son nouveau district, en particulier des chapelles au complet pour ses chrétientés et tout son ravitaillement en riz pour lannée. Soudain le feu prit à une paillote sauvage, puis, de proche en proche, gagna les cases voisines et jusquà la maison de notre confrère, qui, en labsence de tout secours, perdit en quelques instants tout ce quil possédait.

    Cochinchine Occidentale

    Notre sanatorium de Dalat prend de lextension. Voici que, après le Cambodge, la Cochinchine Orientale se joint à nous. Désormais les confrères des trois Missions-surs pourront venir y respirer lair pur des montagnes et secouer pour quelque temps les miasmes de la plaine marécageuse. En place de la chapelle trop petite, on va construire une église, pour permettre aux touristes et villégiateurs, de plus en plus nombreux, dassister aux offices du dimanche. Cela en attendant la basilique prévue et promise par les plans officiels.

    Cochinchine Septentrionale

    Lune des uvres auxquelles semploient nos religieuses indigènes est linstruction des enfants ; mais, à cette tâcha délicate, elles apportaient plus de bonne volonté que de savoir-faire. Pour les former à leur mission éducatrice, des essais ont été tentés ici et là, et non sans succès. En vue détendre à toute la Mission les avantages de cette formation et den assurer la stabilité, Mgr Allys a jugé que le mieux était den faire une uvre spéciale et a décidé la création dun nouveau couvent ayant pour but unique de préparer des maîtresses décole pour les paroisses. Ce couvent a été installé au village de Phu-Xuan, près de Hué, dans le jardin de lancien évêché de Mgr Caspar : les constructions et laménagement ont été terminés lannée dernière. La modeste résidence épiscopale à été transformée en chapelle ; trois vastes maisons annamites y ont été adjointes pour lhabitation des religieuses, le réfectoire, les salles de classe, etc..

    Le couvent compte actuellement une quinzaine de novices et autant. de postulantes. Leur formation religieuse est confiée au P. Chabanon, provicaire ; leur préparation pédagogique à deux Surs de S.-Paul de Chartres, une Française et une Annamite.

    La Sainte-Enfance de Hué est aussi sous la direction des Surs de Saint-Paul, au nombre de huit, dont deux religieuses françaises et six annamites. Létablissement compte une centaine denfants de six ans et au dessus, et une trentaine à la crèche. A la Sainte-Enfance sont annexés un hospice pour les vieillards et les infirmes, actuellement au nombre dune vingtaine, et un ouvroir où viennent travailler une trentaine de jeunes filles de la paroisse voisine.

    Les Surs de S.-Paul ont encore à Hué une maison déducation, lécole Jeanne dArc, qui comprend pensionnat et externat. Quatre religieuses, trois Françaises et une Annamite, y donnent linstruction à une soixantaine de jeunes filles, françaises, métisses et indigènes, et dirigent un ouvroir. Une bonne partie des élèves de lécole sont encore païennes. Tous les ans régulièrement quelques enfants demandent et reçoivent le baptême. Une de ces néophytes est entrée il y a deux au noviciat des Surs de Shanghai. Actuellement une autre demande aussi à être religieuse.

    Siam

    Nous avons eu la joie de voir le P. Colombet, Provicaire et curé de la cathédrale, célébrer, le 26 Avril, ses Noces dor sacerdotales.

    Comme prélude à ces fêtes, le P. Chorin donnait, le 25 au soir, une conférence sur la vie et les travaux du P. Colombet, conférence religieusement écoutée et vivement applaudie par toute la colonie française au Siam et par par un bon nombre de personnalités étrangères, amies de la Mission.

    Le lendemain le vénéré jubilaire chanta la grandmesse, assisté comme doyens dâge par les PP. Perbet, Guillou, Houille, Juglar, Peyrical et Richard. Puis, avant le Te Deum dactions de grâces, le P. Colombet donna la bénédiction papale, par faveur spéciale obtenue de Rome. S. G. Mgr Perros, trente-huit missionnaires ou prêtres indigènes, un grand nombre dEuropéens et une foule de chrétiens remplissaient la cathédrale, priant avec ferveur pour le célébrant.

    Une soirée dramatique et musicale, organisée par les Frères du Collège de lAssomption, collège fondé par. le P. Colombet, clôtura magnifiquement la journée. S. A. R, le Prince Dewawongse, Ministre des Affaires Etrangères, plusieurs princes, de hauts dignitaires siamois, lélite de la colonie européenne, honorèrent de leur présence cette fête de famille.

    Que Dieu exauce les vux de longue et heureuse vie que tous présentèrent en cette circonstance au P. Colombet : Ad multos et felices et faustissimos annos !

    Malacca

    Les autorités anglaises de la Presquîle de Malacca ont fait faire, en 1921, un recensement qui fournit de très intéressants détails sur la population de ce pays éminemment cosmopolite.

    Notons tout dabord quau point de vue politique et administratif les divisions territoriales de la Presquîle forment trois catégories bien distinctes. Nous y trouvons en effet :

    1. La Colonie proprement dite, qui comprend lîle de Singapore, le territoire de Malacca et lîle de Penang avec la province Wellesley et les Dindings.

    2. Les Etats Malais Fédérés, pays de protectorat, où les Anglais gouvernent au nom des Sultans, à savoir : Perak, Selangor, les Negri Sembilan et Pahang.

    3. Les Etats Malais non Fédérés, où les Anglais aident les Sultans à gouverner au moyen de leurs Advisers. Ce sont : Johore, Kedah, Perlis, Kelantan et Tringganu.

    Quant à la population, voici les chiffres qui nous sont fournis par le dernier recensement.

    Dans la Colonie (Straits Settlements) : 881.939 habitants.

    Dans les Etats-Fédérés (Federated Malay States) : 1.298.292 habitants.

    Ce qui donne pour ces deux catégories une population totale de 2.180.231 habitants, se subdivisant comme il suit :

    Européens 13.723,
    Eurasiens 12.203,
    Malais 740.293,
    Chinois 991.363,
    Indiens 409.185,
    Autres races 13.464.

    Dans les Etats non-Fédérés, nous trouvons une population globale de 1.123.924 habitants, pour laquelle aucune statistique nest donnée relativement aux différentes races qui la composent. Les Malais y forment, sans aucun doute, limmense majorité.

    Maintenant, en additionnant la population de cette troisième catégorie à celle des deux premières, nous avons un grand total de 3.304.155 habitants pour la Péninsule Malaise proprement dite.

    Enfin, au point de vue religieux, la Mission de la Presquîle de Malacca comprend dabord tous les Etats et Territoires dont il vient dêtre parlé. Mais elle renferme en outre plusieurs provinces siamoises : celle de Patani sur la côte orientale ; puis, sur la côte occidentale, celle de Puket, qui sétend jusquà la Birmanie. Leur population nous est inconnue, mais elle ne saurait être inférieure à 200.000. De sorte que la population totale de la Mission peut être évaluée à 3.500.000.

    Et dans ce nombre, notre pusillus grex de 41.760 catholiques compte 9.380 Européens ou Eurasiens, 16.580 Chinois et 15.800 Indiens. Les Malais sont et restent musulmans

    Birmanie Méridionale

    Nous avons le regret de lire dans the Voice de Rangoon : A cause de laffaiblissement de sa vue, Mgr Cardot demande que toutes les correspondances qui lui sont adressées personnellement soient dune écriture grande et claire, autrement il ne pourrait les lire lui-même.

    Toutes les lettres concernant ladministration de la Mission doivent être adressées directement à Mgr Perroy, Coadjuteur.

    Nous compatissons sincèrement à la pénible épreuve de notre vénéré. Vicaire Apostolique et prions lArchange Raphael de lui apporter le fet piscis qui lui rendra ses yeux de vingt ans.

    Les PP. Mamy et Mourlanne nous sont revenus de France en excellente santé : ce dernier a été nommé Supérieur du Séminaire de Moulmein.

    Birmanie Septentrionale

    Maimyo, créé il y a quelque vingt ans sur une montagne, à 3.500 pieds daltitude, est devenu le petit Simla de la Birmanie. A peine la ville était-elle fondée que le P. Jarre y plantait la croix. Né architecte et bâtisseur, il na point enfoui ses talents en terre. Au contraire, il en a fait surgir dabord une belle chapelle pour les soldats de la garnison, ensuite un couvent dernier confort, devenu déjà trop petit et quil est en train dagrandir de deux tiers. Cest là, je crois, la meilleure preuve quon puisse donner de la sage direction des Surs de Saint Joseph de lApparition, car la compétition de écoles protestantes, établies avant nous, était sérieuse et redoutable. Enfin, pour les catholiques de la ville et en plein centre, ce fut la construction dune superbe église gothique, que le zèle du P. Moindrot remplit chaque dimanche de fidèles nombreux et fervents.

    Laos

    Un télégramme nous a apporté lheureuse nouvelle de la nomination du P. Ange-Marie-Joseph GOUIN comme Vicaire Apostolique du Laos.

    Le long veuvage de notre Mission va enfin cesser : Deo gratias ! Benedictus qui venit in nomine Domini !

    Kumbakônam

    Le 8 Avril Kumbakônam a reçu la visite du Ministre de lInstruction Publique de la Présidence de Madras, M. Patro. Il est venu dans notre bonne ville pour y étudier la question de linstruction gratuite et obligatoire. Nos édiles ont décidé que tout enfant ayant atteint lâge de raison devrait étudier : cest chose gratuite autant quobligatoire. On veut faire un essai local, et Kumbakônam, avec ses idées ultra-avancées, son sectarisme très connu, est le lieu choisi pour tenter lexpérience. Quil soit nécessaire dencourager linstruction à Kumbakônam est chose évidente ; que le but de nos édiles soit tel et quil ne sy mêle pas celui de rendre la vie difficile, sinon impossible, à nos écoles catholiques trop prospères, voilà qui est beaucoup moins clair.

    Kumbakônam est regardé comme un centre intellectuel dans la Présidence de Madras. Or les statistiques révèlent que, sur un millier denfants, 470 garçons et 57 filles seulement savent lire et écrire (Census of India 1911, p. 124). Est-ce uniquement pour procurer linstruction aux jeunes filles que nos édiles ont voté cette résolution ? Ne serait ce pas plutôt pour se ménager le monopole de lenseignement et arriver ainsi à obtenir la fermeture de nos écoles de filles ? Etant donné leur mentalité, je pencherais vers la dernière hypothèse, et, malgré tout mon désir de voir linstruction se répandre de plus en plus chez les demoiselles de Kumbakônam, quelles soient brahmines ou pariates, je ne puis mempêcher de murmurer, comme le rat de la fable :

    Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille ;
    Je soupçonne dessous encore quelque machine.

    *
    * *

    Ce même jour le même Ministre a visité lEcole industrielle Sainte-Marie, dirigée par les PP. R. Michotte et Malfrayt. Il a adressé force louanges aux directeurs et aux ouvriers. Espérons quil ne se bornera pas là ; car une école industrielle est une uvre essentiellement matérielle, et les compliments les plus flatteurs ne peuvent en hâter le développement. Ce sont les commandes qui en augmentent le rendement. Que M. le Ministre en procure donc le plus possible à notre Ecole, quil la soutienne de son influence, quil ne lésine pas trop sur le grant : voilà ce qui importe surtout pour lavenir de notre Industrial School.
    1922/299-317
    299-317
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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