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Chronique des Etablissements communs et des Missions 5

Chronique des Etablissements communs et des Missions Séminaire de Paris Le 16 Février, Mgr le Supérieur a donné une conférence à lAssociation paroissiale des hommes de S.-François-Xavier : près de 500 auditeurs ; sur lestrade avaient pris place les généraux Maistre et Weygand. Le 20, cérémonie de départ pour nos trois nouveaux confrères ordonnés le 17 Décembre dernier : les PP. Astoul (Mandchourie Septentrionale), Le Mercier (Kientchang) et Thibaud (Laos). Cest le P. Schmitt qui a prononcé lallocution.
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    Chronique des Etablissements communs et des Missions
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    Séminaire de Paris

    Le 16 Février, Mgr le Supérieur a donné une conférence à lAssociation paroissiale des hommes de S.-François-Xavier : près de 500 auditeurs ; sur lestrade avaient pris place les généraux Maistre et Weygand.

    Le 20, cérémonie de départ pour nos trois nouveaux confrères ordonnés le 17 Décembre dernier : les PP. Astoul (Mandchourie Septentrionale), Le Mercier (Kientchang) et Thibaud (Laos). Cest le P. Schmitt qui a prononcé lallocution.

    Le dimanche 26, Mgr présidait dans léglise S.-Georges (19e arrt) la clôture dun triduum eucharistique et prononçait une allocution, et, le 28, à lInstitut Catholique, une conférence sur la Russie.

    Quatre nouveaux aspirants sont entrés au Séminaire au commencement du 2e semestre de lannée scolaire : un du Canada, un de Saint-Brieuc et deux de Lyon.

    Le P. Fouque est chargé de la direction des aspirants soldats en remplacement du P. Denis.

    Depuis quelque temps a été commencée, sous la direction du P. Bernat, la remise en état des bâtiments de Sainte-Mesme, fort endommagés pendant la guerre.

    Mgr a présidé, le 2 Mars, la réunion des Publicistes chrétiens. A la fin du dîner, après une aimable présentation de M. René Bazin, Mgr a entretenu les publicistes de sa mission en Extrême-Orient russe.

    Suivant sa coutume, lInstitut Catholique a célébré solennellement la fête de S. Thomas dAquin. Mgr a chanté la messe solennelle et le R. P. Sertillanges a prononcé un magnifique panégyrique. Le soir Mgr présidait encore la séance dargumentation et de dissertation donnée par la Faculté de Droit canonique. Au début de la séance, Mgr Baudrillart a tenu à saluer en notre Supérieur le pionnier de ta bonne propagande française au loin, et son hommage sest étendu en termes particulièrement délicats à toute notre Société. Mgr a dit à léminent Recteur de lInstitut combien nous étions sensibles à son témoignage de sympathie si chaude et si sincère, et félicité les argumentateurs ainsi que leurs professeurs.

    Le 11, dans notre chapelle, Mgr Baudrillart conférait pour la première fois les saints Ordres à 25 de nos Aspirants, dont 4 diacres, 13 sous-diacres et 8 minorés. Cest dans cette même chapelle quil fut ordonné sous-diacre en Septembre 1892. Sa Grandeur la aimablement rappelé dans une causerie faite à la salle des Exercices, après la cérémonie, à nos deux communauté réunies de Paris et de Bièvres. Les directeurs du Séminaire sétaient joints aux aspirants et, pendant près de trois quarts dheure, qui parurent bien courts, tous furent sous le charme de cette parole si académique et si profondément sacerdotale. Le clergé français, ses qualités, son rôle dans lhistoire, surtout depuis le XVIIe siècle, les exemples des de Bérulle, de Condren, Olier, Vincent de Paul, alliance harmonieuse de lesprit catholique et de lamour de la patrie, obéissance entière au S.-Siège en même temps que dévouement absolu à la France, tout cela émaillé des conseils les plus pratiques de piété sincère et de vie intérieure profonde, telles sont les hautes pensées que développa devant son auditoire le Recteur de lInstitut.

    Pendant ce temps, Mgr de Guébriant était en Belgique. Parti le vendredi 10 en compagnie du P. Mollat, il recevait à Scheut, faubourg de Bruxelles, la plus cordiale hospitalité chez les Pères du Cur Immaculé de Marie. Leur Supérieur général est le R. P. Rutten, qui accompagna Mgr, pendant la plus grande partie de sa visite de Chine, en qualité de secrétaire. Le samedi, visite de Louvain, qui relève activement ses ruines de guerre, et départ pour Liège.

    Dimanche 12, grande Journée de Missions organisée par lUnion missionnaire du clergé belge. Ce fut probablement la plus grande manifestation qui ait jamais été donnée par une ville si importante en faveur des Missions. Liège a une population de 160.000 habitants et possède 22 paroisses. Or, dans toutes les paroisses, aux quatre messes, le sermon fut donné par un missionnaire pour promouvoir luvre de la Propagation de la Foi, et, dans toutes les paroisses, à 3 heures, sermon par le même missionnaire en faveur de luvre de la Sainte-Enfance. Le soit à huit heures, dans 17 salles différentes, conférences avec projections par des missionnaires sur toutes les parties du monde. Nouveauté à enregistrer, deux de ces conférences étaient données par des religieuses missionnaires à un auditoire exclusivement féminin. Notre vénéré Supérieur présidait la journée et donnait, à 11 h., dans une cathédrale comble, un magnifique sermon que la presse catholique liégeoise a reproduit presque en entier. Le P. Mollat donnait les sermons du matin et du soir dans léglise S.-Jean. Le P. J.-B. Michotte faisait une conférence avec projections, sur lInde, au cercle Sainte-Marguerite, et Mgr à la même heure clôturait la Journée au Cercle S.-Servais par une conférence sur les Missions-Étrangères en Chine. Dans les salons de la Concordia avait été organisée une curieuse et très utile Exposition des Missions, où la foule se coudoya toute la soirée. On pouvait se procurer aux portes des biographies de missionnaires, des notices sûr les différentes Sociétés, des images, des plaquettes, etc.. Les Missions-Étrangères avaient envoyé plus de 600 volumes, 4000 brochures et des images des Bienheureux Martyrs. Jésuites, Lazaristes, Rédemptoristes, Oblats, Pères Blancs, Pères du S.-Esprit, Missions Africaines de Lyon, Pères du Sacré-Cur, Marianistes, Scheutistes, Missions-Étrangères, rivalisèrent toute la journée dentrain et de zèle pour les chères Missions lointaines, dans la plus parfaite cordialité, au milieu dune sympathie admirable, tant du clergé que des fidèles. Nombreuses furent les communions pour les Missions aux messes du matin, et les collectes particulièrement fructueuses. Le vénérable évêque de Liège, Mgr Rutten (81 ans), oncle du Supérieur général des PP. de Scheut, qui donna la plus fraternelle hospitalité à Mgr, était dans la joie : il le dit avec émotion, le soir, au Cercle S-Servais, en remerciant le président et les organisateurs de la fête. Lundi soir Mgr était de retour à Paris.

    La messe mensuelle de luvre des Partants a été célébrée le 6 Mars par le P. Perrière, qui a parlé aux dames de sa mission de Coïmbatore.

    Le 8 au soir, Mgr donnait une conférence au Cercle détudes des Francs-Bourgeois.

    Le P. Pradel, convalescent, est parti pour Montbeton ; le P Le Gall ; de retour de larmée du Rhin, est rentré à Fréjus. Le P. Depierre commence une tournée dans les diocèses de Bretagne.

    De passage à Paris les PP. Walsh, Supérieur de Maryknoll, et Kelly, retour de Rome, qui sont repartis pour lAmérique via Londres.

    Le P. Aubert remplace provisoirement le P. Denis comme représentant du groupe des Missions du Tonkin.

    Le P. Mollat est chargé du recrutement des postulants, de leur admission, de leur direction.

    Rome

    Grâce à Mgr lEvêque de Périgueux, un de nos aspirants étudiants ; M. Candau, a eu le bonheur dêtre reçu en audience privée par le S.-Père et dentendre Pie XI faire léloge des Basques, quil connaît beaucoup. Pendant toute laudience le Saint-Père garda affectueusement les mains du jeune aspirant dans la sienne ; M. Candau était si ému, quau retour il confessait ne pas savoir du tout comment était disposé lappartement du Pape.

    Procure de Marseille

    Le P. Entressangle (Cambodge) remplit provisoirement les fonctions de chapelain à la Sainte-Baume.

    Le P. Léculier, représentant du groupe des Missions de Cochinchine et Cambodge, a débarqué le 14 Mars.

    Procure de Londres

    Le P. Biotteau a eu la douleur de perdre sa mère. Nous lui offrons nos sincères condoléances avec lassurance de nos prières.

    Tôkyô

    Son Excellence Mgr Giardini, Délégué Apostolique, est arrivé à Tôkyô le dimanche 19 Mars à 7 h. du soir, accompagné par S. G. Mgr lArchevêque de Tôkyô, qui était allé à sa rencontre jusquà Kôbe. Les missionnaires de Tôkyô, de nombreux chrétiens des six paroisses de la capitale, des délégations des Écoles catholiques et des Cercles de jeunesse lattendaient à la gare, ainsi quune foule sympathique, qui accueillit lEnvoyé du Saint-Père par les vivats japonais : Banzai, caractères chinois ! Tandis que les photographes envoyés par les journaux faisaient jaillir de tous côtés des éclairs de magnésium. Mgr le Délégué sest rendu en automobile à lancienne résidence épiscopale de Tsukiji, où il doit séjourner. Son Excellence a fait quelques visites privées aux écoles et à certains postes de Tôkyô, en attendant les visites officielles qui suivront sa réception au Palais impérial. Laudience de la Cour ne pourra être fixée, probablement aux environs de Pâques, que lorsque les lettres que Son Excellence attend de Rome lui seront parvenues.

    Les missionnaires des environs ont été convoqués le mardi 28 Mars à la résidence de Mgr lArchevêque de Tôkyô, à Sekiguchi, pour présenter leurs hommages au représentant du Saint-Père. Au déjeûner qui a eu lieu à cette occasion, Mgr Rey, au nom de la Mission de Tôkyô, a exprimé à Mgr Giardini les vux du clergé et des fidèles. De son côté, Mgr le Délégué a manifesté son intention denvoyer par télégramme au Saint-Père, à loccasion de lanniversaire de la naissance (31 Mars) du nouveau Pontife, les témoignages dattachement filial envers le Saint-Siège dont Mgr Rey sétait fait linterprète.

    Le dimanche 2 Avril, à 3 heures de laprès-midi, à léglise de Tsukiji, eut lieu la lecture du Bref pontifical concernant la Délégation Apostolique au Japon de Mgr Giardini.

    Son Excellence est accompagnée par un religieux barnabite, le Frère Joseph Parma, qui, jusquà la fin de lan dernier, enseignait dans une des écoles de Milan. Le Père Januario Hayasaka, ancien séminariste de la Propagande, est attendu prochainement de Sendai pour remplir près de Mgr Giardini les fonctions de secrétaire.

    Le 18 Mai, au couvent des Dames de Saint-Maur à Yokohama, doit avoir lieu la célébration du cinquantenaire de la fondation de la maison, le premier établissement catholique déducation qui ait été ouvert dans nos Missions du Japon, en 1872.

    Nagasaki

    Comme lannonçait le dernier numéro du Bulletin, S. M. lImpératrice est venue en pèlerinage au vieux temple shintoïste de Kashii, près de la ville de Fukuoka. Les officiers de tout grade, les fonctionnaires civils, les écoliers sous la conduite de leurs maîtres, ont prié en corps avec leur souveraine, demandant aux dieux japonais le rétablissement de la santé de lEmpereur.

    Un temple bouddhiste a été visité aussi par Sa Majesté, qui a elle-même fait tinter la cloche. Cest là une nouvelle preuve que le bouddhisme, supplanté officiellement par le shintoïsme, rentre en grâce peu à peu.

    Seoul

    Daprès les nouveaux règlements pour les écoles privées, il est permis demployer des professeurs non munis du diplôme quune loi antérieure rendait obligatoire à partir de 1924. Il nest donc plus nécessaire de passer des examens spéciaux pour pouvoir enseigner dans ces écoles.

    Et toujours les impôts augmentent ! Pour le vin, le droit de consommation perçu en plus des droits de douane vient dêtre presque doublé et sélève maintenant à 10 yen pour 100 litres environ ; la taxe sur le sucre, déjà fort élevée, va être doublée aussi. On sait que laffranchissement des lettres pour létranger a été porté de 10 sen à 20 sen. Si les choses continuent de la sorte, on est en droit de se demander avec inquiétude quel sera le prix de la vie en ce pays dans quelques années !

    Le Bulletin du mois de Mars, annonçant linstallation de la lumière électrique à la mission de Seoul, disait : Oh ! Pas à lEvêché, mais à côté, au presbytère. Cétait pour le moins un jugement téméraire, dont nous faisons réparation à qui de droit ; car, continuant sa marche, le courant est monté plus haut : lexemple du P. Provicaire a électrisé tout le monde et lEvêché lui-même a maintenant 29 lampes ; doù il appert une fois de plus quil ne faut désespérer de rien, ni de personne.

    La Revue catholique coréenne, qui se publie à Seoul depuis 16 ans, compte actuellement plus de 5.500 abonnés : cest un beau succès et le age dun grand bien produit.

    Taikou

    Il est question dorganiser à Taikou, en 1923, une exposition industrielle, à laquelle prendraient part les 6 provinces du Sud. Les dépenses, estimées à 950.000 yen, seraient supportées par les provinces intéressées.

    Mandchourie Méridionale

    Après la visite du Maréchal Joffre, la Mission catholique de Moukden recevait, le 16 Mars, celle de Son Excellence le Maréchal Tchang Tso-lin, gouverneur militaire de Mandchourie.

    Arrivé à 3 h. ¼ dans son auto blindée armée dune mitrailleuse, il laissa son escorte dans la rue et vint seul sentretenir très cordialement avec Mgr et les missionnaires. Au départ, visite de la Cathédrale, cependant que le P. Marcadé plaque de vigoureux accords sur les grandes orgues ; puis photographie du groupe sur les marches du parvis. Les cloches, qui ont salué larrivée du Maréchal, laccompagnent, au retour, de leur joyeux carillon.

    Mgr Blois, dès sa nomination, a su nouer des relations cordiales avec le puissant Maréchal et toutes les autorités de la capitale mandchoue. Tchang Tso-lin, il est vrai, fut toujours bienveillant pour la Mission. Ajoutons à sa louange que, quoi quen disent les journalistes en mal de copie et les plumitifs dExtrême-Orient la Mandchourie, avec le Maréchal à sa tête, est la province de Chine la plus tranquille et la plus prospère.

    Ladministration japonaise de Dalny met à la disposition de la Mission, pour la construction duns église et résidence, un assez vaste terrain situé dans un quartier tranquille, non loin de la gare, à proximité du Jardin des Plantes, et desservi par une ligne de tramways.

    Le 23 Mars sont arrivées les Bulles nommant Mgr Blois évêque titulaire de Lambèse (episcopus Lambactitanus) et Vicaire Apostolique de la Mandchourie Méridionale. Mgr a choisi pour Provicaire le P. Eugène Chometon.

    Le sacre est fixé au 28 Mai. Mgr Demange, ami personnel de Mgr Blois, sera le consécrateur ; NN. SS. Devred et Gaspais les prélats assistants. On espère la présence de NN. SS. Mutel, Lalouyer et Choulet. Les membres de la famille des Missions-Étrangères voudront bien, eux aussi, sunir, le 28 Mai prochain, à la joie et aux prières de la Mandchourie Méridionale.

    Sutchuen Occidental

    Notre confrère le P. François Roux est nommé Officier dAcadémie.

    Avec la nouvelle année, la petite Revue de la Mission, Cà et Là, a repris sa publication, et la rédaction a bien voulu adresser au Bulletin les numéros parus. La lecture en est des plus intéressantes ; malheureusement on pourrait les résumer en quelques mots : sécheresse prolongée suivie de pluies abondantes ; inondations ; récoltes perdues ; famine, misère, et, comme conséquence, troubles et brigandages.

    Sutchuen Oriental

    Mgr Chouvellon, après six semaines de tournée pastorale, est rentré à Chungking le 31 Mars. S. G. a visité une vingtaine de stations et administré 2.000 confirmations. Malgré ses 73 ans, Mgr a vaillamment supporté les fatigues de cette longue tournée et nous est revenu en bonne santé.

    Sutchuen Méridional

    Tout au commencement de lannée, nos 26 prêtres indigènes se réunissaient pour leur retraite annuelle, que Mgr Fayolle voulut leur prêcher lui-même.

    A la fin de Janvier, ce fut le tour des missionnaires européens ; sauf quelques-uns retenus par la maladie ou par des empêchements graves, tous avaient répondu avec empressement à lappel de Mgr. Réunion de famille, comme dhabitude, couronnée par la bénédiction et linauguration de notre nouveau Grand-Séminaire, bâti par lhabile architecte quest le P. Puech, tout près de la ville, et cependant en pleine campagne.

    Malheureusement la joie de tous fut attristée par deux grands deuils : la nouvelle de la mort de notre Saint-Père le Pape Benoît XV, et le décès tout à fait imprévu de notre bon et vénéré P. Scherrier. Ce cher confrère a eu une mort calme et pieuse, comme, du reste, avait été toute sa vie. En conséquence les deux services funèbres, pour le Pape (3 Février) et pour le P. Scherrier (6 Février), furent des plus imposants, et par lassistance de tous les missionnaires, et par la présence des religieuses Franciscaines de Marie, à la tête desquelles se trouvait la Rde Mère Provinciale, en tournée de visite des couvents du Sutchuen, et enfin par laffluence des chrétiens et des élèves des écoles catholiques des trois paroisses de la ville.
    Cest sur ces impressions salutaires que nous nous sommes séparés pour reprendre avec un zèle renouvelé le travail apostolique.

    Notre Provicaire le P. Pierrel est nomme Officier dAcadémie.

    Thibet

    Rien autre chose à signaler que des pillages, des brigandages ou des révoltes : cest notre pain quotidien depuis longtemps, et rien ne nous laisse prévoir des jours meilleurs.

    A la fin de Février, un district de la Mission du Kientchang a été saccagé par les Lolos ; ils allaient passer sur le territoire de notre Vicariat et envahir le district de Mosimien, lorsque des soldats envoyés en hâte de Tatsienlou leur ont barré la route et les ont rejetés vers le sud. Espérons quils ne reviendront pas de si tôt !

    Notre confrère le P. Goré est nommé Officier dAcadémie.

    De Tatsienlou à Bathang la grandroute est depuis longtemps impraticable : les brigands y règnent en maîtres. Il y a bien de ci de là quelques petites garnisons chinoises ; mais elles-mêmes ne se sentent pas en sûreté. Lune delles, à Sigolo, à deux jours au delà de Hokeou, vient dêtre fort malmenée : plusieurs soldats ont été occis.

    Le territoire de Bathang est toujours, gravement troublé. Les bandes de brigands surgissent partout. Les soldats chinois se bornent à garder la ville tant bien que mal, mais aux alentours meurtres et pillages se multiplient. Le Dr Shelton, de la China Inland Mission, qui, à Bathang même, a établi à grands frais des établissements humanitaires et répandu les aumônes à pleines mains, vient dêtre massacré à une dizaine de kilomètres de la ville.

    Dans nos Marches thibétaines donc, comme dans beaucoup dautres parties de la Chine, lanarchie continue de régner.

    Yunnan

    Nos futurs collaborateurs, les trois Pères Bétharramites, sont arrivés à Yunnansen le 16 Mars, conduits par le P. Leparoux, qui était allé les recevoir à Haiphong. Ils sont lancés déjà dans létude du chinois et ne tarderont pas à être envoyés en district.

    La marche du général Tang Ki-yao a été rapide : parti du Kouang-si à la fin de Février, il était à Mongtse le 12 Mars et faisait son entrée solennelle à Yunnansen le 25. Dès le lendemain il rendait la liberté à M. Taylor, fait prisonnier par les brigands. Cette mesure est un indice de ses bonnes intentions ; mais la présence de 10.000 pirates dans son armée et une situation financière des plus précaires ne laissent pas dinspirer des craintes pour lavenir.

    Lordre na pas été troublé à la capitale ; mais les brigands continuent à faire des leurs dans les campagnes.

    Kouytcheou

    Notre province est sens dessus dessous : les brigands sen donnent à cur-joie. Long-tsuen, Hoang-pin ont été saccagés. Le P. Vion, après avoir été maltraité, sest vu dépouiller de tout, même de son nécessaire de messe. A Su-yang, les brigands, après nous avoir laissés respirer pendant quelques mois, sont revenus, plus menaçants et plus terribles que jamais. Déjà ils ont pillé tous les gros marchés des environs ; nous pouvons nous préparer à recevoir prochainement leur visite.

    Canton

    Une femme-catéchiste, Elisabeth Chun, voyant son village de Popin (San-hing) envahi par les brigands, voulut prendre la fuite pour leur échapper. Comme elle traversait un étang situé à côté de lécole, elle fut frappée de deux balles et mourut peu après. Des funérailles solennelles lui ont été faites à Lak-chouk-wai, près Shiuhing, son village natal.

    Le P. Jarreau a béni, le 9 Avril, la chapelle récemment restaurée du village de Kopei. Le même jour il baptisait 14 adultes en cet endroit et 34 dans le village voisin, Sanwaitsai.

    Swatow

    La campagne anti-religieuse qui se propage à travers toute la Chine menace de prendre une tournure inquiétante. Comme toujours ce sont les étudiants qui sont à la tête du mouvement ; mais ce ne sont pas seulement les écoles qui adhèrent à lAssociation contre la religion ; les syndicats ouvriers fondés dernièrement, tous de couleur plus ou moins bolchéviste, y donnent leur nom. On tient des meetings, on distribue des tracts contre la religion chrétienne, sans distinction de catholiques ou protestants ; on réclame lexclusion des étudiants chrétiens des écoles nationales et des emplois publics, etc.

    Et les grèves se succèdent sans interruption.

    Kouangtong Occidental

    Le premier voyage de Mgr Gauthier dans sa Mission sest continué, comme il avait commencé, au milieu des difficultés et des contretemps les plus imprévus. Enfin, le dimanche 19 Mars, Mgr rentrait à Fort-Bayard, fatigué, mais documenté sur une partie notable de sa Mission et éclairé par sa propre expérience sur la précarité des moyens de communication au Kouangtong Occidental.

    A Hoihao et à Pakhoi Mgr a trouvé deux établissements des Surs de S.-Paul de Chartres : orphelinats, ouvroirs, école, dans un état de prospérité satisfaisant, mais qui le serait bien plus encore si nos ressources permettaient de développer ces uvres si importantes.

    Waitchao et Tchouksan ont montré deux groupements très intéressants de religieuses indigènes, uvres bien vivantes qui ne demandent quà progresser.

    Mais le principal résultat du voyage de Mgr a été la décision prise au sujet du séminaire de la Mission. Créé par Mgr de Guébriant et organisé par les PP. Marqué et Rossillon, ce séminaire, par défaut de local, de personnel et de ressources, avait peine à acquérir la stabilité nécessaire, et la question de sa fermeture avait même été agitée. Mgr a jugé sur place que la situation, bien que grave, nétait pas désespérée et que, par tous moyens et au prix de tous les sacrifices, cette uvre, la plus importante pour nous, serait continuée.

    Le sacre de Mgr Gauthier est fixé au 28 Mai, dimanche dans lOctave de lAscension. La cérémonie aura lieu à Hongkong ; le prélat consécrateur sera Mgr Pozzoni ; les assistants, NN. SS. Ducur et Rayssac.

    Kouangsi

    La situation est toujours la même : désordre et anarchie. Le remède serait dans le départ des Cantonais. Notre gouverneur, à la fois civil et militaire, est assez bien disposé et travaille à rétablir laccord entre les deux partis ; mais, originaire du Kouangsi, il est méprisé des Cantonais, et, placé ici par le gouvernement de Canton, il ninspire pas confiance aux Kouangsinais. Il avoue en toute franchise quil ne peut rien tirer des Cantonais, car cest lécume du Kouangtong qui, a été envoyée ici.

    Nos confrères à Tongniu, à Kweilin, etc., restent sur le qui-vive, toujours sous la menace dune attaque des brigands.

    Une grande partie des habitants de la région de Longtcheou a émigré au Tonkin, car il y ny a plus aucune sécurité, non seulement dans les campagnes, mais même dans les villes, où lon est pillé selon les méthodes les plus modernes. Ces pillages sont naturellement le fait de soldats, et les pauvres policemen chargés de protéger la population ont soin de nêtre jamais là en ces moments périlleux.

    Les courriers de la poste sont très souvent attaqués et beaucoup de correspondances perdues. Pendant le seul mois de Février, le Commissaire des postes a dû porter plainte pour une centaine de pillages, soit en moyenne trois par jour. A ses réclamations on répond quune enquête sera faite, et lon sen tient là.

    Voilà où nous en sommes. Encore une fois, désordre et anarchie partout !

    Tonkin Occidental

    Par lintercession de la Vénérable Sur Thérèse de lEnfant-Jésus. La petite Sur Thérèse de lEnfant-Jésus disait : Je veux passer mon paradis à faire du bien sur la terre ; elle vient de le montrer dune manière visible dans le fait suivant. Depuis un certain nombre dannées, les Mương1 se convertissent en assez grand nombre. Le P. Fourneuve est chargé de ces nouveaux chrétiens, qui lui donnent beaucoup de consolations. Il y a un mois, une de ces chrétientés, composée dune cinquantaine de personnes, poussée on ne sait par quel, païen puissant de la région, qui voulait détruire luvre de Dieu, apostasia tout entière, après avoir signé une feuille par laquelle tous sobligeaient à renier la religion catholique et à rétablir les temples de leurs Esprits. Ils avertirent le catéchiste que désormais ils nétaient plus chrétiens. Quel coup de foudre pour le Père Fourneuve, qui aime tant ses sauvages et qui était loin de sattendre à pareille nouvelle ! Ne sachant par quel moyen les ramener, il implore la Vénérable Thérèse de lEnfant-Jésus, promet de développer sa dévotion et sengage, le jour où elle sera canonisée, à lui élever une belle statue et à la constituer Patronne de la chrétienté, si tous les apostats reviennent à Dieu. Quelques jours après, les notables de la chrétienté viennent trouver le Père et lui disent : Nous sommes de grands coupables : nous avons apostasié, mais nous pleurons notre faute. Pour vous montrer la sincérité de nos curs, nous vous livrons la feuille où nous nous engagions à abandonner le christianisme. Punissez-nous comme vous le voudrez, mais réconciliez-nous avec Dieu, que tous, du plus petit au plus grand, nous voulons servir toute notre vie ! Tous étaient revenus, pas un ne manquait à lappel Le Père pleurait de joie davoir retrouvé ses brebis égarées.

    Fantaisie de potaches A lEcole Normale de Hanoi, les élèves de 3e et 4e années ; ayant des sujets de mécontentement contre certain surveillant, résolurent de se faire justice eux-mêmes. Dans la nuit du 19 Mars, au moment où le surveillant faisait sa ronde, ils éteignirent les lumières et le rouèrent de coups. Le lendemain, le Directeur de lEcole prit une décision qui dénote un homme énergique, ami de la discipline : il renvoya tous les coupables et condamna 8 dentre eux, boursiers de la généreuse Princesse, à rembourser les frais de leur instruction. Je crains fort que le brave Directeur ne soit payé en monnaie de singe, car où il ny a rien le roi perd ses droits ! Mais cette sanction sévère servira de leçon aux autres. Nos protégés font des progrès dans les sciences,... mais surtout dans les sports, et les élèves de lEcole Normale font honneur à leur professeur de boxe plus quà leur professeur de morale. Et voilà nos instituteurs de demain !


    1. Aborigènes du Tonkin, qui, refoulés par la marée envahissante des Annamites, se sont retirés dans les régions montagneuses, où ils nont que très peu de relations avec les habitants du Delta.


    Haut Tonkin

    Dans son numéro du mois de Mars, le Bulletin a signalé là propagande à laquelle commencent à se livrer en Indochine des pasteurs protestants, venus surtout dAmérique, largement pourvus dargent, de livres, de médicaments, et plus tard probablement de toutes sortes de marchandises.

    Pour mettre en garde nos chrétiens, et surtout les nouveaux convertis et les catéchumènes, contre les tentatives de lhérésie, notre Provicaire, le P. Hue, commence une série de tracts très documentés : ils sont présentés sous la forme de lettres échangées entre un chrétien et un missionnaire, de la même manière que fut présentée la série analogue sur la vérité de la doctrine catholique et la nécessité de la pratiquer pour mériter le bonheur éternel, manière qui fut fort goûtée des indigènes instruits. La nouvelle série de lettres dont la première a déjà paru, promet dêtre aussi fort intéressante, et nul doute quelle ne fasse grand bien.

    Tonkin Maritime

    Notre retraite annuelle a été prêchée par Mgr Cothonay, Préfet Apostolique de Lang-Son. En digne fil de saint Dominique, le prédicateur, dans ses instructions, a fait grand état des mystères du Rosaire. Nul doute que sa foi profonde et son esprit surnaturel naient laissé de fortes empreintes dans le cur de ses auditeurs. Tous les missionnaires présents dans la Mission assistaient à la retraite, sauf le P. Fénart, qui, perdu dans ses montagnes du Chau-Laos, na pas pu trouver de remplaçant cette année.

    Le 9 Mars dernier, Mgr de Cooman a béni la première pierre de léglise de Ton-Dao. Lédifice sera tout en ciment armé. Quand la moitié en sera construite, on transportera provisoirement lautel sous le clocher déjà élevé, et alors seulement on démolira la vieille chapelle en bois, de telle sorte que le service divin ne soit jamais interrompu. Honneur au brave P. Pléneau, qui ne sépargne pas quand il sagit de la gloire de Dieu !

    Lordination du 1er Avril a porté à 104 le nombre de nos prêtres indigènes.

    Cochinchine Orientale

    Après le retour des PP. Poyet, nommé dans la province de Quang-ngai, et Asseray, remonté chez les Bahnars, la Mission compte encore un certain nombre dimmobilisés en France : deux dentre eux sont de grands blessés de guerre ; deux autres ont la santé trop compromise pour quon puisse envisager leur retour, sinon à longue échéance ; certains voient se prolonger leur convalescence tien au-delà de leurs désirs ; deux seulement nous assurent de leur retour pour la fin de cette année ; mais nous ne désespérons pas que dautres rescapés ne nous fassent la surprise de les récupérer sans trop tarder.

    Cochinchine Occidentale

    Notre Mission, qui a envoyé, lannée dernière, un séminariste à Rome, vient de désigner deux élèves sortant de la classe de rhétorique pour aller faire leurs études de philosophie et de théologie au Collège de Pinang. On pense quil leur sera salutaire de sortir de leur pays et de se trouver en relations avec des étudiants dautres nationalités et de murs différentes.

    Cest avec grand regret que les confrères ont vu le P. Robert Keller obligé par son état de santé de rentrer en France : puisse le bon air du pays natal lui rendre bientôt les forces quil a dépensées si généreusement au service de Dieu et des âmes et nous le renvoyer prêt à de nouvelles conquêtes !

    Cochinchine Septentrionale

    Depuis quelques années lAnnam célèbre la fête commémorative de la dynastie actuelle des Nguyễn. Le roi Khải-Định, qui la instituée, en a fixé la date au 2e jour du 5e mois, anniversaire du jour où Nguyễn Anh, rétabli dans ses états héréditaires, prit définitivement le titre de roi avec le nom de Gia-long (Juin 1802).

    Désormais, par décision de Sa Majesté, à la mémoire de lempereur Gia-long sera associé le souvenir de lillustre Evêque dAdran, Mgr Pigneaux de Béhaine, et des officiers et soldats français qui ont servi la cause de cet empereur. Par une délicate attention, le roi demande que, le jour de la fête dynastique, soit célébrée à la cathédrale de Hué.. une messe solennelle, à laquelle assistera la Cour et seront invitées les chrétientés. Une somme de 150 piastres doit être remise à Monseigneur par le Ministère des Rites pour lorganisation de cette manifestation religieuse.

    Voici la traduction officielle de lOrdonnance royale.

    ORDONNANCE ROYALE
    en date du 19 du 2e mois de la 7e année de Khải Định
    caractères chinois (17 Mars 1922)
    au sujet de la célébration dune Messe solennelle

    à loccasion de la Fête commémorative de la Dynastie actuelle

    La présente année nhâm-tuất caractères chinois, au cours de laquelle aura lieu la Fête commémorative de la Dynastie actuelle, fête devenue nationale, coïncide avec la même année nhâm-tuất où le Thế-tổ-cao-hoàng-đế caractères chinois (Empereur Gia Long) réalisa la conquête définitive du royaume en remportant la victoire sur ses adversaires. Dès lors les gens du peuple, tant fonctionnaires quhabitants, purent jouir de la paix et de la tranquillité, grâce à son uvre grandiose, dont leffet se fait sentir jusquà nos jours où nous vivons au milieu de la joie.

    La nécessité simpose de rehausser léclat de la fête en vue de perpétuer le souvenir des uvres de ce grand Empereur. Il appartient au Ministère des Rites de prélever un crédit supplémentaire pour célébrer la fête avec plus de solennité.

    Cette fête est également consacrée à la mémoire du Ang-Duệ-hoàng-thải-tử caractères chinois (héritier présomptif de lempereur Gia-Long) et des sujets méritants, pionniers de la Dynastie ; par là notre but est de se souvenir des services remarquables quils ont rendus.

    Cependant lorsque nous conçûmes lidée première dorganiser cette fête commémorative, tous les aspects de la question ne nous étaient pas apparus. Le Prince héritier nest pas parti seul pour la France, malgré toute sa confiance dans le résultat de sa mission. Quelquun lui servait de guide : cétait Mgr lEvêque dAdran (titulaire du titre de noblesse Bi-Du-quận-công caractères chinois). Il reçut de lEmpereur Gia-Long la mission daller demander secours au roi de France, lequel envoya à la disposition de cet Empereur des troupes et des officiers, dont faisaient partie Chaigneau et Vannier, puis des frégates et de grands navires. Notre royaume fut alors soutenu par une main ferme. Sappuyant sur cette force mise sans compter à sa cause, lEmpereur Gia Long fit alors plusieurs expéditions et finit pat reconquérir tout le royaume.

    Parmi les officiers et les soldats de France qui se consacrèrent à cette mission, certains moururent sur le champ de bataille, dautres furent récompensés pour avoir servi lEmpereur : ces circonstances ne devaient pas être oubliées.

    Aussi le Ministère des Rites devra prélever sur le crédit des dépenses rituelles une somme de $ 150 et la remettre, par lintermédiaire de la Résidence supérieure, à Mgr Allys, qui soccupera de lorganisation et de la célébration dune Messe commémorative. Mgr sera invité à donner la plus grande publicité à lexpression de nos sentiments chaleureux exprimés dans ra présente Ordonnance royale auprès de toutes les chrétientés placées sous son autorité, en vue de la célébration de cette messe. Toutefois Son Excellence voudra bien, pour cette fête religieuse, choisir une heure qui ne sera pas contrariée par la fête rituelle annamite, afin que les mandarins civils et militaires de la Cour puissent y assister et donner plus de solennité à la cérémonie.

    Respect à ceci
    Pour ampliation
    LE MINISTÈRE DES RITES.

    Cette Ordonnance a été remise officiellement à Mgr par le Résident supérieur, qui conclut ainsi sa lettre denvoi : Je vous transmets, Mgr, le vu de Sa Majesté, assuré davance de votre entière adhésion à cette pensée généreuse, où saffirme avec la sincérité du sentiment le souvenir du bienfait.

    Cette année, le jour de la fête, le roi sera déjà parti pour son voyage en France ; mais S. M. a lintention, les années suivantes, dassister en personne à cette Messe et de demander que la même cérémonie religieuse ait lieu non seulement à la capitale, mais dans tout le pays.

    Cambodge

    La saison sèche, qui se poursuit habituellement de novembre à mai, a été, cette année, chose assez rare pour quelle mérite dêtre signalée, coupée par un déluge de pluie du 20 au 26 Mars. Les arbres, recouverts dune épaisse couche de poussière, ont été noyés sous labondance des eaux. La température passa subitement de la fournaise des enfants hébreux à la fraîcheur hivernale de 22º C., nous obligeant à recourir aux couvertures.

    Le lundi, 27, au matin, après avoir accompli le trajet de Singapore à Saigon par une mer dhuile, tandis que nous étions en plein cataclysme, le P. Thibaud, destiné à la Mission du Laos, nous arrivait de France et goûtait les charmes de la fraîcheur du Cambodge. Après avoir visité les chrétientés de la capitale khmère et de sa banlieue, le soir du même lundi il prenait le bateau qui fait la correspondance jusquà Kratié. De là il aura lavantage, tout jeune missionnaire, de faire connaissance avec les pirogues à perches dans la traversée des rapides. Espérons, pour le bonheur de ce cher confrère, qui nous a beaucoup plu par sa mine de vétéran, que tous ses colis le suivront jusquau terme du voyage, malgré les nombreux transbordements et les distractions dune navigation qui nest pas sans danger.

    Voici quon expérimente presque officiellement une médication trouvée, dit-on, par un Annamite, qui par elle se serait guéri de la lèpre. Un fait certain, cest que, lan dernier, un Européen, très gravement atteint de cette terrible maladie, a pu, après plusieurs mois de traitement, sen croire délivré. La guérison complète ne paraît cependant pas confirmée. Ce traitement consiste à absorber des pilules dans la composition desquelles entrent 23 substances diverses, broyées et mélangées ensemble. Quelques-unes de ces substances semblent ne pas être douées dune grande efficacité ; mais enfin, faisons confiance à la rumeur publique et attendons des guérisons patentes pour nous prononcer.

    Siam

    La question des écoles, si importante pour la vitalité chrétienne de nos postes, continue de préoccuper les esprits. Jusquà présent nos grands collèges et pensionnats, qui comptent plusieurs milliers délèves, ne paraissent pas sensiblement touchés ; mais il nen est malheureusement pas de même pour nos écoles primaires, que des lois successives tendent à ruiner peu à peu.

    Depuis deux ans Mgr Perros a essayé de conjurer surtout la crise des instituteurs catéchistes et institutrices. Une Ecole Normale a été fondée dans ce but, et la direction en a été confiée au P. Ferlay. Les résultats pratiques de cette Ecole se feront évidemment attendre quelques années, mais de sérieux espoirs se trouvent présentement en germe.

    Pour pourvoir à lentretien des élèves et aux gages des maîtres qui en sortiront, une uvre des Ecoles a été établie, dont la caisse sera alimentée par une quête annuelle faite dans toutes les chrétientés. Le produit des quêtes, transmis à Mgr, avec les noms des donateurs pour la publication, est employé entièrement à luvre des Ecoles.

    Avec le temps, et surtout avec laide de Dieu, la Mission de Siam espère avoir ainsi des maîtres et des maîtresses capables de former et dinstruire la jeunesse chrétienne.

    Nous nous apprêtons à fêter solennellement les Noces dor sacerdotales du R. P. COLOMBET, Provicaire et curé de la cathédrale.

    Ordonné prêtre le 23 décembre 1871, au lendemain de la guerre, le cher Père aurait dû, à la date du 23 décembre 1921, recevoir les félicitations de ses confrères. Mais la fête de Noël prohibant presque tous les déplacements des missionnaires, il fut décidé quon attendrait une époque plus favorable. La date du mercredi 26 avril a été choisie.

    Fondateur du Collège de lAssomption, dirigé maintenant par les Frères de Saint-Gabriel, le P. Colombet a vu son collège progresser dannée en année. Celui-ci compte à lheure actuelle 1800 élèves. Un bon nombre dAnciens de cette Alma Mater se trouvent disséminés au Japon, en Indochine et aux Indes.

    De même, si la Mission catholique et la ville de Bangkok sont maintenant ornées et pourvues dune splendide cathédrale, cest au zèle du P. Colombet quelles le doivent. Au dire de nombreux voyageurs, cet édifice religieux reste lun des plus riches et des plus artistiques de tout lExtrême-Orient.

    La Mission du Siam, en six ans, shonore davoir pu célébrer les Noces dor sacerdotales de trois de ses membres : celles du P. Fauque, le 18 novembre 1916 ; celles du P. Barbier, le 19 décembre 1918 ; celles-du P. Colombet, le 26 avril 1922.

    Grâce à Dieu, ces exemples de vies sacerdotales, si pleinement dépensées au service de lEvangile, servent dencouragement pour les jeunes : à eux de tenir aussi, puisque le recrutement en France est si difficile encore.

    Malacca

    Tricentenaire de la Canonisation de saint François-Xavier (1622-1922). Le 12 Mars dernier, la paroisse Saint-François-Xavier de Malacca était de nouveau en fête pour célébrer le troisième centenaire de la canonisation de celui qui est son Patron à un titre tout à fait spécial.

    Tout le monde sait, en effet, que la ville de Malacca fut, à plusieurs reprises, le théâtre des travaux de ce grand apôtre, comme aussi de plusieurs de ses miracles, dont les principaux sont représentés dans les vitraux du chur de léglise.

    Cette solennité, fut précédée dun triduum préparatoire et, le dimanche 12 Mars, Monseigneur Perrichon officia pontificalement devant une très belle assemblée de fidèles.

    A cette occasion, quon nous permette de rappeler les différents séjours de saint François à Malacca.

    1º De Septembre 1545 à Janvier 1546, alors quil venait des Indes et se rendait aux Moluques.
    2º Juillet-Décembre 1547, revenant des Moluques et retournant aux Indes.
    3º Du 31 Mai au 24 Juin 1549, en allant des Indes au Japon.
    4º De 3 jours seulement, à son retour du Japon, en Décembre 1551.
    5º Mai-Juillet 1552, pour se rendre en Chine.

    Enfin son corps fut rapporté à Malacca le 22 Mars 1553 et y resta jusquau 11 Décembre de la même année.

    Birmanie Septentrionale

    La Haute-Birmanie possède trois grandes mines en exploitation : les mines de rubis de Mogôk, les mines de plomb et dargent de Namtu, et tout le district pétrolifère de Magwé, dont Yenangyaung à lui seul compte plus de 1.200 puits.

    Les trois missionnaires qui visitent ces postes ont fort à faire pour réunir les pauvres chrétiens que lespoir du lucre, souvent aussi le besoin de la pitance journalière, attirent vers ces enfers de travail et de tentations.

    A Namtu, le P. Moindrot trouve lancien bureau de poste qui lui sert de chapelle beaucoup trop étroit et rêve de le transformer en église. Depuis trois ans il tend la main, mais il constate que le plomb et largent de la mine coulent trop rapidement entre les doigts. Il cherche le filon : il le trouvera.

    Le P. Herr, à Mogôk, dit la messe où il peut. La Compagnie vivote, les rubis nayant pas de cours depuis longtemps.

    De beaucoup la plus riche, la Burmah Oil Company vient de donner une allocation de 5.000 roupies au P. Falière pour lérection dune église. Comme il lui en faut encore autant pour faire quelque chose de convenable, il frappe, lui aussi, à toutes les portes. Les drillers américains seraient assez généreux, nétait quils ignorent totalement la prohibition, et, disent-ils, Yenangyaung is such a dry place ! Le Père y mettra un peu plus de temps, mais il aura son église.

    Laos

    En 1881 il ny avait pas un seul chrétien au Laos : les deux premiers missionnaires envoyés par le Vicaire Apostolique du Siam arrivaient à Oubone le 23 Avril 1881. Le bon Dieu bénit leurs travaux et, dix ans après, trois mille indigènes, dispersés dans une vingtaine de villages, avaient reçu le baptême ; mais ce nétaient encore que des néophytes ayant vécu jusque là à la païenne, donc encore faibles dans la foi. Cependant, pour sen tenir à la lettre et à lesprit de notre Règlement, le Supérieur de la Mission décida la fondation dun Séminaire à Dan-Dôn (Laos), où les enfants des meilleures familles chrétiennes se présentèrent deux-mêmes, après en avoir obtenu lautorisation de leur curé respectif.

    En 1894, il y avait au Séminaire 25 élèves et, deux ans plus tard, une quarantaine. On leur enseigna les premiers éléments de la langue latine, que quelques-uns apprenaient avec beaucoup denthousiasme. Hélas ! ce nétait quun feu de paille. Bientôt le découragement vint ; puis le gros défaut des Laotiens apparut : linconstance, et aussi la grande difficulté quils ont de se plier à une règle ; enfin, il faut bien le dire, luvre était prématurée. La plupart de ces enfants étaient nés dans le paganisme ou du moins de parents tout récemment chrétiens. Ce premier essai avait cependant abouti à un résultat, puisquil nous avait donné un prêtre, le premier prêtre du Laos, et, qui plus est, un très digne prêtre. Cependant il fallut licencier le séminaire et, en 1910, recommencer luvre sur une nouvelle base. La Mission possède maintenant des enfants et petits-enfants de chrétiens. Le choix est désormais plus facile et plus sûr, dautant que la Mission compte actuellement près de 14.000 chrétiens. Dès 1910, nous envoyâmes donc des enfants de choix au séminaire de Bang-Xang, dans la Mission du Siam, qui est notre Mission-mère. Jusquici nous navons quà nous louer de cette manière de faire. Nos élèves laotiens se trouvant en contact journalier avec des élèves siamois, annamites, chinois, qui composent le séminaire de Bang-Xang, sont naturellement portés à lémulation et ne font en général pas mauvaise figure. Nous avons actuellement vingt-cinq élèves laotiens dont plusieurs dans les hautes classes ; le Supérieur de cet établissement se déclare entièrement satisfait de nos élèves. Cependant, lenvoi de ces enfants à près de 600 kilomètres de chez eux ne pourra pas se prolonger longtemps. Le nouvel Evêque que le Saint-Siège est sur le point de nous donner aura sans doute comme premier but de son épiscopat de rouvrir à nouveau le Séminaire du Laos, qui, cette fois, nous lespérons, ne se refermera plus.

    Maïssour

    Dès le lendemain de la mort de Mgr Teissier, le Conseil sest réuni pour élire un Vicaire Capitulaire (Can. 427-432 et art. 123 du Règlement de la Société) : il a fait choix du Père Sigean, Vicaire Général de lEvêque défunt.

    Coïmbatour

    Un vétéran de la Mission, le Père Foubert, est parti pour Paris le 19 Mars, sur lavis des médecins, pour y subir lopération dun cancer à la bouche. Il est âgé de 72 ans, et cest la première fois quil retourne en Europe après 48 ans de mission. Plein de confiance en Dieu et de résignation à sa sainte volonté, il est parti en disant : A la grâce de Dieu ; si je guéris, je reviendrai au mois dOctobre. Daigne le bon Dieu lui accorder la grâce de la guérison et à nous la joie de le revoir.

    Un jeune prêtre indigène, le P. Masillamani, vient dêtre envoyé à Trichinopoly pour y subir prochainement lexamen du B. A.

    Le mois de Mars est lépoque de la répartition des subsides du Gouvernement aux écoles primaires : 72.000 roupies ont été distribuées dans le Collectorat de Coïmbatore. La part qui revient à chaque école est bien maigre. Nos écoles paroissiales coûtent beaucoup ; mais elles sont indispensables, non seulement pour procurer à nos enfants chrétiens lavantage de linstruction primaire dans une atmosphère catholique, mais aussi et surtout pour faciliter lenseignement du catéchisme et la préparation à la Première-Communion.

    On parle beaucoup en haut lieu dinstruction primaire obligatoire et déducation professionnelle ; projets plus beaux en théorie quen pratique. La municipalité de Coïmbatore a adopté lécole obligatoire à partir du mois davril. Lavenir nous en dira les résultats et les effets au point de vue de nos écoles paroissiales.

    1922/230-250
    230-250
    Anonyme
    France et Asie
    1922
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