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Bouddhisme chinois et Bouddhisme japonais

Bouddhisme chinois et Bouddhisme japonais
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    Bouddhisme chinois et Bouddhisme japonais

    Les lignes suivantes ne sont que la traduction du résumé dun discours prononcé à Kyôto, en novembre dernier, au cours dune partie de thé donnée en lhonneur des bonzes chinois venus au congrès pan-bouddhiste. Le lecteur ny cherchera pas une documentation historique précise, moins encore une logique quelconque dans les raisonnements. Si la stabilité de la doctrine est une preuve de la vérité du catholicisme, peut-être pourra-t-on tirer de ce discours dun bouddhiste distingué, un argument apologétique à présenter aux adeptes de Sakyamuni.

    Le 11 novembre dernier, à Kyôto, en présence des notabilités civiles et devant plus de 500 bonzes renommés, lun deux, Kô Manju Hôshi caractères chinois, supérieur du séminaire bouddhiste, fit un sermon sur le bouddhisme, remède aux maux actuels ; après quoi on entendit le discours chinois, aussitôt traduit, de Maître Taiku Fase caractères chinois, parlant au nom des bonzes pèlerins chinois, sur les différences entre le bouddhisme chinois et japonais, différences quil résuma sous les 8 points suivants.

    1º Alors que la nation japonaise a cherché activement et avec conviction la loi du Bouddha, la Chine, au contraire, a reçu passivement une doctrine venue de létranger. A commencer par Dengyô-Daishi caractères chinois et Kôbô-Daishi caractères chinois, nombreux furent les Japonais qui passèrent en Chine pour y chercher la Loi. Dautres, même dans la famille impériale, sen allèrent jusque dans lInde, au péril de leur vie, pour y étudier le bouddhisme. En Chine, à part un petit nombre dhommes, comme Hiuentsang caractères chinois et Fahien caractères chinois, personne nalla à létranger à la recherche de la Loi, tandis que nombreux furent les bonzes indiens venus en Chine

    2º Au Japon, nombre dempereurs, à commencer par Shôtoku-Taishi caractères chinois, embrassèrent le bouddhisme ; nombre de régents et de maires du palais (caractères chinois kwampaku) devinrent bouddhistes et se firent les protecteurs de la Loi. Rien de tout cela en Chine : les rares ministres devenus bouddhistes, loin de favoriser la Loi, ne songèrent quà se retirer des affaires.

    3º Le peuple japonais a éminemment le respect de lautorité. Lorsque les seigneurs et les nobles eurent embrassé la foi bouddhique et ordonné à leurs vassaux dy croire eux aussi, le peuple en grand nombre suivit le mouvement, et tout naturellement le bouddhisme se répandit. En Chine, cest le confucianisme qui est la religion nationale. Le bouddhisme a eu à subir son oppression, ce qui diminua notablement sa force dexpansion.

    4º Le Japon jouit de ce privilège unique au monde dêtre gouverné de toute antiquité par une seule et même dynastie. Le gouvernement favorisant le bouddhisme, la doctrine et les rites en ont bénéficié dune manière ou dune autre. En Chine, au contraire, avec les changements de gouvernement perpétuels et les révolutions militaires incessantes, on détruisit les livres, on abandonna les rites. Dans une visite à la Pagode de la Paix éternelle caractères chinois, jai vu, toujours en vigueur, les belles coutumes de la fin des Song caractères chinois; dans celle de Hôryû-ji caractères chinois jai vu avec étonnement et envie, conservée telle quelle, la civilisation des dynasties Sui caractères chinois et Tang caractères chinois.

    5º Tout le peuple du Japon vénérant les kami caractères chinois, les sectes bouddhistes de Tendai caractères chinois et de Shingon caractères chinois ont fait chorus et proclamé leurs bouddhas des avatars des kami. Ils ont harmonisé les kami et les hotoke caractères chinois et adapté le bouddhisme à la mentalité japonaise ; ils ont ainsi pourvu à sa conservation et à son développement. La Chine, au contraire, pays de la littérature, na destime que pour le raisonnement ( ? ). Doù il suit que la contemplation (caractères chinois), par laquelle on saisit la bouddhéité, a fait florès. On vit alors de merveilleuses spéculations sur le vide, mais le bouddhisme ainsi transformé ne tarda pas à décliner.

    6º Le Japon vénère les premiers maîtres, fondateurs des diverses sectes, lesquelles, bien loin davoir des tendances séparatistes, ont plutôt une grande force de cohésion. La Chine ne vénère que le vieux Sakya-muni, fondateur dune seule secte, et ne lhonore que comme un sage des anciens temps, au lieu de lui reconnaître une transcendance universelle.

    7º Le bouddhisme japonais ayant ordinairement joui des faveurs gouvernementales, les bonzes célèbres furent choyés des empereurs et des puissants du jour. Ils purent, tout en élevant de vastes pagodes et en travaillant à la conversion du peuple, soccuper aussi duvres sociales, avec le concours du gouvernement, se mettant ainsi à la tête du peuple : telle la secte de Nichiren caractères chinois, qui apparaît, au premier coup dil, comme un corps destiné à encourager le patriotisme ; tels encore le Jôdo caractères chinois et le Shinshû caractères chinois, qui proclament bien haut se baser sur la loi impériale et qui ont pénétré dans les masses en profondeur et en étendue. En Chine, on gouverne suivant les principes de Confucius. Les fidèles bouddhistes ne peuvent que travailler à leur perfectionnement personnel et nont que très rarement loccasion de collaborer à lenseignement du prochain.

    8º Pour adapter le bouddhisme japonais aux nécessités modernes, on la doté de ce quil y avait de meilleur dans les institutions étrangères. La Chine, au contraire, médusée par le bouddhisme des Sui caractères chinois et des Tang caractères chinois, ne connaît que le mouvement rétrograde. On a beau, de part et dautre, travailler avec la même ardeur, le Japon vise à la modernisation du bouddhisme, tandis que la Chine prétend le ramener à lantiquité.


    1926/305-308
    305-308
    Anonyme
    Japon
    1926
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