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Au Maréchal Joffre le lion de Belfort 1

Au Maréchal Joffre le lion de Belfort Le sol gaulois tremblait, et lEst était tout noir. Ouvriers des cités, paysans du terroir, Au signal du tocsin laissèrent leur ouvrage, Et, le fusil au poing, firent face à lorage : Car le sombre horizon, crevant avec éclat, Vomissait à nouveau les hordes dAttila. Au Nord, un peuple fier sécriait : Halte-là ! Nous mourrons, sil le faut, dans notre indépendance, En faisant de nos corps un rempart à la France. Malgré tout, vint une heure où les digues flamandes
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    Au Maréchal Joffre le lion de Belfort

    Le sol gaulois tremblait, et lEst était tout noir.
    Ouvriers des cités, paysans du terroir,
    Au signal du tocsin laissèrent leur ouvrage,
    Et, le fusil au poing, firent face à lorage :
    Car le sombre horizon, crevant avec éclat,
    Vomissait à nouveau les hordes dAttila.
    Au Nord, un peuple fier sécriait : Halte-là !
    Nous mourrons, sil le faut, dans notre indépendance,
    En faisant de nos corps un rempart à la France.
    Malgré tout, vint une heure où les digues flamandes
    Cédèrent sous le choc des vagues allemandes ;
    Lhydre, gueule béante, avançait Vers Paris :
    Trois semaines encore, et Paris serait pris...
    Lorsque lon vit soudain, là-bas, vers la frontière,
    Un lion qui descendit de son socle de pierre.
    Les Français le nommaient : le Lion de Belfort.
    En plaine, il savança, sûr de lui, calme et fort.
    Dans les champs arrosés par la Marne et par lOise,
    Voyant lionceaux et lions de la terre gauloise,
    Mêlés à leurs cousins, les fils du Léopard,
    Accourus au danger pour en prendre leur part,
    Il rugit. Lil en feu, levant sa tête altière,
    Il lança cet appel de par la France entière :
    Le salut du pays est en jeu, mes enfants ;
    Il faut vaincre ou périr, et ce nest plus le temps
    De reculer ou de regarder en arrière...
    EN AVANT, mes lionceaux ! Chaque morceau de terre
    Que vous aurez conquis, vous devez le tenir :
    Si vous navancez plus, vous saurez y mourir !
    Cétait le six Septembre, et, sans repos ni trêve,
    Des combats de géants, comme on nen voit quen rêve,
    Avaient, repoussant lhydre et dégageant Paris,
    Conjuré le péril et sauvé le pays...

    Le lion de Belfort, regagnant la frontière,
    Remonta lentement sur son socle de pierre.
    Modeste, il avait lair de dire : Je ne suis,
    Tout lion quon me nomme, ainsi que mes petits,
    Que le simple instrument de cette PROVIDENCE
    Qui veille en nos périls et protège la France.
    Puis, ferme, il se tint là, lil baigné despérance,
    Et regardant venir
    LAVENIR.

    Yokohama, le 24 Janvier 1922


    1. Cette poésie, uvre dun de nos Confrères, a paru dans un journal local, le Japan Gazette, pendant le séjour du Maréchal Joffre à Tôkyô. Nous pensons être agréables aux lecteurs du Bulletin en la leur faisant connaître. Peut-être sécarte-t-elle un peu du cadre ordinaire de nos articles ; maie une fois nest pas coutume. (N.D.L.R)

    GLANES

    Notre entendement est faible tant quil est esclave de la science, tout puissant dès quil saffranchit par la foi ; car la foi fait confiance à ce que nous ne voyons pas et ne savons pas, cest-à-dire presque tout ; tandis que la science fait confiance à ce que nous voyons et croyons savoir, cest-à-dire presque rien.

    Les dogmes sont les limites que la religion impose à la raison pour quelle ne ségare pas dans linfini.

    Dieu fit lhomme à son image ; mais ce nest pas une raison pour que certains hommes prétendent que Dieu est tel quils sont.

    Lathée pratique la plus basse des superstitions : il croit en lhomme.

    Avant que Dieu se fût fait homme, les hommes se faisaient dieux.


    1922/95
    95
    Anonyme
    France
    1922
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