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A Saint Vianney

A Saint Vianney La plainte du prêtre. Glorieux Vianney, brillant globe damour, Maintenant couronné, dans léternel séjour, Beau lis quArs vit fleurir, dont la suave odeur Délectait ton Jésus, réjouissait son cur, Jette un regard sur nous, les prêtres, tes amis. Par le saint sacerdoce ils te sont tous unis ; Ils luttent, comme toi, pour conquérir les âmes Et pour les préserver des éternelles flammes. Vois-les souvent blessés, vaincus, gisants à terre. Leur courage fléchit, dans lincessante guerre.
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    A Saint Vianney
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    La plainte du prêtre.

    Glorieux Vianney, brillant globe damour,
    Maintenant couronné, dans léternel séjour,
    Beau lis quArs vit fleurir, dont la suave odeur
    Délectait ton Jésus, réjouissait son cur,
    Jette un regard sur nous, les prêtres, tes amis.
    Par le saint sacerdoce ils te sont tous unis ;
    Ils luttent, comme toi, pour conquérir les âmes
    Et pour les préserver des éternelles flammes.
    Vois-les souvent blessés, vaincus, gisants à terre.
    Leur courage fléchit, dans lincessante guerre.
    Tristes, découragés, ils creusent le sillon
    Et ne voient pas encor se dorer la moisson.
    Le monde et tout lenfer sont ligués contre toi,
    Quand tu vas rallumer le flambeau de la foi,
    Dans ce champ ravagé qui te fut confié,
    Et dont le triste état tavait terrifié.
    Mais on ne vit chez toi jamais de défaillance
    Et, dans tes durs labeurs, cest toujours la vaillance.
    Les pécheurs de partout, à tes pieds, tous les jours,
    Viennent se prosterner, implorant ton secours.
    Dis-nous donc le secret qui te rendit vainqueur
    Et dans tes saints combats toujours triomphateur.
    Regarde le Setchuan, terre encore stérile,
    Si loin, de son Sauveur et de son évangile :
    Restera-t-il toujours à lécart de la croix,
    Et nentendra-t-il pas cette plaintive voix
    Que le Roi des martyrs lui dit en expirant :
    Jai soif ! Voilà mon cur après toi soupirant !
    Pour toi mon ciel si beau sera-t-il donc fermé ?
    Viens ! car je suis encor damour tout enflammé.
    Regarde, O Vianney, vers les missionnaires
    Semant la vérité dans ces lointaines terres,
    Apprends-nous à combattre, à prier, à souffrir,
    Viens nous aider, enfin, un jour à bien mourir !
    ____

    Réponse du Saint.

    Jentends, mes chers amis, vos touchantes prières.
    Plus que vous, jai souffert ces profondes misères.
    Mais vous voulez savoir comment jen fus vainqueur,
    Comment jai triomphé de lobstiné pécheur.
    Jai dû verser du sang pour sa conversion,
    Cest par lui que se fit notre rédemption.
    Pour obtenir le ciel, il faut être victime :
    Sur larbre de la croix le Sauveur nous lintime.
    Jai sauvé de la mort des milliers de pécheurs ;
    Mais, pour les convertir, quels longs et durs labeurs !
    Jai dû porter pour eux de douloureuses croix.
    Sans trève ni repos, ma suppliante voix
    tes pressait de sortir de leurs tristes langueurs.
    De ces curs endurcis pour ôter les froideurs,
    Il a fallu porter des chaînes, des cilices,
    Et boire constamment de très amers calices.
    Des jeûnes répétés, des veilles, la prière,
    Des appels pleins damour, durant ma vie entière,
    Sont la forte rançon que pour eux jai versée,
    La colère divine alors fut apaisée.
    Un tel état de vie est terrible sans doute,
    Et vous nosez marcher sur cette affreuse route.
    Mais, vous le savez bien, cest au pied de la croix
    Que la fleur de lamour sépanouit et croît.
    Du moins, portez gaiement le fardeau plus léger
    Que vous a destiné le divin ménager.
    Que de petites croix vous endurez en route !
    Jésus vous voit souffrir, vous aime et vous écoute.
    Vos peines, vos combats, vos chagrins et vos pleurs
    Ne sont-ils pas aussi la rançon des pécheurs ?...
    Si la croix vous fait peur, tout près navez-vous pas
    Un prisonnier damour, distant de quelques pas ?.,,
    Oh ! le pauvre inconnu, le divin solitaire,
    Oh ! comme il vous appelle et veut avoir affaire
    Avec vos curs blessés, fatigués de la vie !
    Près de Lui, cest la paix, et lâme est assouvie.
    Je lavais, ce captif, pas loin de ma maison.
    Javais toujours mon cur tout près de sa prison ;
    Et comme il senflammait, tressaillait, soupirait !
    Cest là que se trouvait le feu qui me brûlait.
    Allez ! Jetez des cris près de lhôte divin :
    Il est de tous vos maux le puissant médecin.
    Celui que vous aimez, caché au saint autel,
    Nest-il pas, ici-bas, pour vous déjà le Ciel !

    1928/424-426
    424-426
    Anonyme
    France
    1928
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