Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

A propos du troisième centenaire de la naissance de Mgr de Montmorency-Laval

A propos du Troisième Centenaire de la naissance de Mgr de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec (1623-1708) Au mois de Mai dernier, les catholiques du Canada ont célébré solennellement le 3e centenaire de la naissance de Mgr de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec. En raison des relations queut le vénérable prélat avec notre Société naissante, S. E. le Cardinal Bégin a adressé au Séminaire de Paris la lettre suivante. Monseigneur et très vénéré Supérieur,
Add this
    A propos du Troisième Centenaire de la naissance de Mgr de Montmorency-Laval,
    premier évêque de Québec (1623-1708)


    Au mois de Mai dernier, les catholiques du Canada ont célébré solennellement le 3e centenaire de la naissance de Mgr de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec. En raison des relations queut le vénérable prélat avec notre Société naissante, S. E. le Cardinal Bégin a adressé au Séminaire de Paris la lettre suivante.

    Monseigneur et très vénéré Supérieur,

    Les 15 et 16 Mai prochain, Québec et tout le Canada catholique, nous en avons la confiance, commémoreront le troisième centenaire de la naissance du Vénérable François de Montmorency-Laval.

    Ce grand évêque, dont les uvres sont plus vivantes que jamais, a été à la fois lun de vos fondateurs et le nôtre. Evêque missionnaire, et lun des premiers sur la liste déjà si longue et si glorieuse des apôtres sortis de votre maison, il a voulu que nos deux institutions nen fissent quune, et il les a unies par des liens si forts que rien na pu les faire disparaître, ni le temps, ni la distance, ni la force des circonstances. Quil en soit béni ! Nous comprenons quen mourant Mgr de Laval nous laissait, à vous comme à nous, son esprit et ses enseignements, ses exemples et quelque chose de son cur ; par là, il est devenu lui-même ce lien infrangible qui rattache à jamais, nous en avons la ferme conviction, deux institutions quil a aimées en saint et en apôtre, cest à dire en Dieu et pour Dieu.

    La reconnaissance que le pieux fondateur avait vouée au Séminaire de Paris pour tous les bienfaits dont celui-ci avait comblé le Séminaire de Québec ne sest pas éteinte avec lui ; elle sest perpétuée chez ses successeurs et ses enfants ; ils sen sont chargés non pas comme dun fardeau, mais comme dun devoir agréable répondant tout à la fois aux sentiments du fondateur et aux impulsions de leur propre cur. Aujourdhui, après 260 ans dexistence, il nous est doux de penser que les membres des deux maisons se regardent toujours comme des frères, comme au temps de Mgr de Laval, des Brisacier 1, des Tiberge 2, des Tremblay 3, des Montigny 4 ou des Villars 5, pour ne nommer que ceux-là.

    Vous ne serez donc pas surpris, Monseigneur, de la démarche que nous nous permettons aujourdhui auprès de Votre Grandeur et de chacun de vos Messieurs, en vous invitant, aussi cordialement quil est possible, aux fêtes qui se célébreront à Québec, les 15 et 16 Mai.

    Il nous a semblé quil nous manquerait quelque chose, et à notre joie et à nos espérances, si vous nétiez avec nous, au moins de cur en ces jours que nous voulons consacrer à la prière et à la reconnaissance.

    Nous comprenons bien que la distance et vos graves occupations ne vous permettront pas de rehausser léclat des fêtes et de réjouir nos curs par votre présence, mais nous serions heureux si Votre Grandeur et vos Messieurs voulaient bien unir leurs ferventes prières aux nôtres pour obtenir du ciel la glorification de notre fondateur commun. Ce sera une nouvelle dette de gratitude que le Séminaire de Québec aura envers celui de Paris.


    1. Jacques-Charles de Brisacier, directeur ou supérieur du Séminaire des M-E. de 1675 à 1736.
    2. Louis Tiberge, directeur ou supérieur du Séminaire des M-E, de 1680 à 1730.
    3. Henri-Jean Tremblay, fut envoyé au Canada par Mgr de Laval en 1687, nétant encore que sous-diacre. Ordonné prêtre lannée suivante, il fut nommé préfet de discipline au Petit-Séminaire de Québec. Rappelé en France en 1692 comme procureur de la Mission du Canada, il mourut au Séminaire de Paris en 1740.
    4. François de Montigny, parti pour le Canada en 1692, revint en France en 1700, sembarqua lannée suivante pour la Chine, puis fut directeur au Séminaire de Paris de 1711 à 1742.
    5. François Sorbier de Villars, se rendit au Canada en 1745, fut directeur du Séminaire de Québec en 1746 et supérieur en 1750. Rentré en France en 1756, il fut directeur du Séminaire des M.-E. jusquà sa mort en 1788.


    *
    * *

    Nous empruntons au P. Launay (Histoire de la Société des M.-E., Documents historiques relatifs à la Société des M.-E.) quelques détails biographiques sur Mgr de Laval.

    François de Laval-Montigny-Montmorency, né le 30 avril 1632 à Montigny-sur-Avres, au diocèse de Chartres, était archidiacre dEvreux lorsquil entendit parler de lassociation formée à Paris par quelques jeunes prêtres désireux de se consacrer aux missions dans les pays infidèles. Résignant son bénéfice, il vint se joindre à eux et fut lun des trois choisis pour lépiscopat par le Nonce, Mgr Bagni ; les deux autres étaient MM. Pallu et Pique. En 1658 il était nommé évêque de Pétrée et Vicaire Apostolique du Canada. Avant de partir pour lAmérique, il contribua à la fondation du Séminaire de Paris, puisquil est un des signataires de la supplique adressée à la Propagande, demandant lautorisation détablit un Séminaire pour la conversion des infidèles, dans lequel seront formés ceux qui se destineront aux missions. Il demeura, du reste, toujours uni de cur et dâme à Mgr Pallu, à Mgr de la Motte Lambert, à leurs missionnaires et à leurs procureurs.

    Arrivé dans son immense Vicariat, il mit tout son zèle à lorganiser. Il voulut tout dabord fonder un Séminaire, mais, manquant de prêtres et de ressources pour en assurer la perpétuité, il demanda aux Directeurs du Séminaire de Paris den prendre la direction. Les Directeurs répondirent à cette invitation en sollicitant de lévêque une permission officielle de fonder une maison dans la ville de Québec, afin de pouvoir travailler aux Missions du pays, conformément au but de leur institution. La demande fut agréée ; les membres du Séminaire reçurent à perpétuité le pouvoir denseigner les peuples en tout ce qui regarde la vie et les vertus chrétiennes par des prédications, des catéchismes, des conférences, des retraites spirituelles, etc. Lévêque déclara que les Supérieurs du Séminaire de Québec seront choisis et nommés par MM. du Séminaire de Paris, suivant leurs règlements, et recevront ensuite la bénédiction de lévêque avant dentrer en charge. Ils seront tenus délever dans le séminaire et de former à létat ecclésiastique les jeunes gens doués des qualités nécessaires et possesseurs du revenu par les lois de lEglise.

    Lacte dunion entre les deux Séminaires fut signé à Paris le 29 janvier 1665.

    Ainsi le Séminaire de Québec était à la fois séminaire diocésain, soumis comme tel à lévêque, et séminaire des Missions-Étrangères, dépendant de celui de Paris pour le temporel et pour la nomination de ses supérieurs.

    Dès lors, et jusquà la prise de Québec par les Anglais (1759), la Société des M.-E. dirigea plusieurs de ses prêtres vers le Canada : les uns passèrent leur vie dans lenseignement, les autres se consacrèrent à lévangélisation de lAcadie et de la Louisiane ; mais ils étaient libres daccepter ou de refuser daller au Canada et ils ne recevaient pas la patente qui associait directement aux Missions-Étrangères.

    En 1668, Mgr de Laval confia aux prêtres de son Grand-Séminaire la direction du Petit-Séminaire Saint-Joachim.

    En 1675, devenu évêque de Québec il renouvela avec les Missions-Étrangères lacte dunion signé dix ans auparavant.

    Afin dassurer lavenir de ces uvres, Mgr de Laval fit à Paris (1680), en faveur du Séminaire des Missions-Étrangères, un legs général de sa fortune, pour être employé à lentretien du Séminaire de Québec ; mais la distance rendant souvent impossible le recours à Paris et les délais pouvant nuire aux affaires, le Séminaire de Paris, par acte public du 6 juin 1682, accorda à celui de Québec la faculté de disposer de ces biens et de se choisir un supérieur, à la charge den demander la confirmation à Paris.

    Ce fut le dernier acte important de Mgr de Laval dans ses rapports avec le Séminaire des Missions-Étrangères. En 1684, le vénérable prélat, accablé par les infirmités, revint en France et, le 24 janvier 1688, se démit de son évêché. Il retourna cependant au Canada, où il mourut le 6 mai 1708, à lâge de 85 ans, en odeur de sainteté. Sa cause de béatification a été introduite en Cour de Rome.

    On sait comment finirent les relations du Séminaire de Paris avec celui de Québec. Après plusieurs années de guerre et un siège de près de trois mois, la capitale de la Nouvelle-France dut se rendre aux Anglais le 18 septembre 1759. Peu après, le nouveau gouverneur, général Murray, interdisait aux directeurs du Séminaire de nommer pour supérieur aucun des deux sujets désignés par Paris et défendait de faire venir des prêtres français pour gouverner le Séminaire.

    Ainsi se terminèrent les travaux de la Société des Missions-Étrangères en Amérique.

    Dans cette période dun siècle, écrit le P. Launay, elle avait donné ses prêtres et son or, elle avait multiplié ses démarches à Rome ou à Versailles pour servir le séminaire de Québec et le Canada, elle avait aidé à létablissement du clergé indigène, à lorganisation du diocèse, et évangélisé les sauvages de la Louisiane et lAcadie, secouru les colons français : elle avait beaucoup donné et navait rien reçu ; comme la rosée fécondante, ses bienfaits étaient toujours descendus sans remonter jamais. De ses labeurs et de sacrifices il lui reste la consolation et lhonneur davoir, sur ce petit coin de terre, bien servi lEglise et la France !



    1923/430-434
    430-434
    Anonyme
    France
    1923
    Aucune image