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A propos des considérations sur lenseignement de la Théologie 4

A propos des considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de Mission.
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    A propos des considérations sur lenseignement de la
    Théologie en pays de Mission.
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    Jai bien professé la philosophie et la théologie, jadis. Mais cest si loin, et ce fut si rapide ! Mettons quil nen reste rien. Je suis simplement lhomme du dehors, qui, curieux, indiscret peut-être, grimpe sur le mur et jette un coup dil sur lenclos qui nest pas le sien. Bien des choses méchappent dans ce jardin fermé : jignore quelle est la nature du terrain ; je vois des plantes, mais je ne distingue pas bien dans quel ordre elles ont été mises en terre, ni quelle a été leur fumure ; jadmire de belles fleurs, des fruits qui me paraissent savoureux, sans, de loin, pouvoir en dire le nom. Mais, par ailleurs, jai derrière moi la vaste plaine, qui mest plus familière : je puis, du haut de mon mur, comparer lagencement général des plates-bandes, supputer la récolte, tout en faisant la part des chances derreur qui peuvent naître de la posture incommode où je suis et de la rapidité forcée de mon examen.

    Cette image fera comprendre à mes chers confrères qui forment la jeunesse cléricale dans les pays de Missions, quelle est la position que je prends, en me permettant dénoncer quelques idées au sujet des études de philosophie et de théologie, et avec quelles réserves je les jette dans la discussion.

    Si jai bien compris la pensée de lauteur des Considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de Mission, il propose de rejeter impitoyablement tous les Manuels de théologie composés pour les Grands-Séminaires dEurope et dadopter un Manuel abrégé, contenant toutes les questions de théologie dogmatique, ascétique, morale, pastorale, canonique, que les futurs pasteurs ont besoin de posséder pour leur sanctification personnelle et pour celle des âmes qui leur seront confiées. Ce Manuel serait adapté aux circonstances dans lesquelles sexerce le saint ministère en pays de Missions et proportionné à la capacité des étudiants extrême-orientaux.

    Cette opinion est appuyée sur de nombreuses raisons. Et elle est dautant plus digne dattention quelle est soutenue par des gens dexpérience, qui sont à même de connaître les forces intellectuelles aussi bien que morales délèves quils ont longtemps pratiqués, qui savent quels labeurs on demandera aux prêtres quils sont chargés de former, et qui veulent de toute leur énergie préparer à lEglise de dignes ouvriers.

    Mais, du haut du mur, tournons la tête, et regardons derrière nous dans la vaste plaine. Quy voit-on ?

    Je vois une ruée formidable vers les sciences occidentales, vers la Science, lidole obscure, à la fascinante majuscule. Partout, depuis les Indes jusquau nord du Japon, les populations, obéissant ici à une impulsion factice, là à de vagues aspirations, la plupart du temps à une volonté consciente et fermement arrêtée, demandent quon leur enseigne les sciences occidentales. Et les écoles souvrent partout, humble paillotes ou palais somptueux : écoles primaires, écoles professionnelles, instituts techniques, écoles dart ancien ou moderne ; collèges et lycées pour lenseignement secondaire ; écoles supérieures et universités, où sont enseignées toutes les disciplines. Et partout les élèves affluent, par centaines, par milliers, par millions, se recrutant dans toutes les classes, aussi bien dans les familles mandarinales ou princières, dans la riche bourgeoisie, que dans la population ouvrière et campagnarde. Je constate simplement le fait : il est inutile ici de lapprouver ou de le critiquer. Les gouvernements, quils soient autochtones, ou de protectorat, ou de conquête, sont obligés de tenir compte, dans la plus large mesure, de cet engouement, quils favorisent ou tâchent dendiguer, de diriger, du mieux quils peuvent. Les supérieurs des Missions eux-mêmes en voient toute limportance pour lavenir de la religion en Extrême-Orient, et rien nest plus digne dadmiration que les uvres quils ont fondées ici ou là, pour le faire tourner à lavantage du christianisme, comme rien nest plus attristant que de voir ailleurs leur impuissance, par suite du manque dhommes ou de ressources.

    Or, pour ces centaines de mille enfants ou jeunes gens, japonais, chinois, annamites ou indiens, est-ce quon minimise les programmes ? Est-ce quon restreint les matières ? Est-ce quon rédige des manuels spéciaux ad usum Delphini ? Ils ont tous une mentalité dExtrême-Oriental ; leur esprit, pendant des siècles, sest développé dans une direction différente du nôtre ; le corps, chez beaucoup, est malingre et noffre aucune résistance.

    Néanmoins, à niveau égal, les sciences occidentales leur sont enseignées dans la même mesure quon les enseigne aux enfants, aux jeunes gens dEurope : mêmes programmes surchargés, mêmes matières ; qui plus est, même manuels, parfois traduits littéralement, souvent utilisés tels quels, dans la langue dOccident où ils ont été rédigés, et cela, non seulement dans les écoles supérieures, où létudiant, en possession de tous ses moyens, peut faire servir toutes ses facultés dintelligence, dapplication, de volonté, à lassimilation de connaissances, de doctrines, de théories toutes nouvelles pour lui, mais même dans les écoles de villages, dans les écoles enfantines, où sacquièrent les notions les plus élémentaires.

    Il arrive parfois que le petit écolier lit dans son manuel : Les Gaulois nos ancêtres. ; ou bien il pose une objection au maître en train dexpliquer un problème : Mais, Monsieur, avec notre boulier. ; ou bien encore il demande quon lui parle de la culture du riz au lieu de la culture du blé. Ce sont des à coups inévitables, qui se produisent dans toutes les branches des sciences, à tous les niveaux des études. Le maître, sil est vraiment à la hauteur de ses fonctions, na pas de peine à donner lexplication requise, à dissiper le malentendu, à faire la substitution nécessaire, en un mot à mettre au point le manuel que les élèves ont entre les mains. Cest une question de pédagogie, une question de formation professionnelle.

    Quel est le résultat de cette méthode ? Il ne faut pas se faire illusion : il y a de nombreuses intelligences qui ne digèrent pas ces aliments ingurgités sans préparation. Mais, mis à part les esprits obtus, qui se rencontrent en Extrême-Orient comme partout, ce défaut dassimilation ne provient pas, lorsquon le rencontre, dune impossibilité, pour les esprits extrême-orientaux, de sélever au niveau des études dOccident ou, si lon veut, de la transcendance relative des sciences occidentales. Si beaucoup détudiants rejettent une partie des connaissances quon leur a enseignées, cest que le canal par lequel ces connaissances pénètrent dans leur intelligence est défectueux ; ou bien ils ne savent que leur langue maternelle, véhicule toujours imparfait, souvent totalement inapte, pour lenseignement des sciences ou pour lexpression des idées occidentales ; ou bien, sils ont la connaissance dune langue européenne, cette connaissance est insuffisante.

    Mais lorsque la notion occidentale, de quelque ordre quelle soit, scientifique, littéraire, philosophique, peut arriver dans toute sa plénitude, sans être déformée ou obscurcie par lexpression, jusquà lintelligence de létudiant, elle est pleinement perçue et elle produit les mêmes effets que sur un esprit européen.

    Je pourrais citer, à lappui de cette assertion, de nombreux témoignages, soit de maîtres, soit délèves, dans toutes les branches de lenseignement, surtout dans lenseignement secondaire, et même dans lenseignement supérieur. On na quà parcourir les palmarès, des établissements déducation où, soit en Extrême-Orient, soit en Europe, les indigènes de nos pays sassoient à côté détudiants européens. Ces derniers devraient, semble-t-il, occuper toujours les premières places et laisser loin derrière eux les indigènes. Il nen est rien, et cest le contraire que lon voit parfois. Et, pour ce qui concerne lenseignement supérieur, jai lu, chez un peuple qui commence à peine à évoluer, des thèses juridiques, médicales, pédagogiques, qui, bien que dénotant une certaine inexpérience inévitable, sont pleines de promesses pour lavenir. A un degré plus élevé encore, un peuple qui a atteint à peu près sa pleine maturité oppose, dans toutes les branches des études, aux savants européens des hommes puissamment doués pour linvestigation scientifique.

    Voilà ce qui se passe derrière nous, dans la plaine. Voilà les méthodes employées, les résultats obtenus.

    Pourquoi veut-on adopter une méthode différente dans notre enclos ?

    Plusieurs raisons sont mises en avant. Mais je crois, si jai bien saisi la portée de remarques jetées de ci de là, que la raison principale, celle qui met en jeu toutes les autres, est celle-ci : Les élèves de nos Grands-Séminaires ne sont pas capables de sassimiler complètement les doctrines philosophiques, la science sacrée, telles quelles sont exposées dans les manuels rédigés pour les Grands-Séminaires dEurope, ou, en dautres termes, ne sont pas capable dutiliser comme il conviendrait les manuels dEurope.

    Cest une erreur, me semble-t-il.
    Depuis quelque temps, nos Missions ont envoyé au Collège de la Propagande un certain nombre délèves. On ne leur fait pas de cours spéciaux. Ils apprennent les mêmes matières, suivent les mêmes programmes, passent les mêmes examens que leurs confrères venus de toutes les parties du monde, appartenant à toutes les races. Et la doctrine quon leur enseigne est la doctrine enseignée dans tous les Grands-Séminaires dEurope, et daprès les mêmes méthodes. Et cependant, sil faut en croire les échos venus de Rome, certains de nos élèves font très bonne figure, arrivent bons premiers aux examens.

    On me dira que ces quelques cas ne permettent pas de tirer une conclusion générale, car on a envoyé à Rome les sujets les plus brillants de nos séminaires, et quon ignore comment ces sujets de choix se comporteraient aux cours du Collège romain, par exemple.

    Mais cest tout de même déjà une preuve en faveur de ma thèse, que quelques-uns de nos élèves, soumis à la discipline des séminaires dEurope, puissent sen tirer avec honneur. Bien plus, limpression générale qui mest restée, je ne dirai pas de mes années de professorat, cest si loin ! mais des quelques coups dil quil ma été donné de jeter de temps en temps dans le jardin de nos Grands-Séminaires, cest que nos cours ressemblent étonnamment aux cours que lon voit dans les Grands-Séminaires dEurope : quelques retardataires, qui ânonnent leur thèse sans y comprendre grandchose ; une bonne moyenne, qui saisit lensemble de la doctrine et en retient le principal ; une tête qui, découronnée encore de sujets délite, peut disséquer les divers éléments dune thèse, les placer à lendroit voulu, leur donner leur valeur respective.

    Je citerai un petit fait particulier. Mon Tanquerey est un ouvrage acheté doccasion ; le premier volume a été annoté par lélève qui sen est servi, et je me suis plusieurs fois amusé à lire ces notes, pour me rendre compte de la manière dont lélève avait utilisé et compris son auteur. Le résultat de cette étude est tout à la louange de lélève : certaines notes sont la traduction en langue indigène dun terme rare, mais la plupart sont rédigées en latin, et ici résument une thèse ou un raisonnement, là apportent une restriction ou font ressortir la valeur de largument, ailleurs signalent un point de vue, une application pratique appropriés aux pays de Missions. Il faut voir là, sans doute, un écho fidèle de la leçon du professeur ; mais la manière dont les notes sont rédigées prouve que lélève avait compris et son auteur et son maître.

    Elevons-nous à un degré supérieur. Plusieurs de nos prêtres, ou des prêtres formés par dautres Congrégations, ont composé des ouvrages, soit de piété, soit de prédication ou denseignement, soit de science descriptive ou même spéculative. Or beaucoup, parmi ces ouvrages, ne sont pas de simples traductions ou des compilations, mais ont une réelle valeur, tant par leffort personnel quils supposent que par lordonnance des matières ou la forme sous laquelle elles sont présentées ; quelques-uns même sont des instruments de travail que les érudits gardent constamment à la portée de leur main.

    Dans ces conditions, si la force des cours est à peu près la nième dans les pays de Missions quen Europe, pourquoi adopter, ici et là, deux méthodes différentes ?

    Il convient toutefois dapporter un correctif à cette proposition : il peut se rencontrer, et il y a effectivement des Missions où les élèves du Grand-Séminaire sont notablement inférieurs aux élèves des Grands-Séminaires de France. Mais doù provient cette infériorité ? Elle nest que relative. Il est certain quun jeune homme qui bredouille vaguement la langue latine, et à qui on met entre les mains un de nos manuels dEurope, ne peut, quelles que soient par ailleurs ses facultés intellectuelles, que tâtonner, hésiter, prendre ici et là quelques notions vagues ou incomplètes, qui ne constitueront jamais un ensemble de doctrine, qui néclaireront pas son intelligence, naffermiront pas sa foi, ne réchaufferont pas son cur.

    Faut-il, pour cela, composer un manuel spécial, où la doctrine serait condensée, mâchée, filtrée et, jen ai bien peur, quoiquon en dise, élimée et écourtée ?

    Jai fait usage jadis de deux de ces manuels, composés pour nos séminaires de Missions. Je ne voudrais pas froisser ni peiner le moins du monde des personnes grandement respectables ; mais jai gardé de ces manuels un bien mauvais souvenir. Soyons francs. Peu me contrediront : cétait lamentable, autant pour le maître que pour les élèves. Je sais que si, dun côté, on a continué à faire des besognes à peu près semblables, on a, par ailleurs, composé des ouvrages dune haute valeur pédagogique et doctrinale. Mais il me semble quon veuille bien me pardonner si je me trompe, il me semblé que la bonne volonté, le zèle, une piété ardente, une certaine pratique, ne remplacent jamais une formation technique sérieuse, une spécialisation stricte, une étude constamment approfondie et constamment renouvelée, une documentation à laquelle rien néchappe, et cette expérience professionnelle, cette habitude de manier les intelligences et les curs, qui samasse, au cours des siècles, et qui se transmet pieusement, dans les sociétés religieuses dont les membres sont voués par état à lenseignement de la jeunesse cléricale. Cest de là que sortent les bons manuels.

    Ce quil faut, cest rendre le jeune étudiant ecclésiastique capable de se servir de louvrage quon met entre ses mains, et qui offre toutes les garanties, au point de vue doctrinal comme au point de vue pédagogique. Quon lui donne préalablement une connaissance approfondie de là langue latine. Il sera nécessairement arrêté, ici ou là, par des mots nouveaux, exprimant des notions toutes nouvelles pour lui. Mais quil ne soit pas arrêté à toutes les pages, à toutes les lignés, par les tournures, par les constructions normales de la langue latine ; quon ne soit pas obligé de lui traduire sa leçon presque mot à mot. Quil puisse, après avoir lu et compris sa thèse, se la redire, la redire au professeur, soit dans sa langue maternelle, soit dans la langue latine. Quon lui donne aussi, préalablement, cet ensemble de notions, scientifiques, littéraires, critiques, qui constituent les humanités humaniores litter , qui meublent lintelligence, accroissent limagination, font naître et guident le goût, suscitent le désir de savoir, rendent facile lassimilation des notions les plus élevées, en un mot, forment lhomme et aident puissamment à la formation du chrétien et du prêtre.

    Lenseignement de la philosophie et de la théologie dans les Grands-Séminaires dépend étroitement de lenseignement qui aura été donné dans les Petits-Séminaires et dans les collèges ecclésiastiques : plus celui-ci aura été complet, et plus celui-là sera fructueux 1. Ladoption dun manuel spécial à nos Missions, dans les Grands-Séminaires qui ont adopté déjà un manuel dEurope, serait, si les élèves ont reçu une instruction secondaire sérieuse, un recul ; et ce serait, pour les séminaires où les élèves arrivent insuffisamment préparés, une stagnation néfaste, à une époque où tout le monde avance autour de nous.


    1. Et ces deux ordres denseignement dépendent non moins étroitement de la qualité des professeurs. Cest une question délicate, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais qui doit être traitée par quelquun qui ait lautorité nécessaire.


    Dans nos pays de Missions, à lheure actuelle, et il en sera de plus en plus ainsi à lavenir ; dans le camp adverse on épouse toutes les théories, on professe toutes les doctrines, on brasse toutes les idées, on brandit toutes les objections de nos vieux pays dEurope. Les prêtres indigènes ne doivent pas être laissés en état dinfériorité. Il faut les mettre à même de lutter à armes égales, non seulement contre les ennemis nés de leur propre race, mais aussi contre les armées venues de nos pays dOccident et qui ont tôt fait de se faire naturaliser. La théorie du front unique, qui a donné la victoire aux armées alliées, quune doctrine politique veut, à lheure actuelle, imposer aux luttes sociales, devient nécessaire aux ouvriers de lEvangile : si nos prêtres indigènes se trouvent placés de plus en plus dans une situation semblable à celle où se trouvent les prêtres dEurope, ils doivent recevoir, avec certains correctifs encore nécessaires, la même formation que ceux-ci.

    Je pourrais citer un Grand-Séminaire où les élèves des premières années ont eu, comme devoirs de vacances, les sujets suivants : Faire aux élèves de telle grande école du Gouvernement une conférence sur lathéisme ; sur le matérialisme ; sur lévolutionnisme, en tenant compte de la nature de votre auditoire. Est-ce que, il y a seulement dix ans, on aurait pensé à donner de pareils sujets. Aujourdhui les circonstances les imposent. Que sera-ce dans quelques années ? Faisons des élèves de nos séminaires des prêtres fortement armés pour toutes les luttes.

    Je nai considéré quun côté de la question, le côté extérieur pour ainsi dire.

    Nous voulons, sans doute, me dira-t-on, un manuel qui soit plus approprié à la capacité intellectuelle de nos élèves ; mais nous voulons aussi un manuel qui tienne compte du milieu où nos futurs prêtres sont appelés à exercer un jour leur ministère, qui prévoie les difficultés quils rencontreront, qui les arme pour les luttes quils auront à livrer, qui leur donne non seulement la science, toute la science, de leur état, mais lesprit de zèle, lamour du sacrifice, qui en fasse en un mot des prêtres, des pasteurs, des apôtres.

    Cest beaucoup pour un manuel. Je pourrais répondre que cest là surtout la tâche du professeur, du directeur, et dun professeur, dun directeur de science et de vertu consommées ; que des disciplines différentes sont dautant plus approfondies quelles sont étudiées à part, et quil est facile au professeur de faire, lorsquil le faut, la synthèse nécessaire, en signalant les points de contact ; que les questions, soit de morale, soit de pastorale, soit dapologétique, spéciales à nos pays de Missions, peuvent être traitées à part dans un supplément et ont fait lobjet depuis longtemps (quon se rappelle les Documenta rect rationis) douvrages spéciaux.

    Mais ce serait sauter du mur, descendre dans le jardin. Je préfère laisser à la main plus délicate et plus experte du jardinier, je veux dire des chers confrères qui professent dans des séminaires où lon sapplaudit de faire usage dun manuel dEurope, le soin darracher ici une mauvaise herbe, décarter là ou de couper une branche de mauvaise venue dans la thèse des partisans dun manuel spécial. Je veux rester simplement le confrère du dehors, qui grimpe sur le mur et jette un regard curieux, indiscret peut-être, mais plein de sympathie et de respect, dans lenclos qui nest pas le sien.

    L. CADIÈRE,
    Miss. de, Cochinchine Septentrionale.



    1922/483-491
    483-491
    Anonyme
    France
    1922
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