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A propos des considérations sur lenseignement de la Théologie 1

A propos des considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de Mission. Jai lu avec le plus grand intérêt les Considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de Mission. Jignore quel en est lauteur ; mais ce ne peut être quun professeur, qui nous fait part de connaissances acquises par une longue expérience de lenseignement en pays de mission. Jy retrouve sur nos méthodes denseignement des remarques et des critiques que je faisais à mes collègues, il y a vingt ans, quand jétais professeur :
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    A propos des considérations sur lenseignement de la
    Théologie en pays de Mission.
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    Jai lu avec le plus grand intérêt les Considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de Mission.

    Jignore quel en est lauteur ; mais ce ne peut être quun professeur, qui nous fait part de connaissances acquises par une longue expérience de lenseignement en pays de mission.

    Jy retrouve sur nos méthodes denseignement des remarques et des critiques que je faisais à mes collègues, il y a vingt ans, quand jétais professeur :

    Lenseignement théologique en pays de mission, leur disais-je, saccommode très difficilement avec les manuels composés en Europe. Ces manuels sont tous trop longs et trop savants, sétendant sur des questions peu connues et peu pratiques dans ces régions, restant muets sur dautres de grande importance ici, ne faisant que très peu dapplications au saint ministère tel quil se présente en mission.

    Tout cela est très vrai, aussi bien que les critiques au sujet de la séparation du dogme et de la morale, et, quand on fait passer à nos séminaristes un examen de théologie, on a limpression pénible davoir devant soi, non un séminariste qui rend compte de sa préparation au saint ministère quil aura à remplir, mais un écolier qui récite une leçon apprise uniquement pour passer son examen. On sent que, si lélève sait, il ne comprend certainement pas le pourquoi de ce quil dit : cest une conséquence de la dissection de la doctrine catholique dont se plaint lauteur des Considérations. Souvent aussi lélève récite de mémoire, sans même comprendre ce quil dit : et cest là une conséquence déplorable de lemploi de manuels trop savants.

    A propos de cette terminologie qui change suivant les auteurs, je ferai remarquer quon trouve des ouvrages où lauteur lui-même samuse à varier les termes exprimant une seule et même notion : il faut que nos auteurs sinterdisent absolument cette fantaisie et renoncent au plaisir de nous montrer quils sont savants.

    Les singularités du manuel préconisé ne sont nullement des singularités, mais des nécessités logiques, commandées par la situation particulière où nous nous trouvons.

    Pas de références. Parfait ! Je demanderais encore que les citations des Conciles soient aussi courtes que possible, tout en contenant le nécessaire, bien entendu.

    Pas de preuves par les SS. Pères. Jaimerais mieux : Pas de textes des SS. Pères ; les arguments de tradition patristique sont souvent fort intéressants, et il est facile de faire connaître brièvement la suite dune tradition à travers les siècles, sans quil soit nécessaire de surcharger le manuel de textes des saints Pères. Nous navons point affaire à des chercheurs ; sil sen trouve par ci par là un ou deux, le professeur indiquera les textes sur lesquels sest appuyé lauteur ; il suffit pour cela dune petite indication au bas de la page.

    Pas de controverse. Oh ! Surtout pas de controverse !!! Pas de ces manuels qui consacrent dix pages aux erreurs et aux objections possibles contre une vérité, et qui, tout à la fin, se contentent dune page pour le développement de cette vérité elle-même. Est-il bien nécessaire denseigner toutes ces erreurs à nos élèves, qui ne les soupçonnent même pas et qui, pour la plupart, nauront jamais à sen occuper ? Nest-il pas à craindre que les graines de ces mauvaises herbes ne laissent dans leur esprit des germes funestes ? Sans compter que ce fatras derreurs finit par tout embrouiller et empêche le séminariste de bien saisir la vérité.

    Cette méthode peut avoir en France des avantages ; ici, à mon humble avis, elle ne présente que des inconvénients.

    Il me reste à supplier lauteur des Considérations de ne pas hésiter à nous donner son Cours de théologie selon la méthode proposée, ainsi que son Plan suivi de prédication. Il en parle avec une telle compétence, quil a dû essayer quelque chose dans ce sens : ici-bas il ne suffit pas de dire aux autres ce quil faut faire, il faut le faire le premier, les autres suivront. Si son manuel nest pas à point pour toutes les Missions, quil laisse aux Vicaires Apostoliques toute liberté pour ladapter aux besoins de leur séminaire. Nous aurons ainsi une base sur laquelle chacun pourra travailler.

    *
    * *

    ET LA PHILOSOPHIE ?... Tâchez donc de susciter en sa faveur quelques bonnes volontés. Les Missions auraient grand besoin de manuels pratiques de philosophie, adaptés à lintelligence de leurs séminaristes. Plusieurs essais ont été tentés déjà ; sils nont pas parfaitement réussi, ce nest pas une raison de se décourager, mais bien plutôt de continuer à rechercher la méthode la plus pratique. Parmi nos auteurs de philosophies, les uns ont trop calqué les manuels dEurope ; dautres ont voulu faire entrer trop de matières dans un volume par trop restreint ; tous, ou à peu près, sont trop savants. Leurs essais sont cependant fort intéressants et peuvent être très utiles à ceux qui écriront dans la suite. En effet, le but de ces auteurs a été dadapter lenseignement philosophique aux intelligences de nos séminaristes, et tous y ont réussi plus ou moins par un certain côté. Il suffirait donc aux futurs auteurs détudier leurs devanciers et de prendre chez eux ce qui est vraiment pratique pour arriver à nous donner un manuel de philosophie, sinon parfait, au moins meilleur que ceux que nous avons eus jusquici.

    UN VICAIRE APOSTOLIQUE,
    ancien professeur.



    Jai lu avec plaisir les Considérations sur lenseignement de la Théologie en pays de mission. Comme je ne suis pas un vieux professeur, mes remarques nauront pas une grande valeur ; cependant sept années de ministère mont permis dapprécier les résultats obtenus.

    Un jour un de mes vicaires me disait : Père, si vous regardez la carte, vous constaterez que nous sommes presque aux antipodes de la France ; par conséquent, nous navons pas le même caractère que les Français. Ce fait-là, tout le monde ladmet en théorie ; il faudrait, me semble-t-il, en tenir compte dans la pratique.

    Nous supposons que nos séminaristes ont reçu une éducation foncièrement chrétienne, alors que la formation dans la famille laisse beaucoup à désirer.

    On ne tient pas compte non plus de lambiance païenne dans laquelle vivent nos élèves, ambiance qui leur fait souvent confondre les coutumes nationales avec dautres qui sont dessence païenne.

    Voici donc quelle serait ma théologie idéale.

    I. Pour le Dogme.

    a) Pas de criticisme, qui risque damoindrir singulièrement la foi chez nos séminaristes : ils nont ni léducation chrétienne ni la formation scientifique qui leur permettraient davaler sans danger ces vipères. Alors on ment au catéchisme, me disait lun deux, quand on enseigne que le Symbole des Apôtres a été composé par les Apôtres ? Quon leur enseigne la doctrine traditionnelle, en ajoutant, si lon veut, quil ne subsiste pas de documents probants.

    b) Pas de controverse avec lerreur : lopinion erronée les frappe parfois plus que la vérité. Si ce point nest pas admis, je souhaiterais que lobjection ne fût présentée quaprès la thèse. Mais ne pourrait-on pas composer un livre de controverse à part, suivant le plan du Manuel ?

    Pour les controverses catholiques, quon expose lopinion la plus probable et quon se contente dindiquer lopinion adverse, comme le fait Mgr Eloy.

    c) LApologétique devrait être dirigée plutôt contre le paganisme que contre des sectes qui noffrent aucun danger pour ces pays-ci. Je demanderais une large place au traité de Locis theologicis et surtout au traité de Ecclesia, qui leur montrerait la stérilité des sectes séparées de Rome.

    d) Je suis étonné de lire : Pas de preuves des SS. Pères. Evidemment les textes ne valent que par le contexte ; mais ils donnent une idée de la tradition catholique. On pourrait se contenter de les lire et de les expliquer brièvement en classe. Mais on ne saurait concevoir une théologie qui semblerait faire fi de la tradition.

    e) Pas de références.

    f) Même terminologie dans tout le Manuel, et que cette terminologie soit la même que celle du Manuel de philosophie adopté. Nos élèves sont incapables de gymnastique métaphysique.

    II. Pour la Morale.

    a) Large place aux traités fondamentaux, en suivant, par exemple, le Vieux Moraliste de lAmi du Clergé.

    b) Lenseignement du probabilisme est une aberration, vu la mentalité de nos élèves, incapables dappliquer ce système avec prudence. Preuves tirées de lenseignement authentique de lEglise : Décrets, Rituel, Droit Canon. (A ce point de vue la théologie dÆrtnys, 10e édition, donne toute satisfaction).

    c) Pour les Sacrements, mentionner au moins les dispositions requises ad fructuositatem. (Tanquerey est déplorable sous ce rapport).

    d) Pour les Commandements, suivre lordre traditionnel. Même en France, lAlliance des Directeurs de Grand-Séminaire sest prononcée contre la disposition adoptée par Tanquerey.

    e) Une assez large place à la Casuistique, cest-à-dire aux applications locales. Ou alors faire un livre de Cas de conscience, car nos Asiatiques raisonnent beaucoup plus a pari que par syllogisme.

    f) Une Table générale, qui facilite les recherches.

    Pour ce qui est de la Pastorale, il me semble que cest plutôt laffaire du Directoire de la Mission. Il serait cependant à souhaiter que lon pût adapter et traduire, soit en latin facile, soit en langue du pays, la Charité sacerdotale du P. Desurmont, C. SS. R.

    Quant à la réalisation du projet, cest une uvre de longue haleine.
    Il me semble que ce serait à NN. SS. les Evêques à sunir, à exprimer leurs desiderata et à choisir UN confrère compétent, auquel ils donneraient le loisir de composer un Manuel approchant de la perfection. Je dis UN confrère pour assurer lunité de plan, de terminologie et de style.

    Une édition ne varietur nest pas à espérer. Nos pays marchent vite. Cependant, le dogme restant le même, une adaptation de la partie morale est toujours possible.

    Je me permets aussi dexprimer le désir quon soccupe de donner à nos prêtres indigènes un Manuel de Méditations vraiment sacerdotales. Cest une grande lacune aussi.1

    UN PROFESSEUR DE THÉOLOGIE.


    1. En attendant que soit réalisé le vu de notre correspondant, nous croyons devoir rappeler que lImprimerie de Nazareth a publié (nº 246 de son Catalogue) des Considerationes christian pro singulis anni diebus, auctore Fr. Nepveu, S. J., latine reddit ab A. Leuckart, ejusd. Soc. 4 vol. in - 18 de 268, 276, 302 et 304 pages. Prix : brochés, $ 1,20 ; reliés en 4 vol., $ 2,20 ; reliés en 2 vol.,

    1922/278-282
    278-282
    Anonyme
    France
    1922
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