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A la frontière Sino-Tibétaine 1

A la frontière Sino-Tibétaine I. 1906 1911
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    A la frontière Sino-Tibétaine
    I. 1906 1911

    Région de Tatsienlu. Malgré la pénurie de missionnaires, dès le printemps de 1906, Mgr Giraudeau nhésita pas à envoyer le P. Hiong dans la région de Taou (5 étapes au nord-ouest de Tatsienlu) qui semblait vouloir souvrir au souffle de la grâce. Le missionnaire put constater les bonnes dispositions des catéchumènes qui voulaient le retenir au milieu deux, mais un gros procès entre le peuple indigène et un Chinois, Ouang tchejen, qui sétait fait inscrire sur les listes des protestants, portait à croire que la démarche était quelque peu intéressée et que les autorités locales la considéreraient comme une querelle entre catholiques et protestants. Pour cette raison, et aussi par suite de la mort de deux missionnaires, Mgr Giraudeau remit à plus tard son plan dévangélisation du pays de Taou. Dans les premiers jours du mois de mai, un double deuil avait en effet frappé la mission du Tibet, déjà si éprouvée : à quelques jours dintervalle, le P. Assézat, qui se disposait à prendre la direction du séminaire où lappelait la confiance de son évêque et le P. Déjean, provicaire, étaient morts de la fièvre typhoïde contractée au chevet des malades. En présence de tant de calamités, jétais tenté, écrivait le vicaire apostolique qui, en un an, avait vu disparaître la moitié de ses collaborateurs, de dire avec le saint homme Job : Tdet animam meam vit me, je suis las de vivre.

    Le Séminaire des Missions-Étrangères entendit ce cri de détresse et de 1906 à 1911 dirigea dix de ses aspirants à lapostolat, sur la mission du Tibet, pour combler les vides et poursuivre la conquête.

    Dans la vallée du Tongho, le P. Léard, resté seul, administrait les trois districts de Chapa, Lentzy et Mosimien. De Chapa, sa résidence ordinaire, le missionnaire visitait chaque mois Mosimien, où il avait un orphelinat et des écoles. Cest un voyage de 10 lieues. Chemin faisant, il navait quà traverser la rivière pour se rendre à Lentzy, mais aux grandes eaux, les barquiers ne saventurent pas à traverser le Tongho, large de plus de cent mètres, et le voyageur devait retourner à Chapa, passer le pont de Luting et revenir sur ses pas, à la largeur du fleuve près. Au nord de Chapa, les stations de Chaouan et de Yutong, dun abord difficile, étaient aussi de son ressort ; la tâche était au-dessus des forces dun missionnaire qui approchait de la soixantaine.

    Le P. Hiong qui succédait au P. Déjean, à la porte du nord, à Tatsienlu, fit un voyage dans la région du nord-est où lappelait un groupe de catéchumènes. Partout sur son passage, il fut reçu avec beaucoup dégards, seuls les mandarins de Tchangou et de Mongkong parurent mécontents. Le premier, sous le prétexte de lhonorer, posta deux satellites à la porte de son auberge avec mission déloigner les visiteurs ou de retenir les noms de ceux qui violeraient la consigne. Après le départ du Père, quelques notables, sous la pression du même mandarin, adressèrent un rapport au Bureau des Affaires étrangères pour le prier de prévenir le Vicaire Apostolique des mauvaises dispositions de la population à légard des étrangers et lengager à renoncer à son projet détablir un missionnaire dans ce coin reculé et barbare. Pour appuyer leurs dires ils rappelaient que, quelques années plus tôt, un missionnaire protestant avait été éconduit et ils ne dissimulaient quà peine quils réservaient le même accueil au missionnaire catholique.

    Sur ces entrefaites, la situation sétait éclaircie au Taou où lautorité chinoise avait reconnu le bon droit du peuple sur les terrains que le prosélyte protestant avait usurpés et les catéchumènes, fidèles à leurs engagements, avaient trouvé un terrain pour construire les établissements de la mission. A lautomne 1907, Mgr Giraudeau charge les Pères Hiong et Charrier de ce nouveau champ et, en attendant quils puissent habiter la résidence dont ils pressent activement les travaux, les deux missionnaires vivent ensemble en location dans une maison quils partagent avec le propriétaire et sa famille.

    A Tatsienlu, le P. Valentin que la Providence destinait aux plus hautes charges, sy préparait dans le silence du séminaire quil dirigeait, ne fermant ses manuels que pour ouvrir les dossiers de la procure. A la paroisse, le P. Ouvrard, sous la haute direction de Mgr Giraudeau, sinitiait au saint ministère. Depuis la fondation de la paroisse, en 1867, les chrétiens formaient deux groupes, les marchands de la ville qui se réunissaient à la chapelle de lévêché et les agriculteurs, la plupart établis sur des terrains de montagne, en dehors de la porte du nord, qui formaient la clientèle du curé. Mgr Giraudeau crut lheure venue de fondre ces deux groupes et résolut dacheter les terrains voisins de la pharmacie Tchen iuen tang, sise au Lao Chan Kai, au centre de la ville. Ce plan permettait en même temps à lévêque de remplir la promesse quil avait faite, à lépoque de la persécution, dédifier un temple au Sacré-Cur de Jésus, en retour de sa protection. Ce ne fut pas chose facile : les maisons appartenaient, les unes à des marchands qui nétaient pas propriétaires du terrain, les autres à des tibétains, serfs du roi qui sopposait à ce que son peuple vendît aux étrangers les terrains quils désiraient. Après bien des démarches, pas mal de déboires et avec beaucoup dargent, la mission réussit enfin à acquérir lespace suffisant à la construction de léglise projetée et de ses dépendances. Les travaux de déblaiement commencèrent aussitôt cependant quen face de lévêché on aplanissait, à grand renfort de pics et de leviers, le terrain rocailleux destiné au séminaire et aux uvres de charité.

    Siège de Sangpéling. A Batang et dans les environs, grâce à lénergie du terrible Tchao et à la présence de ses troupes, la paix était revenue. Bon nombre de perturbateurs sétaient enfuis, qui sur le territoire de Lhasa, qui dans la vallée de Chiatchrines pour se joindre aux lamas du monastère de Sangpéling qui nacceptaient pas le joug de la Chine. La lamaserie de Sangpéling, au centre de la vallée de Chiatchrines ou Hiangtchen, est comme ensevelie entre de hauts murs flanqués de bastions. On y avait entassé des vivres pour plusieurs années et des conduites souterraines amenaient leau dans le camp. Tchao eul fong envoie, en novembre 1905, un bataillon, avant-garde de son armée, pour préparer le siège. Les lamas et leurs partisans lui présentent la bataille en rase campagne, mais vaincus se retirent à labri de leurs fortifications. Après le nouvel an lunaire, Tchao eul fong vient en personne diriger les opérations et le siège commence. Les canons chinois ne pouvant ouvrir une brèche dans les murs denceinte, dispersent leur feu sur le camp, croyant de la sorte jeter la panique parmi les assiégés. Bientôt les vivres et les munitions viennent à manquer dans le camp chinois et il y eut un temps de terreur, quelques compagnies se révoltent. Tchao passe les meneurs au fil de lépée. En creusant des mines les Chinois découvrent les conduites deau qui alimentaient les assiégés et les coupent : cest alors la lutte de la faim contre la soif. Les lamas réussissent à faire sortir du camp quelques émissaires pour demander du secours aux lamaseries voisines. Saisis, leur plan est découvert et à la date fixée, les Chinois simulant les défenseurs, entrent en poussant des cris de joie dans la citadelle dont on leur avait ouvert les portes. Le supérieur de la lamaserie, lâme de la résistance, sétait pendu, nombre des assiégés étaient morts, 80 lamas découverts dans une cachette furent exterminés et le monastère devint la proie des flammes. Le siège avait duré près de six mois. Cette victoire amena la soumission des lamaseries voisines que les troupes chinoises occupèrent sans coup férir.

    De retour à Batang, le vainqueur est élevé à la dignité de Gouverneur Général des Marches et se dirige sur Tchengtu pour discuter avec le vice-roi la mise en valeur de son domaine. A son passage à Litang, il prévient le second chef indigène (le premier, incarcéré, avait gagné le large) quil devra laccompagner à la capitale provinciale où la Chine se chargera de son entretien. Deux jours plus tard, linfortuné mourait sur la route de lexil, empoisonné, dit-on, par sa femme. Les deux chefs indigènes nayant point dhéritiers, il était dès lors facile à la Chine dadministrer directement leur territoire.

    Tchao eul fong parti, larmée chinoise se désagrège, quelques compagnies, fatiguées dêtre sans cesse sous le coup dune discipline de fer, passent au Yunnan. Lombre de Tchao eul fong inspirait de loin encore une crainte salutaire qui, plus quune armée désorganisée, maintenait une paix relative.

    Région frontière. Le P. Grandjean, provicaire depuis la mort du P. Déjean, après un long intérim à Yerkalo, était rentré à Batang où il occupait la demeure du second chef indigène que la Chine avait transmise à la mission à titre de compensation. Nayant pas le souci de relever des ruines, le provicaire se donne tout entier à son ministère. Quand de Yerkalo je vins à Batang, écrivait-il, jéprouvai quelque sensible consolation. Ce poste jusque là toujours si aride semblait présenter quelque espoir. Voyant renversée cette fameuse lamaserie qui, ici comme partout, était le principal obstacle à notre uvre comment ne pas escompter quelques sérieuses conversions tant chez les Tibétains que chez les Chinois ? Il se présenta en effet quelques familles dadorateurs qui édifièrent le missionnaire par leur docilité et leur assiduité à assister aux instructions quotidiennes. Quand le P. Behr qui lavait rejoint à Batang put se charger du ministère, le provicaire chaussa ses sandales et reprit son bâton de pèlerin. A Yarégong plusieurs dizaines de familles se font inscrire comme catéchumènes. Parmi elles quelques-unes de retour du Népéma, la fameuse terre promise des lamas, où coulent le lait et le miel, désiraient lappui du missionnaire pour réoccuper les terrains quelles avaient abandonnés. A son retour de Tatsienlu, la veille de lAssomption, il constate que lindolence a succédé à la première ardeur. Un mandarin hostile inimicus homo avait passé par là et usé de son influence pour effrayer les pauvres gens et les éloigner du missionnaire.

    Létablissement dune mission protestante américaine rendait encore la situation plus difficile. Elle ouvre une école qui défie toute concurrence par les avantages matériels qui y sont attachés. Les jeunes tibétains qui y sont admis sont vêtus à leuropéenne, aux frais de lécole et si, pour une raison quelconque, ils sabsentent ils reçoivent une indemnité de nourriture. Par ailleurs les élèves ont toute liberté de rester bouddhistes ou de ne pratiquer aucune religion.

    Dans le district des Salines (Yerkalo) la paix nétait point revenue. Séparée du territoire de Lhasa par le Mékong, cette région, à cause des puits de sel qui la rendent relativement prospère, était encore disputée par les partis en présence. Les Chinois avaient fort à faire pour surveiller la douane du sel. Quelques-uns dentre eux qui convoitaient des filles chrétiennes se déclaraient prêts à embrasser la religion mais, comme ils avaient le désir de rentrer en Chine, on ne pouvait compter sur leur persévérance. Les indigènes, malgré la liberté relative dont ils jouissaient ne se convertissaient pas encore, sous le prétexte que ni lautorité chinoise ni la mission nétaient suffisamment affermies pour les protéger. Le P. Tintet prépare le terrain et entasse les matériaux destinés à la construction quil rêve délever vaste, en face de la citadelle lamaïque quand, en janvier 1907, à la suite de rixes entre douaniers et contrebandiers, éclate une nouvelle révolte. La lamaserie de Lagong perchée comme un nid daigle à quelques centaines de mètres verticalement au-dessus du fleuve, est le centre de la résistance. Quelques centaines de Tibétains venus des rives du Mékong et des vallées du Tsaouarong entourent, au hameau de Kiata, une section de soldats chinois et coupent le pont de corde pour empêcher toute relation dune rive à lautre. Les soldats de la garnison de Pétines passent le fleuve sur des radeaux préparés en hâte et délivrent leurs frères darmes. Ils se disposaient à monter à lassaut de la lamaserie quand un ordre contraire du Gouverneur intérimaire, Tchao iuen, vient arrêter leur élan. A quelque temps de là, les indigènes provoquent la troupe chinoise qui, sans plus se soucier des ordres supérieurs, escalade les premiers contreforts de la montagne, couverte par le feu de lartillerie. Devant la fusillade des Chinois, les Tibétains, malgré les avantages de leurs positions, quittent leurs embuscades et fuient au Tsaouarong. Vers le soir, les soldats chinois pénétraient dans la citadelle quils livrent en partie aux flammes. La conséquence de ce coup hardi fut la soumission du Tsaouarong. Bonga est dans la zone des pays soumis et il fut un instant question de réoccuper le berceau de la mission du Tibet. La trêve qui suivit ne fut pas de longue durée. Un ministre du gouvernement tibétain, flanqué des lamas échappés au glaive de Tchao eul fong parcourut le pays annexé, imposant une forte amende à ceux qui avaient accepté le régime chinois et les obligeant à prendre les armes. En février 1908, cette armée campait à Tsangmdo. à une journée au nord de Yerkalo. Si, au lieu de tergiverser, elle sétait avancée sur les Salines, la garnison chinoise décimée par la désertion naurait pu arrêter sa marche. Les travaux du P. Tintet, tant par suite des paniques que par la mauvaise volonté des entrepreneurs qui séloignaient au premier bruit dinvasion, navançaient que lentement.

    Dans le Tibet Yunnanais, le P. Théodore Monbeig ayant à travailler sur table rase, crut prudent de ne point rebâtir à Tsekou où il y avait à craindre les éboulements de la montagne. Il transportera sa résidence dans la plaine voisine de Tsechung, au nord de Tsekou (4 kilm.). En quittant Tsekou, le missionnaire séloignait du groupe principal de ses chrétiens mais il avait bon espoir, de Tsechung comme centre, détendre son rayon daction. Lapostasie, humainement explicable, dune partie de son troupeau pesait sur le pasteur qui muni de pouvoirs spéciaux réconcilia tous ceux qui de près ou de loin avaient consenti un simulacre dapostasie pour conserver leur vie. En lété de 1907, le P. Doublet rejoignait le curé constructeur à Tsekou où tout en apprenant le tibétain, il lui prêtait son concours.

    Dans la vallée de la Salouen, le P. Genestier menait de front les travaux de reconstruction et du ministère. Doué dune rare énergie il sut vaincre les fatigues du moment et durant lhiver 1906-07 transforma sa hutte en catéchuménat.

    Durant la persécution de 1905, seul le district de Siao Weisi avait été épargné. Lheureux pasteur, le P. Emile Monbeig, ouvre des écoles à Weisi ville, construit une école de filles à Siao Weisi, une résidence dans le village de Kitchra et se réserve deux chambres pour les visites de chrétiens dans une famille de Khangpou. Il établit quelques familles dans la région et achète des terrains dont les revenus serviront à lentretien des uvres.

    Retour de Tchao eul fong. Tchao eul fong, de retour au Setchouan, était désigné comme vice-roi intérimaire. Il ne perd pas de vue sa mission et soccupe dorganiser sa conquête. Son plan est vaste : il préconise la colonisation des Marches sous un gouvernement militaire fortement constitué, enrôle des ouvriers et des colons, ouvre des écoles, réunit Batang à Tatsienlu par le télégraphe. Le projet fut vivement critiqué, les tentatives faites naguère à Batang et à Tailieng nétaient pas encourageantes, toutefois le gouvernement impérial admet son plan et pour laider à le réaliser nomme son cousin Tchao eul suin à la vice-royauté du Setchouan. Avant de regagner la terre des herbes, Tchao eul fong propose dériger certains centres des Marches Tibétaines en sous-préfectures et préfectures et sa proposition est agréée.

    Décoré des titres de Commissaire Impérial au Tibet et de Gouverneur Général des pays frontières du Setchouan et du Yunnan, Tchao eul fong arrive à Tatsienlu en octobre 1908, avec mission dorganiser la hiérarchie chinoise dans les principautés à lest du fleuve bleu et dans le territoire de Lhasa. Au nord de Tatsienlu, les principautés de Dégué et du Tchantoui étaient sans cesse troublées. Depuis leur retour de Tchengtu où ils avaient été exilés, les deux frères Doguié Sengué et Ndiangpel Rindzines étaient toujours en guerre. La Chine, en remettant le Dégué au frère aîné, avait relégué le cadet dans une lamaserie. Ce dernier ne se trouvant pas de vocation à la vie conventuelle aspirait au trône et soutenu par le représentant de Lhasa au Tchantoui voisin, réussit à sen emparer. Le roi légitime senfuit à Lhasa et porte plainte aux ambans chinois qui promettent de le rétablir dans ses droits. Ses partisans ly aidèrent plus efficacement et il put réoccuper son trône mais son frère ne désarmait pas. Le Tchantoui ou Niarong, par suite du désaccord entre les autorités provinciales et les commissaires impériaux à Lhasa, était depuis 1897 gouverné par un délégué tibétain du titre de Niarong Chikhiaub (Gouverneur Général) qui pour faire plus vite fortune exerçait le brigandage jusquau-delà des limites de son territoire.

    A la requête du peuple de ces deux principautés, Tchao eul fong prend la route du nord-ouest qui, jadis très fréquentée, avait été abandonnée pour la route du sud (Lanlou) via Litang et Batang, plus longue et plus montagneuse. Arrivé au Taou, Tchao apprend que le peuple de Kantse est sous les armes pour entraver sa marche, il appelle des renforts et poursuit avec eux sa route sans encombre. Dans les derniers jours de lannée il était à Gunkhien (Kenkhing) capitale du Dégué. Sans retard il lance ses troupes à la poursuite du prétendant au trône qui se retire sur le territoire de Lhasa, tandis que Fou houa fong, lun de ses lieutenants, surveille de près le représentant tibétain du Tchantoui. Le roi du Dégué fatigué de la lutte propose son royaume à Tchao eul fong qui laccepte, lui promettant en retour une honnête pension.

    La première partie du plan chinois était en bonne voie de réalisation, tout le territoire des 18 princes (che-pa-touse) à lexception de lenclave du Tchantoui, était conquis. Le Gouverneur Général désirait fort occuper cette principauté qui pourrait devenir le rendez-vous des perturbateurs. Il fait proposer 100.000 taëls au Gouvernement de Lhasa pour quil rappelle son représentant mais les ambans Lien iu et Guen tsong iao essuient un refus. Le Débajong ou gouvernement tibétain tenait à garder ce territoire comme base dopérations contre la nouvelle province chinoise que Tchao désirait former.

    (A suivre)
    F. GORÉ.


    1933/259-267
    259-267
    Goré
    Chine
    1933
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