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Une victime des Sauvages Lolos

Une victime des Sauvages Lolos Le Père Baptistin Biron
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    Une victime des Sauvages Lolos

    Le Père Baptistin Biron

    C'est au mois de juillet 1931 que, avec l'autorisation et la bénédiction de son évêque, le P. Biron résolut de s'établir en pays « lolo » pour essayer d'implanter le christianisme dans ces régions jusque là inabordables. Abandonnant donc son poste de Mapien, sur les confins du territoire chinois, il alla se fixer à Kouatempin (en lolo : Matchegniomo), à environ 80 km de Mapien, en pleine Lolotie. C'est un plateau à flanc de montagne, de 1500 à 1600 mètres d'altitude. La tribu des Chepou, qui l'occupe, avait promis au missionnaire de lui vendre un terrain et de le protéger tant qu'il demeurerait au milieu d'eux : la promesse tut tenue. Sur le terrain, qui lui tut vendu 350 onces d'argent, le Père bâtit une maison où il s'installa ; 3 Lolos s'y établirent avec lui pour le protéger et 2 autres, logés à proximité, pouvaient être appelés à prêter main forte en cas de besoin.
    Tout semblait donc bien prévu pour la sûreté du missionnaire qui se dépensait à son ministère, et non sans succès, lorsque, le mardi 20 août, il se trouva que, sur les trois gardiens du Père, un seul était à la maison, les autres ayant été appelés à l'extérieur pour affaires. Simple coïncidence ou machination préparée ? Il est difficile de se prononcer, mais ce jour même, vers 9 heures du matin, un Lolo d'une autre tribu se présente au Père, lui offrant du musc à acheter ; le missionnaire refuse ; le Lolo propose alors de lui vendre un petit esclave : nouveau refus encore plus catégorique, mais, craignant de l'avoir mécontenté, le Père le suit et, prenant une bouteille de vin, il se dirige vers le groupe qui attend son délégué et leur offre à boire. A ce moment même, 5 autres Lolos, cachés dans les broussailles, se précipitent sur lui, le saisissent, lui passent une corde au cou et lui lient les mains derrière le dos ; puis, tandis que les uns le frappent ou le tirent par la barbe, les autres, et c'est le plus grand nombre, tirent sur la corde en poussant des hurlements épouvantables. Le Père, ainsi entraîné brutalement et ne pouvant suivre à cette allure, tombe bientôt à terre ; les bourreaux, loin de s'arrêter, continuent leur course, et leur victime, meurtrie par les pierres du chemin, étranglée par la corde qui lui serre le cou, ne tarde pas à expirer et est traînée encore pendant un kilomètre. Les barbares s'arrêtent en fin, mais c'est pour dépouiller le cadavre de ses vêtements en lambeaux ; après quoi ils disparaissent, emmenant sept prisonniers de l'entourage du missionnaire et emportant tout ce qu'ils ont pu piller à la Mission.
    Alors les ouvriers cachés dans la forêt et les Lolos amis du voisinage accourent ; ils essaient de porter secours au Père, mais la mort a fait son oeuvre : les yeux fixes, la bouche démesurément ouverte frappent de stupeur ceux qui approchent. Ils transportent le cadavre à la Mission et, le lendemain, ils le portent à Mapien, où le P. Boisguérin et ses chrétiens lui rendent les derniers devoirs.
    Le P. Biron, avait couronné par le sacrifice de sa vie une carrière apostolique de 29 années. Né le 30 juin 1882 à Paris de parents originaires de l'Auvergne, il avait été ordonné prêtre au Séminaire de la rue du Bac en 1906 et était parti pour la Mission de Suifu, où il se montra toujours un missionnaire pieux, zélé et intrépide.




    1935/247
    247
    Chine
    1935
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