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Une lettre inédite du Bienheureux Théophane Vénard

ANNALES DE LA SOCIETE DES MISSIONS ETRANGERES XXXVI Année. — N 216 — MARS - AVRIL 1934 SOMMAIRE Une Lettre inédite du Bx Théophane Vénard . . . ....50 Les Soeurs de St Vincent de Paul à Osaka (P. Bec)...52 Dans les Marches thibétaines .....56 Une Fête de Noël au Tonkin (J. Villebonnet)...62 Un Tremblement de terre au Sikkim (M. Quéguiner)..65 Education bouddhiste.......70 Une Chasse mouvementée. .....76
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    ANNALES
    DE LA

    SOCIETE DES MISSIONS ETRANGERES

    XXXVI Année. — N 216 — MARS - AVRIL 1934

    SOMMAIRE

    Une Lettre inédite du Bx Théophane Vénard . . . . . . . 50
    Les Soeurs de St Vincent de Paul à Osaka (P. Bec) . . . 52
    Dans les Marches thibétaines . . . . . 56
    Une Fête de Noël au Tonkin (J. Villebonnet) . . . 62
    Un Tremblement de terre au Sikkim (M. Quéguiner) . . 65
    Education bouddhiste. . . . . . . 70
    Une Chasse mouvementée . . . . . . 76
    Ephémérides. Mars Avril 1734, 1834, 1884 . . . 81
    Echos de nos Missions . . . . . . 83
    Séminaires de Paris et de Bièvres . . . . . 93
    Nécrologe . . . . . . . . 94

    ŒUVRE DES PARTANTS

    Dons pour l'OEuvre . . . . . . . 95
    Recommandations . . . . . . . . . . 95
    Défunts. . . . . . . . . 95
    Vente de charité . . . . . . . 96

    Une lettre inédite du Bienheureux Théophane Vénard

    Durant ses années d'études en Poitou, Théophane avait eu un condisciple, comme lui originaire de Saint Loup sur Thouet, nommé René Midy : c'est à cet ami qu'est adressée la lettre que nous reproduisons ici. La famille a bien voulu nous en envoyer copie, ce dont nous lui exprimons notre vive reconnaissance.
    Parti de France le 19 septembre 1852, Théophane était arrivé à Hongkong le 19 mars 1853 : six mois pour un voyage que l'on fait actuellement en 30 jours. N'ayant pas reçu à Paris de destination précise, il attendit pendant un an que son sort fût fixé. En février 1854 il apprit qu'il était désigné pour la mission du Tonkin Occidental. Le 26 mai suivant il quittait Hongkong et débarquait le 23 juin sur la côte du Tonkin. On sait qu'après moins de sept années d'un apostolat toujours pénible et souvent périlleux, il fut arrêté, enfermé dans une cage de bambou et enfin décapité à Hanoi le 2 février 1861.
    C'est donc pendant son séjour à Hongkong, un mois avant de partir pour le Tonkin, qu'il écrivit à son ami la lettre suivante, qui ne relate aucun événement sensationnel, mais dans laquelle on retrouve l'esprit surnaturel et le zèle apostolique du futur Martyr.

    J. M. J. Hongkong, Avril 1854
    Mon ami René Midy Les fêtes de Pâques
    Mon cher René,

    J'ai reçu ta lettre le mois dernier ; elle m'a causé un grand plaisir. Je vois que tu m'es resté fidèle ami, je t'en remercie. Je me souviens de la même manière toujours de toi : ce m'est une véritable consolation de penser aux bons amis que j'ai laissés en France ; mais, mon cher René, c'est dans la prière que nous devons surtout penser l'un à l'autre : voilà le vrai moyen de rendre l'amitié durable et utile. Prions donc toujours d'accord, afin que Dieu envoye à chacun de nous et à tous ceux que nous aimons les grâces d'une bonne vie et d'une bonne mort.
    Je te félicite d'être rendu en congé. Il y a une chanson qui dit :

    Combien l'on est heureux au sein de sa famille !

    Cette chanson a bien raison, et je suis sûr que tel est ton avis, comme le mien. Quant à moi, je n'espère de congé qu'après la vie. La vie des missionnaires est une vie de batailles : il y a peu ou point de trêve. Le pays où je vais — qui est le Tongking, — situé au sud de la Chine, est un des pays où il y a le plus de besogne. Je partirai aussitôt qu'il se trouvera une barque chinoise disponible. C'est là où M. Cornay, de Loudun, a été martyrisé en
    1837. La persécution y règne encore : mais je n'ose me flatter qu'elle me fasse une de ses victimes. Tous ne sont pas appelés à l'honneur de donner leur sang pour la foi catholique.
    Ma santé n'est ni mauvaise ni bonne ; je puis aller loin, aussi bien que m'abattre vite.
    HongKong, où je suis présentement, est une île conquise par les Anglais sur les Chinois il y a 10 ans. Je me trouve réuni avec quelques autres confrères attendant le départ comme moi.
    Fais savoir de mes nouvelles à Benjamin Cathelineau, si tu peux.
    Je salue ta famille et t'embrasse de tout coeur. — Vive la joie
    J. Théophane Vénard,
    M. Ap.

    1934/49-51
    49-51
    France
    1934
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