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Une lettre d'un partant du premier départ (27 Novembre 1660)

Une lettre d'un partant du premier départ (27 Novembre 1660) L'auteur de cette lettre, M. François Deydier, naquit à Toulon en 1634 ou en 1637, d'une famille appartenant à la noblesse de robe. Il fit ses études théologiques à Aix-en-Provence. Dès qu'il connut l'oeuvre des Missions Etrangères, il voulut s'y consacrer et vint à Paris s'offrir à Mgr Pallu et à Mgr Lambert de La Motte, les deux premiers Vicaires apostoliques envoyés en Extrême-Orient par le Saint-Siège.
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    Une lettre d'un partant du premier départ (27 Novembre 1660)
    L'auteur de cette lettre, M. François Deydier, naquit à Toulon en 1634 ou en 1637, d'une famille appartenant à la noblesse de robe. Il fit ses études théologiques à Aix-en-Provence. Dès qu'il connut l'oeuvre des Missions Etrangères, il voulut s'y consacrer et vint à Paris s'offrir à Mgr Pallu et à Mgr Lambert de La Motte, les deux premiers Vicaires apostoliques envoyés en Extrême-Orient par le Saint-Siège.
    Il s'embarqua à Marseille avec Mgr Lambert et M. de Bourges le 27 novembre 1660, fut missionnaire au Tonkin, devint en 1679 évêque d'Ascalon et Vicaire apostolique du Tonkin Oriental.
    Il organisa un séminaire, ordonna prêtres plusieurs Annamites, forma plusieurs couvents de religieuses Amantes de la Croix. Il mourut au Tonkin le ter juillet 1693.
    Etant venu à Paris en 1659, demander son admission aux Missions Etrangères, il écrivit à un de ses frères cette très apostolique lettre :

    A M. DEYDIER, conseiller du Roi et receveur de ses décimes, à Toulon.

    De Paris, ce 2 août 1659.
    Jesus, Maria, Joseph.


    MONSIEUR ET FRÈRE,

    Nous ne sommes point à nous, au témoignage de saint Paul, et par conséquent nous ne saurions, sans une manifeste révolte contre Dieu à qui nous appartenons par une infinité de titres, disposer de nous-mêmes. De plus il est très constant que Dieu, dont la Providence règle toutes choses, a destiné tous les hommes et spécialement les prêtres pour travailler dans certains lieux où très aisément ils se sauveront par les grâces qu'il leur y a préparées, au lieu que très difficilement et avec grande peine ils pourront opérer leur salut aux lieux où Dieu ne les veut point.
    La connaissance de ces deux vérités m'a fait beaucoup me défier de moi-même et tenir pour suspecte la vocation que je croyais avoir de demeurer auprès de vous, d'autant mieux que je sais que la nature plaide toujours pour elle-même, et ne manque point de se couvrir du prétexte de la vertu pour nous faire adhérer et approuver la prétendue et simulée sainteté de tous ses desseins. Celle-là fit que je crus ne devoir point estimer des tentations, quelques bons mouvements que je ressentis, dans le séminaire d'Aix pour le voyage de la Chine, et que je me résolus de les soumettre et déclarer à une personne désintéressée et qui n'est pas moins éminente en piété qu'en science et en prudence, pour en tirer un conseil que je pusse suivre sans danger et sans crainte. C'est ce que j'ai obtenu; c'est ce que j'ai suivi et qui m'a fait résoudre à entreprendre ce voyage qui vous paraîtra peut-être une extravagance, mais que Dieu pourtant demande de moi. Je l'ai consulté là-dessus, je lui ai offert pour cela durant longtemps le sacrifice de son Fils, j'a voulu l'écouter durant une bonne retraite, mais nonobstant toutes les fortes inclinations que j'avais pour Toulon et pour mes petites commodités que j'y pouvais avoir avantageusement ; nonobstant même beaucoup de bien pour mon salut et pour celui de mon prochain que j'espérais d'y opérer, Dieu m'a fait connaître que ce n'était pas là où il me voulait et que la nécessité qu'on avait à la Chine de quelques ouvriers, faute de quoi il se perd une infinité d'âmes tous les ans dans ce pays-là, était plus pressante que celle de Toulon, vu que la quatrième partie des prêtres qui y sont seraient plus que capables de convertir les habitants d'une ville beaucoup plus grande, s'ils avaient bonne envie de se donner à Dieu, comme un très grand nombre de Chinois qui ne désirent que d'être instruits des obligations du christianisme, et qui ne diffèrent pour la plupart que de très peu de temps à l'embrasser quand on le leur a une fois proposé.
    Toutes ces raisons (comme je pense), si vous y voulez faire réflexion, vous feront approuver mon dessein et le beaucoup recommander à Dieu, pour m'obtenir de sa bonté que je m'y rende bien fidèle. Je ne vous en communiquai rien à mon départ pour Paris parce que j'en étais tout à fait incertain, ne l'ayant pas encore si mûrement considéré comme j'ai fait depuis, et ne sachant point si Nosseigneurs les Evêques, que le Pape a créés pour envoyer en ce pays là, et que j'espère avoir l'honneur d'y accompagner, me voudraient recevoir à leur compagnie.
    Mais, maintenant y ayant été admis, j'ai cru que je devais vous en avertir pour ne vous surprendre point par la nouvelle d'un départ trop précipité, car je ne crois pas qu'on tarde plus de deux mois de l'entreprendre. Ce sera par l'Océan et nous nous embarquerons à Rouen1. On prépare toutes choses pour notre embarquement qui ne sera pas pour peu de jours, vu qu'on ne compte pas moins de sept mille lieues de mer à passer avant que d'arriver à la Chine.
    Il est bien vrai que la séparation que je vais faire de votre personne pour obéir aux ordres de la divine volonté me sera très sensible, mais quand il s'agit du salut éternel, toutes les considérations de la chair et du sang ne sont pas capables d'arrêter une personne un peu pénétrée de la vive foi de ces vérités. Une consolation qui me reste en ceci est que notre séparation n'est que pour un temps, ou pour mieux dire encore, c'est que dans cet éloignement il n'en arrivera aucune, vu que nous serons, s'il plaît à Dieu, toujours unis en Jésus-Christ par sa sainte grâce, c'est ce que je souhaite et pour vous,
    Monsieur et très cher frère, et pour votre très humble et obéissant serviteur et frère.

    DEYDIER.
    Prêtre.
    fin
    Cotisations Perpétuelles

    M. l'abbé BIGAOUETTE, prêtre canadien.
    Mme VILLETTE.

    DONS

    Pour l'OEuvre

    Mlle CHEVALIER . 50 fr.
    En souvenir de Mme DELMAS, défunte 5 fr.
    M. l'abbé CHAUVET .. 40 fr.
    D'une personne de Nîmes 30 fr.

    1. L'embarquement à Rouen, dont parle ici M. Deydier, n'eut pas lieu ; il se fit à Marseille le 27 novembre 1660.



    Pour les Missions

    Mission de Pnompenh, de G. L. A., Lyon . 100 fr.
    Mission de Hanoi, de G. L. A., Lyon 100 fr.

    RECOMMANDATIONS

    Nous recommandons aux prières de nos Associés : la France, le Souverain Pontife, la Société des Missions Étrangères.
    Plusieurs veuves. ― Plusieurs réconciliations. Plusieurs affaires importantes. Des malades. Plusieurs conversions. Des prisonnières. Intentions particulières.

    1925/198-201
    198-201
    France
    1925
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