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Une fondation de religieuses indigènes au Japon

Une fondation de religieuses indigènes au Japon Au Japon, dans le diocèse de Nagasaki, existe depuis longtemps déjà une association de pieuses personnes s'occupant de l'enseignement du catéchisme aux enfants, de l'éducation des orphelins qu'on leur confie, de l'assistance aux mourants, en un mot, aidant de leur mieux le ministère du missionnaire dans les postes d'anciens chrétiens : mais il n'y avait pas de religieuses indigènes proprement dites, vivant en communauté indépendante et pouvant s'adonner à toutes sortes d'oeuvres en pays païen.
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    Une fondation

    de religieuses indigènes au Japon

    Au Japon, dans le diocèse de Nagasaki, existe depuis longtemps déjà une association de pieuses personnes s'occupant de l'enseignement du catéchisme aux enfants, de l'éducation des orphelins qu'on leur confie, de l'assistance aux mourants, en un mot, aidant de leur mieux le ministère du missionnaire dans les postes d'anciens chrétiens : mais il n'y avait pas de religieuses indigènes proprement dites, vivant en communauté indépendante et pouvant s'adonner à toutes sortes d'oeuvres en pays païen.
    En 1913, un missionnaire de Hakodaté, le P. Breton, atteint d'une paralysie partielle, causée par le froid excessif du Nord, après une année de repos au pays natal, résolut d'aller en Amérique demander au climat idéal de la Californie l'amélioration de son mal, tout en travaillant à la conversion des Japonais installés si nombreux sur les côtes du Pacifique. Avec l'autorisation de ses Supérieurs il partit, et l'évêque de Los Angeles l'invita à s'installer dans cette ville, s'intéressant personnellement à cette fondation nouvelle.
    Tout alla bien, et le zèle de notre confrère fit merveille auprès des japonais, heureux d'avoir quelqu'un parlant leur langue. Après deux années d'apostolat, il comprit vite que la question brûlante des écoles venait surtout, en sus de l'ambiance païenne, de la non compréhension de la langue anglaise chez les enfants japonais. Des écoles donc, maternelles d'abord, puis élémentaires, où ces enfants apprendraient peu à peu l'anglais, lui parurent indispensables et, pour cela, il fallait des maîtresses. Sa résolution fut vite prise : il passa le Pacifique et revint au Japon chercher des âmes de bonne volonté et put emmener avec lui cinq personnes décidées à se vouer à cette oeuvre.
    Il leur donna une règle à suivre, vie de communauté, habit religieux, avec leur concours ouvrit une école maternelle que catholiques et païens japonais accueillirent avec enthousiasme. Le dimanche, l'école chômant, ces pieuses vierges s'en allaient dans les agglomérations japonaises, réunissant les enfants pour leur apprendre les vérités du catholicisme. Celte oeuvre bien vue de tous prit rapidement de l'extension: on demanda ces religieuses à San Francisco, à Sacramento, à Seattle, et le P. Breton dut revenir encore au Japon, en 1918, faire appel à de nouveaux concours.
    Mais il sentait bien que s'il n'y avait pas au Japon même une oeuvre pour le recrutement de ses futures religieuses, le but poursuivi ne serait jamais pleinement atteint. Aussi quand, en 1921, il reçut de ses Supérieurs l'invitation à rentrer prendre rang au milieu de ses confrères travaillant au Japon, il y vit une indication de la Providence, pour faciliter cet essor désiré. Confiant donc au zèle des missionnaires américains de Maryknoll l'évangélisation des Japonais aux Etats-Unis, le P. Breton rentra au Japon avec huit religieuses et s'installa, dans le diocèse de Tokio, dans une vaste propriété généreusement prêtée par M. Inabata, sénateur, baptisé dans son jeune âge par Mgr Marnas, à Lyon.
    Là, le zèle de notre confrère organisa école maternelle, pension de famille pour étudiantes, un hôpital et, comme il faisait prendre différents diplômes officiels à ses religieuses, ces oeuvres diverses furent vite appréciées des Japonais.
    De nouvelles recrues se présentèrent et, en 1926, il envoya à Rome pour y être approuvées les constitutions de cette communauté naissante à laquelle il a donné le nom de « Visitation Sainte-Marie ». En même temps, un terrain était acheté par la Mission au centre de la ville d'Omori, près Tokio : notre confrère y éleva d'abord un hôpital, avec vaste maison pour la communauté, puis, à la suite du tremblement de terre, de nombreux chrétiens s'étant réfugiés dans ces parages, et installés définitivement, le Père leur bâtit une église. Elle fut bénite à la fête de l'Epiphanie 1928.
    La nouvelle congrégation a été approuvée par Rome en 1927, à condition qu'avant la profession les postulantes fissent un noviciat dans une congrégation déjà existante. Les Dames de Saint-Maur acceptèrent de prêter cette aide et leur expérience aux jeunes postulantes de la Visitation Sainte-Marie. Le premier contingent de cinq novices a fait profession le 2 février 1928, et six autres, croyons-nous, le 15 août dernier. Présentement, la communauté compte 12 professes et 17 novices postulantes. Chrétiens et païens sont très édifiés de leur vie et admirent hautement leur dévouement. On demande leur concours dans différents postes, comme maîtresses d'école, infirmières, catéchistes : elles sont donc appelées à rendre aux missionnaires les plus grands services.
    Sur la Côte d'Azur du Japon, le P. Breton vient de fonder un Sanatorium pour les tuberculeux, si nombreux dans tout le Japon. Et ces pauvres malades, évités et rejetés un peu comme les lépreux, se laissent vite gagner par leurs pieuses infirmières et, s'ils ne guérissent guère de l'implacable mal, pas un, du moins, ne mourra sans être régénéré par le saint baptême.
    Le bon Dieu ne manquera pas de bénir cette oeuvre. De notre côté, hâtons par nos prières son développement et ses succès, car c'est là un gros appoint pour la cause catholique au Japon.

    1929/31-33
    31-33
    Japon
    1929
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