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Une fête a l'institution Taberd : Discours du P. Tong

COCHINCHINE OCCIDENTALE Une fête a l'institution Taberd : Discours du P. Tong. Il y a quelques semaines une fête intime réunissait dans le vaste établissement de l'Inst tut Taberd, à Saigon, les anciens élèves des Frères, parmi lesquels des officiers, des Doc-Phu, Phu, Huyên et leur nombreux amis, pour célébrer le cinquantenaire de l'arrivée des Frères des Ecoles Chrétiennes en Cochinchine. Le jardin orné de faisceaux de drapeaux aux couleurs des Alliés présentait un splendide coup d'oeil.
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    COCHINCHINE OCCIDENTALE
    Une fête a l'institution Taberd : Discours du P. Tong.
    Il y a quelques semaines une fête intime réunissait dans le vaste établissement de l'Inst tut Taberd, à Saigon, les anciens élèves des Frères, parmi lesquels des officiers, des Doc-Phu, Phu, Huyên et leur nombreux amis, pour célébrer le cinquantenaire de l'arrivée des Frères des Ecoles Chrétiennes en Cochinchine.
    Le jardin orné de faisceaux de drapeaux aux couleurs des Alliés présentait un splendide coup d'oeil.
    A huit heures, la fête commença par une messe en musique dite par Mgr Quinton, Coadjuteur, et présidée par Mgr Mossard, Vicaire apostolique. La Maîtrise fit entendre ses plus jolis morceaux durant la messe et la bénédiction du Saint-Sacrement.
    La jolie chapelle des Frères, construite par Mgr Mossard, alors qu'il n'était que simple missionnaire, était trop petite pour contenir les invités. Les enfants de l'école ont été obligés d'entendre la messe sous les vérandas.

    MARS AVRIL 1917, N° 114

    Après l'Evangile, un prêtre indigène, le P. Tong, prononça en français un remarquable discours que nous tenons à reproduire ici.
    Par l'élévation des pensées, l'élégance de la forme, il prouvera à nos lecteurs qu'en parlant, dans les précédents numéros de nos Annales, de la formation scientifique et surnaturelle de nos prêtres indigènes, nous n'exagérions en aucune manière. Il montrera également combien est vrai le loyalisme des Annamites catholiques et de leurs prêtres envers la France.

    MONSEIGNEUR,

    « La Mission est un grand organisme, dont vous êtes la tête et dont tous les membres sont solidaires, vivant en quelque sorte du même sang. L'enseignement en est l'un des principaux et cette maison est l'une de ses gloires.
    « Elle est la vôtre aussi. Honneur de votre jeunesse, elle garde certainement un peu de votre coeur. Car où l'homme peut-il vivre, travailler et souffrir sans y laisser un peu de lui-même ?
    « Des joies de ce jour, des espérances qu'elles font naître, vous deviez prendre votre part. Aussi, maîtres et disciples, sommes-nous tous charmés et fiers de vous voir à cette place, qui est bien la vôtre, dans cette chapelle bâtie par vous. Nous demandons au Maître de la vie de vous conserver longtemps encore, dans une vieillesse heureuse et féconde.
    « Vous commanderez, les jeunes travailleront : sous le soleil de Dieu, la moisson germée mûrira et les gerbes dorées donneront leur bon grain.
    « Et vous, Monseigneur le Coadjuteur, nous sommes également heureux de, vous avoir au milieu de nous.
    « Vous êtes, parmi nos Pères, l'espérance, l'arbre en fleurs qui promet ses fruits.
    « Vous ici, c'est l'avenir faisant suite au passé, au présent ; c'est la continuité dans le travail, dans la famille dilatée, dans l'héritage agrandi ; c'est la bénédiction patriarcale, passant de père en fils, descendant sur tous et sur tout.
    « Daigne le Dieu des Patriarches vous bénir, vous conserver, afin que vous voyiez vos fils jusqu'à la troisième et la quatrième génération.
    « Corona senum, filii filiorum ; gloria filiorum, patres eorum ».
    « Des générations de fils sont la couronne des vieillards ; les pères sont la gloire des fils.

    CHERS FRÈRES,

    « Et vous, mes chers amis d'Adran et de Taberd.
    « Nous sommes une grande famille. Nos pères sont au milieu de nous, au milieu des générations de leurs fils.
    « Les pères sont ceux qui fondèrent cette famille et ceux qui l'ont multipliée.
    « Ce sont les morts, bons ouvriers, qui, parvenus au bout de leur sillon, se couchèrent un soir au bord du champ amoureusement cultivé, se signèrent du signe des forts, des victorieux, remirent leur âme à Dieu et entrèrent dans le repos sans fin.
    « Ce sont les vieillards, dont la tâche est presque achevée, dont les derniers soleils dorent la chevelure blanche, éclairent les pas chancelants, mais qui voient devant eux les horizons infinis et l'éternelle lumière.
    « Ce sont aussi les jeunes, ceux qui portent le poids du jour ; ceux dont le travail entretient la famille ; ceux que leurs aînés regardent d'un oeil d'envie, parce qu'ils ont la force, parce que chez eux le corps est souple, l'esprit alerte ; ceux qui seraient heureux, autant qu'on peut l'être ici-bas, s'ils comprenaient, aussi bien que les vieillards, qui l'ont perdu, le bonheur de travailler, de souffrir, quand on est en pleine possession de soi-même, corps et âme.
    « Morts récents ou anciens vivants à tous les degrés de l'âge, vous tous qui avez créé, multiplié cette belle famille, levez-vous ! Levez-vous devant elle, car elle est ici. Omnes isti congregati sunt, venerunt tibi. Elle s'est assemblée en ce jour de joie, de triomphe ; elle est venue à vous, sous le toit de la maison paternelle, pour vous acclamer.
    « Pères et fils, nous sommes les deux parties d'un tout visible aujourd'hui. Pères, voici vos enfants. Enfants, voici vos pères. Enfants, vous êtes la couronne de vos pères. Pères, vous êtes la gloire de vos enfants. Corona senum, filii filiorum ; gloria filiorum, patres eorum !

    ***

    « Mais quelle est cette gloire des fils ?
    « La gloire des fils, c'est l'héritage des parents.
    « Où est-il, fils d'Adran, de Taberd, l'héritage glorieux que vous laissent vos pères ? Où sont les vastes domaines, les maisons luxueuses, les trésors d'or et d'argent, les noms, les titres ? Où sont les biens qui constituent les grands héritages de ce monde ?
    « Ils n'existent pas. Loin de travailler pour la fortune, les honneurs, les titres superbes, vos pères ont fait le voeu d'être pauvres et ignorés. Des richesses, des grandeurs de la terre, ils n'ont rien, ne veulent rien, ils ne peuvent rien vous donner. Alors, où est la gloire de votre héritage ?
    « Rentrez en vous-mêmes, écoutez. Ecoutez l'une des premières paroles de la Sainte Ecriture, livre unique qui contient tous les secrets.
    « Posuit Deus hominem in paradiso voluptatis ut operaretur et custodiret ilium ». Dieu plaça le premier homme dans un jardin de délices pour y travailler et le garder.
    « Amis d'Adrann, de 'Taberd, vous avez entendu. Et vous, vous tous, riches, grands de la terre, venez entendre aussi. Ecoutez ! Dieu avait créé un homme. Cet homme était son fils, plus que les vôtres ne sont vos fils. Que lui donna-t-il en héritage, Lui, Maître de toutes choses ?
    « Il l'établit dans une terre féconde.
    « Dans quel but ? Etait-ce pour commander à une troupe d'esclaves, pour jouir dans l'oisiveté, dans le luxe, la bonne chère, la débauche, du fruit du travail des autres ?
    « Non. Adam, premier né de Dieu, fut établi par son Père dans une terre fertile qu'il devait travailler de ses mains.
    « Il avait une femme, il aurait plus tard des enfants, et, suprême honneur, joie primordiale et méconnue, il devait travailler de ses mains pour les nourrir. Il devait être la providence des êtres chers à son coeur, comme Dieu l'est de toute créature. Ses fils grandissant, il les aurait formés au travail, au travail joyeux de la famille, dans l'affection mutuelle, dans l'incomparable réconfort de l'union des esprits et des coeurs.
    « O révélation ! Berceau du genre humain, de quelle lumière vous êtes inondé ! Sociétés du vingtième siècle, remontez aux sources, méditez près d'elles sur les questions sociales. L'homme mis sur la terre, attaché à la terre, pour travailler ; le travail, loi de l'homme, loi qui pourrait être si douce dans une humanité purifiée de ses vices, loi bienfaisante pour les corps et pour les âmes. Cette loi, retrouvez-la près des sources de la vie, oui, retrouvez-la, faites-la revivre parmi nous !
    « Quelle pensée et quel spectacle ! L'oisiveté, mère du crime, bannie du milieu des hommes ; bannis, les rapaces vivant du labeur des autres ; bannis, les chasseurs à l'affût de l'or, de l'or fleur de la sève humaine, fruit de la souffrance du pauvre ; tout le monde travaillant, les plus riches organisant le travail, le rendant plus léger, plus fécond pour chacun ; la famille réunie pour le travail, l'homme accomplissant encore la tâche la plus dure, mais peinant au milieu des siens ; la vie refaite pour tous, ce qu'elle fut longtemps, ce qu'elle est encore, pour les familles vraiment chrétiennes de cultivateurs, d'ouvriers des campagnes, dans les vieux pays chrétiens, et même dans notre Cochinchine, parmi certains de nos catholiques de plusieurs générations : six jours de la semaine passés côte à côte, en se soutenant, en se consolant, dans le travail ; le septième réservé au repos, dans les habits propres et soignés, avec la sortie vers l'église et le retour ; les petits accrochés à la robe de la mère, le dernier sur le bras du père ; les conversations rieuses avec les parents, les amis, au long des chemins ; toute cette vie fraîche et pure, joyeuse dans le labeur et la bonne santé, gaie comme celle de l'oiseau en quête de la becquée pour son nid... Cette vie, ah ! Qui donc la refera pour tous ?
    « Hélas ! Certaines écoles s'acharnent à la tuer. Elles séparent la famille de son Dieu, de Dieu qui en est le centre, le noyau autour duquel se forme le fruit sain et savoureux. Elles séparent du père les fils, en mettant au coeur de ceux-ci des idées de liberté malsaine, d'ambitions vaines, qu'ils ne réalisent pas et qui les conduisent souvent à la souffrance inutile, solitaire et sans consolations.
    « L'Ecole chrétienne, au contraire, est l'ouvrière de cette bonne vie. Elle sauvegarde la famille, lui conserve l'union, l'existence aimée dans les goûts et le travail communs, dans la discipline, le respect de soi-même et des autres. Elle perpétue la race saine d'esprit, robuste de corps, prudente, économe, heureuse, vraie force d'un pays.
    « Amis d'Adran, de Taberd, voilà l'héritage glorieux qu'ont voulu, que veulent vous laisser vos pères et maîtres. Voilà l'héritage légué, de génération en génération, pendant quinze siècles, par l'Ecole chrétienne française. Voilà le secret de la force indomptable, thésaurisée dans notre France, et dont elle fournit depuis deux ans une si belle preuve. Voilà comment vos maîtres aspirent à devenir votre gloire. Voués eux-mêmes au travail, tel que je l'ai dépeint, car ils forment une famille, ils veulent vous donner ce grand bien, la science et l'amour du travail, du travail adopté par tous, riches et pauvres, comme une loi, comme une loi bienfaisante, créatrice d'ordre, d'aisance et de solide bonheur.

    ***

    « Cette loi acceptée, aimée, elle sera votre gloire en cette vie. Est ce une gloire véritable, pour l'homme, d'être riche, puissant ?
    « Non. L'homme n'est glorifié réellement que par son propre travail. Même dans une position éminente, il ne mérite l'estime que si, par un travail probe, intelligent, adéquat, il remplit les devoirs que comporte toute suprématie. Melior est puer pauper et sapiens rege stulto, qui nescit praevidere. Un ouvrier pauvre et sage vaut mieux qu'un roi sans intelligence, qui ne sait rien prévoir.
    « Vous tous, amis, avancés déjà sur le chemin de la vie, vous n'êtes quelque chose que par l'observation de cette loi, apprise sous la direction de vos maîtres, de vos pères. Quelle qu'ait été votre origine, quelle que soit votre position, vous ne méritez l'estime que par votre travail ; c'est votre seul bien vraiment personnel. Dans toutes les classes de la société, pour les riches, comme pour les pauvres, travail et vraie grandeur sont les plateaux d'une balance. A mesure que l'un descend par l'apport du travail physique, intellectuel, moral surtout, à mesure aussi l'autre s'élève : c'est la grandeur humaine qui monte aux yeux de tous. Voilà la Loi, celle qui fait les hommes dignes de ce nom, les hommes de caractère, de devoir, la Loi qui ennoblit, enrichit les âmes, et voilà la première gloire de l'héritage que vous ont légué, que vous lèguent vos maîtres et pères. C'est la gloire de la terre.
    « Elle en appelle une autre infiniment plus précieuse, que le même héritage assure à tous ceux qui la désirent. Ecoutez, amis, écoutez encore une grande vérité.
    « Autrefois, du temps de nos aïeux, de nos parents, les missionnaires venus d'Europe et le peuple chrétien d'Annam, fugitifs, mouraient, par la faim, par la dent des bêtes, par les maladies au fond des forêts, par la cangue dans les prisons, par le glaive sur les places publiques. Aujourd'hui, tous ceux-là sont triomphants dans le ciel ; ils vivent heureux, immortels, avec la foule inconnue d'hommes, de femmes, d'enfants, sanctifiés par les bons travaux intérieurs, et morts, avec la grâce de Dieu, dans la rizière tranquille, dans les barques voyageuses. Ils forment tous l'Annam ignoré des hommes, connu de Dieu et de ses anges, dont la gloire sera révélée au dernier jour, à la face du monde entier.
    « A mis d'Adran et de Taberd, nous avons la même loi, la loi du travail saint, par lequel l'homme remplit tous ses devoirs, du travail qui sauve les corps et les âmes. Si nous sommes fidèles à cette loi, au soir de notre vie nous nous endormirons dans la victoire du travail accompli, et notre réveil se fera dans la gloire inénarrable de la vie future, dont celle-ci n'est qu'une pâle image. C'est le complément de la gloire de notre héritage. Celle de la terre passe et disparaît, celle du ciel reste ; elle durera toujours, comme le ciel lui-même.
    « Mais un nuage, ici, passe sur mon âme : amis d'Adran, de Taberd, amis d'enfance, de jeunesse, pourquoi n'ambitionnons-nous pas tous cet héritage ? Il en est parmi nous dont le regard ne dépasse pas les limites étroites de la vie actuelle et qui renoncent aux splendeurs, aux richesses de celle qui viendra. Pourquoi ?
    « Jeunes, ils ont prié comme nous. Ils ont prononcé des noms puissants et doux, qui ébranlent le ciel et l'enfer, mais qui touchent, enivrent, sauvent les âmes croyantes. Pourquoi ces prières se sont-elles taries sur leurs lèvres ? Pourquoi ces noms bénis les laissent-ils indifférents, depuis qu'ils nous ont quittés ? Pourquoi ne consacrent-ils pas leur intelligence, leur volonté, leur vie, au Dieu qui fit leurs maîtres et pères, ceux qui les dotèrent de la loi par laquelle ils sont devenus ce qu'ils sont? Pourquoi, fils de la même famille que nous, n'ont-ils point part à tout l'héritage, à la foi, à l'espérance, aux grands biens près desquels les autres ne sont rien ? Oui, pourquoi ?
    « Seigneur, il n'est pas juste que des fils soient privés d'une part de l'héritage commun. Les biens de la terre ne suffisent pas ; ceux du ciel sont les seuls nécessaires, Seigneur, nous qui vous connaissons, qui comptons sur votre gloire, sur vos richesses dans l'Eternité, nous voulons que tous nos amis, tous nos frères, en aient une part comme nous, avec nous.
    « Seigneur, il en est temps, les jours s'envolent rapides, et ne reviennent pas.
    « Ecrivez leurs noms sur le livre de vie, et puis appelez-les, faites qu'ils aillent à vous par le même chemin que nous.
    « Faites qu'en arrivant, ils se voient inscrits sur le Testament, écrit de la main du Christ votre fils, notre Sauveur et le leur ! Seigneur, vous êtes notre père et leur père ; qu'ils soient vos fils au même titre avec les mêmes espérances que nous !

    ***

    « Quant à vous, Maîtres, pères des pères et des fils revenus aujourd'hui près de vous, je vous l'ai déjà dit, tous ceux-ci sont votre gloire. Corona senum filii filiorum. Ils sont votre gloire, parce qu'ils sont le fruit de votre travail. Sans travail, vous n'auriez pas cette gloire. Votre vie est une glorification du travail, et le travail, à son tour, vous glorifie. Vous avez élevé des foules d'enfants, qui maintenant ont des fils ; vous en avez, à l'heure actuelle, huit cents autres, que vous formez dans la même tradition de probité, de travail, qui rend l'humanité digne d'elle-même et de son Créateur. Vous travaillez pour mettre dans le monde, à tous les degrés de l'échelle sociale, des consciences d'hommes, doublées de consciences de chrétiens. Vous êtes de bons, de grands travailleurs, dont la vie se consume à consolider, à rétablir quand il le faut, les fondements même de la société.
    « Vous avez la noble ambition de pousser vos fils plus haut que les sommets do la terre, vous voulez les voir heureux et glorieux du bonheur et de la gloire sans fin. Honneur à vous, bons ouvriers de Dieu ! Savourez aujourd'hui l'une des grandes félicités de ce monde, celle du travail récompensé dès maintenant. Mais vous avez en vue une récompense plus grandiose, et de celle-là, l'heure n'est pas venue. Le travail n'est pas terminé ; vous avez encore à souffrir.
    « Adam n'est pas resté dans son paradis de délices ; il a fini son existence dans une terre couverte de ronces et d'épines. Vous êtes ses descendants, vous travaillerez comme lui, dans la souffrance.
    « Courage ! Vous avez votre foi de vieux chrétiens du bon sol gaulois ; vous avez l'exemple et les prières de vos aînés, depuis saint Jean-Baptiste de la Salle, depuis ceux qui vous précédèrent ici, il y a cinquante ans ; vous avez le Christ Sauveur qui aimait les enfants ; vous avez Dieu. Dieu magnifique et puissant, qui n'a pas encore abandonné le monde à la direction de l'antique vainqueur du paradis terrestre, Dieu qui travaille dans les âmes, comme dans le règne végétal, sans paroles, sans bruit, et les couvre, quand il veut, de fleurs et de fruits.
    « Ayez confiance ! Par Dieu, l'avenir est à vous, à votre race, à ceux que vous menez jusqu'à la science du travail et du bien.
    « Ayez confiance ! Le vent souffle, l'océan gronde, mais le Fils de Dieu est sur la barque ; il se réveillera.
    « Travaillez, maîtres du travail fécond ! Travaillez sans défaillance ! Mourez à la peine ! De votre poussière, d'autres ouvriers surgiront, pour continuer le travail !
    « Travaillez, maîtres des enfants de Dieu. Quand l'heure suprême sonnera, quand, devant vous, s'ouvriront les portes des tabernacles éternels, vous trouverez dans le repos glorieux les fils de vos fils.
    « Ils seront votre couronne et vous serez leur gloire. Alors la fête sera parfaite et la parole sainte pleinement réalisée : « Corona senum, filii filiorum ; gloria filiorum, patres eorum ».

    L'OEUVRE DES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES EN INDO CHINE

    Un mot, maintenant, sur l'oeuvre des Frères, dans l'ensemble des pays de l'Union Indochinoise.
    1° Cochinchine. Les Frères ont des pensionnats primaires à Mytho, 200 élèves ; à Soctrang, 150 élèves.
    Ils fondèrent également, mais durent fermer ensuite, les établissements suivants : au Cap Saint-Jacques, pensionnat français ne comprenant que des boursiers.
    A Saigon, externat Saint Michel, annexé à l'Institution Taberd, créé par Mgr Dépierre, de douce mémoire; à Tandinh, puis a Giadinh, école des sourds muets.
    A Thuduc, le pensionnat primaire annexé au noviciat ne survécut que peu d'années au transfert à Hué de ce dernier établissement.
    2° Cambodge. Deux écoles primaires sont dirigées par les Frères à Pnom-penh, 200 élèves.
    3° Annam. A Hué : « Juvénat », « Noviciat », « Scolasticat », pour la formation religieuse de Frères indigènes et leur préparation aux examens officiels ; Ecole « Pellerin » primaire supérieure, pour les jeunes gens annamites (mêmes programmes qu'à Taberd), 200 élèves. Externat primaire, 100 élèves.
    4° Tonkin. A Haiphong, école primaire française, 150 élèves.
    (a) Ecole primaire annamite, 200 élèves.
    A Hanoi : (b) Ecole « Puginier », primaire supérieure française, 300 élèves.

    1917/97-104
    97-104
    Vietnam
    1917
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