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Une découverte macabre

Une découverte macabre Episode de la vie de Missionnaire en Chine Il était tout près de 10 heures et j'éprouvais le besoin de prendre le frais. Je descends donc, en flânant, la petite allée du jardin qui conduit à la rivière où j'ai coutume de m'asseoir sur une pierre, pour respirer la brise rafraîchissante qui monte de la mer toute proche.
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    Une découverte macabre

    Episode de la vie de Missionnaire en Chine

    Il était tout près de 10 heures et j'éprouvais le besoin de prendre le frais.
    Je descends donc, en flânant, la petite allée du jardin qui conduit à la rivière où j'ai coutume de m'asseoir sur une pierre, pour respirer la brise rafraîchissante qui monte de la mer toute proche.
    Arrivé au bord de l'eau, j'aperçois, là, touchant le rivage, et juste en face de la porte du jardin, un cadavre. On ne lui voit que le dos enserré dans des cordelettes qui ont pénétré dans les chairs tuméfiées ; les pieds et les mains s'enfoncent dans l'eau et semblent toucher le fond de la rivière.
    Un simple coup d'oeil me révèle que je suis en présence d'un crime. Au reste, je sais que deux familles païennes de ce village mi-chrétien, mi-païen se querellent violemment et qu'un jeune homme de l'une d'elles a disparu depuis 3 ou 4 jours. On chuchote qu'il a été assassiné par quelques individus de la famille ennemie ; on en est même sûr ; on l'affirme sur un ton de conviction tel qu'il semblerait aisé de retrouver la trame du crime si la police judiciaire voulait agir, mais elle n'aura pas à bouger tant qu'elle n'aura pas en mains un acte formel d'accusation. Quant à une enquête, ce n'est pas son affaire ; cela regarde les accusateurs ; le rôle de la police consistera à discuter, pour essayer de les démolir, les preuves qu'on lui apportera. C'est, sans doute, pour empêcher qu'un innocent soit injustement accusé ; peu lui importe que les vrais coupables tirent profit de ces roueries de la police judiciaire.
    La famille de la victime est bien venue déjà faire une déclaration attestant la disparition d'un de ses membres, mais elle n'a encore porté aucune accusation en règle avec preuves à l'appui et désignation des coupables. Ici on ignore l'illusoire procédure de « porter plainte contre inconnu ». Au reste, sur quoi étayer les preuves ? La loi veut qu'on produise le corps du délit, et, le corps du délit, ce ne peut-être que le corps de l'assassiné. Mais on ne l'a pas. S'il y a eu crime, les meurtriers ont eu soin de faire disparaître les traces. Voilà trois jours qu'on fait des recherches, mais on n'arien découvert, ce qui rend impossible l'accusation, et la police ne peut encore s'en mêler.
    Evidemment, j'ai sous les yeux le cadavre recherché. Mais comment se trouve-t-il là, touchant le rivage, et si bien placé devant ma porte ? Serait-il remonté du fond de l'eau ? Mais singulier hasard qu'il soit si bien placé ! Car il n'y est que depuis peu de temps : avant de déjeuner, il y a moins d'une heure, je suis venu ici et je ne l'ai pas vu.
    Pas de doute possible, ce sont les meurtriers ou des complices qui, voyant le corps de leur victime remonter d'un bas-fond de la rivière et ne sachant plus où le cacher, ont dû le déposer ici. Ainsi ont-ils voulu se mettre à l'abri de l'accusation d'assassinat. Peut être même voulaient-ils le déposer dans l'intérieur du jardin et ont-ils été dérangés dans leur lugubre besogne par mon arrivée inattendue ? Peut-être même pensaient-ils me jouer, à moi et aux chrétiens, un mauvais tour ? En effet, d'après la loi, puis que le cadavre se trouve devant ma porte, c'est moi qui suis l'assassin. Je jette un coup d'oeil autour de moi. Personne. Les malandrins ont dû s'enfuir et se cacher.
    Que faire ? Repousser le cadavre au milieu de la rivière pour qu'il s'en aille à la dérive ? L'enfouir à la hâte dans le sable du rivage ? C'est bien le moyen habituellement employé en pareil cas, mais je suis peut-être guetté par quelque individu caché derrière une haie, je puis être surpris au beau milieu de mon travail. Alors mon affaire serait claire. Pris en flagrant délit, ce serait bien moi l'assassin. Quel scandale épouvantable, quand les païens, à 20 lieues à la ronde, apprendraient que le missionnaire de Lofao a assassiné un de leurs compatriotes ! Ces pensées me passent par l'esprit, aussi rapides que l'éclair.
    Ma décision est aussitôt prise : ne pouvant agir à la façon chinoise, le plus sûr est encore d'agir franchement, à la française. Quelle belle occasion de donner une leçon de moralité chrétienne aux païens et peut-être à bon nombre de chrétiens qui, pour se tirer d'un mauvais pas ou venir à bout d'un ennemi, ne s'embarrassent guère du choix des moyens. Ce me sera une occasion de leur montrer que le missionnaire pratique ce qu'il enseigne et que la franchise et l'honnêteté valent mieux que toutes leurs roueries.
    Il s'agit pourtant de bien manoeuvrer ; ce sera rude peut-être.
    Je remonte chez moi, j'appelle mon petit domestique : « Va dire à Wong Kingkin et Wong Kouanmong de venir me voir immédiatement » lui dis-je. Ce sont deux notables chrétiens, un peu comme des conseillers de paroisse, tout proches de chez moi.
    En attendant, je prends une feuille de papier à lettres et j'écris au Commissaire de Police de la ville voisine, distante de 5 kilomètres : je lui signale que je viens de découvrir un noyé dans la rivière, en face de la Mission, et je lui demande de vouloir bien aviser à le faire enlever sans retard.
    A peine avais je fini ma lettre que mes deux notables arrivent : « Suivez-moi » leur dis-je, et, sans plus d'explication, je les conduis au bord de la rivière. A la vue du cadavre, ils se regardent, puis leurs yeux se retournent vers moi ; sur leur visage je lis sans peine l'angoisse dont ils sont pénétrés jusqu'à la moelle des os. Ils sont quelque peu surpris de voir mon calme. « Voilà, leur dis-je : en plein jour, inutile de songer à vos trucs chinois habituels ; il n'est pas possible de faire disparaître le cadavre. J'ai donc décidé de prévenir la police. Je compte sur vous deux pour m'aider à arranger cette affaire. Il faut que la police soit ici avant que la chose s'ébruite dans le village ; donc tenez bien vos langues. Wong Kingkin se tiendra ici et fera bonne garde, pour que personne n'approche et ne vienne dérober le cadavre. Wong Kouanmong ira en hâte à la ville de Tonghing porter cette lettre au Commissaire de Police. Vous savez que tout le village chrétien est responsable avec moi de cet assassinat si nous manquons notre coup ». Tous deux me promettent le silence le plus absolu et s'empressent d'exécuter la consigne que je leur ai donnée. Je peux maintenant respirer en paix et je m'en retourne à la maison.
    Une heure ne tait pas écoulée que le brave homme, à qui j'avais tant recommandé de faire bonne garde là-bas au bord de la rivière, se présente devant moi comme s'il avait quelque chose à me dire. Je n'attends pas qu'il me parle et, d'un ton légèrement courroucé, je lui dis :
    Eh quoi ! Je t'ai pourtant bien recommandé de ne pas t'éloigner de ton poste de sentinelle.
    Père, c'était l'heure de la collation de midi et mon ventre criait faim ; mais il y a mon fils Tanglim qui me remplace.
    Ah ! C'est comme cela que tu gardes le secret que tu m'as si bien promis ?
    Oh ! Père, ne vous fâchez pas ; je ne l'ai dit qu'à lui.
    Je redescends avec lui au bord de l'eau et je constate que le cadavre s'est déplacé d'une dizaine de mètres, mais reste toujours accolé au rivage. Est-ce la marée montante qui l'a poussé là ? N'est-ce point plutôt le fait de quelques individus cachés qui ont profité de l'absence du gardien pour essayer de déposer le cadavre sur mon terrain, ou, ce qui serait plus ennuyeux encore, sur le terrain d'une famille chrétienne, qui serait accusée à ma place ? En m'enlevant peut-être une part dans la responsabilité, cela aurait eu le grand inconvénient de m'enlever la direction de la manoeuvre. Aussi je renouvelle mes recommandations de faire bonne garde.
    Et je m'en vais chez moi. Une demi-heure se passe. Tiens ! Il me semble que, de l'extérieur, on m'appelle à voix basse. Je regarde : ce sont deux jeunes gens chrétiens. Je leur crie d'entrer. Ils me font signe d'approcher et semblent se cacher au coin du mur. Je reconnais deux amis de Tanglim sûrement leur ami leur a déjà dit à l'oreille ce terrible secret qui, sans doute, vole déjà de bouche en bouche. Je devine qu'ils n'osent entrer chez moi de peur de se compromettre en cette terrible affaire.
    Père, me disent-ils tout bas, ce n'est pas comme cela qu'il faut faire, vous ne connaissez donc pas nos usages chinois. Il faut vite cacher et enterrer le cadavre pour éviter un grand malheur à la chrétienté.
    Et moi de leur répondre, d'un ton moitié contrit, moitié ironique :
    C'est vrai, vous avez raison ; mais vous arrivez trop tard, ma lettre est peut-être déjà entre les mains du Commissaire de Police... Et, dites-moi, qui vous a mis au courant ? J'avais pourtant bien recommandé le secret.
    C'est Tanglim qui nous l'a dit à l'oreille, mais ne craignez pas, Père, nous n'en parlerons à personne.
    Puis ils s'éloignèrent, hochant la tête et inquiets de ma mauvaise tactique.
    De nouveau me voilà seul ; pas pour longtemps. Bientôt je vois venir la Supérieure du Couvent des religieuses indigènes, accompagnée de son assistante. A son air inquiet je devine tout de suite le motif de sa visite. Vient-elle en son nom personnel, ou, plus .probablement, d'autres l'ont-ils déléguée ? Je ne cherche pas à le savoir. A son tour, elle veut me donner un bon conseil ; elle s'exprime à peu près dans les mêmes termes que mes deux visiteurs d'il y a un instant. Je lui réponds, mais non plus sur le ton de la plaisanterie :
    Oui, peut-être avez-vous raison ; j'avoue que je n'ai guère l'air d'agir à la chinoise. Laissez-moi faire. Je veux agir en toute franchise et honnêteté. Dieu aidant, avec le petit prestige dont jouit le missionnaire grâce à ses oeuvres de bienfaisance, j'espère me tirer d'embarras.
    Elles s'en allèrent persuadées et complètement rassurées.
    Cependant le soleil baisse à l'horizon ; je commence à perdre patience et à m'inquiéter. La police tarde bien à venir. Si elle n'est pas là avant la nuit, dans quel embarras je vais me trouver ! Je me promène de long en large devant ma maison, un peu énervé, et j'aperçois que la sentinelle n'est plus seule là-bas. Je vois un petit groupe d'individus que de loin je ne reconnais pas. Mon inquiétude augmente, je m'y rends aussitôt. J'apprends que ce sont des frères ou cousins du malheureux assassiné. Et la police n'est pas encore sur les lieux ! Ne vont-ils point tenter de tirer le cadavre sur la terre ferme, dans l'intérieur de mon jardin, et personne pour les en empêcher ? Et je ronchonne intérieurement, parce que le secret auquel je tenais tant et qu'on m'avait si bien promis de garder a été chuchoté à toutes les oreilles. Ces nouveaux venus m'abordent avec les politesses d'usage ; un Chinois sera toujours poli et souriant, même s'il pense à mal contre vous. Je connais la politesse chinoise et sais la pratiquer : je porte à la figure les deux mains fermées, avec une forte inclinaison de tête, sans oublier le petit sourire, indice de la satisfaction que je dois éprouver de leur venue.
    Presque aussitôt ils me disent :
    Père, c'est notre frère que de méchants bandits ont assassiné.
    En Chine on appelle frère tout parent ayant même nom de famille. Je leur réponds :
    Je l'avais bien supposé.
    Nous allons l'emporter.
    Alors, d'un ton net et ferme, je leur dis :
    Non ! Vous n'y toucherez pas avant l'arrivée de la police que j'ai fait prévenir.
    Permettez-nous de le retirer de l'eau et de le déposer sur la rive.
    Non, leur dis-je, je vous défends d'y toucher.
    Interloqués, ils me demandent de l'attacher à une branche d'arbre pour l'empêcher d'aller à la dérive. Je permets.
    Cependant l'attroupement augmente à vue d'oeil. Mon pauvre champ de patates est copieusement foulé aux pieds ; chrétiens et païens sont attiré par la curiosité. Ma tactique, si peu chinoise, intrigue tout le monde, mais mon attitude ferme redonne confiance aux chrétiens.
    Enfin voici venir un délégué du Commissaire de Police, accompagné de trois agents. Dans les courtes explications que je lui donne, je tiens surtout à lui dire que c'est moi, tout seul, qui ai aperçu le noyé et bien devant ma porte ; de la sorte, s'il y a une responsabilité à encourir, je serai seul en cause et mes chrétiens ne seront pas inquiétés. Puis on va procéder à l'examen du corps et pour cela on me demande encore une fois de le retirer sur la rive. Je refuse net. J'entends alors des murmures :
    Savez-vous, Père, que nous sommes en droit de vous accuser d'avoir tué notre frère?
    Tranquille, je leur réponds :
    Allez-y, mais il vous en cuira !
    Alors un examen tout à fait sommaire, mais suffisant, permet d'assurer qu'il y a bien eu crime, puisque le ventre a été ouvert et rempli de gros cailloux afin de maintenir le corps au fond de l'eau.
    Le Chef de la Police a fini son enquête, il jette quelques notes sur un carnet de poche, puis, avant de se retirer avec ses hommes, il donne l'autorisation de sortir de l'eau le cadavre ; mais il ne pourra être enterré, ni mis en cercueil avant l'examen légal du Sous Préfet, que la famille devra envoyer quérir à 15 lieues et qui ne pourra pas arriver avant trois jours.
    D'ici là, où déposer le cadavre ? Et quelle bonne garde la famille devra faire pour empêcher qu'il ne soit dérobé par ses ennemis ! Mais ce n'est plus mon affaire, je n'ai pas à m'en préoccuper. La famille décide de le faire transporter sur un terrain vague, à 500 mètres de distance. Mais il faudra pour cela traverser le terrain de la Mission. « Ah ! Non, je ne veux pas ! ». Ces gaillards ne m'inspirent pas confiance ; s'ils laissaient le cadavre de leur frère au beau milieu de mon jardin, quel empoisonnement ce serait pour moi, et ma responsabilité persisterait toujours.
    Alors, Père, prêtez-nous une barque pour que nous transportions notre frère par la rivière.
    Au ton de cette riposte, je sens que la colère est dans les coeurs et que, peut-être, la patience de ces pauvres gens est à bout. Pourtant, si je cède, je cours gros risque.
    De barque, vous savez que je n'en ai pas. Mais vos chrétiens en ont.
    Leurs barques ne sont pas à moi, arrangez-vous avec eux.
    Pour la même raison que moi, les chrétiens refusent de prêter une barque. Alors la colère éclate ; on me menace :
    D'après la loi, c'est vous, Père, qui êtes responsable de cet assassinat ; nous pouvons vous accuser.
    Gardez-vous-en bien, cela vous en cuirait dur.
    La menace était sortie d'un groupe de jeunes gens. Mais je tenais toujours bon. Alors quelques hommes plus âgés s'approchèrent de moi et me dirent :
    Père, ne faites pas attention à leurs paroles. Ils parlent sans réfléchir, c'est nous qui sommes les chefs de famille, et nous vous remercions de ce que vous avez fait.
    On trouva alors un brave homme, pauvre comme Job, qui, moyennant finances, consentit à traîner le cadavre en suivant la rive jusqu'à l'endroit où il fut déposé.
    Trois jours plus tard, le Sous Préfet arrivait. On lui avait préparé un petit abri de branchages. Je fus appelé pour témoigner et je le fis comme il vient d'être raconté. On convoqua aussi d'autres témoins qui auraient pu donner d'utiles indications sur la façon dont fut commis le crime ; la peur les rendit muets. Puis on procéda à l'examen des blessures. Pour cela, un employé du tribunal, tout juste vêtu d'un léger caleçon, à la main une poignée de bâtons d'encens, dont la fumée odorante lui remplissait les narines, s'approcha du cadavre à l'odeur répugnante et on mesura les blessures tant en longueur qu'en largeur et en profondeur.
    Puis le Sous Préfet, ayant donné l'assurance que justice serait faite, signa le permis d'inhumer. C'était un accroc aux usages antiques, d'après lesquels on n'aurait dû procéder aux funérailles qu'après le procès terminé. Combien de fois, au cours de mes voyages, n'ai-je pu voir, surtout aux abords des villes, des cercueils quasi-vermoulus, déposés hors des maisons, sous un abri léger qui ne les protégeait guère contre la pluie ! Pour enterrer ces morts, on attendait que, les procès finis et gagnés, l'affaire aussi fût enterrée.
    Je dirai quelques mots du procès qui suivit et où je ne fus pas mis en cause. La famille Sou (c'était la famille de la victime) attaqua en justice la famille Wong, son ennemie. Deux ou trois jeunes gens de celle-ci, très soupçonnés d'être les auteurs du crime, se mirent à l'abri par la fuite ; deux cousins furent emprisonnés à leur place. Alors la famille Wong, se fiant à mon prestige, vrai ou supposé, me fit demander d'intervenir en sa faveur pour faire délivrer les prisonniers : « C'est, me dit-on, par jalousie, parce qu'ils sont riches et qu'on veut les ruiner, qu'on les a accusés ».
    Puis c'est la famille Sou qui vient me demander d'user de mon prestige pour faire condamner ceux qu'elle a fait emprisonner : « C'est une famille de mauvaises gens, me dit-on, qui ne se plaisent qu'à nuire à leurs voisins. Voyez, Père, ils ont tué un des nôtres, et vous savez quel mal ils ont fait aux chrétiens et aux missionnaires ». C'était un peu vrai et c'était me toucher par la corde sensible. Mais je voulais surtout les réconcilier.
    Et ces hommes, imprégnés de paganisme, ne comprenaient pas mes exhortations à la conciliation. Puis, c'était la famille Wong qui revenait à la charge :
    Père, on veut nous faire sortir 200 piastres (environ 1.000 francs) ; nous vous les donnerons si vous nous aidez à faire délivrer nos prisonniers.
    Mais donnez-les à vos accusateurs.
    Non, jamais ; ce serait pour nous une perte de face.
    En tout cas, je n'en veux pas pour moi. Je fais appeler leurs adversaires :
    Je vous propose, leur dis-je, de terminer l'affaire. La famille Wong, que vous n'avez pu réussir à faire condamner, paierait volontiers 200 piastres au profit d'une oeuvre de bienfaisance : un pont sur la rivière ou un don au collège de la ville.
    Non jamais ; ils ont versé notre sang, c'est leur sang qu'il nous faut.
    La conciliation n'eut pas de résultat ; le procès non plus. L'affaire traîna deux ans, et les prisonniers, faute de preuves, furent relâchés. Le gagnant ce fut moi : je devins l'ami des deux familles ennemies.
    G. RICHARD,
    Missionnaire de Pakhoi.

    1935/208-218
    208-218
    Chine
    1935
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