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Une conversion par une Orpheline

VARIÉTÉS Une conversion par une Orpheline Je suis heureux d'avoir à vous faire le récit de la belle conduite tenue par une jeune fille de la Sainte-Enfance pour obtenir la conversion du père dénaturé qui l'avait abandonnée. Un nommé Tsao Gan-ye, satellite au prétoire de Tchen-lin, ruiné par la rébellion et surtout par l'opium et le jeu, avait abandonné (il y a 25 ans) une petite fille qu'il trouvait à charge au foyer paternel......
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    VARIÉTÉS

    Une conversion par une Orpheline

    Je suis heureux d'avoir à vous faire le récit de la belle conduite tenue par une jeune fille de la Sainte-Enfance pour obtenir la conversion du père dénaturé qui l'avait abandonnée.
    Un nommé Tsao Gan-ye, satellite au prétoire de Tchen-lin, ruiné par la rébellion et surtout par l'opium et le jeu, avait abandonné (il y a 25 ans) une petite fille qu'il trouvait à charge au foyer paternel......
    Recueillie dans l'orphelinat de Gan-chouen celte petite y grandit et fut maniée dans son pays natal au fils d'un catéchiste. Là elle retrouva son père païen et elle se fit un devoir de travailler à sa conversion. L'entreprise était difficile et le succès bien douteux. En effet, son père était satellite, et il avait sans doute, comme tous ses compères, la conscience blasée par les abus coutumiers de son triste métier.... Quoi de plus propre en effet à noircir l'âme, à endurcir le cur, à dénaturer la noblesse des sentiments, que cette habitude d'avoir à torturer et les corps et les bourses de leurs clients, sans s'occuper de la justice.... De plus, ce Tsao était, comme je l'ai déjà dit, adonné au jeu et à l'opium enfin il était entouré de parents et d'amis disposés à faire autant d'efforts pour le retenir dans le paganisme que ceux tentés par sa fille pour l'en retirer. Donc les difficultés pour convertir le vieux satellite ne manquaient pas. Sa fille le comprenait ainsi, mais l'horreur, que lui causait la pensée de voir tomber son père en enfer, lui donna l'audace et la persévérance nécessaires pour cette bonne oeuvre. Pendant 8 ou 9 ans qu'a duré ce combat de la vertu contre le vice, j'ai eu sans doute quelquefois l'occasion d'encourager le zèle de cette fille, travaillant au salut de l'âme de son père ; mais le plus souvent j'ai dû me contenter de l'admirer et de la proposer pour modèle.
    Pendant les deux premières années, cette chrétienne s'efforça d'obtenir l'affection paternelle, et elle fit tant et si bien que le vieux satellite la lui accorda complètement. Alors seulement cette fille aborda la question de conversion. Son père trouva sans doute cette question bien indiscrète et bien ennuyeuse, car comment pouvait-il donner réponse à une pareille question ? Il aimait trop sa fille désormais pour oser la chagriner, en lui disant carrément, comme il le pensait : « Je ne veux à aucun prix me faire chrétien... » Il ne pouvait pas non plus lui promettre une chose si contraire à ses goûts ! Pour se tirer d'embarras, le rusé satellite se renfermait dans un morne silence, ou bien essayait de détourner la conversation.... Cependant cette fille ne se rebuta point.... Chaque fois que l'occasion s'en présenta, elle exhorta son vieux père à embrasser le christianisme, lui citant toutes les preuves de la vérité que lui suggérait sa science et cela pendant 6 ou 7 ans.... Peine inutile.... Cependant la dernière année le père écoutait plus volontiers la doctrine que ne cessait de lui prêcher sa fille....il commençait sans doute à croire, mais comment rompre avec le respect humain et les mauvaises habitudes, il ne pouvait s'y résoudre. Sur ces entrefaites, ce père endurci tomba gravement malade... les médecins consultés déclarèrent que le mal était incurable. Sa pauvre fille pria et fit prier pour la conversion du malheureux ; elle mit en oeuvre tout son savoir-faire et elle finit par entendre de la bouche du mourant la parole si longtemps désirée : « Ma fille, je veux mourir chrétien ». Ce jour fut ur our de bonheur pour cette pieuse fille qui s'en allait d'une famille chrétienne à l'autre, racontant sa joie, demandant des prières et préparant toutes choses pour le baptême de son vieux père fixé au lendemain. Mais, hélas ! Quelle cruelle déception pour elle, lorsqu'elle apprit le lendemain matin que sa sur cadette, une païenne enragée, avait à force de larmes et de supplications, fini par obtenir de leur père la promesse qu'il resterait païen. Aussitôt cette chrétienne accourut près de son père, fit écarter les païens, puis tombant à genoux (selon la coutume des enfants chinois qui implorent de leurs parents une grande faveur), elle protesta qu'elle ne quitterait point cette posture suppliante avant d'avoir obtenu de son père la promesse irrévocable de se faire chrétien. Le vieux satellite était vaincu ; il déposa son respect humain pour s'avouer chrétien.... il fut baptisé et mourut le lendemain.... Cette chrétienne vint alors m'annoncer la bonne nouvelle de la conversion de son père : « J'espère, dit-elle, que mon vieux père est sauvé ! En effet, depuis le baptême qu'il a reçu avec les marques extérieures d'un vrai converti, je ne l'ai pas quitté jusqu'à sa mort. Je n'ai permis à aucun païen de le voir... de plus mon vieux père paraissait content des exhortations chrétiennes que je lui faisais et il répétait de son mieux les aspirations chrétiennes que je lui suggérais. Maintenant mes parents païens vont faire un enterrement païen à mon père.... je ne puis les en empêcher, mais maintenant que j'ai sauvé son âme, je leu abandonne son corps ».

    Roux,
    Mis. ap. au Kouy-tcheou.

    1908/240-241
    240-241
    Chine
    1908
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