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Une bataille en Chine (1899)

Une bataille en Chine (1899) Par ce temps de guerre avec la Chine, nos lecteurs liront avec intérêt cette description d'une bataille, qui a eu lieu l'année dernière entre nos troupes cantonnées à Kouang-tchao-ouan et les soldats du Céleste-Empire. Depuis que je vous ai écrit, a eu lieu le combat de Vouonglick qui a appris aux Chinois que lorsque les Français le voulaient bien, il leur était facile de les vaincre.
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    Une bataille en Chine (1899)
    Par ce temps de guerre avec la Chine, nos lecteurs liront avec intérêt cette description d'une bataille, qui a eu lieu l'année dernière entre nos troupes cantonnées à Kouang-tchao-ouan et les soldats du Céleste-Empire.
    Depuis que je vous ai écrit, a eu lieu le combat de Vouonglick qui a appris aux Chinois que lorsque les Français le voulaient bien, il leur était facile de les vaincre.
    Le 16 novembre 1899, étant partis de grand matin du poste de Pessé qui était le plus avancé de ce côté-là, nous nous dirigeâmes sur Vouonglick, tandis que deux bateaux, le Descartes et la Surprise, bombardaient Matchang pour la seconde fois. Vers dix heures nous rencontrâmes l'ennemi venant au-devant de nous, assez loin de Vouonglick.
    La tactique des Chinois est de se mettre à couvert pour se battre. Ils n'osent pas se montrer en rase campagne. Des villages leur servaient d'abri, ou encore des champs de cannes à sucre, ou des accidents de terrain. Ces abris ne les protégèrent pas suffisamment et ils durent battre en retraite pour aller se réfugier derrière des tranchées qu'ils avaient creusées sur une grande étendue, pour défendre Vouonglick. Ces tranchées, quoique bien faites d'après ce que dirent nos officiers, ne leur servirent pas beaucoup, car dès que nos troupes les virent en face, on commanda: « Baïonnette au canon, et pas gymnastique. » Les Chinois, voyant l'entrain de nos soldats pour courir sur eux, prirent la fuite avant même que les nôtres fussent sur les tranchées; quelques Chinois, pas beaucoup, furent tués dans les fossés, d'autres reçurent des balles en fuyant à travers champs, on vit cependant quelques combats corps à corps. On trouva un certain nombre de fusils que les Chinois avaient abandonnés dans leur fuite précipitée, surtout des fusils de rempart, qu'on brisa sur place, puis quatre mauvais canons, et un certain nombre de drapeaux. Après la prise de ces fortifications, nos troupes durent prendre un peu de repos, car elles étaient fatiguées, ce qui permit aux Chinois de se rallier et de prendre d'autres positions. Vouonglick était encore loin, environ trois kilomètres; nous eûmes donc à nous battre encore avant d'y arriver.
    Les Chinois se défendirent bien tout en usant de leur tactique de se cacher. Quand nous fûmes à une petite distance de Vouonglick, les habitants, hommes, femmes et enfants, sortirent à notre rencontre en poussant une grande clameur.
    Peut-être demandaient-ils grâce; mais les soldats chinois placés dans leurs embuscades, ne cessaient pas le feu, nous ne pouvions le cesser non plus. Beaucoup des nôtres crurent que cette clameur était une bravade. Aussitôt après, tous les habitants de Vouonglick prirent la fuite, abandonnant leur ville; les soldats chinois restèrent les derniers pour protéger les fuyards, mais ils s'enfuirent aussi dès qu'on mit les pieds dans Vouonglick. On voulut en châtiant cette localité, qui avait été le principal centre de la révolte, intimider les autres révoltés; c'est pourquoi on livra cette ville aux flammes. On y avait trouvé encore des armes, des quantités de poudre, des drapeaux.
    Les Chinois furent si effrayés de la prise de Vouonglick, que les habitants de la sous-préfecture de Chouï-kaï s'enfuirent le jour même, laissant leur ville déserte. On n'alla pas plus loin, et le lendemain nous retournâmes à Pessé. La délimitation avait été fixée avant le combat de Vouonglick.

    1900/247-248
    247-248
    Chine
    1900
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