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Un prisonnier : Lettre de M. Guiraud

Un prisonnier : Lettre de M. Guiraud. Directeur au Séminaire des Missions Etrangères
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    Un prisonnier : Lettre de M. Guiraud.



    Directeur au Séminaire des Missions Etrangères



    Notre cher P. Guiraud, dont la lettre suit, a été mobilisé dès le début de la guerre. Envoyé à son dépôt à Perpignan, il répondit à l'appel que l'on fît d'infirmiers volontaires pour la division d'Afrique, et partit pour le front. Nous eûmes quelques nouvelles de lui ; mais à dater du milieu de septembre, nous ne reçûmes plus rien pendant de longs mois. Enfin, un médecin fait prisonnier avec lui, ayant été libéré, vint nous apprendre son sort. Nous lui écrivîmes aussitôt et à plusieurs reprises, nos lettres ne lui parvinrent point jusqu'au jour où il fut transféré en Allemagne.



    Je ne sais si mes cartes envoyées de Chauny (Aisne) et d'Avesnes (Nord) sont arrivées à Paris, car je n'ai pas encore reçu un mot du Séminaire, depuis le commencement de la guerre. Que deviennent les Pères, les chers aspirants partis pour l'armée ? Avons-nous beaucoup de morts à déplorer ? Les missionnaires soumis à la loi militaire sont-ils revenus en France ou ont-ils été mobilisés sur place par les autorités françaises en Asie ? Que devenez-vous à Paris et en quel état se trouve le Séminaire ? Si vous pouviez m'envoyer ou me faire envoyer quelques nouvelles, je vous en serais fort reconnaissant.

    Si quelque personne charitable vous proposait de m'envoyer un colis de friandises avec quelques paquets de tabac, j'espère que vous seriez assez aimable pour donner mon adresse et laisser faire.

    Comme vous le savez, sans doute, j'ai été fait prisonnier dans le château de Cuts (Aisne) avec tous les médecins, tous les infirmiers et tous les blessés qui se trouvaient dans l'ambulance. C'était le 17 septembre 1914. Nous avions passé deux jours au milieu des balles, des obus ; avec de nombreux blessés, des morts et des mourants. Deux prêtres brancardiers et un médecin furent tués, de nombreux infirmiers furent blessés. Un obus éclata dans la cuisine remplie de monde, juste au moment où nous finissions de manger la soupe ; là encore il y eut de nombreux blessés et deux tués dont l'un à côté de moi ; votre serviteur ne reçut même pas une égratignure.

    A partir du 17 septembre 1914 jusqu'au 19 avril 1915, je suis resté dans les hôpitaux, à Chauny jusqu'au 12 janvier, et à Avesnes jusqu'au 19 avril. J'ai toujours soigné, en qualité d'infirmier, les blessés français prisonniers dans les lignes allemandes. J'ai été témoin de bien des souffrances et des misères et aussi de beaucoup d'actes de courage. Outre mes fonctions d'infirmier, j'ai souvent rempli le rôle d'aumônier, et à ce point de vue j'ai éprouvé de grandes consolations.

    Depuis le 19 avril je suis en Allemagne, et considéré, non plus comme infirmier, mais comme simple prisonnier de guerre. J'ai demandé à aller dans un camp de prisonniers, en qualité d'aumônier, je n'ai pas encore reçu de réponse. En attendant je suis logé avec les officiers français qui sont très aimables pour moi. Quand aurai-je le bonheur de vous revoir? Je me recommande à vos bonnes prières 1.



    A L'ORDRE DU JOUR



    Plusieurs de nos confrères ayant été cités à l'ordre du jour de corps d'armée, de division, de brigade ou de régiment, nous nous faisons un devoir de reproduire les citations dont ils ont été l'objet.



    Le Général de division, commandant le ..e corps d'armée, cite à l'ordre du Corps d'Armée :

    L'aumônier volontaire R. P. COMPAGNON, du ..e régiment d'artillerie : « A accompagné le régiment depuis le 25 août et a montré en toutes circonstances le plus grand zèle et le plus grand dévouement à apporter les secours religieux et le réconfort de son assistance aux blessés, aux malades et à tout le personnel du régiment. Blessé le 17 avril en passant des échelons aux batteries de tir pendant un bombardement de la position ».

    M. Compagnon est un des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères.



    ***



    Le Général, commandant la ..e division territoriale, cite à l'ordre du jour de la Division:

    AUGER, Henri, brancardier, compagnie ..e du génie : « A assuré son service de brancardier nuit et jour du 12 au 18 mars en allant rechercher les blessés aux endroits les plus exposés ».

    M. Auger Henri, de la Société des Missions Etrangères, est missionnaire dans la mission de Hakodate, Japon.



    1. Le 13 juillet, à 1 heure après-midi, Monsieur le Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères a reçu datée de Saint Denis en Bugey (Ain), une dépêche ainsi conçue : Je suis en France. GUIRAUD. Le lendemain à 8 heures du matin, notre cher confrère était parmi nous. On lui a donné un congé de 12 jours. Nous espérons qu'il voudra bien écrire pour nos Annales quelques pages de souvenirs sur sa détention en Allemagne.



    ***



    Le Général, commandant la ..e division, cite à l'ordre du jour de la Division :

    « Caporal (brancardier) BONNET, courageux, animé du plus grand dévouement qu'il sait inculquer à ses hommes ; s'offrant toujours pour les missions périlleuses dans tous les combats où la Division a été engagée ».

    M. Bonnet, Maxime, de la Société des Missions Etrangères, est missionnaire dans la mission de Nagasaki, Japon.



    ***



    Le Général, commandant la ..e brigade d'infanterie, cite à l'ordre du jour de la Brigade.

    MÉNARD, Paul, caporal infirmier au ..e régiment d'infanterie : « Toujours dévoué, prêt au premier signal à aller chercher des blessés dans la tranchée de jour et de nuit ; s'est de plus distingué à plusieurs reprises en recherchant, malgré le danger, nos soldats sans sépulture ou enterrant les cadavres allemands dont la présence à proximité des tranchées pouvait être un danger pour la santé de nos hommes. A en quelques jours inhumé 13 Français et 17 Allemands ».

    M. Ménard Paul, de la Société des Missions Etrangères, est missionnaire du Thibet.



    A l'ordre du jour du régiment.



    BAILLY, « au cours d'une contre-attaque est allé reconnaître une tranchée ».

    M. Bailly est un de nos séminaristes, originaire du diocèse de Nevers, et appartenant au diocèse de Paris.

    MOLLARD, caporal brancardier, « a été blessé en procédant à la relève des blessés sur la ligne de feu, n'en a pas moins continué d'assurer son service ».

    M. Mollard est un de nos séminaristes, originaire du diocèse de Chambéry.

    DECLERCQ, Albert, maréchal des logis, 1er d'artillerie lourde : « Le 9 avril, étant chef de pièce, a maintenu le tir de sa pièce alors qu'elle était prise à partie par une batterie ennemie. Le tir terminé a abrité son personnel, puis estimant que la place de l'un de ses hommes pouvait encore être dangereuse, lui a donné la sienne, a été blessé au moment où il se déplaçait ».

    M. Declercq est un de nos séminaristes, originaire du diocèse de Lille.

    TRANIER, Lucien, adjudant : [ordre du régiment n° 14, du 1er août 1915, pour les journées de Mesnil-les-Hurlus]. « S'est distingué depuis le début de la campagne par son entrain et son dévouement ».

    M. Tranier est un de nos séminaristes, originaire du diocèse de Paris.




    1915/59-62
    59-62
    France
    1915
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