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Un prêtre Tonkinois au XVIIe siècle M. Joseph Phuoc (1689-1732) Suite et Fin

Un prêtre Tonkinois au XVIIe siècle M. Joseph Phuoc (1689-1732) Par Mgr Néez. (Fin1) A ces mots, un officier prit la parole et dit au mandarin : « Seigneur, ce prêtre est d'une vertu constante; il suffit de le voir et de l'entendre pour avoir du respect pour lui. Il y en a dans cette religion-là qui sont de bonnes moeurs ». Le juge demanda : « Quel est votre village natal ? » Il le dit.
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    Un prêtre Tonkinois au XVIIe siècle

    M. Joseph Phuoc

    (1689-1732)



    Par Mgr Néez.

    (Fin1)



    A ces mots, un officier prit la parole et dit au mandarin :

    « Seigneur, ce prêtre est d'une vertu constante; il suffit de le voir et de l'entendre pour avoir du respect pour lui. Il y en a dans cette religion-là qui sont de bonnes moeurs ».

    Le juge demanda :

    « Quel est votre village natal ? »

    Il le dit.

    On fit la même demande aux trois domestiques. Un répondit clairement. Les deux autres, pour n'avoir pas voulu répondre juste reçurent quelques coups de maillet sur les genoux: Le juge regardant les objets de religion qu'on avait apportés, demanda :

    « Où avez-vous eu tous ces ornements qui sont si propres ?

    Je les ai reçus des étrangers que le roi a renvoyés il y a cinq ans.

    Quel usage en faites-vous ?

    Je m'en sers pour honorer Dieu et le prier pour toute la terre, pour le Tonkin, pour l'empereur, pour le roi 2 et toutes leurs familles, afin qu'ils prospèrent en toutes manières.

    Mais vous devriez avoir déjà brûlé tout cela, conformément aux ordres du roi.

    Je suis un sujet très obéissant aux ordres de l'empereur et du roi, mais je n'ai pas osé faire cela parce que j'aurais offensé le Roi du ciel et de la terre ».

    Le juge lui présentant un crucifix, lui demanda :

    « Qu'est-ce que cet homme attaché sur cette croix ?

    C'est Jésus-Christ descendu du ciel pour racheter les péchés du monde.



    1. Voir numéro de Janvier Février, p. 27.

    2. Cette distinction entre empereur et roi correspond à l'état politique du Tonkin, qui avait alors à sa tête le « Vua », l'empereur, et le « Chua », roi. D'autres ont souvent traduit « Vua » par roi, et « Chua » par seigneur, sorte de maire du palais.



    Il faut que vous le fouliez présentement aux pieds, ou que vous le frappiez avec le poing, ou avec un maillet.

    Je n'ose pas commettre une si grande impiété ».

    On le menaça de coups de bâton ou de massue.

    Il répondit qu'il souffrirait plutôt la mort que de commettre une telle impiété.

    On fit la même proposition aux trois domestiques qui, à l'exemple de leur maître, firent généreusement la même réponse. Un des principaux juges du tribunal dit aux autres :

    « Il est inutile de leur faire cette proposition: ils se feraient plutôt hacher en pièces que de faire ce qu'on leur ordonne là, témoins ceux qui sont actuellement dans les prisons, et qui y sont condamnés à vie ».

    Dans cet interrogatoire, on condamna M. Joseph à deux doubles fers et ses trois domestiques aux simples. Après quoi, on les reconduisit dans deux prisons qui sont à la porte du palais : M. Joseph et un domestique dans l'une et les deux autres domestiques dans l'autre.

    Les effets de la religion furent déposés dans un coffre qui fut scellé.

    Comme ce bon prêtre était fort aimé, tout le monde s'empressait pour procurer sa délivrance. Lui seul ne faisait pas la moindre démarche, ni la moindre instance ; il ne disait pas la moindre parole pour cela ; content de son sort, il restait dans une tranquillité surprenante et dans une parfaite soumission aux ordres de la Providence.

    L'officier qui a l'intendance de la prison, le voyant au milieu dé tant de prisonniers, eût compassion de son état, le retira chez lui et lui donna un endroit assez commode dans sa maison où les chrétiens pouvaient le venir voir.

    Il écrivit de là au provicaire 1 de Mgr de Basilée (car le prélat était mort depuis le mois de janvier précédent), pour lui demander les pouvoirs d'administrer les sacrements aux chrétiens de la ville royale qui se présenteraient à lui. Le provicaire les lui confirma bien volontiers (on dit confirma parce qu'il les avait eus autrefois, et on ne les lui avait pas retirés).

    Ce digne ministre fut bientôt en état d'en faire usage. Les chrétiens venaient se confesser à lui, le chercher pour les malades ; on lui permettait d'y aller, accompagné d'un soldat qui le gardait. Quelquefois même, il pouvait dire la messe chez les fidèles, quand son garde était chrétien.



    1. M. Guisain.



    Le jour de l'Assomption de la Sainte Vierge, il dit la messe en ville et communia 30 chrétiens qu'il avait confessés la nuit.

    Le dernier mois de l'année tonkinoise, l'affaire de M. Joseph fut remise sur le tapis. Quelques conseillers, qu'on avait gagnés, proposèrent de lui faire rendre ce qu'on lui avait pris, pour l'aider à payer les frais de la prison, et de le relâcher après lui avoir imprimé les caractères sur le front, ou après lui avoir fait donner la bastonnade. Mais un officier des gardes de la prison dit qu'il ne manquait de rien et que les chrétiens lui apportaient beaucoup d'aumônes. Quelques-uns des juges entendant ces paroles en furent irrités et ordonnèrent de saisir tous les chrétiens qui viendraient le trouver. On ne put attraper qu'un petit garçon qui lui apportait à manger et qu'on eut bien de la peine à faire élargir.

    Les juges émirent des opinions diverses. Les uns opinaient pour la liberté, comme on vient de le voir ; les autres, pour l'exil aux frontières du royaume. La mère du roi, excitée par les prêtres des idoles auxquels elle est passionnément dévouée, présenta une requête à son fils pour demander la mort de M. Joseph. Le roi répondit que son père n'avait fait mourir personne pour cette religion, et qu'il ne voulait pas commencer. Quelques juges avaient donné leurs voix pour la décapitation. « Il faut, disaient-ils, faire un exemple, pour détruire cette religion qui se répand dans toutes les provinces ». Le roi conclut pour la prison perpétuelle.



    ***



    M. Joseph fut donc transféré dans la prison de l'ouest, où l'on met ordinairement ceux qui sont condamnés pour toute leur vie. Il y trouva trois prisonniers pour la foi, qui y étaient depuis la grande persécution de 1712. L'un d'eux était un grand catéchiste nommé Pie Mi-Loc, fort charitable, qui avait su, grâce à la médecine qu'il exerçait, obtenir du premier officier des gardes la permission de se faire un petit logement particulier sur le terrain de la prison. Ce fut une grande consolation pour M. Joseph, parce qu'il put bientôt dire la sainte messe dans ce logement, et y administrer les sacrements aux chrétiens qui entraient secrètement par une porte dérobée, pratiquée à dessein.

    Le mandarin, qui avait livré le prêtre au Conseil souverain, accusé de malversations, fut mis dans la même prison où M. Joseph avait été enfermé d'abord. Il fut condamné à 30.000 deniers d'amende, pour n'avoir pas suivi l'ordre de la justice en conduisant ce prêtre à la Cour au lieu de le livrer au gouverneur.

    Les infidèles du village de Ke-hoi, affligés de la perte de leurs bestiaux, se repentirent d'avoir contribué à le prendre et prièrent les chrétiens de rebâtir leur église abattue, et d'y faire venir un prêtre pour prier Dieu de leur pardonner leur faute.

    A la fête de Noël, M. Joseph courut risque d'être surpris faisant ses fonctions dans la ville royale. Comme il y a défense dans cette ville de garder du feu et de la lumière la nuit, dans les maisons particulières, passé une certaine heure, la patrouille s'aperçut qu'il y avait une lampe dans la maison où ce prêtre allait dire la messe. Elle entra tout à coup ; on éteignit la lampe, on fit évader le prêtre, on enleva une partie des ornements à la faveur de la nuit ; mais on ne put pas ôter la tapisserie. Tout ce qu'on put faire fut d'acheter les sentinelles. Les chrétiens qui étaient là se cotisèrent, on en fut quitte pour 12.000 deniers. C'était bien peu par rapport à un péril aussi grave, car si quelques marques de religion avaient été saisies, on aurait été dans un grand embarras.

    Après que les soldats furent sortis, M. Joseph rentra pour dire la messe, il ne put néanmoins en dire qu'une, parce que le jour commençait à poindre.

    En 1720, il parut à la Cour un chrétien lettré qui se mit à y prêcher à tort et à travers notre sainte religion. M. Joseph ne manqua pas de s'y opposer aussitôt, et de défendre aux chrétiens de l'écouter. Quelques-uns eurent l'imprudence de ne pas se rendre à ses avis. Le succès justifia le prisonnier et condamna leur obstination, car le prédicateur extravagant fut presque aussitôt pris et jugé comme rebelle, et ceux qui l'avaient suivi furent punis de différentes manières.

    Quelques années après, un catéchiste de M. Joseph se saisit fort adroitement d'un écrit qu'on lisait en sa présence, et qu'on avait dessein de présenter au Conseil souverain, au sujet de la religion chrétienne ; il intimida si fort son auteur que ce dernier quitta la ville royale. Ceux qui ont lu cet écrit le jugeaient très capable d'exciter une nouvelle persécution.

    Depuis ce temps-là, M. Joseph courut plusieurs fois des risques, tantôt dans sa prison même, tantôt ailleurs ; il s'en tira toujours heureusement.

    En 1721, un des frères de l'empereur tomba dangereusement malade. Il demanda le baptême parce qu'il connaissait déjà la religion. M. Joseph eut la consolation de le lui conférer, après avoir pris les précautions nécessaires en pareil cas. Un de ses trois domestiques prisonniers servit de parrain. Le lendemain, ce prince se trouva parfaitement guéri. Depuis ce temps-là, son appartement dans le palais de l'empereur a souvent servi d'église à M. Joseph, pour y administrer les sacrements aux chrétiens, et toutes les fois que le prêtre rencontrait le prince, il ne manquait pas de le prêcher et de l'exhorter à observer les promesses de son baptême.



    ***



    Cette même année, il s'éleva une violente persécution qui a été la plus furieuse que l'on ait vue au Tonkin. Les effets s'en étendirent jusqu'aux anciens prisonniers pour la foi. On les resserra plus qu'auparavant, ne leur permettant nulle part, ni de ne recevoir aucune visite, ni même de prier à haute voix dans leur prison. M. Joseph fut privé durant six mois de la consolation de dire la sainte messe, parce qu'un prêtre des idoles avait été mis dans la même prison, à cause d'un mauvais commerce qu'il avait eu avec une princesse. Cette femme lui avait promis de lui faire rendre la liberté s'il pouvait prendre quelques ornements du prêtre. Les gardes de la prison qui le surent, craignant qu'il ne leur en survînt quelque disgrâce, ne permirent pas à M. Joseph de dire la messe, ni de faire entrer les chrétiens comme à l'ordinaire.

    Au bout de ce temps, il recommença d'exercer ses fonctions comme auparavant. Sa prison devint le lieu de la ville royale le plus sûr et le plus libre pour la religion. Ceux qui craignaient la persécution lui apportaient leurs livres, leurs images et leurs chapelets à garder. Il administra les sacrements à beaucoup de prisonniers pour la foi, qui mouraient de misère dans leur prison et qui en auraient été privés sans lui, de sorte que l'on commença à admirer la conduite adorable de la divine Providence qui avait fait aller M. Joseph à la ville royale pour y secourir tant de pauvres âmes qui autrement auraient été absolument abandonnées.



    En 1723, lorsque le P. François Bucharelli 1, jésuite, avec neuf autres catéchistes et simples chrétiens, furent décapités pour la foi, M. Joseph Phuoc s'attendait bien d'avoir part à la couronne, ainsi que les deux grands catéchistes, MM. Pie Mi-Loc et Pierre Hiep, prisonniers depuis 1712, et ils s'y étaient préparés tous les trois ; mais le bon Dieu se contenta de leur bonne volonté. Il réservait sans doute le premier pour continuer de travailler auprès des chrétiens de la ville royale, comme il l'avait fait jusqu'alors, d'une manière qui lui avait attiré la vénération, non seulement des chrétiens, mais encore des marchands anglais venus faire leur commerce au Tonkin, et des soldats qui gardaient la prison.

    M. Pie Loc mourut paisiblement dans sa prison, assisté jusqu'au dernier soupir par M. Joseph, le 4 mai 1726, âgé de 71 ans, après trois jours d'agonie et cinq jours après avoir reçu les sacrements.

    En 1731, lorsque plusieurs missionnaires du Vicariat oriental et du Vicariat occidental furent troublés dans la solennité de Pâques, on fut fort surpris d'apprendre que M. Phuoc avait célébré ces fêtes avec la plus grande tranquillité, à une demi-journée de chemin au-dessous de la ville royale, avec un concours de plus de 2.000 chrétiens. Dieu voulut bien donner cette consolation à son fidèle ministre dans la plus belle des fêtes qu'il célébra cette année pour la dernière fois de sa vie.



    ***



    Au mois de septembre, M. Phuoc fut appelé pour un malade du village de Lang-khoang, près de la ville royale. Il y fit porter sa chapelle pour y dire la messe et donner le saint Viatique au malade. Les infidèles du village ne l'eurent pas plus tôt su, qu'ils convoquèrent l'assemblée et prirent leurs mesures pour se saisir du prêtre. Ils députèrent 30 hommes armés de bâtons, pour venir assiéger la maison où il était. Ils n'osèrent pas y entrer la nuit, parce qu'ils savaient qu'une chrétienne, belle-mère d'un grand mandarin, y était, et craignaient qu'elle ne leur suscitât quelque mauvaise affaire ; mais ils l'attendaient lorsqu'il sortirait.



    1. Les PP. François Marc Bucharelli et Jean-Baptiste Messari furent arrêtés en juin 1723. Ce dernier mourut en prison le 23 juin 1723. Le P. Bucharelli fut décapité le 12 octobre 1723, à Hanoi. Voici les noms des catéchistes décapités en même temps que lui : Pierre Trieu, Ambroise Dao, Emmanuel Dien, Philippe Mi, Luc Thu, Luc Mai, Thaddée Tho, Paul Loi, François Kam. C'était sous le règne de Le Du Tong, 1705-1729.



    M. Joseph, averti de ce qui se passait, ne crut pas devoir risquer de dire la sainte messe dans ce lieu. Dieu permit que ces gens mal intentionnés s'endormissent en attendant qu'il sortît, et il passa au milieu d'eux sans être aperçu. A peine fut-il passé que quelques-uns d'entre eux se réveillèrent, entendant du bruit. Ils crièrent d'allumer des flambeaux, mais il était trop tard. Ils furent obligés de s'en retourner sans rien faire.

    Après la fête de la Purification de la Sainte Vierge de l'année 1732, M. Joseph Phuoc alla, pour la dernière fois, assister un malade à une journée de chemin au-dessous de la ville royale. Après lui avoir administré les sacrements, il se trouva fort fatigué. Ses domestiques se disputèrent entre eux. L'un voulait le laisser reposer là quelque temps, l'autre voulait le ramener à sa prison au plus vite, M. Joseph, qui les entendit, leur dit cette belle parole: « Mes enfants, les anges se disputent-ils entre eux? » Etant de retour chez lui, il fit un effort le lendemain pour célébrer la sainte messe. Mais à peine l'eut-il achevée qu'il tomba en faiblesse. On le coucha sur un petit lit avant d'avoir pu lui ôter sa chasuble. Un appela le médecin qui lui trouva le pouls très faible.

    M. Néez apprit cette nouvelle à une demi-journée de la ville royale, où il était allé assister des malades, et craignant pour la vie de M. Joseph, il résolut de ne pas s'éloigner afin d'être à portée d'aller le secourir, s'il était nécessaire. Dès le lendemain, il fut averti que M. Joseph désirait le voir, et qu'il était en danger. Il se rendit à la prison le soir du 8 février, à l'entrée de la nuit. Le malade était si accablé que tout ce que le missionnaire put faire fut de lui administrer les sacrements de pénitence et d'extrême-onction. Durant la nuit, il lui survint un redoublement de fièvre, et l'on crut qu'il allait expirer. Cependant, il revint à lui et reçut encore le Viatique avant la pointe du jour, avec assez de présence d'esprit.

    M. Néez aurait bien voulu demeurer auprès de lui pour l'assister à la mort; mais tous les catéchistes lui représentèrent que c'était beaucoup d'être entré dans sa prison, qu'il fallait se contenter d'avoir pu luis administrer les sacrements ; que vouloir tenter davantage serait trop s'exposer à cause des gardes qui n'étaient pas éloignés, et que, pour sa sûreté, il devait se retirer au plus tôt dans la maison d'un chrétien, parce que le jour commençait à paraître. Le missionnaire se rendit à leur sentiment.

    Le malade retomba dans un assoupissement qui dura jusqu'à sa mort, le lendemain matin 10 février.



    ***



    Dès que les gardes de la prison surent qu'il était décédé, ils voulurent défendre l'entrée de la prison aux chrétiens, afin d'éviter le concours et peut-être quelque réprimande de la part des mandarins; malgré les ordres qu'ils donnèrent, l'empressement des fidèles pour venir baiser les chaînes du saint prêtre était trop grand pour être arrêté. Ainsi, ce ne fut qu'une procession continuelle, depuis le matin du 10 février, jusqu'à midi du jour suivant où les magistrats firent la visite du corps, comme on a coutume de la faire pour tous les prisonniers après leur mort.

    Immédiatement après la visite, le corps fut remis aux chrétiens et aux catéchistes de M. Joseph, pour l'enterrer. Ceux-ci le firent aussitôt transporter dans un grand bateau marchand, où M. Néez l'attendait avec un cercueil et les ornements sacerdotaux pour l'en revêtir. On ne doit pas omettre ici que, quand on revêtit le corps, il se trouva aussi flexible qu'au moment même de la mort, ce qui parut fort extraordinaire à tous les assistants.

    Les chrétiens en foule accompagnèrent le vénéré défunt, depuis la prison jusqu'au bord de la rivière, et le suivirent ensuite, les uns par terre, les autres en bateau, jusqu'au village où il devait être enterré. M. Néez fit le service, ordonna que les domestiques de la mission et les chrétiens se relaieraient tour à tour pour réciter continuellement des prières pendant la nuit et tout le jour suivant que le corps resta dans l'église; enfin, il conduisit le corps à la tombe le 12 février au soir, avec toute la décence que peut permettre un pays de persécution.

    Le lendemain, il fit encore un service solennel après avoir entendu toute la nuit les confessions de ceux qui eurent la dévotion d'offrir leur communion pour le repos de l'âme de celui qu'ils regardaient comme leur père.

    M. Néez écrivit à tous les missionnaires, demandant leurs suffrages pour l'âme de M. Joseph. Voici la réponse que lui fit le P. Hilaire, supérieur des PP. Augustins, présentement évêque de Coricée et Vicaire apostolique de la partie orientale du Tonkin :

    « Mieux aimerions-nous le prier que de prier pour lui, lorsque nous regardons les beaux exemples de vertu qu'il vous a laissés, et sa très glorieuse mort dans les fers, pour le Christ; cependant, moi et mes confrères, nous réciterons pour lui les prières ordinaires ».

    Le P. Antoine Velles, jésuite portugais, écrivit aussi : « Nous avons appris par votre lettre la mort de M. Joseph, qui lui aura obtenu la récompense de ses travaux, car je suis persuadé qu'il jouit du bonheur pour lequel il avait été créé ».

    On ne rapporte que ces deux témoignages qui ne sauront être soupçonnés d'être suspects, mais on peut tenir assuré que tous les autres missionnaires de cette mission pensaient de même.




    1926/56-64
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    Vietnam
    1926
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