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Un prêtre chinois au XVIIIe siêcle

TABLE DES MATIÈRES, 1924. Un prêtre chinois au XVIIIe siêcle Le P. André Ly 1692-1774 On parle beaucoup aujourd'hui des prêtres indigènes. Les missions d'Afrique commencent à en posséder quelques-uns; celles d'Extrême Orient en ont depuis plusieurs siècles. Le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine en comptent des centaines, la Chine également. Dans les seuls Vicariats confiés à notre Société des Missions Etrangères, au commencement de l'année 1924, le nombre des prêtres indigènes s'élevait à 1.235.
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    TABLE DES MATIÈRES, 1924.

    Un prêtre chinois au XVIIIe siêcle

    Le P. André Ly

    1692-1774

    On parle beaucoup aujourd'hui des prêtres indigènes.
    Les missions d'Afrique commencent à en posséder quelques-uns; celles d'Extrême Orient en ont depuis plusieurs siècles.
    Le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine en comptent des centaines, la Chine également.
    Dans les seuls Vicariats confiés à notre Société des Missions Etrangères, au commencement de l'année 1924, le nombre des prêtres indigènes s'élevait à 1.235.
    C'est en 1668, il y a plus de deux siècles et demi, que commence cette longue lignée d'apôtres. Les premiers furent ordonnés au collège ou séminaire général institué à Siam par les fondateurs de la Société des Missions Etrangères. Ils étaient de nationalité annamite. Leurs compagnons d'études venaient du Pégou, de l'Inde, de la Chine.

    NOVEMBRE DÉCEMBRE 1924. N° 160.

    Parmi leurs successeurs, dans ce collège qui eut son heure de célébrité, un prêtre chinois mérite de fixer notre attention par ses vertus, ses travaux, sa longue et fructueuse carrière.
    Il se nommait André Ly; il était né en 1692 ou 1693 à Tching-kou, préfecture de Han-tchung, province du Chen-si. Sa famille avait, croit-on, embrasser le christianisme sous la dynastie des Ming, c'est-à-dire aux débuts de la prédication évangélique dans le nord de la Chine.
    Jeune encore, à la suite de circonstances que nous ignorons, il vint au Se-tchoan. Il fut remarqué par les deux prêtres de la Société des Missions Etrangères alors dans cette province, MM. Basset et de La Baluère, qui lui enseignèrent les premiers éléments du latin. Expulsés du Se-tchoan en 1707, les missionnaires emmenèrent à Macao leur jeune protégé.
    Basset mourut bientôt. André Ly continua ses études sous la direction de La Baluère et de René Hervé, un autre prêtre des Missions Etrangères, qui avait suivi à Macao Mgr de Tournon chassé de Pékin par l'empereur Kang-hi, et retenu dans la colonie portugaise par ceux qui le considéraient comme un ennemi.
    L'étudiant ecclésiastique fut présenté au prélat qui, en 1709 ou 1710, l'admit à la tonsure.
    De Macao, le jeune clerc fut envoyé au collège ou séminaire général de la Société des Missions Etrangères, à Siam, où il resta 15 ans.
    Toute sa vie il se souviendra de son séjour dans cette maison, et il gardera une profonde reconnaissance des soins dont l'auront entouré les missionnaires français.
    Trente ans plus tard, à d'anciens élèves de Siam devenus prêtres et tentés de passer dans les missions dirigées par des Italiens, il écrira : « Il faut servir la Société à qui nous devons notre éducation ».
    Il fut ordonné prêtre en 1725 et repartit pour la Chine.
    Il travailla d'abord dans la province du Fo-kien, puis se rendit au
    Se-tchoan avec un des prêtres des Missions Etrangères, M. Enjobert de Martiliat, qui devait plus tard devenir son évêque. C'est dans cette province qu'il passera sa carrière presque entière.
    Tout en voyageant, prêchant et confessant, André Ly composait des ouvrages de polémique et de doctrine. « M. André, dit à ce sujet de Martiliat, m'a envoyé un écrit chinois qu'il a fait sur les funérailles, où il détruit les superstitions et erreurs des infidèles, puis parle de nos cérémonies. Cet écrit est bien composé. Il a fait afficher cette pièce sur le frontispice de la salle, pour servir d'instruction aux gentils et leur donner lieu à entrer en dispute s'ils le désirent ».
    Voici l'appréciation que Mgr Pottier donnera plus tard sur un autre ouvrage composé à la même époque :
    « M. André a fait un ouvrage fort utile pour les chrétiens, il con- tient la doctrine sur la confession, la communion, la messe, le décalogue et les commandements de l'Eglise. Il s'en sert partout où il va pour les instructions, et les chrétiens aiment beaucoup ce livre; Mgr l'évêque d'Escrimée l'a lu et approuvé. Il serait d'une grande utilité pour les catéchistes, mais il en faudrait un grand nombre d'exemplaires ».
    Profitant de la présence d'un missionnaire français à Tchen-tou, André Ly partit pour visiter quelques paroisses ; il revint au mois de février, et voici le résumé fait par de Martiliat de ses travaux d'administration :
    « Il descendit d'ici par la rivière, et après 130 stades de chemin par eau, il arriva dans la chrétienté de la cité de Poen-chan. Cette chrétienté est composée de près de 20 familles dispersées des deux côtés de la rivière. Elle était fort délabrée pour le spirituel, mais elle commence à se relever par la grâce de Dieu. Il n'y a pu confesser que seize personnes, communié six, baptisé douze enfants ou adultes, et admis au catéchuménat sept autres. Il alla ensuite dans une autre chrétienté dépendant de la ville de Kion, du second ordre, qui ne consiste qu'en trois ou quatre familles, où il confessa quinze personnes, en communia six, baptisa deux personnes et fit un catéchumène. Ensuite, après un voyage de 130 stades, il vint dans la chrétienté qui est du ressort de la cité de Min Chan. Cette chrétienté comprend, dans un terrain de dix lieues, une quinzaine de familles et quelques autres chrétiens sans familles, il y a confessé quarante-trois personnes, communié vingt-huit, baptisé quinze et fait cinq catéchumènes.
    « De là, après un chemin de 90 stades, il vint dans une autre chrétienté dépendante de la susdite ville de Kion. Ce petit pays se nomme la Vallée des Puits à feu, à cause des puits de feu qui y sont et dont ils se servent pour cuire l'eau salée, qu'ils ont tiré d'autres puits à sels ».

    « La chrétienté de cette vallée répandue dans un territoire de 130 stades est composée de sept familles, où M. André a baptisé sept personnes et fait cinq catéchumènes. Il a entendu quatorze confessions et donné cinq communions. Il a eu beaucoup à souffrir du froid et des mauvais chemins.
    « Il a aussi prêché la religion à plusieurs personnes entre lesquelles un bachelier, fort adonné à l'astrologie judiciaire et à plusieurs autres superstitions, s'est converti, et depuis a fait, avec son bâton, plus de 130 lieues pour venir recevoir le baptême. Il dit qu'il y a encore beaucoup de fruits à espérer ».
    Vers le milieu de l'année 1738. André Ly alla se fixer à une lieue de Pong-chan; il y construisit une maison et un oratoire, et y célébra la fête de Pâques en 1739.
    « Tous les chrétiens s'y trouvèrent, écrit de Martiliat, mais ils agissent si imprudemment que cela me fait transir toutes les fois que j'y pense. Ils ne cachent rien aux infidèles et veulent comme les braver. M. André ne sçait pas craindre ».
    Les pressentiments du missionnaire se réalisèrent, et lui-même fut la victime des sentiments d'hostilité des païens. Voici â quelle occasion :
    Au mois de mai 1740, André Ly invita de Martiliat à venir pendant quelque temps se reposer chez lui, où; disait il, il jouissait de la plus grande tranquillité. Le missionnaire accepta et arriva dans la petite chrétienté de Pong-chan le 1er juillet. Malheureusement, une sécheresse extrême désolait le pays, et un mandarin, ayant inutilement offert des sacrifices pour obtenir la pluie, crut, sur la parole d'un bonze, que les chrétiens et leurs prières étaient cause de son insuccès. Pour se venger, il vint, à la tête d'une assez nombreuse troupe de soldats, entourer le presbytère et l'oratoire. Le prêtre indigène et deux élèves latinistes furent les premiers arrêtés. Puis ce fut le tour du missionnaire français. Les satellites fouillèrent partout et s'emparèrent des livres, des ornements, des objets du culte. Quand il vit tout étalé devant lui, le chef des soldats s'étonna : « Comment, dit-il, employez-vous ou plutôt perdez-vous votre argent à de pareilles choses? Ces choses servent au culte du vrai Dieu, répliqua le prêtre, et c'est pourquoi je crois mon argent bien employé ».
    Après les premières brutalités de l'arrestation, les prisonniers et le chef des satellites se mirent à lier conversation, et il se trouva que ce dernier et André Ly étaient originaires de la même préfecture. Dès lors le chef se montra plus humain, il devint même le protecteur de son compatriote.
    Coduit au prétoire de Pong-chan avec de Martiliat et plusieurs chrétiens, André Ly fit devant les assistants, mandarins et hommes du peuple, l'apologie du christianisme. Quoiqu'il l'eût écouté patiemment, le sous-préfet donna cependant l'ordre de l'enchaîner. Tout d'abord lié avec un menuisier chrétien, Charles Song, le prêtre, grâce au chef des satellites, obtint d'être réuni à M. de Martiliat.
    « Nous couchâmes sur le même lit, écrit celui-ci; notre chaîne était assez longue pour dormir chacun la tête sur une extrémité du lit, selon la manière chinoise, qui ne permet pas qu'on dorme sur le même chevet ».
    Cependant tout ne fut pas sujet de tristesse pendant cette détention, et outre la joie de souffrir pour Jésus-christ, André Ly en éprouva une autre.
    Parmi les ouvrages confisqués se trouvait celui qu'il avait composé sur la doctrine catholique : confession, communion, messe, etc. Deux mandarins le lurent et en furent très satisfaits ; s'ils ne se convertirent pas, au moins firent-ils plusieurs fois et hautement l'éloge du christianisme, et l'un d'eux a voua au prêtre, encore prisonnier, «qu'il se repentait d'avoir causé de la peine à des gens qui suivaient une si belle religion ».
    La détention des captifs s'adoucit bientôt ; les chaînes dont on les avait d'abord chargés leur furent enlevées, et quelques jours plus tard, grâce à la diplomatie d'un tailleur, André Ouang, à la bonne volonté du chef des satellites, au don d'un vêtement et peut-être à l'effet produit par la lecture de son livre sur les mandarins, André Ly et tous ses compagnons furent mis en liberté. Le sous-préfet rendit même au prêtre chinois une partie des objets confisqués, à condition qu'il quitterait la sous-préfecture pour n'y plus revenir.
    Les années suivantes ne nous apportent que peu de nouvelles d'André Ly, qui habite ordinairement Hoa-yang ou Tchen-tou et qui, en 1742, initia un nouveau missionnaire français, Jacques d'Artigues, au ministère apostolique parmi les Chinois.
    Il souffrit, pendant une année, d'un ulcère à un pied. Ayant essayé inutilement plusieurs remèdes, il supplia saint Joseph de lui obtenir la guérison; en son honneur il fit un voeu et célébra la messe le jour de sa fête. « Ensuite, raconte de Martiliat, il se mit à lire un livre de botanique qu'il a, pour voir s'il était vrai que le poisson nuisait à cette plaie, comme tout le monde le disait, et Dieu permit qu'il y trouvât une recette qui consiste à faire griller et réduire en cendres un petit poisson que je ne connais pas, que les Chinois appellent tsi et que M. d'Artigues croyait être de petites perches. Il faut ajouter du saindoux à cette cendre, si l'ulcère est invétéré de plusieurs années. Il fit chercher de ce poisson, qui est fort commun, et il s'appliqua ce remède qui, seul, l'a guéri parfaitement. J'en rends de grandes actions de grâces à Dieu, car c'est un bon missionnaire et qui est nécessaire à notre mission plus que jamais dans les circonstances présentes ».
    En 1746, le vice-roi du Fo-kien ayant suscité une persécution dans la province qu'il gouvernait, l'empereur Kien-long donna son approbation à la décapitation de plusieurs ouvriers apostoliques; il adressa des ordres secrets à tous les vice-rois, pour leur enjoindre de rechercher les Européens qui enseignaient la religion du Seigneur du ciel et de dégrader les mandarins « qui montreraient de la négligence à abolir cette secte perverse et impie ».
    Le vice-roi du Se-tchoan obéit à ces prescriptions.
    De Martiliat devenu évêque et le seul missionnaire français alors au Se-tchoan, de Verthamon, furent recherchés dans tous leurs asiles.
    « M. André Ly, écrit de Martiliat, a aussi beaucoup souffert, ayant été obligé de fuir en plusieurs endroits fort éloignés les uns des autres, pour éviter les perquisitions du magistrat et la trahison des apostats, qui après avoir renoncé à Jésus-Christ ne pouvaient laisser son ministère en repos ».
    Dans les derniers mois de 1746, Mgr. de Martiliat fut réduit à partir pour Macao ; de Verthamon, qui ne recevait pas avec une grande patience les conseils de prudence d'André Ly, suivit l'évêque.
    Le prêtre chinois resta seul au Se-tchoan.
    Peu après son arrivée à Macao, l'évêque écrivit à André Ly une lettre datée du 17 janvier 1747, pour le prier de le tenir au courant de tous les événements qui se passeraient dans sa mission. André Ly le promit. Il fut fidèle à sa parole, et chaque année au mois de septembre ou d'octobre, en envoyant à Macao des courriers qui lui rapportaient son viatique, des objets du culte, une partie de sa correspondance, il adressa son Journal1 au procureur des Missions Etrangères, qui le transmit à Mgr de Martiliat. Après la mort de ce dernier, en 1755, André Ly continua l'envoi de son Journal jusqu'en 1764.
    Excepté une dizaine de lignes, ce Journal est tout entier rédigé en latin. C'est déjà une première qualité qui ne nous semble pas banale.
    Voici un Chinois du XVIIIe siècle, habitant l'une des provinces les plus reculées de l'Empire du Milieu, il écrit dans une langue qui lui est étrangère et qui, si elle est à peu près connue de beaucoup en Europe, n'est familière qu'à un très petit nombre; il traite dans cette langue de toutes les affaires et de toutes les questions qui l'occupent ; et si son style n'est pas cicéronien, du moins possède-t-il toujours deux qualités maîtresses : la clarté et la correction, auxquelles s'ajoute, souvent, une certaine élégance.
    Evidemment l'homme qui a pu écrire, au courant de la plume, plus de 800 pages dans ce style limpide et facile, possédait le latin à peu près comme sa langue maternelle ; il l'avait appris dans les classes, assurément, mais bien plus pendant les récréations, les promenades, les repas, partout où il est possible do converser, parce que la conversation est la méthode la meilleure pour apprendre la pratique d'une langue.
    A la vérité, les gallicismes ne sont pas absents de cet écrit ; soyons-leur indulgents, puisqu'ils nous rappellent que l'auteur fut un élève des missionnaires français; ils ne sont pas, d'ailleurs, le seul souvenir de cette éducation, et près d'eux se rencontrent plusieurs phrases françaises dont l'incorrection justifie l'appréciation de l'auteur lui-même : « Je parle le français comme un petit enfant de France ». Malgré ces fautes grammaticales, nous avouerons avoir ressenti un véritable plaisir, peut-être même une légère émotion, en rencontrant quelques mots de notre langue sous la plume d'un Chinois qui naquit, vécut et mourut en Chine; ils nous ont paru une petite preuve, ajoutée aux grandes, du patriotisme de ses éducateurs, heureux de mettre dans l'intelligence de leurs élèves les empreintes du parler de France, et dans leur coeur l'amour de notre pays.

    1. Journal d'André Ly, prêtre chinois, missionnaire et notaire apostolique, 1746-1763, Texte latin. Introduction par Adrien Launay, de la Soc des M.-E. 2° édit. in-8 pp. XXIV-703. Hongkong. Imprimerie de Nazareth 1924.

    On ne saurait, nous semble-t-il, trop admirer sa constance. Demeuré seul prêtre dans une des plus vastes provinces de l'empire du Milieu, et sans autres ressources qu'un viatique de 400 francs, sans autre soutien que sa foi et quelques lettres annuelles des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères, du procureur de la Société à Macao, de son évêque parti pour l'Europe et qui ne reviendra plus, il travaille sans défaillance à l'oeuvre d'évangélisation.
    Il correspond également, mais à de rares intervalles, avec l'évêque de Portimea, Vicaire apostolique du Chan-si et du Chen-si, Mgr Eugène Pilotti, franciscain, qui, après le départ de Mgr de Martiliat, paraît avoir été pendant quelque temps administrateur du Se-tchoan.
    Mais la principale de ses occupations est assurément son travail apostolique, et voici, d'après une lettre de celui qui le connut le mieux, Mgr Pottier, la manière dont il faisait l'administration des chrétientés :
    « M. André a pour pratique : 1° d'assister le soir aux prières communes, et immédiatement après, un écolier ou un chrétien en interroge un autre sur le catéchisme, et l'autre répond environ chaque fois six ou sept demandes, et cela tout le monde étant présent. 2° Quand il doit administrer l'extrême-onction à un père ou à une mère de famille, il fait venir auparavant tous les enfants grands et petits, gendres, brus et autres inférieurs, pour demander pardon à leur père ou à leur mère de l'avoir offensé. J'ai vu une fois cette cérémonie, les enfants pleuraient et le père de famille, qui devait recevoir l'extrême-onction, leur fit aussi en pleurant une exhortation. Cette cérémonie est véritablement touchante. 3° Avant que de sortir des maisons où il a habité pour administrer les chrétiens, il les bénit, et même les champs si cela se peut; il bénit aussi les autres maisons s'il y est appelé. 4° Dans les grandes fêtes, il fait venir tous les enfants qui n'ont pas l'âge d'approcher des sacrements, et les bénit. 5° Pour la nouvelle année, il observe à peu près les mêmes cérémonies qu'au Séminaire des Missions Etrangères; il y a deux cérémonies, l'une le soir du dernier jour de l'année et l'autre le matin de l'année suivante. 6° Il n'admet personne à la confession qu'auparavant il ne les ait instruits sur les dix commandements de Dieu et sur ceux de l'Eglise, sur le sacrement de Pénitence, etc. Après la confession, il ne les admet point à la communion qu'ils n'aient entendu l'instruction sur la communion, sur la messe, les indulgences etc. ; il faut entendre cette conduite à l'égard des personnes qu'il juge n'estre pas instruites. 7° Comme la plupart des chrétiens ignorants et simples ne savent pas faire l'action de grâces, immédiatement après la messe lorsqu'ils ont communié, ce missionnaire fait son action de grâces tout haut, et les chrétiens qui ont communié la font avec lui, en répétant ce qu'il dit. S'il ne peut faire l'action de grâces par lui-même, il la fait faire par son catéchiste. C'était la manière d'agir de M. Basset et de Mgr d'Ecrinée. 8° Quand il est arrivé dans une chrétienté, où il doit rester quelque temps pour administrer les chrétiens, les trois premiers jours il dit immédiatement avant la messe les litanies des saints, à genoux au pied de l'autel, afin d'obtenir de Dieu que les chrétiens s'approchent dignement des sacrements. 9° Pour ce qui regarde les cérémonies de la Semaine Sainte, il les observe autant que faire se peut. Cette année les chrétiens de Tchang-tcheou-hien ont été extrêmes touchés du lavement des pieds et de l'adoration de la Croix. Ils n'avaient jamais vu pareille cérémonie. Il exhorte les chrétiens qui peuvent donner quelque chose, à faire quelque aumône pour la nourriture des pauvres chrétiens qui viennent de loin pour faire leurs Pâques ».
    André Ly ne peut évidemment visiter chaque année toutes les paroisses dont il a la charge, mais il voyage autant que sa santé assez faible et ses infirmités le lui permettent. De Tchen-tou il va au nord-est jusqu'à Pao-lin-fou, à l'ouest de Mou pin, au sud à Su-tcheou-fou, au sud-est à Tchong-kin ; mais les chrétientés où on le voit le plus fréquemment et où il semble avoir son séjour préféré, sont Chouang-mong tse, Ching-tsong-pin, Hia-sse-yang et Tchen-tou. Il s'occupe également, dans la province du Chen-si, de la préfecture de Hang-tchang, que Mgr Pilotti ne peut faire administrer et sur laquelle il lui donne juridiction.
    Chaque année il compose et fait imprimer le calendrier des fêtes chrétiennes, ce qui ne laisse pas d'être périlleux, car, si en bien des pays la publication du calendrier est chose indifférente, en Chine elle est un privilège du gouvernement, que tous sont tenus de respecter sous peine d'un sévère châtiment.
    Après avoir traduit un traité des péchés capitaux, il écrit un nouvel ouvrage intitulé SAN KIAO YAO CHEOU, Aperçu sur les trois religions, qu'il terminera en septembre 1756.

    Est-ce à dire que le zèle du prêtre chinois renouvelle les paroisses chrétiennes dans la ferveur, et convertit un grand nombre d'infidèles ? Hélas ! Non ; mais il garde la foi au coeur de la plupart de ses ouailles, il baptise chaque année un certain nombre de païens, et, en regardant moins haut et moins loin de nous, il conserve à la Société des Missions Etrangères le Vicariat apostolique du Se-tchoan.
    En 1750 il reçoit un collaborateur, le prêtre Luc Ly, qu'il instruit et dirige. Plus tard il gardera envers lui l'attitude d'un bon conseiller, le guidera dans la conduite à tenir vis-à-vis des apostats, dans certains cas de mariage entre païens et chrétiens, unions qu'il considère comme très dangereuses pour la foi ; il le soutiendra contre les murmures de quelques chrétiens, ou le défendra contre les moqueries qu'un défaut de langue lui attire.
    En 1754 il voit enfin arriver un missionnaire français, Urbain Lefebvre, du diocèse de Tours, parti de France en 1749 et demeuré quelque temps à Siam. Ils se rencontrent à Ching-tsong-pin et vont ensemble à Tchen-tou. Mais au lieu de secours, ce sont de graves embarras que lui apporte la présence du nouveau venu. Lui-même les a racontés dans son Journal.
    Des difficultés entre les chrétiens et les païens s'élèvent à ce moment même à Kouang-yuen; André Ly est dénoncé nommément comme prédicateur de la religion chrétienne.
    Cette affaire va jusqu'au vice-roi, qui donne l'ordre d'arrêter le prêtre. Les recherches faites à cette occasion amènent la découverte de Lefebvre. Tous les deux sont arrêtés avec quelques chrétiens, en particulier Pierre Pe, un jeune homme que, selon la coutume chinoise, André Ly a adopté pour fils. Ils sont enchaînés, conduits à Tchen-tou, obligés de changer plusieurs fois de prison.
    Parlant de ces translations de cachot en cachot, Urbain Lefebvre écrit : « Nous allions pleins de joie, parce que le Saint Esprit nous avait accordé la grâce de prononcer devant les magistrats les paroles de l'Evangile. Malgré tout son bonheur, le P. André marchait avec beaucoup de peine, car un de ses pieds était nu, l'autre avait une plaie béante, d'où s'échappaient du sang et du pus qui marquaient chacun de ses pas; de plus l'une de ses mains était paralysée ».
    Pendant leur emprisonnement, ils souffrent souvent de la faim, de la soif, sans parler des tortures morales que la grossièreté de leurs compagnons leur impose. « Nous étions, écrit Lefebvre, au milieu d'hommes pervers, réduits à partager leur chambre; à entendre leurs horribles conversations et à voir leurs actes plus horribles encore et vraiment dignes de l'enfer».
    Trois fois on changea leurs chaînes pour leur en mettre de plus lourdes. Ils subirent six à sept interrogatoires ; au quatrième André Ly fut frappé de vingt soufflets. Enfin, au mois d'octobre 1754, Lefebvre fut reconduit à Canton, puis à Macao, d'où il revint en France ; il fut massacré aux Carmes en 1792.
    Au mois de novembre, André Ly est mis en liberté, après avoir, au lieu de l'abjuration qu'on exige de lui, donné une déclaration affirmant la vérité et la pureté du christianisme, et s'engageant, si son affirmation était trouvée fausse, à subir les punitions qu'on voudrait lui infliger.
    Il reprend presque aussitôt l'administration des chrétientés, institue (février 1756) des catéchistes dans plusieurs paroisses, en particulier à Tao-pa, et rédige la formule du serment de fidélité qu'ils devront prêter. En même temps il instruit quelques enfants bien doués, qu'il envoie, par l'intermédiaire du procureur de Macao, au séminaire général à Siam.
    Il est à San-tung, faisant l'administration des chrétiens, lorsqu'il apprend l'arrivée d'un missionnaire français, auquel 40 ans d'apostolat et 24 ans d'épiscopat, des succès constants, un zèle ardent et une sagesse parfaite vaudront le titre de fondateur de la mission du Se-tchoan : François Pottier. André Ly ne tarde pas à découvrir l'humilité et le bon sens du jeune prêtre, et dès 1757 il écrit :
    « Plaise à Dieu que les élèves chinois que nous espérons voir de retour, l'année prochaine, se montrent dociles à l'exemple du R. M. Pottier, qui comme Européen, et surtout comme ayant fait ses études en France, n'avait besoin des lumières et des conseils de personne, mais qui ne veut jamais agir par lui-même et s'en tenir à sa propre opinion, et parce que nous sommes plus âgés et avons plus d'expérience, il se plaît à demander notre humble avis pour toutes choses, même dans les circonstances les plus faciles ».
    Sa perspicacité lui fait même entrevoir l'avenir réservé à François Pottier. « J'espère, dit-il, que dans peu d'années, si Dieu nous le conserve, il sera nommé Evêque et Vicaire apostolique de la province du Se-tchoan. C'est ce que je désire de tout mon coeur ».
    Le missionnaire français rend au prêtre chinois affection pour affection, estime pour estime ; il ne parle de lui que dans les termes les plus respectueux : c'est « le vénérable M. André », le bon M. André », « le zélé M. André », « le meilleur de nos prêtres chinois ». Volontiers, en écrivant au Séminaire des Missions Etrangères, il rappelle les travaux, les souffrances, les infirmités contractées par le P. Ly en prison ou dans l'exercice du saint ministère.
    La présence de Pottier semble donner à André Ly un regain d'activité ; en 1757 il visite 37 chrétientés ; en 1758 il continue son administration tout en s'occupant de quelques néophytes du Kouytcheou qui viennent le voir ; en 1759 il forme au ministère un jeune prêtre chinois, Thomas Nien, âgé de 28 ans, que Pottier lui a confié ; il envoie à Siam plusieurs élèves instruits par lui, entre autres Marc Lieou. Tout en accomplissant ses travaux, il compose ou traduit des prières que désormais réciteront les chrétiens ; il écrit aux catéchistes une longue lettre sur les indulgences; il transcrit avec quelques changements le petit catéchisme de la mission.
    En 1760, il peut croire un moment que tout le soin de la mission va retomber sur lui, car Pottier, arrêté et emprisonné, a reçu l'ordre de quitter le Su-tchuen. Loin de se décourager, il écrit au captif pour le féliciter d'avoir été jugé digne de souffrir pour Jésus-Christ, et quand Pottier, sauvé par son sang-froid et son savoir-faire, revient près de lui à Tchen-tou, il l'entoure des soins les plus attentifs.
    L'année suivante, ce n'est plus le missionnaire français qui est prisonnier, c'est le prêtre chinois.
    L'incident le plus vulgaire fut la cause de son arrestation. Deux ivrognes avaient voulu jouer dans la maison d'un de leurs parents. Celui-ci, bon chrétien, refusa et les renvoya chez eux. Pour se venger ils le dénoncèrent au mandarin, ajoutant à son nom, le nom d'André Ly prédicateur de la religion du Seigneur du Ciel. Le 24 juin 1761, un mandarin alla à la tête de cent hommes cerner la résidence ordinaire d'André Ly, à Tchen-tou. Après avoir examiné toutes choses, il s'empara d'ornements, de livres latins et chinois, puis retourna à son prétoire emmenant avec lui Remi Nien, Hilaire Sun, François Tsiang et trois petits écoliers. André Ly, qui était dans une paroisse des environs, fut aussitôt prévenu. Fort de son droit, et espérant qu'en déclarant que les ornements et les livres latins avaient appartenu à M. Lefebvre arrêté en 1754 il pourrait se les faire rendre, il partit pour Tchen-tou et se présenta devant le mandarin. Celui ci écouta ses raisons, l'interrogea sur le christianisme, le fit enfermer dans une auberge sous la garde de quelques satellites, et mit en liberté les écoliers et les chrétiens précédemment arrêtés. André Ly demeura seul captif, soigné dans l'auberge par le P. Luc Ly.
    Peu après, les trois chrétiens furent rappelés et frappés de 25 coups de bâton.
    Le prêtre fut condamné à porter la cangue pendant deux mois ; mais sa vieillesse et des présents adoucirent le mandarin, qui réduisit tes deux mois à une heure. Une autre peine à 25 ou 30 coups de bâton fut également évités.
    On peut penser qu'en laissant adoucir son sort, le vieillard suivait les sentiments de ses amis plus que les siens, car au mois de septembre 1761, il écrivait à M. Le Bon, procureur des Missions Etrangères à Macao, ces paroles pleines d'amour de Dieu et de saints désirs de souffrance :
    « Pour moi, le dernier des hommes, je n'ai qu'une ambition, souffrir et mourir pour Jésus-Christ. Et s'il m'est permis, je m'écrie avec saint Augustin « Seigneur brûlez, coupez, pourvu que vous m'épargniez dans l'éternité ». Plaise à Dieu que toutes mes souffrances tournent à sa gloire, au bien de l'Eglise catholique et à ma propre sanctification ».
    André Ly ne fut mis en liberté qu'au mois d'avril 1762; il était alors réduit à la pauvreté la plus extrême et il dut emprunter de l'argent pour vivre dans la vallée de Houang-hien-pin où il se retira.
    Les travaux et les épreuves du prêtre chinois m'étaient pas sans avoir du retentissement dans la Société des Missions Etrangères; aussi quand, en 1764, Pierre Kerhervé, missionnaire à Siam, nommé évêque de Gortyne et Vicaire apostolique du Se-tchoan, s'efforce d'éloigner de lui cette charge qu'une quasi cécité l'empêchera de remplir, il met en avant, pour le remplacer, André Ly ; il voit dans cette nomination un profit pour la mission, un encouragement pour les prêtres chinois, un honneur mérité pour le vétéran du Se-tchoan : « M. André Ly s'acquitterait bien mieux de cette fonction, dit-il ; ce vénérable confesseur est, de l'aveu de tout le monde, l'âme et le soutien de la mission du Su-tchuen. L'action de couronner ses longs travaux ranimerait la foy presque éteinte des chrétiens du Su-tchuen, donnerait à nos écoliers les plus belles espérances, retiendrait quelques-uns de nos nouveaux prêtres chinois, qui ne pensent qu'à nous abandonner pour se faire dominicains, nous ferait trouver beaucoup plus aisément des enfants pour le collège, ce dont nous manquons absolument; d'ailleurs comme il est fort avancé en âge, M. Pottier ne tarderait pas à lui succéder, ce serait le bâton de maréchal envoyé à l'article de la mort ».
    Le désir de Kerhervé ne fut pas exaucé, mais il prouve l'estime que l'on faisait du prêtre chinois.
    A cette époque, André Ly, par suite d'une surdité presque complète, était devenu incapable de faire l'administration des chrétiens. Il se consacra entièrement à l'instruction des élèves que l'on destinait au sacerdoce et forma une sorte de séminaire. En 1765, il habitait sur une montagne à quelque distance de Tchentou, et près d'une chrétienté d'environ 700 âmes, une maison récemment donnée par un catholique, Marc Lieou ; cette maison que l'on a appelée, non sans raison, le premier séminaire du Se-tchoan, était couverte en paille, et possédait un ameublement si pauvre qu'André Ly la comparait à l'étable de Bethléem, d'où par une suite toute naturelle de pensées, il appela son séminaire, qui renfermait alors sept élèves, le séminaire de la Nativité. Le vieillard donnait à ces enfants le spectacle du calme dans la souffrance et de la ferveur dans la prière. Sa réputation grandissait parmi les missionnaires. Quelques faits l'auréolaient de sainteté. On racontait, qu'en 1763, il avait prédit une mort prochaine à un chrétien et que sa prédiction s'était réalisée ; qu'il avait prié pour obtenir la pluie et qu'il avait été exaucé. En faisant l'éloge d'André Ly, M. Gleyo raconte deux faits d'apparence extraordinaire :
    « Deux mois avant son arrivée au Su-tchoan, temps auquel il était naturellement impossible pour toutes sortes de raisons qu'on eût aucune nouvelle de nous, M. André Ly prédit notre arrivée 1.
    « Un soir que ce vénérable prêtre était sur son lit, parfaitement éveillé, à ce qu'il assure, il entendit qu'on lui disait fort distinctement qu'il venait trois missionnaires au Su-tchuen et qu'un d'entre eux avait nom Ly. Il ne vit personne qui lui parlât ; il entendit seulement qu'on le lui disait. Il crut fermement à cette nouvelle, et le lendemain il la fit savoir à M. Falconnet qui n'était pas loin de là. Nous n'avons pu nous empêcher d'admirer beaucoup cette prédiction, si particularisée per le nom de Ly qui est effectivement le nom chinois de M. Alary ; on le lui donna au temps de notre départ de Macao.

    1. Celle de MM. Gleyo, Alary, Mathias Kou.

    « Une fois, ayant rencontré une troupe de païens qui adoraient une idole et faisaient en son honneur beaucoup de cérémonies superstitieuses, il fut touché de voir des gens livrés à de si grossières et si pernicieuses erreurs, et gémissant sur eux, dans la grandeur de sa foi, il pria Dieu ardemment de ne plus permettre que le démon séduisît les hommes en cet endroit-là ; il y fit ensuite le signe de la croix. Le lendemain l'idole ne parut plus et elle fut trouvée transportée, à l'insu de tout le monde, par delà une montagne voisine ».
    Vers 1770, malgré la retraite dans laquelle il vivait, André Ly fut dénoncé au vice-roi, qui força le maître du terrain à détruire la maison louée au prêtre, et fit donner l'ordre à ce dernier d'aller demeurer ailleurs. Le vieillard dut obéir, plusieurs de ses élèves furent envoyés à Siam, et lui-même se retira à Ly-pao-tho, d'où il data, le 28 août 1773, la dernière lettre que nous ayons de lui.
    Il mourut le 23 janvier 1774, âgé d'environ 82 ou 83 ans 1.
    Après avoir annoncé sa mort, Mgr Pottier disait : « Il a fait plusieurs ouvrages utiles à la mission, ses moeurs ont toujours été pures et intègres ; il a jusqu'à la fin montré un zèle infatigable ». M. Moye portait le même jugement élogieux : « Non est inventus similis illi, il était orné des plus beaux talents, a écrit nombre de livres, souffert plusieurs persécutions et tourments; les autres Chinois lui sont bien inférieurs ».
    En terminant cette notice biographique où nous avons laissé parler les faits, sans les grandir ni les embellir, il nous resterait peut-être à établir une synthèse, à étudier l'action du clergé indigène telle qu'elle avait été désirée par Rome et par les premiers Vicaires apostoliques de la Société des Missions Etrangères, à la comparer avec ce qu'elle fut dans le passé et avec ce qu'elle est dans le présent, à chercher si l'avenir, un avenir prochain, n'exigera pas certaines modifications importantes dans l'éducation et l'instruction du clergé indigène, dans l'emploi qu'on fait de lui, dans les dignités qu'on lui donne ou qu'on lui refuse.

    1. Mgr Pottier dit 84 ans, mais en rapprochant ces chiffres des autres données que nous avons lues dans les lettres de M. André Ly, nous croyons qu'il est un peu erroné. André Ly ne devait être que dans sa 83e année.

    Ces idées prêteraient matière à de longs développements, et sans doute, à quelques discussions ? Pour aujourd'hui, nous nous contenterons de reproduire ces paroles, qui précisent une partie des services qu'espéraient du clergé indigène ceux qui travaillèrent le plus activement à sa formation 1 :
    « Les Apôtres et leur successeurs ont ordonné des prêtres de toutes les nations converties, ainsi nous l'apprennent l'Ecriture et l'Histoire ecclésiastique; car les peuples ordinaires ajoutent plus de foi à ce que leur disent leurs compatriotes qu'à ce que leur proposent des inconnus.
    « Les prêtres du pays en savent mieux la langue, la parlent avec plus de grâce, trouvent des expressions plus propres et plus intelligibles pour expliquer les mystères de la religion. Ils connaissent plus parfaitement les moeurs et les inclinations de leurs concitoyens; ils ont des liaisons plus étroites avec eux; ils peuvent plus facilement les fréquenter et s'insinuer dans leur conversation et dans leur amitié. Ils sont mieux instruits des superstitions, des erreurs, des impiétés, des mystères abominables que contient la religion du pays, et ils se servent de tous ces avantages pour détromper les idolâtres et pour les convertir. » « Ajoutons que les prêtres indigènes rendent encore de plus indiscutables services, lorsque, ce qui est arrivé souvent, les missionnaires européens sont trop peu nombreux, ou lorsque, pendant la persécution, ils sont obligés de fuir, de se tenir cachés, et ne peuvent, sans crainte d'être trahis par leur langage ou leur physionomie, remplir les devoirs du ministère sacerdotal ».
    Ces lignes résument la carrière d'André Ly; les lui appliquer est faire son plus bel éloge.

    1. Histoire générale de la Société des Missions Etrangères par Adrien Launay, 3 vol. in-8. Téqui, Paris, 1894, t. 1, p. 6.
    1924/200-216
    200-216
    Chine
    1924
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