Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Un pionnier du Laos (le P. Combourieu)

EN INDOCHINE UN PIONNIER DU LAOS Le R. P. Combourieu (1861-1939) Joseph Combourieu était né le 8 août 1861, à Mur-de-Barrez, diocèse de Rodez, mais ses parents habitant Roulhac, dans le Cantal, il fut incorporé à celui de Saint-Flour et y fit presque toutes ses études.
Add this

    EN INDOCHINE

    UN PIONNIER DU LAOS
    Le R. P. Combourieu (1861-1939)

    Joseph Combourieu était né le 8 août 1861, à Mur-de-Barrez, diocèse de Rodez, mais ses parents habitant Roulhac, dans le Cantal, il fut incorporé à celui de Saint-Flour et y fit presque toutes ses études.
    Il suivait avec ses condisciples la vie paisible du séminaire diocésain quand, vers l'âge de 18 ans, il entendit les premiers appels du bon Dieu lui indiquant le chemin des Missions. Toutefois, ce ne fut qu'en 1882, le jour de la fête de Saint Joseph son patron, qu'il décida, avec l'approbation de son directeur, de se consacrer irrévocablement à l'évangélisation des infidèles.
    Entré le 7 septembre suivant au séminaire des Missions Etrangères, il était déjà acolyte ; deux ans plus tard, le 20 septembre 1884, il recevait le sacerdoce. Ce fut la Mission du Siam qui lui échut en héritage, mais comme sa vie missionnaire allait se dérouler dans la partie laotienne du Vicariat apostolique, il fit partie du Laos en 1899 lors de l'érection de celui-ci en Mission distincte.
    C'était une excellente recrue qui arrivait à Mgr Vey, évêque du Siam. D'une intelligence nette et précise, le jeune P. Combourieu a une volonté de fer qui ne déviera jamais de la ligne droite ; sa bonté attirera à lui, et par lui à Dieu, les coeurs laotiens, il sait aimer et se faire aimer ; d'une piété forte et exemplaire, il va pendant 54 ans montrer comment l'exactitude à tous ses devoirs peut s'allier avec une vie des plus actives.
    Il arrive à Bangkok au début de 1885, juste au moment où le P. Prodhomme, descendu du Laos peu de jours auparavant, fait part à Mgr Vey de ses espoirs et réclame de l'aide. Le voilà donc désigné pour partir là-bas sous la direction de cet apôtre qui un jour deviendra son évêque, et il est à Tharé le 4 mai.
    Le Laos était alors un pays fermé, la vie chrétienne ne pouvait fleurir dans les grands centres, à proximité de mandarins persécuteurs. Qu'à cela ne tienne ! Notre jeune missionnaire s'établit provisoirement en pleine brousse, de l'autre côté du lac de Sakone, pour former à la vie chrétienne ses premiers catéchumènes. Le village se composait de deux groupes de maisons, écrira-t-il plus tard, l'un pour les Annamites et l'autre pour des Laotiens du Nord, avec une église faite de trois paillottes. Ses mentors, les PP. Prodhomme et Guégo, se trouvent à une proximité relative, le premier à Khâm-kôn et le second à Oubone, il se forme à leur école, aidé sur place par un séminariste.
    Vite il acquiert la réputation d'un homme qui n'épargne pas sa peine, aussi ses catéchumènes augmentent peu à peu, malgré la persécution à laquelle ils sont en butte, et bientôt il fonde de nouvelles chrétientés. Dieu seul connaît les difficultés qu'il eut à vaincre, et cependant, devenu vieux, le P. Combourieu dira que ces années pénibles furent les plus heureuses de sa vie apostolique.
    A l'arrivée de nouveaux confrères, une partie de son district leur fut confiée ; il ne garda alors pour lui que Tharé et ses deux annexes, Thung-mon et Napho. Son zèle, allié à une prudence et une fermeté qui ne se démentirent jamais, allait donner là toute sa mesure ; il réussit à établir un chrétienté modèle avec vie spirituelle intense, belle vengeance de cet ardent apôtre qu'une arthrite précoce empêcha trop vite de courir par monts et par vaux.
    Catéchiste hors ligne, ses longues prédications sont suivies avec fruit, aussi est-il bientôt récompensé de la peine qu'il se donne, il découvre des vocations parmi les enfants de ces Laotiens hier encore païens. Alors il songe à fonder un couvent de religieuses indigènes, et là encore son travail est béni du bon Dieu.
    Juge à l'occasion, il s'impose en ce domaine délicat par sa droiture, son bon sens et l'intelligence qu'il possède des moeurs locales ; charitable autant qu'économe, il multiplie autour de lui les actes de générosité et il bâtit de nombreuses chapelles et écoles pour les fidèles qui se multiplient dans son district. Bref, en bon administrateur qu'il est, il fait, selon le jugement d'un de ses confrères, le maximum nécessaire avec le minimum de moyens.
    Rien d'étonnant que Mgr Gouin, son évêque, l'ait pris pour son bras droit : en 1922 il est nommé provicaire de la Mission du Laos, à la grande joie des autres missionnaires qui l'ont en vénération. Mais des qu'il s'aperçoit que ses forces le trahissent, de lui-même, en toute humilité, il laisse les honneurs à de plus jeunes ; il démissionne de ses fonctions de curé de Tharé où 8.000 chrétiens témoignent de son travail, et de sa charge de provicaire qu'il remplit depuis 16 années. Comme Saint Paul, le P. Combourieu a combattu le bon combat, sa course va se terminer, il peut voir venir paisiblement la mort, confiant que N.-S. l'accueillera au ciel à la manière dont il accueille les serviteurs fidèles qui ont fait fructifier leurs talents.
    C'est en toute sérénité qu'il s'y prépare, et quand, le 4 août 1939, il s'éteint à Tharé, à la veille de ses 80 ans, une désolation générale éclate dans le peuple qu'il a si bien servi et tant aimé.
    Les fidèles lui firent de solennelles obsèques. Son cercueil fut porté, à la façon dont on porte des reliques, sur l'épaule de ceux qu'il avait enfantés à la foi.
    Avec le P. Joseph Combourieu venait de disparaître le dernier témoin des débuts de la Mission du Laos.

    J. C.
    1941/5-6a
    5-6a
    Laos
    1941
    Aucune image