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Un monastère Cistercien en Indochine

Un monastère Cistercien en Indochine Notre Dam d'Annam La conversion du monde païen est avant tout une oeuvre de la grâce, et cette grâce doit être obtenue par la prière et le sacrifice. Aussi les Ordres religieux, dont la vie est toute de contemplation, de travail et de pénitence, ont-ils toujours été regardés comme de précieux collaborateurs à l'extension du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.
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    Un monastère Cistercien en Indochine

    Notre Dam d'Annam

    La conversion du monde païen est avant tout une oeuvre de la grâce, et cette grâce doit être obtenue par la prière et le sacrifice. Aussi les Ordres religieux, dont la vie est toute de contemplation, de travail et de pénitence, ont-ils toujours été regardés comme de précieux collaborateurs à l'extension du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.
    En Indochine, dès la fin de l'ère des persécutions, les Vicaires apostoliques firent appel à des communautés contemplatives en même temps qu'à des Congrégations enseignantes. En 1861 le premier couvent des Carmélites s'établissait à Saigon ; aujourd'hui on en compte 6 dans l'Indochine.
    Mais on désirait aussi des monastères religieux, Chartreux, Trappistes, etc. D'instantes demandes furent adressées en Europe : partout on se heurta à un refus motivé soit par le manque de sujets, soit par le voeu de stabilité qui attache le moine au couvent où il a fait profession. A la suite de ses démarches infructueuses, Mgr Allys, Vicaire apostolique de Hué, demanda à Rome l'autorisation de fonder une Congrégation nouvelle : c'était en 1918. Le Pape Benoît XV répondit qu'il verrait avec grande joie cette fondation et donna à l'évêque tous les pouvoirs à cet effet.
    Deux prêtres du Vicariat de Hué, les PP. Denis (1) et Mendiboure (2), tous deux de la Société des Missions Etrangères, s'offrirent pour être les premiers membres de la Communauté projetée. Le 21 mars 1920, Mgr Allys décrétait l'érection de la nouvelle famille religieuse sous le nom de « Congrégation de Notre Dame » et approuva ses Constitutions. Le monastère fut établi à Phuocson (Annam).
    Après dix années d'épreuves, le nombre des religieux allant sans cesse croissant, on désira donner plus de stabilité à la Congrégation et la faire bénéficier des privilèges des grands Ordres, et les Supérieurs demandèrent leur incorporation à l'Ordre cistercien. En réponse à cette requête, le Chapitre général de l'Ordre députa comme Visiteur le R. Père Abbé de Lérins pour traiter cette affaire. En 1933, sur le rapport du Visiteur, le Chapitre général réuni à Rome, après examen des Constitutions de la nouvelle Congrégation, les approuva, autorisa l'affiliation et déféra cette décision à l'approbation du Saint-Siège. Enfin, par un décret du 1er mai 1934, la S. Congrégation des Religieux approuva l'incorporation, à l'Ordre de Cîteaux, de la Congrégation de Notre Dame, qui en reçut la nouvelle officielle le 30 août.
    La cérémonie de l'affiliation est fixée au 21 mars 1935, fête de Saint-Benoît. Ce jour-là tous les profès renouvelleront leurs voeux et, chez les profès perpétuels, ces voeux, de simples qu'ils étaient jusqu'alors, deviendront solennels et, par le fait même, la Congrégation fera partie intégrante de l'Ordre de Cîteaux et participera à tous ses droits et privilèges.

    (1) Henri Denis, né en 1880 à Boulogne-sur-Mer, missionnaire de Hué en 1903 ; premier Prieur de Notre Dame d'Annam en 1920 ; décédé le 25 juillet 1932.
    (2) Martin Mendiboure, du diocèse de Bayonne, né en 1874, missionnaire de Hué en 1897; moine de N.-D. d'Annam en 1920, prieur en 1932.

    Le personnel du monastère de Notre Dame d'Annam se compose actuellement de 10 prêtres et 19 frères de choeur, de 64 frères convers et de 14 juvénistes, soit un total de 107 religieux, dont 2 seulement sont étrangers : le P. Prieur, français, et un prêtre hollandais ; tous les autres sont annamites.

    ***

    Deux mots résument la règle de la Communauté : prier et travailler, c'est-à-dire contemplation et pénitence.
    Tout aspirant à la vie religieuse doit faire 6 mois de postulat, puis 3 ans de noviciat, après quoi il émettra des voeux temporaires, qui ne pourront devenir perpétuels qu'à l'âge de 25 ans. Outre les 3 voeux ordinaires de pauvreté, chasteté et obéissance, il émet le voeu de stabilité, par lequel il s'engage à vivre et à mourir dans la Congrégation et dans le monastère où il a fait profession.
    Les observances religieuses de la Congrégation sont analogues à celles des Trappistes. Le silence n'est rompu que durant une demi-heure les dimanches et jours de fête. Le travail manuel est obligatoire pour tous : 3 heures par jour pour les prêtres et les étudiants, 8 heures par jour pour les frères convers.
    En plus des jeûnes de l'Eglise, les moines, du 14 septembre au Mercredi des Cendres, jeûnent tous les jours, et deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi, de la Trinité au 14 septembre.
    La nourriture des religieux est celle des paysans annamites : poisson, oeufs, saumure, légumes, patates, manioc, et riz à discrétion.
    Tous les jours de l'année le lever est à 2 heures du matin, le coucher à 8 heures du soir.
    Comme vêtement, l'habit annamite avec une tunique descendant au genou, un scapulaire avec capuce et une large ceinture de cuir à laquelle est fixé un chapelet. Ni souliers, ni sandales, parce que les ouvriers et les paysans du pays n'en portent pas.
    Les moines doivent vivre du travail de leurs mains ; il leur est interdit de mendier, comme aussi de placer de l'argent dans les banques ou dans les sociétés. Si, à la fin de l'année, il reste quelque argent au monastère, le Supérieur le remet au Vicaire apostolique pour être employé en faveur des catéchumènes.
    Ces quelques détails suffisent à donner une idée exacte de la vie des Cisterciens annamites. Chaque jour de l'année, 18 heures de prière, de mortification et de travail, 6 heures de repos. Tel est l'asile proposé aux âmes courageuses qui veulent, loin du monde, tendre à la perfection par la pratique des conseils évangéliques. A cette suite d'exercices qui remplissent la journée et qu'il faut toujours recommencer, si l'on ajoute la clôture, le silence, les jeûnes, les veilles, on comprendra ce qu'est le joug du Seigneur, qu'ont accepté des âmes généreuses, pour lesquelles ce joug est doux et ce fardeau léger. Et si l'on songe que ces travaux, ces mortifications, ces jeûnes, c'est sous le climat tropical de l'Annam qu'il les faut supporter ; que, fondé depuis une dizaine d'années seulement, le monastère compte déjà plus de cent religieux, on ne peut qu'admirer la fore d'attraction qu'exerce l'amour de Dieu sur les âmes et se réjouir d'une telle collaboration apportée aux labeurs des missionnaires, sur lesquels elle attirera d'abondantes grâces de conversion et de salut.

    1935/70-72
    70-72
    Vietnam
    1935
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