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Un missionnaire à l'honneur : Le père Roubin

Un missionnaire à l'honneur : Le père Roubin Le 27 juin 1935 une cérémonie simple et touchante réunissait à la clinique de Bon Secours, au Puy, Mgr Rousseau, évêque du Puy, Mgr Gaspais, vicaire apostolique de Kirin (Mandchourie) , des notabilités du clergé de la ville, quelques amis et le personnel hospitalier de Bon Secours.
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    Un missionnaire à l'honneur : Le père Roubin

    Le 27 juin 1935 une cérémonie simple et touchante réunissait à la clinique de Bon Secours, au Puy, Mgr Rousseau, évêque du Puy, Mgr Gaspais, vicaire apostolique de Kirin (Mandchourie) , des notabilités du clergé de la ville, quelques amis et le personnel hospitalier de Bon Secours.
    Il s'agissait de remettre à un missionnaire de Mandchourie, le P. Roubin, la décoration qui lui a été décernée par l'Empereur du Mandchoukouo comme récompense de 33 années de dévouement et comme témoignage d'admiration et de reconnaissance au fondateur de la ville de Tongken dans la steppe mandchoue.
    Né en 1871 à Saint Pierre Eynac (Haute-Loire), Henri Joseph Roubin, ordonné prêtre à Paris le 10 juin 1895, fut envoyé dans la Mission de Mandchourie. Après quelques années de ministère, voyant ses chrétiens dispersés au milieu des païens et craignant pour leur persévérance, le missionnaire résolut de fonder un village chrétien, et, en 1902, il l'établit sur le plateau de Tongken, dans une région encore inhabitée, couverte de hautes herbes, parsemée de broussailles, à proximité de la forêt vierge, repaire des sauvages Solons et des bêtes féroces. Le P. Roubin plaça la colonie qu'il fondait sous le patronage de saint Joseph ; les quelque 14.000 arpents de friches qu'il acquit à bas prix furent divisés en lots d'inégale étendue et distribués aux familles de chrétiens. En 1904, une quarantaine de familles étaient installées sur ces terres ; deux ans plus tard, la population chrétienne de Saint-Joseph s'élevait déjà à 600 âmes. D'autres villages se formèrent successivement autour de ce premier noyau ; une milice armée fut créée dans chacun d'eux pour maintenir à distance les brigands qui pullulaient dans la région.
    Actuellement la colonie Saint-Joseph comprend dix villages en pleine prospérité, comptant plus de 6.000 chrétiens, et 400 familles païennes y sont acceptées comme marchands, fermiers, locataires, etc.
    Plusieurs fois le P. Roubin avait reçu des autorités chinoises des encouragements et des témoignages de bienveillance. Aujourd'hui c'est le nouveau gouvernement du Mandchoukouo qui, à son tour, décerne une décoration à l'intrépide missionnaire, défricheur de la brousse. Mais la santé du P. Roubin n'a pas résisté à trente années de travaux, de soucis et de luttes de toutes sortes, et il a dû venir demander au pays natal un recouvrement de forces qu'il n'obtient pas aussi vite qu'il le désirerait : il est soigné à la clinique de Bon Secours, au Puy, et c'est là que le Vicaire Apostolique de Kirin, délégué par le gouvernement mandchou, procéda à la remise de la décoration si bien méritée. Dans une touchante allocution, Mgr Gaspais dit sa joie et sa fierté d'être chargé de remettre une des premières décorations créées par le nouvel Etat à l'un de ses missionnaires, qui tenait une si grande place en Mandchourie.
    Mgr l'Evêque du Puy dit aussi sa satisfaction de présider à l'hommage rendu à un missionnaire qui honore, en même temps que la Société à laquelle il appartient, son diocèse d'origine, où il a vu naître et se développer sa vocation apostolique, à laquelle il a si bien répondu.
    L'impression de l'assistance fut à son comble lorsque l'évêque de Kirin épingla l'Etoile mandchoue sur la poitrine du P. Roubin à bout de forces, épuisé par l'émotion autant que par la souffrance.
    Comme il convenait, la cérémonie se termina à la chapelle, où un vibrant Te Deum traduisit la reconnaissance de tous les témoins de cette fête touchante (1).

    (1) Depuis que ces lignes ont été écrites, le P.Roubin est allé recevoir au ciel la récompense de sa vie de sacrifices et de dévouement : il s'est éteint doucement, à la clinique de Bon Secours, le 16 août dernier.

    1935/205-206
    205-206
    Chine
    1935
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