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Un jubilé épiscopal

Un jubilé épiscopal Le jeudi, 44 octobre, le séminaire des Missions Étrangères fêtait le 25e anniversaire du sacre de Mgr Paul Marie Ramond, vicaire apostolique du Haut Tonkin. Né le 15 mars 1855 dans la paroisse de Montlaur, du diocèse de Rodez, Mgr Ramond fut ordonné prêtre au séminaire des Missions Étrangères le 4 juillet 1880 et partit pour le Tonkin le 19 janvier 1881. Il fut sacré à Hanoi le 15 octobre 1895 avec le titre d'évêque de Linoë, et fut chargé du Vicariat Apostolique du Haut Tonkin dont il fut le premier titulaire.
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    Un jubilé épiscopal

    Le jeudi, 44 octobre, le séminaire des Missions Étrangères fêtait le 25e anniversaire du sacre de Mgr Paul Marie Ramond, vicaire apostolique du Haut Tonkin.
    Né le 15 mars 1855 dans la paroisse de Montlaur, du diocèse de Rodez, Mgr Ramond fut ordonné prêtre au séminaire des Missions Étrangères le 4 juillet 1880 et partit pour le Tonkin le 19 janvier 1881. Il fut sacré à Hanoi le 15 octobre 1895 avec le titre d'évêque de Linoë, et fut chargé du Vicariat Apostolique du Haut Tonkin dont il fut le premier titulaire.
    Sa Grandeur se trouvant de passage à Paris, notre séminaire a été heureux de s'associer à lui pour fêter dans la prière et la joie ce jubilé épiscopal. La communauté de Bièvres était pour cette occasion venue à Paris. Mgr Dien, directeur général de l'OEuvre Apostolique, a eu l'amabilité de se joindre à nous pour célébrer cette fête de famille.
    Notre cher jubilaire a célébré une messe pontificale dans laquelle les fonctions de diacre et de sous-diacre exercés par les PP. Mollard et Denis, anciens missionnaires du Tonkin, rappelaient au Prélat et à tous les assistants ceux qui, au delà des mers, unissaient en ce jour leurs prières aux nôtres.
    A table, au dessert, M. le Supérieur, le P. Delmas, a pris la parole pour exprimer à Sa Grandeur les sentiments qui remplissaient tous les coeurs. Avec une simplicité, une affabilité charmante il nous a dépeint à grands traits ce qu'a été Mgr Ramond. Dans son séminaire sa bonhomie gagnait déjà si bien les coeurs que d'aucuns de ses camarades lui doivent l'éveil de leur vocation apostolique. Plus tard, au milieu des peuples lointains, Monseigneur fut un conquérant. Ses premières armées de missions ont été fécondes.
    C'était la belle époque où sous la direction de Mgr Puginier, les missionnaires du Tonkin enregistraient chaque année de nombreux baptêmes. Aidé de vaillants vicaires tels que Verdier, Nempon, Chevènement, Martin, Ressières, Schlotterbeck, Dupin et Glouton, Mgr Ramond a gagné alors à Jésus-Christ des milliers de payens. L'un de ces vicaires, le P. Martin, lui rappelait ces doux souvenirs en ces vers familiers et aimables :

    « Vous souvient-il du temps où gaîment sur nos selles,
    Allions ensemble au trot de nos gentils chevaux,
    Qui bondissaient légers, même que des gazelles?
    Comme nous étions beaux...
    Par routes et sentiers des immenses campagnes,
    Que dorent les riches moissons,
    Sur les flancs verdoyants de ces belles montagnes,
    Qu'entourent les féconds vallons!!!
    Jours heureux, de fière prouesse,
    Où vifs, ardents comme le feu,
    Nous respirions pleins de jeunesse!
    Jours où nous prêchions le nom de Dieu
    Atix hommes de volonté bonne,
    Et signant leurs fronts inclinés,
    Répandions l'eau sainte qui donne
    A Jésus Christ des nouveau-nés! ! ! »

    Comme l'a noté M. le Supérieur la fécondité de cet apostolat n'a pas disparu sous le pontificat de Sa Grandeur, puisque le chiffre des chrétiens du Haut Tonkin a doublé sous la houlette de l'aimable pasteur.
    Un peu confus de tous les éloges qui lui avaient été adressés, Sa Grandeur s'est levé à son tour, mais c'est en vain que le cher jubilaire a essayé de nous faire croire qu'il était loin de mériter tous ces éloges. C'est en vain qu'il a invoqué l'autorité d'un vénérable sulpicien, qui fut son supérieur au séminaire, pour nous persuader qu'il fut au contraire un espiègle. La douceur de son visage patriarcal démentait tout cela. En revanche, nous avons été tous de son avis quand Monseigneur a proposé à nos deux communautés de clôturer cette fête par un jour de congé.
    Merci Monseigneur et ad multos annos. De tout coeur nous vous redisons tous avec le P. Martin :

    « Oui, vivez jusqu'aux jours si beaux
    Où les tribus dans les vallées,
    Aux flancs des monts, sur les plateaux,
    Devant Dieu soient agenouillées.
    Que la croix plantée à Chapa,
    Aux bords de la Rivière Noire,
    Soit de votre pontificat
    Au ciel la couronne et la gloire.
    Vive Monseigneur!
    Vive Sa Grandeur !
    Prions que Dieu le bénisse,
    Et qu'un jour ensemble on puisse,
    Chanter encor
    Ses noces d'or ! »
    1920/566
    566
    France
    1920
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