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Un Idéal

UN IDÉAL Pour arriver à réaliser en ce monde quelque chose d'important, tout homme quel qu'il soit doit se fixer un idéal. Mais cet idéal peut malheureusement être vicié dans ses origines par le fait qu'il procède d'un principe soit trop terre à terre soit même mauvais ; telle serait par exemple la poursuite d'une situation brillante afin de pouvoir mieux paraître, ou encore la recherche des richesses pour jouir davantage des plaisirs d'ici-bas.
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    UN IDÉAL

    Pour arriver à réaliser en ce monde quelque chose d'important, tout homme quel qu'il soit doit se fixer un idéal. Mais cet idéal peut malheureusement être vicié dans ses origines par le fait qu'il procède d'un principe soit trop terre à terre soit même mauvais ; telle serait par exemple la poursuite d'une situation brillante afin de pouvoir mieux paraître, ou encore la recherche des richesses pour jouir davantage des plaisirs d'ici-bas.
    En tant que chrétiens, nous devons voir plus haut, nous avons à vouloir quelque chose de plus durable. Notre idéal général doit donc être le salut de l'âme à assurer à tout prix, l'éternité bienheureuse à obtenir, par notre fidélité aux consignes du Décalogue et aux préceptes de l'Eglise, strict nécessaire que veulent accomplir les chrétiens ordinaires.
    Mais il y a les GENEREUX, ces âmes d'élite au nombre desquelles sont comptés la majorité de nos lecteurs et amis, et pour eux, l'idéal consiste à vouloir VIVRE UNE VIE FECONDE, à se dévouer, à semer le dévouement autour d'eux, bref, à coopérer à l' « adveniat regunm tuum », à l'extension du royaume de Dieu.
    Notre pays de France a beaucoup à expier parce qu'il a beaucoup fauté. Il en avait été de même autrefois de ces villes maudites des bords de la Mer Morte, mais chez celles-ci le petit nombre de justes nécessaires à leur rachat n'avait pu être trouvé par le prophète. La France au contraire a été, malgré ses infidélités, le pays du dévouement intégral : les saints canonisés y sont légion et, autour de nous, vivent encore à notre époque des saints authentiques. Depuis le début du 19e siècle, quelle nation, même parmi celles réputées les plus catholiques, a donné à l'Eglise autant de missionnaires ? Dans aucune autre il ne s'est rencontré un idéal plus élevé et plus étendu en profondeur.
    Par le dévouement des meilleurs de ses enfants, notre patrie est donc une semeuse d'idéal, tant à l'étranger que sur son propre territoire ; nos bienfaiteurs et amis savent cela, c'est pourquoi ils nous aiment et ils nous aident, nous missionnaires. Eux aussi, ils ont un idéal, cet idéal essentiellement catholique qui consiste à vouloir PARTICIPER AU TRAVAIL DES OUVRIERS appelés par vocation à faire connaître le bon Dieu aux païens : qu'ils ne le perdent pas de vue, et des conversions nombreuses seront là-bas la juste récompense de leur zèle déployé ici.
    Nos missions et nos missionnaires comptent sur les prières et les sacrifices de ces bienfaiteurs que sont leurs parents et amis laissés au pays natal, comme aussi de beaucoup de chrétiens anonymes qui s'intéressent au développement du catholicisme dans toutes les nations du monde.
    Ils comptent que ces prières leur préparent dès aujourd'hui des JEUNES RECRUES nombreuses et dévorées de zèle, jeunes gens qui ne reculeront ni devant le sacrifice ni devant le danger pour répondre généreusement à l'appel du Sauveur, jeunes gens à qui ne fera pas peur la consigne d'aller évangéliser les infidèles, si éloignés et si difficiles à aborder soient-ils.
    Ils comptent aussi que, par ces prières, des grâces plus spéciales seront accordées aux élus du bon Dieu qui, sous la direction des missionnaires, se forment actuellement en si grand nombre dans nos séminaires de mission avant de devenir les prêtres de demain.
    Ils comptent surtout, dans les circonstances actuelles, que ces prières vont les aider à TENIR en attendant la relève, à tenir malgré les vides nombreux que l'âge et la maladie font dans leurs rangs, à tenir malgré les difficultés des communications avec l'Europe, à tenir parce qu'ils veulent continuer à faire connaître et aimer Notre Seigneur en « plantant » l'Eglise dans les pays païens.
    Ils comptent enfin que ces prières et ces sacrifices offerts pour l'extension du royaume de Dieu pèseront d'une façon appréciable dans la balance, pour que la MISERICORDE l'emporte bien vite sur la justice au milieu des événements qui se déroulent dans l'univers d'aujourd'hui.
    En ces temps si pénibles pour nous tous, il m'a paru à propos de rappeler combien il est facile à n'importe quelle âme, pourvu qu'elle soit vraiment généreuse, de travailler au rachat de notre pauvre patrie meurtrie, en continuant une zélée collaboration à l'oeuvre des missions étrangères.
    On peut dire à juste titre que nos bienfaiteurs et amis ont là un BEL IDEAL A REALISER, idéal nullement chimérique comme tant d'autres, mais idéal tout apostolique et rédempteur.

    Joseph CUENOT,
    Missionnaire apostolique.

    1941/3-5a
    3-5a
    France
    1941
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