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Un houble hommage aux missionnaires Français

Un houble hommage aux missionnaires Français
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    Un houble hommage aux missionnaires Français

    Le R. P. Ricaldone, vicaire général de la Congrégation des siens, est un grand voyageur. Embarqué à Venise le 26 décembre 1926, il y rentrait le 8 décembre 1927 après être passé et descendu à Port-Saïd, puis à Bombay, Calcutta, Madras, Tanjore, Shillong, Rangoon en Birmanie ; à Penang et Bangkok, au Siam ; à Ream, Pnompenh, au Cambodge ; à Saigon en Cochinchine ; à Haiphong et Hanoi au Tonkin ; à Hongkong, Macao et Shanghai, en Chine ; à Kobeeee, Osaka, Tokio, Nakassu, Oita, Myasaki, Kagoshima et Nagasaki au Japon ; de nouveau en Chine, à Shanghaï, Hongkong, Macao, Canton, Shiu-Chow ; à Manille, à Malacca ; puis étapes de nouveau à Hongkong, Swatow, Bangkok, Bang-Nok-Khuek, Penang, Rangoon, Calcutta, Bombay, et Venise. Voilà, j'imagine, une belle tournée vicariale!
    Or, en rendant compte de son voyage dans le « Bulletin Salésien », le P. Ricaldone adresse aux missionnaires français un hommage fraternel qu'on ne peut pas lire sans émotion. « Je voudrais, écrit le Père Ricaldone, remercier les Pères des Missions Etrangères de Paris, de l'accueil que partout, dans leurs séminaires comme dans leurs procures, dans la plus humble de leurs résidences comme dans leurs demeures épiscopales, ils ont fait au fils de Don Bosco. Simplicité, cordialité, prévenances, attentions, tout y était. A leur table, sous leur toit, vraiment je me croyais chez nous. Je devrais citer des noms ; ils sont trop. Tous ont été parfaits. Et quel spectacle de vertus apostoliques ils m'ont offert, sans y prendre garde, rien qu'à agir, penser, parler devant l'étranger de passage aussi simplement que, chaque jour, ils le font entre eux ! Quand mon imagination veut dessiner, à grandes lignes, le portrait du missionnaire tel que je le conçois, j'emprunte à ces hommes les traits de leur physionomie d'apôtres et la grande figure se dresse complète. Zèle, esprit de sacrifice, amour de la prière, confiance en Dieu, souriant optimisme, labeur infatigable, sens de l'organisation, prudence et, couronnant le tout et l'expliquant, la divine charité, l'amour profond des âmes ; voilà le type du missionnaire que j'ai pu contempler de Bombay à Tokio. Quel est donc le mauvais plaisant qui a osé les taxer d'un certain nationalisme, si déplacé en mission? Missionnaires du Christ et de l'Evangile, ils ne sont que cela, mais tout cela. Ils ne songent qu'à gagner des âmes à Dieu, fonder des églises et aller porter plus loin leur vaillance! Que, par ricochet, je veux dire : par l'exemple de leurs vertus et la force conquérante de leur charité, ils fassent aimer le noble pays d'où ils viennent, qui s'en étonnerait ? »

    ***

    Accueillir les explorateurs sérieux à bras ouverts, même s'ils sont étrangers, faciliter leurs voyages, guider leurs recherches scientifiques, leur rendre possible des prises de contact avec des populations défiantes et peu abordables, les réconforter par une hospitalité modeste mais douce à ceux qui peinent en pays perdu, mettre à leur service les documents dont ils disposent, les renseignements qu'ils savent se procurer, en un mot tout le fruit de l'expérience acquise dans les contrées mal accessibles où ils vivent et cela par charité chrétienne et solidarité d'hommes civilisés : voilà une des formes les plus ordinaires parmi celles que revêt le chauvinisme tant reproché aux missionnaires français. On peut le prendre sur le fait dans la lettre ci-dessous, adressée de Bangkok, à un des supérieurs des M.-E. par le Dr Legendre, explorateur bien connu de l'Extrême-Orient. Si les lecteurs des Annales ont bons e mémoire ils se rappelleront peut-être que le R. P. Schebesta, savant allemand de la Société du V. D., exprimait il y a deux ou trois ans dans des termes au moins aussi explicites sa reconnaissance pour les mêmes services, reçus des mêmes missionnaires, dans la même contrée, pour des recherches scientifiques analogues :

    Bangkok, 23 janvier 1928.

    CHER PÈRE,

    Me voici à Bangkok, après avoir séjourné un mois dans la péninsule malaise qui m'a beaucoup intéressé.
    Grâce au Père Cardon, en particulier, j'ai pu, aux environs de Tai-Ping, dans la haute vallée du Perak, voir des Negritos, clans leur camp même, en forêt, de pauvres petits noirs difficiles à rencontrer en raison de leur sauvagerie et de leur nomadisme. J'ai pu en faire quelques photographies excellentes, mais surtout, en les voyant, j'ai vite eu, en détaillant leurs traits, l'agréable impression que leur type physique était l'éclatante confirmation de ma thèse sur l'origine de la race jaune, cette thèse qui a fait la désolation de nos savants eu pantoufles qui n'ont jamais regardé que dans des livres.
    Déjà à Singapore, j'avais trouvé ample moisson à glaner et j'avais trouvé dans la bonne amitié du Père Ounion et la grande obligeance de M. Dupin les moyens de nie transporter facilement où nécessaire.
    Quant au Père Cardon, il a voulu absolument que je sois son hôte à Taiping et c'est avec lui que j'ai fait l'heureuse randonnée qui m'a permis de voir de vrais Négritos, les grands ancêtres de nos Chinois, de ceux du sud en particulier. Je n'ai plus aucun doute à ce sujet. Mais sans le Père Cardon qu'un Négrito a reconnu, je n'aurais jamais pu voir la bande dans son gîte. Les pauvres gens! Quelle misère est la leur ! Ils se cachent maintenant, car les Malais en ont tant massacré, leur donnant la chasse comme à des fauves et leur déniant la qualité d'hommes !
    Ce que j'ai encore vu à Taiping, à Ipoh, à Penang, c'est vos écoles, leur tenue : une oeuvre considérable que je ne croyais pas telle, qui vous fait le plus grand honneur, et qui ne coûte rien à la France. J'aurai l'occasion d'en parler à mon retour.

    1928/60-62
    60-62
    Thaïlande
    1928
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