Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Un curieux texte Lolo

Un curieux texte Lolo LETTRE DE M.P. VIAL Missionnaire apostolique au Yun-nan. C'était le 23 décembre 1907, mon église était parée pour la célébration dé la fête de Noël, et je me reposais en attendant que mes Lolos, dévalant de la montagne, vinssent, en rois d'Orient, offrir leur foi et leur amour à l'Enfant Dieu. Tout à coup j'entrevois dans le cadre de ma porte l'ombre d'un petit vieillard, dont la tête ridée et grisonnante se cachait sous un ample capuchon. « Bonjour, Père ! — Mais qui es-tu ?
Add this
    Un curieux texte Lolo

    LETTRE DE M.P. VIAL
    Missionnaire apostolique au Yun-nan.

    C'était le 23 décembre 1907, mon église était parée pour la célébration dé la fête de Noël, et je me reposais en attendant que mes Lolos, dévalant de la montagne, vinssent, en rois d'Orient, offrir leur foi et leur amour à l'Enfant Dieu.
    Tout à coup j'entrevois dans le cadre de ma porte l'ombre d'un petit vieillard, dont la tête ridée et grisonnante se cachait sous un ample capuchon.
    « Bonjour, Père !
    — Mais qui es-tu ?
    — Je viens de Amailou.
    — Ah ! Ah ! C’est mon petit vieux ! Entre vite, il fait froid, assieds-toi là près du feu. Il y a beau temps qu'on ne s'est pas vu, je crois.
    — Huit années, Père.
    — Et que fais-tu donc ?
    — Je suis vieux, j'ai 74 ans, et je ne bouge presque plus de chez moi.
    — Alors, je te remercie doublement de venir me voir.
    — Voilà ; j'étais chez mon gendre à Sepoudze ; là, j'ai trouvé votre catéchisme et je l'ai lu ; mais comme je ne comprends pas tout, je me suis dit que je viendrais vous demander des explications.
    — Tu as bien fait, il n'est que temps de prendre la bonne voie.
    — Mon gendre viendra demain avec ses compagnons ; j'ai mis deux jours pour arriver.
    — Maintenant tu es mon hôte.
    — Merci, Père.
    Mon petit vieux, dit Long nez, à cause de son appendice qui aurait fait envie à Cyrano, est tout simplement le plus célèbre Pimo de tout le pays Lolo. Il en est la tradition vivante et écrite.
    Le Pimo est comme le Prieur patenté pour officier dans les noces, les enterrements et le sacrifice annuel du Midje. C'est le maître de danse (car chez les Lolos la danse est liturgique). A tous ces titres, mon petit vieux en a ajouté un autre qui est le propre du Mignise : il est Devin. A l'aide de son livre cabalistique, il prophétise, il trouve les objets perdus, indique les bons terrains et les jours fastes ; et il fait tout cela avec une foi, une simplicité, une ignorance charmantes, où il n'entre pas ombre de méchanceté ou de forfanterie.
    C'est une vocation et un métier.
    Mon petit vieux est le Pimo idéal, et maintenant qu'il a bien établi ses fils et ses filles, il vit de ses rentes et se repose de son long labeur.
    S'il travaille encore c'est en amateur et par plaisir, aussi, il ne sort jamais sans son bréviaire, je veux dire son manuscrit.
    Justement, quand il est entré chez moi, il en avait un sous le bras. Je le pris et le dépliai pour y jeter un regard.
    A peine en eus-je lu quelques phrases que, me retournant vers mon vieux :
    « Ah çà ! Lui dis-je, où as-tu trouvé ce texte ?
    — Voilà ; je l'ai trouvé dans un vieux manuscrit que possédait un de mes vieux confrères, à Noure.
    — Existe-t-il encore !
    — Le manuscrit ?
    — Non, le confrère.
    — Oh ! Il est mort depuis longtemps !
    — Alors, tu vas me faire le plaisir de me copier cette page de ta belle main, dans ce cahier-ci que tu dois connaître, puisque c'est toi qui l'as rempli.
    — Volontiers.
    Et c'est ainsi que je suis entré en possession de la généalogie ancestrale des Lolos, depuis le déluge en remontant jusqu'à la création de l'homme.
    C'est le texte que je donne ci-après avec la romanisation, la traduction littérale et littéraire.
    Mais auparavant, pour la clarté du récit, je dois résumer trois légendes qui ont déjà été publiées en un petit opuscule à Chang-hai : Les Lolos, histoire ; religion, moeurs, langue, écriture, par Paul Vial, missionnaire au Yun-nan (1898).
    Il s'agit des légendes de la Création, de l'époque de la sécheresse et du déluge.
    En voici le résumé :

    Création. — Lorsque, après avoir divisé le ciel et la terre, Dieu voulut créer l'homme, il se rendit à l'Occident, sur le mont Moutou ; il y prit de la terre, traversa le fleuve et la transporta en Orient. De cette terre, Dieu forma le corps de l'homme, afin qu'il y eût sur terre quelqu'un pour Lui offrir de l'encens et des céréales. Le lendemain, le surlendemain et le troisième jour, Dieu trouva chaque fois sa statue brisée. C'était le fait de l'esprit de la terre : « La terre m'appartient, dit-il, pourquoi la prends-tu? » — Dieu lui répondit : « C'est pour avoir quelqu'un qui puisse m'offrir de l'encens ; plus tard, la terre te reviendra. — Dans combien d'années ? — Dans soixante ans ».
    C'est pourquoi l'homme meurt au bout de soixante ans. Dieu créa un homme et une femme. Ils se marièrent ; et la femme enfanta une calebasse pleine de la semence de nos ancêtres.

    Époque de la sécheresse. — L'époque de la sécheresse est occasionnée par la désobéissance de l'esprit de la terre contre Dieu. Dieu envoie son dragon blanc pour punir Teudafou (l'esprit de la terre, le mauvais esprit). Celui-ci s'empare du dragon et l'enterre devant sa porte. Pour le punir, Dieu envoie une grande sécheresse. Teudafou se reconnaît vaincu, rend le dragon et Dieu promet la pluie. C'est le déluge qui vint.

    Epoque du déluge. — Trois frères et une soeur formaient la famille ancêtre des Gni (c'est à dire des Lolos, et, par extension de tous les hommes). Un jour qu'ils retournaient au labourage ils trouvèrent leur travail défait (la terre remise en place). Ils veillèrent et le surlendemain ils surprirent le vieillard Gninia égalisant les sillons avec un bâton d'argent. L'aîné dit : « Battons-le ! » — Le cadet dit : « Enchaînons-le ! » — Le plus jeune dit : « Interrogeons-le ! » — « Inutile de labourer, dit le vieillard, le déluge va couvrir la terre! » — L'aîné se place dans un coffre de fer ; le cadet, dans un coffre de cuivre ; ils furent submergés. Le plus jeune et sa soeur s'enferment dans un coffre de bois. Ce coffre s'arrêta sur le mont Mouton, dans les branches d'un chêne poussé à mi-hauteur d'un rocher à pic, de sorte qu'ils ne pouvaient ni monter, ni descendre. Du haut du rocher pendait une racine de bambou sauvage, et par son moyen le frère et la soeur purent atteindre le sommet de la roche. C'est ici que se place le texte de la génération ancestrale telle qu'on va le lire.

    TRADUCTION

    EXPLICATION DES GÉNÉRATIONS DE LA FAMILLE
    DU VÉNÉRABLE ANCËTRE DES GNI.

    Le père de noire ancêtre diluvial se nommait Rechoupa.
    Sa mère se nommait Deupi la Noire.
    Ils vivaient dans la neuvième année de l'époque de la sécheresse.
    Le grand-père de noire vénérable ancêtre se nommait Zémouatche.
    Sa grand'mère se nommait Boulosedjeneu.
    Ils vivaient à l'époque de Vili (ou elle était, de la dynastie de Viti) Viti eut douze générations. C'est lui qui régnait.
    L'aïeul de notre ancêtre se nommait Ibobabo (ou était de la génération d'Ibobabo). C'est lui qui régnait.
    Le bisaïeul de notre ancêtre était l'homme qui vivait quand la terre ne formait encore qu'une plaine, quand elle était encore sans consistance, au temps où le ciel et la terre se confondaient. Depuis ce premier homme jusqu'au déluge, époque où vivait notre vénérable ancêtre, et lui compris, on compte cinq générations. Depuis le déluge jusqu'au temps présent, combien compte-t-on de générations ? On l'ignore.

    ANNOTATIONS.

    Il est inutile de dire, je pense, que je ne donne pas ce texte comme historique. Mais, rapproché des autres, il montre que la tradition du peuple Loto fait clairement remonter l'origine de l'homme jusqu'à Dieu. Nulle part il n'est question d'un animal plus ou moins sacré, plus ou moins vénérable et que ailleurs on a baptisé du nom de totem.
    Chez les Lolos, aucun animal n'est tabou, aucune chair n'est défendue. Excepté l'homme, tout ce qui vit se mange, sauf répugnance.

    Racine de bambou sauvage. — Ce bambou, dont il est question au déluge et dont la racine permit au Noé lolo d'atteindre le haut du rocher, est le bambou à balai ; il pousse dans les parties sauvages et rocheuses des hautes montagnes du Yun-nan. Sa tige, mince, courte et branchue, ne dépasse guère la hauteur d'un homme ; elle n'est bonne à rien du tout, sinon à faire de grossiers balais que l'on vend sur les marchés pour le prix de quatre à cinq sapèques. Sa racine, longue, noueuse, flexible, est parfois employée comme tuyau de pipe ou comme cravache.
    C'est avec cette racine nommée keuleu, en lolo, que les Pimo confectionnent ces vagues petits bonshommes qui, à la mort du père ou de la mère, en représentent l'image ou l'esprit à leurs descendants ; et cela, en souvenir du fait énoncé ci-dessus. Pour le père on coupe une longueur de neuf nœuds ; pour la mère, une longueur de sept noeuds (du moins chez les Gni). Transformé en ancêtres, le keuleu se nomme naseu et les ancêtres racines, en général, se nomment ap'ounaseu. Ce naseu est placé sur le mur à l'encontre du toit, probablement pour symboliser le rocher d'où pendait le keuleu sauveur, et le ciel au-dessus de lui. L'angle du mur préféré est celui de gauche en entrant, à l'opposé de la porte.

    Gni ap'outloumo. Le vénérable ancêtre des Gni. — Les Lolos ne connaissent aucun nom de peuple ou de nation. Pour eux tous les hommes sont réunis en tribus. Seuls les Chinois ont un nom parmi eux, et c'est un nom de tribu. Les Miaotse eux-mêmes sont ignorés, et comme peuple et comme tribu.
    Pour nommer les autres peuples (et même les autres Lolos dont on ignore le nom de tribu), chaque tribu généralise son nom. Ainsi pour un Gni, tous les Lolos sont des Gni ; pour un Ashi, tous les Lolos sont des Ashi ; pour un Ko, tous les Lolos sont des Ko ; si on demande une plus grande précision, on ajoutera le nom de la tribu de l'homme en question, tout en faisant remarquer que c'est un Gni, c'est-à-dire un Lolo comme eux. Il est inutile de leur en demander davantage, ils n'en savent pas plus long. Si quelque part on entend les Lolos nommer d'autres races par une appellation générale, on peut être sûr que cette appellation leur vient d'une langue étrangère.
    Dans le cas présent, le Gni ap'outloumo peut logiquement se traduire par : le vénérable ancêtre de tous les hommes, et non pas seulement des Lotos.

    Moutou peu. Le mont Moutou. — Littéralement ce nom peut se traduire par : la montagne du feu ; dans le doute s'il faut chercher le sens ou s'en tenir au son, je conserve le mot. C'est sur le mont Mouton que Dieu prend la terre dont il formera le corps de l'homme après l'avoir transporté en Orient.
    C'est sur le mont Mouton que s'arrête l'arche du Noé loto. C'est donc du mont Moutou qu'est partie l'émigration du peuple Lolo. Où est-il situé ? A l'ouest, c'est tout ce que j'ai pu savoir. Remarquez de plus que sur ce mont croissent des chênes et des bambous sauvages. Remarquez qu'on parle d'un rocher à pic, probablement calcaire. J'en conclus que l'habitat originel des Lolos doit être un pays ressemblant quelque peu au Yun-nan, mais qui n'est pas le Yun-nan. J'ajoute que toutes les traditions orales font venir les Lolos de l'ouest, par Taly fou, dont le nom a été conservé ; c'est Gni mi adjodi.

    Rechoup'a. — P'a n'est que la terminale d'un substantif masculin. Il indique que Rechou n'est pas précisément un prénom, mais simplement une épithète. Il pourrait se traduire par : Artiste en fer.

    Deupinékoma. — Deupi (ou Teupi) est le nom de la dame ; Nékoma n'est qu'une épithète qui signifie la Noire. C'est certainement une allusion à la couleur de sa peau et non à la teinte de son habit. Chez les Lotos les épithètes (et elles sont nombreuses) sont toujours appliquées en vue de l'état, du métier, d'une qualité ou d'un défaut. La couleur de l'habit est tout ce qu'il y a de moins remarqué. Du reste, cette épithète de Noire ne signifie pas que la Dame était une négresse, mais simplement qu'elle avait la peau un peu plus foncée que les autres. Les Lolos ont très peu le sentiment des nuances et pas plus celui de la précision.

    Zémouatche-Boulosedjeneu. — Il est remarquable que ces noms et bien d'autres, que l'on rencontre dans les livres lolos, sont absolument contraires au génie de leur langue, partant, intraduisibles. Je lis, dans un autre manuscrit, les noms de quatre filles descendues du ciel pour secourir les hommes ; ces ont :

    1. Douts'achounéma. — 2. Taits'alamouneu. — 3. Ava-douk'oneu. — 4. Shlout'oumoukouma. Ailleurs je trouve encore un nom de fille : Tavajotseneu, puis un nom d'homme Bilajonashlé. Ces noms n'appartiennent évidemment pas à une langue monosyllabique. Cette difficulté et d'autres m'ont fait tirer des conclusions que je donnerai plus loin.

    K'eli dze: — Il régnait. — Le mot dze indique la puissance gouvernementale. Ainsi on dit : Sous l'empereur Koang-su. — Kashi gemou li dze. — De là vient le mot dzemou qui signifie Seigneur et par analogie mandarin. De là vient le mot créé Kama dzemou, Seigneur de la doctrine, c'est-à-dire Evêque.
    De là vient encore Kedze les neuf puissances.
    (Kedze pourrait aussi se traduire par l'Ancien, d'où Kedzet'a, anciennement)

    Ibots'ébabo. — Le tsé qui coupe le nom en deux est un solécisme. Il faut le rapprocher du second tsé et l'enlever du nom Ibobabo.

    SUR LES LIVRES LOLOS

    Je termine cette petite étude par quelques réflexions que m'a suggérées la lecture des manuscrits lolos. Les livres lolos se divisent en cieux classes bien tranchées : les livres des légendes et les livres des divinations.
    Les livres des légendes sont à l'usage des Pimo ou Prieurs.
    Les livres des divinations sont à l'usage des Mignise ou Devins.
    Les livres des divinations ont quelques lointaines ressemblances avec l'almanach prophétique de Mathieu de la Drôme. Par leur moyen, on prédit l'avenir, on retrouve les objets perdus ; on indique les bons endroits pour édifier une maison ou un tombeau, on distingue les jours fastes et néfastes ; ce qui est le propre du Mignise. Mais souvent le Pimo se double d'un Mignise et cumule les deux métiers.
    Ces livres me semblent modernes, peut-être même ne sont-ils qu'une traduction et une transposition de livres chinois. Je n'ai pas de preuves pour l'affirmer, mais, autant que je connais l'esprit lolo, je suis porté à croire que ces pratiques lui sont étrangères et, vu leur rareté, peu encouragées.
    Les livres de légendes sont divers et nombreux ; ils peuvent se diviser en trois classes : livres des mariages, livres des sacrifices, livres des funérailles.
    Aucun de ces livres ne porte de titre ; ils sont partagés en coupures que l'on peut appeler chapitres, et chacun de ces chapitres porte un titre séparé du texte par un cartouche, ou une demi rosace, au commencement et à la fin, dont le cercle est tourné vers le titre. Le titre du premier chapitre devient le titre du livre.
    Les livres lolos doivent se lire en commençant par la gauche, comme chez nous, et à l'encontre des livres chinois, mais de haut en bas comme les caractères chinois. Or, autant que je puis en juger jusqu'à présent, les livres lolos n'ont pas tous la même antiquité ; les uns sont des livres de traductions, et les autres, des livres de traditions, et ces derniers me semblent les plus récents. Voici pourquoi :
    Dans ces deux genres de livres, mais plus particulièrement dans les livres dits de traductions, on trouve, comme je l'ai dit plus haut, des noms de personnes tout à fait étrangères au lolo comme à toute autre langue monosyllabique. On sait que dans ces langues les noms ou prénoms sont composés de deux ou trois caractères tout au plus (je ne parle pas des noms de famille inconnus chez les Lolos).
    De plus, dans les livres de traductions, le style est étrangement contourné, parfois très diffus, parfois très concis. On sent qu'on n'est pas devant une oeuvre originale, et j'ai pensé expliquer toutes ces anomalies en les considérant comme des oeuvres traduites, mais traduites d'après un texte écrit en une langue polysyllabique. L'origine de ces livres remonterait donc jusqu'à cette époque où les Lolos, habitant leur pays primitif, côtoyaient une race aryenne.
    Ce n'est qu'une hypothèse, et pour lui donner une certaine probabilité il faudrait pouvoir comparer les livres de ma tribu avec ceux des autres, par exemple du pays Mantse au Se-tchoan. (On sait que les Lolos et les Mantse sont un même peuple sous deux noms différents).
    Les livres que j'appelle de traditions, par exemple le livre des mariages, sont écrits dans un style plus coulant, qui se rapproche déjà du style actuel. Ils renferment encore des noms à consonance polysyllabique ; mais certaines descriptions rappellent les horizons du Yunnan. J'en conclus qu'ils ont été écrits quand déjà les Lolos avaient atteint cette province, mais qu'ils relaient des légendes primitives et orales, auxquelles l'écrivain a donné un cadre yunnanais. Je m'arrête là, mes études actuelles ne vont pas plus loin, mais j'ai quelque espoir de les compléter.

    Puisque, dans cette étude, il est surtout question de généalogie, je vais ajouter deux remarques qui, à l'occasion, pourront avoir leur importance :
    Première remarque. Chez les Lolos, les noms de frère et soeur s'étendent aux enfants des soeurs de la mère, et des frères du père ; c'est-à-dire que les enfants, garçons et filles des père et mère, des oncles paternels et des tantes maternelles s'appellent tous : frères et soeurs. Le mot cousin est inconnu en langue lolol.
    Mais alors, me direz-vous, comment ces frères et soeurs appellent-ils les enfants des tantes paternelles et des oncles maternels, c'est-à-dire des soeurs du père et des frères de la mère ? Voici comment :
    La tante paternelle s'appelle agni, l'oncle maternel s'appelle aghe. Leurs fils seront appelés par leurs cousins agheza, agniza, c'est-à-dire tout simplement « fils d'oncle, fils de tante ». Quant aux filles, elles seront appelées amai, c'est-à-dire tout bonnement filles, mais avec l'accent du quatrième ton pour le distinguer du mot générique fille, amai qui est au second ton.

    1. L'oncle paternel et la tante maternelle sont appelés : père, mère. Mais on ajoute grand, petit, selon qu'ils sont ainés ou cadets du vrai père ou de la vraie n ère : ibagai, imagai, ibania, imania.

    Deuxième remarque. Le mot frère et le mot soeur ne se disent pas de la même manière, selon que l'appellation vient du côté garçon ou du côté fille.
    Je n'en donnerai qu'un seul exemple :
    Le frère aîné (apou) appelle son cadet ghaik'ee.
    La soeur aînée (aja) » » p'amou.
    Le frère aîné appelle sa cadette neuma.
    La soeur aînée » » ghaik'ee.

    1911/75-86
    75-86
    Chine
    1911
    Aucune image