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Un brancardier prisonnier des Allemands pendant 9 mois

Un brancardier prisonnier des Allemands pendant 9 mois Un missionnaire de Pondichéry, M. Monchalin, originaire du diocèse du Puy, a été fait prisonnier au mois d'août 1917, quoiqu'il fût brancardier régimentaire. La courte lettre, que nous recevons de lui â son retour en France, en laisse deviner long sur la dureté avec laquelle les Allemands traitent nos prisonniers. Voici en deux mots mon traitement en Allemagne :
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    Un brancardier prisonnier des Allemands

    pendant 9 mois

    Un missionnaire de Pondichéry, M. Monchalin, originaire du diocèse du Puy, a été fait prisonnier au mois d'août 1917, quoiqu'il fût brancardier régimentaire.
    La courte lettre, que nous recevons de lui â son retour en France, en laisse deviner long sur la dureté avec laquelle les Allemands traitent nos prisonniers.

    Voici en deux mots mon traitement en Allemagne :
    Pris le 1er août, j'étais le soir à Stenay pour y être interrogé ; 8 jours après à Longuyon en compagnie de 300 camarades. J'y suis resté 5 mois sans travailler ; à la fin, j'étais devenu infirmier du camp. L'aumônier militaire allemand est venu me visiter une fois et m'a communié deux fois durant mes 5 mois. Je faisais partie des camps de Limburg, de Darmstatd sans y avoir mis les pieds : histoire de jeter de la poudre aux yeux. Quoiqu'on m'ait expédié de France des lettres et des colis, durant 5 mois je n'ai rien reçu, absolument rien.
    En Allemagne, à Stralkowo, j'ai enfin reçu mes colis, et j'ai pu vivre avec les provisions qu'on m'envoyait. La soupe des prisonniers est immangeable.
    L'archevêque de Posen, un Polonais, m'avait adressé 200 fr. Etant sur le point d'être rapatrié, j'ai refusé en le remerciant bien.
    Parti le il mars de Stralkowo, je suis resté au camp de concentration de Wittenberg jusqu'au 30 avril. Là, un Père Jésuite était aumônier du camp. Il me permit tous les jours la célébration de la messe ; j'étais obligé de traverser les fils de fer barbelés séparant les compagnies, pour aller à la chapelle située à la 1re compagnie. Culte libre, mais défense de sortir de notre compagnie. Une seule compagnie sur huit pouvait profiter de la chapelle. Méthode boche ! Quoi qu'il en soit, je parvenais à passer facilement, quand le 27 mars, je fus pris et conduit au poste. Le commandant de compagnie m'infligea 5 jours de prison. L'aumônier alla le trouver, et le commandant lui promit de me laisser en liberté. Deux heures après, j'étais en prison. Promesse boche ! Heureusement le 30 avril, au soir, je sortais pour venir en France. Oh la Kultur allemande faite de cruauté et d'hypocrisie !

    1918/545
    545
    France
    1918
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