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Triste mort de deux persécuteurs de l'Eglise

VARIETÉS Triste mort de deux persécuteurs de l'Eglise I Né au Hou-lan, de parents miao-tse, Ou-hong-miao était, en 1884, grand juge criminel du Kouy-tcheou, comme Caïphe l'était à Jérusalem lors de la passion du Sauveur Jésus. Et de même que Caïphe disait aux Juifs assemblés : « Ne savez-vous pas qu'il est bon. qu'un seul homme meure pour tout le peuple ? » Ou répondait au délégué de l'évêque, qui se présentait devant lui pour demander justice :
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    VARIETÉS

    Triste mort de deux persécuteurs de l'Eglise

    I

    Né au Hou-lan, de parents miao-tse, Ou-hong-miao était, en 1884, grand juge criminel du Kouy-tcheou, comme Caïphe l'était à Jérusalem lors de la passion du Sauveur Jésus.
    Et de même que Caïphe disait aux Juifs assemblés : « Ne savez-vous pas qu'il est bon. qu'un seul homme meure pour tout le peuple ? » Ou répondait au délégué de l'évêque, qui se présentait devant lui pour demander justice :
    C'est bien de justice qu'il s'agit! La justice? Sian se.... Ta-se ! C'est l'injustice extrême: Hin pou-té-kiao !
    Et il fut l'instigateur de la persécution au Kouy-tcheou, avec ce moi d'ordre
    « Eviter autant que possible l'effusion du sang; à part cela, tout piller, tout anéantir, et réduire missionnaires et chrétiens à mourir de faim sur les montagnes ».
    Le mandarin fut obéi, mais Dieu le punit. Voici ce qui m'a été raconté, d'abord par Lin-lao-sé, qui tenait les détails de son récit d'un satellite, présent dans le prétoire, lors des événements ; et ensuite par un bon chrétien, nommé Tchen Yu-pao, habitant Kou-tcheou-tin, et absolument digne de foi.

    ***

    En janvier ou février 1888, des bandits se réunirent sous les murs de la ville de Kou-tcheou-tin. A la faveur d'une nuit très sombre, ils parvinrent à y pénétrer, sans donner le moindre éveil aux paisibles habitants et, glissant silencieusement le long des rues étroites, ils arrivèrent jusqu'au prétoire du Tao-tay, dans lequel Ou Hong-miao, sa famille et ses subalternes dormaient profondément.
    Les malfaiteurs escaladèrent les murailles, et sans encombre, pénétrèrent jusque dans la chambre de Ou, qui se réveilla entouré d'hommes tenant leurs poignards à la main, et qui apprit qu'on ne lui ferait aucun mal, à la condition qu'il ne pousserait pas un seul cri. Il obéit. Sa femme, ses fils, ses brus, en un mot tous les habitants du prétoire subirent le même sort.
    Ils demeurèrent prisonniers jusqu'à ce que les brigands fussent rassasiés de pillage. Or, un Européen ne peut imaginer ce qu'il faut pour rassasier des voleurs chinois quine craignent point d'être dérangés. Au malheureux mandarin, ceux-ci prirent tout, jusqu'à la dernière sapèque !
    Ne dirait-on pas vraiment que les pillards, en le dépouillant entièrement, ne faisaient que suivre ses propres instructions données, quatre ans auparavant, contre l'Eglise de Dieu?
    Trois jours après le pillage, Ou mourait ky-sé, disent les Chinois; ce qui signifie: mourir de honte et de colère.

    II

    Ou sous-préfet de Tou-yun, originaire, lui aussi, du Hou-lan, appartenait-il à la même famille que Ou Hong-miao? Je ne sais. Mais si aucun lien de parenté ne les unissait, il y avait sûrement une grande ressemblance morale entre eux: même haine du Dieu des chrétiens, de l'Eglise, de l'étranger; même hypocrisie, mêmes murs.
    Ce second Ou était mandarin de Tou-Xun depuis une dizaine d'années, lorsque en 1882 nous achetâmes une propriété dans cette ville. Il fit tous ses efforts pour empêcher notre installation fixée au 22 juillet, et de plus, il avait organisé un spectacle devant la porte même de notre pharmacie actuelle.
    Ce spectacle n'était qu'un prétexte pour réunir la foule, qui n'attendait qu'un roulement de tambour pour se ruer à l'assaut de notre résidence et se livrer au pillage.
    Le signal se fit entendre plus tard, en 1884 seulement. Alors les soldats et la canaille attaquèrent avec ensemble, et lorsque le gardien courut au prétoire pour avertir le mandarin, celui-ci se contenta de répondre : « Bon, bon, laisse-moi tranquille ».
    Quatre ans après, espérant obtenir une honorable retraite, car il était malade et septuagénaire, il équipa deux barques, à Tou-Yun mãme, afin de transporter au Hou-lan, son pays natal, sa famille, ses richesses et ses morts. A la première barque, il confia les femmes et le trésor; son fils monta dans la seconde, afin de veiller sur les morts que renfermaient deux énormes cercueils. Et on mit à la voile... Quelque temps après, le fils du vieux mandarin reparut. Son visage amaigri, empreint d'une profonde tristesse, faisait pitié. Que s'était-il donc passé ?
    Hélas! Le fleuve avait englouti, corps et biens, la première barque, et le malheureux jeune homme revenait seul, juste à temps pour préparer un troisième cercueil. Ou, en effet, achevait de mourir dans les souffrances de l'épouvantable maladie qui l'avait atteint dès le mois de janvier: il était dévoré vivant par les poux.
    La vieille femme qui le soignait a raconté que, durant le dernier, mois, elle avait balayé deux fois par jour plus d'une mesure de poux qu'elle ébouillantait aussitôt, espérant toujours arriver à les détruire.
    A la fin, le corps du vieillard répandit une telle infection que tout le monde l'abandonna, et il mourut seul.
    On s'aperçut qu'il était mort, le 25 de la 6e lune (le 2 août 1888).
    Si le bon Dieu punit de la sorte les orgueilleux païens qui le persécutent, quels châtiments réserve-t-il aux chrétiens impies qui suivent leur exemple?

    1905/187-189
    187-189
    Chine
    1905
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